Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

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Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

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21 Ocak 2011 Cuma


BLAISE PASCAL (1623-1662)

Pascal est un écrivain solitaire qui brille et qui fascine comme une étoile. Génie multiple, excellent mathématicien, ardent janséniste, il a consacré toute sa rigueur, toute son imagination et toute sa foi à défendre l'ordre de Port-Royal. Son oeuvre pose des problèmes fondamentaux et ne laisse pas indifférent le lecteur moderne.

Pascal passe ses premières années à Clermont-Ferrand, en Auvergne. Elevé par son père, très bon mathématicien, et ses deux soeurs, il ne met jamais les pieds dans un collège. Il étonne son entourage par ses dispositions précoces pour les sciences. A neuf ans il rédige un traité sur les sons. A douze ans, il apprend la géométrie, seul, en cachette. A seize ans, il rédige un traité sur les coniques. A dix-huit ans, il imagine et fait construire une machine à calculer. Son père s'étant cassé la jambe à Rouen, il est soigné par deux personnes, fervents adeptes du jansénisme, qui ne tardent pas à convertir toute la famille. Pascal n'en continue pas moins ses travaux scientifiques. A vingt-quatre ans, il se rend à Paris, fait des expériences sur la pression atmosphérique et rencontre Descartes. Il fréquente les libertins, s'amuse dans le monde et semble oublier Dieu.

A la suite d'un accident de voiture, près de Paris, il traverse une crise de mysticisme, déterminée sans doute par l'influence d'une de ses soeurs qui est entrée à Port-Royal chez les jansénistes. Au cours d'une méditation religieuse, il se sent illuminé par la foi et se retire aussi à Port-Royal. C'est là qu'il écrit Les Provinciales. Ses dernières années sont troublées par de terribles souffrances. Il s'occupe encore quelquefois de problèmes scientifiques, mais travaille surtout à un ouvrage sur la religion chrétienne que la mort ne lui laisse pas le temps de terminer et dont les fragments reconstitués forment Les pensées. 

Dans cette nature exceptionnelle se réunissent trois grandes qualités, contradictoires, mais qui, chez lui, forment un accord parfait. Il possède au plus haut point la rigueur scientifique. Il appelle cette qualité "l'esprit de géométrie". Elle lui permet des raisonnements rigoureux à partir de quelques principes clairs. Il est doué d'une sensibilité enflammée, stimulée par une grande force d'imagination. Il appelle cette qualité "l'esprit de finesse". Elle permet les relations avec autrui, l'ouverture à l'art, les intuitions. Cette sensibilité n'est pas de la tendresse, il est trop rigoureusement janséniste pour cela.

Enfin, sa rigueur scientifique ne le rend nullement hostile à la religion et aux mystères de la foi. Il distingue clairement leurs domaines respectifs: "L'éclaircissement de cette différence doit nous faire plaindre l'aveuglement de ceux qui apportent la seule autorité pour preuve dans les matières physiques, au lieu de raisonnement et des expériences et nous donner de l'horreur pour la malice des autres, qui emploient le raisonnement seul dans la théologie au lieu de l'Ecriture et des Pères". (Fragment d'un traité du vide)
 LES PROVINCIALES

C'est une occasion qui fait de Pascal un écrivain. En 1656, Arnauld, maitre à penser du couvent janséniste, publie une lettre imprudente. Il est attaqué par les jésuites et un procès théologique s'engage. Arnauld, plus à l'aise dans le débat religieux que dans la polémique, demande à Pascal de porter l'affaire devant le public. De janvier 1656 à mars 1657, Pascal publie donc dix-huit lettres anonymes dont le succès fait enrager ses adversaires qui ne peuvent en découvrir l'auteur. On désigne ses lettres du nom de Provinciales, parce qu'elles simulent une correspondance entre un "provincial" et un de ses amis qui l'informe.

On distingue nettement trois parties dans les Provinciales.
► Les questions de la grâce: elles occupent les quatre premières lettres. Elles traitent de la censure dont Arnauld est l'objet et des différentes interprétations de la grâce entre jésuites et jansénistes. Ce sont encore des lettres de défense.
► La morale relachée des jésuites (lettres 5 à 16): Pascal prend l'offensive. Il attaque d'abord la base de cette morale relâchée qui est le probabilisme: toute opinion soutenue par un docteur sérieux est probable, même si un autre docteur sérieux dit le contraire en en propose une autre. Ainsi, bien qu'il soit écrit dans l'Evangile: "donnez l'aumône de votre superflu", on peut s'en trouver dispensé, parce que le docte Vasquez explique très bien que, pour les riches, le superflu c'est le nécessaire. Un autre artifice des casuistes est représenté par ce qu'ils appellent la direction d'intention; on peut commettre une mauvaise action pourvu que l'intention ait été orientée vers le bien. Grâce à ce procédé, on justifie le duel par exemple: on n'avait pas l'intention de tuer son adversaire mais seulement de venger son honneur. Les lettres abondent en exemples tristes ou plaisants sur l'hypocrisie de la casuistique, qui n'a plus rien à voir avec la vraie morale de l'Evangile.
► Questions théologiques (lettres 17 et 18): dans les deux dernières Provinciales, Pascal revient à Jansénius, fondateur du jansénisme. Il affirme que celui-ci ne représente pas une hérésie dans l'Eglise.

Pascal n'est pas un théologien mais un logicien et lorsqu'il débat de problèmes de théologie, il essaie seulement de trouver la faille dans le raisonnement de ses adversaires. Pourtant Pascal n'est pas un tacticien impartial qui considère la polémique comme un jeu de l'esprit: une conviction profonde l'anime. C'est avec dégoût qu'il rejette l'idée d'une religion qui serait accomodante et se plierait aux désirs de chaque homme. Il croit fermement qu'il existe une vérité éternelle et une loi morale invariable pour tous. C'est là sa rigueur janséniste.

Pour retenir l'attention du public qui ne connait pas les subtilités du problème, Pascal invente le personnage d'un jeune narrateur, auteur des lettres. Dans les quatre premières lettres, ce jeune homme joue le naïf; il rend visite à plusieurs théologiens pour se faire expliquer les problèmes de la grâce dont il est question dans la polémique. Chaque fois il reçoit des réponses différentes, qui montrent bien l'incohérence de la position des jésuites, incapables de se mettre d'accord entre eux et de s'entendre sur les termes.

A partir de la quatrième lettre, la fausse naïveté fait place à l'ironie. Pascal s'amuse aux dépens des jésuites et utilise contre eux les resssources du comique, pour les discréditer. A partir de la douzième lettre, le ton change. Pascal ne se contente plus de faire rire. L'indignation éclate contre ceux qui adaptent les lois éternelles à leurs petits désirs personnels. L'ironie fait place à l'éloquence, aux désirs violents de convaincre ses lecteurs. Pascal ne s'amuse plus, il défend avec passion les idées auxquelles il croit.

Le débat théologique à l'origine des Provinciales a depuis longtemps perdu de son actualité. Mais ce qui est toujours remarquable dans ces lettres, c'est la pureté de la forme, la puissance de la langue, bien que Pascal lui-même ne se soit jamais pris pour un écrivain. Boileau, si rigoureux, voyait dans les Provinciales la seule création qui fût supérieure à tout ce qu'avait produit l'Antiquité. C'est un compliment d'une grande portée puisque Boileau était le plus farouche défenseur des Anciens.
 LES PENSEES

Pascal voulait écrire une Apologie de la religion chrétienne. Il souhaitait dix années de bonne santé pour mener à bien ce travail; il n'eut que cinq ans de maladie. A sa mort, il laisse plusieurs liasses de feuillets difficiles à déchiffrer. Pendant deux siècles, des parents, des amis, des érudits s'efforcent de déchiffrer ces notes et de les classer. L'ordre dans lequel Pascal avait rangé les liasses permet de dégager un fil conducteur, sans pourtant nous assurer que ce soit celui voulu en définitive par Pascal.

Le but est d'amener les libertins à croire en la religion chrétienne. Il s'agit d'abord de montrer à ces libertins que la religion n'est pas contraire à la rasion; ensuite, on les amènera à aimer cette religion, on leur montrera qu'elle est vraie, "vénérable parce qu'elle a bien connu l'homme; aimbale parce qu'elle promet le vrai bien". Cette démarche de Pascal est originale; il ne commence pas par vouloir prouver l'existence de Dieu, car il sait que ce débat est sans limite. Il part plutôt de la situation de l'homme dans l'univers, de ce que tout le monde peut constater et comprendre.

L'homme est un mystère: c'est une créature étrange, composé de misère et de grandeur, un être indéfini que l'on a du mal à cerner. Cette créature qu'est l'homme est fragile comme un roseau, nous dit Pascal (il tombe facilement malade, il est facile de le tuer) mais il est incroyablement supérieur à tout ce qui parait plus résistant que lui parce qu'il peut penser ("c'est un roseau pensant") et sait qu'il est fragile. Pascal s'interroge alors avec angoisse sur la destinée de l'homme: "Quelle chimère est-ce donc que l'homme? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers".

Les philosophes n'arrivent pas à expliquer le mystère de l'homme. Les uns, comme les stoïciens, n'ont voulu voir que sa grandeur. Les autres, comme Montaigne, n'ont voulu voir que sa faiblesse. Le christianisme apporte une solution: ce mélange de misère et de grandeur s'explique parce que l'homme a connu la grandeur avant le péché originel, et qu'il en a gardé des traces: "Si l'homme n'avait jamais été corrompu, il jouirait dans son innocence et de la vérité et de la félicité avec assurance. Et si l'homme n'avait jamais été que corrompu, il n'aurait aucune idée ni de la vérité ni de la béatitude".

Ainsi la religion chrétienne, loin d'être une obscure superstition, apporte-t-elle une explication acceptable par la raison. De plus, cette raison nous prouve que nous avons tout intérêt à accepter la religion: c'est le fameux pari pascalien. Nous ne perdons rien à parier que Dieu existe. D'un côté (nous parions que Dieu existe, et il n'existe pas) nous avons vécu en chrétiens qui sont les plus heureux des hommes; d'un autre côté ( nous parions que Dieu existe et il existe véritablement) nous avons une chance de gagner la vie éternelle: "Pesons le gain et la perte en prenant choix, que Dieu existe. Estimons ces deux cas: si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est sans hésiter".

Le problème de la foi: mais parier ce n'est pas encore avoir la foi, qui est une adhésion du coeur. Pour croire, il nous suffira de vouloir croire; faire d'abord comme si l'on y croyait pour préparer le terrain à la venue de la grâce.
La vérité du christianisme: quand nous serons décidés à croire, à chercher Dieu, et à souhaiter que le christianisme soit vrai, Pascal se fait fort de nous démontrer sa vérité. Il nous prouvera par les prophéties que le Christ est même une vérité historique.

Il y a peu de lecture sur ce difficile sujet de la religion qui soit aussi passionnante que celle des Pensées. En effet, le livre n'est pas, à proprement parler, un ouvrage religieux. Il traite des questions toujours d'actualité: la force de l'imagination, la force de l'habitude, la guerre, l'ennui, le mystère de l'univers. L'intérêt vient aussi de la personnalité de l'auteur. Comme un mathématicien, il envisage la religion comme une hypothèse à vérifier par l'expérience. Mais cet homme rigoureux ne manque pas d'imagination quand il évoque, par exemple, l'infiniment grand et l'infiniment petit entre lesquels se situe l'homme.

C'est enfin l'accent de sincérité qui s'échappe de chaque page. L'auteur ne se laisse aller à aucune coquetterie littéraire. Toute son écriture est tendue par la volonté de convaincre: aucun procédé, aucune figure de style gratuite pour enjoliver. Il dit lui-même dans les Pensées: "la vraie éloquence se moque de l'éloquence" (c'est-à-dire de la rhétorique)

Les Pensées connaissent un succès immédiat. Bien qu'elles restent marquées par les préoccupations d'une époque, elles continuent de fasciner, même ses adversaires, dont les premiers furent les philosophes du XVIIIème siècle. Aujourd'hui encore, le déclin des grandes idéologies athées, le déchirement du monde moderne incapable de mettre fin à ses problèmes une large place à la refléxion de Pascal.

20 Ocak 2011 Perşembe


AGRIPPA D'AUBIGNE (1552-1630)

Agrippa d'Aubigné est un battant. Figure originale et ardente, autant homme d'épée qu'homme de plume, il a engagé ses qualités de guerrier et d'écrivain au service de la cause protestante pendant les guerres de religion. Son oeuvre longtemps ignorée a été redécouverte au XIXème siècle et appréciée comme l'expression caractéristique de la littérature baroque en France.

Orphelin de mère, Agrippa d'Aubigné reçoit de son père une éducation soignée. Il fait de solides études à Genève et comprend le latin, le grec et l'hébreu. Très jeune, un événement va décider de toute sa vie; il a huit ans lorsque son père lui fait jurer de se consacrer à la vengeance les chefs protestants décapités après l'échec de la conjuration d'Amboise. Trois ans plus tard, son père meurt, mais l'enfant tient son serment.

A seize ans, il rejoint les rangs des huguenots; dès lors, il vit en homme de guerre. C'est par miracle qu'il échappe au massacre de la Saint-Barthélémy; mais en 1572 il est blessé au combat. Il est recueilli et soigné par une jeune fille dont il tombe amoureux: Diane Salviati. Mais il est protestant et elle est catholique, le mariage est impossible.

Il devient l'écuyer d'Henri de Navarre, futur Henri IV, et aussi l'un de ses principaux conseillers. Une nouvelle fois grièvement blessé au combat en 1577, il est contraint au repos et commence son oeuvre majeure: les Tragiques. Se sentant trahi par la conversion d'Henri de Navarre au catholicisme en 1593, Agrippa d'Aubigné se retire en Vendée dans une place-forte protestante. Mais il doit finalement se réfugier à Genève où il continue à travailler aux Tragiques et où il meurt en 1630.

Soldat autant que poète, il s'est fait le champion de la cause protestante. Passionné et intransigeant, il ne faiblit jamais dans la défense des huguenots et il ne pardonne pas à Henri sa conversion. Violent, il attaque ses ennemis avec une férocité qui semble parfois rejoindre le fanatisme. Mais c'est aussi un homme sensible épris d'un idéal de justice et dans les Tragiques il prend la défense du petit peuple, des faibles et des opprimés contre les injustices des grands.

LES OEUVRES D'AGRIPPA D'AUBIGNE

LE PRINTEMPS
Publié pour la première fois au XIXème siècle, ce recueil rassemble les vers que lui inspira son amour pour Diane Salviati, la passion de ses vingt ans. La première partie, Hécatombe à Diane (étymologiquement: cent offrandes à Diane), nous raconte l'inquiétude, le bonheur et finalement la déception de l'amoureux. D'Aubigné écrit ici son canzonière à la manière de Pétrarque, comme Ronsard écrivit dans le même style les Sonnets pour Hélène. Le ton de la suite est moins conventionnel et dans les Stances et les Odes se heurtent, dans un furieux mélange, le désespoir, le sang, la mort et l'univers animé. Il s'y fait déjà sentir une véhémence toute guerrière qui trouve son plein épanouissement dans les Tragiques.

LES TRAGIQUES
C'est l'oeuvre majeure d'Agrippa d'Aubigné; elle inaugure en France un genre nouveau: "l'épopée lyrique et satirique" (A.M. Schmidt). Commencé en 1577, elle ne fut  publiée qu'en 1616 et raconte, à la gloire des protestants, l'épopée des guerres de religion. C'est une oeuvre immense de plus de 9000 vers divisées en sept chants.

Le premier, les Misères, décrit les malheurs de la France ravagée par les guerres. Les Princes développe une violente satire contre les moeurs efféminées des favoris royaux. Dans la Chambre Dorée, il attaque les gens de justice chargés de Fers, passent en revue, sous la forme de tableaux saisissants, toutes les horreurs de la guerre. Dans Vengeances, D'Aubigné annonce que le châtiment de Dieu menace les coupables. Enfin, le Jugement annonce l'Apocalypse et le Jugement dernier. On y voit le bonheur des élus qui ont été persécutés sur terre: l'ordre naturel, renversé un moment par la barbarie et la corruption des puissants est ainsi rétablie par la volonté divine. Telle est la pensée profonde que reflète le plan. Elle est voisine de celle de Calvin dans le Traité des scandales où Dieu rétablit aussi la justice après la mort. Mais à la différence de Calvin, qui ne remet pas le monde en question et appelle à l'espoir dans l'au-delà, la grande originalité de D'Aubigné, qui est un combattant, c'est de prendre directement parti contre les vices et les corruptions de la cour.

La longue épopée des Tragiques est une oeuvre de qualité inégale mais elle est intéressante dans la mesure où elle reflète très bien, jusque dans ses excès même, les angoisses d'une époque tourmentée. La seconde moitié du XVIème siècle est marquée par l'insécurité, la violence et les atrocités. Le climat d'intolérence et de sauvagerie place les hommes dans un état de détresse qui les rapproche soudain de celui dont tout dépend en dernière instance: Dieu. C'est de ce perpétuel échange entre les misères humaines et la splendeur divine que se nourrit l'épopée. Cette déchirure entre le sentiment intense du tragique de la vie et la grandeur absolue de Dieu, significative de la sensibilité baroque, est plus manifeste chez les écrivains protestants, peut-être parce qu'ils étaient davantage soumis aux persécutions. La mort et la souffrance sont en effet deux thèmes qui reviennent comme des obsessions chez D'Aubigné.

LES THEMES DES TRAGIQUES
LA MORT► Pour D'Aubigné la mort n'est pas seulement l'aboutissement de l'existence, mais une présence tout au long de la vie. Elle se manifeste partout dans le sang des victimes, dans les crimes des méchants et jusque dans les plaintes de la nature qui sont l'expression du tragique de l'univers.
LES SUPPLICES► Dans certains de leurs chants, les Tragiques ressemblent à un long répertoire des souffrances infligées aux hommes, avec une prédilection non dissimulée pour le macabre et les scènes d'horreur. On est loin de la poésie aimable de Marot ou de rire de Rabelais au début du siècle. Pour D'Aubigné, la douleur est le lot de l'humanité: d'un côté il y a les bons, persécutés pour leurs coryances, de l'autre les méchants voués aux tortures et aux flammes de l'enfer.
La violence des thèmes appelait un style véhément. Agrippa D'Aubigné a su le trouver.
 EXTRAITS DES  «TRAGIQUES»

Je veux peindre la France une mère affligée,
Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups
D'ongles, de poings, de pieds, il brise le partage
Dont la nature donnait à son besson l'usage;
Ce voleur acharné, cet Ésau malheureux?
Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frère la vie,
Il méprise la sienne et n'en a plus d'envie.
Mais son Jacob, pressé d'avoir jeûné meshui,
Ayant dompté longtemps en son cœur son ennui,
A la fin se défend, et sa juste culère
Rend à l'autre un combat dont le champ est la mère.
Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris,
Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,
Si bien que leur courroux par leur coups se redouble.
Leur conflit se rallume et fait si furieux
Que l'un gauche malheur ils se crèvent les yeux.
Cette femme éplorée, en sa douleur plus forte,
Succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte;
Elle voit les mutins, tout déchirés, sanglants
Qui, ainsi que du cuir, des mains se font cherchant.
Quand, pressant à son sein d'une amour maternelle
Celui qui a le droit et la juste querelle,
Elle veut le sauver, l'autre qui n'est pas las
Viule, en son poursuivant, l'asile de ses bras.
Adonc se perd le lait, le suc de sa poitrine;
Puis, aux derniers abois se sa propre ruine,
Elle dit : « Vous avez, félons, ensanglanté
Le sein qui vous nourrit et qui vous a porté;
Or, vivez de venin, sanglante géniture,
Je n'ai plus que du sang pour votre nourriture!»

**********

Qui se cache? qui fuit devant les yeux de Dieu?
Vous, Caïns fugitifs, où trouverez-vous lieu?
Quand vous auriez les vents collés sous vos aisselles
Ou quand l'aube du jour vous prêterait ses ailes,
Les monts vous ouvriraient le plus profond rocher,
Quand la nuit tâcherait en sa nuit vous cacher,
Vous enceindre la mer, vous enlever la nue,
Vous ne fuirez de Dieu ni le doigt ni la vue.
Or voici les lions de torches acculés,
Les ours à nez percés, les loups emmuselés:
Tout s'élève contre eux : les beautés de Nature,
Que leur rage troubla de venin et d'ordure,
Se confrontent en mire et se lèvent contre eux.
«Pourquoi, dira le Feu, avez-vous de mes feux,
Qui n'étaient ordonnés qu'à l'usage de vie,
Fait des bourreaux, valets de votre tyrannie?»
L'air encore une fois contre eux se troublera,
Justice au juge saint, trouble, demandera,
Disant: «Pourquoi, tyrans et furieuses bestes,
M'empoisonnâtes-vous de charognes, de pestes,
Des corps de vos meurtris?» -«Pourquoi, diront les eaux,
Changeâtes-vous en sang l'argent de nos ruisseaux?»
Les monts, qui ont ridé le front à vos supplices:
«Pourquoi nous avez-vous rendu vos précipices?
-Pourquoi nous avez-vous, diront les arbres, faits
D'arbres délicieux, exécrables gibets?»
Nature, blanche, vive et belle de soi-même,
Présentera son front ridé, fâcheux et blême,
Aux peuples d'Italie et puis aux nations
Qui les ont enviés en leurs inventions,
Pour, de poison mêlé au milieu des viandes,
Tromper l'amère mort en ses liqueurs friandes,
Donner au meurtre faux le métier de nourrir,
Et sous les fleurs de vie embûcher le mourir.
Livre VII : Jugement

19 Ocak 2011 Çarşamba

  
PÉTRARQUE

Pétrarque, de son vrai nom Francesco Pétrarca, poète et humaniste italien est né à Arezzo en 1304 et mort à Arqua, près de Padoue, en 1374. Ce sont ses démêlées avec la faction des Guelfes qui pousse la famille de Pétrarque à fuir Florence pour la Provence. Elle arrive à Avignon en 1311, mais les problèmes de logement sont tels à l'époque où la présence du Pape attire une énorme population, qu'elle ne peut s'y installer et part à Carpentras.

Pétrarque effectue des études de Droit à Montpellier et à Bologne, il s'impreigne alors des textes des auteurs antiques et des poètes contemporains. En 1325, il retourne à Avignon, attiré par la cour papale, abandonne le Droit et entre dans les ordres mineurs.

Il cotoya alors des personnages éminents auprès desquels sa culture faisait impression, car bien qu'il reprochait aux papes d'avoir quitté Rome, la cour l'attirait. Il vécut à Avignon de nombreuses années.C'est là qu'il rencontre Laure de Noves; il conçoit pour elle un amour violent, mais sans espoir; il lui consacrera ses meilleurs pensées et l'immortalisera par ses sonnets. Il va se retirer dans sa petite maison près de la fontaine de Vaucluse en 1341 là où habite Laure. La mort de Laure en 1348 lui inspire ses plus beaux sonnets. Il dit la beauté physique de Laure, la pureté de ses pensées. Il décrit la mélancolie de leurs séparations successives et nous entretient aussi de cette nature où vit sa bien-aimée: Vaucluse. Parmi ses nombreuses oeuvres, deux recueils en langue italienne ont suffi pour consacrer leur auteur comme le poète par excellence de la beauté et l'âme féminines.

En 1341, il est couronné poète des poètes au Capitole, à Rome. Il est à noter que Paris lui avait offert la même distinction, remerciant ainsi celui qui permettait la renaissance des lettres, la redécouverte les textes anciens oubliés et ouvrait la voie aux humanistes.

En 1347, Cola di Rienzo, qui avait été en exil dans la cité des Papes se fait élire Tribun. Pétrarque, partisan des gouvernements populaires et de celui de di Rienzo depuis longtemps, quitte le cardinal Colonna et part pour Rome, le soutenir. La mort de di Rienzo dans une émeute interrompt son voyage, en 1354. Pétrarque s'établit à Milan jusqu'à ce que la peste l'oblige à fuir. Il ira successivement à Venise, Padoue puis, finalement, Arqua, où il mourra en 1374.

Pétrarque fut aussi un humaniste, un savant. Poète et humaniste italien, Pétrarque a aussi été un historien, un archéologue, chercheur de manuscrits anciens. Il fut le premier des grands humanistes de la Renaissance. Sa gloire vient surtout de ses poèmes, sonnets des "Rimes et des Triomphes", composés en l’honneur de Laure de Noves et réunis dans le "Canzoniere ". Son oeuvre latine a provoqué en Italie le mouvement de la Renaissance, un sièce avant que les autres nations de L'Europe n'en ressentissent les effets bienfaisants.

SONNETS  DE PETRARQUE


BENI SOIT LE JOUR...
Béni soit le jour, bénis le mois, l'année
Et la saison, et le moment et l'heure, et la minute
Béni soit le pays, et la place où j'ai fait rencontre
De ces deux yeux si beaux qu'ils m'ont ensorcelé.

Et béni soit le premier doux tourment
Que je sentis pour être captif d'Amour
Et bénis soient l'arc, le trait dont il me transperça
Et bénie soit la plaie que je porte en mon cœur

Bénies soient toutes les paroles semées
A proclamer le nom de celle qui est ma Dame
Bénis soient les soupirs, les pleurs et le désir.

Et bénis soient les poèmes
De quoi je sculpte sa gloire, et ma pensée
Tendue vers elle seule, étrangère à nulle autre.

************

JE M’EN VAIS EN PLEURANT...
Je m’en vais en pleurant sur mon passé
et je me repose sur l’amour des choses mortelles,
sans m’élever à toute volée, ayant moi-même des ailes,
pour peut-être ne pas donner de moi mauvais exemple.

Toi qui vois mes maux indignes et sacrilèges,
Roi du ciel invisible et immortel,
va secourir l’âme détournée de toi et frêle,
et remplis son défaut de ta Grâce:

Si moi, j’avais vécu de guerre et de tempête,
je serais mort en paix et à bon port;
si la partie fut vaine, au moins qu’elle soit honnête.

Pour le peu qu’il me reste à vivre
et à mourir, je désire être prêt dans ta main:
tu sais bien qu’en personne d’autre est mon espérance.



*************

LE CHANSONNIER (EXTRAIT)
Nulle paix je ne trouve, et je n'ai pas de guerre à faire:
Je crains et j'espère; je brûle et je suis de glace.
Et je vole au plus haut des cieux, et je gis à terre;
Et je n'étreins nulle chose, et j'embrasse le monde entier.

Qui me garde en prison la porte ne m'ouvre ni ne ferme,
Ni ne me tient pour sien, ni ne défait les liens;
Amour ne me tue pas et ne m'ôte pas mes fers,
Ne me veut pas vivant, et ne vient pas à mon secours.

Je vois et n'ai point d'yeux, et sans langue je crie;
Et je désire périr, et demande de l'aide;
Et pour moi je n'ai que haine et pour autrui qu'amour

Je me repais de ma douleur, et en pleurant je ris;
Également m'insupportent vie et mort:
En cet état je suis, Madame, pour vous.

LES CITATIONS DE PETRARQUE

► Il est dans mon passé une femme à l'âme remarquable, connue des siens par sa vertu et sa lignée ancienne et dont l'éclat fut souligné et le nom colporté au loin par mes vers. Sa séduction naturelle dépourvue d'artifice et le charme de sa rare beauté lui avaient jadis livré mon âme. Dix années durant j'avais supporté le poids harassant de ses chaines sur ma nuque, trouvant indigne qu'un joug féminin ait pu m'imposer si longtemps une telle contrainte. ( A Giacomo Colonna, Epistolae Metricae, 1, 6, Vaucluse été ou automne 1338)

► Je décidai de m'exposer à toutes les menaces de la Fortune pourvu que, même près de la mort je vive au moins quelques temps pour moi. (A Guglielmo da Pastrengo, Epistolae Metricae, III, 3, Vaucluse, 1339)

► C'est ici que jadis, séduit par la grandeur du lieu, le regard et l'esprit impressionnés par l'étrangeté du phénomène, le grand roi Robert, délassé, dit-on, sur une terasse fleurie, son corps longtemps mis à l'épreuve et son coeur accablé de tourments et loua le silence de ce petit coin de campagne. (A Dionigi da Borgo San Sepulcro, Epistolae Metricae, I, 4, Vaucluse, printemps 1399)

►Abordant désormais un âge de ma vie plus calme, je demande à mon ennemi au carquois de signer la paix. Il refuse, redoublant d'agressiveté et -chose étonnante- voici qu'en tout lieu et à toute heure, je le vois devant moi, cet impitoyable ennemi ailé et, je ne le nierai pas, je tremble qu'il ne rouvre mon ancienne blessure d'une nouvelle flèche, tant il a d'éléments en sa faveur. (A son ami Lelius, Epistolae Metricae, I, 8, Vaucluse 1339)

►Pendant que je te parle, il tombe des trombes d'eau, les maisons résonnent et une forte grêlé a fait tomber les couronnes des feuilles de vignes de Bacchus; les forêts perdent chacune leur parure; envahies par une eau boueuse, les grottes gémissent et l'eau mêlée aux cailloux reflue, défigurant la rivière en la salissant de manière inhabituelle. (A son Giovanni Colonna, Epistolae Metricae, I, 10, Vaucluse, 1340)

►Je t'attends à la fontaine de la Sorgue, cet endroit est toujours admirable, plein de charme et l'été on se croirait aux Champs-Elysées. (A Giovanni d'Arezzo, Familiarum rerum, XI, 9, depuis le Mont Genèvre, 20 juin 1351)

►Voici que m'a pris un ardent désir de revoir les collines, les grottes, les bois les rochers recouverts de mousse verte et qui résonnent sans cesse près de la célèbre fontaine de la Sorgue... J'avais pourtant décidé, tu le sais de ne plus jamais y revenir. Mais l'indispensable charme de ces lieux m'a gagné peu à peu et a secrètement agi sur mon esprit que ma raison n'a pu retenir. (A son ami Olympus, Familiarum rerum, XI, 1, 2, à la source de la Sorgue, 10 juillet 1351)

Pétrarque, Séjour à Vaucluse, Colette Lazam (traduction et notes), éd. Petite Bibliothèque Payot. Rivages poche, 2009

18 Ocak 2011 Salı


LOUISE LABE

Cette jeune femme cultivée qui tenait salon à Lyon vers 1550 avait épousé un riche cordier et fut surnommée "la belle cordière". Calomniée par certains, présentée par Calvin comme une courtisane, Louise Labé est une voix originale et neuve dans la poésie de ce siècle. Elle s'accepte dans sa condition de femme avec les exigences de son coeur et de son corps, sans céder à la tentation intellectuelle d'idéaliser l'amant et de sublimer l'amour. Dans son oeuvre poétique qui comprend trois élégies et 24 sonnets, la convention amoureuse est retournée: celle qui dit "je" est une femme et le motif de ses pleurs et ses espérances, l'objet passif de son amour exigeant, c'est l'homme. L'exaspération sensuelle d'un amour inassouvi la réduit "à se délecter dans les ténébres de ses fautes, qu'illumine soudain un éclair de jouissance, avec une sorte de morosité spasmodique et tendre, sans analogue, croyons-nous dans l'histoire des lettres européennes" (A.M.Scmidt: poète lyonnais du 16ème siècle)

J'endure mal tant que le Soleil luit:
Et quand je suis quasi toute cassée,
Et que me suis mise en mon lit lassée
Crier me faut mon mal toute la nuit

Celle qu'on appelle "la belle cordière" n'a pas cherché à masquer ses sentiments amoureux sous l'allégorie et l'idéalisation. Elle exprime ici, avec une émouvante franchise, le désir d'être aimée.

Oh, si j'étais en ce beau sein ravie
De celui-là pour lequel vais mourant:
Si avec lui vivre le demeurant
De mes cours jours ne m'empêchait envie:

Si m'accolant me disait: Chère Amie,
Contentons-nous l'un de l'autre! S'assurant
Que ja tempête, Euripe, ne courant
Ne nous pourra disjoindre en notre vie:

Si, de mes bras le tenant accolé,
Comme du lierre est l'arbre encercelé,
La mort venait, de mon aise envieuse,

Lors que, souef, plus il me baiserait,
Et mon esprit sur ses lèvres fuirait,
Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse
(Sonnet XII)
                       *******

Depuis qu'Amour cruel empoisonna
Premièrement de son feu ma poitrine,
Toujours brûlai de sa fureur divine,
Qui un seul jour mon coeur n'abandonna.

Quelque travail, dont assez me donna,
Quelque menace et prochaine ruine,
Quelque penser de mort qui tout termine,
De rien mon coeur ardent ne s'étonna.

Tant plus qu'Amour nous vient fort assaillir,
Plus il nous fait nos forces recueillir,
Et toujours frais en ses combats fait être ;

Mais ce n'est pas qu'en rien nous favorise,
Cil qui des Dieux et des hommes méprise,
Mais pour plus fort contre les forts paraître.
(Sonnet IV)

CLEMENT MAROT 1496 - 1544)

Marot est le premier en date des poètes du XVIème siècle. C'est une figure charnière: s'il s'inspire encore parfois des modèles rhétoriques de la fin du Moyan-Age, son oeuvre, plus simple, plus classique, plus élégante, marque pourtant un tournant décisif dans la poésie française, vers la modernité.

Clément Marot est né en 1496 à Cahors dans le Quercy. Son père, Jehan Marot, est un poète célébre appartenant à une école de Rhétoriqueurs fidèles aux modèles du Moyen-Age. Il l'emmenera à la cour d'Anne de Bretagne et de Louis XII. Clément Marot commence avec peu de conviction et de sérieux des études de droit. Il compose quelques oeuvres conventionnelles mais aussi des épitres, remarquées par le nouveau roi, François I.

En 1518, il devient secrétaire de Marguerite de Navarre, la soeur de François Ier. Il dédie à une certaine Anne (sans doute Anne d'Alençon, nièce de Marguerite) des poèmes inspirés d'un amour platonique. C'est à cette époque aussi que Marot s'ouvre et s'influence de la Renaissance italienne.

La culture humaniste qu'il découvre ainsi le séduit: il s'exerce à traduire Virgile et Ovide. Comme les humanistes, Marot essaie de retrouver dans leur version originale les textes littéraires, mais aussi les textes sacrés. Ce dernier point explique son intérêt pour la Réforme. Il finit donc par avoir des ennuis avec la Sorbonne, qui est la faculté de la théologie de Paris.

En 1526 et en 1527, il est emprisonné pour avoir brisé le jeûne. Le roi le fait chaque fois libérer. Marot fait publier en 1532 un recueil de ses oeuvres, L'adolescence clémentine, qui connait un vif succès.

En 1534, il est compromis, sans doute à tort, dans l'Affaire des placards: des écrits anti-religieux sont affichés (placardés) jusque sur la porte de la chambre de François Ier, à Amboise. Le roi réagit violemment et Marot doit s'exiler. Il part en Province d'abord, puis fuit à Ferrare, en Italie. Il ne peut rentrer en France qu'après avoir abjuré ses tendances réformistes en 1536. Sa traduction des Pasaumes le rend à nouveau suspect; par crainte, il s'exile à Genève, déjà dominée par l'austère Calvin. Le mode de vie de Marot choque à Genève aussi, et il passe en Italie. Il meurt à Turin en 1544.

Pour ses débuts poétiques, Marot n'est pas l'imitateur du style très conventionnel des Grands Rhétoriqueurs. Sa vie à la cour le contraint également à rédiger un bon nombre de poèmes de circonstances et d'oeuvres de commande. Mais il s'empare très vite du genre de l'épitre, pour le marquer de sa personnalité. Il y brille par son humour, élément jusque-là absent de ce genre et obtient les faveurs du roi.

Lorsqu'il est emprisonné, au lieu de faire appel à la pitié du roi et de se lamenter sur son sort, il présente sa captivité comme un séjour un peu particulier dans un lieu particulier. Cet humour et sa passion pour les jeux de mots (sur son propre nom par exemple) ont fait de Marot un poète spirituel et apprécié, de Rabelais par exemple.

Mais ce poète badin, léger pouvait également être très sérieux comme le montre sa traduction des Psaumes: Marot a transposé ceux-ci pour qu'ils puissent être chantés. Il a inventé des structures rhytmiques qui constitueront un répertoire pour ses successeurs. Pour ses épitres Marot a choisi le vers de dix pieds, ou décasyllabe.

Clément Marot est à la fois un héritier du Moyen-Age qui ne veut pas rompre avec tout ce que lui ont légué ses pères et un humaniste qui cultive les lettres antiques. Autour du poète s'est créée une école marotique contre laquelle s'est trop vite insurgée la Pléiade, qui n'y voyait qu'un culte de la tradition. L'oeuvre de Marot a longtemps souffert d'être à la jonction entre deux époques, mais on y reconnait maintenant le talent d'un précurseur.

OEUVRES DE CLEMENT MAROT

L'ADOLESCENCE CLEMENTINE
Ce premier recueil de ses oeuvres (poésies de circonstances, épitres) a un succès tel que Marot le fait suivre en 1534 d'une suite de l'adolescence. Parmi les oeuvres majeures qu'il contient, il faut citer: Le temple de Cupidon, poème inspiré de Roman de la Rose. L'influence de son père et des rhétoriqueurs y est sensible.
Les épitres sont les pièces les plus remarquables de ce recueil, car Marot a su renouveler ce genre totalement conventionnel: les Epitres Au roi pour sa délivrance et Au roi pour avoir été dérobé sont les plus réussies.

EPITRE A SON AMI LYON
Elle a été écrite en 1526 sous forme de fable et n'a pas été publiée dans l'adolescence clémentine. Marot y demande à son ami Jamet Léon (= Lyon) d'intervenir auprès de François Ier pour le faire libérer (il a mangé du lard malgré le jeûne de Carême).

L'ENFER
C'est un poème de près de 500 vers qui n'a pas non plus été publié dans le recueil général parce qu'il était trop critique envers l'autorité, l'organisation des prisons et les gens d'église.

PSAUMES
Dès son retour à Paris, après son exil de Ferrare, Marot traduit 30 psaumes de David mis en rimes françaises. La Sorbonne ne réagit qu'un peu plus tard, après une rédaction de l'Enfer: Marot s'exile à Genève où il publie, avec l'aide de Calvin, 20 nouveaux psaumes.


RONDEAU PARFAIT A SES AMIS APRES SA DELIVRANCE
En liberté maintenant me promène,
Mais en prison pourtant je fus cloué :
Voilà comment Fortune me démène.
C’est bien, et mal. Dieu soit de tout loué.

Les Envieux ont dit que de Noé
N’en sortirais : que la Mort les emmène !
Malgré leurs dents le nœud est dénoué.
En liberté maintenant je me promène.

Pourtant, si j’ai fâché la Cour romaine,
Entre méchants ne fus oncq alloué.
Des biens famés j’ai hanté le domaine ;
Mais en prison pourtant je fus cloué.

Car aussitôt que fus désavoué
De celle-là qui me fut tant humaine,
Bientôt après à saint Pris fus voué :
Voilà comment Fortune me démène.

J’eus à Paris prison fort inhumaine,
A Chartres fus doucement encloué ;
Maintenant vais où mon plaisir me mène.
C’est bien, et mal. Dieu soit de tout loué.

Au fort, Amis, c’est à vous bien joué,
Quand votre main hors du parc me ramène.
Ecrit et fait d’un cœur bien enjoué,
Le premier jour de la verte Semaine,
                                              En liberté.

Le poème ci-dessus est intéressant dans la mesure où il est très révélateur de la place qu'occupe Marot dans la littérature du XVIème siècle: restant fidèle à des formes poétiques difficiles, il y apparait comme un intermédiaire entre les Rhétoriqueurs du XVème siècle et une poésie plus légère, plus classique. Rappelons que le rondeau apparait vers 1250 au nord de la Loire et que son nom vient de la danse, plus exactement de la ronde. C'est un poème à l'architecture très stricte, composé de plusieurs strophes de quatre vers. Ce rondeau a été écrit en 1526; Marot avait "mangé du lard en carême"  et il avait été emprisonné pour cela à Paris puis à Chartes, où il avait été libéré le 1er mai sur ordre de François Ier. Il s'agit d'un rondeau redoublé, forme particulièrement difficile.


17 Ocak 2011 Pazartesi


MAURICE SCEVE (1500-1562)

Le rayonnement de l'humanisme en France ne va pas de pair avec une prééminence absolue de Paris, telle que la connaitra la vie littéraire du XIXème siècle. La cour elle-même déserte souvent la capitale pour prendre ses quartiers dans les châteaux au bord de la Loire. En province, de nombreux cercles humanistes jouent un rôle actif et Lyon au carrefour des axes du Rhône et de la Saône, plus proche de l'Italie que Paris, jouit d'une situation privilégiée. Il s'y développe autour de l'imprimeur Etienne Dolet une poésie néo-latine qui montre qu'au début du XVIème siècle même dans les millieux humanistes, le latin connait encore des heures de gloire. Cette école lyonnaise, soucieuse de raffinement, mêle à la culture antique la délicatesse courtoise et le lyrisme d'un Pétrarque, pour les opposer à ce qu'elle appelle la barbarie des temps modernes. C'est dans ce climat érudit et raffiné que grandit Maurice Scève, né sur les bords du Rhône vers l'an 1500, qui deviendra le premier grand poète de l'humanisme triomphant.

En 1533, il se fait connaitre pour avoir découvert -ou cru découvrir- le tombeau de Laure, l'amante de Pétrarque, dans une chapelle proche d'Avignon. Bien vite, il acquiert une notoriété de poète mais jamais -et c'est une chose remarquable à l'époque où la situation des poètes est encore précaire- il ne compose pour flatter les grands, travers auquel même un Ronsard n'a pas toujours su échapper. Comme nos poètes modernes, Maurice Scève a toujours fait de sa poésie l'expression privilégiée de sa vie et de ses sentiments, sans opportunisme ou concession mondaine; c'est de là que viennent ses accents de vérité qui nous touchent encore.

"Délie, objet de plus haulte vertu"
C'est sur le titre "Délie, objet de plus haulte vertu" que Maurice Scève publie en 1544 son oeuvre majeure. Selon la formule italienne du canzoniere, elle est consacrée à une femme unique, comme la Laure de Pétrarque. Matériellement, le poème est composé de 449 dizains en décasyllabes avec le schéma de rimes ABABBCCDCD. En 1544, le dizain est une forme déjà couramment utilisée par Marot. Chaque dizain constitue un ensemble qui peut se suffire à lui-même.

On retrouve dans Delie certains clichés de la lyrique amoureuse (l'amant transperce par le regard de la femme, tenu en servitude par la toute-puissance de la dame). Comme dans le Roman de la Rose les sentiments sont personnifiés et s'affrontent en allégories. Mais ce qui nous rend cette poésie encore proche c'est par-delà les conventions d'une époque, l'écho d'un amour vrai, vécu dans un cadre réel, celui du paysage lyonnais. Il ne s'agit pourtant pas d'une sorte de journal amoureux qui décrirait les étapes successives d'une passion. Dans une forme concise et tendue qui n'admet pas le bavardage de l'école marotique, Scève, à travers l'intensité d'une expérience personnelle, cherche dans ses chants l'essence de l'amour, dégagée des circonstances fortuites et qui seule peut surmonter la mort et assurer le salut aux amoureux. On retrouvera chez Ronsard ce souci de vaincre la mort par la poésie. Cette recherche de la pureté, de ce qu'il y a de plus essentiel, donne aux poèmes de Maurice Scève un caractère difficile que certains ont rapproché du style d'un Mallarmé au XIXème siècle.

Microcosme
Dans sa dernière oeuvre, en trois volumes et 3003 vers, Scève utilise -c'est un signe des temps- l'alexandrin mis en honneur par la Pléiade. Comme souvent pendant la Renaissance, il s'y manifeste l'ambition de dresser une somme du savoir humain et d'exalter le génie de l'homme, créature de Dieu, mais destiné à posséder le monde. Microcosme est l'épopée d'un homme -Adam- qui résume à lui seul toute l'histoire de l'humanité en marche vers la lumière et la réconciliation avec le Créateur. Mais ce credo humaniste résonne de façon tragiquement anachronique en 1562 alors que se déchainent déjà les guerres de religion.

 POEMES DE MAURICE SCEVE


DELIE, OBJET DE PLUS HAUTE VERTU
“Délie, objet de plus haute vertu” est un recueil de poème de Maurice Scève ayant paru en 1544 et constituant en fait une anagramme de l'Idée platonicienne. La poésie de Scève est une poésie profondément amoureuse: Délie, Objet de plus Haute Vertu qui est l'unique recueil de Scève est consacré à une femme. Dans ce recueil, quatre cents quarante neuf poèmes sont dédiés à l'amour et expriment tantôt les joies, les espérances puis les regrets, l'amertume et les douleurs du poète. Néanmoins, l’oeuvre est considérée comme une véritable déclaration amoureuse, ce receuil n'en est pas moins une œuvre poétique, un travail de poète et donc un exploit sur le plan de l'écriture.


LE JOUR PASSE DE TA DOUCE PRESENCE
Le jour passé de ta douce présence
Fut un serein en hiver ténébreux,
Qui fait prouver la nuit de ton absence
A l'oeil de l'âme être un temps plus ombreux,
Que n'est au Corps ce mien vivre encombreux,
Qui maintenant me fait de soi refus.

Car dès le point, que partie tu fus,
Comme le Lièvre accroupi en son gîte,
Je tends l'oreille, oyant un bruit confus,
Tout éperdu aux ténèbres d'Egypte.

************************************************


DIZAINS

I
Dans son jardin Vénus se reposait
Avec Amour, sa douce nourriture,
Lequel je vis, lorsqu'il se déduisait,
Et l'aperçus semblable à ma figure
Car il était de très basse stature,

Moi très petit; lui pâle, moi transi.
Puisque pareils nous sommes donc ainsi
Pourquoi ne suis second dieu d'amitié?
Las! je n'ai pas l'arc et les traits aussi
Pour émouvoir ma maîtresse à pitié.

II
Vois que l'hiver tremblant en son séjour,
Aux champs tout nus sont leurs arbres faillis.
Puis le printemps ramenant le beau jour,
Leur sont bourgeons, feuilles, fleurs, fruits saillis.
Arbres, buissons, et haies, et taillis
Se crêpent lors en leur gaie verdure.
Tant que sur moi le tien ingrat froid dure,
Mon espoir est dénué de son herbe
Puis, retournant le doux ver sans froidure,
Mon an se frise en son avril superbe.

III
Le peintre peut de la neige dépeindre
La blancheur telle à peu près qu'on peut voir ;
Mais il ne sait à la froideur atteindre,
Et moins la faire à l'oeil apercevoir.
Ce me serait moi-même décevoir,
Et grandement me pourrait-on reprendre,
Si je tâchais à te faire comprendre
Ce mal qui peut voire l'âme opprimer,
Que d'un objet comme peste on voit prendre,
Qui mieux se sent qu'on ne peut exprimer.

IV
Le doux sommeil de ses tacites eaux
D'oblivion ! m'arrosa tellement
Que de la mère et du fils les flambeaux
Je pressentais éteints totalement,
Ou le croyais, et, spécialement,

Quand la nuit est à repos inclinée.
Mais le jour vint, et l'heure destinée,
Où revivant mille fois je mourus,
Lorsque vertu en son zèle obstinée
Perdit au monde Angleterre et
Morus.

v
Délie aux champs, troussée et accoutrée .
Comme un veneur, s'en allait ébattant.
Sur le chemin, d'Amour, fut rencontrée,
Qui partout va jeunes amants guettant,
Et lui a dit, près d'elle voletant
"Comment vas-tu sans armes à la chasse ? -
N'ai-je mes yeux, dit-elle, dont je chasse,
Et par lesquels j'ai maint gibier surpris
Que sert ton arc qui rien ne te pourchasse,
Vu mêmement que par eux je t'ai pris ?"

VI
Amour, brûlant de se voir en portrait,
Bien eût voulu qu'Appelle fût en vie ;
A son défaut autre peintre il convie,
Lequel déjà achevait arc et trait,
Croyant avoir portraiture accomplie ;
Quand je lui dis :
"Ami, que fais-tu là ?
Pour le bien peindre efface tout cela,
Et seulement peins vite ma
Délie. "

**********************************************

EN TOI JE VIS, OU QUE TU SOIS ABSENTE
En toi je vis, où que tu sois absente :
En moi je meurs, où que soye présent.
Tant loin sois-tu, toujours tu es présente :
Pour près que soye, encore suis-je absent.

Et si nature outragée se sent
De me voir vivre en toi trop plus qu'en moi :
Le haut pouvoir qui, oeuvrant sans émoi,
Infuse l'âme en ce mien corps passible,
La prévoyant sans son essence en soi,
En toi l'étend comme en son plus possible.

************************************************

MICROCOSME - AU LECTEUR
Le vain travail de voir divers païs
Aporte a qui vagabond erre,
Combien qu'il perde à changer ciel, et terre,
Ses meilleurs jours de tems larron trahis.

Ce tems perdu peut aux plus esbahis
Gaigner encor son merite, et acquerre
Son loyer deu, que mieux peuvent conquerre
Veille, et labeur d'oisiveté haïs.

Ainsi errant dessous ce cours Solaire
Tardif je tasche inutile à te plaire
Ne mendiant de toi autre faveur.

Ainsi le Lys jà flestri refleuronne,
Et le Figuier regette sur l'Autonne
Son second fruict, mais vert, et sans saveur.
NON SI NON LA





AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)