Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

4 Ocak 2011 Salı


CHARLES D’ORLEANS


Charles d’Orléans, fils de Louis d’Orléans, frère de Charles VI, est né en 1391. A seize ans, il a perdu son père, assassiné par Jean sans Peur; à dix-sept ans il a perdu sa mère, Valentine de Milan, qui est morte de douleur; à dix-huit ans, il a perdu sa femme, Isabelle de France; à vingt-quatre ans il est fait prisonnier à Azincourt et il est resté prisonnier à Londres jusqu’à cinquante ans. Rentré en France, il s’est entouré à Blois d’une cour élégante et il y a mena une vie d’épicurien.

Cet homme qui a tant vu d’horreurs et tant de douleurs est un poète; et dans toute son œuvre, on chercherait vainement un cri, un frémissement qui rappelle son époque et ses malheurs. Il s’est amusé à la poésie qui a consolé sa captivité et orné sa vie au château de Blois. Il a écrit des rondeaux, des ballades, des chansons, triant ses mots et ses couleurs, ajustant ses vers, comme un de ces orfèvres de son temps qui « ouvraient » un coffret précieux. Il a célébré l’amour et le retour du printemps. Il s’est lamenté sur la fuite de la jeunesse; il a traité de vieux sujets et il s’est appliqué à les enluminer à sa manière pour en faire des bibelots de choix.
Art alexandrin, art de décadence assurément mais dans cet art, Charles d’Orléans est passé maitre. Il a une grâce jolie, un peu mièvre et qui reste exquise. C’est le dernier des poètes courtois, et dans ses vers comme dans un tombeau précieux, sculpté avec amour, il a enfermé toute courtoisie.


DEDENS MON LIVRE DE PENSEE
Dedens mon Livre de Pensee,
J'ay trouvé escripvant mon cueur
La vraye histoire de douleur,
De larmes toute enluminee,
En deffassant la tresamee
Ymage de plaisant doulceur,
Dedens mon Livre de Pensee.

Helas ! ou l'a mon cueur trouvee?
Lez grossez gouttez de sueur
Lui saillent, de peinne et labeur
Qu'il y prent, et nuit et journee,
Dedens mon livre de Pensee.

*********************************************

QUE ME CONSEILLEZ-VOUS, MON COEUR ?
Que me conseillez-vous, mon coeur ?
Irai-je par devers la belle
Lui dire la peine mortelle
Que souffrez pour elle en douleur ?

Pour votre bien et son honneur,
C'est droit que votre conseil céle.
Que me conseillez-vous, mon coeur,
Irai-je par devers la belle ?

Si pleine la sais de douceur
Que trouverai merci en elle,
Tôt en aurez bonne nouvelle.
J'y vais, n'est-ce pour le meilleur ?
Que me conseillez-vous, mon coeur ?

**********************************************

VOSTRE BOUCHE DIT...
Vostre bouche dit: Baisiez moy,
Ce m'est avis quant la regarde ;
Mais Dangier de trop prés la garde,
Dont mainte doleur je reçoy.

Laissiez m'avoir, par vostre foy,
Un doulx baisier, sans que plus tarde;
Vostre bouche dit: Baisiez moy,
Ce m'est avis quant la regarde.

Dangier me heit, ne scay pourquoy,
Et tousjours Destourbier me darde;
Je prie a Dieu que mal feu l'arde!
Il fust temps qu'il se tenist coy.
Vostre bouche dit: Baisiez moy.

3 Ocak 2011 Pazartesi


CHRISTINE DE PISAN


Christine de Pisan est née à Venise en 1364. Son père, astrologue et médecin, sa réputation ayant dépassée les frontières Charles V de France l'invite à sa cour. Il part pour la France, seul, et pour un an. Le roi insiste pour qu'il s'installe définitivement à Paris, et après trois ans d'hésitation il fait venir sa famille. Christine, qui a plus ou moins quatre ans, se rappellera toute sa vie l'accueil chaleureux de Charles V au Louvre.

Après Christine, la famille se complète avec deux garçons, et bien qu'elle ne reçoit pas la même éducation, elle profite aussi des cours donnés à ses frères par leur père. En plus elle a une liberté totale de lire tout ce qu'elle veut. Sa mère insiste pour qu'elle apprenne des occupations plus 'féminines' telles que filer et broder.

A 15 ans, Christine est mariée avec Etienne de Castel, son aînée de dix ans, fils d'un valet de chambre du roi et lui-même notaire et secrétaire royal. Le mariage semble avoir été heureux. Une année plus tard, le 16 septembre 1380 le roi Charles V meurt à l'âge de 44 ans dans son château de Beauté-sur-Marne, en présence de Tommasso di Pizzano (le père de Christine de Pisan). Après ce décès, la vie de Tommasso di Pizzano et sa famille devient plus difficile suite à la disparition du patronage royal. Le nouveau roi, Charles VI, est très différent de son père du point de vue culturel, et en plus, à cause de problèmes d'argent, il est obligé de diminuer son mécénat.

En 1389 Tommasso meurt et, la même année Etienne de Castel décède aussi, lors d'un déplacement en compagnie du roi, donc loin de la maison. A l'âge de 25 ans Christine reste seule, une veuve éplorée avec la charge d'un grand ménage: trois enfants en bas âge, sa mère, ses deux frères et une nièce. L'héritage n'est pas grand et en plus il y a des dettes à payer. Pendant quinze ans Christine sera en procès pour faire valoir ses droits, et ses 'défenseurs' profiteront du fait qu'elle soit une femme et donc relativement ignorante de ses droits.

Pour gagner de l'argent elle commence à écrire, d'abord surtout du lyrisme, inspiré partiellement de son expérience et partiellement de la tradition courtoise qu'elle connaît bien, ayant passé la plus grande partie de sa vie à la cour royale française. Elle profite de son accès à la bibliothèque royale pour étudier l'histoire; surtout antique et biblique, mais aussi l'histoire de la France et de l'Angleterre; la mythologie et la philosophie. Elle lit en Français, Italien et probablement aussi en Latin.

A partir d'environ 1400 elle produit un œuvre nouveau, basé sur ses études. Les sujets sont historiques, mais elle défend aussi les droits des femmes, comme on peut se rendre compte avec la polémique autour du célèbre 'Roman de la Rose'. Cette œuvre, inachevée jusqu'alors, était terminée par Jean de Meung, en vers, mais dans un langage assez grossier selon Christine et en plus avec un contenu anti-femme. Sa réaction cause une polémique entre partisans et opposants dans laquelle on met le jugement de Christine en doute parce qu'elle n'est qu'une femme qui, en plus, ose attaquer le travail d'un homme de science de l'université de Paris.

Elle-même réécrit des tranches d'histoire d'un point de vue féminin avec des héroïnes telles que la reine Penthesileia (guerre de Troie), Médéa (ici représentée comme une femme sage avec des connaissances de magie), ainsi que des figures bibliques telles que Esther et Judith. Son œuvre complet contient tous les genres de la littérature médiévale; poésie, lyrisme, prose, allégorie, révélation mystique, histoire, biographie et autobiographie. Son livre le plus connu est probablement La Cité des Dames, dans lequel elle exprime ses idées sous le couvert de l'allégorie.

Comme c'est l'habitude à l'époque, elle dépend de mécénat et elle écrit pour des personnes importantes: Charles VI et sa femme Isabelle de Bavière, Philippe et Jean de Bourgogne, Louis d'Orléans et Jean du Berry. Grâce à la traduction d'une partie de son œuvre, elle est connue jusqu'en Angleterre. Pendant un certain temps son fils aîné, Jean Castel, demeure en Angleterre au service du Comte de Salisbury, Sir John de Montague. Quand celui-ci est décapité, après la destitution de Richard II, le nouveau roi Henry IV invite le garçon de 13 ans à sa cour. Dans le but d'obliger Christine à venir aussi, il refuse de le laisser partir. Pour faire rentrer le garçon elle recourt à une ruse: elle demande au roi d'Angleterre d'envoyer Jean à la maison pour venir la chercher. En bonne royaliste elle ne quittera jamais la France, même pas quand le roi n'est pas digne de sa fonction, souffrant parfois d'accès de folie, et que les Anglais semblent avoir plus de succès dans la Guerre de Cent Ans.

En 1418, quand la vie à Paris devient dangereuse à cause de la querelle entre les Armagnacs et les Bourguignons, Christine se retire dans l'abbaye de Poissy, où sa fille Maria est religieuse. Elle écrit moins et sa dernière poésie traite de Jeanne d'Arc. Elle meurt en 1430 mais son œuvre reste très connu pendant un siècle. Durant sa vie ses écrits étaient copiés en lettres gothiques, souvent enluminés par des miniatures et reliés en velours.

Christine de Pisan, bien que partisane des droits des femmes, n'est pas une féministe avant la lettre: elle propage l'idée d'une éducation égale pour les filles et les garçons, mais en même temps elle voit le seul destin valable d'une femme dans le mariage et la dépendance d'un homme. Son propre mariage heureux l'a sans doute confirmée dans cette conviction.

DIVERS POEMES DE CHRISTINE DE PISAN


SEULETTE SUIS…
Seulette suis et seulette veux être,
Seulette m’a mon doux ami laissée,
Seulette suis, sans compagnon ni maître,
Seulette suis, dolente et courroucée,
Seulette suis en langueur mésaisée,
Seulette suis plus que nulle égarée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Seulette suis à huis ou à fenêtre,

Seulette suis en un anglet muchée,
Seulette suis pour moi de pleurs repaître,
Seulette suis, dolente ou apaisée,
Seulette suis, rien n’est qui tant me siée,
Seulette suis en ma chambre enserrée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Seulette suis partout et en tout être,

Seulette suis, où je vais où je siée,
Seulette suis plus qu’autre rien terrestre,
Seulette suis, de chacun délaissée,
Seulette suis, durement abaissée,
Seulette suis souvent toute épleurée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Princes, or est ma douleur commencée:

Seulette suis de tout deuil menacée,
Seulette suis plus tainte que morée,
Seulette suis sans ami demeurée.
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JE NE SAIS COMMENT JE DURE
Je ne sais comment je dure,
Car mon dolent coeur fond d'ire
Et plaindre n'ose, ni dire
Ma douloureuse aventure,

Ma dolente vie obscure.
Rien, hos la mort ne désire;
Je ne sais comment je dure.

Et me faut, par couverture,
Chanter que mon coeur soupire
Et faire semblant de rire;
Mais Dieu sait ce que j'endure.
Je ne sais comment je dure

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POUR LE DESIR QUE J'AY DE VOUS VEOIR
Mon doulz ami, vueilliez moy pardonner,
Se je ne puis, si tost com je vouldroye,
Parler a vous, car ainçois ordener
Me fault comment sera, ne par quel voye.
Car mesdisans me vont gaitant
Qui du meschief et du mal me font tant,
Que je ne puis joye ne bien avoir,
Pour le desir que j'ay de vous veoir.

Si pry a Dieu qu'il leur vueille donner
La mort briefment; car leur vie m'anoye,
Pour ce qu'en dueil me font mes jours finer
Sanz vous veoir, ou est toute ma joye
Car ilz se vont entremettant
De moy gaitier nuit et jour, mais pourtant
Ne vous oubli, ce pouez vous savoir,
Pour le desir que j'ay de vous veoir.

Mais ne sçaront ja eulx si fort pener,
Que, maugré tous, bien briefment ne vous voie.
Car tant feray, se g'y puis assener,
Que vous verray, quoy qu'avenir m'en doye,
Et vous feray savoir quant.
Mon doulz ami, deportez vous atant.
Car g'y mettray peine, sachiez de voir,
Pour le desir que j'ay de vous veoir.

31 Aralık 2010 Cuma


FRANÇOIS VILLON

François Villon est né à Paris en 1431. Confié à un professeur de droit, il fait des études à la faculté des arts et mène une vie d'étudiante aventureux. En 1445, il est mêlé à l'histoire du meurtre d'un moine et doit quitter Paris. L'année suivante, il est pardonné. Rentré à Paris, il participe au cambriolage du collège de Navarre, le soir de Noël. Il s'enfuit de nouveau en province, fréquente la cour littéraire de Blois puis est de nouveau emprisonné, pour des raisons obscures, par l'évêque d'Orléans. Il n'est libéré que par une grâce du roi Louis 11. C'est à cette époque, entre 1461 et 1462 qu'il rédige son oeuvre majeure, le Testament.

De retour à Paris, il est de nouveau emprisonné pour vol, puis bientôt condamné à être pendu. En 1463, le parlement annule le jugement et bannit Villon de Paris pour dix ans. On perd alors sa trace. Nous savons que ses oeuvres furent publiées pour la première fois en 1489.

Toute son oeuvre est en vers. On distingue le Lais ou Legs (appelé parfois improprement Petit Testament), le Testament (appelé aussi Grand Testament) et des poésies diverses, dont plusieurs ballades.

LE LAIS
C'est un poème humoristique de quarante strophes contenant chacune huit octosyllabes. Villon l'aurait écrit en 1456; devant quitter Paris pour Angers, il s'amuse à léguer des biens imaginaires et farfelus à ceux qu'il connait. Cette farce est aussi, au millieu de l'allusions obscures, une satire féroce de la société de son temps et de ses contemporains. Souvent, la rancune se mêle à la plaisanterie, l'agressivité à la gaieté.

LE TESTAMENT

Ce poème de plus de 2000 vers est l'oeuvre majeure de Villon. Le schéma est comparable à celui du Lais, mais l'attitude du poète n'est plus la même; l'atmosphère générale est plus tragique. A trente ans, le poète fait le bilan de sa vie. Il s'en prend d'abord aux gens qui lui ont fait du mal. Il maudit sa misère, regrette ses fautes de jeunesses. Il avoue enfin sa crainte devant la mort.
L'architecture du Testament est constituée par 186 groupes de huit octosyllabes. Il s'y glisse parfois d'autres formes poétiques, comme la célèbre Ballade des dames du temps jadis. Le ton est varié, souvent contradictoire: à la gravité  peuvent succéder les sarcasmes, aux grossièretés haineuses des prières et des demandes de pardon.


POESIES DIVERSES
Seize autres poèmes complètent l'oeuvre de Villon. Ce sont presque tous des ballades. La plus connu d'entre elles est La Ballade des pendus. Six ballades en jargon nous font connaitre l'argot parlé dans le Paris de cette époque.

Quatre thèmes principaux se dégagent de l'oeuvre poétique de Villon;
► le goût du plaisir: son malheur est d'être né pauvre avec le goût de la vie facile. Il envie les riches et leur train de vie agréable et sans souci. Ce regret de la vie facile est présent dans le Testament.
► l'obsession de la mort: la mort est la loi suprême qui emporte tout. Rien ne nous préserve. Elle n'est jamais glorieuse mais, au contraire, effrayante et douloureuse. De plus, elle ouvre la porte vers un au-delà inconnu et angoissant.
► Le sentiment religieux: en dépit de sa vie désordonnée, Villon ne semble jamais avoir perdu la foi. Dans ses moments d'humilité, il se tourne vers les deux grandes figures religieuses qu'il affectionne plus particulièrement: le Christ et surtout la Vierge Marie.
► La compassion pour son prochain: Villon semble avoir trop souffert pour haïr véritablement les hommes. Son sentiment de fraternité pour toute l'espèce humaine nait de l'universelle souffrance qui lie tous les hommes et les rend égaux.

François Villon est le premier grand poète français moderne, mais il est aussi le dernier poète du Moyen-Age. Pour le comprendre, on ne peut le séparer de son époque, dont l'oeuvre reprend les thèmes, les formes poétiques et jusqu'aux obsessions, telle celle de la mort. Mais pour avoir su transformer cet héritage en thèmes authentiquement personnels et dépasser les conventions de son époque, Villon peut encore nous émouvoir.

EXTRAITS DU TESTAMENT

L'un des thèmes les plus fréquents chez Villon est la mort. En dépit de leur beauté ou de leur grandeur, les belles dames du temps jadis n'ont pas échappé à cette destinée: Flora, courtisane romaine, ou peut-être la déesse du printemps; Thaïs, courtisane égyptienne; Echo, nymphe grecque qui aima Narcisse et se laissa mourir de désespoir, ne conservant de son corps que sa voix; Héloïse, qui au 12ème siècle, fut l'amante du philosophe Abélard; Marguerite de Bourgogne, femme de roi qui faisait tuer ses amants, dont Buridan, qui était aussi une philosophe; Blanche de Castille, reinde de France; Berthe aux grands pieds, femme de Pépin et mère de Charlemagne. On ne sait qui sont Bietris, Alis et Harembourgis. Belles ou tragiques, ces héroïnes sont choisies pour le prestige de leur nom. Villon a su en outre exprimer la fuite du temps par un refrain devenu fameux: "Mais où sont les neiges d'antan?" (d'antan: de l'année passée)

BALLADE DES DAMES DU TEMPS JADIS
Dites-moi où n'  en quel pays
Est Flora la belle Romaine,
Archipides ne Thaïs
Qui fut sa cousine germaine,
Echo parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine,
Mais où sont les neiges d'antan?

Où est la très sage Héloïs
Pour qui chatré fut, et puis moine
Pierre Abélard à Saint-Denis?
Pour son amour eut cette essoine
Semblablement où est la reine
Qui commande que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?

La reine blanche comme lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pieds, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint la Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;
Où sont-ils, Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?

Prince, n'enquérez de semaine
Où elles sont, né de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous ramaine
Mais où sont les neiges d'antan?

**************************************************************

Dans cette ballade, Villon fait parler sa mère, une femme humble. Elle adresse à Notre-Dame une prière ardente et naïve. Tout l'art nait de la simplicité d'expression de ce langage parlé, et dans la ferveur de la demande, on ne sait plus si c'est Villon ou sa mère qui prie.

BALLADE POUR PRIER NOTRE DAME
Dame du ciel, régente terrienne
Emperière des infernaux palus
Recevez-moi votre humble chrétienne,
Que comprinse sois entre vos élus,
Ce nonobstant qu'oncques rien ne valus.
Les bien de vous, ma dame et ma maitresse,
Sont trop plus grands que ne suis pécheresse,
Sans lesquels biens âme ne peut mérir
N'avoir les cieux, je n'en suis jongleresse.
En cette foi je veux vivre et mourir.

A votre fils dites que je suis sienne;
Que de lui soient mes péchés abolus;
Pardonnez-moi comme à l'Egyptienne
Ou comme il fit au clerc Théophilus,
Lequel par vous fut quitte et absolus,
Combien qu'il eût au diable fait promesse.
Préservez-moi de faire jamais ce;
Vierge, pourtant, me veillez impartir
Le sacrement qu'on célèbre à la messe.
En cette foi je veux vivre et mourir.

Femme je suis pauvrette et ancienne,
Ni rien ne sais; oncques lettre ne lus;
Au monstier vois dont je suis paroissienne
Paradis peint, où sont harpes et luths
Et un enfer où damnés sont boullus:
L'un me fait peur, l'autre joie et liesse.
La joie avoir, fais-moi, haute Déesse,
A qui pécheurs doivent sous recourir,
Comblés de foi, sans feinte ni paresse.
En cette foi, je veux vivre et mourir.

Vous portâtes, Vierge, digne princesse,
Jésus régnant, qui n'a fin ni cesse.
Le Tout-Puissant, prenant notre faiblesse,
Laissa les cieux et nous vint secourir;
Offrit à Dieu sa très claire jeunesse;
Notre Seigneur tel est, tel je confesse.
En cette foi je veux vivre et mourir.

FRANÇOIS VILLON

30 Aralık 2010 Perşembe

 LA POESIE LYRIQUE AU 14ème SIECLE

A l'avènement des Valois, la poèsie lyrique se transforme et dépérit. Les idées, les sentiments, l'inspiration pour tout dire, lui manquent: elle ressasse de vieux thèmes et de vieilles allégories. Pour manquer cette indigence, les poètes donnent une grande attention à la forme, non pas tant au choix des mots et des images, qu'au travail technique du vers: ils en compliquent les règles, multiplient les difficultés et s'attachent à des minutes puériles. Faisons exception pour François Villon qui est un grand poète, et si on y tient, pour  Charles d'Orléans qui est un artiste délicat; tout le reste est insignifiant, sinon fastidieux. On comprend le dédain de Ronsard et de Du Bellay pour les "épisseries" de cette période de décadence. Parmi les poètes de ce temps, on peut citer Guillaume de Machaut, Jean Froissart, l'historien et Eustache Deschamps.

GUILLAUME DE MACHAUT  


Guillaume de Machaut est né à Machault, en Champagne, vers 1300, dans une famille de roturiers (donc non noble). Il suit assez tôt une formation de clerc puis  devient poète et secrétaire du roi de Bohême Jean de Luxembourg vers 1323 et l’accompagne dans ses déplacements. Il formera des élèves en Europe (Pologne, Italie, Russie, Bohême, etc.).
Mais son employeur ayant été tué à Crécy en 1346, Machaut rejoint successivement Bonne de Luxembourg, le roi de Navarre, Charles le Mauvais, le roi Charles Quint et enfin le duc de Berry. Il devient ensuite chanoine à la cathédrale de Reims, et peut ainsi se livrer tout entier à ses occupations favorites : la poésie, la musique, la chasse et surtout la jeune Péronne d’Armentières. Cette passion lui inspire Le Dit de la vérité et de précieux manuscrits (1362-1265).
Machaut meurt à Reims en avril 1377, considéré à l’époque comme le plus grand poète et musicien de son temps. Ayant su puiser dans les découvertes d’Adam De La Halle, Machaut est aussi le premier compositeur à avoir écrit une Messe à lui seul.

DE BON ESPOIR
De Bon Espoir, de Tres-Dous Souvenir
Et de Tres-Dous Penser contre Desir
M'a bonne Amour maintes fois secouru,
Quant il m'a plus aigrement sus couru;
Car quant Desirs plus fort me destreingnoit,
Moult doucement Espoirs m'asseüroit,
Et Souvenirs me moustroit la biauté,
Le scens, l'onneur, le pris et la bonté
De celle dont li amoureus penser
Mon dolent cuer venoient conforter.
Las! or m'assaut Desirs plus qu'il ne suet.
Mais durement endurer le m'estuet,
Car je sui près de perdre le confort
De Bon Espoir, dont je me desconfort;
Et Souvenirs me fait toudis penser
Pour mon las cuer faire desesperer,
Car Grace, Amour, Franchise, Loyauté,
Pité, Doctrine et Debonnaireté
Sont pour moy seul si forment endormi
Car Dangiers est souverains de Merci
Et que ma dame, à qui je sui rendus,
Croit à Durté et orguilleus Refus,
Pour ce, sans plus, que m'amour ne mon cuer
N'en vueil ne puis departir à nul fuer.
Mais puis qu'estre ne puet ore autrement,
Face de moy tout son commandement,
Car maugré li l'ameray loyaument.

Puis qu'en la douce rousée
D'umblesse ne vuet florir
Pitez, tant que meürée
Soit mercis que tant desir,
Je ne puis avoir durée,
Car en moy s'est engendrée,
Par un amoureus desir,
Une ardeur desmesurée
Qu'Amours, par son dous plaisir,
Et ma dame desirée,
Par sa biauté coulourée,
De grace y ont fait venir.
Mais puis qu'einsi leur agrée,
Je vueil humblement souffrir
Leur voloir jusqu'au morir.


J'AI TANT MON CUER ET MON ORGUEIL CREÜ
J'ai tant mon cuer et mon orgueil creü
Et tenu chier ce qui m'a deceü
Et en vilté ce qui m'amoit eü,
Que j'ay failli
Aus tres dous biens dont Amours pourveü
Ha par pitié maint cuer despourveü
Et de la tres grant joie repeü
Dont je langui.
Lasse! einsi m'a mes felons cuers trahi,
Car onques jour vers mon loyal ami
Qui me servoit et amoit plus que li
N'os cuer meü
Que de m'amour li feisse l'ottri.
Or sçay je bien qu'il aimme autre que mi
Qui liement en ottriant merci
L'a reçeü.
Si le m'estuet chierement comparer,
Car je l'aim tant c'on ne puet plus amer.
Mais c'est trop tart: je ne puis recouvrer
La soie amour;
Et s'ay paour, se je li vueil rouver,
Qu'il ne me deingne oïr ne escouter
Pour mon orgueil qui trop m'a fait fier
En ma folour;
Et se je li vueil celer ma dolour,
Desirs espris d'amoureuse chalour
Destraint mon corps, et mon cuer en errour
Met de finer.
S'aim miex que je li die ma langour,
Qu'einsi morir, sans avoir la savour
De la joie qu'est parfaite douçour
A savourer;
Et dou dire ne me doit nulz blamer
Qu'amours, besoins et desirs d'achever
Font trespasser mesure et scens outrer.

Lasse! je sui en aventure
De morir de mort einsi dure
Com li biaus Narcisus mori,
Qui son cuer tant enorguilli,
Pour ce qu'il avoit biauté pure
Seur toute humeinne creature,
Qu'onques entendre le depri
Ne deingna d'Echo, qui pour li
Reçut mort amere et obscure.
Mais bonne Amour d'amour seüre
Fist qu'il ama et encheri
Son ombre et li pria merci,
Tant que en priant mori d'ardure.
Lasse! et je criem morir einsi,
Car onques de mon dous ami,
Quant il m'amoit de cuer, n'os cure.
Or l'aim et il me het, aymi!
Telle est des femmes la nature.

JEAN FROISSART  


Jean Froissart est un chroniqueur et poète, né à Valenciennes vers 1333, mort à Chimay vers 1410. On ne connaît exactement ni les parents de Froissart ni les dates de sa naissance et de sa mort. Les renseignements qu'on trouve dans ses poésies et dans sa chronique sont incomplets et on n'en a guère d'autres. On sait qu'il y avait beaucoup de Froissart dans le Hainaut, notamment à Beaumont et à Valenciennes, où naquit le célèbre écrivain. On croit que, devenu orphelin dès l'enfance, il fut élevé par un de ses parents, monnayeur à Valenciennes. Il fit ses études nécessaires pour entrer dans le clergé, mais il préférait au latin les romans d'amour et de chevalerie. Il éprouva une passion précoce pour une dame de haut rang, qu'il a chantée dans deux petits poèmes, l'Espinette amoureuse et le Buisson de Jonèce. Après la mort de son protecteur, Jean de Beaumont en 1356, il fit un premier voyage en Angleterre, où il fut bien accueilli par la nièce de ce seigneur, Philippe de Hainaut, femme du roi Édouard III. Revenu à Valenciennes, il se mit à recueillir des matériaux pour écrire l'histoire de son temps, à l'imitation de son maître, le chanoine Jean Lebel, chroniqueur de J. de Beaumont.

Pendant ses voyages, qui ne sont pas tous connus, il vit beaucoup d'événements et de personnages importants: le pape Clément VI à Avignon et le dauphin Charles à Paris, en 1364, Édouard III, les poètes J. Gower et G. Chaucer et le roi de France Jean Il en Angleterre, où il était encore quand ce prince y revint, comme captif, en 1363; le sacre de Charles V à Reims, le roi David Bruce en Écosse, le duc Jean IV de Montfort en Bretagne, le prince Noir et J. Chandos à Bordeaux, Pétrarque, le roi Pierre 1er de Chypre et le pape Urbain V, en Italie, où il avait suivi le duc de Clarence, un des fils d'Edouard III. Il vécut ensuite à Bruxelles, auprès de Wenceslas de Luxembourg, duc de Brabant, dont il fut le poète attitré, et à Beaumont, auprès de Guy Il de Châtillon, comte de Blois, amis des lettres, qui encouragèrent ses travaux. Il connut à la cour de Bruxelles Philippe de Maizières et Eustache Deschamps. En 1371, il fut nommé curé d'Estinnes, près de Binche, et vint se fixer dans ce village, où il continua d'une manière plus suivie la première rédaction de ses chroniques, « à la prière et requeste » de Robert de Namur, beau-frère du roi Édouard III. Cet ouvrage était déjà connu quand l'auteur accompagna Wenceslas à Reims, au sacre de Charles VI; le duc d'Anjou, on ne sait pour quel motif, en fit saisir une copie à Paris le 12 décembre 1381. Wenceslas étant mort, Froissart s'attacha davantage au comte de Blois, qui le prit pour chapelain et lui donna un canonicat à Chimay. 
Quelques années après, on le trouve à Bourges, puis à l'Écluse avec le duc de Berry , à Blois avec Guy de Châtillon, à Orthez, où Gaston Phébus, comte de Foix, tenait une cour brillante, à Bordeaux, avec le duc de Lancastre, à Toulouse, à Avignon, à Valence, à Lyon et à Riom, où Jeanne de Boulogne, qu'il accompagnait, épousa le vieux duc de Berry, à Paris, où il vit l'entrée d'Isabeau de Bavière, à Bruges et à Middlebourg, où il allait chercher des informations sur les affaires d'Espagne et du Portugal, de nouveau à Paris, lors de la tentative d'assassinat dirigée contre Olivier de Clisson, à Abbeville, auprès de Charles VI et de Louis d'Orléans, lors des conférences de Leulinghen, en Angleterre, avec Richard lI et les ducs d'York et de Gloucester, à Saint-Omer, au mariage de Richard II et d'lsabel de France. On croit qu'il se retira ensuite à l'abbaye de Cantimpré, dans le voisinage de Cambrai, dont l'évêque était l'illustre Pierre d'Ailly, et enfin qu'il passa ses dernières années à Chimay. Insouciant, peu ménager de ses écus, parfois besogneux, fréquentant volontiers les tavernes, amoureux des tournois, des festins et des fêtes, mais avide surtout de voir et de savoir, il avait pu satisfaire ses goûts, grâce à la munificence de ses protecteurs.
Sa Chronique de France, d'Angleterre, d'Écosse et d'Espagne, divisée en 4 livres, commence à l'année 1325 et finit en 1400, à la mort de Richard II. Elle raconte tous les principaux événements qui se sont passés dans ces trois quarts de siècle. Froissart est surtout le chroniqueur de la chevalerie, dont il a vu la splendeur et la décadence. Il se complaît au récit des tournois et des batailles, mais il fait aussi connaître une multitude de familles, de personnages remarquables et donne de curieux détails sur les pays qu'il a parcourus, Sa chronique est reproduite dans de nombreux manuscrits qui montrent que l'auteur, outre une première rédaction révisée, en a écrit, à d'assez longs intervalles, deux autres, qui présentent des additions et des suppressions, des changements et même des contradictions très notables. Ainsi, dans la deuxième et surtout dans la troisième rédaction, il imite moins J. Lebel et se montre moins favorable à l'Angleterre. Sans être un historien, Froissart est plus qu'un simple annaliste. Il ne se borne pas à enregistrer les faits; il juge les humains, les institutions, les moeurs.
Doué d'un esprit vif, pénétrant et observateur, il a beaucoup vu par lui-même; il a interrogé les témoins oculaires; il a multiplié ses « enquestes »; il n'a rien négligé pour être bien informé. Il est véridique et sincère, comme le prouvent ses diverses rédactions, et il indique les sources auxquelles il a puisé des renseignements. Il a une très haute idée de sa mission et de ses devoirs; il s'efforce d'être impartial, tout en subissant des influences qui ont successivement contribué à modifier ses idées. Les erreurs de noms, de lieux, de dates abondent dans Froissart; aussi les critiques ont-elles parfois diminué la valeur historique de son oeuvre, mais elle n'en reste pas moins le tableau le plus animé, le plus vivant et le plus précieux du 14ème siècle. Le style de Froissart a une variété, un coloris, une franchise naïve, un entrain belliqueux, parfois une émotion qui donnent à ses récits un caractère original et un intérêt presque toujours soutenu. Ses poésies sont aujourd'hui assez oubliées; pourtant on y trouve, avec des longueurs un peu fastidieuses, des détails gracieux et des traits piquants. Elles ont contribué, autant que ses autres oeuvres, à le rendre célèbre parmi ses contemporains. Il a inspiré, dans l'un et l'autre genre, des imitateurs, comme Monstrelet, qui a continué sa chronique.  

L'ESPINETTE AMOUREUSE
Droitement sur l'heure de prime,
S'ébattait une demoiselle
A lire un roman. Moi vers elle
M'en vins et lui dit doucement
Par son nom: "Ce roman, comment
L'appelez-vous, ma belle et douce?"
Elle cloï atant la bouche;
Sa main dessu le livre adoise.
Lors répondit comme courtoise
Et me dit: "De Cleomadès
Est appelé; il fut bien fait
Et dicté amoureusement.
Vous l'oirez; si direz comment
Vous plaira, dessus votre avis".
Je regardai lors son doux vis,
Sa couleur fraiche et ses verts yeux.
On n'oserait souhaiter mieux;
Car chevelis avait plus blonds
Qu'un lin ne soit, tout à point longs,
Et portait si très belles mains
Que bien s'en passerait de moins
La plus frische dame du monde.
Vrai Dieu! comme lors ert belle et monde,
De gai maintien et de gent corps!
"Belle dis-je, adonc je m'accords
A ce que je vous ouïe lire
N'est sont d'instrument ni de lyre
Où je prenne un si grand ébat".
Et la demoiselle s'embat
En un lieu qui donnait à rire.
Or ne vous saurais-je pas dire
Le doux mouvement de sa bouche.
Il semble qu'elle n'y atouche
Tant rit suave et doucement;
Et non mie trop longuement,
Mais à point, comme la mieux née
Du monde et tout la mieux serée,
Et bien garnie de doctrine,
Car elle était à point entrine
En regard, en parole, en fait.
Et quand elle eut lut une espace,
Elle me requit par sa grâce
Que je vousisse un petit lire.
Adonc lisit tant seulement
Des feuilles, ne sais deux ou trois.
Elle l'entendait bien, entrois
Que je lisais, Dieu li mire!
Adonc laissâmes nous le lire.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)