LAISSEZ FAIRE, LAISSEZ PASSER
La célèbre formule est généralement attribuée à Vincent de Gournay qui en avait fait sa maxime : "laissez faire, laissez passer, le monde va de lui même". Encore que personne ne sache vraiment où et quand Gournay aurait prononcé ces mots. Selon une rumeur, ce serait à l'occasion d'un discours de 1758, mais il n'y a aucune preuve.
En fait, on ne dispose que d'indices et de présomptions. Il y a tout d'abord Claude-Camille-François, Comte d'Albon, qui écrit, en 1775, dans son "Eloge Historique de M. Quesnay" (p. 136-7)►
Les prohibitions restreignent le travail, les taxes le renchérissent & le surchargent, les privileges exclusifs le font dégénérer en monopole onéreux & destructeur ; il ne faut donc sur ce travail, ni prohibitions, ni taxes, ni privileges exclusifs. C'est ici que Quesnay s'est rencontré avec le sage M. de Gournay, Intendant du Commerce, son Contemporain, qu'il estima, qu'il aima & sur la personne & sur les disciples duquel il se plaisoit à fonder une partie de l'espoir de sa patrie. M. de Gournay étoit arrivé à ce résultat pratique, par une route différente : personne, disoit-il, ne sait si bien ce qui est utile au commerce que ceux qui le font; il ne faut donc point leur imposer des réglements.Personne n'est si intéressé à savoir si une entreprise de commerce, si un établissement de fabrique, si l'exercice d'une profession lui sera profitable ou non, que celui qui veut le tenter ; il ne faut donc ni corporations, ni jurandes, ni privileges exclusifs. Personne ne peut être sûr de tirer le plus grand profit de son travail, s'il n'est pas libre de le faire comme il l'entend, & s'il est soumis à une inquisition & à des formalites gênantes. Tout impôt sur le travail ou sur le voiturage, entraîne des inquisitions & des gênes qui dérangent le commerce, découragent & ruinent les Commerçants ; il faut donc affranchir leurs travaux de ces impôts qui en interceptent le succès... "Laissez-les faire et laissez-les passer".
Le second témoignage en faveur de Gournay se trouve dans l'édition par DuPont de Nemours des oeuvres complètes de Turgot. Dans son introduction à "l'Eloge de Vincent de Gournay", Dupont écrit : "Gournay est l'auteur de la célèbre formule Laissez-faire et laissez-passer" (Oeuvres de Turgot, Vol. I, p.257, Daire ed., 1808-11), puis, quelques pages plus loin : "Gournay en conclut qu'il ne fallait jamais rançonner ni règlementer le commerce. Il en tira cet axiome : "Laissez faire et laissez passer" (p.259). Mais, là encore, aucune précision quant à la date ou le lieu.
Il n'y a donc pas de certitude. Mais faute d'autre candidat, on peut valablement attribuer à de Gournay l'invention d'une maxime qu'il a, plus que tout autre, contribué à populariser.
La formule "Laissez-faire" est, quant à elle, plus ancienne. On l'attribue généralement au marchand Le Gendre ou au Marquis d'Argenson. Dans son "Eloge de Vincent de Gournay" (1759), Turgot écrit ainsi, sans plus de précision►
"Il faut dire encore que ce prétendu système de M. de Gournay a cela de particulier, que les principes généraux en sont à peu près adoptés par tout le monde; que, de tout temps, le voeu du commerce chez toutes les nations a été renfermé dans ces deux mots: liberté et protection, et surtout liberté. On sait le mot de M. Le Gendre à M. Colbert: laissez-nous faire".
John Maynard Keynes, se basant sur Oncken, en pince plutôt pour le Marquis d'Argenson qui aurait employé l'expression dans un envoi anonyme au Journal des Economistes en 1751►
- 'Pour gouverner mieux, il faudrait gouverner moins.’
- 'La vraie cause du déclin de nos fabriques, c'est la protection outrée qu'on leur accorde.'
- 'Laissez faire, telle devrait être la devise de toute puissance publique, depuis que le monde est civilisé. Détestable principe que celui de ne vouloir grandir que par l'abaissement de nos voisins! Il n'y a que la méchanceté et la malignité du coeur de satisfaites dans ce principe, et l’intérêt y est opposé. Laissez faire, morbleu! Laissez faire!!'
En réalité, l'expression "Laissez faire" vient de beaucoup plus loin. On la trouve par exemple chez le jésuite espagnol Balthazar Gracián, qui écrivait en 1647►
L’art de laisser aller les choses comme elles peuvent.
Il y a des tempêtes et des ouragans dans la vie humaine ; c’est prudence de se retirer au port pour les laisser passer. Très souvent les remèdes font empirer les maux. Quand la mer des humeurs est agitée, laissez faire la nature ; si c’est la mer des mœurs, laissez faire la morale. Il faut autant d’habileté au médecin pour ne pas ordonner que pour ordonner ; et quelquefois la finesse de l’art consiste davantage à ne point appliquer de remède. (…) Une fontaine devient trouble pour peu qu’on la remue, et son eau ne redevient claire qu’en cessant d’y toucher. Il n’y a point de meilleur remède à de certains désordres que de les laisser passer, car à la fin ils s’arrêtent d’eux-mêmes.
Appliquée à l'économie, l'expression et l'idée du Laissez-faire fait son apparition en 1707 dans le mémoire de Pierre Le Pesant de Boisguilbert► "De la nature des richesses, de l'argent et des tributs". C'est la première apparition rigoureuse de la doctrine libérale en économie, selon Gilbert Faccarello, et même l'acte fondateur de l'économie politique selon Henri Denis.
Pour Boisguilbert, les interventions intempestives de l'Etat sont à l'origine des disettes et de la pénurie de toute chose; elles nuisent à la prospérité du royaume et, partant, à ses finances publiques. Dans ces conditions, l'intérêt bien compris commande au Prince de "laisser faire la nature" ►
Tant qu'on laisse faire la nature, on ne doit rien craindre de pareil", et "ce n'est que parce qu'on la déconcerte, et qu'on dérange tous les jours ses opérations, que le malheur arrive." D'où ce conseil au Souverain : "il n'est pas question d'agir, il est nécessaire seulement de cesser d'agir avec une très grande violence que l'on fait à la nature, qui tend toujours à la liberté et à la perfection".
On croirait entendre Lao-Tseu, sans doute le véritable inventeur de la doctrine du Laissez-faire. Parce que "le gouvernement, avec toutes ses lois et ses règlements plus nombreux que les poils d'un buffle, est un oppresseur vicieux de l'individu et doit être plus craint que des tigres cruels", Lao Tseu adressait à l'Empereur ce sage conseil►
"Plus il y a d'interdits et de prohibitions, plus le peuple s'appauvrit... Plus on publie de lois et de règlements, plus il y a de voleurs et de brigands... C'est pourquoi le Sage dit: je ne prend aucune initiative et le peuple se transforme de lui-même ... Je ne m'engage dans aucune activité et le peuple s'enrichit de lui-même..."
Hakkımda
- VILDAN ORNADIS
- Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
- Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie
Présentation
Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.
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EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►
MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR
Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )
Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık
Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık
Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı
Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları
Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri
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BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)
Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.
İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...
Merci Bien - Teşekkürler
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FRANSIZCA ÖĞRENMEK İSTER MİSİNİZ ?
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Fransızcaya adım atmak isteyen sizlere Başlangıç seviyesinden İleri seviyelere kadar her aşamada yardımcı olabilecek bu site sayesinde Fransızcanızı geliştirebilirsiniz. Dünyada 450 milyon kişi Fransızca konuşuyor yani ''FRANCOPHONE'' .
Siz de neden bir ''FRANCOPHONE'' olmayasınız ? Bu sayede dünya edebiyatına mal olmuş en önemli sanatçıların eserlerini anadilinden okuma şansınız olur. Siz de Montaigne'nin "Denemeler"ini,Molière'den "Cimri"yi,LaFontaine'den masalları, Voltaire,Rousseau ve Montesquieu'nin felsefelerini, Honoré de Balzac,Victor Hugo,Stendhal, Zola ve Alexandre Dumas'nın romanlarını; 20.yüzyıla şekil vermiş aydınlar olan Jean-Paul Sartre ve Albert Camus'nun eserlerini orijinal dilinden okuyup anlama ve analiz etme ayrıcalığına sahip olabilirsiniz. Fransızca öğrenmek sadece bir dil öğrenmekten ibaret değildir.İnsanın hayata bakışını değiştiren,vizyonunu geliştiren,önünde bambaşka ufukların açıkmasını sağlayan; gastronomisiyle,eğlence anlayışıyla,farklı sanat dallarıyla ve modasıyla bütün halinde bir yaşam tarzıdır.Bu yaşam tarzını edinmenin birinci koşulu diline hâkim olmaktan geçer.Bu anlamda blogumuzu diğerlerinden ayıran en temel fark sadece dile odaklı olmayışımızdır."Dil" burada sadece bir araçtır, amacımız fransız kültürünü etraflıca ele almak ve yaygınlığını arttırmaktır.
Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.
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15 Ekim 2010 Cuma
14 Ekim 2010 Perşembe
GUILLAUME APOLLINAIRE
Il s'agit d'un calligramme d'Apollinaire écrit sur le front pendant la 1ère Guerre Mondiale. Le sous-titre du recueil Calligrammes est d'ailleurs " Poèmes de la paix et de la guerre ". Ami des peintres cubistes (Picasso, Braque), Apollinaire essaie de créer une écriture nouvelle en jouant avec l'espace de la page.Mais il est tout à fait possible de réécrire le texte comme un poème traditionnel. La seconde stophe ne comporte que des octosyllabes et les rimes sont classiques (donc la lecture ne pose pas de problème particulier à l'oral)
Douces figures poignardées chères lèvres fleuries
Mya Mareye
Yette et Lorie
Annie et toi Marie
Où êtes-vous ô jeunes filles
Mais près d'un jet d'eau qui pleure et qui prie
Cette colombe s'extasie
Tous les souvenirs de naguère
O mes amis partis en guerre
Jaillissent vers le firmament
Et vos regards en l'eau dormant
Meurent mélancoliquement
Où sont-ils Braque et Max Jacob
Derain aux yeux gris comme l'aube
Où sont Raynal Billy Dalize
Dont les noms se mélancolisent
Comme des pas dans une église
Où est Cremnitz qui s'engagea
Peut-être sont-ils morts déjà
De souvenirs mon âme est pleine
Le jet d'eau pleure sur ma peine.
Ceux qui sont partis à la guerre
au Nord se battent maintenant
Le soir tombe Ô sanglante mer
Jardins où saignent abondamment
le laurier rose fleur guerrière.
On peut diviser ce poème en deux parties► la partie supérieure représente une colombe avec les ailes ouvertes, la partie inférieure représente le bassin d’une fontaine avec un jeu d’eau qui jaillit au milieu.
La colombe est un pigeon considéré comme symbole de douceur, de pureté, de paix. L’adjectif poignardée indique un espèce particulière de colombe, mais dans ce cas il revêt une signification symbolique: la colombe, symbole de paix, est poignardée par la guerre. L’association de ces deux mots est presque un oxymore.
Au début du poème, Apollinaire montre ses souvenirs de jeunesse► il dresse une liste de prénoms de jeunes filles, chères lèvres fleuries. Ce sont des souvenirs heureux, doux, interrompus par le mais, qui occupe tout seul un vers, et donc qui acquiert beaucoup d’importance. Le mais introduit le jet d’eau : les jets sont les souvenirs des amis partis à la guerre. Ces souvenirs sont très mélancoliques. Naguère, regards, eau dormant, mélancoliquement, gris, aube, se mélancolisent, église, souvenirs, âme, peine, sont tous des mots qui renvoient au silence, à la tristesse, à la rêverie et à la mélancolie. Le verbe se mélancoliser est un néologisme d’Apollinaire qui pourrait signifier " se perdent, meurent mélancoliquement ".
Au contraire des femmes, les amis sont identifiés par le nom et le prénom: Braque, Max Jacob, Derain, Raynal Billy Dalize, Cremnitz. Derain et Braque sont connus par tout le monde : ce sont des peintres qui fréquentaient les mêmes cafés et ateliers que Apollinaire. Max Jacob est un poète, écrivain et critique d’art. Probablement même Cremnitz et Dalize faisaient partie de ces groupes d’avant-guarde artistique.
A la fin du poème se trouvent des images de la guerre: ô sanglante mer et jardins où saigne abondamment le laurier rose fleur guerrière.
Le o de o sanglante mer est beaucoup plus grande que les autres lettres et occupe une position centrale : elle se trouve au milieu du bassin de la fontaine. Graphiquement la lettre " o " est un cercle vide : elle peut signifier le vide créé par la guerre dans l’âme du poète.
Ce poème est très fort au point de vue de l’impact visuel, mais il est caractérisé par l’abondance des jeux phoniques aussi: les rimes et les allitérations sont très fréquentes. Si on reécrivait le poèmes en typographie normale, on pourrait trouver un schéma presque regulier de rimes
FREDERIC CHOPIN
Chopin est né le 1er mars 1810 près de Varsovie et fut baptisé dans l’église du village de Brocho près de Sochaczew. Son père, Nicolas Chopin, français, quitte la France ayant 16 ans pour la Pologne en 1787 et épouse Justyna Krzyçanowska, dame d’honneur de la comtesse Skarbek en 1806. Frédéric est le second des quatre enfants. Ses trois soeurs sont prénommées Ludwika, Izabella et Emilia qui a disparu à l’âge de quatorze ans.
Le musicien poète Frédéric Chopin, formidable génie du clavier est romantique; c’est un compositeur méticuleux. Mis à part les deux concertos et les trois sonates pour piano, Chopin n’écrit que des “miniatures” pour piano solo. Leurs titres et leur atmosphère musicale reflètent idolement les thèmes du romantisme alors en vogue, comme les nocturnes, pièces douces et rêveuses ou les préludes qui souvent laissent imaginer ce qui peut s’ensuivre.
Chopin demeurera toute sa courte vie, “un patriote” de Pologne, malgré les origines françaises de son père et malgré le fait qu’il est resté une bonne partie de sa vie à Paris. S’il écrivit des mazurtas et des polonaises, c’était donc pour se rappeler de sa terre natale mais c’était aussi dans le but d’exercer une fascination sur les mélomanes des salons parisiens en leur offrant une musique étrangère, plus exotique.
13 Ekim 2010 Çarşamba
A La Fenêtre De La Lectrice
Qui sont les meilleurs écrivains dans le monde entier? Si vous voulez réduisons la dimension de cette cette question et demandons quels sont les meilleurs écrivains français ? Mais il faut commencer par trouver ce que c’est que le meilleur ? Ça veut dire quoi ? Comment on peut choisir « le meilleur écrivain »? Qu’est-ce qui le fait « le meilleur » ? Son point de vue, ses pensées, sa sincérité, son courage ?
Quand on commence à parler des écrivains du 20ème siècle il est impossible de négliger « Marcel Proust » et « André Gide ». Ce sont deux écrivains courageux, intéressants, différents de leurs contemporains. Qu’est-ce qui les diffèrent des autres? Le plus important facteur c’est leur courage. Tous les deux sont issus d’une famille bourgeoise, mais écrasés sous la pression de leur famille. Grâce à leur situation économique ils n’ont jamais besoin de travailler. Ça leur permet de s’intéresser à d’autres choses comme la littérature. En même temps ils se révoltent contre la vie, parce qu’ils peuvent voir la réalité de leur vie. La vie n’est pas très simple comme ils avaient appris. Il existe beaucoup de difficultés. Tout ce qui les entoure, les assure de voir les vérités du monde qu’ils commencent à montrer dans leurs œuvres telles que la faim, l’inégalité, les nourritures terrestres, le snobisme, le temps qui détruit, la pression de la bourgeoisie; ainsi que l’amour, la fraternité, et l’amitié. Ils nous apprennent parfaitement tous ces phénomènes.
Mais exactement qu’est ce qui les sépare des autres écrivains? On peut dire sans penser que c’est leur courage. Ils ont audacieusement offert toute leur vie à leurs lecteurs. Ils ont expliqué leur vie sans rien cacher. Ça pouvait être très dangereux pour eux parce que quelqu’un pouvait employer n’importe où ces informations contre eux, néanmoins ils ont choisi d’expliquer tout sans crainte.
Il est vrai qu’il y a des différences entre les deux écrivains aussi. On peut dire qu’Andre Gide est plus hardi puisqu’il traite de son homosexualité sans peur ou par exemple, il critique le monde de la bourgeoisie sans oublier ses origines bourgeoises. Contrairement à André Gide, Marcel Proust raconte sa vie par l’intermédiaire d’un caractère fictif en utilisant un autre nom. Marcel Proust est plus sensible qu’André Gide on peut le voir très clairement dans son œuvre qui s’appelle « A la recherche du temps perdue ».
Mais alors pourquoi on les aime ? On peut d’abord signaler leur point de vue, puis leur courage de même que leur langage simple et clair et finalement leur sincérité. C’est grâce à tout ce que je viens de citer qu’on les aime et qu’on lit et relit leurs œuvres.
Avant de terminer il faut absolument ajouter que Marcel Proust et André Gide sont, tous les deux, les écrivains très importants en ce qui concerne leurs pensées et du fait qu’ils sont les représentants du roman moderne.
Qui sont les meilleurs écrivains dans le monde entier? Si vous voulez réduisons la dimension de cette cette question et demandons quels sont les meilleurs écrivains français ? Mais il faut commencer par trouver ce que c’est que le meilleur ? Ça veut dire quoi ? Comment on peut choisir « le meilleur écrivain »? Qu’est-ce qui le fait « le meilleur » ? Son point de vue, ses pensées, sa sincérité, son courage ?
Quand on commence à parler des écrivains du 20ème siècle il est impossible de négliger « Marcel Proust » et « André Gide ». Ce sont deux écrivains courageux, intéressants, différents de leurs contemporains. Qu’est-ce qui les diffèrent des autres? Le plus important facteur c’est leur courage. Tous les deux sont issus d’une famille bourgeoise, mais écrasés sous la pression de leur famille. Grâce à leur situation économique ils n’ont jamais besoin de travailler. Ça leur permet de s’intéresser à d’autres choses comme la littérature. En même temps ils se révoltent contre la vie, parce qu’ils peuvent voir la réalité de leur vie. La vie n’est pas très simple comme ils avaient appris. Il existe beaucoup de difficultés. Tout ce qui les entoure, les assure de voir les vérités du monde qu’ils commencent à montrer dans leurs œuvres telles que la faim, l’inégalité, les nourritures terrestres, le snobisme, le temps qui détruit, la pression de la bourgeoisie; ainsi que l’amour, la fraternité, et l’amitié. Ils nous apprennent parfaitement tous ces phénomènes.
Mais exactement qu’est ce qui les sépare des autres écrivains? On peut dire sans penser que c’est leur courage. Ils ont audacieusement offert toute leur vie à leurs lecteurs. Ils ont expliqué leur vie sans rien cacher. Ça pouvait être très dangereux pour eux parce que quelqu’un pouvait employer n’importe où ces informations contre eux, néanmoins ils ont choisi d’expliquer tout sans crainte.
Il est vrai qu’il y a des différences entre les deux écrivains aussi. On peut dire qu’Andre Gide est plus hardi puisqu’il traite de son homosexualité sans peur ou par exemple, il critique le monde de la bourgeoisie sans oublier ses origines bourgeoises. Contrairement à André Gide, Marcel Proust raconte sa vie par l’intermédiaire d’un caractère fictif en utilisant un autre nom. Marcel Proust est plus sensible qu’André Gide on peut le voir très clairement dans son œuvre qui s’appelle « A la recherche du temps perdue ».
Mais alors pourquoi on les aime ? On peut d’abord signaler leur point de vue, puis leur courage de même que leur langage simple et clair et finalement leur sincérité. C’est grâce à tout ce que je viens de citer qu’on les aime et qu’on lit et relit leurs œuvres.
Avant de terminer il faut absolument ajouter que Marcel Proust et André Gide sont, tous les deux, les écrivains très importants en ce qui concerne leurs pensées et du fait qu’ils sont les représentants du roman moderne.
BERFE KARACAOĞLU
LE SYMBOLISME
Le symbolisme est une réaction contre le naturalisme, jugé trop proche de la réalité. Il représente une nouvelle évasion de la poésie vers le monde des idées, une sorte de retour au romantisme. Pourtant, à la différence du romantisme, le symbolisme soutient que l’homme ne peut communiquer ni avec la nature, ni avec les autres hommes, ni avec Dieu. Il s’agit alors, par un effort de tous nos sens de transcender cette réalité et de découvrir un monde plus vrai que celui dans lequel nous vivons. Cette recherche d’une vérité supérieure est menée à bien pour une véritable dévotion à la beauté, qui libère le poète du vulgaire et du commun. Ce culte de la beauté existe déjà chez les parnassiens, mais chez les symbolistes, il n’est plus seulement un garde-fou contre les effusions, un moyen de garder ses distances par rapport aux sentiments, il représente une marche quasi mystique vers un autre monde, une quête.
Les principales caractéristiques du symbolisme sont les suivantes►
- Le poète symboliste a une conception très exigeante de la poèsie qui n’est pas un divertissement mais une quête pour exprimer les sens mystérieux du monde.
- La poèsie symboliste n’est pas instinctive mais intellectuelle, ce caractère intellectuel peut aller jusqu’à l’hermétisme.
- Les poètes symbolistes évitent les descriptions. Pour respecter le mystère, le poète n’utilise pas les mots pour ce qu’ils signifient mais pour ce qu’ils suggèrent. Les symboles assurent la correspondance entre le monde visible et le monde invisible plus vrai, plus pur.
- Musicalité: dans la recherche de l’harmonie universelle, la musique des mots a une place privilégiée. Cette recherche exacerbée de l’idéalité conduit peu à peu Mallarmé, le plus pur poète symboliste, à l’impossibilité d’écrire, puisque chaque poème, déjà entenché de matérialité par l’usage de mots est une sorte de trahison à cet idéal. Se rattachent au mouvement symboliste "Baudelaire", qui en est l’initiateur, "Rimbaud" et "Verlaine".
L'ALBATROS
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à coté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poête est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à coté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poête est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
CHARLES BAUDELAIRE
ETUDE SUR LE POEME
La poèsie du mal►
La thématique du mal annoncée par le titre est justifiée par les poèmes car ils traitent de la souffrance et de la débauche.
La souffrance est omniprésente en ce qui concerne “L’état d’âme” du poète. Le mot "spleen" emprunté à l’anglais par Baudelaire traduit l’idée de mélancolie ou humeur noire et revient à un état d’âme négatif proche de la dépression.
L’angoisse ou l’ennui expriment la sensation d’étouffement qui nait sous l’esprit du poète quand il ne peut quitter “L’ici-bas” pour s’élancer vers "l’idéal".
Il manifeste une horreur pour le monde de la ville qui l’entoure et les individus vulgaires qui les peuplent. La métaphore de l’Albatros montre l’oiseau torturé par les marins. “L’un agace son bec avec un brûle-gueule, l’autre mime en boitant, l’infirme qui volait".
Ces hommes d’équipage représentent la foule qui, avec une cruauté inconsciente (pour s’amuser) fait souffrir le poète parce qu’elle ne le comprend pas. En fait, l’homme ne veut pas accepter ce qui est grand ou ce qui s’élève: il s’en moque et cherche à le détruire.
Le poète et la foule sont unis dans la douloureuse voyage de la vie mais la foule ne voit pas la beauté. Le génie est trop indolent, trop rêveur pour se mêler à la vie active.
Après la capture, on ne voit plus les marins mais l’oiseau.
Le roi de l’Azur (périphrase)► le captif est montré dans sa grandeur physique et morale. L’Albatros, c’est le roi de l’Azur qui vole avec agileté dans les régions supérieures mais il est aussi évoqué dans sa gaucherie: maladroit et honteux. Les grandes ailes blanches qui lui assuraient la maitrise des airs sont desormais des obstacles, des avirons inutiles même génants pour se déplacer sur les planches. Donc selon Baudelaire, le génie est la marque d’une supériorité mais il entraine aussi, une inadaptation aux réalités de la vie ordinaire et devient ridicule aux yeux de vulgaire.
Il conclut en soulignant sa souffrance dans la comparaison finale du dernier quatrin du poème: “le poète est semblable au prince des nuées.”
Le poète est incapable de marcher, cette chose si simple aux yeux du commun lui rend sa grandeur et sa dignité. (il a des ailes de géant)
La poèsie du mal►
La thématique du mal annoncée par le titre est justifiée par les poèmes car ils traitent de la souffrance et de la débauche.
La souffrance est omniprésente en ce qui concerne “L’état d’âme” du poète. Le mot "spleen" emprunté à l’anglais par Baudelaire traduit l’idée de mélancolie ou humeur noire et revient à un état d’âme négatif proche de la dépression.
L’angoisse ou l’ennui expriment la sensation d’étouffement qui nait sous l’esprit du poète quand il ne peut quitter “L’ici-bas” pour s’élancer vers "l’idéal".
Il manifeste une horreur pour le monde de la ville qui l’entoure et les individus vulgaires qui les peuplent. La métaphore de l’Albatros montre l’oiseau torturé par les marins. “L’un agace son bec avec un brûle-gueule, l’autre mime en boitant, l’infirme qui volait".
Ces hommes d’équipage représentent la foule qui, avec une cruauté inconsciente (pour s’amuser) fait souffrir le poète parce qu’elle ne le comprend pas. En fait, l’homme ne veut pas accepter ce qui est grand ou ce qui s’élève: il s’en moque et cherche à le détruire.
Le poète et la foule sont unis dans la douloureuse voyage de la vie mais la foule ne voit pas la beauté. Le génie est trop indolent, trop rêveur pour se mêler à la vie active.
Après la capture, on ne voit plus les marins mais l’oiseau.
Le roi de l’Azur (périphrase)► le captif est montré dans sa grandeur physique et morale. L’Albatros, c’est le roi de l’Azur qui vole avec agileté dans les régions supérieures mais il est aussi évoqué dans sa gaucherie: maladroit et honteux. Les grandes ailes blanches qui lui assuraient la maitrise des airs sont desormais des obstacles, des avirons inutiles même génants pour se déplacer sur les planches. Donc selon Baudelaire, le génie est la marque d’une supériorité mais il entraine aussi, une inadaptation aux réalités de la vie ordinaire et devient ridicule aux yeux de vulgaire.
Il conclut en soulignant sa souffrance dans la comparaison finale du dernier quatrin du poème: “le poète est semblable au prince des nuées.”
Le poète est incapable de marcher, cette chose si simple aux yeux du commun lui rend sa grandeur et sa dignité. (il a des ailes de géant)
Any where out of the world /
(N'importe où hors du monde)
Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poële, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.
Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
«Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'aller d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!»
Mon âme ne répond pas.
«Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?»
Mon âme reste muette.
«Batavia te sourirait peut-être davantage? Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale.»
Pas un mot. -- Mon âme serait-elle morte?
En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. -- Je tiens notre affaire, pauvre âme! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer!»
Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie: «N'importe où! n'importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde!»
(N'importe où hors du monde)
Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poële, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.
Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
«Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'aller d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!»
Mon âme ne répond pas.
«Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?»
Mon âme reste muette.
«Batavia te sourirait peut-être davantage? Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale.»
Pas un mot. -- Mon âme serait-elle morte?
En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. -- Je tiens notre affaire, pauvre âme! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer!»
Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie: «N'importe où! n'importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde!»
CHARLES BAUDELAIRE
12 Ekim 2010 Salı
CHARLES BAUDELAIRE
►“Les Fleurs du Mal” est formée de six parties, il est dédié à Gautier, c’est la tragédie de Baudelaire. Il est contre les parnassiens “j’y ai mis tout mon coeur” dit-il; tandis que la parnasse dit qu’il faut cacher les sentiments.
►Spleen et idéal: il y a deux tendances; l’un c’est le gouffre tiraillé, l’angoisse vers le bas; l’autre c’est l’idéal vers le haut. L’amour est un gouffre mais il faut fuir ce monde pour une vie idéale et éternelle.
►La véritable ivresse, celle de l’art: Il faut être toujours ivre pour ne pas se sentir le pesenteur de la vie terrestre. C’est la création artistique qui peut servir le poète pour qu’il puisse créer son idéal.
Il se trouvait au croisement littéraire: de la poèsie romantique, il est en même temps un parnassien, le précurceur du symbolisme, poète moderne qu’on considere aujourd’hui. Né a Paris, il avait perdu son père à plus jeune âge. Sa mère se marie avec un colonnel, il était jaloux de ce beau-père. En 1841 il commence à se voyager. C’est un poète qui vit en marge de la société, il dépense beaucoup d’argent, il boit beaucoup, il se considère comme un dandy qui doit se distinguer aux autres personnes soit par son attitude dans la société, soit par son aspect extérieur. La manière de s’habiller doit se distinguer des autres, aussi il faut que cette manière représente sa superiorité intellectuelle, il faut se distinguer des autres. Ce n’est pas par les ornements qu’on se distingue mais il faut être simple. (John Byron était un dandy) Cela devient doctrine, le dandysme est un culte de soi-même: on le trouve chez tous les romantiques, il est supérieur aux autres il cultive soi-même, il développe son propre “moi” (dans “Les Fleurs du Mal” poème contre le moral), il regarde les hommes d’en haut.
Employer des mots en anglais était très à la mode.
“Spleen” = angoisse, l’état d’âme d’un poète
►“Les Fleurs du Mal” est formée de six parties, il est dédié à Gautier, c’est la tragédie de Baudelaire. Il est contre les parnassiens “j’y ai mis tout mon coeur” dit-il; tandis que la parnasse dit qu’il faut cacher les sentiments.
►Spleen et idéal: il y a deux tendances; l’un c’est le gouffre tiraillé, l’angoisse vers le bas; l’autre c’est l’idéal vers le haut. L’amour est un gouffre mais il faut fuir ce monde pour une vie idéale et éternelle.
►La véritable ivresse, celle de l’art: Il faut être toujours ivre pour ne pas se sentir le pesenteur de la vie terrestre. C’est la création artistique qui peut servir le poète pour qu’il puisse créer son idéal.
LE SPLEEN DE BAUDELAIRE
Le poète se sent pris dans la misère et l’angoisse. C’est un état presque maladif, c’est une difficulté à exister. Baudelaire n’a pas été un homme heureux: il a souffert de remariage de sa mère, de la pauvreté, de la solitude. Il a souffert aussi d’être incompris et de ne pas pouvoir accéder à la gloire littéraire. Alors, il mène une vie désordonnée. Il devient célèbre avec son recueil “Les Fleurs du Mal”. Les premiers poèmes de ce recueil expriment la dualité du poète: d’un côté il est attiré vers le mal (SPLEEN), de l’autre il se sent attiré vers le bien, vers un absolu, (IDEAL). Car, élevé dans la religion catholique, Baudelaire n s’est jamais débarassé de ses rêves de pureté et d’idéal. Il garde la nostalgie de la vertu, de l’harmonie. Le poète fait un effort pour aller vers des régions plus pures où tout n’est qu’esprit et harmonie. Le poète aspire à un monde pur et infini.
CHACUN SA CHIMÈRE
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain.
Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi.
Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter: aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir; sous la coupole spleenétique' du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.
Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain.
Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi.
Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter: aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir; sous la coupole spleenétique' du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.
Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
EXPLICATIONS DU POEME
Les hommes marchaient courbés car chacun portait sur son dos une énorme Chimère aussi lourd qu’un sac de farine ou de charbon ou le fourniment d’un fantassin romain; c’est-à-dire les hommes sont écrasés physiquement et moralement.
L’effort du poète de vouloir comprendre le mystère de la condition de l’homme aboutit à un échec. Lui aussi a sa Chimère à porter. Sa curiosité est insatisfaite, il ne peut participer au sort des autres, c’est la solitude tragique du poète. C’est une solitude desespérée et lucide, c’est-à-dire, le poète est clairvoyant, il est en plein possession de ses facultés intellectuelles mais tout de même il est hors du commun. Sur la route de ce cortège, le poète se dresse comme un être indifférent et solitaire.
Les hommes sont condamnés à espérer toujours. C’est l’éternel condition de l’homme qui espère toujours et dont la vie est écrasée de douleur. D’autre part l’homme est inconsciente de sa condition, il n’est pas malheureux de sa situation.
Les hommes marchaient courbés car chacun portait sur son dos une énorme Chimère aussi lourd qu’un sac de farine ou de charbon ou le fourniment d’un fantassin romain; c’est-à-dire les hommes sont écrasés physiquement et moralement.
C’est un poème en prose allégorique qui peint un tableau de la condition de l’homme (Chimère) et celle du poète (Indifférence). "Chimère" et "Indifférence" sont donc les allégories, les symboles du récit. Pour le préciser le poète les a écrits en majuscule.
Dans son sens concret Chimère est un monstre à tête de lyon, corps de chèvre et queue de dragon, c’est une bête redoutable qui séduit et perd ceux qui l’approchent. Baudelaire utilise ce sens fabuleux pour décrire l’influence que la Chimère exerce sur chacun. Symboliquement, elle représente les créations imaginaires.L’effort du poète de vouloir comprendre le mystère de la condition de l’homme aboutit à un échec. Lui aussi a sa Chimère à porter. Sa curiosité est insatisfaite, il ne peut participer au sort des autres, c’est la solitude tragique du poète. C’est une solitude desespérée et lucide, c’est-à-dire, le poète est clairvoyant, il est en plein possession de ses facultés intellectuelles mais tout de même il est hors du commun. Sur la route de ce cortège, le poète se dresse comme un être indifférent et solitaire.
La Chimère est une monstrueuse bête qui n’est pas immobile. Elle enveloppe et opprime l’homme de ses muscles élastiques et puissants. Elle s’agrafe avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture et sa tête fabuleuse surmonte le front de l’homme. La bête est suspendue à son cou et collée à son dos.
Les hommes vont quelque part mais aucun parmi le cortège n’en sait où, ils sont poussés par un invincible besoin de marcher. Ils n’ont pas l’air irrité contre la bête. On dirait qu’ils la considèrent comme faisant partie d’eux-mêmes. Leurs visages ne témoignent pas de désespoir.
Les hommes sont condamnés à espérer toujours. C’est l’éternel condition de l’homme qui espère toujours et dont la vie est écrasée de douleur. D’autre part l’homme est inconsciente de sa condition, il n’est pas malheureux de sa situation.
Le poète place le poème dans une atmosphère mélancolique. Le ciel triste montre l’écrasement et l’ennui. C’est la coupole spleenétique de Baudelaire. La couleur dominante c’est le gris qui est la fusion du blanc et du noir (farine/charbon). La poussière renforce l’effet de tristesse. Ciel gris est le paysage poussiéreux et monotone ainsi c’est le paysage typiquement spleenétique des Fleurs du Mal.
Dans le poème, chacun a ses Chimères, ses rêves, ses désirs, ses idéaux plus ou moins purs qui font vivre et souffrir à la fois, signe éternel de l’humaine condition.
La dernière phrase du texte►L’obstination et l’écrasement atteignent lourdement le poète. L’adjectif “irrésistible” rappelle invincible besoin de marcher. L’accumulation des verbes (je m’obstinai à vouloir comprendre) traduit la mission difficile du poète. L’effort de comprendre les hommes c’est une défaite pour Baudelaire. Lui aussi, il est vaincu mais lui, il est lucide, clarivoyant. Ce n’est pas l’espoir qui le pousse ni les Chimères car il est sagement indifférent mais le spleen l’écrase encore davantage: la lucidité est plus terrible que ce qui est trompeur. Même s’il est en pleine possession de ses facultés intellectuelles, il est plus terriblement écrasé par le spleen.
11 Ekim 2010 Pazartesi
GUSTAVE FLAUBERT (1821-1880)
Né en 1821 Flaubert a grandi dans un cadre mélancolique à Rouen où son père était médecin (chirurgien); il y a puisé dès l’enfance un fond de tristesse et de pessimisme et le goût de la science, de l’observation objective.
Au lycée de Rouen il partage l’exaltation romantique des adolescents du province qui trainent la mélancolie de René. Dans le dortoir il lisait des romans. Ses premiers écrits sont des contes fantastiques, des confidances autobiographiques, un roman métaphysique etc... Une femme trouble son coeur jeune, c’est le début d’une passion muette qui deviendra chez lui une adoration. Elisa Schesinger est l’inspiratrice de ses oeuvres. (mémoires d’un fou, d’un novembre.....)
Après des études de droit il rencontre Hugo qu’il se lie avec grande adoration.
Il est atteint d’une maladie nerveuse, il devient plus pessimiste par la perte de son père et de sa soeur; il se consacre à sa mère et a sa nièce orpheline et se donne au culte fanatique de l’art, les événements de sa vie sont les voyages. Il dépense beaucoup de temps pour composer une oeuvre (53 mois pour Madame Bovary)
Après avoir perdu sa mère il devient plus nerveuse, il consacre toute sa fortune pour sauver sa nièce de la faillite. La vie lui apporte plus de déceptions que de joies. Il a eu des échecs dans sa vie littéraire mais “Trois Contes” est un chef-d’oeuvre, “Madame Bovary” a eu un grand succès, il est mort en 1880.
LE REALISME CHEZ FLAUBERT►
Il y a deux caractères dans Flaubert. L’un contaminé par le romantisme du temps de sa jeunesse, l’autre épris par la réaction d’exactitude et d’objectivité. Bien qu’il est ennemi de la sotisse prétentieuse qui se cache derrière les aspirations romantiques il se conserve pourtant du romantisme l’enthousiasme de l’imagination et du coeur. Il se penche pour un lyrisme, il hait la médiocrité, il méprise la bourgeoisie.
Il est inspiré de l’aventure réelle avec une exactitude presque scientifique: la pharmacie, l’auberge du Lyon d’or etc... ont réellement existé.
Les personnages réels: "Bovary" est le portrait exact de Delamare; "Emma" ressemble à Mme Delamare. Les autres caractères sont un peu composites mais tirés du réel. Il a fallu emprunter à plusieurs pharmaciens pour composer "Homais". Le romancier crée l’impression de réalité par les détails qu’il a observés lui-même, il a assisté à des scènes semblables à la noce paysanne qu’il nous décrit.
Le réalisme observe les hommes selon une parfaite objectivité afin d’imaginer avec le maximum de vraisemblance les idées, les sentiments, le langage même des personnages.Par exemple, la médiocrité de Bovary, la bêtise solenelle de Homais ou la timidité de Léon.
Dans "Emma Bovary", Flaubert marque l’influence des impressions d’enfance et de jeunesse, puis des événements exterieurs sur l’évolution des sentiments de son héroine; et tout au long du roman par l’interaction des circonstances et des travers de son caractère elle glisse vers l’ennui, le mensonge, l’infidélité, et enfin le suicide.
Elle est victime des illusions qu’elle nourrit sur elle-même et d’aspirations qui ne s’accordent pas avec sa situation de petite bourgeoise. Il s’agit d’un travers profondément humain que Flaubert avait étudié sur lui-même il dit: "Madame Bovary c’est moi".
Quand il écrivait “Ma pauvre Bovary souffre et pleure dans vingt villages de France” il sentait qu’en observant un cas individuel il avait fait de son héroine un type universel. Cette tendance des hommes à se croire tels qu’ils voudraient être et à rêver des bonheurs illusoires qui leur sont inaccecibles, Flaubert la dénoncera dans la plupart de ses romans comme la source principale de leurs maux. Cette faculté d’illusion c’est "LE BOVARYSME"
Né en 1821 Flaubert a grandi dans un cadre mélancolique à Rouen où son père était médecin (chirurgien); il y a puisé dès l’enfance un fond de tristesse et de pessimisme et le goût de la science, de l’observation objective.
Au lycée de Rouen il partage l’exaltation romantique des adolescents du province qui trainent la mélancolie de René. Dans le dortoir il lisait des romans. Ses premiers écrits sont des contes fantastiques, des confidances autobiographiques, un roman métaphysique etc... Une femme trouble son coeur jeune, c’est le début d’une passion muette qui deviendra chez lui une adoration. Elisa Schesinger est l’inspiratrice de ses oeuvres. (mémoires d’un fou, d’un novembre.....)
Après des études de droit il rencontre Hugo qu’il se lie avec grande adoration.
Il est atteint d’une maladie nerveuse, il devient plus pessimiste par la perte de son père et de sa soeur; il se consacre à sa mère et a sa nièce orpheline et se donne au culte fanatique de l’art, les événements de sa vie sont les voyages. Il dépense beaucoup de temps pour composer une oeuvre (53 mois pour Madame Bovary)
Après avoir perdu sa mère il devient plus nerveuse, il consacre toute sa fortune pour sauver sa nièce de la faillite. La vie lui apporte plus de déceptions que de joies. Il a eu des échecs dans sa vie littéraire mais “Trois Contes” est un chef-d’oeuvre, “Madame Bovary” a eu un grand succès, il est mort en 1880.
LE REALISME CHEZ FLAUBERT►
Il y a deux caractères dans Flaubert. L’un contaminé par le romantisme du temps de sa jeunesse, l’autre épris par la réaction d’exactitude et d’objectivité. Bien qu’il est ennemi de la sotisse prétentieuse qui se cache derrière les aspirations romantiques il se conserve pourtant du romantisme l’enthousiasme de l’imagination et du coeur. Il se penche pour un lyrisme, il hait la médiocrité, il méprise la bourgeoisie.
Le réalisme chez Flaubert se caracterise par la recherche d’objectivité et la disparition du narrateur. Le souci d’exactitude scientifique demande une documentation considérable. Flaubert ne peint pas la réalité mais l’impression qu’elle produit, les paysages ne sont pas vus par le narrateur mais par les personnages, les paysages reflètent leurs états d’âme. Il recherche aussi la beauté, c’est le but qu’il veut atteindre. La phrase de Flaubert est aussi chargée d’une splendeure sonore pourtant les principes naturalistes sont respectées. En générale pas de description et de présentation longue comme chez Balzac. Les paysages apparaissent au moment où les personnages les voient et de la manière dont ils les voient. Le romancier disparait et le lecteur oublie le récit pour vivre les événements en compagnie des héros. Rien n’est inutile chez Flaubert. La vie se présente simple ou compliquée selon l’état d’âme des personnages. Un paysage n’est décrit que dans la logique de l’action. C’est le véritable réalisme qui ne laisse pas de place à la fantaisie.
ETUDE SUR MADAME BOVARY & LE BOVARYSME►
Flaubert est influencé de l’histoire d’un ancien élève de son père, Eugène Delamare, médecin dont la femme infidèle avait fini par s’empoisonner et qui lui-même était mort de chagrin, avant d’écrire Madame Bovary; dès son retour d’Egypte il se mit à écrire, après plus de quatre ans d’un labeur acharné l’oeuvre parut dans la vie littéraire.
Il est inspiré de l’aventure réelle avec une exactitude presque scientifique: la pharmacie, l’auberge du Lyon d’or etc... ont réellement existé.
Les personnages réels: "Bovary" est le portrait exact de Delamare; "Emma" ressemble à Mme Delamare. Les autres caractères sont un peu composites mais tirés du réel. Il a fallu emprunter à plusieurs pharmaciens pour composer "Homais". Le romancier crée l’impression de réalité par les détails qu’il a observés lui-même, il a assisté à des scènes semblables à la noce paysanne qu’il nous décrit.
Le réalisme observe les hommes selon une parfaite objectivité afin d’imaginer avec le maximum de vraisemblance les idées, les sentiments, le langage même des personnages.Par exemple, la médiocrité de Bovary, la bêtise solenelle de Homais ou la timidité de Léon.
Dans "Emma Bovary", Flaubert marque l’influence des impressions d’enfance et de jeunesse, puis des événements exterieurs sur l’évolution des sentiments de son héroine; et tout au long du roman par l’interaction des circonstances et des travers de son caractère elle glisse vers l’ennui, le mensonge, l’infidélité, et enfin le suicide.
Elle est victime des illusions qu’elle nourrit sur elle-même et d’aspirations qui ne s’accordent pas avec sa situation de petite bourgeoise. Il s’agit d’un travers profondément humain que Flaubert avait étudié sur lui-même il dit: "Madame Bovary c’est moi".
Quand il écrivait “Ma pauvre Bovary souffre et pleure dans vingt villages de France” il sentait qu’en observant un cas individuel il avait fait de son héroine un type universel. Cette tendance des hommes à se croire tels qu’ils voudraient être et à rêver des bonheurs illusoires qui leur sont inaccecibles, Flaubert la dénoncera dans la plupart de ses romans comme la source principale de leurs maux. Cette faculté d’illusion c’est "LE BOVARYSME"
MADAME BOVARY
Première Partie
"Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail".
Ainsi débute Madame Bovary: Ce nouvel élève, âgé d'une quinzaine d'années, qui entre en 5ème au Collège de Rouen n'est autre que Charles Bovary. Il a l'air un peu ridicule, ce "gars de la campagne". Son attitude un peu gauche déchaîne le rire de ses camarades. Il arrive d'un village situé entre le pays de Caux et la Normandie où ses parents, qui ne s'entendent pas, se sont retirés. Son père est un médiocre qui a accumulé de nombreux échecs. Sa mère, frustrée et aigrie, a reporté tous ses espoirs sur ce fils qu'elle a couvé.
Charles Bovary s'installe à Tostes et épouse sous l'influence de sa mère une veuve de quarante-cinq ans, riche, laide et tyrannique, Mme Dubuc. Elle aime Charles avec passion mais exerce à son égard une surveillance despotique. Le jeune Charles connaît ainsi une vie de couple qui ressemble à un cauchemar.
Une nuit d'hiver, Charles se rend à la ferme des Bertaux. Le père Rouault, son propriétaire, "un cultivateur des plus aisés" vient de se casser la jambe. Charles soigne le maître des lieux et est sensible au charme d'Emma, sa fille. Les jours suivants, il revient aux Bertaux, jusqu'à ce que son épouse, jalouse, lui interdise d'y retourner. Au début du printemps, le notaire de Mme Bovary commet une malversation qui laisse cette dernière à demi ruinée. Elle meurt brusquement une semaine plus tard.
Peu après, sur l'invitation du père Rouault, Charles retourne aux Bertaux. Il revoit Emma. Il est amoureux de la jeune fille, mais n'ose se déclarer. "À l'époque de la Saint Michel" il se décide à la demander en mariage. La noce est fixée au printemps suivant, l'hiver sera occupé par les préparatifs. Emma rêvait de "se marier à minuit, aux flambeaux". La noce, campagnarde, sera beaucoup moins féerique. Charles ne brille guère durant la noce, ne répondant que médiocrement aux calembours ou compliments que lui adressent les invités.
Mais le lendemain des noces Charles semble découvrir le bonheur près d'Emma. Il laisse éclater sa joie et se réjouit de trouver en elle une épouse parfaite. Emma commence par apporter des changements dans l'aménagement de la maison et Charles est tout à sa joie de la voir aussi bien conduire son ménage, dessiner, jouer du piano, ou recevoir avec élégance. Mais la jeune femme, elle, est distante. La réalité ne correspond pas à ce qui lui avait paru si beau dans les livres de son enfance. Elle avait tant rêvée de ce mari qui devait lui procurer une vie plus passionnante. Elle souhaitait tant oublier celle monotone, qu'elle avait passée avec son veuf de père, depuis sa sortie du couvent. Or ce mari, tant idéalisé, se révèle bien décevant.
Elevée au couvent, parmi des jeunes filles du monde, Emma y a reçu une parfaite éducation. Elle a lu Paul et Virginie, a rêvé en lisant des romans sentimentaux et historiques, ou des poèmes romantiques. Elle a admiré des gravures représentant de jeunes hommes serrant dans leurs bras des ladies anglaises à boucles blondes. Toute cette éducation a nourri son "tempérament sentimental" et ses songes romanesques.
Aux antipodes de l'homme rêvé, Charles déçoit Emma. Son manque de mystère et de raffinement désappointe la jeune femme. La vie humble et sans surprise qu'il lui offre lasse Emma. Heureusement, une invitation du Marquis d'Andervilliers à un bal au château de la Vaubyessard vient rompre la monotonie de son existence.
Emma, émerveillée, découvre le luxe et l'élégance du monde aristocratique. Ce monde enchanté auquel elle a tant rêvé lui fait oublier un instant ses origines paysannes. Hélas , le rêve est éphémère et le retour à Tostes, silencieux et triste. Dès le lendemain, il lui faut subir les conversations banales de Charles. "Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes". Emma se réfugie dans "le souvenir de ce bal".
Emma rêve devant le " porte-cigares tout bordé de soie verte" que Charles a ramassé sur le chemin du retour. Elle imagine que cet objet appartient au "Vicomte". Emma rêve aussi de Paris et se met à lire Balzac, George Sand et Eugène Sue. Mais à Tostes, l'ennui s'accroît et la jeune femme est de plus en plus irritée par le manque d'ambition et le laisser-aller de son mari. Les saisons se succèdent. Elle vit pourtant dans l'espoir d'une nouvelle invitation, mais en vain. Un an et demi après le bal de la Vaubyessard, sa santé s'altère et Emma laisse tout aller dans son ménage. Charles, qui est resté quatre ans à Tostes, décide alors de déménager et de s'installer à Yonville. Emma est enceinte. Il espère que ce déménagement lui sera bénéfique.
Deuxième Partie
Les époux Bovary arrivent à Yonville. A l'auberge du Lion d'Or. Madame veuve Lefrançois, la maîtresse de l'auberge, prépare le dîner. Il y a là , pour accueillir les Bovary, Monsieur Homais, le pharmacien, le percepteur Binet, et le curé Bournisien. Pendant que Homais et Charles Bovary devisent sur la médecine, Emma sympathise avec "Léon Dupuis", clerc de notaire et habitué de l'auberge, qui dîne avec eux. Ils se découvrent des goûts communs. Puis les Bovary s'installent dans leur maison: "C'était la quatrième fois qu'Emma couchait dans un endroit inconnu. La première avait été le jour de son entrée au couvent, la seconde celle de son arrivée à Tostes, la troisième à la Vaubyessard, la quatrième était celle-ci; et chacune s'était trouvée faire dans sa vie comme l'inauguration d'une phase nouvelle. "La jeune femme se prend à rêver à des jours meilleurs.
Homais, le pharmacien, se montre, avec les Bovary, le meilleur des voisins. Il essaye, en fait, de s'attirer la sympathie de Charles Bovary, au cas où ce dernier apprendrait qu'il exerce de façon illicite la médecine. Charles, lui, est maussade car la clientèle "n'arrive pas". Heureusement cette déception professionnelle est compensée par la naissance de sa fille. Emma donne naissance à Berthe. La jeune femme eût préféré un fils. Après le baptême, la petite est mise en nourrice, chez Mme Rollet. Un jour, Léon accompagne Emma et sa fille chez la nourrice. Sur le chemin, Emma et Léon se donnent la main. Cette complicité ne passe pas inaperçue: " Dès le soir, cela fut connu dans Yonville, et madame Tuvache, la femme du maire, déclara devant sa servante que madame Bovary se compromettait".
La vie, se poursuit, monotone. Emma guette chaque jour, de sa maison, le passage de Léon. Les Bovary sont invités régulièrement, le dimanche, avec Léon, chez Homais, le pharmacien: On y joue au trente et un, et aux dominos. Puis Homais et Bovary s'endorment. Léon et Emma feuillettent alors ensemble L'illustration et goûtent cette "solitude": "Ils se parlaient à voix basse, et la conversation qu'ils avaient leur semblait plus douce, parce qu'elle n'était pas entendue". Les jeunes gens s'échangent des cadeaux. Léon fait la cour à Emma mais ne se déclare pas . En février, lors d'une promenade dominicale aux environs d'Yonville, en compagnie des Homais et de Léon, Emma prend conscience de la banalité de Charles face au charme du jeune homme. Elle réalise aussi que Léon est amoureux d'elle. Elle décide de ne pas céder à la tentation et s'efforce de rester une maîtresse de maison modèle et une mère irréprochable. Sa maîtrise apparente cache pourtant un douloureux conflit intérieur: amour pour Léon et volonté de rester vertueuse. C'est Charles qui sera le bouc émissaire de ce malheur: elle le méprisait, elle se met à le haïr.
Un soir d'avril, elle entend l'angélus. "Ce tintement répété" rappelle à Emma le souvenir du couvent. La religion peut l'aider , peut-être, à affronter cette crise qu'elle traverse: elle se rend à l'église afin de confier son trouble à Bournisien, le curé. Mais le dialogue entre l'homme d'église et la jeune femme n'est qu'une suite de malentendus. Pour lui, ces souffrances sont purement physiques. Cette incompréhension laisse Emma désemparée. De retour chez elle, Emma repousse sèchement sa fille Berthe, qui tombe et se blesse. Charles, qui rentre pour le dîner, soigne cette blessure sans gravité. La jeune mère, se reprochant son attitude, reste pour veiller sur sa fille endormie. Elle est effrayée de la laideur de son enfant.
Quant à Léon, il désespère de l'inaccessibilité d'Emma et se lasse de cet amour sans espoir. Il décide alors de partir à Paris terminer son droit . Il vient faire ses adieux à Emma. L'émotion est grande mais le jeune homme ne parvient pas à trouver les mots pour l'exprimer. Au cours de la soirée qui suit son départ, Homais évoque les réjouissances de la capitale; il annonce aussi que des Comices agricoles auront lieu cette année à Yonville.
Suite au départ de Léon, Madame Bovary sombre à nouveau dans la mélancolie : "le chagrin s'engouffrait dans son âme avec des hurlements doux, comme fait le vent d'hiver dans les châteaux abandonnés". La visite du sieur Lheureux, marchand de nouveautés, lui donne l'occasion de faire des dépenses déraisonnables. Emma se lance aussi dans des lectures ambitieuses: "Elle voulut apprendre l'italien: elle acheta des dictionnaires, une grammaire, une provision de papier blanc. Elle essaya des lectures sérieuses, de l'histoire et de la philosophie". Charles sombre dans l'inquiétude. Il fait appel à sa mère: "Alors il écrivit à sa mère pour la prier de venir, et ils eurent ensemble de longues conférences au sujet d'Emma". Mme Bovary mère ne trouve guère de solutions miracles. Il faut, selon elle, "empêcher Emma de lire des romans".
Un jour de marché, Rodolphe Boulanger, le nouveau châtelain de la Huchette, rend visite à Charles Bovary, avec un de ses fermiers à qui il faut faire une saignée. Durant l'intervention de l'officier de santé, il regarde Emma et la trouve très jolie. Aristocrate libertin, "de tempérament brutal et d'intelligence perspicace", il devine le fossé qui s'est creusé entre les deux époux, il décèle aussi les frustrations et les rêves inassouvis d'Emma. C'est décidé, lors des prochains comices agricoles, il fera tout pour la séduire.
Le jour des comices est arrivé, tout le village est en fête. Rodolphe profite de cette occasion pour faire sa cour à la jeune femme. Il va à sa rencontre, et parvient à fausser compagnie à M. Lheureux et au pharmacien. Rodolphe et Emma assistent tous les deux à l'examen des bêtes, à l'arrivée des notables. Du premier étage de la mairie, ils entendent, par bribes, les discours officiels, car Rodolphe met à profit la situation pour tenir à Emma des propos séducteurs. Emma se laisse prendre au jeu et n'émet qu'une faible résistance. Les discours sont suivis de la remise de médailles: une servante reçoit cette décoration en récompense de ses cinquante ans de labeur. La fête se termine par un feu d'artifice raté. M. Homais rédige un article dithyrambique pour le Fanal de Rouen, dont il est le correspondant.
Rodolphe attend six semaines avant de rendre visite à Emma. Il joue d'abord la comédie puis simule la mélancolie. Charles survient, Rodolphe feint alors de s'inquiéter de la santé d'Emma. Il lui conseille une promenade à cheval. Charles donne son aval. La jeune femme part donc pour une balade à cheval en compagnie de Rodolphe. Ils pénètrent dans une forêt. C'est là qu'Emma se donne à son compagnon. " Elle se répétait : "J'ai un amant! un amant! " se délectant à cette idée comme à celle d'une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l'amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré." Elle rencontre alors Rodolphe tous les jours, dans la forêt, puis elle n'hésite pas à se rendre jusqu'au château de Rodolphe. Ce dernier commence à trouver ces visites imprudentes.
Un jour, lors d'une de ses escapades matinales, Emma rencontre le percepteur Binet. Elle se montre peu convaincante quant à la justification de cette promenade. Toute la journée, elle s'angoisse des commérages que pourrait colporter Binet. Le soir, elle rencontre à nouveau le percepteur chez Homais, le pharmacien. Binet ne peut s'empêcher de faire allusion à leur rencontre matinale. Heureusement les invités ne réagissent pas. C'est donc le soir, sous la tonnelle de leur jardin, ou par temps de pluie dans le cabinet de consultations de son mari, qu'Emma donne maintenant rendez-vous à son amant. Mais Rodolphe commence à s'ennuyer de cette liaison. A l'approche du printemps, Emma, bien que toujours amoureuse de cet amant, éprouve des remords en lisant une lettre naïve et touchante de son père. Elle dresse un bilan amer de son existence et regrette la candeur de son enfance. Elle redécouvre auprès de sa fille la tendresse maternelle et souhaiterait se rapprocher de son mari.
Homais et Emma œuvrent auprès de Charles pour le convaincre d'opérer Hippolyte, le garçon d'écurie du Lion d'Or, de son pied-bot. Charles accepte. L'opération semble un succès et Emma éprouve une tendresse admirative pour son mari. Homais montre aux Bovary l'article qu'il a préparé pour le Fanal de Rouen. Malheureusement des complications surviennent vite, et la jambe du malheureux Hippolyte se gangrène. Il faut faire appel au docteur Canivet, célèbre médecin de Neuchâtel. Il doit procéder à l'amputation de la cuisse. Cet échec anéantit les espoirs professionnels de Charles. La déception est également immense pour Mme Bovary qui se sent humiliée d'avoir fondé en vain des espoirs dans son mari. Ses dernières résolutions vertueuses disparaissent: Emma se détache irrémédiablement de Charles et s'abandonne à nouveau dans les bras de Rodolphe.
Emma s'enflamme de nouveau pour son amant. Elle lui suggére même de tout abandonner pour partir ensemble: "Nous irions vivre ailleurs". Elle offre beaucoup de cadeaux à son amant, et dérobe de l'argent à son mari pour payer ses dettes auprès de Lheureux. Elle met ainsi en péril les finances de son couple. Elle n'hésite plus à s'afficher avec son amant dans un attitude provocante: "Par l'effet seul de ses habitudes amoureuses, madame Bovary changea d'allures. Ses regards devinrent plus hardis, ses discours plus libres ; elle eut même l'inconvenance de se promener avec M. Rodolphe, une cigarette à la bouche, comme pour narguer le monde". Rodolphe, lui, n'est pas à la hauteur de cette passion, il se lasse de sa maîtresse et la traite avec peu de ménagement. Il finit pourtant sur insistance d'Emma par accepter de "l'enlever". Leur fuite est prévue pour début septembre. Charles, lui, rêve encore de beaux projets pour son épouse et sa fille. Tout est prêt pour la fuite des amants. Lheureux une nouvelle fois procure le nécessaire: "un grand manteau et une caisse pas trop lourde...". L'avant-veille du départ, les amants ont rendez-vous au clair de lune. Rodolphe le sait déjà: il ne partira pas avec Emma et sa fille.
Rentré chez lui, Rodolphe écrit une longue lettre de rupture à Emma. Dès les premiers mots, la jeune femme comprend. Effondrée, elle s'enfuit au grenier où, dans un vertige, elle songe à se suicider. Redescendue pour le dîner, elle entend passer le tilbury de Rodolphe qui l'emporte loin de Yonville. Elle perd connaissance. "Une fièvre cérébrale" la cloue au lit pendant plus d'un mois. Charles veille en permanence sur elle, guettant les signes d'un rétablissement. Vers la mi-octobre, elle retrouve peu à peu la santé. Mais Charles l'emmène sous la tonnelle. Cette vision du banc, où elle donnait rendez-vous à son amant, provoque une rechute: "Elle eut un étourdissement, et dès le soir, sa maladie recommença, avec une allure plus incertaine, il est vrai, et des caractères plus complexes. Tantôt elle souffrait au coeur, puis dans la poitrine, dans le cerveau, dans les membres; il lui survint des vomissements où Charles crut apercevoir les premiers symptômes d'un cancer."
Charles s'est beaucoup endetté pour soigner son épouse et aussi pour honorer les achats qu'elle avait réalisés pour sa fuite avec Rodolphe. Lheureux profite de la situation et se montre de plus en plus menaçant. Charles, trop inquiet du fait de l'état de santé d'Emma pour analyser la situation, lui emprunte de l'argent. Durant sa convalescence, madame Bovary reçoit des visites du curé et retrouve provisoirement la foi. Un jour, Homais, le pharmacien, conseille à Charles d'aller à Rouen avec son épouse écouter un opéra de Donizetti. Dès le lendemain, à huit heures, le couple part pour Rouen.
Les Bovary arrivent très tôt à l'opéra. Ils admirent la salle et le décor. Puis la représentation commence. Emma est subjuguée par le ténor Lagardy. Elle se passionne également pour le spectacle et trouve des similitudes entre le destin de Lucie de Lammemoor et le sien. À l'entracte, Charles, va chercher un rafraîchissement pour sa femme, et rencontre Léon. Le clerc vient saluer Emma dans la loge des Bovary. A la fin de la représentation, il emmène les Bovary au café. Là, Charles suggère à sa femme de rester seule un jour de plus à Rouen pour revoir l'opéra.
Troisième partie
Cela faisait trois ans que Léon et Emma ne s'étaient pas revus. Le lendemain de leur rencontre à l'opéra, Léon se rend à l'Hôtel de la Croix-Rouge où Emma est descendue. Il lui confie tout l'amour qu'il a éprouvé pour elle. Durant une longue conversation, Emma et Léon évoquent Yonville, leurs peines, leurs rêves et leur souvenirs. Emma refuse de s'abandonner aux avances du clerc, mais elle accepte néanmoins de le retrouver le lendemain à la cathédrale. Après le départ de Léon, Emma écrit une lettre pour décliner le rendez-vous mais, ne connaissant pas l'adresse de Léon, décide de la lui remettre elle-même.
Le lendemain, Léon arrive le premier à la cathédrale. Lorsqu'Emma arrive à son tour, elle lui tend la lettre puis va s’agenouiller dans la chapelle de la Vierge. Il s'apprêtent ensuite à quitter la cathédrale, lorsque le Suisse se propose de leur faire visiter le monument. Impatient, Léon abrège la visite. Débarrassé de l'importun, il entraîne Emma hors de la cathédrale et lui propose une promenade en fiacre qui leur fait parcourir à vive allure Rouen et ses environs
De retour à Yonville, Emma se rend chez Homais. Justin, l'apprenti a commis une faute grave et le pharmacien le sermonne sévèrement: pour faire les confitures, Justin a désobéi et est allé chercher une bassine dans la réserve où le pharmacien stocke l'arsenic. Entre deux reproches à Justin, Homais apprend sans ménagement à Emma que le père de Charles est mort. Madame Bovary est peu affectée par ce deuil, mais feint devant Charles d'éprouver du chagrin. Le lendemain, les Bovary, aidés de Mme Bovary mère, s'affairent pour préparer les obsèques. C'est alors que Lheureux, le marchand d'étoffes, se rend chez les Bovary. Il suggère à Emma d'obtenir une procuration de son mari pour gérer elle-même les revenus du couple. Emma suggère à Charles, qui accepte, de se rendre à Rouen, pour consulter Léon sur cette question.
Emma reste trois jours à Rouen avec son amant. Puis ils décident d'utiliser la nourrice pour échanger leurs correspondances. Mais impatient de revoir sa maîtresse, Léon vient à Yonville. Il dîne au Lion d'Or et rend visite aux Bovary. Les deux amants souhaiteraient se revoir régulièrement. Emma fait la promesse à Léon de venir le voir une fois par semaine. Elle engage également de nouvelles dépenses auprès de Lheureux. Elle réussit à convaincre Charles de lui permettre de se rendre une fois par semaine à Rouen, le jeudi, pour y prendre des leçons de piano.
Chaque jeudi , Emma retrouve Léon et les semaines s'écoulent selon un rite immuable: il y a le lever silencieux d'Emma afin de ne pas réveiller Charles, le départ d'Yonville au petit matin à bord de l'Hirondelle, la route, la ville de Rouen qui s'éveille, la chambre douillette des rendez-vous, puis le retour et la rencontre d'un horrible aveugle, qui lui cause à chaque fois une terrible peur . Rouen devient le symbole du plaisir qu'elle découvre dans les bras de Léon. La passion qu'éprouve Emma pour le jeune homme réveille en elle des désirs de luxe. Elle accumule les dépenses d'habillement.
Elle prend aussi l'habitude de mentir afin de ne pas dévoiler les motifs réels de ses voyages à Rouen. Mais un jour, Lheureux la découvre au bras de Léon. Il profite de la situation pour la forcer à rembourser ses dettes. Il lui fait vendre la propriété de Barneville dont son mari a hérité. Il lui fait également signer de nouveaux billets d'ordre. Charles, de son côté, en signe lui aussi. La situation financière du couple est de plus en plus dramatique. Madame Bovary mère qu'on a appelé à la rescousse détruit la procuration qui avait été accordée à Emma, ce qui provoque une crise de nerfs de sa belle-fille. Charles ne résiste pas très longtemps et signe rapidement une nouvelle procuration à son épouse. Un soir, Emma reste à Rouen. Charles s'y rend en pleine nuit et ne retrouve sa femme qu'à l'aube. Elle indique alors à Charles que cette liberté lui est indispensable. Dès lors, Emma va à Rouen quand bon lui semble. Léon est de plus en plus subjugué par l'attitude de sa maîtresse. Mais ces visites fréquentes le dérangent dans son travail.
Un jeudi, Homais prend la diligence pour Rouen en même temps qu'Emma. Il est invité par Léon et souhaite mettre à profit ce voyage pour revoir les lieux de sa jeunesse. Le clerc doit subir le bavardage du pharmacien pendant de longues heures. Il ne parvient pas à lui fausser compagnie. Emma, furieuse, quitte l'hôtel où elle l'attend et éprouve beaucoup de mépris pour le manque de courage dont a fait preuve son amant. Cet incident met en lumière les défauts du jeune homme. Dès lors sa passion faiblit. Une menace de saisie l'oblige à trouver de toute urgence de l'argent: elle se fait payer des honoraires de son mari, vend de vieilles choses, emprunte à tout le monde, et engage même un cadeau de noces au mont-de-piété. De son côté Léon, sermonné par son patron et ne souhaitant pas se compromettre au moment de devenir premier clerc, se détache progressivement d'Emma. La jeune femme, elle aussi un peu lasse, n'a pas le courage de le quitter. Un soir, en rentrant à Yonville après une nuit passée au bal masqué de la mi-carême, elle apprend que ses meubles vont être saisis. Lheureux à qui elle rend visite se montre intraitable et cynique.
"Elle fut stoïque, le lendemain, lorsque Maître Hareng, l'huissier, avec deux témoins, se présenta chez elle pour faire le procès-verbal de la saisie". Cette situation la contraint à quémander, par tous les moyens, de l'aide. Dès le dimanche, elle se rend à Rouen, mais les banquiers sont ou à la campagne ou en voyage. Puis elle sollicite Léon qui ne lui fait qu'une vague promesse. De retour à Yonville, elle se rend chez Maître Guillaumin qui à défaut de l'aider lui fait des avances. Emma est outrée et va trouver Binet qui s'esquive. Elle va ensuite chez la mère Rollet et attend, en vain, l'arrivée de Léon. Il ne reste plus que Rodolphe, son premier amant.
"Elle se demandait tout en marchant : " Que vais-je dire ? Par où commencerai-je ? " Et, à mesure qu'elle avançait, elle reconnaissait les buissons, les arbres, les joncs marins sur la colline, le château là-bas. Elle se retrouvait dans les sensations de sa première tendresse, et son pauvre cœur comprimé s'y dilatait amoureusement. Un vent tiède lui soufflait au visage; la neige, se fondant, tombait goutte à goutte des bourgeons sur l'herbe." Mais Rodolphe n'a pas ces 3000 francs dont elle a besoin. Désespérée, Emma explose de colère: " Mais, moi, je t'aurais tout donné, j'aurais tout vendu, j'aurais travaillé de mes mains, j'aurais mendié sur les routes, pour un sourire, pour un regard, pour t'entendre dire : " Merci ! " Et tu restes là tranquillement dans ton fauteuil, comme si déjà tu ne m'avais pas fait assez souffrir?" Elle lui reproche son égoïsme et s'en va, bouleversée: " Elle sortit. Les murs tremblaient, le plafond l'écrasait; et elle repassa par la longue allée, en trébuchant contre les tas de feuilles mortes que le vent dispersait".
Sur le chemin du retour, elle est victime d'hallucinations. Arrivée à Yonville, elle court chez Homais et force Justin à lui donner les clés de la réserve. Elle avale de l'arsenic, puis rentre chez elle. Elle rédige une lettre et demande à Charles de ne l’ouvrir que le lendemain : "Tu la liras demain ; d'ici là, je t'en prie, ne m'adresse pas une seule question !... Non, pas une !" Puis elle se met au lit. Les premiers symptômes de l'empoisonnement surviennent rapidement. Charles, paniqué, ne sait que faire. Homais propose une analyse. Emma souhaite revoir sa fille. Arrivent ensuite le docteur Canivet puis le docteur Larivière. Il est trop tard pour la sauver. Madame Bovary reçoit l'extrême-onction, puis elle pleure en se regardant dans un miroir. Elle entend au dehors la chanson de l'aveugle rencontré maintes fois lors de ses escapades à Rouen. Puis c'est l'agonie et la mort: "Et Emma se mit à rire, d'un rire atroce, frénétique, désespéré, croyant voir la face hideuse du misérable, qui se dressait dans les ténèbres éternelles comme un épouvantement. Il souffla bien fort ce jour-là. Et le jupon court s'envola! Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus. "
Charles est effondré. Il organise avec peine les funérailles. Homais critique ces dispositions, mais Bovary lui répond sèchement: "Est-ce que cela vous regarde ? Laissez-moi ! vous ne l'aimiez pas ! Allez-vous-en !" Lors de la veillée funèbre Homais et l'abbé Bournisien discutent âprement de questions "théologiques", puis ils s'endorment. Arrive au petit matin Mme Bovary mère, puis d'autres visiteurs. Charles souhaite garder d'Emma une mèche de cheveux. La jeune femme est alors mise en bière. Puis c'est l'arrivée du père Rouault à Yonville. Il s'évanouit en voyant les draps noirs.
Les obsèques religieuses ont lieu par une belle journée de printemps. La cérémonie est interminable: "On chantait, on s'agenouillait, on se relevait, cela n'en finissait pas!". Le cortège se rend ensuite au cimetière en empruntant des chemins de campagne. Ce soir-là, Charles veille en pensant à sa femme disparue. Rodolphe et Léon dorment tranquillement. Il en est un autre qui ne trouve pas le sommeil et qui est inconsolable, c'est Justin.
Dès le lendemain, Les affaires d'argent recommencent. Les créanciers se déchaînent sur le pauvre Bovary, mais celui-ci refuse de vendre les meubles ayant appartenu à Emma. "Alors chacun se mit à profiter." : Mademoiselle Lempereur réclame six mois de leçons, Félicité, la bonne, le quitte en emportant la garde-robe d'Emma... Léon se marie. Charles retrouve au grenier la preuve de l'infidélité d'Emma : la lettre de Rodolphe. Il est fou de douleur. Il souhaite pourtant qu'Emma bénéficie d'un superbe monument funéraire. il se fâche définitivement avec sa mère. Un autre jour, il découvre les lettres de Léon, ce qui ne lui laisse plus aucun espoir quant à la fidélité d'Emma. Un jour d'août il rencontre Rodolphe. Il parle volontiers avec lui et ne semble pas lui en vouloir. Il meurt, le lendemain, sur le banc du jardin, sous la tonnelle. Berthe est recueillie par une tante du père Rouault. Il lui faut travailler comme ouvrière dans une filature. Homais, lui, est comblé: "il vient de recevoir la croix d'honneur".
Première Partie
"Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail".
Ainsi débute Madame Bovary: Ce nouvel élève, âgé d'une quinzaine d'années, qui entre en 5ème au Collège de Rouen n'est autre que Charles Bovary. Il a l'air un peu ridicule, ce "gars de la campagne". Son attitude un peu gauche déchaîne le rire de ses camarades. Il arrive d'un village situé entre le pays de Caux et la Normandie où ses parents, qui ne s'entendent pas, se sont retirés. Son père est un médiocre qui a accumulé de nombreux échecs. Sa mère, frustrée et aigrie, a reporté tous ses espoirs sur ce fils qu'elle a couvé.
Charles Bovary s'installe à Tostes et épouse sous l'influence de sa mère une veuve de quarante-cinq ans, riche, laide et tyrannique, Mme Dubuc. Elle aime Charles avec passion mais exerce à son égard une surveillance despotique. Le jeune Charles connaît ainsi une vie de couple qui ressemble à un cauchemar.
Une nuit d'hiver, Charles se rend à la ferme des Bertaux. Le père Rouault, son propriétaire, "un cultivateur des plus aisés" vient de se casser la jambe. Charles soigne le maître des lieux et est sensible au charme d'Emma, sa fille. Les jours suivants, il revient aux Bertaux, jusqu'à ce que son épouse, jalouse, lui interdise d'y retourner. Au début du printemps, le notaire de Mme Bovary commet une malversation qui laisse cette dernière à demi ruinée. Elle meurt brusquement une semaine plus tard.
Peu après, sur l'invitation du père Rouault, Charles retourne aux Bertaux. Il revoit Emma. Il est amoureux de la jeune fille, mais n'ose se déclarer. "À l'époque de la Saint Michel" il se décide à la demander en mariage. La noce est fixée au printemps suivant, l'hiver sera occupé par les préparatifs. Emma rêvait de "se marier à minuit, aux flambeaux". La noce, campagnarde, sera beaucoup moins féerique. Charles ne brille guère durant la noce, ne répondant que médiocrement aux calembours ou compliments que lui adressent les invités.
Mais le lendemain des noces Charles semble découvrir le bonheur près d'Emma. Il laisse éclater sa joie et se réjouit de trouver en elle une épouse parfaite. Emma commence par apporter des changements dans l'aménagement de la maison et Charles est tout à sa joie de la voir aussi bien conduire son ménage, dessiner, jouer du piano, ou recevoir avec élégance. Mais la jeune femme, elle, est distante. La réalité ne correspond pas à ce qui lui avait paru si beau dans les livres de son enfance. Elle avait tant rêvée de ce mari qui devait lui procurer une vie plus passionnante. Elle souhaitait tant oublier celle monotone, qu'elle avait passée avec son veuf de père, depuis sa sortie du couvent. Or ce mari, tant idéalisé, se révèle bien décevant.
Elevée au couvent, parmi des jeunes filles du monde, Emma y a reçu une parfaite éducation. Elle a lu Paul et Virginie, a rêvé en lisant des romans sentimentaux et historiques, ou des poèmes romantiques. Elle a admiré des gravures représentant de jeunes hommes serrant dans leurs bras des ladies anglaises à boucles blondes. Toute cette éducation a nourri son "tempérament sentimental" et ses songes romanesques.
Aux antipodes de l'homme rêvé, Charles déçoit Emma. Son manque de mystère et de raffinement désappointe la jeune femme. La vie humble et sans surprise qu'il lui offre lasse Emma. Heureusement, une invitation du Marquis d'Andervilliers à un bal au château de la Vaubyessard vient rompre la monotonie de son existence.
Emma, émerveillée, découvre le luxe et l'élégance du monde aristocratique. Ce monde enchanté auquel elle a tant rêvé lui fait oublier un instant ses origines paysannes. Hélas , le rêve est éphémère et le retour à Tostes, silencieux et triste. Dès le lendemain, il lui faut subir les conversations banales de Charles. "Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes". Emma se réfugie dans "le souvenir de ce bal".
Emma rêve devant le " porte-cigares tout bordé de soie verte" que Charles a ramassé sur le chemin du retour. Elle imagine que cet objet appartient au "Vicomte". Emma rêve aussi de Paris et se met à lire Balzac, George Sand et Eugène Sue. Mais à Tostes, l'ennui s'accroît et la jeune femme est de plus en plus irritée par le manque d'ambition et le laisser-aller de son mari. Les saisons se succèdent. Elle vit pourtant dans l'espoir d'une nouvelle invitation, mais en vain. Un an et demi après le bal de la Vaubyessard, sa santé s'altère et Emma laisse tout aller dans son ménage. Charles, qui est resté quatre ans à Tostes, décide alors de déménager et de s'installer à Yonville. Emma est enceinte. Il espère que ce déménagement lui sera bénéfique.
Deuxième Partie
Les époux Bovary arrivent à Yonville. A l'auberge du Lion d'Or. Madame veuve Lefrançois, la maîtresse de l'auberge, prépare le dîner. Il y a là , pour accueillir les Bovary, Monsieur Homais, le pharmacien, le percepteur Binet, et le curé Bournisien. Pendant que Homais et Charles Bovary devisent sur la médecine, Emma sympathise avec "Léon Dupuis", clerc de notaire et habitué de l'auberge, qui dîne avec eux. Ils se découvrent des goûts communs. Puis les Bovary s'installent dans leur maison: "C'était la quatrième fois qu'Emma couchait dans un endroit inconnu. La première avait été le jour de son entrée au couvent, la seconde celle de son arrivée à Tostes, la troisième à la Vaubyessard, la quatrième était celle-ci; et chacune s'était trouvée faire dans sa vie comme l'inauguration d'une phase nouvelle. "La jeune femme se prend à rêver à des jours meilleurs.
Homais, le pharmacien, se montre, avec les Bovary, le meilleur des voisins. Il essaye, en fait, de s'attirer la sympathie de Charles Bovary, au cas où ce dernier apprendrait qu'il exerce de façon illicite la médecine. Charles, lui, est maussade car la clientèle "n'arrive pas". Heureusement cette déception professionnelle est compensée par la naissance de sa fille. Emma donne naissance à Berthe. La jeune femme eût préféré un fils. Après le baptême, la petite est mise en nourrice, chez Mme Rollet. Un jour, Léon accompagne Emma et sa fille chez la nourrice. Sur le chemin, Emma et Léon se donnent la main. Cette complicité ne passe pas inaperçue: " Dès le soir, cela fut connu dans Yonville, et madame Tuvache, la femme du maire, déclara devant sa servante que madame Bovary se compromettait".
La vie, se poursuit, monotone. Emma guette chaque jour, de sa maison, le passage de Léon. Les Bovary sont invités régulièrement, le dimanche, avec Léon, chez Homais, le pharmacien: On y joue au trente et un, et aux dominos. Puis Homais et Bovary s'endorment. Léon et Emma feuillettent alors ensemble L'illustration et goûtent cette "solitude": "Ils se parlaient à voix basse, et la conversation qu'ils avaient leur semblait plus douce, parce qu'elle n'était pas entendue". Les jeunes gens s'échangent des cadeaux. Léon fait la cour à Emma mais ne se déclare pas . En février, lors d'une promenade dominicale aux environs d'Yonville, en compagnie des Homais et de Léon, Emma prend conscience de la banalité de Charles face au charme du jeune homme. Elle réalise aussi que Léon est amoureux d'elle. Elle décide de ne pas céder à la tentation et s'efforce de rester une maîtresse de maison modèle et une mère irréprochable. Sa maîtrise apparente cache pourtant un douloureux conflit intérieur: amour pour Léon et volonté de rester vertueuse. C'est Charles qui sera le bouc émissaire de ce malheur: elle le méprisait, elle se met à le haïr.
Un soir d'avril, elle entend l'angélus. "Ce tintement répété" rappelle à Emma le souvenir du couvent. La religion peut l'aider , peut-être, à affronter cette crise qu'elle traverse: elle se rend à l'église afin de confier son trouble à Bournisien, le curé. Mais le dialogue entre l'homme d'église et la jeune femme n'est qu'une suite de malentendus. Pour lui, ces souffrances sont purement physiques. Cette incompréhension laisse Emma désemparée. De retour chez elle, Emma repousse sèchement sa fille Berthe, qui tombe et se blesse. Charles, qui rentre pour le dîner, soigne cette blessure sans gravité. La jeune mère, se reprochant son attitude, reste pour veiller sur sa fille endormie. Elle est effrayée de la laideur de son enfant.
Quant à Léon, il désespère de l'inaccessibilité d'Emma et se lasse de cet amour sans espoir. Il décide alors de partir à Paris terminer son droit . Il vient faire ses adieux à Emma. L'émotion est grande mais le jeune homme ne parvient pas à trouver les mots pour l'exprimer. Au cours de la soirée qui suit son départ, Homais évoque les réjouissances de la capitale; il annonce aussi que des Comices agricoles auront lieu cette année à Yonville.
Suite au départ de Léon, Madame Bovary sombre à nouveau dans la mélancolie : "le chagrin s'engouffrait dans son âme avec des hurlements doux, comme fait le vent d'hiver dans les châteaux abandonnés". La visite du sieur Lheureux, marchand de nouveautés, lui donne l'occasion de faire des dépenses déraisonnables. Emma se lance aussi dans des lectures ambitieuses: "Elle voulut apprendre l'italien: elle acheta des dictionnaires, une grammaire, une provision de papier blanc. Elle essaya des lectures sérieuses, de l'histoire et de la philosophie". Charles sombre dans l'inquiétude. Il fait appel à sa mère: "Alors il écrivit à sa mère pour la prier de venir, et ils eurent ensemble de longues conférences au sujet d'Emma". Mme Bovary mère ne trouve guère de solutions miracles. Il faut, selon elle, "empêcher Emma de lire des romans".
Un jour de marché, Rodolphe Boulanger, le nouveau châtelain de la Huchette, rend visite à Charles Bovary, avec un de ses fermiers à qui il faut faire une saignée. Durant l'intervention de l'officier de santé, il regarde Emma et la trouve très jolie. Aristocrate libertin, "de tempérament brutal et d'intelligence perspicace", il devine le fossé qui s'est creusé entre les deux époux, il décèle aussi les frustrations et les rêves inassouvis d'Emma. C'est décidé, lors des prochains comices agricoles, il fera tout pour la séduire.
Le jour des comices est arrivé, tout le village est en fête. Rodolphe profite de cette occasion pour faire sa cour à la jeune femme. Il va à sa rencontre, et parvient à fausser compagnie à M. Lheureux et au pharmacien. Rodolphe et Emma assistent tous les deux à l'examen des bêtes, à l'arrivée des notables. Du premier étage de la mairie, ils entendent, par bribes, les discours officiels, car Rodolphe met à profit la situation pour tenir à Emma des propos séducteurs. Emma se laisse prendre au jeu et n'émet qu'une faible résistance. Les discours sont suivis de la remise de médailles: une servante reçoit cette décoration en récompense de ses cinquante ans de labeur. La fête se termine par un feu d'artifice raté. M. Homais rédige un article dithyrambique pour le Fanal de Rouen, dont il est le correspondant.
Rodolphe attend six semaines avant de rendre visite à Emma. Il joue d'abord la comédie puis simule la mélancolie. Charles survient, Rodolphe feint alors de s'inquiéter de la santé d'Emma. Il lui conseille une promenade à cheval. Charles donne son aval. La jeune femme part donc pour une balade à cheval en compagnie de Rodolphe. Ils pénètrent dans une forêt. C'est là qu'Emma se donne à son compagnon. " Elle se répétait : "J'ai un amant! un amant! " se délectant à cette idée comme à celle d'une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l'amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré." Elle rencontre alors Rodolphe tous les jours, dans la forêt, puis elle n'hésite pas à se rendre jusqu'au château de Rodolphe. Ce dernier commence à trouver ces visites imprudentes.
Un jour, lors d'une de ses escapades matinales, Emma rencontre le percepteur Binet. Elle se montre peu convaincante quant à la justification de cette promenade. Toute la journée, elle s'angoisse des commérages que pourrait colporter Binet. Le soir, elle rencontre à nouveau le percepteur chez Homais, le pharmacien. Binet ne peut s'empêcher de faire allusion à leur rencontre matinale. Heureusement les invités ne réagissent pas. C'est donc le soir, sous la tonnelle de leur jardin, ou par temps de pluie dans le cabinet de consultations de son mari, qu'Emma donne maintenant rendez-vous à son amant. Mais Rodolphe commence à s'ennuyer de cette liaison. A l'approche du printemps, Emma, bien que toujours amoureuse de cet amant, éprouve des remords en lisant une lettre naïve et touchante de son père. Elle dresse un bilan amer de son existence et regrette la candeur de son enfance. Elle redécouvre auprès de sa fille la tendresse maternelle et souhaiterait se rapprocher de son mari.
Homais et Emma œuvrent auprès de Charles pour le convaincre d'opérer Hippolyte, le garçon d'écurie du Lion d'Or, de son pied-bot. Charles accepte. L'opération semble un succès et Emma éprouve une tendresse admirative pour son mari. Homais montre aux Bovary l'article qu'il a préparé pour le Fanal de Rouen. Malheureusement des complications surviennent vite, et la jambe du malheureux Hippolyte se gangrène. Il faut faire appel au docteur Canivet, célèbre médecin de Neuchâtel. Il doit procéder à l'amputation de la cuisse. Cet échec anéantit les espoirs professionnels de Charles. La déception est également immense pour Mme Bovary qui se sent humiliée d'avoir fondé en vain des espoirs dans son mari. Ses dernières résolutions vertueuses disparaissent: Emma se détache irrémédiablement de Charles et s'abandonne à nouveau dans les bras de Rodolphe.
Emma s'enflamme de nouveau pour son amant. Elle lui suggére même de tout abandonner pour partir ensemble: "Nous irions vivre ailleurs". Elle offre beaucoup de cadeaux à son amant, et dérobe de l'argent à son mari pour payer ses dettes auprès de Lheureux. Elle met ainsi en péril les finances de son couple. Elle n'hésite plus à s'afficher avec son amant dans un attitude provocante: "Par l'effet seul de ses habitudes amoureuses, madame Bovary changea d'allures. Ses regards devinrent plus hardis, ses discours plus libres ; elle eut même l'inconvenance de se promener avec M. Rodolphe, une cigarette à la bouche, comme pour narguer le monde". Rodolphe, lui, n'est pas à la hauteur de cette passion, il se lasse de sa maîtresse et la traite avec peu de ménagement. Il finit pourtant sur insistance d'Emma par accepter de "l'enlever". Leur fuite est prévue pour début septembre. Charles, lui, rêve encore de beaux projets pour son épouse et sa fille. Tout est prêt pour la fuite des amants. Lheureux une nouvelle fois procure le nécessaire: "un grand manteau et une caisse pas trop lourde...". L'avant-veille du départ, les amants ont rendez-vous au clair de lune. Rodolphe le sait déjà: il ne partira pas avec Emma et sa fille.
Rentré chez lui, Rodolphe écrit une longue lettre de rupture à Emma. Dès les premiers mots, la jeune femme comprend. Effondrée, elle s'enfuit au grenier où, dans un vertige, elle songe à se suicider. Redescendue pour le dîner, elle entend passer le tilbury de Rodolphe qui l'emporte loin de Yonville. Elle perd connaissance. "Une fièvre cérébrale" la cloue au lit pendant plus d'un mois. Charles veille en permanence sur elle, guettant les signes d'un rétablissement. Vers la mi-octobre, elle retrouve peu à peu la santé. Mais Charles l'emmène sous la tonnelle. Cette vision du banc, où elle donnait rendez-vous à son amant, provoque une rechute: "Elle eut un étourdissement, et dès le soir, sa maladie recommença, avec une allure plus incertaine, il est vrai, et des caractères plus complexes. Tantôt elle souffrait au coeur, puis dans la poitrine, dans le cerveau, dans les membres; il lui survint des vomissements où Charles crut apercevoir les premiers symptômes d'un cancer."
Charles s'est beaucoup endetté pour soigner son épouse et aussi pour honorer les achats qu'elle avait réalisés pour sa fuite avec Rodolphe. Lheureux profite de la situation et se montre de plus en plus menaçant. Charles, trop inquiet du fait de l'état de santé d'Emma pour analyser la situation, lui emprunte de l'argent. Durant sa convalescence, madame Bovary reçoit des visites du curé et retrouve provisoirement la foi. Un jour, Homais, le pharmacien, conseille à Charles d'aller à Rouen avec son épouse écouter un opéra de Donizetti. Dès le lendemain, à huit heures, le couple part pour Rouen.
Les Bovary arrivent très tôt à l'opéra. Ils admirent la salle et le décor. Puis la représentation commence. Emma est subjuguée par le ténor Lagardy. Elle se passionne également pour le spectacle et trouve des similitudes entre le destin de Lucie de Lammemoor et le sien. À l'entracte, Charles, va chercher un rafraîchissement pour sa femme, et rencontre Léon. Le clerc vient saluer Emma dans la loge des Bovary. A la fin de la représentation, il emmène les Bovary au café. Là, Charles suggère à sa femme de rester seule un jour de plus à Rouen pour revoir l'opéra.
Troisième partie
Cela faisait trois ans que Léon et Emma ne s'étaient pas revus. Le lendemain de leur rencontre à l'opéra, Léon se rend à l'Hôtel de la Croix-Rouge où Emma est descendue. Il lui confie tout l'amour qu'il a éprouvé pour elle. Durant une longue conversation, Emma et Léon évoquent Yonville, leurs peines, leurs rêves et leur souvenirs. Emma refuse de s'abandonner aux avances du clerc, mais elle accepte néanmoins de le retrouver le lendemain à la cathédrale. Après le départ de Léon, Emma écrit une lettre pour décliner le rendez-vous mais, ne connaissant pas l'adresse de Léon, décide de la lui remettre elle-même.
Le lendemain, Léon arrive le premier à la cathédrale. Lorsqu'Emma arrive à son tour, elle lui tend la lettre puis va s’agenouiller dans la chapelle de la Vierge. Il s'apprêtent ensuite à quitter la cathédrale, lorsque le Suisse se propose de leur faire visiter le monument. Impatient, Léon abrège la visite. Débarrassé de l'importun, il entraîne Emma hors de la cathédrale et lui propose une promenade en fiacre qui leur fait parcourir à vive allure Rouen et ses environs
De retour à Yonville, Emma se rend chez Homais. Justin, l'apprenti a commis une faute grave et le pharmacien le sermonne sévèrement: pour faire les confitures, Justin a désobéi et est allé chercher une bassine dans la réserve où le pharmacien stocke l'arsenic. Entre deux reproches à Justin, Homais apprend sans ménagement à Emma que le père de Charles est mort. Madame Bovary est peu affectée par ce deuil, mais feint devant Charles d'éprouver du chagrin. Le lendemain, les Bovary, aidés de Mme Bovary mère, s'affairent pour préparer les obsèques. C'est alors que Lheureux, le marchand d'étoffes, se rend chez les Bovary. Il suggère à Emma d'obtenir une procuration de son mari pour gérer elle-même les revenus du couple. Emma suggère à Charles, qui accepte, de se rendre à Rouen, pour consulter Léon sur cette question.
Emma reste trois jours à Rouen avec son amant. Puis ils décident d'utiliser la nourrice pour échanger leurs correspondances. Mais impatient de revoir sa maîtresse, Léon vient à Yonville. Il dîne au Lion d'Or et rend visite aux Bovary. Les deux amants souhaiteraient se revoir régulièrement. Emma fait la promesse à Léon de venir le voir une fois par semaine. Elle engage également de nouvelles dépenses auprès de Lheureux. Elle réussit à convaincre Charles de lui permettre de se rendre une fois par semaine à Rouen, le jeudi, pour y prendre des leçons de piano.
Chaque jeudi , Emma retrouve Léon et les semaines s'écoulent selon un rite immuable: il y a le lever silencieux d'Emma afin de ne pas réveiller Charles, le départ d'Yonville au petit matin à bord de l'Hirondelle, la route, la ville de Rouen qui s'éveille, la chambre douillette des rendez-vous, puis le retour et la rencontre d'un horrible aveugle, qui lui cause à chaque fois une terrible peur . Rouen devient le symbole du plaisir qu'elle découvre dans les bras de Léon. La passion qu'éprouve Emma pour le jeune homme réveille en elle des désirs de luxe. Elle accumule les dépenses d'habillement.
Elle prend aussi l'habitude de mentir afin de ne pas dévoiler les motifs réels de ses voyages à Rouen. Mais un jour, Lheureux la découvre au bras de Léon. Il profite de la situation pour la forcer à rembourser ses dettes. Il lui fait vendre la propriété de Barneville dont son mari a hérité. Il lui fait également signer de nouveaux billets d'ordre. Charles, de son côté, en signe lui aussi. La situation financière du couple est de plus en plus dramatique. Madame Bovary mère qu'on a appelé à la rescousse détruit la procuration qui avait été accordée à Emma, ce qui provoque une crise de nerfs de sa belle-fille. Charles ne résiste pas très longtemps et signe rapidement une nouvelle procuration à son épouse. Un soir, Emma reste à Rouen. Charles s'y rend en pleine nuit et ne retrouve sa femme qu'à l'aube. Elle indique alors à Charles que cette liberté lui est indispensable. Dès lors, Emma va à Rouen quand bon lui semble. Léon est de plus en plus subjugué par l'attitude de sa maîtresse. Mais ces visites fréquentes le dérangent dans son travail.
Un jeudi, Homais prend la diligence pour Rouen en même temps qu'Emma. Il est invité par Léon et souhaite mettre à profit ce voyage pour revoir les lieux de sa jeunesse. Le clerc doit subir le bavardage du pharmacien pendant de longues heures. Il ne parvient pas à lui fausser compagnie. Emma, furieuse, quitte l'hôtel où elle l'attend et éprouve beaucoup de mépris pour le manque de courage dont a fait preuve son amant. Cet incident met en lumière les défauts du jeune homme. Dès lors sa passion faiblit. Une menace de saisie l'oblige à trouver de toute urgence de l'argent: elle se fait payer des honoraires de son mari, vend de vieilles choses, emprunte à tout le monde, et engage même un cadeau de noces au mont-de-piété. De son côté Léon, sermonné par son patron et ne souhaitant pas se compromettre au moment de devenir premier clerc, se détache progressivement d'Emma. La jeune femme, elle aussi un peu lasse, n'a pas le courage de le quitter. Un soir, en rentrant à Yonville après une nuit passée au bal masqué de la mi-carême, elle apprend que ses meubles vont être saisis. Lheureux à qui elle rend visite se montre intraitable et cynique.
"Elle fut stoïque, le lendemain, lorsque Maître Hareng, l'huissier, avec deux témoins, se présenta chez elle pour faire le procès-verbal de la saisie". Cette situation la contraint à quémander, par tous les moyens, de l'aide. Dès le dimanche, elle se rend à Rouen, mais les banquiers sont ou à la campagne ou en voyage. Puis elle sollicite Léon qui ne lui fait qu'une vague promesse. De retour à Yonville, elle se rend chez Maître Guillaumin qui à défaut de l'aider lui fait des avances. Emma est outrée et va trouver Binet qui s'esquive. Elle va ensuite chez la mère Rollet et attend, en vain, l'arrivée de Léon. Il ne reste plus que Rodolphe, son premier amant.
"Elle se demandait tout en marchant : " Que vais-je dire ? Par où commencerai-je ? " Et, à mesure qu'elle avançait, elle reconnaissait les buissons, les arbres, les joncs marins sur la colline, le château là-bas. Elle se retrouvait dans les sensations de sa première tendresse, et son pauvre cœur comprimé s'y dilatait amoureusement. Un vent tiède lui soufflait au visage; la neige, se fondant, tombait goutte à goutte des bourgeons sur l'herbe." Mais Rodolphe n'a pas ces 3000 francs dont elle a besoin. Désespérée, Emma explose de colère: " Mais, moi, je t'aurais tout donné, j'aurais tout vendu, j'aurais travaillé de mes mains, j'aurais mendié sur les routes, pour un sourire, pour un regard, pour t'entendre dire : " Merci ! " Et tu restes là tranquillement dans ton fauteuil, comme si déjà tu ne m'avais pas fait assez souffrir?" Elle lui reproche son égoïsme et s'en va, bouleversée: " Elle sortit. Les murs tremblaient, le plafond l'écrasait; et elle repassa par la longue allée, en trébuchant contre les tas de feuilles mortes que le vent dispersait".
Sur le chemin du retour, elle est victime d'hallucinations. Arrivée à Yonville, elle court chez Homais et force Justin à lui donner les clés de la réserve. Elle avale de l'arsenic, puis rentre chez elle. Elle rédige une lettre et demande à Charles de ne l’ouvrir que le lendemain : "Tu la liras demain ; d'ici là, je t'en prie, ne m'adresse pas une seule question !... Non, pas une !" Puis elle se met au lit. Les premiers symptômes de l'empoisonnement surviennent rapidement. Charles, paniqué, ne sait que faire. Homais propose une analyse. Emma souhaite revoir sa fille. Arrivent ensuite le docteur Canivet puis le docteur Larivière. Il est trop tard pour la sauver. Madame Bovary reçoit l'extrême-onction, puis elle pleure en se regardant dans un miroir. Elle entend au dehors la chanson de l'aveugle rencontré maintes fois lors de ses escapades à Rouen. Puis c'est l'agonie et la mort: "Et Emma se mit à rire, d'un rire atroce, frénétique, désespéré, croyant voir la face hideuse du misérable, qui se dressait dans les ténèbres éternelles comme un épouvantement. Il souffla bien fort ce jour-là. Et le jupon court s'envola! Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus. "
Charles est effondré. Il organise avec peine les funérailles. Homais critique ces dispositions, mais Bovary lui répond sèchement: "Est-ce que cela vous regarde ? Laissez-moi ! vous ne l'aimiez pas ! Allez-vous-en !" Lors de la veillée funèbre Homais et l'abbé Bournisien discutent âprement de questions "théologiques", puis ils s'endorment. Arrive au petit matin Mme Bovary mère, puis d'autres visiteurs. Charles souhaite garder d'Emma une mèche de cheveux. La jeune femme est alors mise en bière. Puis c'est l'arrivée du père Rouault à Yonville. Il s'évanouit en voyant les draps noirs.
Les obsèques religieuses ont lieu par une belle journée de printemps. La cérémonie est interminable: "On chantait, on s'agenouillait, on se relevait, cela n'en finissait pas!". Le cortège se rend ensuite au cimetière en empruntant des chemins de campagne. Ce soir-là, Charles veille en pensant à sa femme disparue. Rodolphe et Léon dorment tranquillement. Il en est un autre qui ne trouve pas le sommeil et qui est inconsolable, c'est Justin.
Dès le lendemain, Les affaires d'argent recommencent. Les créanciers se déchaînent sur le pauvre Bovary, mais celui-ci refuse de vendre les meubles ayant appartenu à Emma. "Alors chacun se mit à profiter." : Mademoiselle Lempereur réclame six mois de leçons, Félicité, la bonne, le quitte en emportant la garde-robe d'Emma... Léon se marie. Charles retrouve au grenier la preuve de l'infidélité d'Emma : la lettre de Rodolphe. Il est fou de douleur. Il souhaite pourtant qu'Emma bénéficie d'un superbe monument funéraire. il se fâche définitivement avec sa mère. Un autre jour, il découvre les lettres de Léon, ce qui ne lui laisse plus aucun espoir quant à la fidélité d'Emma. Un jour d'août il rencontre Rodolphe. Il parle volontiers avec lui et ne semble pas lui en vouloir. Il meurt, le lendemain, sur le banc du jardin, sous la tonnelle. Berthe est recueillie par une tante du père Rouault. Il lui faut travailler comme ouvrière dans une filature. Homais, lui, est comblé: "il vient de recevoir la croix d'honneur".
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AUTEURS et LEURS OEUVRES
- Louis Aragon (20ème siècle)
- Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
- Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
- Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
- Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
- Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
- André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
- Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
- Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
- Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
- Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
- Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
- André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
- Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
- Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
- Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
- Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
- Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
- Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
- Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
- George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
- Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
- Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
- Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
- Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
- Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
- Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
- Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
- Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
- Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
- Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
- Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
- Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
- François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
- Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
- Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
- Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
- Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
- Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
- Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
- Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
- Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
- Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
- Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
- Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
- Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
- Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
- Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
- Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
- Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
- Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
- Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
- Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
- François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)




































