JEAN-JACQUES ROUSSEAU
Un Génie - Une Conscience
La personne et l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau fascinent. Pour beaucoup, il est au centre de tout ce qui importe à notre monde: les idées de liberté, le concept d'égalité, le retour à la nature, les grands thèmes de la littérature, l'anthropologie et la psychanalyse, la Révolution française. Nul mieux que lui n'a annoncé les temps nouveaux, son rêve a accompagné la production d'un nouveau monde. Il a pris, dans tous les domaines qu'il a abordés, une position résolument novatrice. En plein XVIIIe siècle, il plaide pour les droits de chacun, il affirme que l'éducation doit tendre à former des hommes, il glorifie la fidélité conjugale fondée sur le seul sentiment, il proclame que la souveraineté est une et indivisible, il dénonce le théâtre-spectacle qui isole les individus, il met en garde sur les dangers de la théorie du progrès qui corrompt par des envies et des dissimulations, il prône un respect de la nature.
Le rêveur de la modernité
Avec "La Nouvelle Héloïse", "le Contrat Social" et "l'Emile", Rousseau va écrire en l'espace de quelques années ses trois grandes oeuvres qui marqueront autant de moments historiques dans notre pensée occidentale. Elles se présenteront comme autant de rêves construits sur les ailes de l'imagination, comme autant de fictions romanesques d'un genre bien particulier. Il ne s'agit pas seulement d'utopies dans lesquelles l'imagination transposerait la réalité d'ici-bas dans un autre monde plus conforme au désir profond de l'homme. Chez Rousseau, le rêve porte la marque d'un combat, il est le résultat d'un conflit vécu qui hante son esprit tourmenté, celui des rapports de l'homme avec ses semblables. Il est l'homme de tous les engagements et de tous les risques. Il n'y a pas un mot qui ne soit l'occasion d'un pari: celui de la vérité.
L'impact de Rousseau dans la littérature est considérable. "Le Contrat Social" a été l'évangile de la Révolution. Les cahiers de doléances du Tiers-Etat, de la Noblesse, du Clergé sont pleins de ses idées. Il a inspiré le droit international et privé, la religion (le culte de l'Être Suprême) et la justice. A l'étranger, il a influencé presque toutes les littératures. En Allemagne, Werther de Goethe est un fils de Saint-Preux, les Brigands de Schiller sont sortis du Discours de l'Inégalité, Le marquis de Posa dans Don Carlos puise dans le Contrat Social ses doctrines humanitaires, Kant complétera le Vicaire savoyard, Fichte se réclamera de Jean-Jacques comme beaucoup de pédagogues, en particulier Pestalozzi. En Angleterre, c'est en lisant Rousseau que Byron sent sa haine croître contre l'humanité, le Bosquet de Clarens réapparaît dans Childe-Harold.
La nouvelle cité
La pensée politique de Rousseau, bien qu'inscrite dans les débats philosophiques du XVIIIe siècle, revêt un intérêt tout particulier parce qu'elle ne se limite pas à révéler les symptômes de l'injustice sociale, mais réclame une rénovation politique radicale et un renouveau moral. Il a notamment voulu promouvoir les conditions politiques de la dignité de l'homme. Trois oeuvres majeures jalonnent cette réflexion: "le Discours sur les sciences et les arts" (1750), "Le Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes" (1755) et "le Contrat Social" (1762).
Avec Jean-Jacques Rousseau, la pensée politique s'oriente délibérément vers la vie de la démocratie. Le Contrat social ne peut, selon lui, donner naissance qu'à une seule forme d'Etat, celle où le peuple est souverain, à savoir l'exercice du régime démocratique, mais sans céder l'exercice de la souveraineté aux gouvernants. Il cherche la réponse à une question essentielle: existe-t-il un moyen de concilier la liberté avec l'ordre et les exigences d'une cohésion indispensable à la survie du genre humain?
Dans les discours révolutionnaires Rousseau est une référence constante, Marat passe pour avoir lu le Contrat Social au peuple de Paris dès 1788. Nombre de constitutions de pays se sont inspirées des écrits de Rousseau pour fonder leurs principes démocratiques, par exemple la Constitution américaine. Il tire sa grandeur de son oeuvre politique qui est passée à la postérité en fondant les grands principes de nos Etats modernes.
Un autre rapport à Dieu
La Profession de foi du vicaire savoyard, que Rousseau a insérée dans l'Emile, est le principal texte qui, dans l'ensemble de son oeuvre, aborde la question de Dieu et de la religion. Elle fut aussi, en son temps, capable de dresser contre elle la quasi-totalité de ce que l'époque comptait de personnalités influentes depuis les penseurs matérialistes (d'Holbach, etc) jusqu'aux hommes d'églises, en passant par l'archevêque de Paris et les ministres réformés de Genève, tous se scandalisèrent de cette profession de foi qui valut à l'Emile d'être interdit. Critiquant les religions révélées et refusant toute autorité aux Eglises, Rousseau en appelle à la religion morale, croyance raisonnable et raisonnée que chacun peut découvrir dans l'intimité de son coeur. Dans cette mesure, il exprime l'aspiration d'une bonne partie de ses contemporains à une religiosité socialement tolérante en même temps qu'un engagement personnel très intense. L'originalité de Rousseau consiste d'une part à attaquer l'institution ecclésiale au nom d'une foi authentique, et d'autre part à aborder la question religieuse en se demandant moins à quel savoir qu'à quel espoir l'homme peut prétendre.
L'homme, animal sociable, ne peut se sauver hors de la cité. Mais il réclame désormais que la cité des hommes soit constituée d'une façon telle que chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant. Autant dire une Cité de Dieu. Le disciple du Christ réclame la pleine reconnaissance de sa foi individuelle. Mais il ne peut l'obtenir que d'une cité qui a abandonné la prétention d'incarner cette foi. Autant dire une cité sécularisée. Tels sont les termes de ce paradoxe que Bayle avait déjà soulevé : on ne peut être à la fois un bon chrétien et un bon citoyen. Et Rousseau renchérit : on ne peut plus l'être en réalité, tant la contradiction entre les deux démarches est devenue insupportable. C'est devenu un problème d'existence. La contradiction portait déjà les Discours des années cinquante, où des flots de culture civilisée étaient déversés pour prouver que toute la culture accumulée n'expliquerait jamais cet élan qui porte l'homme au-delà des réalités pour chercher son accomplissement. Elle ne cessait sans doute de travailler le Rousseau catholique français et le Rousseau protestant réformé. Elle faisait encore éclater le Contrat Social, qui consacrait la liberté du citoyen, mais l'enfermait dans une religion civile où le souverain a le droit et le devoir de pousser l'intolérance jusqu'à ses plus extrêmes limites. Et en faisant vivre en Julie cette foi qui renverse les montagnes.
L'amour moderne
Dès les premières lignes des Confessions, le lecteur pressent la place et le rôle que vont prendre l'amour, les femmes et le romantisme dans l'oeuvre de Rousseau. Ses déclarations sur son passé amoureux avec Mme de Warens l'initiatrice ou avec Mme d'Houdetot sont éclairantes. Ses autres écrits, notamment "Julie ou la Nouvelle Héloïse" ainsi que "Les Rêveries du promeneur solitaire", nous conduisent résolument sur le chemin de la raison sensible. Une façon moderne d'articuler le plaisir et le devoir conjugal, la poursuite de l'intérêt personnel et les exigences du bien commun, la relation de la tendresse à l'enfant et l'obligation de le porter à l'autonomie.
"La Nouvelle Héloïse" contient tous les thèmes de prédilection de Rousseau: la transparence des coeurs, la nature comme asile, la ville comme perversion, la rêverie du bonheur et la religion naturelle. Tout cela traité dans une grande trame romanesque largement autobiographique: Mon imagination ne laissait pas longtemps déserte la terre ainsi parée. Je la peuplais bientôt d'êtres selon mon coeur, et chassant bien loin l'opinion, les préjugés, toutes les passions factices, je transportais dans les asiles de la nature des hommes dignes de les habiter. Saint-Preux et Julie dans l'imaginaire de Rousseau doivent beaucoup à ce qu'il vit, à l'âge de 40 ans, dans sa passion pour la comtesse Sophie d'Houdetot, belle-soeur de Mme d'Epinay.
La nouvelle éducation
"L'Emile" est pour Jean-Jacques Rousseau une façon de montrer qu'en reprenant les choses à l'origine, on pourrait, par une façon éducative appropriée, régénérer une humanité qui, abandonnée à son propre mouvement, marche à coup sûr vers l'abîme. L'éducation de l'homme commence à sa naissance; avant de parler, avant que d'entendre, il s'instruit déjà. Rousseau, comme une nature supérieure, comme centre de mouvement de l'ancien et du nouveau monde en fait d'éducation, saisi tout puissamment de la nature toute puissante, sentant mieux que personne combien ses contemporains étaient éloignés de ce qu'il y a d'énergique et d'actif dans la vie physique, aussi bien que dans la vie intellectuelle, il brisa avec une force d'Hercule les chaînes de l'esprit, et rendit l'enfant à lui-même, et l'éducation à l'enfant et à la nature humaine.En critiquant la science et la technique qui enferment l'homme dans la positivité, en s'attaquant à l'imposture des pouvoirs religieux et politiques, et en posant l'enfant comme un être appelé à l'autonomie, Rousseau a déchaîné les passions. A peine sorti des presses en 1762, "L'Emile" est saisi à Paris, le Parlement ordonne que le livre soit lacéré et brûlé. Il en sera de même à Genève, sur ordre du Petit Conseil. Jean-Jacques Rousseau sera décrété de prise de corps à Paris et puis expulsé de Suisse. Et pourtant Johann-Heinrich Pestalozzi, l'initiateur de la pédagogie moderne, a reconnu que "l'Emile" faisait date dans l'histoire de la culture des hommes.
La nature et son ordre
Jean-Jacques Rousseau herborisant et botaniste, c'est un trait de caractère à relever en cette fin de XXe siècle où l'on prend enfin conscience des nuisances que l'homme provoque à la nature et des bienfaits des produits naturels. A l'Académie de Dijon, qui posait la question Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les moeurs, Rousseau répond par le Discours sur les sciences et les arts, une diatribe contre la culture et le développement anarchique des sciences. Il reçoit le premier prix et le public l'acclame, c'est le début de son immense succès comme écrivain. La dénonciation de ce progrès imprudent a été faite par Rousseau dans ses premiers écrits: Tout progrès incontrôlé provoque une rupture entre l'homme et son milieu et met en danger le développement harmonieux des espèces. Décrivant dans l'Emile le séjour de ses rêves, Jean-Jacques donne sa préférence à une petite maison rustique avec une basse-cour, et pour écurie, une étable avec deux vaches, pour avoir du laitage qu'il aime beaucoup. Les fruits à discrétion des promeneurs, ne seraient ni comptés, ni cueillis par aon jardinier. Rousseau est considéré par beaucoup comme le précurseur de l'écologie moderne. "Laissez longtemps agir la nature, avant de vous mêler d'agir à sa place, de peur de contrarier ses opérations". Il a mis en garde contre le danger d'insulter la nature. Il souscrirait certainement aujourd'hui aux considérations de Claude Lévi-Strauss, qui constate que l'un des grands maux de la civilisation urbaine est qu'elle dissocie la consommation de la production.
L'harmonie musicale
Musicien, chanteur et compositeur, Rousseau s'essaie à plusieurs genres. Il entreprend un nouveau système de notation musicale. L'Académie lui prodigue des compliments, mais elle juge que le projet n'est ni assez neuf, ni utile. Il compose un opéra ballet "Les Muses galantes", puis un opéra "Le Devin du Village" qui est joué avec succès devant le Roi en 1752. Agé de 9 ans, Mozart assiste à une représentation en 1765: impressionné, il composera deux ans plus tard Bastien et Bastienne inspiré de l'oeuvre de Rousseau. Il publie en 1753 la Lettre sur la musique française largement inspirée de son passage à Venise. Le ton est sans appel: Les Français n'ont point de musique et les connaisseurs et intellectuels de talent prônent la musique italienne. Cette affaire l'oppose à Rameau. Les articles sur la musique qu'il écrit pour l'Encyclopédie sont le point de départ de son Dictionnaire de musique (1753 à 1764).
Dans son Dictionnaire de musique, Rousseau définit la romance comme une mélodie douce, naturelle, champêtre, et qui produit son effet par elle-même, indépendamment de la manière de la chanter. Et une romance chantée à l'unisson, c'est la mélodie naturelle dans son harmonie naturelle, celle qui touche directement l'âme de l'auditeur, tandis que l'interprète disparaît. La musique doit donc nécessairement chanter pour toucher, pour plaire, pour soutenir l'intérêt et l'attention. Mais comment dans nos systèmes d'accords et d'harmonie la musique s'y prendra-t-elle pour chanter ? Comme le note Jean Starobinski, le chant de plusieurs voix à l'unisson est, à l'image du choeur des vendangeuses dans La Nouvelle Héloïse, un signe mémoratif de ces temps éloignés d'avant la rupture de la civilisation, comme une façon de retrouver l'harmonie première avec le minimum d'artifice. Comment ne pas évoquer la musique de la phrase de Rousseau, telle qu'elle s'exprime superbement dans Les Rêveries du promeneur solitaire? Pour lui, le langage est une création artificielle des hommes en rupture de société: il porte en même temps la nostalgie de l'unité perdue et la tension de l'unité recherchée. La phrase de Rousseau reste tendue entre ce double sentiment: elle éclaterait à coup sûr dans son contenu contradictoire, si sa mélodie ne venait reconstituer magiquement l'unité perdue.
La découverte du moi
Curieux autobiographe, auquel les lacunes de sa mémoire ne font pas problème : si l'événement ne fait pas surface dans l'évocation présente des signes mémoratifs, c'est qu'il est inessentiel ! Il est d'ailleurs incapable de dissimuler: mon coeur transparent comme le cristal n'a jamais su cacher durant une minute entière un sentiment un peu vif qui s'y fût réfugié. Rousseau dira donc tout. Entre le silence intérieur de l'innocence certaine et la clameur du coeur, il faut encore et toujours s'expliquer devant les autres hommes, s'exposer aux opinions, qui sont autant de jugements hâtifs et abusés au regard de la vérité de l'être. Rousseau n'a pas le choix : il déploiera tous les replis de son âme, il livrera toutes les pièces à conviction entre les mains du lecteur, lui laissant le soin de découvrir la vérité. Et, bien sûr, de l'acquitter.
C'est à proclamer son identité aux Français qu'il consacrera, entre 1772 et 1776, Rousseau juge de Jean Jacques (Dialogues) : une douloureuse tâche qui lui donne beaucoup de peine. Une fois de plus, l'oeuvre dépasse de loin la circonstance qui l'a provoquée, à savoir ce complot qu'alimentent les méchancetés des anciens amis, les calomnies de la gent parisienne, les ragots des gazettes. Y a-t-il eu réellement complot ? On en discute encore. Peu importe, à vrai dire. L'essentiel est que Rousseau y a cru, et qu'il devait y croire pour son propre salut. Il lui fallait les accusations, les calomnies, la haine, pour se poser dans l'écart ainsi creusé entre l'homme naturel et l'homme civilisé, et pour se retrouver dans l'écriture des Dialogues. L'identité ne peut se poser que dans le même temps où est posée et niée l'altérité. On retrouve ce mouvement dans la dialectique qui structure le développement des Dialogues. Des faits sont là, mais Rousseau les écarte d'entrée pour poser l'idée du complot ; puis il argumente, ferraille, plaisante, ironise pour confondre l'adversaire qu'il s'est créé en imagination. C'est Don Quichotte, mais alors que le héros de Cervantes s'étalait au pied des moulins à vent, Rousseau s'installe d'entrée dans la vision intemporelle d'un monde idéal, qui se révèle être, dans le second Dialogue, son propre monde. Laissant Rousseau ferrailler avec Jean-Jacques, l'auteur se retire sur la pointe des pieds vers ce point focal de son être d'où jaillit en liberté la volonté de bien ou de mal. Il en éprouve alors une félicité qui a le goût de l'éternité.
Le devenir de l'homme
Rousseau est également le penseur qui témoigne de l'existence d'une issue et de la possibilité d'une guérison. Son pessimisme historique est en effet l'envers d'une formidable foi en la capacité du monde à mener une existence sensée. La façon dont il parle de l'enfant témoigne de sa confiance dans le devenir de l'homme. Et le point d'ancrage de cet optimisme anthropologique, il faut aller le chercher sans hésiter dans le concept de nature. La bonté naturelle de l'homme n'est pas de l'ordre moral, mais c'est un principe de portée métaphysique: en récusant l'existence d'une perversité au coeur de la nature de l'homme, Rousseau libère radicalement la nature de toute autorité (ce qui n'exclut pas la contrainte) et de toute aliénation de droit. La nature humaine peut prendre un nouveau cours: celui de la liberté. Mais cette liberté reste à faire. Rousseau indique un devoir d'humanité. Qu'il se soit gardé de nous tracer concrètement la voie, tient sans doute à l'originalité de son message: c'est à chacun qu'il appartient désormais de faire son chemin en ce monde.
Hakkımda
- VILDAN ORNADIS
- Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
- Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie
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Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.
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MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR
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Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık
Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık
Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı
Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları
Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri
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20 Eylül 2010 Pazartesi
LA NOUVELLE HÉLOÏSE
Les personnages de la Nouvelle Héloïse►
Julie: C’est une jeune fille blonde. Elle a un caractère mystérieux. Quand sa mère et sa cousine sont près d’elle, elle prend un air froid contre son amant. C’est une fille silencieuse et modeste. Elle s’entend très bien avec les gens.
Saint-Preux (son amant): Il est professeur de Julie. Il y a bcp de différence d’âge entre eux. Il aime bcp Julie. Il n’est pas courageux, quand il est avec Julie il commence à trembler; il est honnête et fidèle.
Claire: La cousine et la meilleure amie de Julie. Julie la nomme “mon sauvegarde”. Elle est fidèle. Elles pleurent et rient ensemble. Parfois Claire porte les lettres de Julie à son amant
M. d’Etange: Le père de Julie. C’est un homme sévère et barbare. Il force sa fille à épouser un homme qu’elle n’aime pas.
Mme d’Etange: La mère de Julie. Elle est silencieuse et charmante. Elle ne peut pas résister à son mari car elle est respectueuse. Elle aime sa fille et donne bcp d’importance à elle.
Mylord Edouard: Il est anglais. Il sait l’amour entre les deux amants et il essaie toujours de les unir. C’est un homme sensible, brâve, riche, généreux et noble.
M. de Wolmar: Il aime Julie, il a des idées modernes. Il est vieux, noble, gentil et simple.
Le résumé de La Nouvelle Héloïse►
Le jeune Saint-Preux donne des leçons à Julie d’Etange qui est une très jolie fille. Un jour, elle est venue chez elle par l’invitation de la mère de Julie et il est tombé amoureux d’elle. Julie, est tombée, elle aussi, amoureuse de Saint-Preux.
Ils s’écrivent des lettres galantes et ils se retrouvent secrètement. Mais quand le père de Julie a appris l’amour entre eux, il lui défend de voir et de parler à son amant parce qu’il ne veut pas que sa fille devienne la femme d’un petit bourgeois sans fortune. Sans demander l’avis de sa fille, il décide de la marier avec un de ses amis philosophes appelé M. de Wolmar, qui a autrefois sauvé sa vie.
Pendant ce temps-là, la meilleure amie et la cousine de Julie, Claire se marie avec M. d’Orbe et elle a une fille pendant que Julie épouse M. de Wolmar sans l’aimer. La simplicité et la bonté de M. de Wolmar finissent pour gagner le coeur de Julie mais elle ne peut pas oublier Saint-Preux. Saint-Preux est devenu fou de douleur et il s’embarque pour une croisière pour trois années. À son retour, il retrouve Julie heureuse et la mère de deux enfants. Avec le retour de Saint-Preux, Julie décide de raconter son passé à son mari. Comme M. de Wolmar a appris que sa femme a oublié ce jeune homme, il l’invite chez eux comme un frère et pour qu’il s’occupe de l’éducation de ses enfants. La vie de ces gens continuera comme d’habitude mais les deux amants se rappellent un souvenir de promenade autour du lac. Pendant ce temps la passion de Saint-Preux pour Julie n’est pas morte. Julie pense de présenter Saint-Preux avec sa cousine Claire qui est devenue veuve et qui doit revenir à Clarens avec sa fille. Pendant que Saint-Preux est en voyage, Julie devient une femme religieuse et meurt pendant qu’elle sauve son enfant qui se noyait. M. de Wolmar a écrit lui-même une lettre à Saint-Preux. Dans sa lettre il y avait une note que Julie a écrit avant sa mort pour son amant. Elle dit que : “Non, je ne te quitte pas, je vais t’attendre. La vertu qui nous séparait sur la terre nous unira au séjour éternel”. Saint-Preux lui promet de s’occuper des enfants orphelins de Julie de tout son coeur et de tout son amour.
Un passage du roman ► Lettre XII
“À Julie;
Julie, laisse-moi respirer; tu fais bouillonner mon sang, tu me fais tressaillir, tu me fais palpiter; ta lettre brûle, comme ton coeur, du saint amour, de la vertu et tu portes au fond du mien son ardeur céleste. Mais pourquoi tant d’exhortations où il ne fallait que des ordres? Crois que, si je m’oublie au point d’avoir besoin de raisons pour bien faire, au moins ce n’est pas de ta part: ta seule volonté me suffit. Ignores-tu que je serai toujours ce qu’il te plaira et que je ferais le mal même avant de pouvoir te désobéir? Oui, j’aurais brûlé le Capitale si tu me l’avais demandé, parce que je t’aime plus que toutes choses. Mais sais-tu bien pourquoi je t’aime ainsi? Ah! Fille incomparable, c’est parce que tu ne peux rien vouloir que d’honnête, et que l’amour de la vertu rend plus invincible celui que j’ai pour tes charmes”.
►Dans ce passage, Saint-Preux répète son aveu d’amour à Julie, c’est un amour qui a de grandes dimensions, il est capable de tout faire pour elle et même de brûler la Capitale (temple de Jupiter à Rome).
Mais ce qui est important dans cette lettre, c’est le rôle de l’honnêteté et de la vertu dans l’amour que s’est choisi Saint-Preux.
D’ailleurs, ce passage résume toute la mentalité du philosophe: dans toute acte et même dans l’amour, la vertu ne doit jamais quitter l’homme.
L’influence de ce roman a été très forte en France et plus tard dans toute l’Europe. Pour la première fois, un ouvrage littéraire a éveillé les sentiments les plus profonds et a fait pleurer le lecteur. La beauté de la nature a gagné une grande importance dans le roman et Rousseau a présenté une nature en harmonie avec les sentiments des héros.
En plus, La Nouvelle Héloïse pose le problème de la famille, “premier modèle des sociétés politiques”. Assurément, c’est un roman d’amour, mais un roman qui tourne sans cesse autour des principes de morale. Il nous fait réfléchir sur les problèmes suivants:
• Comment concilier l’amour et la vertu?
• Quelle est la vraie formule du bonheur?
• Est-ce un bonheur basé sur la passion ou un bonheur paisible dans une union solide fondée sur l’estime?
Rousseau accepte les plaisirs de la passion, mais sa logique le pousse vers une union sage basée sur la morale.
Les personnages de la Nouvelle Héloïse►
Julie: C’est une jeune fille blonde. Elle a un caractère mystérieux. Quand sa mère et sa cousine sont près d’elle, elle prend un air froid contre son amant. C’est une fille silencieuse et modeste. Elle s’entend très bien avec les gens.
Saint-Preux (son amant): Il est professeur de Julie. Il y a bcp de différence d’âge entre eux. Il aime bcp Julie. Il n’est pas courageux, quand il est avec Julie il commence à trembler; il est honnête et fidèle.
Claire: La cousine et la meilleure amie de Julie. Julie la nomme “mon sauvegarde”. Elle est fidèle. Elles pleurent et rient ensemble. Parfois Claire porte les lettres de Julie à son amant
M. d’Etange: Le père de Julie. C’est un homme sévère et barbare. Il force sa fille à épouser un homme qu’elle n’aime pas.
Mme d’Etange: La mère de Julie. Elle est silencieuse et charmante. Elle ne peut pas résister à son mari car elle est respectueuse. Elle aime sa fille et donne bcp d’importance à elle.
Mylord Edouard: Il est anglais. Il sait l’amour entre les deux amants et il essaie toujours de les unir. C’est un homme sensible, brâve, riche, généreux et noble.
M. de Wolmar: Il aime Julie, il a des idées modernes. Il est vieux, noble, gentil et simple.
Le résumé de La Nouvelle Héloïse►
Le jeune Saint-Preux donne des leçons à Julie d’Etange qui est une très jolie fille. Un jour, elle est venue chez elle par l’invitation de la mère de Julie et il est tombé amoureux d’elle. Julie, est tombée, elle aussi, amoureuse de Saint-Preux.
Ils s’écrivent des lettres galantes et ils se retrouvent secrètement. Mais quand le père de Julie a appris l’amour entre eux, il lui défend de voir et de parler à son amant parce qu’il ne veut pas que sa fille devienne la femme d’un petit bourgeois sans fortune. Sans demander l’avis de sa fille, il décide de la marier avec un de ses amis philosophes appelé M. de Wolmar, qui a autrefois sauvé sa vie.
Pendant ce temps-là, la meilleure amie et la cousine de Julie, Claire se marie avec M. d’Orbe et elle a une fille pendant que Julie épouse M. de Wolmar sans l’aimer. La simplicité et la bonté de M. de Wolmar finissent pour gagner le coeur de Julie mais elle ne peut pas oublier Saint-Preux. Saint-Preux est devenu fou de douleur et il s’embarque pour une croisière pour trois années. À son retour, il retrouve Julie heureuse et la mère de deux enfants. Avec le retour de Saint-Preux, Julie décide de raconter son passé à son mari. Comme M. de Wolmar a appris que sa femme a oublié ce jeune homme, il l’invite chez eux comme un frère et pour qu’il s’occupe de l’éducation de ses enfants. La vie de ces gens continuera comme d’habitude mais les deux amants se rappellent un souvenir de promenade autour du lac. Pendant ce temps la passion de Saint-Preux pour Julie n’est pas morte. Julie pense de présenter Saint-Preux avec sa cousine Claire qui est devenue veuve et qui doit revenir à Clarens avec sa fille. Pendant que Saint-Preux est en voyage, Julie devient une femme religieuse et meurt pendant qu’elle sauve son enfant qui se noyait. M. de Wolmar a écrit lui-même une lettre à Saint-Preux. Dans sa lettre il y avait une note que Julie a écrit avant sa mort pour son amant. Elle dit que : “Non, je ne te quitte pas, je vais t’attendre. La vertu qui nous séparait sur la terre nous unira au séjour éternel”. Saint-Preux lui promet de s’occuper des enfants orphelins de Julie de tout son coeur et de tout son amour.
Un passage du roman ► Lettre XII
“À Julie;
Julie, laisse-moi respirer; tu fais bouillonner mon sang, tu me fais tressaillir, tu me fais palpiter; ta lettre brûle, comme ton coeur, du saint amour, de la vertu et tu portes au fond du mien son ardeur céleste. Mais pourquoi tant d’exhortations où il ne fallait que des ordres? Crois que, si je m’oublie au point d’avoir besoin de raisons pour bien faire, au moins ce n’est pas de ta part: ta seule volonté me suffit. Ignores-tu que je serai toujours ce qu’il te plaira et que je ferais le mal même avant de pouvoir te désobéir? Oui, j’aurais brûlé le Capitale si tu me l’avais demandé, parce que je t’aime plus que toutes choses. Mais sais-tu bien pourquoi je t’aime ainsi? Ah! Fille incomparable, c’est parce que tu ne peux rien vouloir que d’honnête, et que l’amour de la vertu rend plus invincible celui que j’ai pour tes charmes”.
►Dans ce passage, Saint-Preux répète son aveu d’amour à Julie, c’est un amour qui a de grandes dimensions, il est capable de tout faire pour elle et même de brûler la Capitale (temple de Jupiter à Rome).
Mais ce qui est important dans cette lettre, c’est le rôle de l’honnêteté et de la vertu dans l’amour que s’est choisi Saint-Preux.
D’ailleurs, ce passage résume toute la mentalité du philosophe: dans toute acte et même dans l’amour, la vertu ne doit jamais quitter l’homme.
L’influence de ce roman a été très forte en France et plus tard dans toute l’Europe. Pour la première fois, un ouvrage littéraire a éveillé les sentiments les plus profonds et a fait pleurer le lecteur. La beauté de la nature a gagné une grande importance dans le roman et Rousseau a présenté une nature en harmonie avec les sentiments des héros.
En plus, La Nouvelle Héloïse pose le problème de la famille, “premier modèle des sociétés politiques”. Assurément, c’est un roman d’amour, mais un roman qui tourne sans cesse autour des principes de morale. Il nous fait réfléchir sur les problèmes suivants:
• Comment concilier l’amour et la vertu?
• Quelle est la vraie formule du bonheur?
• Est-ce un bonheur basé sur la passion ou un bonheur paisible dans une union solide fondée sur l’estime?
Rousseau accepte les plaisirs de la passion, mais sa logique le pousse vers une union sage basée sur la morale.
19 Eylül 2010 Pazar
MONTESQUIEU (1689-1755)
Il a vécu dans la 1ère moitiée du 18ème siècle. Il est précurseur de l’esprit philosophique.
Il appartient à une famille parlementaire. Son parrain était mendiant pour qu’il puisse acquérir le sens de la fraternité humaine. Il devient lui aussi parlementaire, il se passionne pour les mémoires scientifiques. En 1721 il publie sans nom “Les lettres Persannes”, il a eu un très grand succès. Il est reçu à l’Académie Française en 1727.
Voulant écrire un vaste ouvrage sur l’organisation politique des différents pays, il fait un grand voyage à l’Europe pour se documenter. Il visite plusieurs pays, il séjourne longtemps en Angleterre où il admire l’organisation politique.
Son oeuvre maitresse c’est “L’Esprit Des Lois” qui obtient un grand succès lors de publication. L’oeuvre est attaquée par les jésuites et les jansénistes.
Il a travaillé pendant toute sa vie et dans "Pensées Diverses" il a dit que: “l’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé”.
LES LETTRES PERSANNES
Il a commencé à les écrire à l’âge de 32 ans. L’orient était à la mode et il y avait la traduction des “Mille et Une Nuits”.
Deux persans Usbec et Rica ont quitté Ispahan pour leur sécurité. Ils arrivent à Paris. Ils restent en relation avec leurs amis de Perse. Ils correspondent aussi l’un avec l’autre, Rica est fixé à Paris, tandis qu’Usbec est parti pour la campagne. Ils décrivent avec humour les habitudes et les institutions des français; tout les étonne et les scandalise dans les spectacles qu’ils ont sous les yeux. C’est l’occasion pour Montesquieu, de faire une satire morale et politique de la France. Il ne respecte ni le roi ni le pape. Il donne ainsi libre cours à la satire et critique sans pitié les modes, les ridicules, les travers, les vices, les abus. Les persans sont donc un artifice qu’il utilise pour critiquer la société de son temps car il ne pouvait pas critiquer La France directement à cause de la censure, c’est pour cela qu’il a choisi utiliser des héros orientales et par ce moyen il a pu se sauver.
L’ESPRIT DES LOIS
Dans cette oeuvre il veut créer la science des lois positives, en montrant que l’esprit humain peut discerner un ordre au sein de la prodigieuse confusion des lois de tous les pays et de toutes les époques. Il marque constamment son mépris pour le despotisme et il dénonce avec vigueur tous les abus. Il écrit à propos de l’esclavage: “comme tous les hommes naissent égaux, il faut dire que l’esclavage est contre la nature quoique dans certains pays il soit fondé sur une raison naturelle. Et à props de la torture il écrit: “j’allais dire qu’elle pourrait convenir dans les gouvernements despotiques mais j’entends la voix de la nature qui crie contre moi”.
Pour commencer Montesquieu distingue trois gouvernements►
1. le despotique, fondé sur la crainte où toute l’autorité est aux mains d’un seul homme.
2. le monarchique, fondé sur l’honneur où l’autorité s’exerce par des pouvoirs intermédiaires.
3. le républicain, fondé sur la vertu politique où l’autorité est aux mains du peuple.
Puis, il indique les moyens (l’éducation, les lois, la justice) de maintenir ces principes et les dangers de les laisser corrompre. D’après lui, les lois ne sont pas faites pour l’état seulement, elles sont faites aussi pour le peuple. On assure sa liberté en réunissant dans une même main les 3 grands pouvoirs: législatif, executif, et judiciaire. Séparés, ils servent de frein les uns aux autres. Le législateur doit aussi tenir compte du climat et du terrain qui rend les habitants des pays froids plus indépendants et des pays chauds plus disposés à la servitude. (théorie des climats) [il déduit l’influence du climat sur le tempérament de l’homme et il l’étend à la psychologie des peuples]. Et pour finir il parle de différentes religions et de leurs importances.
Dans Les Lettres Persannes, il fait décrire la société de son temps par des étrangers, selon un artifice qu’avait déjà employé un auteur français dans “Les Amusements Serieux et Comique d’un Siamois à Paris”. Ce procédé lui permet de montrer la société sous ses principaux aspects tels que la cour, les salons, les théâtres, les cafés, le monde littéraire, les parisiens... et de cerner des types caracteristiques. Il est sévère pour les français, leurs institutions et leur genre de vie. Cette oeuvre est l’écume de son oeuvre majeur: “L’Esprit des Lois”.
Dès sa jeunesse Montesquieu a médité sur les lois et leur raison d’être. Il a consacré toute sa vie à cette étude pour instruire les juristes et les aider dans leur tâche. Bien qu’il présente ses idées sous une forme systématique (il va du général au particulier), son argumentation est toujours fondée sur des faits d’expérience. Sa grande nouveauté et son grand mérite est de renoncer à la spéculation abstraite; le souci de la réalité concrète apparait dès le début du livre: il dit: “les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses”. Cela signifie que les lois doivent varier suivant le climat, les moeurs, les religions, les gouvernements. Il constate que les lois ne sont pas bonnes du fait, parfois elles ne concordent pas avec les droits de la conscience. Si l’on veut qu’elle se modifient dans le sens de la justice, il faut d’abord éclairer les esprits. Il condamne la torture, il est le premier à élever contre la traite les Noirs une protestation “ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-même des chrétiens.”
Bien que novatrice, ses idées ne passsent pas certaines limites. S’il se moque de la religion comme philosophie il reconnait sa valeur comme institution sociale. Il n’est pas révolutionnaire. Il a une sagesse personelle qui évite le piège des passions et des emportements. Il pense que le premier devoir de l’homme est d’accepter son destin et de s’accomoder de la vie. Il a lui-même appliqué cette règle lorsque la maladie l’a rendue aveugle. Par son travail, il a cherché à améliorer le sort des hommes en leur permettant de comprendre le millieu dans lequel ils doivent vivre. Sa seule passion était l’amour de la raison et de la vérité uni à un profond respect de la personne humaine.
Il a vécu dans la 1ère moitiée du 18ème siècle. Il est précurseur de l’esprit philosophique.
Il appartient à une famille parlementaire. Son parrain était mendiant pour qu’il puisse acquérir le sens de la fraternité humaine. Il devient lui aussi parlementaire, il se passionne pour les mémoires scientifiques. En 1721 il publie sans nom “Les lettres Persannes”, il a eu un très grand succès. Il est reçu à l’Académie Française en 1727.
Voulant écrire un vaste ouvrage sur l’organisation politique des différents pays, il fait un grand voyage à l’Europe pour se documenter. Il visite plusieurs pays, il séjourne longtemps en Angleterre où il admire l’organisation politique.
Son oeuvre maitresse c’est “L’Esprit Des Lois” qui obtient un grand succès lors de publication. L’oeuvre est attaquée par les jésuites et les jansénistes.
Il a travaillé pendant toute sa vie et dans "Pensées Diverses" il a dit que: “l’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé”.
LES LETTRES PERSANNES
Il a commencé à les écrire à l’âge de 32 ans. L’orient était à la mode et il y avait la traduction des “Mille et Une Nuits”.
Deux persans Usbec et Rica ont quitté Ispahan pour leur sécurité. Ils arrivent à Paris. Ils restent en relation avec leurs amis de Perse. Ils correspondent aussi l’un avec l’autre, Rica est fixé à Paris, tandis qu’Usbec est parti pour la campagne. Ils décrivent avec humour les habitudes et les institutions des français; tout les étonne et les scandalise dans les spectacles qu’ils ont sous les yeux. C’est l’occasion pour Montesquieu, de faire une satire morale et politique de la France. Il ne respecte ni le roi ni le pape. Il donne ainsi libre cours à la satire et critique sans pitié les modes, les ridicules, les travers, les vices, les abus. Les persans sont donc un artifice qu’il utilise pour critiquer la société de son temps car il ne pouvait pas critiquer La France directement à cause de la censure, c’est pour cela qu’il a choisi utiliser des héros orientales et par ce moyen il a pu se sauver.
L’ESPRIT DES LOIS
Dans cette oeuvre il veut créer la science des lois positives, en montrant que l’esprit humain peut discerner un ordre au sein de la prodigieuse confusion des lois de tous les pays et de toutes les époques. Il marque constamment son mépris pour le despotisme et il dénonce avec vigueur tous les abus. Il écrit à propos de l’esclavage: “comme tous les hommes naissent égaux, il faut dire que l’esclavage est contre la nature quoique dans certains pays il soit fondé sur une raison naturelle. Et à props de la torture il écrit: “j’allais dire qu’elle pourrait convenir dans les gouvernements despotiques mais j’entends la voix de la nature qui crie contre moi”.
Pour commencer Montesquieu distingue trois gouvernements►
1. le despotique, fondé sur la crainte où toute l’autorité est aux mains d’un seul homme.
2. le monarchique, fondé sur l’honneur où l’autorité s’exerce par des pouvoirs intermédiaires.
3. le républicain, fondé sur la vertu politique où l’autorité est aux mains du peuple.
Puis, il indique les moyens (l’éducation, les lois, la justice) de maintenir ces principes et les dangers de les laisser corrompre. D’après lui, les lois ne sont pas faites pour l’état seulement, elles sont faites aussi pour le peuple. On assure sa liberté en réunissant dans une même main les 3 grands pouvoirs: législatif, executif, et judiciaire. Séparés, ils servent de frein les uns aux autres. Le législateur doit aussi tenir compte du climat et du terrain qui rend les habitants des pays froids plus indépendants et des pays chauds plus disposés à la servitude. (théorie des climats) [il déduit l’influence du climat sur le tempérament de l’homme et il l’étend à la psychologie des peuples]. Et pour finir il parle de différentes religions et de leurs importances.
Dans Les Lettres Persannes, il fait décrire la société de son temps par des étrangers, selon un artifice qu’avait déjà employé un auteur français dans “Les Amusements Serieux et Comique d’un Siamois à Paris”. Ce procédé lui permet de montrer la société sous ses principaux aspects tels que la cour, les salons, les théâtres, les cafés, le monde littéraire, les parisiens... et de cerner des types caracteristiques. Il est sévère pour les français, leurs institutions et leur genre de vie. Cette oeuvre est l’écume de son oeuvre majeur: “L’Esprit des Lois”.
Dès sa jeunesse Montesquieu a médité sur les lois et leur raison d’être. Il a consacré toute sa vie à cette étude pour instruire les juristes et les aider dans leur tâche. Bien qu’il présente ses idées sous une forme systématique (il va du général au particulier), son argumentation est toujours fondée sur des faits d’expérience. Sa grande nouveauté et son grand mérite est de renoncer à la spéculation abstraite; le souci de la réalité concrète apparait dès le début du livre: il dit: “les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses”. Cela signifie que les lois doivent varier suivant le climat, les moeurs, les religions, les gouvernements. Il constate que les lois ne sont pas bonnes du fait, parfois elles ne concordent pas avec les droits de la conscience. Si l’on veut qu’elle se modifient dans le sens de la justice, il faut d’abord éclairer les esprits. Il condamne la torture, il est le premier à élever contre la traite les Noirs une protestation “ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-même des chrétiens.”
Bien que novatrice, ses idées ne passsent pas certaines limites. S’il se moque de la religion comme philosophie il reconnait sa valeur comme institution sociale. Il n’est pas révolutionnaire. Il a une sagesse personelle qui évite le piège des passions et des emportements. Il pense que le premier devoir de l’homme est d’accepter son destin et de s’accomoder de la vie. Il a lui-même appliqué cette règle lorsque la maladie l’a rendue aveugle. Par son travail, il a cherché à améliorer le sort des hommes en leur permettant de comprendre le millieu dans lequel ils doivent vivre. Sa seule passion était l’amour de la raison et de la vérité uni à un profond respect de la personne humaine.
ANALYSE SUR
“LES LETTRES PERSANES” et “L’ESPRIT DES LOIS”
Ses oeuvres ont influencé non seulement la philosophie du 18ème siecle, ils ont eu une influence sur les autres siècles aussi. La vie politique contemporaine s’est influencée de ses idées. Sa plus grande contribution à la vie politique des peuples même de nos jours prend source de cette célèbre trouvaille, “la séparation des pouvoirs”. En publiant “Les Lettres Persanes”, roman épistolaire, qui est un genre très à la mode du 18ème siècle, il met ses idées en question.
Cette oeuvre est composée de la correspondence de deux personnes qui voyagent en Europe surtout en France. Le livre contient leurs impressions sur les français, sur la civilisation française; ils écrivent à leurs amis qui se trouvent en Perse. Pour composer son roman, il choisit la correspondence, car à l’époque il y avait la censure. Pour cela il choisit les étrangers, il explique ses idées à travers les étrangers. Les particularités du roman: lettres et voyages. Ça permet d’aborder les sujets variés, changeants. Il peut traiter les sujets diverses car les personnages voyagent. En fonction de leurs observations, il critique la société. Il y a une grande richesse de sujets variés, des descriptions des millieux différents ( des juristes, la vie quotidienne, la curiosité française, leurs préjugées etc..). Les français avaient une vision égocentrique: c’était un siècle national, la France était fermée sur elle-même, les français croyaient que toutes les richesses étaient uniquement sur eux. Ils ne connaissaient pas d’autres peuples. Cette oeuvre a mis en question leurs propres valeurs. Ce n’était pas facile de le faire. On ne peut pas changer tout de suite la société. C’était un moment de crise, d’affrontement à l’intérieur aussi, il était difficile de débarasser des préjugées. C’était difficile de mettre en question une autre valeur de vie. Voila le rôle de cette oeuvre dans la société du 18ème siècle: sécouer le peuple, de leur montrer d’autres modèles de vivre. Cette oeuvre a fait un grand succès, il le fait avec un certain sens d’humour, c’est un roman amusant en même temps. En utilisant le genre épistolaire, il peut passer d’un sujet à l’autre. Il fait la satire des moeurs avec un sens d’humour (il critique les moeurs françaises). Cette apparence peu sérieuse, cet air de distraction permet à des critiques violentes. Dans l’ensemble du roman ça passe facilement, mais on ne se rend pas compte de la violence il critique le régime royale. Il y a plusieurs portraits; les poètes, les vieux guerriers, les seigneurs, les juristes... tous les millieux sont décrits par Montesquieu, la vie parisienne est aussi décrite. Il aborde les questions religieuses, le pape, le roi.
Il écrit une deuxième oeuvre, tout à fait différent “L’Esprit des Lois”. C’est une recherche, une analyse presque scientifique contemporaine. Au 18ème siecle, une science importante était développée, il a attiré l’attention des philosophes; c’était “la science naturelle”. Car il y avait une certaine rigueur de méthodes, d’analyses de cette science. Il y avait une classification rigoureuse (plantes, aliments, instincts). Dans la société les sciences sociales faisaient leurs débuts, on ne parlait pas de sciences politiques. C’était un début pour la naissance de ces nouvelles sciences. Lorsqu’on aborde les lois, on analyse selon les méthodes des sciences naturelles, une grande nouveauté à l’époque, car les lois de l’époque c’étaient préparées par les monarques ou bien par les seigneurs avant la monarchie. Dans une monarchie le roi fait les lois, on exécute les lois au nom du roi, le roi est le représentant du Dieu. Ne pas obéir au roi c’est ne pas obéir à la divine. L’église était aussi à côté du roi. Donc, les rois avaient un caractère divin, sacré. Or Montesquieu aborde les lois, il dit qu’il fait l’histoire naturelle de droit; le droit étudié comme une science était dangeureuse pour le régime.
“LES LOIS SONT LES RAPPORTS NECESSAIRES QUI DERIVENT DE LA NATURE DES CHOSES”. C’est une définition capitale, inconsevable pour le 18ème siècle. Et le mot chef de cette définition c’est “la nature des choses”.
La volonté de Dieu ne peut pas être un motif pour faire les lois. Dieu n’a rien de rapport avec les lois, mais jusqu’à ce jour-là on avait fait croire au peuple les lois divines.
Nécessaires► on ne peut pas faire autrement, les lois ne peuvent pas dépendre selon les caprices des législateurs, les lois ne peuvent pas résulter les caprices des législateurs.
Montesquieu analyse les types de gouvernements►
1. le gouvernement républicain
2. le governement monarchique
3. le gouvernement déspotique
1. Il y a comme souverain deux groupes: l’aristocratie et le peuple. Il tire ces types de l’histoire antique.
2. La monarchie est le gouvernement d’un seul souverain, mais l’avantage de ce type par rapport au déspotisme c’est que les lois sont fixes, qui ne changent pas avec les caprices d’un roi. Ils connaissent leurs droits.
3. Dans le déspotisme il y a toujours un seul qui gouverne, sans loi, sans règles. Tout peut changer à la volonté du tyran.
Après avoir fait la classification, Montesquieu trouve les principes des gouvernements:
1. Le principe fondamental de la démocratie c’est la vertue. Ce sont les citoyens qui défendent les lois, qui les gardent. Concients, honnêtes, assurant leurs résponsabilités ils sont eux qui gouvernent. Gouvernement de la délégation.
2. Le principe fondamental de la monarchie c’est l’honneur, pour remplir la mission. Il n’y a pas d’individualité, ils sont attachés au roi, le sujet c’est la notion d’honneur.
3. Le principe fondamental de déspotisme c’est la crainte. Il arrive à gouverner par la peur qu’il donne à ses sujets. Le peuple a peur de perdre sa vie, sa fortune et il obéit aux lois du déspote.
Que faut-il faire pour créer un modèle de gouvernement qui rendra le peuple plus heureux, puissant et libre? C’est la séparation des pouvoirs. Pour diriger la société, les trois pouvoirs; le pouvoir législatif, éxecutif, et judiciaire doivent être séparés. Dans la monarchie constitutionnelle on prévoit une assemblée nationale; il y a la séparation des pouvoirs. Le roi cède une partie du pouvoir à l’assemblée. Dans le modèle anglais il y a deux assemblées; la chambre des lordes et la chambres des communes; l’assemblée qui possède le pouvoir législatif c’est l’aristocratie.
Dans la démocratie les trois pouvoirs sont nettement séparés l’un de l’autre. C’est l’assemblée nationale qui prépare les lois; c’est le gouvernement, le pouvoir éxecutif qui applique ces lois, le gouvernement actualise les lois. Il est résponsable devant le pouvoir législatif. Le pouvoir judiciaire est une force indépendante qui concerne les lois et c’est ce pouvoir qui juge les cas, d’après ces lois. Le peuple ne risque pas d’être opprimé par la volonté d’une seule personne ou d’un seul groupe.
Montesquieu pense que le gouvernement idéal pour la France c’est une monarchie avec une assemblée.
“LES LETTRES PERSANES” et “L’ESPRIT DES LOIS”
Ses oeuvres ont influencé non seulement la philosophie du 18ème siecle, ils ont eu une influence sur les autres siècles aussi. La vie politique contemporaine s’est influencée de ses idées. Sa plus grande contribution à la vie politique des peuples même de nos jours prend source de cette célèbre trouvaille, “la séparation des pouvoirs”. En publiant “Les Lettres Persanes”, roman épistolaire, qui est un genre très à la mode du 18ème siècle, il met ses idées en question.
Cette oeuvre est composée de la correspondence de deux personnes qui voyagent en Europe surtout en France. Le livre contient leurs impressions sur les français, sur la civilisation française; ils écrivent à leurs amis qui se trouvent en Perse. Pour composer son roman, il choisit la correspondence, car à l’époque il y avait la censure. Pour cela il choisit les étrangers, il explique ses idées à travers les étrangers. Les particularités du roman: lettres et voyages. Ça permet d’aborder les sujets variés, changeants. Il peut traiter les sujets diverses car les personnages voyagent. En fonction de leurs observations, il critique la société. Il y a une grande richesse de sujets variés, des descriptions des millieux différents ( des juristes, la vie quotidienne, la curiosité française, leurs préjugées etc..). Les français avaient une vision égocentrique: c’était un siècle national, la France était fermée sur elle-même, les français croyaient que toutes les richesses étaient uniquement sur eux. Ils ne connaissaient pas d’autres peuples. Cette oeuvre a mis en question leurs propres valeurs. Ce n’était pas facile de le faire. On ne peut pas changer tout de suite la société. C’était un moment de crise, d’affrontement à l’intérieur aussi, il était difficile de débarasser des préjugées. C’était difficile de mettre en question une autre valeur de vie. Voila le rôle de cette oeuvre dans la société du 18ème siècle: sécouer le peuple, de leur montrer d’autres modèles de vivre. Cette oeuvre a fait un grand succès, il le fait avec un certain sens d’humour, c’est un roman amusant en même temps. En utilisant le genre épistolaire, il peut passer d’un sujet à l’autre. Il fait la satire des moeurs avec un sens d’humour (il critique les moeurs françaises). Cette apparence peu sérieuse, cet air de distraction permet à des critiques violentes. Dans l’ensemble du roman ça passe facilement, mais on ne se rend pas compte de la violence il critique le régime royale. Il y a plusieurs portraits; les poètes, les vieux guerriers, les seigneurs, les juristes... tous les millieux sont décrits par Montesquieu, la vie parisienne est aussi décrite. Il aborde les questions religieuses, le pape, le roi.
Il écrit une deuxième oeuvre, tout à fait différent “L’Esprit des Lois”. C’est une recherche, une analyse presque scientifique contemporaine. Au 18ème siecle, une science importante était développée, il a attiré l’attention des philosophes; c’était “la science naturelle”. Car il y avait une certaine rigueur de méthodes, d’analyses de cette science. Il y avait une classification rigoureuse (plantes, aliments, instincts). Dans la société les sciences sociales faisaient leurs débuts, on ne parlait pas de sciences politiques. C’était un début pour la naissance de ces nouvelles sciences. Lorsqu’on aborde les lois, on analyse selon les méthodes des sciences naturelles, une grande nouveauté à l’époque, car les lois de l’époque c’étaient préparées par les monarques ou bien par les seigneurs avant la monarchie. Dans une monarchie le roi fait les lois, on exécute les lois au nom du roi, le roi est le représentant du Dieu. Ne pas obéir au roi c’est ne pas obéir à la divine. L’église était aussi à côté du roi. Donc, les rois avaient un caractère divin, sacré. Or Montesquieu aborde les lois, il dit qu’il fait l’histoire naturelle de droit; le droit étudié comme une science était dangeureuse pour le régime.
“LES LOIS SONT LES RAPPORTS NECESSAIRES QUI DERIVENT DE LA NATURE DES CHOSES”. C’est une définition capitale, inconsevable pour le 18ème siècle. Et le mot chef de cette définition c’est “la nature des choses”.
La volonté de Dieu ne peut pas être un motif pour faire les lois. Dieu n’a rien de rapport avec les lois, mais jusqu’à ce jour-là on avait fait croire au peuple les lois divines.
Nécessaires► on ne peut pas faire autrement, les lois ne peuvent pas dépendre selon les caprices des législateurs, les lois ne peuvent pas résulter les caprices des législateurs.
Montesquieu analyse les types de gouvernements►
1. le gouvernement républicain
2. le governement monarchique
3. le gouvernement déspotique
1. Il y a comme souverain deux groupes: l’aristocratie et le peuple. Il tire ces types de l’histoire antique.
2. La monarchie est le gouvernement d’un seul souverain, mais l’avantage de ce type par rapport au déspotisme c’est que les lois sont fixes, qui ne changent pas avec les caprices d’un roi. Ils connaissent leurs droits.
3. Dans le déspotisme il y a toujours un seul qui gouverne, sans loi, sans règles. Tout peut changer à la volonté du tyran.
Après avoir fait la classification, Montesquieu trouve les principes des gouvernements:
1. Le principe fondamental de la démocratie c’est la vertue. Ce sont les citoyens qui défendent les lois, qui les gardent. Concients, honnêtes, assurant leurs résponsabilités ils sont eux qui gouvernent. Gouvernement de la délégation.
2. Le principe fondamental de la monarchie c’est l’honneur, pour remplir la mission. Il n’y a pas d’individualité, ils sont attachés au roi, le sujet c’est la notion d’honneur.
3. Le principe fondamental de déspotisme c’est la crainte. Il arrive à gouverner par la peur qu’il donne à ses sujets. Le peuple a peur de perdre sa vie, sa fortune et il obéit aux lois du déspote.
Que faut-il faire pour créer un modèle de gouvernement qui rendra le peuple plus heureux, puissant et libre? C’est la séparation des pouvoirs. Pour diriger la société, les trois pouvoirs; le pouvoir législatif, éxecutif, et judiciaire doivent être séparés. Dans la monarchie constitutionnelle on prévoit une assemblée nationale; il y a la séparation des pouvoirs. Le roi cède une partie du pouvoir à l’assemblée. Dans le modèle anglais il y a deux assemblées; la chambre des lordes et la chambres des communes; l’assemblée qui possède le pouvoir législatif c’est l’aristocratie.
Dans la démocratie les trois pouvoirs sont nettement séparés l’un de l’autre. C’est l’assemblée nationale qui prépare les lois; c’est le gouvernement, le pouvoir éxecutif qui applique ces lois, le gouvernement actualise les lois. Il est résponsable devant le pouvoir législatif. Le pouvoir judiciaire est une force indépendante qui concerne les lois et c’est ce pouvoir qui juge les cas, d’après ces lois. Le peuple ne risque pas d’être opprimé par la volonté d’une seule personne ou d’un seul groupe.
Montesquieu pense que le gouvernement idéal pour la France c’est une monarchie avec une assemblée.
LES PERES CHANGENT
Des pères qui rentraient tard du bureau et ne faisaient jamais faire les devoirs à leurs enfants. Des pères qui n'avaient pas le temps de les emmener à l'école le matin, ni de leur lire des histoires le soir. Des pères perdus en cuisine dès qu'il fallait cuire un œuf. Des pères d'autrefois. Des 'dinosaures' comme il semble finalement en rester peu… La paternité a, en effet, bien changé durant ces vingt dernières années. C'est, en tout cas, ce qui montre une enquête française menée auprès de plus de 400 cadres et dans des entreprises différentes. Fini donc les 'chefs de famille qui travaillent – rentrent – mangent - lisent leur journal - regardent la télé - se couchent'. D'après l'enquête, le nouveau père cherche vraiment à participer à la vie familiale et, surtout, il souhaite s'occuper davantage de ses enfants. Trop beau pour être vrai?
Les 'équilibristes' forment la majorité (52 % des personnes interrogées). Ils cherchent un bon équilibre entre leur temps de travail et leur temps passé en famille. Ils comptent souvent parmi les plus jeunes et sont pères d'enfants de moins de 3 ans. Ils vivent leur paternité comme un vrai bonheur et s'occupent de leurs enfants autant que la mère.
Les 'égalitaires' forment le deuxième groupe (33 %). Ils recherchent l'égalité hommes-femmes dans leur couple autant qu'au travail. À la maison, ils s'occupent des enfants autant que la mère, mais en plus, ils s'occupent aussi des tâches domestiques (ménage, vaisselle, repassage, courses…). Pour les égalitaires, peu importe qui de l'homme ou de la femme apporte l'argent. Leur carrière professionnelle est importante, bien sûr, mais… pas le plus important.
Reste le groupe des 'chefs de famille' (15 %). Ceux-ci sont finalement encore assez proches du modèle classique: des hommes pour qui le travail reste toujours très important – il faut quand même rapporter de l'argent, n'est-ce pas? Ils sont prêts à faire quelques efforts dans la famille mais… il ne faut pas exagérer. Ils passent largement plus de temps sur leur lieu de travail qu'en famille. Et ils comptent beaucoup sur leurs femmes pour les tâches ménagères. Ils voudraient bien s'occuper de leurs enfants mais ils n'y arrivent pas, le plus souvent, faute de temps. Leurs enfants ont souvent 7 ans et plus.
Source: http://www.libération.fr/
L'enquête distingue trois types de pères►
Les 'équilibristes' forment la majorité (52 % des personnes interrogées). Ils cherchent un bon équilibre entre leur temps de travail et leur temps passé en famille. Ils comptent souvent parmi les plus jeunes et sont pères d'enfants de moins de 3 ans. Ils vivent leur paternité comme un vrai bonheur et s'occupent de leurs enfants autant que la mère.
Les 'égalitaires' forment le deuxième groupe (33 %). Ils recherchent l'égalité hommes-femmes dans leur couple autant qu'au travail. À la maison, ils s'occupent des enfants autant que la mère, mais en plus, ils s'occupent aussi des tâches domestiques (ménage, vaisselle, repassage, courses…). Pour les égalitaires, peu importe qui de l'homme ou de la femme apporte l'argent. Leur carrière professionnelle est importante, bien sûr, mais… pas le plus important.
Reste le groupe des 'chefs de famille' (15 %). Ceux-ci sont finalement encore assez proches du modèle classique: des hommes pour qui le travail reste toujours très important – il faut quand même rapporter de l'argent, n'est-ce pas? Ils sont prêts à faire quelques efforts dans la famille mais… il ne faut pas exagérer. Ils passent largement plus de temps sur leur lieu de travail qu'en famille. Et ils comptent beaucoup sur leurs femmes pour les tâches ménagères. Ils voudraient bien s'occuper de leurs enfants mais ils n'y arrivent pas, le plus souvent, faute de temps. Leurs enfants ont souvent 7 ans et plus.
Deux tiers des hommes interrogés ont utilisé leur congé paternité. Mais la plupart d'entre eux ont du mal à oser s'absenter durant une journée au cas où un des enfants serait malade. Dans une large majorité des cas, c'est donc la mère qui 'prend un jour de congé' pour rester auprès de l'enfant malade.
L'intérêt de cette enquête est d'avoir posé la question de la responsabilité du père. D'habitude, la question de l'égalité au travail et dans la famille est vécue comme un problème féminin. Pas cette fois. Rappelons que, en 2006, une étude avait montré que les femmes consacraient encore 4 h 30 par jour aux tâches domestiques et les hommes… 2 h 20. Signalons enfin, qu'en France, environ 80 % des couples sont 'biactifs', ce qui veut dire que parentalité et travail vont ensemble. En 2006, un couple français avait 2 enfants, en moyenne. Source: http://www.libération.fr/
17 Eylül 2010 Cuma
LES JOURNEES EUROPEENNES
DU PATRIMOINE
Ce week-end, les Journées européennes du patrimoine célèbreront tout particulièrement les lieux marqués par l’empreinte des “grands hommes”
Les Journées européennes du patrimoine donnent lieu à des manifestations culturelles et à des animations qui font vivre sites et monuments sur tout le Vieux Continent. En France, ces journées du patrimoine rencontrent chaque année un très vif succès auprès du public: en 2009, près de 12 millions de curieux ont eu librement accès à 16.172 monuments, dont plus de 3.300 ouvertures exceptionnelles.
Les grands hommes à l'honneur
“Le temps n’efface pas la trace des grands hommes” disait déjà l’Andromaque d’Euripide. C'est surement avec cette conviction que le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a choisi le thème de cette 27e édition : "les grands hommes : quand femmes et hommes construisent l'histoire".
En France, le patrimoine,qu'il soit architectural, archéologique, artistique, urbain, militaire, industriel, scientifique ou naturel, abonde de sites et de lieux empreints de l’action ou du passage de figures entrées dans l’Histoire. Ainsi, par exemple, Léonard de Vinci et le Clos-Lucé à Amboise, Camille Claudel à Nogent-sur-Seine, George Sand à Nohant, Madame de Sévigné à Grignan, Aimé Césaire à Fort-de-France, Charles de Gaulle à Lille et à Colombey, Georges Pompidou et le Centre national d’art et des cultures, ou encore architectes Renzo Piano et Richard Rogers à Paris... 15.000 sites publics ou privés sont à découvrir ou redécouvrir.
Pour consulter le programme, rendez-vous sur : http://www.culture.fr/ et http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/.
DU PATRIMOINE
Ce week-end, les Journées européennes du patrimoine célèbreront tout particulièrement les lieux marqués par l’empreinte des “grands hommes”
Les Journées européennes du patrimoine donnent lieu à des manifestations culturelles et à des animations qui font vivre sites et monuments sur tout le Vieux Continent. En France, ces journées du patrimoine rencontrent chaque année un très vif succès auprès du public: en 2009, près de 12 millions de curieux ont eu librement accès à 16.172 monuments, dont plus de 3.300 ouvertures exceptionnelles.
Les grands hommes à l'honneur
“Le temps n’efface pas la trace des grands hommes” disait déjà l’Andromaque d’Euripide. C'est surement avec cette conviction que le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a choisi le thème de cette 27e édition : "les grands hommes : quand femmes et hommes construisent l'histoire".
En France, le patrimoine,qu'il soit architectural, archéologique, artistique, urbain, militaire, industriel, scientifique ou naturel, abonde de sites et de lieux empreints de l’action ou du passage de figures entrées dans l’Histoire. Ainsi, par exemple, Léonard de Vinci et le Clos-Lucé à Amboise, Camille Claudel à Nogent-sur-Seine, George Sand à Nohant, Madame de Sévigné à Grignan, Aimé Césaire à Fort-de-France, Charles de Gaulle à Lille et à Colombey, Georges Pompidou et le Centre national d’art et des cultures, ou encore architectes Renzo Piano et Richard Rogers à Paris... 15.000 sites publics ou privés sont à découvrir ou redécouvrir.
Pour consulter le programme, rendez-vous sur : http://www.culture.fr/ et http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/.
MARQUIS DE SADE (1740-1814)
LA VIE
Donatien-Alphonse-François de Sade naît à Paris le 2 juin 1740. Il est le descendant d'une vieille et prestigieuse famille de l'aristocratie de Provence. A 14 ans, il entre dans une école militaire qui est réservée aux fils de la plus ancienne noblesse et, un an plus tard, il participe à la guerre de Sept ans contre la Prusse. Il y brille par son courage, mais aussi par son goût pour la débauche: Sade est à la recherche des plaisirs sensules. Il rentre en 1763, avec le grade de capitaine, il commence à fréquenter les actrices de théâtre et les courtisanes. Son père, pour mettre fin à cette vie corrompue cherche à le marier au plus vite.
Le 17 mai 1763, il épouse Mlle de Montreuil, une femme noble et fortunée. Pourtant i l ne change pas et dans la même année, il est emprisonné pour la première fois à cause des « débauches outrées » c’est-à-dire à cause des plaisirs sexuels excessifs. En 1768, il passe encore six mois en prison car cette fois-ci il a enlevé et torturé une passante. Il donne fêtes et bals dans son domaine provençal de La Coste, il fait un voyage en Italie avec sa belle-sœur, dont il est tombé amoureux. A Marseille, en 1772, il est accusé d'empoisonnement: il avait en fait distribué, lors d'une orgie, des dragées aphrodisiaques à quatre prostituées qui avaient rendu malade l'une d'entre elles. Alors il doit s'enfuir en Savoie. Il est condamné à mort, il est arrêté, mais il s'évade, et passe ses cinq années en voyageant. Pendant ce temps il crée plusieurs scandales. Puis cinq ans plus tard il vient à Paris pour régler ses affaires après la mort de sa mère. Pendant son séjour il est arrêté.
Malgré les interventions de sa femme, il va passer cinq années dans le donjon de Vincennes, il y écrit des pièces de théâtre et des romans pour échapper son ennui. Puis il est transféré à la Bastille où il commence la rédaction des “Cent vingt journées de Sodome” (1785) puis, deux ans plus tard, “Les infortunes de la vertu” et “Aline et Valcour”. En juillet 1789, dix jours avant la prise de la Bastille, il est transféré à Charenton, dans un asile de fous. Il doit abandonner sa bibliothèque de six cents volumes et ses manuscrits.
Après la révolution il est libéré comme les autres prisonniers. Sa femme, qui est fatiguée de ses violences, se sépare de lui et ses deux fils émigrent. Pour survivre dans le Paris révolutionnaire il cherche à faire jouer ses pièces, il se lie avec une jeune actrice, Marie Constance Quesnet, qui lui restera fidèle jusqu'au bout. “Justine ou les malheurs de la vertu” est publié anonymement en 1791.
Pour faire oublier ses origines nobles, il devient militan dans la section révolutionnaire de son quartier. Mais il continue les débauches. À la fin de l’année 1793, il est arrêté et condamné à mort. Il échappe à la guillotine par chance et est libéré en octobre 1794.
Il vit chichement car ses seuls revenus sont ses écrits. Il publie en 1795 “La philosophie dans le boudoir”, “Aline et Valcour”, “La nouvelle Justine et Juliette”: Justine et Juliette sont deux sœurs, l'une incarne la vertu, l'autre le vice, elles vivent des aventures telles que le lux, les disputes et les cruautés. La presse l'accuse d'être l'auteur de « l'infâme roman » Justine. Il se défend maladroitement. En 1801, la police prend ses ouvrages chez son imprimeur. On ne lui pardonne pas sa violence érotique, son « délire du vice », sa pornographie. Sans jugement, par simple décision administrative, il est enfermé dans l'asile de fous de Charenton. Il y meurt le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté. C’est un esprit libre mais tout au long de ses 74 années il a passé les 30 ans en prison.
Ses descendants ont refusé de porter le titre de marquis, et il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour que son œuvre soit « réhabilitée. L’originalité de Sade c’est qu’il a ouvert la voie à la psychologie sexuelle moderne.
L’oeuvre de Marquis de Sade est considérable car il n’ a jamais cessé d’écrire. Elle contient des nouvelles, des contes, des romans, des essais philosophiques et une énorme correspondance qui nous permet de suivre sa vie presque au jour le jour.
Les oeuvres les plus importants sont►
Les 120 jours de Sodome
Aline et Valcour ou le Roman philosophique (1795)
La Philosophie dans le boudoir (1795)
Justine ou Les Malheurs de la vertu
Histoire de Juliette, sa soeur
Les Crimes de l’amour (1800)
La pensée de Sade prend ses sources de l’univers philosophique du 18ème siècle. Mais le visage de Sade est double; il est à la fois un auteur bien ancré dans le mouvement des idées de son époque et un auteur qui les bouleverse totalement.
Sade, comme Diderot, est un partisan du matérialisme, c’est-à-dire qu’il reconnait comme loi suprême la loi de la matière. Les individualistes s’effacent dans cette matière qui bouge continuellement: “Rien ne nait, rien ne périt essentiellement; tout n’est qu’action et réaction de la matière… C’est une variation infinie; mille et mille portions de différentes matières qui paraissent sous toutes sortes de formes, s’anéantissent et se rencontrent, sous d’autres, pour se perdre et se remonter encore.” (Histoire de Juliette ou les prospérités du vie, IV)
Sade fait l’éloge des passions au nom du matérialisme. “On déclame contre les passions, sans songer que c’est à leur flambeau que la philosophie allume le sien, que c’est à l’homme passionné que l’on doit le renversement total de toutes les imbécilités religieueses qui si longtemps empestèrent le monde”. (Ibid., I)
Mais Sade se détache des philosophes car il ne proclame pas comme eux la bonté originelle de l’homme. Il affirme que la nature humaine est fondamentalement cruelle: “La cruauté est dans la nature; nous naissons tous avec une dose de cruauté que la seule éducation modifie… La cruauté n’est autre chose que l’énérgie de l’homme que la civilisation n’a point encore corrompue: elle est donc une vertu et non pas une vice”. (La Philosophie dans le boudoir, III)
C’est un renversement radical par rapport à l’optimisme général du 18ème siècle. Sade fait aussi l’éloge du bonheur. Toutefois dans cette recherche de la plénitude, le modèle proposé n’est pas la vertu mais le crime; la destruction est le relais nécessaire de la transformation incessante de la nature: “Si je voyais qu’il eût de possibilité pour moi d’être heureuse que dans l’excès des crimes les plus atroces, je les commettrais tous à l’instant sans frémir, certain que la première loi que m’indique la nature est de me délecter, n’importe aux dépens de qui”. (Juliette, I.).
A ce niveau, plus rien n’empêche les personnages de Sade de donner libre cours à toutes leurs pulsions, puisqu’ils ne font que suivre en cela l’appel de la nature. Ils ne connaissent pas le remords mais sont guidés par une lucidité exempte de toute mauvaise conscience. Pour Sade la liberté de l’individu déborde tous les cadres sociaux. Les personnages de Sade sont des solitaires qui pour leurs seuls plaisirs, n’hésitent pas à condamner les plus faibles.
LES SCANDALES DE SADE
La première diffusion du nom de Sade dans l’opinion publique n’a rien de littéraire et se fait par les scandales.
Au printemps 1768, le peuple apprend qu’un marquis a entraîné dans sa petite maison d’Arcueil, une jeune veuve, Rose Keller. Celle-ci est réduite à la mendicité, le marquis la fouette jusqu’au sang et l’oblige, le dimanche de Pâques, à des pratiques blasphématoires. La rue et les salons s’émeuvent. La famille, Sade et Montreuil se réunissent, se mobilisent pour soustraire l’affaire à la justice commune et la placer sous la juridiction royale. Sade est incarcéré au château de Saumur, puis à celui de Pierre-Encise. La plaignante reçoit de l’argent. L’affaire est jugée au Parlement en juin et le roi, à la demande de la comtesse de Sade fait libérer le coupable en novembre.
On pouvait tout oublier si le scandale n’avait à nouveau éclaté en juin 1772. L’affaire de Marseille succède à l’affaire d’Arcueil. Il s’agit cette fois de quatre filles. Le marquis a proposé à ses partenaires sexuelles des pastilles à la cantharide. Deux filles se croient empoisonnées, les autres sont malades. Comme en 1768, la rumeur enfle. L’aphrodisiaque est présenté dans l’opinion comme un poison. La participation active du valet justifie l’accusation de sodomie. Le parlement de Provence condamne Sade et le valet à la peine de mort pour empoisonnement et sodomie mais ceux-ci ont fui en Italie.
« Nous sommes décidés, par mille raisons, à voir très peu de monde cet hiver… », écrit le marquis en novembre 1774. Il a engagé à Lyon et à Vienne comme domestiques cinq « très jeunes » filles et un jeune secrétaire aussi « trois autres filles d’âge et d’état à ne point être redemandées par leurs parents » . Mais bientôt les parents déposent une plainte « pour enlèvement fait à leur insu et par séduction ». Une procédure criminelle est ouverte à Lyon. Le scandale est cette fois étouffé par la famille, mais l’affaire des petites filles nous est connue par les lettres conservées par le notaire Gaufridy publiées en 1929 par Paul Bourdin.
On verra par la suite avec quel soin madame de Montreuil s’est préoccupée de faire disparaître les traces de ces orgies. L’affaire est grave car le marquis a de nouveau joué du canif. Une des enfants, la plus endommagée, est conduite en secret à Saumane chez l’abbé de Sade qui se montre très embarrassé de sa garde et, sur les propos de la petite victime, accuse nettement son neveu. Une autre fille, Marie Tussin, du hameau de Villeneuve-de-Marc, a été placée dans un couvent de Caderousse, d’où elle se sauvera quelques mois plus tard. Le marquis prépare une réfutation en règle de ce qu’a dit l’enfant confiée à l’abbé, mais elle n’est pas la seule à avoir parlé. Les fillettes d’ailleurs n’accusent point la marquise et parlent au contraire d’elle « comme étant la première victime d’une fureur qu’on ne peut regarder que comme folie ».Leurs propos sont d’autant plus dangereux qu’elles portent, sur leurs corps et sur leurs bras, les preuves de leurs dires. Les priapées de la Coste ont peut-être inspiré les fantaisies littéraires des Cent vingt jours de Sodome, mais le canevas établi par le marquis passe de loin ces froides amplifications. C’est un sabbat mené à bave-bouche avec le concours de l’office. Gothon17 y a probablement chevauché le balai sans entrer dans la danse, mais Nanon18 y a pris une part dont elle va rester toute alourdie ; les petites ravaudeuses de la marquise y ont livré leur peau au jeu des boutonnières et le jeune secrétaire a dû y faire la partie de flûte. »
LES OEUVRES►
Les Cent Vingt Journées de Sodome ou l'École du libertinage:
C'est la première grande œuvre du marquis de Sade, écrite en prison à la Bastille en 1785. Telle qu’elle est, l’œuvre ne présente qu’une version inachevée, que l’auteur eût probablement poursuivie s’il ne l’avait perdue en 1789, à moins que, comme l'écrit Michel Delon 2, elle ne soit « inachevable », ne pouvant pas « montrer ce qui excède l'imagination ». Georges Bataille a écrit, dans La littérature et le mal (1967) : "Personne à moins de rester sourd n'achève les Cent vingt Journées que malade : le plus malade est bien celui que cette lecture énerve sensuellement."
Justine:
Certaines figures de fiction ont accompagné leur créateur tout au long de leur vie : c’est le cas de Justine pour Sade.
En mars 1791, une lettre de Sade à Reinaud, son avocat à Aix, annonce en ces termes la sortie prochaine de Justine : « On imprime actuellement un roman de moi, mais trop immoral pour être envoyé à un homme aussi pieux, aussi décent que vous. J’avais besoin d’argent, mon éditeur me le demandait bien poivré, et je lui ai fait capable d’empester le diable. On l’appelle Justine ou les Malheurs de la vertu. Brûlez-le et ne le lisez point s’il tombe entre vos mains : je le renie. »
Une première version est rédigée à la Bastille en 1787. Par étapes successives, l’auteur ajoute de nouveaux épisodes scabreux qu’il fait se succéder les uns aux autres, comme un feuilleton.
Deux volumes en 1791, pas moins de dix volumes illustrés de cent gravures obscènes en 1799 sous le Directoire, « la plus importante entreprise de librairie pornographique clandestine jamais vue dans le monde » selon Jean-Jacques Pauvert, sous le titre de La Nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu, suivie de l’Histoire de Juliette, sa sœur.
Le livre scandalise, mais surtout il fait peur : très vite on sent que la subversion l’emporte sur l’obscénité. C’est pourquoi les contemporains lui refusent ce minimum de tolérance dont bénéficient ordinairement les écrits licencieux. Justine, on la rejette en bloc, sans appel, on voudrait la voir anéantie. L’œuvre marque la naissance de la mythologie sadienne.
Bonaparte jetant Justine au feu :« le livre le plus abominable qu’ait enfanté l’imagination la plus dépravée ».
LA VIE
Donatien-Alphonse-François de Sade naît à Paris le 2 juin 1740. Il est le descendant d'une vieille et prestigieuse famille de l'aristocratie de Provence. A 14 ans, il entre dans une école militaire qui est réservée aux fils de la plus ancienne noblesse et, un an plus tard, il participe à la guerre de Sept ans contre la Prusse. Il y brille par son courage, mais aussi par son goût pour la débauche: Sade est à la recherche des plaisirs sensules. Il rentre en 1763, avec le grade de capitaine, il commence à fréquenter les actrices de théâtre et les courtisanes. Son père, pour mettre fin à cette vie corrompue cherche à le marier au plus vite.
Le 17 mai 1763, il épouse Mlle de Montreuil, une femme noble et fortunée. Pourtant i l ne change pas et dans la même année, il est emprisonné pour la première fois à cause des « débauches outrées » c’est-à-dire à cause des plaisirs sexuels excessifs. En 1768, il passe encore six mois en prison car cette fois-ci il a enlevé et torturé une passante. Il donne fêtes et bals dans son domaine provençal de La Coste, il fait un voyage en Italie avec sa belle-sœur, dont il est tombé amoureux. A Marseille, en 1772, il est accusé d'empoisonnement: il avait en fait distribué, lors d'une orgie, des dragées aphrodisiaques à quatre prostituées qui avaient rendu malade l'une d'entre elles. Alors il doit s'enfuir en Savoie. Il est condamné à mort, il est arrêté, mais il s'évade, et passe ses cinq années en voyageant. Pendant ce temps il crée plusieurs scandales. Puis cinq ans plus tard il vient à Paris pour régler ses affaires après la mort de sa mère. Pendant son séjour il est arrêté.
Malgré les interventions de sa femme, il va passer cinq années dans le donjon de Vincennes, il y écrit des pièces de théâtre et des romans pour échapper son ennui. Puis il est transféré à la Bastille où il commence la rédaction des “Cent vingt journées de Sodome” (1785) puis, deux ans plus tard, “Les infortunes de la vertu” et “Aline et Valcour”. En juillet 1789, dix jours avant la prise de la Bastille, il est transféré à Charenton, dans un asile de fous. Il doit abandonner sa bibliothèque de six cents volumes et ses manuscrits.
Après la révolution il est libéré comme les autres prisonniers. Sa femme, qui est fatiguée de ses violences, se sépare de lui et ses deux fils émigrent. Pour survivre dans le Paris révolutionnaire il cherche à faire jouer ses pièces, il se lie avec une jeune actrice, Marie Constance Quesnet, qui lui restera fidèle jusqu'au bout. “Justine ou les malheurs de la vertu” est publié anonymement en 1791.
Pour faire oublier ses origines nobles, il devient militan dans la section révolutionnaire de son quartier. Mais il continue les débauches. À la fin de l’année 1793, il est arrêté et condamné à mort. Il échappe à la guillotine par chance et est libéré en octobre 1794.
Il vit chichement car ses seuls revenus sont ses écrits. Il publie en 1795 “La philosophie dans le boudoir”, “Aline et Valcour”, “La nouvelle Justine et Juliette”: Justine et Juliette sont deux sœurs, l'une incarne la vertu, l'autre le vice, elles vivent des aventures telles que le lux, les disputes et les cruautés. La presse l'accuse d'être l'auteur de « l'infâme roman » Justine. Il se défend maladroitement. En 1801, la police prend ses ouvrages chez son imprimeur. On ne lui pardonne pas sa violence érotique, son « délire du vice », sa pornographie. Sans jugement, par simple décision administrative, il est enfermé dans l'asile de fous de Charenton. Il y meurt le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté. C’est un esprit libre mais tout au long de ses 74 années il a passé les 30 ans en prison.
Ses descendants ont refusé de porter le titre de marquis, et il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour que son œuvre soit « réhabilitée. L’originalité de Sade c’est qu’il a ouvert la voie à la psychologie sexuelle moderne.
L’oeuvre de Marquis de Sade est considérable car il n’ a jamais cessé d’écrire. Elle contient des nouvelles, des contes, des romans, des essais philosophiques et une énorme correspondance qui nous permet de suivre sa vie presque au jour le jour.
Les oeuvres les plus importants sont►
Les 120 jours de Sodome
Aline et Valcour ou le Roman philosophique (1795)
La Philosophie dans le boudoir (1795)
Justine ou Les Malheurs de la vertu
Histoire de Juliette, sa soeur
Les Crimes de l’amour (1800)
La pensée de Sade prend ses sources de l’univers philosophique du 18ème siècle. Mais le visage de Sade est double; il est à la fois un auteur bien ancré dans le mouvement des idées de son époque et un auteur qui les bouleverse totalement.
Sade, comme Diderot, est un partisan du matérialisme, c’est-à-dire qu’il reconnait comme loi suprême la loi de la matière. Les individualistes s’effacent dans cette matière qui bouge continuellement: “Rien ne nait, rien ne périt essentiellement; tout n’est qu’action et réaction de la matière… C’est une variation infinie; mille et mille portions de différentes matières qui paraissent sous toutes sortes de formes, s’anéantissent et se rencontrent, sous d’autres, pour se perdre et se remonter encore.” (Histoire de Juliette ou les prospérités du vie, IV)
Sade fait l’éloge des passions au nom du matérialisme. “On déclame contre les passions, sans songer que c’est à leur flambeau que la philosophie allume le sien, que c’est à l’homme passionné que l’on doit le renversement total de toutes les imbécilités religieueses qui si longtemps empestèrent le monde”. (Ibid., I)
Mais Sade se détache des philosophes car il ne proclame pas comme eux la bonté originelle de l’homme. Il affirme que la nature humaine est fondamentalement cruelle: “La cruauté est dans la nature; nous naissons tous avec une dose de cruauté que la seule éducation modifie… La cruauté n’est autre chose que l’énérgie de l’homme que la civilisation n’a point encore corrompue: elle est donc une vertu et non pas une vice”. (La Philosophie dans le boudoir, III)
C’est un renversement radical par rapport à l’optimisme général du 18ème siècle. Sade fait aussi l’éloge du bonheur. Toutefois dans cette recherche de la plénitude, le modèle proposé n’est pas la vertu mais le crime; la destruction est le relais nécessaire de la transformation incessante de la nature: “Si je voyais qu’il eût de possibilité pour moi d’être heureuse que dans l’excès des crimes les plus atroces, je les commettrais tous à l’instant sans frémir, certain que la première loi que m’indique la nature est de me délecter, n’importe aux dépens de qui”. (Juliette, I.).
A ce niveau, plus rien n’empêche les personnages de Sade de donner libre cours à toutes leurs pulsions, puisqu’ils ne font que suivre en cela l’appel de la nature. Ils ne connaissent pas le remords mais sont guidés par une lucidité exempte de toute mauvaise conscience. Pour Sade la liberté de l’individu déborde tous les cadres sociaux. Les personnages de Sade sont des solitaires qui pour leurs seuls plaisirs, n’hésitent pas à condamner les plus faibles.
LES SCANDALES DE SADE
La première diffusion du nom de Sade dans l’opinion publique n’a rien de littéraire et se fait par les scandales.
Au printemps 1768, le peuple apprend qu’un marquis a entraîné dans sa petite maison d’Arcueil, une jeune veuve, Rose Keller. Celle-ci est réduite à la mendicité, le marquis la fouette jusqu’au sang et l’oblige, le dimanche de Pâques, à des pratiques blasphématoires. La rue et les salons s’émeuvent. La famille, Sade et Montreuil se réunissent, se mobilisent pour soustraire l’affaire à la justice commune et la placer sous la juridiction royale. Sade est incarcéré au château de Saumur, puis à celui de Pierre-Encise. La plaignante reçoit de l’argent. L’affaire est jugée au Parlement en juin et le roi, à la demande de la comtesse de Sade fait libérer le coupable en novembre.
On pouvait tout oublier si le scandale n’avait à nouveau éclaté en juin 1772. L’affaire de Marseille succède à l’affaire d’Arcueil. Il s’agit cette fois de quatre filles. Le marquis a proposé à ses partenaires sexuelles des pastilles à la cantharide. Deux filles se croient empoisonnées, les autres sont malades. Comme en 1768, la rumeur enfle. L’aphrodisiaque est présenté dans l’opinion comme un poison. La participation active du valet justifie l’accusation de sodomie. Le parlement de Provence condamne Sade et le valet à la peine de mort pour empoisonnement et sodomie mais ceux-ci ont fui en Italie.
« Nous sommes décidés, par mille raisons, à voir très peu de monde cet hiver… », écrit le marquis en novembre 1774. Il a engagé à Lyon et à Vienne comme domestiques cinq « très jeunes » filles et un jeune secrétaire aussi « trois autres filles d’âge et d’état à ne point être redemandées par leurs parents » . Mais bientôt les parents déposent une plainte « pour enlèvement fait à leur insu et par séduction ». Une procédure criminelle est ouverte à Lyon. Le scandale est cette fois étouffé par la famille, mais l’affaire des petites filles nous est connue par les lettres conservées par le notaire Gaufridy publiées en 1929 par Paul Bourdin.
On verra par la suite avec quel soin madame de Montreuil s’est préoccupée de faire disparaître les traces de ces orgies. L’affaire est grave car le marquis a de nouveau joué du canif. Une des enfants, la plus endommagée, est conduite en secret à Saumane chez l’abbé de Sade qui se montre très embarrassé de sa garde et, sur les propos de la petite victime, accuse nettement son neveu. Une autre fille, Marie Tussin, du hameau de Villeneuve-de-Marc, a été placée dans un couvent de Caderousse, d’où elle se sauvera quelques mois plus tard. Le marquis prépare une réfutation en règle de ce qu’a dit l’enfant confiée à l’abbé, mais elle n’est pas la seule à avoir parlé. Les fillettes d’ailleurs n’accusent point la marquise et parlent au contraire d’elle « comme étant la première victime d’une fureur qu’on ne peut regarder que comme folie ».Leurs propos sont d’autant plus dangereux qu’elles portent, sur leurs corps et sur leurs bras, les preuves de leurs dires. Les priapées de la Coste ont peut-être inspiré les fantaisies littéraires des Cent vingt jours de Sodome, mais le canevas établi par le marquis passe de loin ces froides amplifications. C’est un sabbat mené à bave-bouche avec le concours de l’office. Gothon17 y a probablement chevauché le balai sans entrer dans la danse, mais Nanon18 y a pris une part dont elle va rester toute alourdie ; les petites ravaudeuses de la marquise y ont livré leur peau au jeu des boutonnières et le jeune secrétaire a dû y faire la partie de flûte. »
LES OEUVRES►
Les Cent Vingt Journées de Sodome ou l'École du libertinage:
C'est la première grande œuvre du marquis de Sade, écrite en prison à la Bastille en 1785. Telle qu’elle est, l’œuvre ne présente qu’une version inachevée, que l’auteur eût probablement poursuivie s’il ne l’avait perdue en 1789, à moins que, comme l'écrit Michel Delon 2, elle ne soit « inachevable », ne pouvant pas « montrer ce qui excède l'imagination ». Georges Bataille a écrit, dans La littérature et le mal (1967) : "Personne à moins de rester sourd n'achève les Cent vingt Journées que malade : le plus malade est bien celui que cette lecture énerve sensuellement."
Justine:
Certaines figures de fiction ont accompagné leur créateur tout au long de leur vie : c’est le cas de Justine pour Sade.
En mars 1791, une lettre de Sade à Reinaud, son avocat à Aix, annonce en ces termes la sortie prochaine de Justine : « On imprime actuellement un roman de moi, mais trop immoral pour être envoyé à un homme aussi pieux, aussi décent que vous. J’avais besoin d’argent, mon éditeur me le demandait bien poivré, et je lui ai fait capable d’empester le diable. On l’appelle Justine ou les Malheurs de la vertu. Brûlez-le et ne le lisez point s’il tombe entre vos mains : je le renie. »
Une première version est rédigée à la Bastille en 1787. Par étapes successives, l’auteur ajoute de nouveaux épisodes scabreux qu’il fait se succéder les uns aux autres, comme un feuilleton.
Deux volumes en 1791, pas moins de dix volumes illustrés de cent gravures obscènes en 1799 sous le Directoire, « la plus importante entreprise de librairie pornographique clandestine jamais vue dans le monde » selon Jean-Jacques Pauvert, sous le titre de La Nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu, suivie de l’Histoire de Juliette, sa sœur.
Le livre scandalise, mais surtout il fait peur : très vite on sent que la subversion l’emporte sur l’obscénité. C’est pourquoi les contemporains lui refusent ce minimum de tolérance dont bénéficient ordinairement les écrits licencieux. Justine, on la rejette en bloc, sans appel, on voudrait la voir anéantie. L’œuvre marque la naissance de la mythologie sadienne.
Bonaparte jetant Justine au feu :« le livre le plus abominable qu’ait enfanté l’imagination la plus dépravée ».
SADISME
Le sadisme est la recherche de plaisir dans la souffrance (physique ou morale: domination, contrôle...) volontairement infligée à autrui (éventuellement un animal). Même si le sadisme peut exister indépendamment des activités sexuelles, il y est fréquemment associé. Plus encore, certaines personnes ne peuvent avoir de relations sexuelles satisfaisantes sans infliger des souffrances à autrui.
Origine du nom "sadisme" ►
Le terme a été créé par Richard_von_Krafft-Ebing à partir du nom du philosophe du XVIIIe, Sade, dont les écrits servent à démontrer le crime. Son oeuvre est essentiellement philosophique, politique, anticléricale et démonstrative. Il se sert des sévices sexuels fantasmés, écrits, par provocation et aussi parce que du fond de sa prison, il ne lui reste qu'une sexualité virtuelle, il est à la fois Justine : "...ce que peut bien éprouver notre héroïne. De vrai est difficile à dire. Et Sade le sait trop parce que Justine c'est lui." Sade s'incarne aussi dans Juliette. Voilà une des raisons qui font que le sadisme ne peut être assimilé comme le contraire ou le complément du masochisme.
Le sadisme est souvent lié à tort au masochisme. Gilles Deleuze, dans sa présentation de Sacher-Masoch, montre que le masochisme n'est ni le contraire ni le complément du sadisme, mais un monde à part, avec d'autres techniques et d'autres effets. Les actes sadiques, telles que la torture, sont émis sans le consentement de l'autre, tandis que le BDSM relève des pratiques entre adultes consentants.
Psychanalyse du "sadisme"►
Le sadisme fut essentiellement rattaché par Freud à l'activité sexuelle à proprement parler. Mais l'emploi désigna déjà chez lui la volonté d'infliger de la souffrance au-delà de la sexologie. Par la suite, d'autres auteurs retiendront cette compréhension du sadisme hors activité sexuelle. Le sadisme se comprend alors comme manifestation d'une pulsion de mort, mêlée à une pulsion sexuelle (voir par exemple Clara, l'héroïne du roman d'Octave Mirbeau, Le Jardin des supplices), mais renvoyant à la sexualité psychique plus qu'à un acte à proprement parler.
Le concept renvoie à d'autres points, comme le fantasme de scène primitive. La scène originaire est la perception par l'enfant, ou le fantasme, de voir l'activité sexuelle des parents. Ce rapport sexuel parental sera souvent perçu comme un acte sadique de la part du père. Le sadisme renvoie à cette scène originaire, hautement débattue et organisant largement la vie fantasmatique.
En psychanalyse, le sadisme est une perversion, et la défense contre le sadisme est commune dans la névrose, en particulier dans la névrose obsessionnelle, qui représente une défense contre le sadisme-anal, basé sur le fantasme de contrôler les excréments.
Le sadisme est la recherche de plaisir dans la souffrance (physique ou morale: domination, contrôle...) volontairement infligée à autrui (éventuellement un animal). Même si le sadisme peut exister indépendamment des activités sexuelles, il y est fréquemment associé. Plus encore, certaines personnes ne peuvent avoir de relations sexuelles satisfaisantes sans infliger des souffrances à autrui.
Origine du nom "sadisme" ►
Le terme a été créé par Richard_von_Krafft-Ebing à partir du nom du philosophe du XVIIIe, Sade, dont les écrits servent à démontrer le crime. Son oeuvre est essentiellement philosophique, politique, anticléricale et démonstrative. Il se sert des sévices sexuels fantasmés, écrits, par provocation et aussi parce que du fond de sa prison, il ne lui reste qu'une sexualité virtuelle, il est à la fois Justine : "...ce que peut bien éprouver notre héroïne. De vrai est difficile à dire. Et Sade le sait trop parce que Justine c'est lui." Sade s'incarne aussi dans Juliette. Voilà une des raisons qui font que le sadisme ne peut être assimilé comme le contraire ou le complément du masochisme.
Le sadisme est souvent lié à tort au masochisme. Gilles Deleuze, dans sa présentation de Sacher-Masoch, montre que le masochisme n'est ni le contraire ni le complément du sadisme, mais un monde à part, avec d'autres techniques et d'autres effets. Les actes sadiques, telles que la torture, sont émis sans le consentement de l'autre, tandis que le BDSM relève des pratiques entre adultes consentants.
Psychanalyse du "sadisme"►
Le sadisme fut essentiellement rattaché par Freud à l'activité sexuelle à proprement parler. Mais l'emploi désigna déjà chez lui la volonté d'infliger de la souffrance au-delà de la sexologie. Par la suite, d'autres auteurs retiendront cette compréhension du sadisme hors activité sexuelle. Le sadisme se comprend alors comme manifestation d'une pulsion de mort, mêlée à une pulsion sexuelle (voir par exemple Clara, l'héroïne du roman d'Octave Mirbeau, Le Jardin des supplices), mais renvoyant à la sexualité psychique plus qu'à un acte à proprement parler.
Le concept renvoie à d'autres points, comme le fantasme de scène primitive. La scène originaire est la perception par l'enfant, ou le fantasme, de voir l'activité sexuelle des parents. Ce rapport sexuel parental sera souvent perçu comme un acte sadique de la part du père. Le sadisme renvoie à cette scène originaire, hautement débattue et organisant largement la vie fantasmatique.
En psychanalyse, le sadisme est une perversion, et la défense contre le sadisme est commune dans la névrose, en particulier dans la névrose obsessionnelle, qui représente une défense contre le sadisme-anal, basé sur le fantasme de contrôler les excréments.
Citations du Marquis de Sade
"Oui, je suis libertin, j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier."
"Le nom de Dieu ne sera jamais prononcé qu'accompagné d'invectives et d'imprécations et on le répètera le plus souvent possible." ( Les 120 journées de Sodome / 1785)
"La prière est la plus douce consolation du malheureux ; il devient plus fort quand il a rempli ce devoir." (Justine / 1788)
"Le système de l'amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme et non pas à la nature." (Justine / 1788)
"L'homme serait le plus heureux des êtres si du seul besoin qu'il a d'une illusion quelconque ne naissait aussitôt la réalité." (Justine / 1788)
"Un de mes plus grands plaisirs est de jurer Dieu quand je bande; il me semble que mon esprit, alors mille fois plus exalté, abhorre et méprise bien mieux cette dégoûtante chimère." (La Philosophie dans le boudoir / 1795)
"Dès l'instant où il n'y a plus de Dieu, à quoi sert d'insulter son nom ? Mais c'est qu'il est essentiel de prononcer des mots forts ou sales dans l'ivresse du plaisir, et que ceux du blasphème servent bien l'imagination ; il faut orner ces mots du plus grand luxe d'expression ; il faut qu'ils scandalisent le plus possible ; car il est très doux de scandaliser ; il existe là un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement à dédaigner."( La Philosophie dans le boudoir / 1795)
"Un Dieu suppose une création, c'est-à-dire un instant où il n'y eut rien, ou bien un instant où tout fut dans le chaos. Si l'un ou l'autre de ces états était un mal, pourquoi votre Dieu le laissait-il subsister ? Etait-il un bien, pourquoi le change-t-il ? Mais si tout est bien maintenant, votre Dieu n'a plus rien à faire: or, s'il est inutile, peut-il être puissant, et s'il n'est pas puissant peut-il être Dieu; si la nature se meut elle-même enfin, à quoi sert le moteur ?"(Justine / 1797)
"L'idée de dieu est, je l'avoue, le seul tort que je ne puisse pardonner à l'homme." (L'Histoire de Juliette / 1797)
"Mon plus grand chagrin est qu'il n'existe réellement pas de Dieu et de me voir privé, par là, du plaisir de l'insulter plus positivement." ( L'Histoire de Juliette / 1797)
"Si ce Dieu, centre du mal et de la férocité, tourmente et fait tourmenter l'homme par la nature, et par d'autres hommes pendant tout le temps de son existence, comment douter qu'il n'agisse de même, et peut-être involontairement, sur ce souffle qui lui servit, et qui [...] n'est autre que le mal lui-même." ( L'Histoire de Juliette / 1797)
"Le prétendu Dieu des hommes n'est que l'assemblage de tous les êtres, de toutes les propriétés, de toutes les puissances ; il est la cause immanente et non distincte de tous les effets de la nature ; c'est parce qu'on s'est abusé sur les qualités de cet être chimérique, c'est parce qu'on l'a vu tour à tour bon, méchant, jaloux, vindicatif, qu'on a supposé de là qu'il devait punir ou récompenser. Mais Dieu n'est que la nature et tout égal à la nature : tous les êtres qu'elle produit sont indifférents à ses yeux, puisqu'il ne lui coûte pas plus à créer l'un que l'autre." (L'Histoire de Juliette / 1797)
"Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer." (Pensées)
"Tout le bonheur des hommes est dans l'imagination."
"Oui, je suis libertin, j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier."
"Le nom de Dieu ne sera jamais prononcé qu'accompagné d'invectives et d'imprécations et on le répètera le plus souvent possible." ( Les 120 journées de Sodome / 1785)
"La prière est la plus douce consolation du malheureux ; il devient plus fort quand il a rempli ce devoir." (Justine / 1788)
"Le système de l'amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme et non pas à la nature." (Justine / 1788)
"L'homme serait le plus heureux des êtres si du seul besoin qu'il a d'une illusion quelconque ne naissait aussitôt la réalité." (Justine / 1788)
"Un de mes plus grands plaisirs est de jurer Dieu quand je bande; il me semble que mon esprit, alors mille fois plus exalté, abhorre et méprise bien mieux cette dégoûtante chimère." (La Philosophie dans le boudoir / 1795)
"Dès l'instant où il n'y a plus de Dieu, à quoi sert d'insulter son nom ? Mais c'est qu'il est essentiel de prononcer des mots forts ou sales dans l'ivresse du plaisir, et que ceux du blasphème servent bien l'imagination ; il faut orner ces mots du plus grand luxe d'expression ; il faut qu'ils scandalisent le plus possible ; car il est très doux de scandaliser ; il existe là un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement à dédaigner."( La Philosophie dans le boudoir / 1795)
"Un Dieu suppose une création, c'est-à-dire un instant où il n'y eut rien, ou bien un instant où tout fut dans le chaos. Si l'un ou l'autre de ces états était un mal, pourquoi votre Dieu le laissait-il subsister ? Etait-il un bien, pourquoi le change-t-il ? Mais si tout est bien maintenant, votre Dieu n'a plus rien à faire: or, s'il est inutile, peut-il être puissant, et s'il n'est pas puissant peut-il être Dieu; si la nature se meut elle-même enfin, à quoi sert le moteur ?"(Justine / 1797)
"L'idée de dieu est, je l'avoue, le seul tort que je ne puisse pardonner à l'homme." (L'Histoire de Juliette / 1797)
"Mon plus grand chagrin est qu'il n'existe réellement pas de Dieu et de me voir privé, par là, du plaisir de l'insulter plus positivement." ( L'Histoire de Juliette / 1797)
"Si ce Dieu, centre du mal et de la férocité, tourmente et fait tourmenter l'homme par la nature, et par d'autres hommes pendant tout le temps de son existence, comment douter qu'il n'agisse de même, et peut-être involontairement, sur ce souffle qui lui servit, et qui [...] n'est autre que le mal lui-même." ( L'Histoire de Juliette / 1797)
"Le prétendu Dieu des hommes n'est que l'assemblage de tous les êtres, de toutes les propriétés, de toutes les puissances ; il est la cause immanente et non distincte de tous les effets de la nature ; c'est parce qu'on s'est abusé sur les qualités de cet être chimérique, c'est parce qu'on l'a vu tour à tour bon, méchant, jaloux, vindicatif, qu'on a supposé de là qu'il devait punir ou récompenser. Mais Dieu n'est que la nature et tout égal à la nature : tous les êtres qu'elle produit sont indifférents à ses yeux, puisqu'il ne lui coûte pas plus à créer l'un que l'autre." (L'Histoire de Juliette / 1797)
"Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer." (Pensées)
"Tout le bonheur des hommes est dans l'imagination."
16 Eylül 2010 Perşembe
CARLA BRUNI - UNE VIE SECRETE
Comprendre "le rôle de Carla Bruni aux côtés de son mari", voilà l'ambition de Basma Lahouri, auteure de la biographie non autorisée de Carla Bruni, à paraître ce mercredi. Le livre qui fait déjà beaucoup couler d'encre en France comme à l'international dresse le portrait d'une femme sulfureuse qui cherche à tout prix à contrôler son image.
Deux biographies de la première dame de France doivent paraître cette semaine, l'une est autorisée et l'autre ne l'est pas. Naturellement, celle qui n'a pas reçu l'accord de l'intéressée fait beaucoup plus parler d'elle, à tel point que l'Elysée se serait battu pour en obtenir une copie avant sa parution. L'auteur de ladite biographie, Basma Lahouri, dresse un portrait de l'ex top-model comme une "tigresse", mais aussi comme une femme qui a "renié ses engagements "épidermiquement de gauche"". Dans son livre, la journaliste a surtout tenté de comprendre "le rôle de Carla Bruni aux côtés de son mari".
Une femme à hommes
Carla, une vie secrète est qualifiée de biographie non autorisée car l'auteur n'a pu rencontrer l'épouse du chef de l'Etat, qui n'a pas souhaité la recevoir. La journaliste a donc dû mener son enquête auprès des proches de la belle italienne et la chose n'a pas été des plus aisées. Elle a de fait longuement soumis son livre à ses avocats pour éviter tout problème judiciaire.
A travers cette biographie on (re)découvre une première dame de France "Don Juane". Car oui on pouvait se douter que la belle avait connu de nombreux amours, mais il est plus surprenant d'apprendre que ceux qui ont véritablement compté pour elle font toujours partie de son entourage proche. "Il faut lui reconnaître ce don de fédérer autour d’elle des hommes qu’elle a pourtant quittés" affirme l'auteur. Une sorte de clan qu'elle a su imposer au Président Nicolas Sarkozy. En 2008 par exemple, si on a pu voir la "tigresse" au bras de son mari, le couple était entouré de Jean-Paul Enthoven, un ex de la belle largué au profit de son propre fils Raphaël Enthoven. Autre exemple, au micro de RTL mardi 14 septembre Basma Lahouri a expliqué que c'était d'ailleurs pour cette raison qu'on avait pu voir le chef de l'Etat "partir en vacances avec toute la tribu".
Une femme sans réel engagement politique.
"Carla est quelqu’un qui vit dans le XVIème arrondissement de Paris, entourée de personnel. Elle n’a aucun contact avec la réalité et vit dans une bulle dorée." écrit la journaliste. Puis d'ajouter "Depuis deux ans, elle a tellement réécrit son histoire, changé son image et renié ses engagements "épidermiquement de gauche" que même Carla ne doit plus savoir qui elle est vraiment. En tout cas, elle ne doit plus être de gauche.". Basma Lahouri va même plus loin en affirmant que la fille de bonne famille "se dit de gauche, mais on ne l’entend plus sur aucun sujet d’actualité. (…) Si elle l’était encore, supporterait-elle les agissements de son mari?"
Elle qui au début de son mariage faisait parler d'elle en créant la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, pour le bien-être social, ne l'aurait en réalité créé que pour voler la vedette à Cécilia, l'ancienne femme du Président. On apprend également dans cet ouvrage que la belle italienne "s’intéresse surtout à son image qu’elle cherche à maîtriser par tous les moyens.".
Face à cette biographie qui fait scandale avant même sa parution, Carla et les ambitieux la biographie autorisée devrait également sortir dans les prochains jours. Cet ouvrage, d'Yves Derai et Michaël Darmon, pour lequel la première dame de France a accordé de nombreux entretiens, se concentre sur la vie de Carla comme épouse du président de la République.
Comprendre "le rôle de Carla Bruni aux côtés de son mari", voilà l'ambition de Basma Lahouri, auteure de la biographie non autorisée de Carla Bruni, à paraître ce mercredi. Le livre qui fait déjà beaucoup couler d'encre en France comme à l'international dresse le portrait d'une femme sulfureuse qui cherche à tout prix à contrôler son image.
Deux biographies de la première dame de France doivent paraître cette semaine, l'une est autorisée et l'autre ne l'est pas. Naturellement, celle qui n'a pas reçu l'accord de l'intéressée fait beaucoup plus parler d'elle, à tel point que l'Elysée se serait battu pour en obtenir une copie avant sa parution. L'auteur de ladite biographie, Basma Lahouri, dresse un portrait de l'ex top-model comme une "tigresse", mais aussi comme une femme qui a "renié ses engagements "épidermiquement de gauche"". Dans son livre, la journaliste a surtout tenté de comprendre "le rôle de Carla Bruni aux côtés de son mari".
Une femme à hommes
Carla, une vie secrète est qualifiée de biographie non autorisée car l'auteur n'a pu rencontrer l'épouse du chef de l'Etat, qui n'a pas souhaité la recevoir. La journaliste a donc dû mener son enquête auprès des proches de la belle italienne et la chose n'a pas été des plus aisées. Elle a de fait longuement soumis son livre à ses avocats pour éviter tout problème judiciaire.
A travers cette biographie on (re)découvre une première dame de France "Don Juane". Car oui on pouvait se douter que la belle avait connu de nombreux amours, mais il est plus surprenant d'apprendre que ceux qui ont véritablement compté pour elle font toujours partie de son entourage proche. "Il faut lui reconnaître ce don de fédérer autour d’elle des hommes qu’elle a pourtant quittés" affirme l'auteur. Une sorte de clan qu'elle a su imposer au Président Nicolas Sarkozy. En 2008 par exemple, si on a pu voir la "tigresse" au bras de son mari, le couple était entouré de Jean-Paul Enthoven, un ex de la belle largué au profit de son propre fils Raphaël Enthoven. Autre exemple, au micro de RTL mardi 14 septembre Basma Lahouri a expliqué que c'était d'ailleurs pour cette raison qu'on avait pu voir le chef de l'Etat "partir en vacances avec toute la tribu".
Une femme sans réel engagement politique.
"Carla est quelqu’un qui vit dans le XVIème arrondissement de Paris, entourée de personnel. Elle n’a aucun contact avec la réalité et vit dans une bulle dorée." écrit la journaliste. Puis d'ajouter "Depuis deux ans, elle a tellement réécrit son histoire, changé son image et renié ses engagements "épidermiquement de gauche" que même Carla ne doit plus savoir qui elle est vraiment. En tout cas, elle ne doit plus être de gauche.". Basma Lahouri va même plus loin en affirmant que la fille de bonne famille "se dit de gauche, mais on ne l’entend plus sur aucun sujet d’actualité. (…) Si elle l’était encore, supporterait-elle les agissements de son mari?"
Elle qui au début de son mariage faisait parler d'elle en créant la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, pour le bien-être social, ne l'aurait en réalité créé que pour voler la vedette à Cécilia, l'ancienne femme du Président. On apprend également dans cet ouvrage que la belle italienne "s’intéresse surtout à son image qu’elle cherche à maîtriser par tous les moyens.".
Face à cette biographie qui fait scandale avant même sa parution, Carla et les ambitieux la biographie autorisée devrait également sortir dans les prochains jours. Cet ouvrage, d'Yves Derai et Michaël Darmon, pour lequel la première dame de France a accordé de nombreux entretiens, se concentre sur la vie de Carla comme épouse du président de la République.
Source: Marie Curci (http://www.lepetitjournal.com/)
Mardi 14 septembre 2010
DIDEROT (1713-1784)
Il apparait comme la figure la plus représentative du 18ème siècle militant. Courageux, passionné, fourmillant d’idées il a été l’âme de la lutte philosophique et le directeur de L’Encyclopédie, à la quelle il a donné son corps et son âme. Il a créé un nouveau genre dans la littérature: le critique d’art.
Il est issu d’une bourgeoisie aisée, son père coutelier, le destine à devenir prêtre mais avide de connaissence il s’en va à Paris, il apprend les maths, l’anglais, le droit. Son père lui coupe les vivres. Contraint de gagner sa vie, il exerce plusieurs métiers. A 30 ans, il se marie une jeune fille plus pauvre que lui. Un de ses premiers ouvrages “Lettre Sur Les Aveugles” lui vaut plusieurs mois de prison. Par la suite il se voit confier la direction de "L’Encyclopédie", tâche immense qui devient son activité essentielle. Il vit encore une vie modeste et vend sa bibliothèque à Catherine 2. Il part pour Saint-Petersbourg, il rentre enchanté. Les dernières années de sa vie s’écoulent dans l’aisance.
L’ENCYCLOPEDIE
Autant qu’un répertoire de connaissances humaines, l’Encyclopédie était une oeuvre de polémique, une arme de propagande au service des idées philosophiques. Les attaques étaient dirigées au nom de la raison et de l’expérience, contre les traditions les croyances et les autorités que l’on voulait saper.
LETTRE SUR LES AVEUGLES A L’USAGE DE CEUX QUI VOIENT
Dissertant sur la cécité il évoque le cas du mathématicien aveugle Saunderson et lui prête des propos qu’il aurait tenus avant sa mort qui vont contre la religion.
LE FILS NATUREL OU LES EPREUVES DE LA VERTU
Dorval qui est de naissance illégitime et qui en souffre, résiste avec vertu à l’amour qu’il éprouve pour la fiancée de son meilleur ami. Le hasard lui fait bientôt découvrir que cette jeune fille est sa propre soeur. Il trouve finalement le bonheur auprès d’une autre.
LE NEVEU DE RAMEAU
C’est un dialogue (entre moi et lui), ayant une base veridique entre Jean-François Rameau, bohème parisien et le neveu du célèbre musicien et un philosophe, vraisemblablement l’auteur lui-même. La conversation roule sur tous les grands thèmes de l’époque: le roman, la musique, la morale, la philosophie. Elle est entrecoupée de pantomimes où Diderot raconte comment le neveu de Rameau mime toutes sortes de situations. Diderot cherche à redéfinir son rôle de philosophie; il se met en question. C’est une bombe qui tombe au millieu de la littérature.
JACQUES LE FATALISTE
Jacques en voyage avec son maitre entreprend de lui raconter ses amours; mais ses confidences sont constamment interrompues par des événements imprévus ou des récits insérés par l’auteur. Diderot utilise sa liberté de créateur et semble s’amuser à troubler le lecteur. C’est un antiroman car il pose des questions sur ce qu’il est et sur le genre romanesque.
Diderot n’est pas déiste comme Voltaire qui compare Dieu à “un grand horloger”. Il ne reconnait dans le monde qu’une réalité, la matière dont il entrevoit les perpétuelles mutations: “tous les êtres circulent les uns dans les autres. Tout est en un flux perpétuel. Tout animal est plus ou moins homme, tout minéral est tout ou moins plante, toute plante est tout ou moins animal... Il n’y a qu’un seul individu, c’est le tout. Naitre, vivre et passer c’est changer de forme.”
La Morale Naturelle Chez Diderot
Tout ce que la nature a produit doit nécessairement avoir une utilité puisque cela existe: “il n’y a ni vice, ni vertu, rien dont il faille récompenser ou châtier”.
Qu’est-ce dont qui distingue les hommes?
La bienfaisance et la malfaisance. Le malfaisant est un homme qu’il faut détruire et non punir; la bienfaisance est une bonne fortune pas une vertu.
Le critique d’art
Le goût du pathétique, du dramatique est courant à l’époque, il souhaite que l’oeuvre d’art soit porteuse d’une émotion. Mais le goût du pathétique ne l’empêche pas de rechercher le naturel. Il souhaiterait que le pathétique soit tiré directement des scènes de la vie quotidienne
Il apparait comme la figure la plus représentative du 18ème siècle militant. Courageux, passionné, fourmillant d’idées il a été l’âme de la lutte philosophique et le directeur de L’Encyclopédie, à la quelle il a donné son corps et son âme. Il a créé un nouveau genre dans la littérature: le critique d’art.
Il est issu d’une bourgeoisie aisée, son père coutelier, le destine à devenir prêtre mais avide de connaissence il s’en va à Paris, il apprend les maths, l’anglais, le droit. Son père lui coupe les vivres. Contraint de gagner sa vie, il exerce plusieurs métiers. A 30 ans, il se marie une jeune fille plus pauvre que lui. Un de ses premiers ouvrages “Lettre Sur Les Aveugles” lui vaut plusieurs mois de prison. Par la suite il se voit confier la direction de "L’Encyclopédie", tâche immense qui devient son activité essentielle. Il vit encore une vie modeste et vend sa bibliothèque à Catherine 2. Il part pour Saint-Petersbourg, il rentre enchanté. Les dernières années de sa vie s’écoulent dans l’aisance.
L’ENCYCLOPEDIE
Autant qu’un répertoire de connaissances humaines, l’Encyclopédie était une oeuvre de polémique, une arme de propagande au service des idées philosophiques. Les attaques étaient dirigées au nom de la raison et de l’expérience, contre les traditions les croyances et les autorités que l’on voulait saper.
LETTRE SUR LES AVEUGLES A L’USAGE DE CEUX QUI VOIENT
Dissertant sur la cécité il évoque le cas du mathématicien aveugle Saunderson et lui prête des propos qu’il aurait tenus avant sa mort qui vont contre la religion.
LE FILS NATUREL OU LES EPREUVES DE LA VERTU
Dorval qui est de naissance illégitime et qui en souffre, résiste avec vertu à l’amour qu’il éprouve pour la fiancée de son meilleur ami. Le hasard lui fait bientôt découvrir que cette jeune fille est sa propre soeur. Il trouve finalement le bonheur auprès d’une autre.
LE NEVEU DE RAMEAU
C’est un dialogue (entre moi et lui), ayant une base veridique entre Jean-François Rameau, bohème parisien et le neveu du célèbre musicien et un philosophe, vraisemblablement l’auteur lui-même. La conversation roule sur tous les grands thèmes de l’époque: le roman, la musique, la morale, la philosophie. Elle est entrecoupée de pantomimes où Diderot raconte comment le neveu de Rameau mime toutes sortes de situations. Diderot cherche à redéfinir son rôle de philosophie; il se met en question. C’est une bombe qui tombe au millieu de la littérature.
JACQUES LE FATALISTE
Jacques en voyage avec son maitre entreprend de lui raconter ses amours; mais ses confidences sont constamment interrompues par des événements imprévus ou des récits insérés par l’auteur. Diderot utilise sa liberté de créateur et semble s’amuser à troubler le lecteur. C’est un antiroman car il pose des questions sur ce qu’il est et sur le genre romanesque.
Diderot n’est pas déiste comme Voltaire qui compare Dieu à “un grand horloger”. Il ne reconnait dans le monde qu’une réalité, la matière dont il entrevoit les perpétuelles mutations: “tous les êtres circulent les uns dans les autres. Tout est en un flux perpétuel. Tout animal est plus ou moins homme, tout minéral est tout ou moins plante, toute plante est tout ou moins animal... Il n’y a qu’un seul individu, c’est le tout. Naitre, vivre et passer c’est changer de forme.”
La Morale Naturelle Chez Diderot
Tout ce que la nature a produit doit nécessairement avoir une utilité puisque cela existe: “il n’y a ni vice, ni vertu, rien dont il faille récompenser ou châtier”.
Qu’est-ce dont qui distingue les hommes?
La bienfaisance et la malfaisance. Le malfaisant est un homme qu’il faut détruire et non punir; la bienfaisance est une bonne fortune pas une vertu.
Le critique d’art
Le goût du pathétique, du dramatique est courant à l’époque, il souhaite que l’oeuvre d’art soit porteuse d’une émotion. Mais le goût du pathétique ne l’empêche pas de rechercher le naturel. Il souhaiterait que le pathétique soit tiré directement des scènes de la vie quotidienne
LA PENSÉE DE DIDEROT
Diderot accepte qu’il y a des paradoxes des contradictions entre ses pensées, son oeuvre. Il avait commencé par un déisme qui s’est approché vers un athéisme matérialiste. Il était un pantophile, un optimiste, il avait confiance à l’homme. Il trouvait bien l’univers, puis dans les heures de depression il commençait à trouver l’homme méchant et l’univers malheureux. Il tend vers un pessimisme.
Il défend la passion et l’émotion forte qui emportent la conviction (la foi) et l’enthousiasme. La nature de l’homme contient des passions, sans passion l’homme n’est rien du tout comme un instrument sans corde. Il aime faire des disputes surtout sur la science et la théologie.
Cette énergie, ce tumulte favorise des pensées on obtient une vérité, c’est qu’il y a un mouvement continuel de fermentation dans l’univers, que le monde est une matière en évolution, il n’y a qu’un seul individu; c’est le tout, toute forme est une mutation successive. L’être nait vit et meurt, change de forme et continue à exister jusqu’à l’infinie dans de divers formes. Tout homme est plus ou moins plante, toute minérale est plus ou moins animal..... le philosophe imite la mouvance de la logique.
Dans les oeuvres de Diderot on voit des dialogues animés ( le neveu de Rameau, les entretiens...) parce qu’il cherche la vérité en essayant par l’expérience vivante. Le personnage principal est toujours agité, il est original. On ne peut jamais planifier la discussion et la pensée avance dans le désordre et la diversité. On attrappe la vérité dans l’accumulation des paroles. Il se défend à cause des idées contradictoires et des tumultes et dit qu’en pensant on a bien vacillé mais c’est surtout pour atteindre à la vérité et souvent il l’obtient.
Par cette oeuvre (la lettre sur les aveugles...) Diderot résume “le véritable sentiment”. Un aveugle Saunderson, qui est un mathématicien, dans un dernier délire décrit l’homme comme un hasard de la matière en évolution. L’homme qui est un être vivant est au hasard dans la forme de l’être humain, il est en train d’évoluer. Le monde est un accident passager de l’éternel mouvement universel. Les mondes estropiés manquants vont se dissiper puis se reformuler puis encore se dissiper et ainsi de suite...dans des espaces éloignés différents que l’on ne peut pas voir mais le mouvement continuera toujours sans cesse en un flux perpétuel.
D’après le matérialisme l’homme n’est pas une créature divine qui est douée d’une conscience et d’une âme comme le défend la religion. Donc pas d’âme ni conscience dans cette philosophie. Il ya une seule vérité c’est la matière et celle-ci est sensible et l’esprit n’existe pas en soi, donc elle ne contient pas d’esprit. Diderot défend que la connaissance vient des sens, par conséquent la morale ou la métaphysique dépend de l’etat des organes de l’homme.
Diderot accepte qu’il y a des paradoxes des contradictions entre ses pensées, son oeuvre. Il avait commencé par un déisme qui s’est approché vers un athéisme matérialiste. Il était un pantophile, un optimiste, il avait confiance à l’homme. Il trouvait bien l’univers, puis dans les heures de depression il commençait à trouver l’homme méchant et l’univers malheureux. Il tend vers un pessimisme.
Il défend la passion et l’émotion forte qui emportent la conviction (la foi) et l’enthousiasme. La nature de l’homme contient des passions, sans passion l’homme n’est rien du tout comme un instrument sans corde. Il aime faire des disputes surtout sur la science et la théologie.
Cette énergie, ce tumulte favorise des pensées on obtient une vérité, c’est qu’il y a un mouvement continuel de fermentation dans l’univers, que le monde est une matière en évolution, il n’y a qu’un seul individu; c’est le tout, toute forme est une mutation successive. L’être nait vit et meurt, change de forme et continue à exister jusqu’à l’infinie dans de divers formes. Tout homme est plus ou moins plante, toute minérale est plus ou moins animal..... le philosophe imite la mouvance de la logique.
Dans les oeuvres de Diderot on voit des dialogues animés ( le neveu de Rameau, les entretiens...) parce qu’il cherche la vérité en essayant par l’expérience vivante. Le personnage principal est toujours agité, il est original. On ne peut jamais planifier la discussion et la pensée avance dans le désordre et la diversité. On attrappe la vérité dans l’accumulation des paroles. Il se défend à cause des idées contradictoires et des tumultes et dit qu’en pensant on a bien vacillé mais c’est surtout pour atteindre à la vérité et souvent il l’obtient.
Par cette oeuvre (la lettre sur les aveugles...) Diderot résume “le véritable sentiment”. Un aveugle Saunderson, qui est un mathématicien, dans un dernier délire décrit l’homme comme un hasard de la matière en évolution. L’homme qui est un être vivant est au hasard dans la forme de l’être humain, il est en train d’évoluer. Le monde est un accident passager de l’éternel mouvement universel. Les mondes estropiés manquants vont se dissiper puis se reformuler puis encore se dissiper et ainsi de suite...dans des espaces éloignés différents que l’on ne peut pas voir mais le mouvement continuera toujours sans cesse en un flux perpétuel.
D’après le matérialisme l’homme n’est pas une créature divine qui est douée d’une conscience et d’une âme comme le défend la religion. Donc pas d’âme ni conscience dans cette philosophie. Il ya une seule vérité c’est la matière et celle-ci est sensible et l’esprit n’existe pas en soi, donc elle ne contient pas d’esprit. Diderot défend que la connaissance vient des sens, par conséquent la morale ou la métaphysique dépend de l’etat des organes de l’homme.
Résumé du Neveu de Rameau de Denis Diderot
Commencé en 1761 ou en 1762, souvent remise en chantier jusque vers 1772, ce récit dialogué, qui contient probablement plusieurs passages autobiographiques, n’a pas été publiée par Diderot (mort en 1784). Goethe traduisit cette œuvre en allemand en 1805. Ce qui est étonnant c’est que la première édition française du Neveu de Rameau (1821) ne fut pas la version originale de Diderot mais une traduction de cette traduction. Ce n'est qu'en 1891 (plus d’un siècle après sa mort), que le manuscrit autographe, retrouvé par hasard chez un bouquiniste, permit enfin de faire connaître le texte original de cette œuvre de Diderot.
Dans un café du Palais-Royal, le philosophe (Moi) rencontre le neveu du célèbre compositeur Rameau (lui).
Le neveu de Rameau est à la fois artiste, philosophe, fantasque et cynique. Comparé au « Neveu », le philosophe incarne lui la réflexion. Il a surtout pour but de donner la réplique au Neveu.
Lui et Moi entament un longue joute verbale. Ils s’interrogent sur ce qu’est un génie : un artiste et un citoyen idéal ou un monstre d’égoïsme? Ils débattent ensuite de l'éducation des jeunes filles, de l'immoralisme, de l’aide aux indigents , de la flatterie comme art de vivre, de la musique ...
Le Neveu affirme d’emblée que l’Education est inutile, qu’il n’a jamais rien appris et que cela ne lui porte aucun préjudice. Il en profite pour faire l’éloge du parasitisme. Il évoque ses expériences de bouffon auprès de ses protecteurs : la comédienne Melle Hus et le financier Bertin. Il n’hésite pas d’ailleurs à se moquer avec beaucoup de férocité de ces pseudo-mécènes qui ont besoin d’artistes pour animer leurs dîners et se divertir.
Rameau nie ensuite les valeurs telles que la vertu ou l’amitié. S’y soumettre serait pour lui synonyme de malheur. Le philosophe a beau s’offusquer d’un tel cynisme, et le mettre en garde de l’impossibilité d’être heureux avec une telle immoralité, le Neveu lui rétorque que c’est la Société qui impose une telle attitude et que lui se délecte de calquer ses vices sur ceux des autres ; et de mimer avec un réel talent tous les sentiments nécessaires pour paraître et briller en société.
Concernant la morale, Le Neveu affirme que chacun agit conformément à ses intérêts et non d’après les grands principes. Il se réjouit de son propre amoralisme et veut juger la vie , les personnes et les événements non en bien ou en mal mais à l’aune de la beauté et du prestige qu’ils confèrent.
Le philosophe reprend l’initiative de la conversation et oriente celle-ci sur la musique. Rameau se lance alors dans un éblouissant plaidoyer en faveur de la musique Italienne et de l’opéra. Il prend position contre on oncle. Il mime à lui tout seul tout un opéra . Il y tient alternativement tous les rôles et souhaite ainsi démonter que le chant peut exprimer toutes les passions.
Le philosophe est émerveillé par tant de talents et s’interroge sur le décalage entre les dons de Rameau et son manque de vertu. Par manque de courage lui répond ce dernier. Il explique que selon lui nous sommes tous des gueux : même le roi a un maître devant lequel il s’avilit pour en obtenir quelque bénéfice. Le philosophe lui réplique que lui, a renoncé au désir, et qu’il a pour ambition de vivre libre et intègre.
La cloche de l’opéra annonce le début du spectacle. Le Neveu qui évoquait alors sa défunte épouse met fin à l’entretien.
Analyse du caractère “Le neveu du Rameau”
C’est le neveu du grand musicien Jean-François Rameau. Il est dilettante, beau parleur, parasite. C’est un personnage cynique qui représente la partie la plus importante de la ville et de la cour.
Diderot a fait un type, celui du raté génial ( un génie qui n’a pas réussi dans sa vie, dans sa carrière), homme à paradoxes, dépourvu de tout sens moral.
Tous ses traits sont accusés, ses dons naturels et ses défauts sont portés à leur paroxysme(extrême intensité).
Analyse de “LUI & MOI”
La ressemblance physique entre Rameau et Diderot est frappante: même vigueur de poumons, même voix de stentor, même goût de la gesticulation, même don de mimer ce qu’ils ressentent. Diderot lui aussi a connu la vie de bohème; il est remarquable lui aussi par la chaleur de son imagination. Nous comprenons ainsi que son héros est un autre lui-même: le philosophe s’intéresse au bohème parce qu’il lui ressemble tout en s’opposant violemment à lui. Il ne prend certes pas à son compte tous les scandaleux paradoxes de Rameau, mais ce sont au moins des objections qu’il a dû se faire à lui-même: Rameau traduit la tendance anarchique que Diderot refoule généralement.
Commencé en 1761 ou en 1762, souvent remise en chantier jusque vers 1772, ce récit dialogué, qui contient probablement plusieurs passages autobiographiques, n’a pas été publiée par Diderot (mort en 1784). Goethe traduisit cette œuvre en allemand en 1805. Ce qui est étonnant c’est que la première édition française du Neveu de Rameau (1821) ne fut pas la version originale de Diderot mais une traduction de cette traduction. Ce n'est qu'en 1891 (plus d’un siècle après sa mort), que le manuscrit autographe, retrouvé par hasard chez un bouquiniste, permit enfin de faire connaître le texte original de cette œuvre de Diderot.
Dans un café du Palais-Royal, le philosophe (Moi) rencontre le neveu du célèbre compositeur Rameau (lui).
Le neveu de Rameau est à la fois artiste, philosophe, fantasque et cynique. Comparé au « Neveu », le philosophe incarne lui la réflexion. Il a surtout pour but de donner la réplique au Neveu.
Lui et Moi entament un longue joute verbale. Ils s’interrogent sur ce qu’est un génie : un artiste et un citoyen idéal ou un monstre d’égoïsme? Ils débattent ensuite de l'éducation des jeunes filles, de l'immoralisme, de l’aide aux indigents , de la flatterie comme art de vivre, de la musique ...
Le Neveu affirme d’emblée que l’Education est inutile, qu’il n’a jamais rien appris et que cela ne lui porte aucun préjudice. Il en profite pour faire l’éloge du parasitisme. Il évoque ses expériences de bouffon auprès de ses protecteurs : la comédienne Melle Hus et le financier Bertin. Il n’hésite pas d’ailleurs à se moquer avec beaucoup de férocité de ces pseudo-mécènes qui ont besoin d’artistes pour animer leurs dîners et se divertir.
Rameau nie ensuite les valeurs telles que la vertu ou l’amitié. S’y soumettre serait pour lui synonyme de malheur. Le philosophe a beau s’offusquer d’un tel cynisme, et le mettre en garde de l’impossibilité d’être heureux avec une telle immoralité, le Neveu lui rétorque que c’est la Société qui impose une telle attitude et que lui se délecte de calquer ses vices sur ceux des autres ; et de mimer avec un réel talent tous les sentiments nécessaires pour paraître et briller en société.
Concernant la morale, Le Neveu affirme que chacun agit conformément à ses intérêts et non d’après les grands principes. Il se réjouit de son propre amoralisme et veut juger la vie , les personnes et les événements non en bien ou en mal mais à l’aune de la beauté et du prestige qu’ils confèrent.
Le philosophe reprend l’initiative de la conversation et oriente celle-ci sur la musique. Rameau se lance alors dans un éblouissant plaidoyer en faveur de la musique Italienne et de l’opéra. Il prend position contre on oncle. Il mime à lui tout seul tout un opéra . Il y tient alternativement tous les rôles et souhaite ainsi démonter que le chant peut exprimer toutes les passions.
Le philosophe est émerveillé par tant de talents et s’interroge sur le décalage entre les dons de Rameau et son manque de vertu. Par manque de courage lui répond ce dernier. Il explique que selon lui nous sommes tous des gueux : même le roi a un maître devant lequel il s’avilit pour en obtenir quelque bénéfice. Le philosophe lui réplique que lui, a renoncé au désir, et qu’il a pour ambition de vivre libre et intègre.
La cloche de l’opéra annonce le début du spectacle. Le Neveu qui évoquait alors sa défunte épouse met fin à l’entretien.
Analyse du caractère “Le neveu du Rameau”
C’est le neveu du grand musicien Jean-François Rameau. Il est dilettante, beau parleur, parasite. C’est un personnage cynique qui représente la partie la plus importante de la ville et de la cour.
Diderot a fait un type, celui du raté génial ( un génie qui n’a pas réussi dans sa vie, dans sa carrière), homme à paradoxes, dépourvu de tout sens moral.
Tous ses traits sont accusés, ses dons naturels et ses défauts sont portés à leur paroxysme(extrême intensité).
Analyse de “LUI & MOI”
La ressemblance physique entre Rameau et Diderot est frappante: même vigueur de poumons, même voix de stentor, même goût de la gesticulation, même don de mimer ce qu’ils ressentent. Diderot lui aussi a connu la vie de bohème; il est remarquable lui aussi par la chaleur de son imagination. Nous comprenons ainsi que son héros est un autre lui-même: le philosophe s’intéresse au bohème parce qu’il lui ressemble tout en s’opposant violemment à lui. Il ne prend certes pas à son compte tous les scandaleux paradoxes de Rameau, mais ce sont au moins des objections qu’il a dû se faire à lui-même: Rameau traduit la tendance anarchique que Diderot refoule généralement.
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- Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
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- Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
- Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
- Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
- André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
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- Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
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- Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
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- Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
- Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
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- Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
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- Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
- Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
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- Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
- François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
- Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
- Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
- Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
- Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
- Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
- Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
- Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
- Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
- Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
- Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
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- Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
- Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
- Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
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- Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
- Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
- Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
- François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)




























