Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

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Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

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Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

15 Şubat 2011 Salı

 LA QUERELLE
 DES ANCIENS ET DES MODERNES

Dès le début du XVIIème siècle apparaissent des signes de l'esprit moderne qui va provoquer, à partir de 1687, une importante querelle littéraire. Sous Louis XIII, les écrivains indépendants revendiquent la liberté totale de leur inspiration et Boisrobert, comparant Homère à un chanteur de carrefour, trouve les anciens "sans goût et sans délicatesse".

Se plaçant l'un et l'autre au point de vue scientifique, Descartes et Pascal ont substitué au respect stérile de l'autorité des anciens l'idée de la souveraineté de la raison, dont les conquêtes successives justifient la croyance au progrès. Pascal compare toute la suite des hommes à un même homme qui subsiste toujours et apprend continuellement: "Ceux que nous appelons anciens étaient véritablement nouveaux en toutes choses, et formaient l'enfance de l'homme proprement; et comme nous avons joint à leurs connaissances l'expérience des siècles qui les ont survis, c'est en nous que l'on peut trouver cette antiquité que nous révérons dans les autres" (Traité du Vide). Du progrès dans les sciences, on allait tirer l'idée du progrès artistique.

Par réaction contre l'abus du merveilleux païen, des poètes puisèrent leurs sujets dans la Bible et l'histoire religieuse, et l'on en vint à proclamer qu'une littérature reposant sur les vérités du christianisme devait être supérieure à toute littérature païenne. C'est Desmartes de Saint-Sorlin qui, dans ses préfaces de Clovis, des Délices de l'Esprit, de Marie-Magdeleine et dans sa Défense du Poème héroïque, affirma le plus vivement la valeur poétique de l'Ecriture, la supériorité du merveilleux chrétien sur le merveilleux païen, la prééminence des modernes sur les anciens. C'était, plus d'un siècle avant Chateaubriand, la thèse du Génie du christianisme. Mais Boileau, Corneille, Saint-Evremond protestèrent contre l'impiété qu'il y aurait à égayer par des ornements les mystères terribles du christianisme et contre l'emploi d'un merveilleux moins charmant que le merveilleux païen. Avant de mourir, Desmarets confiait à Charles Perrault le soin de libérer la littéraire de l'influence antique.

Vers 1680, les "Modernes" se font plus entreprenants. L'érudit Charpentier rédige, pour les tableaux de Versailles, des inscriptions en français: d'où une querelle, où il proclame "l'excelence de la langue française" et la supériorité de l'art moderne. Un neveu de Corneille, Fontenelle, attaque les anciens; à son tour, Saint-Evremond conteste la nécessité de les imiter éternellement. Mais ce sont les frères Perrault, brouillés de longue date avec Boileau qui vont pousser à fond l'offensive contre les anciens.

A l'Académie, le 27 janvier 1687, Charles Perrault présente le Siècle de Louis le Grand, poème où il critique les anciens, loue les contemporains et proclame la supériorité du siècle de Louis XIV sur celui d'Auguste. Soutenu par les académiciens, il est attaqué par les partisans des anciens.

Boileau s'indigne dans deux épigrammes injurieuses: La Fontaine réplique plus sérieusement dans l'Epitre à Huet; l'année suivante, La Bruyère défend les anciens dans son Discours sur Théophraste et railles les modernes.

Mais les "Modernes", qui disposent d'un journal, Le Mercure Galant, poussent à fond leur attaque. Fontenelle reprend la thèse du progrès dans sa Digression sur les Anciens et les Modernes: son éléction à l'Académie est saluée comme une victoire. Quant à Perrault, il ressemble ses arguments dans ses Parallèles des Anciens et des Modernes.

En 1693, Boileau publie l'Ode pindarique sur la prise de Namur, précédée d'un Discours où il expose les mérites des anciens et sa doctrine de l'imitation; l'année suivante, il écrit la satire X contre les Femmes, qui soutiennent les modernes; Perrault lui répond par une Apologie des Femmes. En 1694 enfin, dans ses Réflexions sur Longin, Boileau se tire d'une situation délicate en invoquant l'épreuve des siècles: il admire les modernes, ses amis, mais évite de les comparer aux anciens.

La querelle s'apaisa grâce au grand Arnauld, qui réconcilia les deux adversaires: dans une Lettre à Perrault, Boileau se montra moins intransigeant, et Perrault moins acerbe dans le Dialogue V des Parallèles.

Vingt ans plus tard, le conflit renaissait à propos d'Homère, Mme Dacier, savante helléniste, avait publié une traduction en prose des vingt-quatre chants de l'Iliade. Houdart de la Motte, qui ne savait pas le grec, tira de cette traduction une Iliade en vers en douze chants. Mme Dacier protesta dans un traité des Causes de la corruption du goût; La Motte répliqua modérément dans ses Réflexions sur la critique, soutenu par des érudits comme les abbés de Pons, Terrasson et d'Aubignac, qui doutait même de l'existence d'Homère. C'est Fénelon qui pacifia les esprits dans sa Lettre à l'Académie, où il loue les modernes tout en admirant vivement les anciens.
LA THESE DES MODERNES

Dans le Siècle de Louis le Grand, Perrault refuse d'admirer sans réserve les anciens: "Ils sont grands, il est vrai, mais hommes comme nous". "On peut n'adorer pas toute l'antiquité". Perrault en appelle au témoignage des mondains et surtout des femmes rebutées par les traductions de Platon qui "commence à devenir quelquefois ennuyeux", et par le "galimatias" de Pindare. Depuis que, grâce au télescope et au microscope, "mille mondes nouveaux ont été découverts", la physique d'Aristote lui-même parait ridicule.

Selon Perrault, c'est par manque d'esprit critique qu'on applaudit "à mille grossières": on admire les anciens sur la foi d'hommes dont on révère assez l'autorité pour les croire sur parole. Les Savants se sont libérés dans ce dangereux principe: ils étudient la physique, la médecine, l'astronomie dans la nature et non dans Aristote, Hippocrate et Ptolémée. Les Artistes, à leur tour, doivent conquérir leur indépendance, sauf (prudente réserve!) dans les questions religieuses et politiques: "Partout ailleurs la raison peut agir en souveraine et user de ses droits. Quoi donc! il nous sera défendu de porter notre jugement sur les ouvrages d'Homère et de Virgile, de Démosthène et de Cicéron, et d'en juger comme il nous plaira parce que d'autres avant nous en ont jugé à leur fantaisie?"

Fontenelle, de son côté, insiste sur le danger de se soumettre à l'autorité: "Rien n'arrête tant le progrès des choses, rien ne borne tant les esprits, que l'admiration excessive des anciens... Si l'on allait s'entêter en jour de Descartes et le mettre à la place d'Aristote, ce serait à peu près le même inconvéniant".

Pourquoi les modernes seraient-ils inférieurs aux anciens? L'argument théorique de la permanence des lois de la nature est un de ceux qui reviennent le plus souvent. C'est peut-être Fontenelle qui l'a le mieux affirmé: "Toute la question générale de la prééminence entre les anciens et les modernes étant une fois bien entendue se réduit à savoir si les arbres qui étaient autrefois dans nos campagnes étaient plus grands que ceux d'aujourd'hui. En cas qu'ils aient été, Homère, Platon, Démosthène ne peuvent être égalés dans ces derniers siècles: mais si nos arbres sont aussi grands que ceux d'autrefois, nous pouvons égaler Homère, Platon et Démosthène... La nature a entre les mains une certaine pâte qui est toujours la même, qu'elle tourne et retourne sans cesse en mille façons, et dont elle forme les hommes, les animaux et les plantes; et certainement elle n'a point formé Platon, Démosthène ni Homère d'une argile plus fine et mieux préparée que nos philosophes, nos orateurs et nos poètes d'aujourd'hui". Ainsi l'antériorité n'est pas une marque de supériorité: "Les anciens ont tout inventé, c'est sur ce point que leurs partisans triomphent: donc ils avaient beaucoup plus d'esprit que nous; point de tout mais ils étaient avant nous... Si l'on nous avait mis en leur place nous aurions inventé".

Supériorité des modernes
La nature est toujours la même en général dans toutes ses productions; mais les siècles ne sont pas toujours les mêmes; et, toutes choses pareilles, c'est un avantage à un siècle d'être venu après les autres". Ainsi Perrault n'hésite pas à admettre que les arts suivent la loi du progrès au même titre que les sciences: "Nous ne comparons pas les hommes avec les hommes qui se sont toujours ressemblé et qui se ressembleront toujours, c'est-à-dire que les grands génies d'un siècle, regardés en eux-mêmes et dans leurs talents purement naturels, sont toujours égaux aux grands génies d'un autre siècle; mais nous comparons les ouvrages des anciens avec ceux des modernes, et l'avantage d'être venus les derniers est si grand que plusieurs ouvrages des modernes, quoique leurs auteurs soient d'un génie médiocre, valent mieux que plusieurs ouvrages des plus grands hommes de l'antiquité".

L'avantage des modernes sur les anciens tient à leur connaissance supérieure des règles d'art, des préceptes transmis et enrichis de siècle en siècle depuis l'antiquité. Ce porgrès est sensible dans la peinture et la sculpture: "La peinture en elle-même est aujourd'hui plus accomplie que dans le siècle de Raphaël, parce que, du côté de clair-obscur, de la dégradation des lumières et des diverses bienséances de la composition, on est plus instruit et plus délicat qu'on ne l'a jamais été. De même, en littérature les anciens n'avaient pas toutes les règles que nous avons". Ainsi, à génie égale, un moderne doit être supérieur à un ancien.

Dans l'ardeur de la polémique Perrault s'est laissé entrainer à affirmer la prééminence de tous les modernes dans tous les genres, "par cette raison générale qu'il n'y a rien que le temps ne perfectionne". Il proclame la supériorité de Corneille, Molière, Pascal, La Fontaine, La Bruyère mais aussi celle de Voiture, Sarasin, Saint-Amant, Benserade; il prend un malin plaisir à réhabiliter les victimes de Boileau, les Cotin, Scudéry, Quinault, Chapelain; il n'hésite pas à placer Lemaitre au dessus de Démosthème et de Cicéron! Dans son enthousiasme il va jusqu'à se réjouir de voir le siècle de Louis XIVème "parvenu en quelque sorte au sommet de la perfection". Plus raisonnable Fontenelle se garde d'arrêter au XVIIème siècle la chaine du progrès. Pour lui, comme pour Pascal, l'humanité est comparable à un homme qui atteint maintenant sa maturité, mais "cet homme-là n'aura point de vieillesse: il sera toujours également capable des choses auxquelles sa jeunesse était propre, et il sera toujours de plus en plus de celles qui conviennent à l'âge de virilité: les vues saines de tous les bons esprits qui se succèderont s'ajouteront toujours les uns aux autres".

Les idées des Anciens
Les partisans des anciens comptaient parmi les plus grands écrivains du siècle: ils furent pourtant longs à exprimer les arguments valables, et peu adroits dans leurs répliques. Boileau avait commencé par comparer ses adversaires à des sauvages Hurons ou "Topinambous"; trop longtemps il se contenta d'injurier Perrault et ses amis.

C'est que cette querelle engageait dans la confusion faussait la véritable portée des problèmes. Les "Modernes" en étaient venus à exagérer ridiculement leur thèse, mais ils avaient, sur le plan théorique, l'argument irréfutable de la permanence des lois naturelles. De leur côté, les "Anciens", ne pouvant accepter la discussion théorique abordant les questions sous l'angle pratique, avec leurs préoccupations d'écrivains: ils se demandent si, en fait, les écrivains modernes sont supérieurs aux anciens, s'il est possible de les comparer, s'il est souhaitable d'abandonner l'imitation de l'art antique.

Sourds les uns et les autres aux arguments adverses, ils ne donnent jamais l'impression d'une discussion serrée où l'on pourrait tour à tour marquer les points des deux adeversaires. Aussi convient-il d'étudier, non pas la thèse des "Anciens", mais les idées que cette querelle leur a fait préciser et qui éclairent l'art classique.

Dans l'Epitre à Huet, La Fontaine formule les idées essentielles des grands classiques. Comme lui, Racine, Boileau, La Bruyère ont le culte des anciens. Ils ne nient pas les mérites des écrivains modernes, mais Homère et Virgile sont leur "dieux du Parnasse".

Les Anciens doivent être pris pour modèles: "Arts et guides, tout est dans les Champs-Elysées", et, selon La Fontaine "on s'égare en voulant tenir d'autres chemins". Ce n'est pas par préjugé ou par routine que les classiques imitent les anciens; La Fontaine s'appuie sur son expérience personnelle: il a failli "se gâter" en immitant un moderne -Voiture- et c'est l'exemple des anciens qui l'a ramené au bon sens: "Horace, par bonheur, me dessilla les yeux". S'inspirer des anciens, s'est donc se prémunir contre les erreurs de la préciosité et de l'enflure ou du burlesque, pratiquer "l'art de la simple nature". "Reprendre enfin le simple et le naturel".

Loin d'être aveugle, cette imitation soumise aux grands principes de la raison et du naturel, n'aliène en rien l'originalité de l'auteur moderne. Pour Boileau, l'étude des chefs-d'ouvre consacrés par les siècles révèle aux modernes les règles de l'art: c'est la connaissance de ces règles qui guident les écrivains et permet aux critiques de juger seinement les contemporains.

Les partisans des anciens soulignent malicieusement que les meilleurs écrivains modernes sont justement ceux qui ont imité les anciens. La Fontaine fait nottament allusion à Boileau, Racine et Molière. Quant à La Bruyère, il souligne l'ingratitude de Perrault et de ses amis à l'égard des anciens.

Champion des anciens Boileau ne peut pourtant nier la valeur des meilleurs écrivains modernes, ses propres amis, comme lui fervent admirateurs de l'Antiquité. Il se tire d'affaire par des considérations sur la nécessité d'attendre l'approbation de la postérité pour établir le vrai mérite des ouvrages: "L'Antiquité d'un écrivain n'est pas un titre certain de son mérite; mais l'antique et constante admiration qu'on a toujours eue pour ses ouvrages est une preuve sûre et infaillible qu'on les doit admirer... Le gros des hommes à la longue ne se trompe point sur les ouvrages de l'esprit. Il n'est plus question, à l'heure qu'il est de savoir si Homère, Platon, Cicéron, Virgile sont des hommes merveilleux; c'est une chose sans contestation puisque vingt siècles en sont convenus; il s'agit de savoir en quoi consiste ce merveilleux qui les a fait admirer de tant de siècles, et il faut trouver moyen de le voir, ou renoncer aux belles lettres, auxquels vous devez croire que vous n'avez ni goût ni génie, puisque vous ne sentez point ce qu'ont senti tous les hommes". Ainsi, la raison est, comme le veulent les "Modernes", l'arbitre souverain des ouvrages de l'esprit mais le jugement de la raison qui peut être égarer par les modes ou les engouements d'une époque, doivent être confirmés à travers les siècles pour acquérir une valeur définitive. Il est donc imprudent de comparer à un auteur ancien un écrivain moderne sur lequel nos jugements ne sont que provisoires et restent sujets à révision. Ne commence-t-on pas à découvrir les défauts de Corneille et à lui préférer Racine? "La Postérité jugera qui vaut le mieux des deux; car je suis persuadé que les écrits de l'un et de l'autre passeront aux siècles suivants: mais jusque-là ni l'un ni l'autre ne doit être mis en parallèle avec Euripide et avec Sophocle, puisque leurs ouvrages n'ont point encore le sceau qu'ont les ouvrages d'Euripide et de Sopchocle, je veux dire l'approbation de plusieurs siècles". C'est par cette argumentation habile mais un peu flottante que Boileau contestait le principe même des Parallèles des Anciens et les Modernes.

14 Şubat 2011 Pazartesi


COUP DE FOUDRE


 L’action de la tragédie se déroule à Rome, en 55 après Jésus-Christ, au début du règne de Néron. La mère de l’empereur, Agrippine, attend que son fils veuille bien la recevoir. Eveillée avant l’aube, dans l’atmosphère du palais endormi, elle est impatiente et inquiète. Un coup d’éclat s’est produit pendant la nuit : pour une raison qu’elle ignore, Néron a fait enlever Junie, qui est fiancée à Britannicus, fils du défunt empereur Claude. Or, Agrippine protège, pour des motifs politiques, les amours des deux jeunes gens et se sent provoquée, voire menacée, par le rapt dont Néron est l’instigateur ; elle promet donc son aide à Britannicus. Mais voici que Néron apparait sur la scène au début du second acte et confie à l’affranchi Narcisse son secret.

NERON
Narcisse, c'en est fait, Néron est amoureux.

NARCISSE
Vous !

NERON
Depuis un moment ; mais pour toute ma vie,
J'aime, que dis-je aimer, j'idolâtre Junie.

NARCISSE
Vous l'aimez !

NERON
Excité d'un désir curieux,
Cette nuit je l'ai vue arriver en ces lieux,
Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes,
Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes,
Belle, sans ornement, dans le simple appareil

NERON
D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil. Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence,
Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence,
Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs,
Relevaient de ses yeux les timides douceurs,
Quoi qu'il en soit, ravi d'une si belle vue,
J'ai voulu lui parler, et ma voix s'est perdue :
Immobile, saisi d'un long étonnement,
Je l'ai laissé passer dans son appartement.
J'ai passé dans le mien. C'est là que, solitaire,
De son image en vain j'ai voulu me distraire.
Trop présente à mes yeux je croyais lui parler ;
J'aimais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler.
Quelquefois, mais trop tard, je lui demandais grâce :
J'employais les soupirs, et même la menace.
Voilà comme, occupé de mon nouvel amour,
Mes yeux, sans se fermer, ont attendu le jour.
Mais je m'en fais peut-être une trop belle image :
Elle m'est apparue avec trop davantage :
Narcisse, qu'en dis-tu ?


Jean RACINE, Britannicus, acte II, scène 2, vers 382 à 409

PREMIER RENCONTRE

PREMIER BONHEUR


A l’issue d’une discussion âpre avec son père, Julien Sorel, accepte de devenir précepteur des enfants de M. de Rênal. Le voici devant la grille de  la maison, « saisi, nous dit Stendhal, d’une invincible timidité ». Mme de Rênal, de son côté, est troublée à l’idée qu’un étranger va « se trouver constamment entre elle et ses enfants » ; qui plus est, elle imagine ce précepteur sous les traits d’« un être grossier et mal peigné, chargé de gronder ses fils »…

Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d'entrée la figure d'un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette.
Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d'entrée, et qui évidemment n'osait pas lever la main jusqu'à la sonnette. Mme de Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du précepteur. Julien, tourné vers la porte, ne la voyait pas s'avancer. Il tressaillit quand une voix douce lui dit tout près de l'oreille :
- Que voulez-vous ici, mon enfant ?
Julien se tourna vivement, et, frappé du regard si rempli de grâce de Mme de Rênal, il oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu'il venait faire. Mme de Rénal avait répété sa question.
- Je viens pour être précepteur, madame, lui dit-il enfin, tout honteux de ses larmes qu'il essuyait de son mieux.
Mme de Rênal resta interdite, ils étaient fort près l'un de l'autre à se regarder. Julien n'avait jamais vu un être aussi bien vêtu et surtout une femme avec un teint si éblouissant, lui parler d'un air doux. Mme de Rênal regardait les grosses larmes qui s'étaient arrêtées sur les joues si pâles d'abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. Bientôt elle se mit à rire, avec toute la gaieté folle d'une jeune fille, elle se moquait d'elle-même et ne pouvait se figurer tout son bonheur. Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants !

STENDHAL, Le Rouge et le Noir, livre premier, chapitre 6
 LUNE DE MIEL

Fille d'un cultivateur aisé, Emma a épousé Charles Bovary, médecin dans une petite ville de Normandie. La jeune femme, très romanesque, est vite déçue par la vie mesquine qu'elle mène auprès de son mari. Elle s'éprend d'un jeune clerc de notaire, Léon Dupuis, dont les goûts romantiques sont en accord avec son tempérament rêveur. Elle saisit l'occasion d'un voyage à Rouen pour le rejoindre clandestinement...

Ce furent trois jours pleins, exquis, splendides, une vraie lune de miel.
Ils étaient à l'hôtel de Boulogne sur le port. Et ils vivaient là, volets fermés, portes closes, avec des fleurs par terre et des sirops à la glace qu'on leur apportait dès le matin. Vers le sois, ils prenaient une barque couverte et allaient diner dans une ile.

C'était l'heure où l'on entend au bord des chantiers, retentir le maillet des calfats, contre la coque des vaisseaux. La fumée du goudron s'échappait d'entre les arbres, et l'on voyait sur la rivière de larges gouttes grasses, ondulant inégalement sous la couleur pourpre du soleil, comme des plaques de bronze florentin, qui flottaient.

Ils desendaient au millieu des barques amarrées, dont les longs câbles obliques frôlaient un peu le dessus de la barque.
Les bruits de la ville insensiblement s'élognaient, le roulement des charettes, le tumulte des bois, le jappement des chiens sur le pont des navires. Elle dénouait son chapeau et ils abordaient à leur ile.

Ils se plaçaient dans la salle basse d'un cabaret qui avait à sa porte des filets noirs suspendus. Ils mengeaint de la fritures d'éperlans, de la crème et des cerises. Ils se couchaient sur l'herbe; ils s'embrassaient à l'écart sous les peupliers; et ils auraient voulu comme deux Robinsons, vivre perpétuellement dans ce petit endroit qui leur semblait en leur béatitude le plus magnifique de la terre. Ce n'était pas la première fois qu'ils apercevaient des arbres du ciel bleu, du gazon, qu'ils entendaient l'eau couler à la brise soufflant dans le feuillage; mais ils n'avaient sans soute jamais admiré tout cela, comme si la nature n'existait pas auparavant ou qu'elle n'eut commencé à être belle que depuis l'assouvissance de leur désir.

A la nuit, ils repartaient. La barque suivait le bord des iles. Ils restaient au fond, tous les deux cachés par l'ombre sans parler. Les avirons carrés sonnaient entre les volets de fer; et cela marquait dans le silence comme un battement de métronom, tandis qu'à l'arrière la bauce qui trainait ne discontinuait pas son petit clapotement doux dans l'eau.

Une fois la lune parut; alors ils ne manquèrent pas à faire des phrases, trouvant l'astre mélancolique et plein de poésies; même elle, se mit à chanter:
un soir, t-en souvient-il ? , nous voguions etc.

Sa voix harmonieuse et faible se perdait sur les flots; et le vent emportait les roulades que Léon écoutait passer, comme des battements d'ailes, autour de lui.

Elle se tenait en face appuyée contre la cloison de la chaloupe, où la lune entrait par un des volets ouverts. Sa robe noire, dont les drapperies s'élargissaient en éventail, l'amincissait, la rendait plus grande. Elle avait la tête levée, les mains jointes, et les deux yeux vers le ciel. Parfois, l'ombre des saules la cachait en entier puis elle réapparaissait tout à coup, comme une vision, dans la lumière de la lune.

Gustave Flaubert, Madame Bovary
 LETTRE D'AMOUR

Ariane ne croit plus à l'amour: son mari, Adrien, distant, et sa belle-famille créent en effet, une atmosphère irrespirable autour d'elle. Mais, un jour, Adrien lui présente un ami nommé Solal. Un amour fou commence alors... Et lorsque Solal doit s'absenter pour raisons professionnelles (il travaille à la Société des Nations), elle attend ses lettres avec grande fébribilité...

Trois fois dans la journée, bien avant l'arrivée du courrier, elle était sur la route à attendre. Lorsqu'il n'y avait pas de lettre de l'absent elle faisait au facteur un sourire aimable, la mort dans l'âme. Lorsqu'il y avait une lettre, elle l'ouvrait tout de suite, la balayait du regard. Une lecture superficielle, du bout des yeux. Elle s'empêchait d'en prendre vraiment connaissance, ne voulait pas s'en pénétrer. Il s'agissait seulement de s'assurer qu'il n'y avait pas de catastrophe, qu'il n'était pas malade, que son retour à Genève n'était pas retardé. La lecture pour de vrai viendrait plus tard, à la maison. Rassurée, elle courait vers la villa et la vraie lecture courait (...) et s'empêchait de crier son bonheur. Ma chérie, murmurait-elle à la lettre ou à elle-même.

Dans sa chambre, l'habituel cérémonial. Porte fermée à clé, volets fermés, rideaux tirés, boules de cire pour supprimer les bruits du dehors, tous les bruits de non-amour. La lampe de chevet allumée, elle s'étendait sur le lit, arrangeait l'oreiller. Non, ne pas lire encore, faire durer le plaisir. Voir un peu l'enveloppe d'abord. Belle enveloppe, solide, sans l'affreux doublage intérieur. Très bien. Et il avait collé le timbre soigneusement, pas sans dessus dessous, tout droit juste au bon endroit avec amour, voilà. Oui, parfaitement, c'était une preuve d'amour. Elle regardait la lettre de loin, sans la lire. Ainsi lorsqu'elle était une petite fille, elle considérait le biscuit Petit-Beurre avant de le manger. Non, ne pas lire, attendre encore. Elle est à ma diposition mais il faut que je meure d'envie de la lire. Regardons un peu l'adresse. Il a pensé à moi en écrivant mon nom et parce qu'il a dû mettre madame qui fait honorable, decent il a peut-être pensé par contraste à moi nue, si belle, qu'il a vue de tous les côtés. Maintenant, regardons un peu le papier, mais du côté pas écrit. Papier très beau, japon peut-être. Non, le papier ne sent rien. Il sent la netteté, la propreté absolue, un papier viril, voilà.

Soudain, elle n'en pouvait plus. C'était alors une lecture minutieuse et lente, une étude de la lettre, avec des arrêts pour méditer, pour se représenter, les yeux fermés, et sur les lèvres un sourire un peu idiot, un peu divin. Afin de mettre en valeur des mots plus tendres ou plus ardents, elle recouvrait parfois la feuille des ses deux mains, de manière que seule la phrase merveilleuse restât visible. Elle s'hypnotisait sur cette phrase. Pour mieux la sentir elle la déclamait, ou encore, prenant une glace à la main, se la confiait à mi-voix et s'il lui écrivait qu'il était triste sans elle, elle était contente, elle riait. Il est triste, il est triste, chic! s'écriait-elle et elle relisait la lettre, la relisait tant de fois qu'elle ne la comprenait plus et que les mots perdaient leur sens.

Un soir, elle trouva qu'avec les doigts ça n'allait pas bien pour cacher. Elle sauta hors du lit, prit une feuille blanche, découpa un petit réctangle avec des ciseaux, recommença la lecture. Oui, c'était un meilleur système. Par la petite fenêtre on ne voyait que trois ou quatre mots à la fois et c'était encore plus chic, les mots vivaient davantage. Lorsqu'elle arrivait à "la plus belle des femmes", elle fit un bond hors du lit courut à la psychée voir cette belle femme. Oui, c'était juste, mais cette beauté ne servait à rien puisqu'il n'était pas là. Devant la glace, elle fit des grimaces enlaidissantes pour se consoler de l'absence de l'aimé. Eh là, assez de grimaces, ça pouvait abimer la peau, ou même détériorer les muscles d'en dessous. Pour réparer le dégât possible, elle fit un sourire angélique.

Albert Cohen, Belle du Seigneur, (Gallimard)

12 Şubat 2011 Cumartesi


L’ENIGME DU FUNICULAIRE
 (RECIT POLICIER) 

Cette affaire du funiculaire m’a valu bien des migraines. Si, une fois encore, j’avais écouté les avis de celui qui était, alors, devenu mon ami le commissaire Merlin, j’aurais pu en venir à bout tout de suite. Mais non! Je cédai à l’excitation de la poursuite au lieu de réfléchir. Il m’avait pourtant répété souvent: « L’imagination, mets la à la porte! Un criminel, c’est comme un prestidigitateur. Si tu regardes ses mains, tu es fichu. Ne perds jamais de vue ses yeux! » Facile à dire!

Le crime fut commis dans le funiculaire de Montmartre à huit heures et demie du matin, au début de Mars. Je revois les lieux avec une netteté extraordinaire, sans doute parce qu’il faisait froid et que Paris était plongé dans un brouillard inhabituel. Je me rappelle que des nuées jaunâtres s’étiraient au flanc de la Butte semblables à ces nuages qui s’accrochent aux pentes, certains matins d’automne, en Auvergne. De la minuscule gare inférieure, on ne distinguait que confusément celle du haut, et les rails semblaient flotter dans le vide. J’interrogeai l’unique employé, qui donne les billets et ferme la porte de la cabine. Il l’avait forcément remarquée, puisqu’elle avait attendu pendant quelques minutes.
- Il n’y a jamais grand monde jusqu’à dix ou onze heures, m’expliqua–t–il. Surtout pour monter. Quelques personnes qui viennent assister à la messe, au Sacré–Cœur ou des touristes matinaux…

- Avait–elle l’air agité, ou effrayé ?
- Elle paraissait avoir froid. Elle battait un peu la semelle et semblait surtout très pressée de partir.
- Et l’homme ?
L’employé hésita.
- Il est arrivé juste au moment où j’allais fermer la porte. Je n’ai guère eu le temps de regarder. Il portait un long imperméable noir et une casquette, ou peut être un béret.
- Vous rappelez–vous les places qu’ils occupaient dans la cabine ?
- Elle était assise à une extrémité; lui est resté debout.
- Combien de temps dure le voyage ?
- Presque rien. Une minute.

Un crime commis en moins d’une minute, voilà qui n’était pas banal. J’empruntai l’escalier, car le funiculaire avait été mis provisoirement hors service. Tout en montant, je me remémorai les premiers éléments de l’enquête qui m’avaient déjà été communiqués. La victime s’appelait Jacqueline Delvriere; elle avait vingt–trois ans, habitait rue Lonchamp. Le commissaire de police l’avait trouvée à l’endroit même où elle était tombée, c’est à dire au fond de la cabine. Elle avait été étranglée avec son écharpe. Dans sa chute, son sac à main de crocodile de grand prix, s’était ouvert et avait répandu son contenu jusque sous la banquette: un porte–carte, un bâton de rouge, un poudrier, un paquet de Chesterfield, un briquet et un minuscule mouchoir de soie. Pas d’argent, ce qui semblait établir qu’on avait tué Jacqueline Delvrière pour la voler, car cette jeune femme, très élégante -elle portait un tailleur gris sortant de chez un grand couturier– ne se promenait certainement pas dans Paris sans avoir même un billet de mille francs (on comptait en francs légers , à l’époque)  mais ce qui était absolument inattendu, c’était la découverte dans la poche droite du tailleur gris, d’un petit pistolet automatique au chargeur garni. Mieux encore: il y avait une balle dans le canon et le cran d’arrêt était relevé.

C’est ce détail qui m’avait immédiatement excité. Puisque Jacqueline Delvrière était armée elle aurait pu se défendre. Mais pourquoi cette jeune femme était–elle armée ? Elle craignait donc d’être attaquée ? Par qui ? Par le voyageur arrivé au dernier moment ? Pourtant, si elle l’avait connu, n’aurait–elle pas crié, essayé de sortir alerter l’employé ? Je chassai résolument ces questions importunes en arrivant au dernier palier. Le temps était là–haut, un peu plus clair. On devinait la masse blanche du Sacré–Cœur et il y avait du bleu, par échappées. L’employé était beaucoup plus excité que son collègue d’en bas et j’eus du mal à l’apaiser.

- Voyons ! Voyons ! Est–ce que vous aperceviez la cabine montante ?
- Non. Elle est brusquement sortie du brouillard et s’est arrêtée presque aussitôt. Les vitres étaient couvertes de buée et de gouttes d’eau. On ne voyait rien à l’intérieur. J’ai ouvert et un bonhomme est sorti, auquel je n’ai, bien entendu, prêté aucune attention.
- Il était vêtu d’un imperméable noir, paraît–il ?
- Peut–être !…Vous savez, il passe tant de monde, ici, dans une journée !…J’ai cru qu’il était seul. J’ai jeté un coup d’œil dans la cabine; c’est le règlement. Vous n’imaginez pas tous les objets oubliés que l’on récolte. Une fois, on a même trouvé un chimpanzé !…Bref, j’ai vu le corps.
- L’homme avait eu le temps de disparaître ?
- Rendez–vous compte. En deux enjambées, on est dehors. J’ai donc vu le corps et, tout de suite, j’ai compris qu’il y avait du vilain… Si cette femme s’était simplement trouvée mal, l’homme nous aurait avertis non ? Il n’aurait pas filé. A tout hasard, j’ai demandé aux voyageurs qui attendaient sur le quai, pour descendre, s’il n’y avait pas parmi eux un médecin. Ils étaient sept : trois séminaristes un soldat, une dame et deux messieurs. Justement, l’un des deux a levé la main. Il a dit : « Je ne suis pas médecin , mais je pourrai peut être quand même donner les premiers soins ». Alors, je l’ai fait entrer et on a regardé. « J’ai bien peur qu’il ne soit trop tard », m’a encore dit le monsieur. Comme les autres se pressaient à la porte, je les ai priés de se reculer. Il a fallu se gendarmer; c’est formidable, ils voulaient tous voir. Un des séminaristes criait: « S’il y a quelqu’un en danger de mort, il a le droit d’avoir un prêtre ! »
J’ai du monter la garde. D’ailleurs, la malheureuse était bien morte. Alors, j’ai appelé Police – secours.

Je posai encore quelques questions, par acquit de conscience; quand je redescendis, je ne savais rien de plus que ce qui figurait déjà dans le premier rapport. Je l’avais dans ma poche, j’y jetai un coup d’œil.

Jacquline Delvrière était la fille d’un bijoutier du Faubourg Saint–Honoré. Son mari, directeur des services commerciaux d’une grande firme automobile, était actuellement en Allemagne, où on essayait de la joindre. De ce côté, il n’ y avait qu’à attendre. Je me rendis rue de Lonchamp, au domicile des Delvrière. La bonne était d’origine espagnole et me comprit assez mal. Elle réussit, cependant, à me faire entendre que sa maîtresse sortait beaucoup, qu’il y avait toujours des invités et que le service était lourd. Oui, le ménage semblait uni…oui, Delvrière était souvent absent… Je n’ai pas coutume d’accorder aux propos des gens de maison une grande importance. Ils m’aident surtout à situer mes personnages. Cette fois, je l’avoue, je n’y voyais pas clair. Pourquoi Jacqueline Delvrière était–elle au pied de la Butte à huit heures et demie du matin ? C’est l’heure où une femme du monde commence à se réveiller. La bonne m’apprit que sa maîtresse, la veille, s’était couchée tard. Il y avait trois amis à diner, des familiers: M et Mme Lainé et un autre monsieur, dont elle ignorait le nom, mais qui venait souvent. M Lainé était docteur. Je notai ces détails parce qu’il ne faut rien négliger, mais j’avais l’impression qu’ils m ‘éloignaient de la piste de l’homme à l’imperméable. A moins que… Peut être cet homme était–il un ami de Jacqueline Delvrière ? Peut - être avaient–ils rendez–vous dans ce funiculaire dont le trajet est si bref qu’on n’a pas le temps de tenir une conversation ? Et puis, il y avait eu vol à n’en pas douter.

La bonne me confirma ce point : oui, madame avait toujours un peu d’argent sur elle, quelques milliers de francs. Et s’il s’agissait d’un vol simulé ? L’homme avait pu voler les billets pour donner le change, pour faire croire à un crime crapuleux. D’ailleurs, ce long imperméable noir, cette casquette, tout m’incitait à penser que l’inconnu s’était composé une silhouette. Plus je ruminais cette affaire et plus je sentais qu’il y avait un mystère, dans la vie de Jacqueline Delvrière. Je regagnai mon bureau et là, coup de théâtre. L’identité judiciaire avait relevé des empreintes sur le poudrier et ces empreintes figuraient aux fichiers de la police. Elles appartenaient à un certain André Bertoux, deux fois condamné pour vol et sorti récemment de prison. Aussitôt, j’organisai des recherches et commençai à étudier le dossier de Bertoux. Un dossier relativement léger. Un pauvre type, ce Bertoux ! L’histoire classique : parents sans autorité et toujours absents, le gosse qui poussa au hasard, les mauvaises fréquentations et, pour finir, deux petits cambriolages maladroits réalisés pour un profit minime. Bref, le malandrin sans envergure. Tout au moins jusque – là. Car il n’y avait pas d’autre coupable possible. Mais avait – il voulu tuer ? N’était – il pas plus plausible d’admettre qu’il avait seulement voulu réduire sa victime à l’impuissance ? Et puis, perdant son sang – froid, sentant que la cabine allait bientôt s’arrêter, il avait serré , fort, trop fort…Ensuite, il avait fouillé dans le sac, d’où ses empreintes…Une telle maladresse lui ressemblait. Je ne devais pas être loin de la vérité. Mais comment expliquer le revolver dans la poche du tailleur gris ?

Je rendis visite au docteur Lainé, l’un des trois invités de la jeune femme.
- Est–ce que Mme Delvrière s’entendait bien avec son mari ?
- Sûrement. Elle l’aidait même beaucoup, grâce à sa parfaite connaissance de l’anglais. Avant son mariage, elle préparait une licence.
- Avait –elle de la fortune personnelle ?
- Oui. Son père n’avait qu’elle et se montrait très généreux.
- Vous avait–elle paru préoccupée ou inquiète, au cours de la soirée ?… Je sais, ma question a de quoi surprendre, mais j’ai mes raisons.
- Eh bien, franchement, il m’est impossible de vous répondre…En société, Jacqueline était très gaie. Elle adorait le mouvement, le bruit, et même l’agitation. Je ne l’ai jamais soignée mais je crois qu’au fond c’était une anxieuse, une impulsive.
- Oui, je vois, merci !

En réalité, je ne voyais rien du tout. Faute de mieux, je décidai d’aller interroger les voyageurs qui se trouvaient sur la plate–forme supérieure du funiculaire. Je commençai par Philippe Louvel, celui qui était entré le premier dans la cabine. Qui sait ? Il pouvait avoir enregistrer un détail, insignifiant en apparence, qui avait, ensuite, échappé aux enquêteurs. Philippe Louvel était un beau garçon de vingt – cinq ans, au visage sympathique. C’est curieux, tous les hommes qui portent une fossette au menton me donnent la même impression de bonne humeur. Louvel était terriblement loquace, avec un léger accent qui trahissait son origine méridionale. Hélas ! Il me parla surtout de lui. Non ! il n’était pas médecin. Il avait commencé ses études de médecine parce qu’elle était la volonté de son père, et son père tenait serrés les cordons de la bourse. Mais à la mort de ce dernier, il avait tout lâché…
- Mon père possédait une grande brasserie, que j’ai aussitôt liquidée. Je l’ai vu travailler presque nuit et jour, pour amasser. Si c’est ça, le commerce ! Notez que les études…Vous savez combien il me fallait d’années pour décrocher mes diplômes ?
J’eus bien du mal à le ramener à notre sujet. Mais, là encore, il trouva surtout moyen de me parler de lui.
- Je cherche quelque chose à Montmartre, un appartement un peu original avec un atelier...on m’avait signalé un grand studio, rue des Saules aussi.
- D’accord ! D’accord ! …Donc, le funiculaire s’arrête. Vous n’avez pas particulièrement remarqué l’homme qui descendait ?
- C’est à peine si je l’ai vu. Il est sorti très vite. Je me demande si je le reconnaîtrais…
- Quand vous êtes entré dans la cabine, rien ne vous a particulièrement frappé ?
- Je n’avais d’yeux que pour cette malheureuse femme. A son visage, j’ai tout de suite compris que la mort n’était pas naturelle. Et puis, j’ai découvert le foulard serré autour de son cou. J’ai constaté que le cœur ne battait plus…
Je refusai un whisky et poursuivis ma tournée. Les autres témoins ne me furent d’aucun secours. Le lendemain, je reçus la visite de M. Delvrière, prévenu la veille au soir et rentré par avion. Il était effondré et me fit de la peine. J’avais juste deux ou trois questions à lui poser. Non, il ne pensait pas que sa femme ait pu emporter quelque objet de valeur, il n’avait constaté chez lui la disparition d’aucun bijou. L’argent ? Il ignorait, bien entendu, quelle somme la malheureuse possédait au moment du crime. Une dizaine de milliers de francs au maximum. Quand elle avait à régler une dépense de quelque importance, Jacqueline Delvrière utilisait son chéquier. Ce qu’elle pouvait faire à huit heures et demie, à Montmartre ? Il se perdait en suppositions. Ils n’avaient là–bas ni parents ni amis. Je ne lui parlai pas du revolver. Il aurait certainement été le premier à aborder ce détail, s’il avait connu. Je renouvelai mes condoléances et m’en allai roder du côté du funiculaire. Montre en main, je vérifiai la durée du trajet. C’était ahurissant. Il fallait vraiment avoir un sang–froid et une audace extraordinaires pour tenter et réussir un coup aussi risqué en un temps limité. Bertoux avait sans doute bien changé, en prison. Certes, la brume lui avait beaucoup facilité la tache, mais quand même…j’avais beau retourner le problème de mille manières, la conclusion s’imposait: C’était Bertoux le coupable. Poussé par le besoin, sans ressource, il n’avait rien prémédité (en effet, il avait une chance sur cent de se trouver seul avec une voyageuse! ), il avait improvisé son agression. Mais le revolver ? le revolver ?…

Il fut arrêté dans la soirée, à la sortie du métro, place Maubert. Je me sentais la féroce et il avoua presque sans résistance. Mais il me sortit une histoire invraisemblable que je faillis cogner. Il se moquait de moi, ma parole ! La voyageuse, à peine la cabine partie, était tombée, évanouie. Son sac s’était ouvert et il n’ait eu qu’à ramasser l’argent.
- Combien ?
- Deux cent cinquante mille francs.
- Tu mens !
Il donna l’adresse d’un hôtel borgne, rue de La Montagne–Sainte–Geneviève. On découvrit les liasses dans une cheminée roulée, au fond d’une valise. Il y avait bien deux cent cinquante mille francs.
- Où les as–tu pris ?
- Dans son sac.
- Tu connaissais Mme Delvrière ?
- C’est la première fois que je la voyais.
- Qu’est ce que tu allais faire, à huit heures et demie, à Montmartre ?
- Retrouver un copain qui m’avait donné rendez–vous.
- Où ça ?
- Place du Tertre.
- Le nom, l’adresse de ton copain ?
- Je ne sais pas. Je l’avais rencontré dans un café.
On se relaya pendant des heures. Il y avait de qui devenir fou. Et toujours il en revenait au même point.
- Puisque je vous dis qu’elle est tombée. Elle était peut être cardiaque, cette môme !
Or le médecin qui avait pratiqué l’autopsie était formel : Jacqueline Delvrière était morte étranglée. Pourquoi Bertoux niait–il l’évidence ? Je téléphonai à la banque. On me répondit que, la veille du crime, Mme Delvrière avait retiré deux cent cinquante mille francs.
- Comment sais-tu qu’elle portait tant d’argent sur elle ?
- Mais je ne le savais pas !
Au petit jour, il n’était plus qu’une loque, mais il persistait à nier. Je le fis boucler et me pris la tête dans les mains. D’un côté, un repris de justice, récemment sorti de prison. De l’autre, une jeune bourgeoise élégante, avec un revolver et deux cent cinquante mille francs. Le rapport ? Où était le rapport ?.. Et puis, brusquement, la petite réflexion de rien du tout, qui met la machine en marche. Et si le rapport n’existait pas ! Si Bertoux ne mentait pas ! Si vraiment Jacqueline Delvrière était tombée évanouie ! S’il n’avait fait que fouiller dans son sac !…Admettons ! L’employé voit la femme étendue, donne l’alarme. Un voyageur entre dans la cabine, seul. Ensuite….Ensuite, on découvre Jacqueline morte, étranglée. C’est donc nécessairement ce voyageur qui….sapristi ! Je n’avais pas pensé à cela. J’avais été victime d’un prestidigitateur. Il avait bien raison le patron !

Dans la voiture qui me conduisait chez Philippe Louvel, je continuai à réfléchir. Les deux cent cinquante mille francs ! le revolver ! Autrement dit, le choix entre deux solutions. J’évoquai l’image de ce beau garçon qui n’aimait pas la travail. Louvel était encore au lit. D’abord, il le prit de haut. Mais un homme en pyjama se sent toujours en état d’infériorité quand il a affaire à un interlocuteur résolu. Il s’effondra. Ses aveux ne firent que confirmer mon hypothèse. Jacqueline l’avait rencontré, avait subi son charme et commis une erreur qui aurait pu être sans conséquence si Louvel n’avait pas été un maître–chanteur. Il avait conservé des lettres. Affolée, Jacqueline avait plusieurs fois cédé à ses demandes d’argent. Mais il avait continué d’exiger…Pour la suite, les faits parlaient d’eux–mêmes. Jacqueline s’était procurée un revolver. Pour en finir : pourtant, elle n’était pas absolument sûre d’elle, puisqu’elle avait également emporté l’argent. Aurait–elle l’affreux courage ?…Elle monte dans la cabine. Dans une minute, elle va retrouver Louvel qui l’attend à la gare supérieure. Mais son angoisse est trop forte. Les nerfs lachent; elle s’évanouit.
- C’était elle ou moi, dit Louvel, pour se défendre. Lisez cela. C’était un billet qui était tombé de son sac, et qu’il avait prudemment ramassé: J’aime mieux le tuer et me tuer après. Pardon. Le plus fort, c’est que ce billet lui sauva la vie. Il ne fut condamné qu’à la réclusion perpétuelle.

BOILEAU – NARCEJAC
L’énigme du funiculaire nouvelle publiée en 1971 Ed Denoel

11 Şubat 2011 Cuma


MENALQUE OU LE DISTRAIT

Dans les Caractères ou les Moeurs de ce siècle, Jean de La Bruyère, un des grands écrivains du siècle de Louis XIV, nous a laissé de ses contemporains de pénétrants portraits dont l'intérêt n'a pas toujours disparu avec les modèles qu'il s'est appliqué à peindre. Du long portrait de Ménalque, que La Bruyère s'est plu à enrichir de nouveaux traits à chaque édition des Caractères, nous n'avons gardé que quelques anecdotes.

 Ménalque descend de son escalier, ouvre la porte pour sortir, il la referme: il s'aperçoit qu'il est en bonnet de nuit; et venant à mieux s'examiner, il se trouve rasé à moitié, il voit que son épée est mise du côté droit, que ses bas sont rabattus sur ses talons et que sa chemise est par-dessus ses chausses (...). Il cherche, il brouille, il crie, il s'échauffe, il appelle ses valets l'un après l'autre: on lui perd tout, on lui égare tout; il demande ses gants qu'il a dans les mains (...).

Il a une fois perdu au jeu tout l'argent qui est dans sa bourse, et, voulant continuer de jouer, il entre dans son cabinet, ouvre une armoire, y prend sa cassette, en tire ce qu'il lui plait, croit la remettre où il l'a prise: il entend aboyer dans son armoire qu'il vient de fermer; étonné de ce prodige, il l'ouvre une seconde fois, et il éclate de rire d'y voir son chien, qu'il a serré pour sa cassette. Il joue au trictrac, il demande à boire, on lui en apporte; c'est à lui à jouer: il tient le cornet d'une main et un verre de l'autre; et, comme il a une grande soif, il avale les dés et presque le cornet, jette le verre d'eau dans le trictrac, et inonde celui contre qui il joue (...).

Il se promène sur l'eau, et il demande quelle heure il est: on lui présente une montre; à peine l'a-t-il reçu que, ne songeant plus à l'heure ni à la montre, il la jette dans la rivière, comme une chose qui l'embrasse. Lui-même écrit une longue lettre, met de la poudre dessus à plusieurs reprises et jette toujours la poudre dans l'encrier. Ce n'est pas tout: il écrit une seconde lettre; et, après les avoir cachetées toutes deux, il se trompe à l'adresse; un duc et pair reçoit l'une de ces deux lettres, et, en l'ouvrant, y lit ces mots: Maitre Olivier, ne manquez, sitôt la présente reçue, de m'envoyer ma provision foin... Son fermier reçoit l'autre, il l'ouvre, et se la fait lire; on y trouve: Monseigneur, j'ai reçu avec une soumission aveugle les ordres qu'il a plu à Votre Grandeur... (...).

Souvent il vous interroge, et il est déjà bien loin de vous quand vous songez à lui répondre; ou bien il vous demande en courant comment se porte votre père, et, comme vous lui dites qu'il est fort mal, il vous crie qu'il en est bien aise (...).

Il se trouve par hasard avec une jeune veuve; il lui parle de son défunt mari, lui demande comment il est mort. Cette femme, à qui ce discours renouvelle ses douleurs, pleure, sanglote, et ne laisse pas de reprendre tous les détails de la maladie de son époux, qu'elle conduit depuis la veille de sa fièvre, qu'il se portait bien, jusqu'à l'agonie.
"Madame, lui demande Ménalque, qui l'avait apparemment écoutée tout hâter dans sa cuisine; il se lève avant le fruit et prend congé de la compagnie; on le voit ce jour-là en tous les endroits de la ville, hormis en celui où il a donné un rendez-vous précis pour cette affaire qui l'a empêché de diner, et l'a fait sortir à pied, de peur que son carrosse ne le fit attendre. L'entendez-vous crier, gronder, s'emporter contre l'un de ses domestiques? Il est étonné de ne le point voir: "Où peut-il être? dit-il; que fait-il? qu'est-il devenu? qu'il ne se présente plus devant moi, je le chasse dès à cette heure". Le valet arrive, à qui il demande fièrement d'où il vient; il répond qu'il vient de l'endroit où il l'a envoyé, et il lui rend un fidèle compte de sa commission (...)

Jamais il n'est avec ceux avec qui il parait être: il appelle sérieusement son laquais Monsieur; et son ami, il l'appelle la Verdure; il dit Votre Révérence à un prince, et Votre Altesse à un jésuite. Il entend la messe: le prêtre vient à éternuer; il lui dit: Dieu vous assiste! Il se trouve avec un magistrat: cet homme, grave par son caractère, vénérable par son âge et par sa dignité, l'interroge sur un événement, et lui demande si cela est ainsi; Ménalque lui répond: "Oui, mademoiselle". Il revient une fois de la campagne: ses laquais en livrées entreprennent de le voler et y réussissent: ils descendent de son carrosse, lui portent un bout de flambeau sous la gorge, lui demandent la bourse, et il la rend. Arrivé chez soi, il raconte son aventure à ses amis, qui ne manquent pas de l'interroger sur les circonstances, et il leur dit: "Demandez à mes gens, ils y étaient".

La Bruyère, Les Caractères, De l'homme

DEUX LEÇONS DE SIMPLICITE

Mme de Maintenon
Petite-fille du poète Agrippa d'Aubigné, veuve du poète infirme Scarroni Mme de Maintenon devint, en 1669, gouvernante des enfants du roi. En récompense, elle reçut la terre de Maintenon et le titre de marquise. Elle épousa secrètement, en 1684, le roi Louis XIV et fonda, deux ans plus tard, la Maison de Saint-Cyr, pour y recevoir les jeunes filles appartenant à la noblesse pauvre. Elle ne cessa jamais de diriger personnellement leur instruction et leur éducation, et se retira à Saint-Cyr en 1715, après la mort du roi. Le haut rang de Mme de Maintenon donne encore plus de prix aux anecdotes qu'elle rapporte.

I
Il y a longtemps que je vous parle de cet orgueil mal placé que je tâche de détruire à Saint-Cyr, et cependant je l'y trouve encore. Je ne saurais comprendre ce qu'a fait une de vous. On l'envoie balayer, et, parce qu'on lui manque ce qu'elle doit faire, elle s'en choque et dit: "Une servante ne doit pas commender; c'est à nous de faire ce que nous voulons". Peut-on voir une telle insolence?... Quoi! parce qu'on vous dit: "Vous balaierez là", ou "vous ferez cela", vous êtes choquée! Mais, moi, si on m'envoyait aider à une servante, la première chose que je ferais serait de demander ce qu'elle veut que je fasse, car certainement je ne saurais par où commencer. Il faut qu'il y ait bien du travers dans votre tête. Et où en serions-nous si c'était un affront de s'instruire de gens au-dessous de soi! On le fait tous les jours, et personne ne s'avise de s'en croire déshonoré!

On dit à une autre de porter du bois et de balayer; elle répond qu'elle n'est pas une servante. Non, certainement, vous ne l'êtes pas; mais je souhaite qu'au sortir d'ici vous trouviez une chambre à balayer; vous serez trop heureuse, et vous saurez alors que d'autres que des servantes balayent. Je me souviens qu'allant un jour chez Mme de Montchevreuil qui attendait compagnie, elle avait bien envie que sa chambre fût propre, et ne pouvait pas la nettoyer elle-même parce qu'elle était malade, ni la faire faire par ses gens qu'elle n'avait pas alors; je me mis à frotter de toutes mes forces pour la rendre nette, et je ne trouvais point cela au-dessous de moi. J'aurais beau frotter votre plancher, aller quérir du bois ou laver la vaisselle, je ne me croirais point rabaissée pour cela. Que tout le monde vienne à Saint-Cyr, et qu'on vous trouve toutes le balai à la main, on ne le trouvera pas étrange et cela ne vous déshonerera pas...

II
Mme de Maintenon a fait un jour aux élèves de Saint-Cyr une causerie sue l'esprit mondain. On lui rapporte leurs réflexions.

...Une maitresse dit que les demoiselles ne pouvaient comprendre qu'elles pussent être réduites à se servir d'un cheval et encore moins d'un âne pour faire leurs voyages et qu'elles avaient trouvé fort étrange qu'un père eût amené sa fille en croupe derrière lui sur son cheval. "Trop heureuses d'en avoir pour y monter! Elles courront risque d'aller souvent à pied, n'ayant pas les moyens d'avoir un cheval. Quelquefois même, ceux qui en ont vont à pied pour le ménager, comme nous voyons les pauvres aller nu-pieds, tenant leurs souliers dans leurs mains, de peur de les user. Quelquefois, chez soi, on met des sabots, pour épargner les souliers, qu'on ne met que pour recevoir la compagnie. Je me souviens que j'en ai bien porté dans ma jeunesse. J'étais chez une de mes tantes, assez riche pour avoir un carrosse à six chevaux, un autre pour elle-même, une litière, car elle était assez malsaine pour en avoir besoin. Cependant, quoiqu'elle ne fût pas pauvre, je n'avais dans la maison que des sabots et on ne me donnait des souliers que lorsqu'il venait compagnie. Je me souviens encore que ma cousine et moi, qui étions à peu près du même âge, nous passions une partie du jour à garder les dindons de ma tante. On nous plaquait un masque sur le nez, car on avait peur que nous ne hâlassions; on nous mettait au bras un petit panier où était notre déjeuner, avec un petit livret des quatrins de Pibrac, dont on nous donnait quelques pages à apprendre par jour; avec cela, on nous mettait une grande gaule dans la main et on nous chargeait d'empêcher que les dindons n'allassent où ils ne devaient point aller. C'est ce qui me fait vous dire que je souhaiterais que vous fussiez toutes en état d'avoir des dindons à garder, plusieurs d'entre vous sont assez pauvres pour n'en pas avoir".

Mme De Maintenon, A la chasse jaune (1701 et 1707)

10 Şubat 2011 Perşembe

  LE XVIIEME SIECLE
 HISTORICO-SOCIAL & CULTUREL

LE BAROQUE
L'adjectif baroque garde encore dans ses acceptions les plus courantes une connotation péjorative, impliquant excentricité, bizarrerie, manque de bon sens...
Il appartient au XXème siècle d'avoir réhabilité le nom "le baroque" et, avec lui, une esthétique et une sensibilité que ses prédécesseurs jugeaient avec beaucoup de condescendance. Du portugais "barocco", terme de joaillerie désignant une perle irrégulière, le mot sous-entend beauté et imperfection, peut-être une beauté et un prix liés à l'irrégularité. D'abord appliqué aux arts pour qualifier une peinture et une architecture rompant avec celles de la Renaissance, il est employé depuis 1950, pour désigner une littérature (autrefois négligée) qui s'est développée à la fin du XVIème siècle et dans la première moitié du XVIIème siècle. En ce sens, la littérature baroque précède la littérature classique.

L'adoption par la critique littéraire de la notion de baroque a eu pour effet de repousser la période classique au début du règne de Louis XIV, c'est-à-dire aux années 1660-1685. Courte période, mais période d'une rare richesse, au cours de laquelle abondent les chefs-d'oeuvre et s'installe une fragile harmonie entre les goûts et les attentes de la société polie d'une part et la production littéraire et artistique d'autre part. Si chronologiquement, le classicisme succède au baroque, dans les faits, tout n'est pas aussi simple. L'évolution de l'un à l'autre est le résultat d'une longue osmose entre des sensibilités et des esthétiques en apparence opposées, mais qui peuvent se trouver réunies chez un même auteur. Parce que le baroque est protéiforme, il n'existe pas de pur baroque. La littérature des années 1660 est avant tout destinée à "plaire" et c'est en formant et en rejoignant les goûts du public pour un "juste millieu" et le naturel, qu'elle y parvient.
Ainsi, tandis qu'au fil des années le baroque, d'abord synonyme d'individualisme, d'excès et de liberté, s'assagit en devenant plus ludique-sans jamais disparaitre totalement- le classicisme s'établit, en marge d'une figure doctorale, mais en harmonie avec un idéal de beauté et de mesure qui est celui des honnêtes gens.

Le XVIIème siècle littéraire et artistique commence en 1598, date de la promulgation de l'Edit de Nantes et s'achève en 1715, à la mort de Louis XIV, le roi qui l'a le plus marqué. C'est la période qui s'étend de 1660 à 1680, période classique par excellence.

Quelques années plus tard, la révocation de l'Edit de Nantes (1685) constitue un point de non-retour, brisant définitivement une paix sociale et une certaine tolérence qui avaient permis à l'idéal d'honnêteté et aux valeurs du classicisme de se développer.

Le phénomène baroque est reconnu comme un phénomène européen: l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Allemagne, l'Angleterre y ont été sensibles, à des degrés divers. Tous ces pays connaissent, entre 1550 et 1660 des périodes de trouble dont le plus célèbre est au XVIIème siècle La Guerre de Trente Ans. La France de la deuxième moitié du XVIème siècle est en proie aux troubles et notamment à la guerre civile qui prend la forme des guerres de religion -Saint-Barthélémy en 1572- Promulgation de l'Edit de Nantes en 1598. En trente ans de guerres, accompagnées de leur cortège d'intrigues secrètes, de pillage, de massacres, de famine et d'épidémies, le spectacle de la mort violente est devenu coutumier. Le sentiment d'une instabilité générale, celui de la fragilité de la vie, le désir d'affirmer sa foi et ses haines aux yeux du monde, y compris par la violence, se sont imposés dans les esprits. Ils deviennent source d'inspiration et thèmes de prédilection pour des écrivains baroques, poètes notamment, comme d'Aubigné, Sponde, Chassignet.

Henri IV meurt en 1610 sous les coups de Ravaillac. Son fils Louis XIII âgé de neuf ans, doit laisser le pouvoir à sa mère Marie de Médicis qui le confie bientôt à son favori, Concini. Femme d'une grande piété, décrite comme avide de pouvoir, elle mène une vie hispanophile qui a pour effet de susciter la contestation de Condé, chef du  parti protestant. L'assassinat de Concini, sur ordre de Louis XIII et son remplacement par Luynes ne mettent pas fin à ces troubles.

Le jeune roi doit affronter sa propre mère et l'armée des princes, de nouvelles révoltes protestantes. Le Cardinal de Richelieu arrive. C'est un catholique convaincu mais nullement dévot. S'instaure ainsi un Etat fort, dans lequel une répression sans pitié peut s'abattre sur les nobles insoumis comme sur les provinces contestataires. Le Cardinal s'efforce d'assurer le développement économique du pays et fait entrer ouvertement la France dans la guerre de Trente Ans, offrant à ses grands seigneurs l'occasion de briller à nouveau. Son influence sur les lettres et les arts n'est pas négligeable: Création de "l'Imprimerie Royale" et de la "Gazette" de Théophraste Renaudot.

CREATION DE L'ACADEMIE FRANÇAISE
La fondation de l'Académie Française traduit le besoin éprouvé par un bon nombre de gens du monde, d'écrivains, d'artistes et de savants, d'une amélioration de la langue française troublée par les jargons divers, les négligences généralisées, le mauvais usage. Et Richelieu, désireux d'unifier le pays et d'en assurer le rayonnement par la langue fait d'un cercle d'intellectules qui se réunissaient chex Valentin Conrart, le noyau de son Académie. Il trouve en eux des gens instruits, comme Jean Chapelin, Antoine Godeau, Malherbe. L'Académie fut créée et la première séance eut lieu le 13 Mars 1634. Les "lettres patentes" sont signées de Louis XIII le 29 janvier 1635, elles donnent une existence officielle à la compagnie et définissent sa raison d'être qui était de contribuer à l'épanouissement des belles-lettres et au perfectionnement de la langue française. Les membres de la nouvelle compagnie prennent le nom d'académiciens. Ils se réunissent d'abord chez eux, ils s'installent ensuite à l'hôtel du chancelier Séguir (1642) à sa mort au Louvre (1672).

Leur nombre est dès le début fixé à quarante. Les éléctions devaient être approuvées par le Roi. Les discours de réception prononcés par les nouveaux admis furent souvent des exposés importants pour l'histoire littéraire, surtout à partir de 1672, lorsque les réceptions devinrent publiques.

Ceux de Fénelon et de La Bruyère, par exemple, furent de véritables commentaires critiques de la littérature. L'ouvrage le plus significatif dans l'instauration  d'une langue classique est constitué par les "Remarques sur la langue française" de l'académicien Claude Favre de Vaugelas. Refusant aussi bien les leçons des doctes que les incorrections du peuple, Vaugelas se réfère exclusivement au bon usage de la Cour, c'est-à-dire non seulement du roi et des courtisans mais de tous les honnêtes gens. Loin de se poser en grammairien, il se contente de constater les usages et édicter un code du bien parler en accord avec son époque.

Parmi les écrivains qui ont contribué à l'élaboration d'une langue correcte claire et naturelle on peut citer: Faret, Chapelain, Ménage, le Chevalier de Méré, Voiture, le père Bouhours, Pascal, Perraut, Mme de Sévigné. Quant à Nicolas Boileau, qui, en traduisant "Le Traité du Sublime" de Longin et en le complétant par ses "Réflexions" rappelle, un peu à contre-courant, que le bon goût, la pureté et l'exactitude de la langue ne suffisent pas toujours et que les mots les plus simples, "les plus bas" permettent eux aussi d'atteindre au "sublime" pour peu qu'ils aient, en eux et dans leur assemblage, "une certaine forme énergique".

A partir de 1639 on commença à travailler au Dictionnaire confié à la responsabilité exclusive de l'assemblée; Furetière, exclu en 1685, réussit à en publier un dès 1690, avant celui de l'Académie et celui de Michelet parut en 1680.

Louis XIV n'a pas encore cinq ans lorsque meurent à quelques mois d'intervalle, Richelieu et Louis XIII. Sa mère Anne d'Autriche, devenue régente, s'appuie sur le cardinal de Mazarin.

En 1661, Louis XIV accède aux pleins pouvoirs dans un pays en paix et respecté de ses voisins. En affrimant son autorité, en lançant avec Colbert une politique de développement économique, en remportant après 1667 des victoires militaires qui lui permettent d'étendre les limites du royaume, le Roi-Soleil fait des vingt premières années de son règne une période faste. Louis XIV est jeune, aime s'amuser - il danse sur scène et virevolte entre ses maitresses-. Il sait occuper les grands seigneurs par une vie de cour riche et variée, et il a, autour de lui, une Cour et même une ville, disposées à partager ses goûts. Des écrivains de premier plan, La Fontaine, Molière, Racine, Boileau sont prêts à célèbrer la grandeur du règne. Le roi lui-même sait venir en aide à des artistes en distribuant commande, subsides et protections.

La société du XVIIème siècle est nettement hierarchisée. Des vingt millions d'habitants qui peuplent le pays, la majeure partie constitue le peuple. Paysans ou petites gens des villes, ils sont qualifiés par Vaugelas de "lie du peuple" et assimilés à des gens grossiers et illétrés. A l'opposé se situe la noblesse provinciale ou parisienne et proche de la Cour. Théoriquement plus cultivée, mais influencée par le millieu des armes et de la guerre, elle se singularise, en partie, dans les premières années du siècle, par la grossiéreté de ses manières. Le développement de l'idéal d'honnêteté le transformera. Enfin, la bourgeoisie, souvent instruite constitue le public en direction duquel peuvent se développer la littérature et les arts. A partir de Richelieu, puis sous Mazarin, son influence ne cesse de croitre. Au fur et à mesure qu'on avance vers le règne de Louis XIV, les villes de province perdent de leur influence. La Cour devient alors le centre du bon goût et du bel esprit (personne cultivée, qui cherche à se distinguer par son goût et sa pratique des lettres).

Très importante pour comprendre le classicisme est l'élaboration tout au long du siècle de l'idéal d'honnêteté. Né en réaction contre la grossièreté des moeurs et des manières qui caractérisaient la cour d'Henri IV, et contre les excès qui favorisaient les époques troubles des guerres, cet idéal résulte d'une prise de conscience de la nécessité de conférer à l'homme une grandeur et une dignité nouvelles.

-"Il Cortegiano" de l'Italien Balthazar Castigliano (1528)- "L'Homme de Cour" de l'Espagnol Baltasar Gracien (1647)- l'honnêteté, appelée "politesse mondaine" trouve dans les Français Nicolas Faret, L'Honnête Homme ou l'Art de plaire à la Cour" et le Chevalier de Méré, "Conversations avec le Maréchal de Clérembault" ses principaux théoriciens.

Sous l'égide des femmes, elle est cultivée dans les salons, véritables lieux de rencontre entre la société aristocratique et les beaux esprits, puis diffusée par les romans à la mode et les correspondances. Cet art de vivre, qui concerne d'abord les courtisans, se répand ensuite dans les millieux bourgeois. S'instaure ainsi l'image d'un homme aux multiples facettes, alliant aux qualités de l'âme celles du corps et de l'esprit. Brillant l'art en société, possédant parfaitement l'art de conversation, aussi à l'aise dans les exercices physiques que dans les subtilités de la galanterie, l'honnête homme sait garder en tout un juste millieu et se distingue du commun des mortels par un "je ne sais quoi" qui révèle sa qualité. Même si la sainteté peut être pour lui un but, elle est loin de constituer son unique préoccupation: l'art du paraitre est souvent beaucoup plus important que l'être.

L'honnête homme est, vers 1660, l'homme moderne et à l'aise dans la société, pour lequel écrivent les auteurs classiques, cherchant à la fois plaire et à le conforter dans ses aspirations

LA LANGUE
L'évolution de la littérature ne peut être séparée de la question de la langue. Selon l'expression de Marc Fumaroli, la France de la fin du XVIème siècle vit sous un "régime de diglossie". Le latin y est encore la langue des hommes d'Eglise, des savants et des philosophes. En fait, pas plus que les nombreux idiomes régionaux, le latin ne tient une grande place dans les oeuvres baroques, si ce n'est sous forme de citations ou d'expressions  pittoresques. La langue du baroque est essentiellement le français de la Pléiade, nourri des enrichissements de "Défense et illustrations de la langue française": les poètes y trouvent le matériau pour les innombrables figures de style qui émaillent leurs écrits. Et Malherbe, un moment tenté par le baroque, rompit avec la poésie savante de la Pléiade et imposa avec la poésie de cour et chef d'école, un idéal de clarté et de riguer qui est à l'origine du goût classique. Il se prononce pour un style plus dépouillé et surtout pour une langue débarassée des archaismes, néologismes, provincialismes et autres syntaxiques qui en obscurcissent le sens.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)