Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

10 Şubat 2011 Perşembe

  LE XVIIEME SIECLE
 HISTORICO-SOCIAL & CULTUREL

LE BAROQUE
L'adjectif baroque garde encore dans ses acceptions les plus courantes une connotation péjorative, impliquant excentricité, bizarrerie, manque de bon sens...
Il appartient au XXème siècle d'avoir réhabilité le nom "le baroque" et, avec lui, une esthétique et une sensibilité que ses prédécesseurs jugeaient avec beaucoup de condescendance. Du portugais "barocco", terme de joaillerie désignant une perle irrégulière, le mot sous-entend beauté et imperfection, peut-être une beauté et un prix liés à l'irrégularité. D'abord appliqué aux arts pour qualifier une peinture et une architecture rompant avec celles de la Renaissance, il est employé depuis 1950, pour désigner une littérature (autrefois négligée) qui s'est développée à la fin du XVIème siècle et dans la première moitié du XVIIème siècle. En ce sens, la littérature baroque précède la littérature classique.

L'adoption par la critique littéraire de la notion de baroque a eu pour effet de repousser la période classique au début du règne de Louis XIV, c'est-à-dire aux années 1660-1685. Courte période, mais période d'une rare richesse, au cours de laquelle abondent les chefs-d'oeuvre et s'installe une fragile harmonie entre les goûts et les attentes de la société polie d'une part et la production littéraire et artistique d'autre part. Si chronologiquement, le classicisme succède au baroque, dans les faits, tout n'est pas aussi simple. L'évolution de l'un à l'autre est le résultat d'une longue osmose entre des sensibilités et des esthétiques en apparence opposées, mais qui peuvent se trouver réunies chez un même auteur. Parce que le baroque est protéiforme, il n'existe pas de pur baroque. La littérature des années 1660 est avant tout destinée à "plaire" et c'est en formant et en rejoignant les goûts du public pour un "juste millieu" et le naturel, qu'elle y parvient.
Ainsi, tandis qu'au fil des années le baroque, d'abord synonyme d'individualisme, d'excès et de liberté, s'assagit en devenant plus ludique-sans jamais disparaitre totalement- le classicisme s'établit, en marge d'une figure doctorale, mais en harmonie avec un idéal de beauté et de mesure qui est celui des honnêtes gens.

Le XVIIème siècle littéraire et artistique commence en 1598, date de la promulgation de l'Edit de Nantes et s'achève en 1715, à la mort de Louis XIV, le roi qui l'a le plus marqué. C'est la période qui s'étend de 1660 à 1680, période classique par excellence.

Quelques années plus tard, la révocation de l'Edit de Nantes (1685) constitue un point de non-retour, brisant définitivement une paix sociale et une certaine tolérence qui avaient permis à l'idéal d'honnêteté et aux valeurs du classicisme de se développer.

Le phénomène baroque est reconnu comme un phénomène européen: l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Allemagne, l'Angleterre y ont été sensibles, à des degrés divers. Tous ces pays connaissent, entre 1550 et 1660 des périodes de trouble dont le plus célèbre est au XVIIème siècle La Guerre de Trente Ans. La France de la deuxième moitié du XVIème siècle est en proie aux troubles et notamment à la guerre civile qui prend la forme des guerres de religion -Saint-Barthélémy en 1572- Promulgation de l'Edit de Nantes en 1598. En trente ans de guerres, accompagnées de leur cortège d'intrigues secrètes, de pillage, de massacres, de famine et d'épidémies, le spectacle de la mort violente est devenu coutumier. Le sentiment d'une instabilité générale, celui de la fragilité de la vie, le désir d'affirmer sa foi et ses haines aux yeux du monde, y compris par la violence, se sont imposés dans les esprits. Ils deviennent source d'inspiration et thèmes de prédilection pour des écrivains baroques, poètes notamment, comme d'Aubigné, Sponde, Chassignet.

Henri IV meurt en 1610 sous les coups de Ravaillac. Son fils Louis XIII âgé de neuf ans, doit laisser le pouvoir à sa mère Marie de Médicis qui le confie bientôt à son favori, Concini. Femme d'une grande piété, décrite comme avide de pouvoir, elle mène une vie hispanophile qui a pour effet de susciter la contestation de Condé, chef du  parti protestant. L'assassinat de Concini, sur ordre de Louis XIII et son remplacement par Luynes ne mettent pas fin à ces troubles.

Le jeune roi doit affronter sa propre mère et l'armée des princes, de nouvelles révoltes protestantes. Le Cardinal de Richelieu arrive. C'est un catholique convaincu mais nullement dévot. S'instaure ainsi un Etat fort, dans lequel une répression sans pitié peut s'abattre sur les nobles insoumis comme sur les provinces contestataires. Le Cardinal s'efforce d'assurer le développement économique du pays et fait entrer ouvertement la France dans la guerre de Trente Ans, offrant à ses grands seigneurs l'occasion de briller à nouveau. Son influence sur les lettres et les arts n'est pas négligeable: Création de "l'Imprimerie Royale" et de la "Gazette" de Théophraste Renaudot.

CREATION DE L'ACADEMIE FRANÇAISE
La fondation de l'Académie Française traduit le besoin éprouvé par un bon nombre de gens du monde, d'écrivains, d'artistes et de savants, d'une amélioration de la langue française troublée par les jargons divers, les négligences généralisées, le mauvais usage. Et Richelieu, désireux d'unifier le pays et d'en assurer le rayonnement par la langue fait d'un cercle d'intellectules qui se réunissaient chex Valentin Conrart, le noyau de son Académie. Il trouve en eux des gens instruits, comme Jean Chapelin, Antoine Godeau, Malherbe. L'Académie fut créée et la première séance eut lieu le 13 Mars 1634. Les "lettres patentes" sont signées de Louis XIII le 29 janvier 1635, elles donnent une existence officielle à la compagnie et définissent sa raison d'être qui était de contribuer à l'épanouissement des belles-lettres et au perfectionnement de la langue française. Les membres de la nouvelle compagnie prennent le nom d'académiciens. Ils se réunissent d'abord chez eux, ils s'installent ensuite à l'hôtel du chancelier Séguir (1642) à sa mort au Louvre (1672).

Leur nombre est dès le début fixé à quarante. Les éléctions devaient être approuvées par le Roi. Les discours de réception prononcés par les nouveaux admis furent souvent des exposés importants pour l'histoire littéraire, surtout à partir de 1672, lorsque les réceptions devinrent publiques.

Ceux de Fénelon et de La Bruyère, par exemple, furent de véritables commentaires critiques de la littérature. L'ouvrage le plus significatif dans l'instauration  d'une langue classique est constitué par les "Remarques sur la langue française" de l'académicien Claude Favre de Vaugelas. Refusant aussi bien les leçons des doctes que les incorrections du peuple, Vaugelas se réfère exclusivement au bon usage de la Cour, c'est-à-dire non seulement du roi et des courtisans mais de tous les honnêtes gens. Loin de se poser en grammairien, il se contente de constater les usages et édicter un code du bien parler en accord avec son époque.

Parmi les écrivains qui ont contribué à l'élaboration d'une langue correcte claire et naturelle on peut citer: Faret, Chapelain, Ménage, le Chevalier de Méré, Voiture, le père Bouhours, Pascal, Perraut, Mme de Sévigné. Quant à Nicolas Boileau, qui, en traduisant "Le Traité du Sublime" de Longin et en le complétant par ses "Réflexions" rappelle, un peu à contre-courant, que le bon goût, la pureté et l'exactitude de la langue ne suffisent pas toujours et que les mots les plus simples, "les plus bas" permettent eux aussi d'atteindre au "sublime" pour peu qu'ils aient, en eux et dans leur assemblage, "une certaine forme énergique".

A partir de 1639 on commença à travailler au Dictionnaire confié à la responsabilité exclusive de l'assemblée; Furetière, exclu en 1685, réussit à en publier un dès 1690, avant celui de l'Académie et celui de Michelet parut en 1680.

Louis XIV n'a pas encore cinq ans lorsque meurent à quelques mois d'intervalle, Richelieu et Louis XIII. Sa mère Anne d'Autriche, devenue régente, s'appuie sur le cardinal de Mazarin.

En 1661, Louis XIV accède aux pleins pouvoirs dans un pays en paix et respecté de ses voisins. En affrimant son autorité, en lançant avec Colbert une politique de développement économique, en remportant après 1667 des victoires militaires qui lui permettent d'étendre les limites du royaume, le Roi-Soleil fait des vingt premières années de son règne une période faste. Louis XIV est jeune, aime s'amuser - il danse sur scène et virevolte entre ses maitresses-. Il sait occuper les grands seigneurs par une vie de cour riche et variée, et il a, autour de lui, une Cour et même une ville, disposées à partager ses goûts. Des écrivains de premier plan, La Fontaine, Molière, Racine, Boileau sont prêts à célèbrer la grandeur du règne. Le roi lui-même sait venir en aide à des artistes en distribuant commande, subsides et protections.

La société du XVIIème siècle est nettement hierarchisée. Des vingt millions d'habitants qui peuplent le pays, la majeure partie constitue le peuple. Paysans ou petites gens des villes, ils sont qualifiés par Vaugelas de "lie du peuple" et assimilés à des gens grossiers et illétrés. A l'opposé se situe la noblesse provinciale ou parisienne et proche de la Cour. Théoriquement plus cultivée, mais influencée par le millieu des armes et de la guerre, elle se singularise, en partie, dans les premières années du siècle, par la grossiéreté de ses manières. Le développement de l'idéal d'honnêteté le transformera. Enfin, la bourgeoisie, souvent instruite constitue le public en direction duquel peuvent se développer la littérature et les arts. A partir de Richelieu, puis sous Mazarin, son influence ne cesse de croitre. Au fur et à mesure qu'on avance vers le règne de Louis XIV, les villes de province perdent de leur influence. La Cour devient alors le centre du bon goût et du bel esprit (personne cultivée, qui cherche à se distinguer par son goût et sa pratique des lettres).

Très importante pour comprendre le classicisme est l'élaboration tout au long du siècle de l'idéal d'honnêteté. Né en réaction contre la grossièreté des moeurs et des manières qui caractérisaient la cour d'Henri IV, et contre les excès qui favorisaient les époques troubles des guerres, cet idéal résulte d'une prise de conscience de la nécessité de conférer à l'homme une grandeur et une dignité nouvelles.

-"Il Cortegiano" de l'Italien Balthazar Castigliano (1528)- "L'Homme de Cour" de l'Espagnol Baltasar Gracien (1647)- l'honnêteté, appelée "politesse mondaine" trouve dans les Français Nicolas Faret, L'Honnête Homme ou l'Art de plaire à la Cour" et le Chevalier de Méré, "Conversations avec le Maréchal de Clérembault" ses principaux théoriciens.

Sous l'égide des femmes, elle est cultivée dans les salons, véritables lieux de rencontre entre la société aristocratique et les beaux esprits, puis diffusée par les romans à la mode et les correspondances. Cet art de vivre, qui concerne d'abord les courtisans, se répand ensuite dans les millieux bourgeois. S'instaure ainsi l'image d'un homme aux multiples facettes, alliant aux qualités de l'âme celles du corps et de l'esprit. Brillant l'art en société, possédant parfaitement l'art de conversation, aussi à l'aise dans les exercices physiques que dans les subtilités de la galanterie, l'honnête homme sait garder en tout un juste millieu et se distingue du commun des mortels par un "je ne sais quoi" qui révèle sa qualité. Même si la sainteté peut être pour lui un but, elle est loin de constituer son unique préoccupation: l'art du paraitre est souvent beaucoup plus important que l'être.

L'honnête homme est, vers 1660, l'homme moderne et à l'aise dans la société, pour lequel écrivent les auteurs classiques, cherchant à la fois plaire et à le conforter dans ses aspirations

LA LANGUE
L'évolution de la littérature ne peut être séparée de la question de la langue. Selon l'expression de Marc Fumaroli, la France de la fin du XVIème siècle vit sous un "régime de diglossie". Le latin y est encore la langue des hommes d'Eglise, des savants et des philosophes. En fait, pas plus que les nombreux idiomes régionaux, le latin ne tient une grande place dans les oeuvres baroques, si ce n'est sous forme de citations ou d'expressions  pittoresques. La langue du baroque est essentiellement le français de la Pléiade, nourri des enrichissements de "Défense et illustrations de la langue française": les poètes y trouvent le matériau pour les innombrables figures de style qui émaillent leurs écrits. Et Malherbe, un moment tenté par le baroque, rompit avec la poésie savante de la Pléiade et imposa avec la poésie de cour et chef d'école, un idéal de clarté et de riguer qui est à l'origine du goût classique. Il se prononce pour un style plus dépouillé et surtout pour une langue débarassée des archaismes, néologismes, provincialismes et autres syntaxiques qui en obscurcissent le sens.

9 Şubat 2011 Çarşamba


LES COURANTS RELIGIEUX
 AU XVIIème SIECLE

On ne peut comprendre le XVIIème siècle si l'on fait abstraction de la religion. Le grand siècle a vu naitre ou se réformer nombre de couvents et de congrégations. Des écclésiastiques ont joué un rôle politique important. Les réformes qui, avec l'Edit de Nantes, ont acquis une certaine liberté de culte, n'ont pas sur le XVIIème siècle français une grande influence. Ils sont d'abord minoritaires et assez étroitement surveillés. Leur doctrine austère, héritée de Calvin et fondée sur la croyance en la prédestination de l'homme, est battue en brèche par l'élan de la Contre-Réforme catholique. Aussi, alors qu'ils pourraient continuer à propager l'image de la misère de l'homme et de sa faiblesse face à un Dieu tout-puissant, se voient-ils supplantés, sur cette question, par un catholicisme d'inspiration augustinienne et par le jansénisme.

LES JESUITES
La congrégation des Jésuites est fondée en 1540. Leur doctrine religieuse, résolument optimiste se base sur la croyance en Dieu qui accorde à l'homme un salut qu'il est libre d'accepter ou de refuser. Elle s'adapte parfaitement à une conception héroïque de l'homme, faisant appel à la gloire et à la générosité. Elle s'adapte surtout très bien -trop bien, dirait Pascal- aux écarts de la vie mondaine, dès lors qu'on entre dans les subtilités de la casuistique. En bref, ce que les jésuites apportent au XVIIème siècle, c'est une foi plus triomphaliste, dénuée de l'angoisse du salut et d'une image misérable de l'homme. Elle trouve dans l'esthétique baroque des églises et dans l'exubérance des décors, un mode d'expression. Beaucoup plus modérée est l'attitude de François de Sales. Cet ancien élève des jésuites, qui fondera sa propre congrégation, publie en 1609 son "Introduction à la vie dévote" montrant que la perfection chrétienne ne consiste pas en extases spectaculaires, ni en pénitences ou mortifications excessives, mais dans l'amour de Dieu. Il propose ainsi, dès le début du siècle, un idéal de vie chrétienne, fondé sur la modération, et conciliable avec la vie mondaine, qui va devenir le modèle religieux et moral de l'époque classique.

Convertion de Saint-Augustin
L'AUGUSTINISME
L'Augustinisme tire son nom d'une lecture orientée des écrits de Saint-Augustin. Il prend le contre-pied de la spiritualité aisée des jésuites, et  insiste sur la misère de l'homme et sur le tragique de sa condition: l'humanité corrompue par le péché et soumise aux passions, ne peut trouver son salut qu'en Dieu.




LE JANSENISME
Le Jansénisme est lui aussi fondé sur la pensée de Saint-Augustin, telle que la concevait Jansénius, l'évêque d'Ypres. Grâce à l'abbé de Saint-Cyran cette doctrine trouve au couvent de Port-Royal une terre d'éléction. Elle insiste sur la misère de l'homme, affirme sa prédestination et le libre choix divin de lui accorder, ou non, son salut, l'homme étant par lui-même incapable de gagner le Ciel. De vives querelles allaient opposer jésuites et jansénistes, entrainant la condamnation de ces derniers par Rome (1653) puis par le parlement français (1661). Il s'ensuivit dix ans de calme, connus sous le nom de "paix de l'Eglise". Mais bien que plus discrète, l'influence du jansénisme continuait à se faire sentir dans certains millieux mondains. C'est à elle qu'on rattache le pessimisme diffus des "Maximes" de La Rochefoucauld et de Mme de Sablé ou certains accents de la tragédie racinienne... Il y avait en outre, autour du couvent, des laïcs cultivés, connus sous le nom de "Messieurs" de Port-Royal. Ces solitaires avaient élaboré pour leurs écoles une grammaire et un art de penser. Ils y prônaient une littérature austère, méthodique, faite de rigueur. Leur influence, contribua à répandre, après 1660, l'esprit cartésien et à lutter contre la démesure et l'exubérance. Il y a dans le jansénisme un ferment d'évolution vers le classicisme, mais, à la différence des classiques les jansénistes se soucient de Foi et non de morale mondaine. Il y a surtout dans le jansénisme un noyau de résistance au baroque, ce dont témoignent les écrits de Nicole, en particulier son "Discours de la Vraie Beauté", dans lequel il condamne les artifices et les subtilités d'écriture.

PORT-ROYAL
L'Abbaye de Port-Royal, d'abord dans la vallée de Chevreuse ensuite transférée à Paris fut le principal centre de la réforme catholique au XVIIème siècle. Cette communauté féminine avait été réformée dès 1608 par son abbesse, la mère Angélique Arnauld et l'abbé de Saint-Cyran qui en fut le directeur de 1633 à 1638. Saint-Cyran introduit les idées de Jansénius (qui insistait sur la gravité de la faute originelle et sur l'importance de la grâce divine qui peut être ainsi refusée à des justes et accordée à des pécheurs) à la fois chez les religieuses de Port-Royal et chez les "Solitaires" (messieurs du Port-Royal) groupe de chrétiens fervents qui, autour d'Antoine Arnauld, de Nicole et de Lancelot se consacrent à une vie de piété et de travail: philosophie, grammaire, philologie, pédagogie. Ils créent même une institution, les "Petites Ecoles" (Racine y sera élève). L'enseignement de Port-Royal a eu cependant une très grande importance sur le plan des idées pédagogiques et de la formation intellectuelle en général. Nicole, Lancelot (1645-1660) écrivent les éditions bilingues de textes anciens, ces jansénistes sont des purs et des novateurs, en tous domaines.

Port-Royal, prône un retour aux sources du christianisme, en particulier à la pensée de Saint-Augustin, qui insistait sur la toute-puissance de Dieu, en limitant la liberté humaine et en considérant la société humaine comme vouée au mal. Cette thèse ne pouvait, par elle-même qu'affaiblir la souveraineté royale, qui se prétendait "de droit divin" et satisfaire au contraire les classes alors victimes du pouvoir, en particulier la noblesse parlementaire. L'Abbaye du Port-Royal fut détruit par ordre du roi en 1710.

8 Şubat 2011 Salı

 LA NOTION DU "DEGUISEMENT"
 CHEZ  LA ROCHEFOUCAULD

Le déguisement est partout dans les "Maximes" de La Rochefoucauld dont l'homme porte au fond de lui, invisible à ses propres yeux, ce comédien en pérpetuel mouvement, ce Protée avec lequel il se confond:
"Chacun affecte une mine et un extérieur pour paraitre ce qu'il veut qu'on le croie. Ainsi on peut dire que monde n'est pas composé que de mines".
La Rochefoucauld
La Rochefoucauld a médité sur la comédie du monde. Il a composé des réflexions, parfois reserrées en quelques lignes, mais quelquefois largement développées. Il y traitait des brusques renversements de la politique de l'ingratitude des grands, du mensonge, des vertus affectées.
"L'honnêteté n'est qu'un art de paraitre honnête".
"Le monde n'est composé que de mines, et c'est inutilement que nous travaillons à y trouver rien de réel.

LES DEGUISEMENTS DE L'AMOUR-PROPRE
L'amour-propre est l'amour de soi-même, et de toutes choses pour soi; il rend les hommes idolâtres d'eux-mêmes, et les rendrait les tyrans des autres si la fortune leur en donnait les moyens; il ne se repose jamais hors de soi, et ne s'arrête dans les sujets étrangers que comme les abeilles sur les fleurs, pour en tirer ce qui lui est propre. Rien n'est si impétueux  que ses désirs, rien de si caché que ses desseins, rien de si habile que ses conduites; ses souplesses ne peuvent pas représenter, ses transformations passent celles des métamorphoses, et ses raffinements ceux de la chimie. On ne peut sonder la profondeur, ni percer les ténèbres de ses abimes. Là il est à couvert des yeux les plus pénétrants; il y  fait mille insensibles tours et retours. Là il est souvent invisible à lui-même, il y conçoit, il y nourrit, et il y élève, sans le savoir, un grand nombre d'affections et de haines; il en forme de si monstrueuses que, lorsqu'il les a mises au jour, il les méconnait, ou il ne peut se résoudre à les avouer...

Il a de différentes inclinaisons selon la diversité des tempéraments qui le tournent, et le dévouent tantôt à la gloire, tantôt aux richesses, et tantôt aux plaisirs; il en change selon le changement de nos âges, de nos fortunes et de nos expériences; mais il lui est indifférent d'en avoir plusieurs ou d'en n'avoir qu'une, parce qu'il se partage en plusieurs et se ramasse en une quand il le faut, et comme il lui plait. Il est inconstant, et outre les changements qui viennent des causes étrangères, il y en a une infinité qui naissent de lui, et de son propre fonds; il est inconstant d'inconstance, de légèreté, d'amour, de nouveauté, de lassitude et de dégoût; il est capricieux, et on le voit quelquefois travailler avec le dernier empressement, et avec des travaux incroyables, à obtenir des choses qui ne lui sont point avantageuses, et qui même lui sont nuisibles, mais qu'il poursuit parce qu'il les veut. Il est bizarre, et met souvent toute son application dans les emplois les plus frivoles; il trouve tout son plaisir dans les plus fades, et conserve toute sa fierté dans les plus misérables. Il est dans tous les états de la vie, et dans toutes les conditions; il vit partout, et il vit de tout, il vit de rien; il s'accomode des choses, et de leur privation; il passe même dans le parti des gens qui lui font la guerre, il entre dans leurs desseins; et ce qui est admirable, il se hait lui-même avec eux, il conjure sa perte, il travaille même à sa ruine. Enfin il ne se soucie que d'être, et pourvu qu'il soit, il veut bien être son ennemi...

Voilà la peinture de l'amour-propre, dont toute la vie n'est qu'une grande et longue agitation; la mer en est une image sensible, et l'amour-propre trouve dans le flux de ses vagues continuelles une fidèle expression de la succession turbulente de ses pensées, et de ses éternels mouvements.
Maximes, 563
 L'EMPIRE DE "L'AMOUR-PROPRE"

L'amour-propre est inséparable de l'intérêt, de l'orgueil, de la vanité, enfin des passions en général.

INTERET► L'intérêt est l'âme de l'amour-propre, de sorte que comme le corps, privé de son âme, est sans vue, sans ouïe, sans connaissance, sans sentiment et sans mouvement, de même l'amour-prropre séparé, s'il le faut dire ainsi, de son intérêt, n'entend, ne sent et ne se remue plus... (510)
L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé (39).
On ne blâme le vie et on ne loue la vertu que par intérêt (597).

ORGUEIL► L'orgueil se dédommage toujours et ne perd rien, lors même qu'il renonce à la vanité (33).
Si nous n'avions point d'orgueil, nous ne plaindrions pas de celui des autres (34).
L'orgueuil est égal dans tous les hommes, et il n'y a de différence qu'aux moyens et à la manière de le mettre au jour (35).

VANITE► Quelque bien qu'on nous dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau (303).
On parle peu, quand la vanité ne fait pas parler (137).
On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler (138).

LES PASSIONS► Les passions ont une injustice et un propre intérêt qui fait qu'il est dangereux de les suivre, et qu'on doit s'en défier, lors même qu'elles paraissent les plus raisonables (9).

Contre l'amour-propre, la raison demeure impuissante, tant notre volonté est débile:

Nous avons plus de force que de volonté, et c'est souvent pour nous excuser à nous-mêmes que nous nous imaginons que les choses sont impossibles (30). Nous n'avons pas assez de force pour suivre toute notre raison (42).

Voici les conséquences de l'emprise de l'amour-propre sur l'âme humaine:
Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés.
Les vertus se perdent dans l'intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer (171).
Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent (409).

Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois (149).
La modération est une crainte de tomber dans l'envie et dans le mépris que méritent ceux qui s'envirent de leur bonheur; c'est une vaine ostentation de la force de notre esprit; et enfin la modération des hommes dans leur plus haute élevation est un désir de paraitre plus grands que leur fortune (18).

La clémence des princes n'est souvent qu'une politique pour gagner l'affection des peuples (15).
Cette clémence dont on fait une vertu, se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble (16).

L'amour de la justice n'est, en la plupart des hommes que la crainte de souffrir l'injustice (78).

Le mépris des richesses était dans les philosophes un désir caché de venger leur mérite de l'injustice, de la fortune, par le mépris des mêmes biens dont elle les privait; c'était un secret pour se garantir de l'avilissement, de la pauvreté; c'était un chemin détourné pour aller à la considération qu'ils ne pouvaient avoir par les richesses (44).

La sincérité est une ouverture de coeur. On la trouve en fort peu de gens et celle que l'on voit d'ordinaire n'est qu'une fine dissimulation, pour attirer la confiance des autres (62).

Ce que les hommes ont nommé amitié n'est qu'une société, qu'un ménagement réciproque d'intérêts et qu'un échange de bons ofices; ce n'est enfin qu'un commerce où l'amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner (83).

Ce qui parait générosité n'est souvent qu'une ambition déguisée, qui méprise de petits intérêts, pour aller à de plus grands (246).

La magnanimité méprise tout, pour avoir tout (248).

Enfin La Rochefoucauld décèle souvent la faiblesse sous les apparences de la bonté et de la vertu:
Rien n'est plus rare que la véritable bonté: ceux même qui croient en avoir n'ont d'ordinaire que la complaisance ou de la faiblesse (481).

Nul ne mérite d'être loué de bonté, s'il n'a pas la force d'être méchant: tout autre bonté n'est le plus souvent qu'une paresse ou une impuissance de la volonté (237).

Pendant que la paresse et la timidité nous retiennent dans notre devoir, notre vertu en a souvent tout l'honneur (169).

Or cette confusion est néfaste, car:
La faiblesse est plus opposée à la vertu que le vice (445).
La faiblesse est le seul défaut qu'on ne saurait corriger (130)
L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein formé de trahir (120).
LA ROCHEFOUCAULD

7 Şubat 2011 Pazartesi

 "LE ROSEAU PENSANT"
 Extrait des "PENSEES" de Blaise PASCAL

N'est-il pas émouvant de voir ce malade, perpétuellement accablé de tourments physiques, proclamer la supériorité de l'homme sur la matière qui l'écrase? C'est ici que Pascal se sépare de Montaigne. Ce savant mathématicien, ce physicien ne pouvait méconnaitre la noblesse du génie humain. Mais Pascal est en même temps chrétien: comme s'il avait trop voulu "faire l'ange", il corrige dans le fragment 365 ce qu'il y avait d'absolu dans la pensée 347. Pour lui, grandeur et misère sont, selon le mot de M. Strowske, les deux plateaux inséparables d'une même balance: si l'un ne s'abaisse, l'autre ne s'élève point.

L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui; l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever, et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser. Voilà le principe de la morale. (347)

Roseau pensant - Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée. Je n'aurai pas davantage en possédant des terres: par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends. (348)

Grandeur de l'homme - Nous avons une si grande idée de l'âme de l'homme, que nous ne pouvons souffrir d'en être méprisés et de n'être pas dans l'estime d'une âme; et toute la fécilité des hommes consiste dans cette estime. (400)

La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connait misérable. Un arbre ne se connait pas misérable. C'est donc être misérable que de (se) connaitre misérable; mais c'est être grand que de connaitre qu'on est misérable. (397)

Pensée - Toute la dignité de l'homme consiste en la pensée. La pensée est donc une chose admirable et incomparable par sa nature. Il fallait qu'elle eût d'étranges défauts pour être méprisable; mais elle en a de tels que rien n'est plus ridicule. Qu'elle est grande par sa nature! Qu'elle est basse par ses défauts! Mais qu'est-ce que cette pensée? Qu'elle est sotte! (365)

Il est dangereux de trop faire voir à l'homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l'un et l'autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l'un et l'autre. Il ne faut pas que l'homme croie qu'il est égal aux bêtes, ni aux anges, ni qu'il ignore l'un et l'autre, mais qu'il sache l'un et l'autre. (418)

L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. (358)
 CONSIDERATIONS SUR
 « LES PENSEES »

Sur Pascal on a écrit beaucoup de choses et il y a fort à parier qu'on n'a pas fini. Il nous rend prolifiques à défaut de nous convertir. Qu'on soit pour ou contre, il ne nous laisse pas indifférent. Cet effrayant génie comme l'écrivait Chateaubriand, a encore de beaux jours devant lui.

Inclassable, on le taxe facilement d'être un apologiste comme pour mieux échapper à son influence ravageuse. Une de mes connaissances me disait récemment qu'elle avait eu Pascal dans ses cours autrefois, mais comme il était chrétien, elle n'avait pas accordé de l'intérêt. Il est des auteurs qui ont la vie dure; la réputation qu'ils traînent les déforme. Les croyants ne liront pas Nietzsche ou Marx, les incroyants n'ouvriront jamais un livre religieux.

Pascal n'est pas un croyant ordinaire, béat, tranquille. Chez lui, adhérer aux crédos de la religion ne signifie pas la paix, l'assurance qui découle de tenir une certitude une fois pour toutes. Non pas qu'il faille mettre en cause une telle certitude (la foi de Pascal est totale), mais la conversion ne s'arrête jamais, parce que le Christ souffrira jusqu'à la fin du monde. C'est que l'incertitude et la certitude ne nous travaillent pas de la même manière. Un croyant n'est pas plus heureux qu'un incroyant, car au fond il reste toujours homme, un mortel. Pascal a choisi l'effroi comme règle de vie. Il n'est pas qu'un génie effrayant, mais aussi effrayé. Adossé au néant, noué par la peur de la mort, il ne fait que nous dire et redire notre condition d'homme, et d'homme moderne, pour qui fuir ses angoisses c'est se réfugier malgré lui dans le divertissement. Sa main qui écrit ces fragments sont celle de nous tous. « L'actuelle singularité, l'importance croissante que prendrait le divertissement » (Jacques Attali, Blaise Pascal ou le génie français, Fayard, 2000) est déjà annoncée et dénoncée par lui. A la précarité, à l'incertitude des lendemains et à la mort, Pascal, prophétisant, écrit en réponse que seul l'homme, ce roseau pensant est en obligation de trouver une réponse, parce que tout lui a été donné de toute éternité, mais que par manque de foi il se rate. Nous n'aimons pas assez nos peurs. Ce n'est pas dans la fuite de nos angoisses qu'il y aura une réponse, mais dans leur assumation pleine. Rien de pire que de vouloir échapper à notre condition. Reconnaître son incapacité de s'en sortir seul est déjà une réponse. Mais reconnaître sa faiblesse est une chose et l'assumer c'en est une autre.

La question du « médiateur » se présente chez Pascal comme la seule solution. A un « je » et « tu », il faut un « il ». Quand on est en famille et à la maison, n'allume-t-on pas la télé pour trouver ce « il » ? Les médias, c'est quoi? N'est-ce pas cette troisième personne qui nous sauve de l'ennui? Une présence virtuelle, à distance qui nous distille les ingrédients nécessaires à l'oubli de notre malheur de vivre? Je reviendrai sur ce point capital.

Pascal nous dérange. Il se plaît à nous montrer nu, parce que lui-même se découvre nu. Il se situe juste à cet instant précis où Adam et Eve se découvrent nu après le péché. Il aurait pu aussi bien dire « La pomme est haïssable ». Quand on dit ma « pomme », ne désigne-t-on pas d'ailleurs soi-même? Pascal, en bon disciple de Saint-Augustin ne s'est jamais remis de cet instant de la faute de nos premiers parents. « Il dit, écrit Voltaire à propos de lui, éloquemment des injures au genre humain ». Toutes les « Pensées » sont des tentatives de remonter à l'avant d'une fatalité, de retrouver le paradis perdu d'avant la chute, de conjurer un sort certes bien mérité (la mort comme salaire du péché, Saint-Paul), néanmoins inacceptable, insupportable. Mais ce n'est pas un retour en arrière dans le temps. Pascal n'est pas un réactionnaire, un passéiste qui, sur le curseur du temps chercherait à effectuer un va-et-vient horizontal. Il n'est pas un révolutionnaire au sens ordinaire non plus. Si la certitude guide la pensée et que celle-ci peut déployer un ordre nouveau dans l'horizon du monde, Pascal récuse toute certitude dans la relation de l'homme au monde. Car, livré à ses seules forces, l'homme est égaré dans un monde vertigineux. Le monde contient bien le vide comme la science le prouve et ce vide n'est pas que matériel. Au lieu commun de « la nature a horreur du vide », Pascal oppose le démenti de « la nature est « vide ». De là au « vide » de la vie, il n'y a qu'un pas, mais le gouffre est immense et il n'est pas donné à tout le monde de faire le saut de la foi. Le vide de l'éprouvette de Pascal est surtout celui de l'épreuve de la vie. Descartes le remplit par une substance pensante, mais en vain. Car à quoi sert de remplir ce vide par la spatialisation, c'est-à-dire par la géométrisation de l'espace, si c'est pour diviser l'homme contre lui-même? Corps et âme, matière et esprit, jouant chacun l'un contre l'autre, ne peut mener qu'à la conclusion cartésienne qui évacue Dieu du champ anthropologique. « Je pense donc je suis » est garanti par un dieu vérace mais qui vient en troisième position, après la pensée et l'être. Si dieu est garant de moi, loin de constituer le fond même de ce moi en sorte que ce moi prendrait appui sur ce socle pour être d'abord et ensuite penser, le voilà rejeté dans une transcendance qui laisse l'homme à se construire en pensée pour y trouver ensuite son être qui font un, unité garantie et approuvée par dieu seulement après. Descartes met la charrue avant les boeufs.

Or, l'homme est aussi un roseau. Cette phrase de Pascal, « l'homme est un roseau pensant », est dirigée contre Descartes afin d'en montrer ses limites et celles de toute philosophie. Pour Pascal, rien n'est stable, tout est sable et sable mouvant, tout passe et s'effrite en lui et autour de lui. Cette inconstance et inconsistance, cette fragilité et ce flottement est la preuve que l'homme ne dispose pas d'une « assiette ». « La raison s'offre, mais elle ployable à tous les sens » (fragment, 274). Certes la raison cartésienne constitue l'espace, mais « ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité (...) Par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point » (fragment, 347). Autrement dit, en tant qu'étendu, en termes cartésien, la pensée qui fait toute la dignité de l'homme est englobée ou mieux égaré par l'indifférence de l'étendue.  « La géométrisation de l'espace, c'est-à-dire la destruction du monde conçu comme un tout fini et bien ordonné, dans lequel la structure spatiale incarnait une hiérarchie de valeur et de perfection » (Du monde clos à l'univers infini, Alexandre Koyré, Tel Gallimard, 1973, p.11). La conquête de la totalisation du divers infini et homogène ne peut passer par la raison. « Géométriquement parlant, l'univers infini ne peut avoir un centre, il en a une infinité » (Nature et Histoire dans l'apologétique de Pascal, Pierre Magnard, Société les belle lettres, 1975, p.67). De fait, le problème à résoudre est celui de l'unification du divers, c'est-à-dire d'un centre. La pensée transcende l'espace, mais ne peut tout unifier, il faut changer de plan parce que l'homme est aussi un roseau. Et un être double ne peut avoir son centre en lui.

Lorsque la raison, cette chose la mieux partagée du monde devient centre, la multiplication des centres par autant d'hommes raisonnables devient à son tour un problème insoluble. Qui a raison? Qui dit la vérité? Celle-ci n'aurait donc aucun critère, aucune marque distincte en sorte que toutes les vérités n'auraient point un centre auquel s'ordonner?

Le divertissement est l'expression désespérée de cette situation. L'homme est un « entre-deux ». Ni ange ni bête, ni roseau ni pensant, il est un être « coincé » entre deux infinis. Ce qui définit proprement le désespoir des hommes qui les poussent au divertissement. Epictète prenait le roseau comme une force, Montaigne trouvait la raison faible. Aucun ne pouvait servir de centre, c'est-à-dire de certitude qui puisse nous assurer d'une assiette. Cette incapacité nous pousse à y échapper. La preuve qu'ils sont (et Epictète et Montaigne) insuffisants. L'homme ne peut satisfaire ni de l'un ni de l'autre. « Diverte ». Action de se détourner de. Tel est l'étymologie du mot divertissement. Le jeu et le sérieux constituent les deux composantes de cette activité. Se divertir, c'est vouloir les deux choses à la fois. Les hommes se jettent dans l'arène du monde « comme si la possession des choses qu'ils cherchent les devaient les rendre véritablement heureux » (139). Le divertissement est cette manière de prendre au sérieux ce qui est un jeu. Car investir ses désirs sur des choses qui n'en valent pas la peine, on se détourne du même coup de la seule question qui doit être posée? Comment assumer mon humanité et suis-je capable de la faire? Le divertissement est l'ensemble des activités qui nous débarrasse et de l'embêtante énigme de notre ambigüité et de la recherche de sa solution. Nous préférons courir deux lièvres à la fois. Tout le malheur de l'homme ne vient-il pas selon Pascal, de ce qu'il ne sait pas rester quelques minutes sans bouger?

Evasion libérant donc devant la gravité des questions de l'existence, le divertissement nous détourne et heureusement. Sinon comment échapper au vertige de son néant? Si sans divertissement il n'y a point de joie et avec le divertissement, il n'y a point de tristesse, l'oubli devient le but. En langue sémitique Adam veut dire « oublieux ». Oublieux de quoi?

L'anthropologie pascalienne est un immense et incessant effort de rappel de la chute. « Les hommes n'ayant pas pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés pour se rendre heureux de n'y point penser » (168). L'homme du divertissement ne vit pas en lui, il produit sans cesse ce mouvement centrifuge qui l'éloigne du centre. Car d'un côté sa faiblesse, de l'autre sa force ne pouvant lui servir de centre, il évite grâce au divertissement la question essentielle, celle de son salut, c'est-à-dire la possibilité d'un centre en dehors et au delà de ceux les hommes croient avoir trouvé. Chez Pascal, à la diversion originelle du péché répond immanquablement la nécessité d'une autre diversion: le divertissement.

Il est plus moins admis que les Pensées sont une apologie (ou en vue) de la religion chrétienne. C'est certainement en réduire la portée à une historialité limitée. L'histoire de l'église ou encore celle de toute humanité dépasse de loin les frontières historiques de nos horizons terrestres forcément restreintes à nos vues humaines. C'est pourquoi chez Pascal au-delà d'une apologie il y a une anthropologie et une christologie qui les fondent l'une et l'autre. Car si l'homme est créé à la ressemblance de Dieu, son centre et son point d'appui ne peut être qu'une créature qui assume son ambiguïté radicale, le Christ, à la fois dieu et homme et ce à notre place.

Toutes les Pensées a pour seul enjeu l'homme et son salut et Pascal met en feu sa vie pour cette unique espérance qui osa coudre en feuilles éparses dans la doublure de sa veste.

AUGUSTE UNAT

5 Şubat 2011 Cumartesi


BOSSUET POLEMISTE

Bossuet fut amené plusieurs fois, en particulier dans les dernières années de sa vie, à défendre ses idées avec vivacité, contre des adversaires qui ripostaient vigoureusement, et à soutenir ainsi de véritables polémiques. C'est ainsi que, pour défendre l'Histoire des Variations Contre Les Protestants, il écrivit la Défense de l'Histoire des Variations et les Avertissements aux Protestants; c'est ainsi qu'il combattit Richard Simon, Ellies du Pin, les Jansénistes; c'est ainsi qu'il s'engagea dans deux querelles, telles que: la querelle du théâtre et la qurelle du Quiétisme.

Dans toutes ces polémiques, Bossuet apporte de grandes qualités: la clarté des raisonnements, la force des idées, une ironie qui ne ménage rien, et une fougue massive qui assome l'adversaire. Mais il manque de finesse pour pénétrer les réparties, de souplesse pour s'adapter à une situation imprévue, et parfois aussi de mesure dans l'invective.

Reprenant les anathèmes que les Pères de l'Eglise avaient lancées contre le théâtre païen, les moralistes jansénistes du XVIIème siècle, comme Nicole, condamnèrent le théâtre de leur temps,  en bloc et sans distinction. Ils firent l'opinion. Sans doute le théâtre continua à être en faveur, mais on savait qu'il était condamné. Aussi en 1694, lorsque le Père Caffaro, théatin, publia, en tête des comédies de Boursault, une dissertation qui était une apologie du théâtre, Bossuet s'émut. Il écrivit aux religieux une lettre mordante et terrible qui l'obligea à désavouer sa dissertation. Bossuet avait gain de cause; mais il crut utile de reprendre les idées de sa lettre au Père Caffaro, de les développer et d'en faire un véritable traité pour le public. Telle fut l'origine de l'opuscule qui a pour titre Maximes et Réflexions sur la Comédie.

Les Maximes et Réflexions sur la Comédie
On peut distinguer dans cette oeuvre, trois idée principales:
1)- Un Raisonnement théorique: Le théâtre, dit Bossuet, veut plaire; on ne plait aux hommes qu'en flattant leurs passions; le théâtre se propose donc de flatter les passions et de nourir la concupiscence; quel chrétien sincère pourrait les supporter?
2)- Une analyse du théâtre de son temps: En fait, dit Bossuet, le théâtre français d'aujourd'hui, celui de Corneille, celui de Quinault, celui de Racine, celui de Molière, ne fait qu'exciter les passions et ne fournit aucun remède pour calmer les émotions qu'il a soulevées. C'est là que Bossuet condamne Molière en termes emportées.
3)- Une étude de la doctrine de l'Eglise sur le théâtre: Il y a, dit Bossuet, une tradition continue de sévérité contre le théâtre depuis les Pères de l'Eglise jusqu'à nos jours, en passant par les théologiens du moyen-âge, y compris saint Thomas, dont on a eu tort de se servir pour justifier le théâtre.

Il faut admirer dans les Maximes et Réflexions la vigueur du style et la finesse de l'analyse psychologique. Mais l'intransigeance de Bossuet est excessive et, quoi qu'il en dise, elle ne représente pas la doctrine constante de l'Eglise. Le théâtre, par exemple le théâtre de Corneille, peut être un instrument du bien; quand il respecte la morale, il est un divertissement légitime. Et d'une manière générale, on peut dire qu'il est moral et immoral comme le spectacle du monde dont il est le reflet. Il entre par là dans les conditions générales de tous les arts, qui sont légitimes dès qu'ils se soumettent aux lois de tout acte humain.

La Querelle du Quiétisme
Le Quiétisme de l'espagnol Molinos fut introduit en France par Mme Guyon, une femme d'une grande distinction qui vint à Paris en 1687, et gagna à ses idées les millieux mondains autour de Mme de Maintenon et Fénelon. Elle enseignait que le véritable amour de Dieu est celui qui fait abstraction des punitions et des récompenses; que la perfection chrétienne consiste dans un acte continuel de contemplation et d'amour de Dieu; que lorsqu'on est dans cet état, il faut garder le repos, négliger toute opération positive de l'âme et ne pas se préoccuper de bonnes oeuvres. C'est le repos divin, quies.


FENELON
 La doctrine nouvelle fit du bruit. Bossuet, invité à l'examiner, résista d'abord, puis consentit à l'étudier avec M. de Noailles et M. Tronson. A la suite des conférences d'Issy où Fénelon apporta ses lumières, les matières spirituelles que touchait le Quiétisme furent définies en trente-trois articles. Malheureusement pour la paix, Bossuet et Fénelon crurent tous deux devoir expliquer les articles d'Issy: Bossuet le fit dans l'Instruction sur les états d'oraison, et Fénelon dans l'Explication des Maximes des Saints. Fénelon se séparait de Mme de Guyon en condamnant l'état de contemplation qui supprime les opérations de l'âme et les bonnes oeuvres; mais, comme elle, il faisait consister la perfection dans un état habituel de pur amour où le désir des  récompenses et la crainte des châtiments n'ont plus de place.

C'est sur cette définition de l'amour de Dieu que la querelle s'engagea. Elle devint très vite personnelle. Deux partis se formèrent; des jalousies et des colères envenimèrent les choses; et les pamphlets échangés entre Meaux et Cambrai manquèrent d'aménité. Le Pape, invité par Louis XIV à intervenir, condamna les Maximes des Saints et Fénelon se soumit.

Malheureusement la discussion n'était pas restée sur le terrain théologique. Fénelon, usant de toute la souplesse de son esprit, entrainé par des amis qui poursuivaient des buts plus mondains, entra dans des distinctions et des subtilités qui auraient pu faire soupçonner sa loyauté. Bossuet, fatigué par des objections impalpables qui renaissaient sans fin, piqué par des mots amers ou par de malignes allusions, sortit lui aussi de son caractère et s'emporta jusqu'à l'injure. Il lança contre Fénelon le pamphlet qui s'appelle La Relation sur le Quiétisme. C'est un admirable livre, plein de verve, d'une ironie mordante, d'une bouffonnerie énorme dans les passages où il tourne en ridicule Mme Guyon et ses extases, d'une éloquence âpre quand il invite Fénelon à s'incliner devant la voix de l'Eglise. Mais la charité y est blessée et dans une phrase injurieuse que l'on regrette que Bossuet ait écrite, Fénelon y est comparé à Montan et Mme Guyon à Priscille.
 BOSSUET ECRIVAIN

La pensée de Bossuet a des caractères marqués qu'il est facile de saisir tout d'abord: la fermeté claire et décisive dans des limites bien arrêtées; la générosité, qui est faite de confiance dans la raison humaine; le bon sens, qui choisit entre les opinions extrêmes et particulières la plus humaine et la plus universelle; la vigueur, qui vient d'un contact perpétuel avec la réalité concrète; la poésie, qui ne tient ni au rêve, ni à la mélancolie, choses que Bossuet ignore, mais à l'épanchement d'une vie intérieure, sans cesse renouvellée et rafraichie par l'amour de Dieu et par la contemplation émue de l'oeuvre de Dieu.

BOSSUET
Le style de Bossuet est avant tout oratoire: Bossuet, songeant toujours à l'action, écrit comme s'il parlait pour démontrer quelque chose et raisonne avec passion; de là l'ampleur et le mouvement de sa phrase. Ce style oratoire, ample et en mouvement, est cependant toujours simple: Bossuet, qui veut convaincre et par conséquent être compris, laisse de côté les mots savants, et emploie toujours les termes de la langue ordinaire; Bossuet, qui n'a pas de préoccupation de styliste, rejette tous les ornements qui ne sont que des ornements et présente sa pensée ingénuement. Malgré sa simplicité, ce style est poétique, parce que Bossuet est un réaliste et un passionné. Comme il a toujours regardé le réel, il a le goût du concret: aussi l'expression abstraite de l'idée s'accompagne toujours d'une image concrète qui la réalise pour les yeux et pour l'imagination. Comme Bossuet s'échauffe en écrivant et veut persuader, il trouve dans cette chaleur passionnée, les mots vivants, les expressions chaudes qui sont l'âme du style.

Bossuet a formé sa langue, vocabulaire et syntaxe, par la lecture des deux antiquités profanes, de la Bible, des Pères et des écrivains du XVIème siècle, en particulier Amyot, Montaigne et Calvin. Il aimait ce vocabulaire du XVIème siècle, si riche et si pittoresque, et cette phrase encore libre d'allure où il pouvait couler sa pensée tout à son aise. Sans doute, il voyait le travail qui s'opérait de son temps:  Vaugelas, Thomas Corneille, Bouhours devaient s'imposer même aux écrivains de génie, chasser de la langue un grand nombre de vieux mots et discipliner la syntaxe. Bossuet résiste à ce mouvement, comme Corneille, La Fontaine et Molière. Les auteurs qui écrivent après 1680 se soumettent tous au joug; Bossuet, qui publie la plupart de ses oeuvres de 1680 à 1704, ne se soumet pas. Il garde le vocabulaire de son âge mûr et il garde sa syntaxe, malgré l'Académie qui, en 1694, a accepté les lois nouvelles et les a sanctionnées de son autorité.

Parmi les écrivains classiques, Bossuet est resté un des plus modernes et des plus vivants. Les idées qu'il touche dans ses sermons sont de celles qui émeuvent les hommes de tous les temps. Sa langue vigoureuse et franche date à peine et n'a pas une ride. Son jugement, si exactement équilibré, si ferme à la fois et si libéral, donne, quand on le lit, une sécurité qui est une vraie joie. Il y a tout à gagner à choisir Bossuet pour maitre quand on veut apprendre à penser et à écrire.

4 Şubat 2011 Cuma


 LES SERMONS DE BOSSUET

Bossuet voyait dans ses sermons écrits une matière à exploiter et à adapter à chaque circonstance. Il ne lui vint pas à l'idée de les publier pour un auditoire idéale. Après sa mort, les manuscrits devinrent la propriété de son neveu, l'abbé Bossuet, qui s'en servit, les prêta et les dispersa. Au XVIIIème siècle, l'abbé Lequeux et dom Déforis recueillirent tous ceux qu'ils purent trouver, et de 1772 à 1780, les publièrent dans une édition à laquelle le nom de Déforis est resté attaché. Cette édition était peu correcte: plusieurs sermons étaient réunis en un seul, des fragments étaient changés de place et, chose plus grave, les éditeurs s'étaient  permis de compléter certains passages inachevés. Il a fallu tous les travaux modernes de Floquet, Gandar, Lebarq et Urbain pour rétablir le véritable texte de Bossuet.

Bossuet avait longuement médité sur son art. Après avoir hésité quelque temps entre deux méthodes, il arriva par l'expérience à un système bien équilibré dont on peut voir les principes dans le Sermon sur La Parole de Dieu.

Pour Bossuet, la prédication n'est pas un métier comme l'éloquence du barreau, mais un ministère sacré, comparable à celui du prêtre qui offre le sacrifice de la Messe. Etabli pour sauver les hommes, le prédicateur doit donc s'oublier lui-même, et, au lieu de se faire valoir par les artifices de la parole, viser uniquement à être compris à force de simplicité. Bossuet est simple, parce que les idées relevées qu'il exprime sont rendues en un langage ouvert et commun que les chrétiens de culture moyenne peuvent saisir tout d'abord.

Le fond de la prédication doit être le dogme, contenu dans l'Evangile et dans l'enseignement des Pères, des Docteurs et des Conciles. Tout autre fondement est ruineux. Le dogme n'est pas exposé dans ses subtilités pour satisfaire la curiosité de l'esprit mais il est étudié comme la lumière de la conduite et comme le fondement de la morale. Cette morale est la morale chrétienne traditionnelle, qui ne met pas des coussins sous les coudes des pécheurs et qui n'accable pas les hommes faibles sous un joug très injuste.

Le prêtre prêche pour convertir les âmes. Il ne lui suffit donc pas de prouver; il faut qu'il touche. Mais il ne suffit pas non plus d'émouvoir la sensibilité. Il faut aller au coeur par la raison. Bossuet pratique cette art à merveille: il raisonne, mais son rasionnement est passionné. Tout s'anime à sa voix: les abstractions dont il parle deviennent des réalités concrètes et pressantes, il interpelle ses auditeurs, il les interroge, il répond pour eux et il ne leur permet pas de respirer.

La prédication ainsi comprise devient lyrique. Bossuet est lyrique, c'est-à-dire qu'il traite des idées humaines, touchantes pour tous les hommes, les brièveté de la vie, l'âpreté de la mort, les déboires de l'ambition, les illusions de l'honneur; ces lieux communs, il les traite avec passion, parce que son âme frémissante en a été touchée jusqu'au fond et cette passion s'exprime dans un style coloré, imagé, paré, de tous les prestiges de la poésie.

On a dit que l'éloquence de Bossuet ne fut pas goûtée de son temps. Il y a la quelque exagération. De 1659 à 1670, Bossuet est considéré comme le premier des orateurs chrétiens. Comme il se tait ensuite, et qu'on ne peut pas lire ses sermons qu'il n'a pas publiés, il n'est pas étonnant qu'on parle peu de lui. Bourdaloue parait et il a le bonheur d'enthousiasmer Madame de Sévigné qui répend son nom à travers la France et fait pour la postérité une bonne part de sa gloire. Son genre plus subtil, ses analyses psychologiques devaient plaire d'ailleurs aux contemporains de Racine plus que la logique passionnée de Bossuet. On exagère donc quand on parle de l'échec de Bossuet prédicateur.

Cependant, il est certain que le XVIIème siècle n'a pas apprécié l'éloquence de Bossuet comme nous le voudrions aujourd'hui. On voyait en lui un théologien, un savant, un Père de l'Eglise; on convenait qu'il laissait à d'autres la palme de l'éloquence. Le XVIIIème siècle ne comprit pas plus Bossuet qu'il ne comprenait Corneille et Pascal. De nos jours, on a mis Bossuet à sa vraie place, qui est la première.

L'ORAISON FUNEBRE

Il semble que c'est avec quelque hésitation et un certain regret que Bossuet est venu à l'oraison funèbre. Le genre était bien compromis. Les prédicateurs qui se chargeaient de prononcer l'éloge d'un mort se préoccupaient seulement de plaire à la famille à force de flatteries et de faire valoir leur talent en multipliant les ornements oratoires. L'oraison funèbre était indigne de la chaire de vérité.

En passant du sermon à l'oraison funèbre, Bossuet ne change pas de genre: il traite l'oraison funèbre comme un sermon. De même que dans le sermon il part de la liturgie ou du dogme pour donner une leçon morale, dans l'oraison funèbre il se sert de la vie de son héros pour donner des leçons et fonder des exhortations pratiques. Ainsi l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre prouvera que la Providence gouverne les rois et les royaumes; l'oraison funèbre de Madame, que la mort détruit en nous tout ce qui est humaine et élève notre âme jusqu'à Dieu; l'oraison funèbre de Condé, que toutes les qualités de l'esprit et du coeur ne sont rien sans la piété. Cependant Bossuet subit les lois du genre. La solennité exige une certaine pompe à laquelle il ne se refuse pas. Il complimente les parents du mort, même l'indigne époux de Madame; il prend des précautions pour dire des vérités nécessaires. Il ne faut donc pas demander à Bossuet l'exactitude de l'historien. Mais il ne faut pas dire qu'il a manqué à ce qui est dû à la vérité. Sur les questions qu'il croit pouvoir traiter, il parle avec sincérité: il n'hésite pas à présenter Cromwell comme un homme providentiel, à raconter la trahison de Condée, à faire allusion aux tristesses conjugales de la Reine Marie-Thérèse. Pour traiter ces questions, il multiplie ses recherches et il fait un véritable travail de documentation. Il n'y a dans son discours ni mensonge ni légèreté et il y a parfois des intuitions de génie.

BOSSUET - HISTORIEN
Bossuet n'a jamais prétendu être un historien, si on entend par là un homme qui étudie l'histoire du passé pour la savoir et la raconte pour la raconter. Il était apôtre; et il se servait de l'histoire pour agir sur les âmes. Mais comme il voulait agir par la vérité, il a recherché par des procédés scientifiques l'exactitude historique et a ainsi mérité cette gloire de l'historien qu'il ne cherchait pas. Ses deux principales oeuvres historiques sont: "Le Discours sur l'Histoire Universelle" et "L'Hisitoire des Variations".

Le Discours sur L'Histoire Universelle fut d'abord une série de leçons faites par Bossuet au Dauphin pour lui présenter une vue d'ensemble des événements de l'histoire et une explication de ces événements par le dogme de la Providence. C'est donc une oeuvre pédagogique. Puis, en 1680, Bossuet le reprit et le publia en 1681; il le retoucha à plusieurs reprises en donnant une édition remaniée en 1700 et, quand il mourut, il laissait des notes pour une nouvelle édition. Toutes ces retouches ont pour but d'utiliser l'histoire pour l'apologétique contre Richard Simon et Spinoza et contre les libertins. Le discours est donc une oeuvre apologétique, en même temps qu'une oeuvre historique.

Il se divise en trois parties:
1)- Les Epoques; tableau chronologique de l'histoire du monde jusqu'à Charlemagne;
2)- La Suite de la Religion; étude du caractère particulier de la Révélation biblique et de sa conservation jusqu'à Jésus-Christ;
3)- Les Empires; exposé de l'histoire des empires, depuis les Scythes et les Egyptiens, jusuq'aux Grecs et aux Romains.

Voltaire et Renan, suivis par d'autres critiques, dénient toute valeur historique au Discours. Ils s'appuient sur deux ordres de considérations: Bossuet n'a pas pu écrire une histoire exacte puisqu'il veut démontrer une thèse théologique. Bossuet n'a pas écrit une histoire exacte parce qu'il est mal informé. Son oeuvre n'a pas de valeur parce qu'elle est de l'histoire théologique et de l'histoire superficielle. L'histoire théologique est légitime. Rien de plus juste que d'écrire l'histoire pour démontrer une thèse philosophique ou religieuse. Pour conserver tous ses droits au titre d'historien, il suffit de ne pas fausser les faits de parti pris et personne n'accuse Bossuet  de l'avoir fait. Cette attitude est légitime parce que l'explication des événements historiques par leurs causes politiques, économiques, sociales, ne les épuise pas. Il y a toujours quelque chose d'insaisissable: la liberté, l'influence impondérable des grands hommes et je ne sais quelle force spirituelle qui mène souvent les hommes où ils ne voudraient pas aller. L'historien ne connait pas la nature de cette force, mais il n'a pas à en nier l'existence; le philosophe et le théologien ont le droit de l'interpréter à leurs risques et périls. Bossuet, qui le fait, ressemble à un historien moderne, à Michelet, par exemple qui raconte l'histoire de France pour mettre en relief l'ascension de la démocratie. Ne leur refusons pas ce droit, pourvu que la sérénité de leur regard de savants ne soit pas troublée par leurs idées préconçues.

Le Discours n'est pas de l'histoire superficielle. Bossuet est allé consciencieusement aux sources. Sans doute, il est de son temps et, comme pour l'histoire des peuples d'Orient il suit Hérodote, il tombe souvent dans l'erreur. Mais quand il arrive aux Grecs, il sait l'essentiel et il devine le reste; il saisit parfaitement le caractère d'Athènes et de Spartes et il le marque en traits définitifs. Quand il en vient à parler des Romains, il exprime sa joie par le mot: enfin! Ici, il est chez lui. Il sait ce qu'il importe de savoir, et il comprend parce qu'il aime. Il trace du caractère romaine, de la grandeur romaine, de la vertu romaine, un tableau rapide où chaque trait est d'une vérité achevée. Montesquieu dira plus de choses; il ne dira rien de plus vrai, de plus vif, ni de plus solide. C'est de l'histoire et de la bonne histoire.

L'Histoire des Variations des Eglises Protestantes publiées par Bossuet en 1688, est l'acte  capital de Bossuet dans cette longue controverse avec les protestants, qui a été la grande affaire de sa vie. A la suite de ses conférences avec le ministre Claude, il sentit que les protestants étaient d'accord avec lui pour affirmer la nécessité d'une Eglise, d'un lien visible pour assurer l'unité du troupeau chrétien. Mais où était la véritable Eglise? Les protestants affirmaient que ce ne pouvait pas être l'église catholique parce qu'elle avait changé et qu'elle n'était donc pas l'Eglise de Jésus-Christ. Bossuet va insister sur ce point en élevant le débat à un degré de généralité qui l'imposera à l'attention de tous les esprits.

Les protestants, dit-il, reconnaissent que l'Eglise primitive était l'Eglise véritable et avait le dépôt de la vérité. Donc, elle l'a toujours, parce qu'elle n'a pas pu changer. Elle n'a pas pu changer parce que quand on a la vérité et qu'on change, on tombe dans l'erreur, et que l'Eglise n'a pas pu tomber dans l'erreur, étant nécessairement infaillible. Elle est nécessairement infaillible dans l'enseignement de la vérité religieuse, car si elle ne l'était pas, elle s'émietterait en une foule de confessions de foi, deviendrait poussière de doctrines et cesserait d'exister. La preuve se tire des faits: les protestants qui n'ont pas d'autorité infaillible ce sont émiettés en une foule de confessions de foi, et ils ont connu toutes les variations. Bossuet écrit son livre pour le prouver. Ce spectacle des variations protestantes démontre par le fait même la nécessité d'une Eglise infaillible et la vérité de l'Eglise catholique qui, étant infaillible, n'a pas pu changer et n'a pas changé.

Bossuet ne nous cache donc pas qu'il veut démontrer une thèse et qu'il n'est pas neutre. Mais nous ne demandons pas à l'historien d'oublier sa personnalité; nous lui demandons la conscience dans la recherche, la loyauté dans l'affrimation, le bon sens dans l'interprétation. Ce sont justement comme l'a reconnu M. Rébelliau, les qualités de Bossuet. Par lui même ou par ses secrétaires, il recourt aux sources; il lit les oeuvres des théologiens réformés, et les receuils de leurs décisions synodales. Sauf pour l'histoire d'Angleterre et pour l'histoire des Vaudois -où il parait insuffisamment renseigné- son information est à peu près complète. Quand il interprète les documents, quand il les rapproche et les explique l'un par l'autre, il fait preuve d'une loyauté absolue et d'une psychologie avisée. Il sent la vie de la Réforme et il l'a fait sentir: son récit est animé d'un mouvement dramatique, rare en ce temps. Il a pénétré l'âme des chefs de la Réforme et il en trace des portraits animés d'une vie puissante. Bossuet est avant Montesquieu et Voltaire, un de nos grands historiens.

3 Şubat 2011 Perşembe


JACQUES-BENIGNE BOSSUET (1627 - 1704)

Bossuet naquit à Dijon en 1627, d'une famille de magistrats remarquable par le bon sens, l'activité et la foi. Il fit ses études au collège des Jésuites de Dijon, où il se signala comme un élève studieux et réfléchi: bos suetus aratro (boeuf habitué à la charrue), disait-on de lui par plaisanterie. En 1642, il entra au collège de Navarre, à Paris, où il étudia pendant deux ans la philosophie et pendant cinq ans la théologie, sous la direction de Nicolas Cornet. Il complétait son éducation en voyant le monde: il assistait à la représentation des pièces de Corneille avec son ami Rancé, et il était présenté dans les salons, à l'hôtel Vendôme et à l'hôtel de Rambouillet où, d'après la tradition, il prononça un petit sermon improvisé. En 1648, il fut ordonné sous-diacre; pendant la retraite qui précéda cet acte définitif, Bossuet se reprochant le partage qu'il avait fait de lui-même entre Dieu et le monde, brise avec son passé et écrit sa Méditation sur la Brièveté de la Vie, qui est déjà d'une pensée mûrie et d'une expression parfaite.

En 1652, Bossuet est ordonné prêtre après avoir fait une retraite à Saint-Lazarre, sous la direction de saint Vincent de Paul. Ses relations avec Vincent de Paul, qui devinrent vite de l'intimité, durèrent jusqu'à la mort du saint et exercèrent sur Bossuet une influence profonde. Le prêtre y gagna de se détacher de la subtilité et de la spéculation pour se porter à l'action et à l'apostolat; le prédicateur y apprit les véritables caractères de l'éloquence évangélique. Quelques mois après son ordination, Bossuet partit pour Metz et devint bientôt après archidiacre de l'église cathédrale.

Le séjour de Bossuet à Metz dura sept ans et lui permit d'achever sa formation au contact de la réalité. Sans doute, il reprend et continue ses études théologiques; mais il voit le peuple, il rencontre sur sa route les protestants et il réfute le catéchisme d'un de leurs ministres, Paul Ferri; il prêche souvent. Ses sermons de cette époque ont de la subtilité scolastique et du mauvais goût; mais ces défauts s'atténuent vite et le Panégyrique de saint Bernard est déjà un chef-d'oeuvre.

En 1659, Bossuet se fixe à Paris, où saint Viencent de Paul l'appelait et, pendant dix ans, il est le prédicateur en vogue des grandes églises et de la chapelle royale. D'abord attaché à la méthode de son maitre Vincent de Paul, il prononce le panégyrique de saint Paul et le Sermon sur l'Eminente Dignité des Pauvres, qui sont des modèles d'éloquences simple. Puis dans le Carême des Minimes et dans le Carême des Carmélites il cherche sa voie, un genre plus élevé et plus noble qui puisse plair à un auditoire aristocratique sans s'éloigner cependant de l'austérité de l'Evangile. Il apparait qu'il l'a trouvé dans le Carême du Louvre dont les sermons sur le Mauvais Riche, la Providence, l'Ambition, la Mort sont des chefs-d'oeuvre définitifs. Le Carême du Louvre consacre l'autorité de Bossuet, qui prêche ensuite plusieurs fois devant la Cour, l'Avent du Louvre, le Carême de Saint-Germain, l'avent de Saint-Germain. Il est appelé à prononcer l'Oraison funèbre de la Reine d'Angleterre en 1669 et de la Duchesse d'Orléans en 1670. Il obtient l'évêché de Condom et il est choisi par le roi pour être le précepteur du Dauphin. Ces distinctions marquent à quel point l'éloquence de Bossuet avait été appréciée par la Cour.

Le Dauphin, élève de Bossuet, était né en 1661. Il était lent d'esprit, indifférent, distrait et parfois d'une humeur bizarre. Bossuet n'arriva pas à l'éveiller ni à l'intéresser aux idées. Cependant, comme Bossuet avait travaillé à former un roi et que son élève mourut en 1711 sans avoir régné, on ne peut pas dire si cette éducation échoua radicalement.

Bossuet se proposa pour but de former un roi et de ce but il fit dépendre son programme, l'esprit de son enseignement et de la formation morale. Le programme fut allégé des matières qui parurent moins nécessaires, comme le grec, et étendu dans le sens des sciences historiques et politiques. L'enseignement était donné d'une manière pratique, le maitre se préoccupant avant tout de montrer à l'élève ce qu'un roi pouvait tirer de chaque discipline. L'éducation morale et religieuse fut conduite avec une grande hauteur de vues: prêtre, Bossuet se garda bien d'inspirer à son élève une piété ecclésiastique, mais il s'attacha à lui montrer dans la religion la règle suprême de la conduite du roi.

Pour assurer l'unité de cette éducation, Bossuet enseignait tout lui-même, secondé par Daniel Huet qui lui avait été adjoint, et il écrivit tous les livres nécessaires à son élève, en particulier une histoire de France, le Discours sur l'Histoire Universelle pour lui donner des vues générales sur l'histoire des peuples, le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même pour lui donner des notions de philosophie, la Politique tirée de l'Ecriture Sainte pour l'initier aux principes du gouvernement des peuples. Ainsi donc, si l'élève ne profita pas de cet effort, Bossuet en retira un grand bénéfice: à quarante ans, il refit ses études profanes et acquit une connaissance sérieuse des deux antiquités. Théologien à la fois et humaniste, il devient ainsi, comme Boileau, un vrai classique, ayant fait dans sa conscience chrétienne la synthèse harmonieuse des deux sagesses, la païenne et la chrétienne.

Pendant qu'il présidait à l'éducation du Dauphin, Bossuet vivait à la Cour: mais il n'avait pas l'esprit courtisan. A Versailles, il se tenait à l'écart dans "l'allée des philosophes", et, lorsque les circonstances l'obligèrent à traiter avec le roi, il le fit avec une grande indépendance et un tranquille courage. Il aimait et admirait Louis XIV et il le louait publiquement comme l'étiquette et sa conviction le lui commendaient; mais quand le roi oublia la morale chrétienne, Bossuet, sans hésiter, lui en rappela les rigueurs.

Aussi cet homme illustre qui avait joué un rôle si éclatant, fut-il nommé à un des évêchés les moins importants de France, à Meaux. Il s'appliqua à l'administrer, à le viser et à l'évangéliser par ses sermons, ses lettres pastorales, et par un catéchisme qu'il voulut rédiger lui-même.

Cependant la Cour n'oubliait pas son éloquence et dans les grandes circonstances c'est à lui qu'il était fait appel. C'est ainsi qu'il prononça l'oraison funèbre de Marie-Thérèse, d'Anne de Gonzague, princesse Palatine, de Michel le Tellier, du prince de Condé. En fait il était reconnu par tous comme le chef de l'Eglise de France. Lorsque, en 1681, la question du Gallicanisme ayant divisé les esprits, une assemblée du Clergé fut convoquée qui paraissait tentée de faire un schisme, Bossuet fut chargé de prononcer le discours d'ouverture (Sermon sur l'Unité de l'Eglise) et de rédiger la déclaration finale. Il ne contenta entièrement aucun des deux partis, mais il sut éviter à la France le malheur d'un schisme.

Les protestants eux-mêmes s'inclinaient devant cette autorité de Bossuet. C'est ce qui lui permit de reprendre avec eux une discussion doctrinale et d'essayer de leur prouver par l'Histoire des Variations la nécessité d'une église infaillible pour maintenir l'unité et d'établir ainsi le caractère infaillible de l'Eglise Romaine. Un des plus grands esprits du protestantisme, Leibnitz, entra en correspondance avec lui et un moment Bossuet crut entrevoir la réalisation du rêve de toute sa vie: l'union des Eglises protestantes et de l'Eglise Romaine.

Mais dans les dernières années du XVIIème siècle et de sa vie, Bossuet se sent pris d'une grande tristesse. Il entrevoit que la grandeur de la France n'est plus qu'une façade et que la société se désagrège; les grandes oeuvres qu'il a tentées ou échouent ou sont remises en question. Les libertins, qu'il a cru réduire au silence, sont plus nombreux que jamais et ils ont la prétention nouvelle d'appuyer leur incrédulité sur la science; du millieu des croyants, du sein même de l'Eglise, il s'élève des esprits curieux et subtils qui raffinent  sur la doctrine et soulèvent des questions où il va de toute la foi. Alors, en libéral qui se repent, en vieillard désenchanté et pressé, Bossuet accentue le ton de sa polémique qui devient âpre et emportée; découragé de faire des concessions qui ont mal tourné, il condamne avec une certaine intempérence toutes les manifestations de l'activité humaine qui ne vont pas à Dieu. C'est ainsi qu'il proscrit le théâtre dans les Maximes et Réflexions sur la Comédie, la poésie et la philosophie dans le Traité de la Concupiscence; c'est ainsi qu'il poursuit les nouveuax critiques de la Bible dans la personne de Richard Simon (Défense de la tradition et des Saints Pères) et les quiétistes dans la personne de Fénelon (Instruction sur les états d'Oraison, 1697; Relation sur le Quiétisme, 1698)

Au millieu de toutes ces discussions pénibles, à mesure que la mort approchait, il semble que Bossuet donnait plus libre cours à une source de poésie tendre et colorée qui était au fond de son coeur et qu'il avait contenue jusque-là. Elle s'épanchait dans ses lettres de direction et dans ses oeuvres de piété, comme les Méditations sur l'Evangile, les Elévations sur les Mystères, la Préparation à la Mort. Il mourut le 12 avril 1704. Comme son secrétaire, l'abbé Le Dieu, à cette heure dernière, lui parlait de sa gloire, il eut la force de l'interrompre avec sévérité et il lui dit: "Cessez ce discours, demandons pardons à Dieu de nos péchés".

Comme on a pu le voir, Bossuet est avant tout un apôtre; c'est là que se trouve l'unité de sa vie. Il n'a pas écrit une ligne, il n'a pas fait une démarche, qui ne fût un acte et un acte de prêtre. S'il a publié certaines de ses oeuvres, ce n'est pas qu'il fût à un degré quelconque atteint de vanité littéraire, c'est qu'il les jugeait utiles.

Cet apôtre était un honnête homme. Il voulait le bien et il ne voulait l'atteindre que par des moyens loyaux et clairs. Il s'est trompé quelquefois; mais on ne peut pas relever chez lui quoi que ce soit qui ressemble au mensonge, à la ruse, à la duplicité.

Cet honnête homme n'était pas un saint. Il aimait la vie large qui s'harmonisait avec sa majesté naturelle. Il était attaché à ses idées et il les défendait avec âpreté. Il avait conscience de son rôle de protecteur de la vérité, et surtout dans les dernières années de sa vie, il confondait volontiers sa cause avec celle de la doctrine: de là chez lui, de la hauteur et parfois même de l'emportement.

 ORAISON FUNEBRE DE
 HENRIETTE-ANNE D'ANGLETERRE

Le 30 juin 1670, Henriette d'Angleterre, épouse de "Monsieur", Philippe d'Orléans, frère du roi, meurt brutalement, à l'âge de 26 ans. Bossuet prononce son oraison funèbre le 21 août, dans la basilique de Saint-Denis. Après avoir énoncé dans l'exorde le thème développé dans son sermon (vanité de l'homme sans Dieu), il dresse un portrait de la jeune défunte.

Et certainement, messieurs, si quelquechose pouvait élever les hommes au-dessus de leur infirmité naturelle: si l'origine qui nous est commune souffrait quelque distinction solide et durable entre ceux que Dieu a formés de la même terre, qu'y aurait-il dans l'univers de plus distingué que la princesse dont je parle? Tout ce que peuvent faire non seulement la naissance et la fortune, mais encore les grandes qualités de l'esprit, pour l'élévation d'une princesse, se trouve rassemblée et puis anéanti dans la nôtre. De quelque côté que je suive les traces de sa glorieuse origine, je ne découvre que des rois, et partout je suis ébloui de l'éclat des plus augustes couronnes. Je vois la maison de France, la plus grande sans comparaison de tout l'univers, et à qui les plus puissantes maisons peuvent bien céder sans envie, puisqu'elles tâchent de tirer leur gloire de cette source. Je vois les rois d'Ecosse, les rois d'Angleterre, qui ont régné depuis tant de siècles sur une des plus belliqueuses nations de l'univers, plus encore par leur courage que par l'autorité de leur sceptre. Mais cette princesse, née sur le trône, avait l'esprit et le coeur plus hauts que sa naissance. Les malheurs de sa maison n'ont pu l'acabler dans sa première jeunesse; et dès lors, on voyait en elle, une grandeur qui ne devait rien à la fortune. Nous disions avec joie que le Ciel l'avait arrachée comme par miracle des mains des ennemis du roi son père pour la donner à la France: don précieux, inestimable présent si seulement la possession en avait été plus durable! Mais pourquoi ce souvenir vient-il m'interrompre? Hélas! nous ne pouvons un moment arrêter les yeux sur la gloire de la princesse, sans que la mort s'y mêle aussitôt pour tout offusquer  de son ombre. O mort! éloigne-toi de notre pensée, et laisse-nous tromper pour un peu de temps la violence de notre douleur par le souvenir de notre joie. Souvenez-vous donc, Messieurs, de l'admiration que la princesse d'Angleterre donnait à toute la cour: votre mémoire vous la peindra mieux, avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourront jamais faire toutes mes paroles. Elle croissait au millieu des bénédictions de tous les peuples, et les années ne cessaient de lui apporter de nouvelles grâces (...)

Que si son rang la distinguait, j'ai eu raison de vous dire qu'elle était encore plus distinguée par son mérite. Je pourrais vous faire remarquer qu'elle connaissait si bien la beauté des ouvrages de l'esprit, que l'on croyait avoir atteint la perfection quand on avait su plaire à Madame: je pourrais encore ajouter que les plus sages et les plus expériementés admiraient cet esprit vif et perçant qui embrassait sans peine les plus secrets intérêts. Mais pourquoi m'entendre sur une matière où je puis tout dire en un mot? Le roi, dont le jugement est une règle toujours sûre, a estimé la capacité de cette princesse et l'a mise par son estime au-dessus de tous nos éloges.

Cependant, ni cette estime, ni tous ces grands avantages n'ont pu donner atteinte à sa modestie. Tout éclairée qu'elle était, elle n'a point présumé de ses connaissances, et jamais ses lumières ne l'ont éblouie. Rendez témoignage à ce que je dis, vous que cette grande princesse a honorés de sa confiance. Quel esprit avez-vous trouvé plus élevé? mais quel esprit avez-vous trouvé plus docile? (...) Elle étudiait ses défauts; elle aimait qu'on lui en fit des leçons sincères: marque assurée d'une âme forte que ses fautes ne dominent pas, et qui ne craint point de les envisager de près par une secrète confiance des ressources qu'elle sent pour les surmonter. C'était le dessein d'avancer dans cette étude de sagesse qui la tenait si attachée à la lecture de l'histoire, qu'on appelle avec raison la sage conseillère des princes. (...) Là notre admirable princesse étudiait les devoirs de ceux dont la vie compose l'histoire: elle y perdait insensiblement le goût des romans et de leurs fades héros; et soigneuse de se former sur le vrai, elle méprisait ces froides et dangereuses fictions. Ainsi, sous un visage riant, sous cet air de jeunesse qui semblait ne promettre que des jeux, elle cachait un sens et un sérieux dont ceux qui traittaient avec elle étaient surpris.
BOSSUET

2 Şubat 2011 Çarşamba


 EXTRAITS DES OEUVRES DE "PASCAL"

Les Provinciales - "L'ironie au service de la vérité"
Ses adversaires lui ayant reproché de se moquer des choses saintes, Pascal leur répond que l'ironie est une arme légitime lorsqu'elle sert à discréditer l'erreur; il profite de l'occasion pour redoubler ses attaques contre les "opinions extravagantes" des causistes. On admirera sa dialectique aussi brillante que serrée.

Quoi! mes Pères, les imaginations de vos écrivains passeront pour les vérités de la foi, et on ne pourra se moquer des passages d'Escobar et des décisions si fantasques et si peu chrétiennes de vos autres auteurs, sans qu'on soit accusé de rire de la religion? Est-il possible que vous ayez osé redire si souvent une chose si raisonnable? Et ne craignez-vous point, en me blâmant de m'être moqué de vos égarements, de me donner un nouveau sujet de me moquer de ce reproche, et de le faire retomber sur vous-mêmes, en montrant que je n'ai pris sujet de rire que de ce qu'il y a de ridicule dans vos livres; et qu'ainsi, en me moquant de votre morale, j'ai été aussi éloigné de me moquer des choses saintes, que la doctrine de vos causistes est éloigné de la doctrine sainte de l'Evangile?

En vérité, mes Pères il y a bien de la différence entre rire de la religion et rire de ceux qui la profanent par leurs opinions extravagantes. Ce serait une impiété de manquer de respect pour les vérités que l'esprit de Dieu a révélées; mais ce serait une autre impiété de manquer de mépris pour les faussetés que l'esprit de l'homme leur oppose.

Car, mes Pères, puisque vous m'obligez d'entrer en ce discours, je vous prie de considérer que comme les vérités chrétiennes sont dignes d'amour et de respect les erreurs qui leur sont contraires sont dignes de mépris et de haine parce qu'il y a deux choses dans la vérité de notre religion, une beauté divine qui leur rend aimable, et une sainte majesté qui les rend vénérable, et qu'il y a aussi deux choses dans les erreurs, l'impiété qui les rend horribles, et l'impertinence qui les rend ridicules. Et c'est pourquoi, comme les saints ont toujours pour la vérité ces deux sentiments d'amour et de crainte et que leur sagesse est toute comprise entre la crainte qui en est le principe, et l'amour qui en est la fin, les saints ont aussi pour l'erreur ces deux sentiments de haine et de mépris, et leur zèle s'emploi également à repousser avec force la malice des impies et à confondre avec risée leur égarement et leur folie.
XIème Provinciale


Les Pensées - Grandeur de Jésus-Christ: Les Trois "Ordres"
Certains s'étonnent de la bassesse de Jésus-Christ: un Dieu fait homme ne devrait-il pas surpasser tous les hommes? Pascal va montrer que la grandeur de Jésus est d'un autre ordre que les "grandeurs charnelles ou spirituelles" et supérieure à celles-ci. L'exposé, en cette matière délicate, est d'une netteté et d'une logique parfaites. Mais quand il proclame la vraie grandeur de Jésus-Christ, l'âme de Pascal vibre si intensément que chez lui la logique perd sa froideur pour se résoudre en élans de charité. C'est déjà le lyrisme mystique que nous découvrirons dans le "Mystère de Jésus".

La distance infinie des corps aux esprits figure, la distance infiniment plus infini des esprits à la charité car elle est surnaturelle. Tout l'éclat des grandeurs n'a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de l'esprit.
La grandeur  des gens d'esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair.
La grandeur de la sagesse, qui n'est nulle sinon de Dieu, est invisible aux charnels et aux gens d'esprit. Ce sont trois ordres différents de genre.
Les grands génies ont leur empire, leur éclat, leur grandeur, leur victoire, leur lustre et non nul besoin des grandeurs charnelles où elles n'ont pas de rapport. Ils ont vu non des yeux, mais des esprits, c'est assez.

Les saints ont leur empire, leur éclat, leur victoire, leur lustre, et non nul besoin des grandeurs charnelles spirituelles ou elles n'ont nul rapport car ils n'y ajoutent ni ôtent. Ils sont vus de Dieu et des anges, et non des corps ni des esprits curieux: Dieu leur suffit.

Archimède, sans éclat, serait en même vénération. Il n'a pas donné des batailles pour les yeux, mais il a fourni à tous les esprits ses inventions. Oh! qu' il a éclaté aux esprits!

Jésus-Christ sans biens et sans aucune production au dehors de science, est dans son ordre de sainteté. Il n'a point donner d'invention, il n'a point régné; mais il a été humble, patient, saint, saint, saint à Dieu, terrible aux démons, sans aucun péché. Oh! qu'il est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence aux yeux du coeur et qui voient la sagesse.

Il eut était inutile à Archimède de faire le prince dans ses livres de géométrie quoiqu'il le fût.
Il eut été inutile à Notre Seigneur Jésus-Christ pour éclater dans son règne de sainteté de venir en roi; mais il y est bien venu avec l'éclat de son ordre!

Il est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de Jésus-Christ comme si cette bassesse était du même ordre duquel est la grandeur qu'il venait faire paraitre. Qu'on considère cette grandeur-là dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l'éléction des siens, dans leur abandon, dans sa secrète réssurection et dans le reste on le verra si grand qu'on n'aura pas sujet de se scandaliser d'une bassesse qu'il n'y est pas.

Mais il y en a qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles comme s'il n'y avait pas des spirituelles; et d'autres qui n'admirent que les spirituelles, comme s'il n'y en avait pas d'infiniment plus hautes dans la sagesse.
Tous les corps, le firmement, les étoiles, la terre et ses royaumes ne valent pas le moindre des esprits; car il connait tout cela, et soi; et les corps rien.

Tous les corps ensemble et tous les esprits ensemble et toutes leurs productions ne valent le moindre mouvement de charité. Cela est d'un ordre infiniment plus élevé.
De tous les corps ensemble on ne saurait en faire réussir une petite pensée: cela est impossible, et d'un autre ordre. De tous les corps et esprits on n'en saurait tirer un mouvement de vraie charité, cela est impossible, et d'un autre ordre, surnaturel.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)