Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

23 Aralık 2010 Perşembe

 OVIDE

Poète latin très apprécié de la société romaine, Ovide a fait de l’élégie son principal terrain artistique. Au travers d’œuvres érotiques, telles que l’Art d’aimer ou les Héroïdes, il a su montrer beaucoup de verve et d’originalité. Passionné par la mythologie, il reste également gravé dans les mémoires comme étant le compositeur des Métamorphoses.

Ovide est né en Italie, dans une famille de chevalier. Dès qu’il atteint l’âge requis, il est envoyé à Rome afin de suivre des études de droit. Il continue dans cette voie et se rend à Athènes pour terminer ses études. Durant ces années, il s’est surtout démarqué par son talent de la rhétorique, qui le poussera très tôt vers la poésie. Rêveur et curieux, il décide de voyager en Grèce, tout d’abord, puis en Sicile. Mais aucun autre lieu ne semble pouvoir, à ses yeux, rivaliser avec Rome. Il décide donc de s’y installer, avant de se consacrer entièrement à l’art poétique.

Ses premiers recueils rencontrent rapidement le succès et la reconnaissance des plus grands personnages de la ville. Jeune et fougueux, il affectionne particulièrement les thèmes du sentiment amoureux et de l’érotisme. Il compose ainsi les Amours, dans lequel les rimes sont consacrées à une femme sans doute imaginaire: Corinne. Dès cet instant, il montre une certaine originalité dans son approche artistique. Ses réalisations se conformeront presque toujours à l’élégie, succession de vers alternant entre hexamètres -vers à six mesures- et pentamètres -vers de cinq syllabes-.

Ses thèmes de prédilection, l’amour et l’érotisme, figurent à nouveau dans les Héroïdes. Cette fois, il compose une fausse correspondance amoureuse entre les héros de la mythologie, pour lesquels il éprouve un vif intérêt. S’ensuit les Remèdes d’amour, dans lequel la haute société romaine est parodiée.

Mais le poète aspire à des compositions plus profondes et plus conséquentes. De ce sentiment naît alors la tragédie Médée, qui fait, une fois de plus, le bonheur de la population. Fort de ses succès, il trouve l’inspiration nécessaire pour entreprendre la composition des Métamorphoses, poème de quinze livres relatant diverses fables et légendes mythologiques. Dans une optique encore plus intellectuelle, il décide également de se réaliser un calendrier commenté de la vie romaine de son époque. Il l’intitule les Fastes.

Parallèlement à la réalisation de cette œuvre d’ampleur, Ovide réalise un ouvrage érotique, l’Art d’aimer, dans lequel il propose des leçons de séduction. Mais l’œuvre, dont la finesse et la profondeur ravissent la plupart, semble choquer l’empereur Auguste, qui décide d’exiler le poète à Tomes, en Roumanie. Ovide vit la sentence comme un véritable drame et interrompt même le projet de ses Métamorphoses et des Fastes, qui ne seront finalement jamais achevées.

Ses œuvres d’exilé, notamment les Tristes et les Pontiques sont empruntes de tristesse et de désespoir. Les nombreuses suppliques et éloges qu’il fait parvenir à Rome n’ont aucun effet. Il est bel et bien condamné à passer le reste de sa vie sur son lieu d’exil. Il est mort à Tomes en l’an 17.
 
Poète déchu qui fut dans ses meilleures années le favori de la haute société romaine, Ovide laisse dans son sillage des œuvres originales. L’Art d’aimer ou les Métamorphoses témoignent en effet d’un talent remarquable pour l’art poétique et, malgré des thèmes parfois légers, d’une profonde réflexion. Grand poète de l’élégie, Ovide influencera profondément de nombreux auteurs. Parmi eux figureront Chrétien de Troyes, Ronsard, Molière ou encore Shakespeare et Milton.
 L'ART D'AIMER

PREAMBULE
Si parmi vous, Romains, quelqu'un ignore l'art d'aimer, qu'il lise mes vers; qu'il s'instruise en les lisant, et qu'il aime. Aidé de la voile et de la rame, l'art fait voguer la nef agile; l'art guide les chars légers: l'art doit aussi guider l'amour. Automédon, habile écuyer, sut manier les rênes flexibles; Tiphys fut le pilote du vaisseau des Argonautes. Moi, Vénus m'a donné pour maître à son jeune fils: on m'appellera le Tiphys et l'Automédon de l'amour.

L'amour est de nature peu traitable; souvent même il me résiste;  mais c'est un enfant; cet âge est souple et facile à diriger. Chiron éleva le jeune Achille aux sons de la lyre, et, par cet art paisible, dompta son naturel sauvage: celui qui tant de fois fit trembler ses ennemis, qui tant de fois effraya même ses compagnons d'armes, on le vit, dit-on, craintif devant un faible vieillard et docile à la voix de son maître, tendre au châtiment des mains dont Hector devait sentir le poids. Chiron fut le précepteur du fils de Pélée; moi je suis celui de l'amour; tous deux enfants redoutables, tous deux fils d'une déesse. Mais on soumet au joug le front du fier taureau; le coursier généreux broie en vain sous sa dent le frein qui l'asservit: moi aussi, je réduirai l'Amour, bien que son arc blesse mon coeur, et qu'il secoue sur moi sa torche enflammée. Plus ses traits sont aigus, plus ses feux sont brillants, plus ils m'excitent à venger mes blessures. Je ne chercherai point, Phébus, à faire croire que je tiens de toi l'art que j'enseigne: ce n'est point le chant des oiseaux qui me l'a révélé; Clio et ses soeurs ne me sont point apparues, comme à Hésiode, lorsqu'il paissait son troupeau dans les vallons d'Accra. L'expérience est mon guide; obéissez au poète qui possède à fond son sujet. La vérité préside à mes chants; toi, mère des amours, seconde mes efforts! (...)

LA NAUMACHIE D'AUGUSTE
N'est-ce pas ce qu'on a vu naguère, lorsque César nous offrit l'image d'un combat naval, où parurent les vaisseaux des Perses luttant contre ceux d'Athènes? À ce spectacle la jeunesse des deux sexes accourut des rivages de l'un et de l'autre océan: Rome, en ce jour, semblait être le rendez-vous de l'univers. Qui de nous, dans cette foule immense, n'a pas trouvé un objet digne de son amour? combien, hélas! furent brûlés d'une flamme étrangère!


CONFIANCE EN TOI
Sois d'abord bien persuadé qu'il n'est point de femmes qu'on ne puisse vaincre, et tu seras vainqueur: tends seulement tes filets. Le printemps cessera d'entendre le chant des oiseaux, l'été celui de la cigale; le lièvre chassera devant lui le chien du Ménale, avant qu'une femme résiste aux tendres sollicitations d'un jeune amant. Celle que tu croiras peut-être ne pas vouloir se rendre le voudra secrètement. L'amour furtif n'a pas moins d'attraits pour les femmes que pour nous. L'homme sait mal déguiser, et la femme dissimule mieux ses désirs. Si les hommes s'entendaient pour ne plus faire les premières avances, bientôt nous verrions à nos pieds les femmes vaincues et suppliantes. Dans les molles prairies, la génisse mugit d'amour pour le taureau;  la cavale hennit à l'approche de l'étalon. Chez nous, l'amour a plus de retenue, et la passion est moins furieuse. Le feu qui nous brûle ne s'écarte jamais des lois de la nature.

Citerai-je Byblis, qui brûla pour son frère d'une flamme incestueuse, et, suspendue à un gibet volontaire, se punit bravement de son crime?
Myrrha, qui conçut pour son père des sentiments trop tendres, et maintenant cache sa honte sous l'écorce qui la couvre? Arbre odoriférant, les larmes qu'elle distille nous servent de parfums et conservent le nom de cette infortunée.
Un jour, dans les vallées ombreuses de l'Ida couvert de forêts, paissait un taureau blanc, l'orgueil du troupeau. Son front était marqué d'une petite tache noire, d'une seule, entre les deux cornes; tout le reste de son corps avait la blancheur du lait. Les génisses de Gnosse et de Cydon se disputèrent à l'envi ses caresses. Pasiphaé se réjouissait d'être son amante; elle voyait d'un oeil jaloux les génisses qui lui semblaient les plus belles. C'est un fait avéré: la Crète aux cent villes, la Crète, toute menteuse qu'elle est, ne peut le nier. On dit que Pasiphaé, d'une main non accoutumée à de pareils soins, dépouillait les arbres de leurs tendres feuillages, les prés de leurs herbes nouvelles, pour les offrir à son cher taureau. Attachée à ses pas, rien ne l'arrête: elle oublie son époux: un taureau l'emporte sur Minos! Pourquoi, Pasiphaé, te parer de ces habits précieux? Ton amant connaît-il le prix des richesses? Pourquoi, le miroir à la main, suivre les troupeaux jusqu'au sommet des montagnes? Insensée! Pourquoi sans cesse rajuster ta coiffure? Ah! du moins, crois-en ton miroir: il te dira que tu n'es pas une génisse. Oh! combien tu voudrais que la nature eût armé ton front de cornes! Si Minos t'est cher encore, renonce à tout amour adultère; ou, si tu veux tromper ton époux, que ce soit du moins avec un homme. Mais non, transfuge de sa couche royale, elle court de forêts en forêts, pareille à la Bacchante pleine du dieu qui l'agite. Que de fois, jetant sur une génisse des regards courroucés, elle s'écria : "Qu'a-t-elle donc pour lui plaire? Voyez comme à ses côtés elle bondit sur l'herbe tendre! l'insensée! elle croit sans doute en paraître plus aimable."Elle dit; et, par son ordre, arrachée du nombreux troupeau, l'innocente génisse allait courber sa tête sous le joug, ou, dans un faux sacrifice, tomber aux pieds des autels; puis la cruelle touchait avec joie les entrailles de sa rivale. Que de fois, immolant de semblables victimes, elle apaisa le prétendu courroux des dieux, et tenant en main de pareils trophées: "Allez maintenant, dit-elle, allez plaire à mon amant! "Tantôt, elle voudrait être Europe; tantôt, elle envie le sort d'Io: l'une, parce qu'elle fut génisse, l'autre, parce qu'un taureau la porta sur son dos. Cependant, abusé par le simulacre d'une vache d'érable, le roi du troupeau couvrit Pasiphaé; et le fruit qu'elle mit au jour trahit l'auteur de sa honte.
Si cette autre Crétoise eût su se défendre d'aimer Thyeste, (mais qu'il est difficile à une femme de ne plaire qu'à un seul homme!), Phébus, au milieu de sa course, n'eût point fait rebrousser chemin à ses coursiers, et ramené son char du couchant à l'aurore.
La fille de Nisus, pour avoir dérobé à son père le cheveu fatal, tomba de la poupe d'un vaisseau, et fut transformée en oiseau.
Échappé sur terre à la colère de Mars, et sur mer à celle de Neptune, le fils d'Atrée périt sous le poignard de sa cruelle épouse.
Qui n'a donné des larmes aux amours de Créuse de Corinthe? Qui n'a détesté les fureurs de Médée, de cette mère souillée du sang de ses enfants ?
Les yeux de Phénix, privés de la lumière, versèrent des larmes.
Et vous, coursiers d'Hippolyte, dans votre épouvante, vous mîtes en pièces le corps de votre maître !
Phinée, pourquoi crever les yeux de tes fils innocents?  Le même châtiment va retomber sur ta tête.
Tels sont, chez les femmes, les excès d'un amour effréné; plus ardentes que les nôtres, leurs passions sont aussi plus furieuses. Courage donc! présente-toi au combat avec la certitude de vaincre; et, sur mille femmes, une à peine pourra te résister. Qu'une belle accorde ou refuse une faveur, elle aime qu'on la lui demande. Fusses-tu repoussé, un tel refus est pour toi sans danger. Mais pourquoi un refus? on ne résiste pas aux attraits d'un plaisir nouveau: le bien d'autrui nous sourit toujours plus que le nôtre: la moisson nous semble toujours plus riche dans le champ du voisin, et son troupeau plus fécond.

LES LETTRES ET LES PAROLES

Tâte d'abord le terrain par un billet doux écrit sur des tablettes artistement polies. Que ce premier message lui apprenne l'état de ton coeur; qu'il lui porte les compliments les plus gracieux et les douces paroles à l'usage des amants; et, quel que soit ton rang,  ne rougis pas de descendre aux plus humbles prières. Touché de ses prières, Achille rendit à Priam les restes d'Hector. La colère même des dieux cède aux accents d'une voix suppliante. Promettez, promettez, cela ne coûte rien; tout le monde est riche en promesses. L'espérance, lorsqu'on y ajoute foi, fait gagner bien du temps; c'est une déesse trompeuse, mais on aime à être trompé par elle. Si tu donnes quelque chose à ta belle, tu pourras être éconduit par intérêt: elle aura profité de tes largesses passées et n'aura rien perdu. Aie toujours l'air d'être sur le point de donner; mais ne donne jamais. C'est ainsi qu'un champ stérile trompe souvent l'espoir de son maître; qu'un joueur ne cesse de perdre, dans l'espoir de ne plus perdre, et que le sort chanceux tente sa main cupide. Le grand art, le point difficile, c'est d'obtenir les premières faveurs d'une belle sans lui avoir fait encore aucun présent: alors, pour ne pas perdre le prix de ce qu'elle a donné, elle ne pourra plus rien refuser.
Qu'il parte donc ce billet conçu dans les termes les plus tendres; qu'il sonde ses dispositions et te fraye le chemin de son coeur. Quelques lettres, tracées sur un fruit, trompèrent la jeune Cydippe; et l'imprudente, en les lisant, se trouva prise par ses propres paroles. Jeunes Romains, suivez mes conseils: livrez-vous à l'étude des belles-lettres; non pas seulement pour devenir les protecteurs de l'accusé tremblant: aussi bien que le peuple, que le juge austère, aussi bien que les sénateurs, cette élite des citoyens, la beauté se laisse vaincre par l'éloquence.
Mais cache bien tes moyens de séduction, et ne va pas tout d'abord étaler ta faconde. Que toute expression pédantesque soit bannie de tes tablettes. Quel autre qu'un sot peut écrire à sa maîtresse sur le ton d'un déclamateur? Souvent une lettre prétentieuse fut une cause suffisante d'antipathie. Que ton style soit naturel, ton langage simple, mais insinuant; et qu'en te lisant on croie t'entendre. Si elle refuse ton billet et te le renvoie sans le lire,  espère toujours qu'elle le lira, et persiste dans ton entreprise. L'indomptable taureau s'accoutume au joug avec le temps; avec le temps on force le coursier rétif à obéir au frein. Un anneau de fer s'use par un frottement sans cesse renouvelé, et le soc est rongé chaque jour par la terre qu'il déchire. Quoi de plus solide que le rocher, de moins dur que l'eau; et cependant l'eau creuse les rocs les plus durs. Persiste donc, et avec le temps tu vaincras Pénélope elle-même. Troie résista longtemps, mais fut prise à la fin. Elle te lit sans vouloir te répondre? libre à elle. Fais seulement en sorte qu'elle continue à lire tes billets doux: puisqu'elle a bien voulu les lire; elle voudra bientôt y répondre, tout viendra par degrés et en son temps. Peut-être recevras-tu d'abord une fâcheuse réponse, par laquelle on t'ordonnera de cesser tes poursuites. Elle craint ce qu'elle demande, et désire que tu persistes, tout en te priant de n'en rien faire. Poursuis donc; et bientôt tu seras au comble de tes voeux.

Traduction de M. Heguin de Guerle - M. F. Lemaistre,
Ovide. L'Art d'aimer, Paris, Classiques Garnier

22 Aralık 2010 Çarşamba

 TRISTAN ET YSEUT
 LA FATALITE DE LA PASSION


Tristan dit: "Seigneur, croyez-moi,
Si elle m'aime en bonne foi,
Vous n'en savez pas la raison:
Elle m'aime par le poison:
D'elle ne me puis séparer
Ni elle de moi sans mentir".
Ogrin lui dit: "Quel réconfort
Peut-on donner à homme mort?
Il est bien mort qui longuement
Git en péché sans repentir.
Je ne puis donc pénitence
A pécheur qui ne peut se répent".
L'ermite Ogrin fort les sermonne,
Du repentir conseil leur donne,
Et l'ermite souvent leur dit
Les paroles de l'Ecriture;
Ne cesse de les appeler
Au devoir de se séparer.
Irrité il dit à Tristan:
"Que vas-tu faire? Réfléchis.
-Seigneur, j'aime Iseut à merveille,
Si bien que j'en perds le sommeil.
Je suis tout à fait résolu.
J'aime mieux être un mendiant.
Et vivre d'herbes et de glands
Qu'avoir le royaume d'Otran.
La quitter? Je n'y songe pas,
Car j'en serai fort incapable".
Iseut pleure aux pieds de l'ermite,
Sans cesse rougit et palit,
Souvent lui demande merci:
"Seigneur par Dieu le Tout Puissant,
Nous ne nous aimons tous les deux
Qu'à cause de ce que nous bûmes
Ce breuvage: ce fut malheur,
Et le roi nous a exilés".

BEROUL, Tristan et Yseut (vers 1377 à 1419)
 LE CHEVALIER A LA CHARETTE
 UN CHEVALIER SE BAT POUR SA DAME


Quand Lancelot s'ouït nommer,
Ne mit guère à se retourner:
Il se retourne et voit là-haut
L'être qui lui est le plus beau
(Et qu'il désire le plus voir)
A la loge de la tour seoir
Dès l'instant où il l'aperçut,
Ne se tourna si ne se mut:
Sur elle il a les yeux fixés.
Mais par derrière il est frappé:
Méléagant le harcelait
Le plus ardemment qu'il pouvait:
Car il est tout heureux et pense
Que Lancelot est sens défense;
Les gens du pays sont fort liés,
Et les autres désespérés:
Ils ne peuvent plus se tenir,
Mais beaucoup pensent défaillir
Et tombent à terre éperdus,
Ou à genoux ou étendus;
Ainsi grand'joie et deuil y a.
Alors derechef s'écria
La pucelle, de la fenêtre:
"Lancelot comment peut-il être
Que te tiennes si follement?
Tu combattais si vaillament!
Tu maintenais prouesse en toi.
Je ne pense point ni ne crois
Que Dieu  fit jamais chevalier
Qui pût autant que toi briller
Et eût ta valeur et ton prix.
Nous te voyons si entrepris!
Retourne-toi, emmène-le
En tel endroit que sous tes yeux
Soit celle qui te donne le coeur".
Lancelot sent honte et rancoeur
De telle sorte qu'il s'en hait.
Car longtemps il a, il le sait
Le pire de la bataille eu,
Et tout le monde l'a bien vu.
Se ressaisit, fait demi-tour
Et met entre lui et la tour
Méléagant à toute force.
Mais Méléagant moult s'efforce
Que de l'autre part se retourt
Et Lancelot contre lui court
Le heurte de si grand'vertu,
Et si fort pousse son écu,
Quand il cherche à se retourner,
Qu'il le fait même chanceler
Deux fois et plus, péniblement;
Lui croisent force et hardement,
Car  Amour lui prêtre s'aïe:
Il n'est chose qu'il n'ait haïe
Plus profondément que celui
Qui se combat encontre lui.
L'amour et la haine mortelle,
Si grande qu'il n'en connut telle,
Le font si fier et courageux
Que le duel n'est plus un jeu
Pour Méléagant, qui a peur.
Jamais si puissant escrimeur
N'a rencontré ni ne connut
Ni tant ne le greva ni nut
Aucun autre comme il le fait.
Volontiers loin de lui se trait
Il se dérobe et se récuse
Car il craint ses coups et refuse.
Non que Lancelot le menace,
Mais ferant, vers la tour le chasse
Où la reine était appuyée.
Souvent l'a servie et louée
Si près de la tour la menait
Que plus avancer ne devait
Car plus près ne la verrait pas
S'il avançait encor d'un pas.
Ainsi Lancelot très souvent
Le menait arrière et avant,
Partout où il le désirait,
Et quelquefois il s'arrêtait
Juste sous les yeux de sa dame
Qui lui a inspiré sa flamme
Lorsqu'il allait la regardant,
Et cette flamme si ardent
Vers Méléagant le rendait
Que partout où il lui plaisait
Le pouvait mener et chasser!

CHRETIEN DE TROYES (Lancelot ou le chevalier à la charette; vers 3669 et suivants)
 LE LAI DU CHEVREFEUILLE

J'ai bien envie de vous raconter
la véritable histoire
du lai qu'on appelle chèvrefeuille
et de vous dire comment il fut composé et quelle fut son origine.
On m'a souvent relaté
l'histoire de Tristan et de la reine
et je l'ai trouvée aussi dans un livre
l'histoire de leur amour si parfait
qui leur valut tant de souffrances
puis les fit mourir le même jour.

Le roi Marc furieux
contre son neuve Tristan,
l'avait chassé de sa cour
à cause de son amour pour la reine.
Tristan a regagné son pays natal,
le sud du pays de Galles,
pour y demeurer une année entière
sans pouvoir revenir.
Il s'est pourtant ensuite exposé sans hésiter
au tourment et à la mort.
N'en soyez pas surpris:
l'amant loyal
est triste et affligé
loin de l'objet de son désir.
Tristant, désespéré,
a donc quitté son pays
pour aller tout droit en Cournouaille,
là où vit la reine.
Il se réfugie, seul, dans la forêt,
pour ne pas être vu.
Il en sort le soir
pour chercher un abri
et se fait héberger pour la nuit
chez des paysans, de pauvres gens.
Il leur demande
des nouvelles du roi
et ils répondent
que les barons, dit-on,
sont convoqués à Tintagel.
Ils y seront tous pour le Pentecôte
car le roi veut y célébrer une fête:
il y aura de grandes réjouissances
et la reine accompagnera le roi

Cette nouvelle remplit Tristan de joie:
elle ne pourra pas se rendre à Tintagel
sans qu'il la voie passer!
Le jour du départ du roi,
il revient dans la forêt,
sur le chemin que le cortège
doit emprunter, il le sait.
Il coupe par le millieu une baguette de noisetier
qu'il taille pour l'équarrir.
Sur le bâton ainsi préparé,
il grave son nom avec couteau.
La reine est très attentive à ce genre de signal:
si elle aperçoit le bâton,
elle y reconnaitra bien
aussitôt un message de son ami.
Elle l'a déjà reconnu,
un jour, de cette manière.
Ce que disait le message écrit par Tristan,
c'était qu'il attendait
depuis longtemps dans la forêt
à épier et à guetter
le moyen de la voir
car il ne pouvait pas vivre sans elle.
Ils étaient tous deux
comme le chèvrefeuille
qui s'enroule autour du noisetier:
quand il s'y est enlacé
et qu'il entoure la tige
ils peuvent ainsi continuer à vivre longtemps.
Mais si l'on veut ensuite les séparer,
le noisetier a tôt fait de mourir,
tout comme le chèvrefeuille.
"Belle amie, ainsi en va-t-il de nous:
ni vous sans moi, ni moi sans vous!"

La reine s'avance à cheval,
regardant devant elle.
Elle aperçoit le bâton
et en reconnait toutes les lettres.
Elle donne l'ordre de s'arrêter
aux chevaliers de son escorte,
qui font route avec elle:
elle veut descendre de cheval et se reposer.
On lui obéit
et elle s'éloigne de sa suite,
appelant près d'elle Brangien, sa loyale suivante.
S'écartant un peu du chemin,
elle découvre dans la forêt
l'être qu'elle aime le plus au monde.
Ils ont enfin la joie de se retrouver!
Il peut lui parler à son aise
et elle, lui dire tout ce qu'elle veut.
Puis elle lui explique
comment se réconcilier avec le roi:
elle a bien souffert
de le voir ainsi congédié,
mais c'est qu'on l'avait accusé auprès du roi.
Puis il lui faut partir, laisser son ami:
au moment de se séparer,
ils se mettent à pleurer.

Tristan regagne le pays de Galles
en attendant d'être rappelé par son oncle.
Pour la joie qu'il avait eue
de retrouver son amie,
et pour préserver le souvenir du message
qu'il avait écrit
et des paroles échangées,
Tristan, qui était bon joueur de harpe,
composa, à la demande de la reine,
un nouveau lai
D'un seul mot je vous le nommerai:
les Anglais l'appellent Goatleaf
et les Français Chèvrefeuille.
Vous venez d'entendre la véritable histoire
du lai que je vous ai raconté.

MARIE DE FRANCE

21 Aralık 2010 Salı

 CHRÉTIEN DE TROYES

Chrétien de Troyes, né à Troyes en 1135, est un écrivain du Moyen-âge, considéré comme le premier grand romancier français. Sa grande culture semble indiquer une formation de clerc. De sa vie, nous ne savons que peu de choses. Il travailla d'abord à la cour de Champagne, au service de la comtesse Marie. Celle-ci, fille d'Aliénor d'Aquitaine dont l'influence a grandement contribué au développement de l'idéologie courtoise en France du Nord, lui a imposé le sujet de son Lancelot. Chrétien de Troyes fut également près de Philippe d'Alsace, comte de Flandres à qui Perceval est dédié. On ne sait pourquoi le Conte du Graal est inachevé, peut-être en raison de la mort de son auteur, située entre 1185 et 1190. Il écrivit principalement entre 1165 et 1181.
Il s’inspire des légendes bretonnes et celtes autour du roi Arthur et de la quête du Graal, mais ce personnage, a priori principal, n'est pourtant pas au centre de ses œuvres. A l'inverse, on y trouve des chevaliers inconnus comme Yvain ou Lancelot, dont la ligne de conduite réside dans la courtoisie. Les aventures de ces chevaliers ont bien entendu un sens symbolique: il s'agit de la quête d'une identité. L'amour tient également une large place, mais, chez Chrétien de Troyes, ne se réalise pleinement que dans le mariage. En effet, il confère une dimension chrétienne nouvelle à ses héros, fortement imprégnée par les Chansons de geste en langue d’oïl de la seconde moitié du 13ème siècle. Chrétien de Troyes utilise la forme du couplet d'octosyllabes à rimes plates ou suivies (AABB) qui était, avant lui, la marque des premiers « romans ».
A l'inverse de la Chanson de geste, dont le thème est patriotique -histoire de Charlemagne par Roland par exemple- et dont la quête est dite "collective", le roman du 13ème siècle propose une quête personnelle du chevalier.
Dans les prologues de ses romans, le romancier expose de façon claire les grands principes de sa poétique, qui est également celle du roman de cette époque. Elle s'articule autour de trois notions: le sujet, fournie par des sources orales ou écrites, le sens, qui est souvent imposé par le commanditaire et la composition, qui donne cohérence et unité, et fait du roman une œuvre d'art. Pour la première fois avec Chrétien de Troyes, on peut parler d'une "œuvre". En effet, il est un des plus brillants auteurs de romans dits courtois ou de chevalerie et aura de multiples héritiers tout au long du Moyen-âge.              
Cinq œuvres font de Chrétien de Troyes le véritable fondateur du genre romanesque;
1160: Traductions de certains passages des métamorphoses d'Ovide
1170: Roman del roi Marc et d'Ysalt la blonde (perdu); Erec et Enide
1172: Cligès
1177-1181: Le chevalier à la charette (Lancelot); Le chevalier au lion (Yvain)
1181 : Le conte du Graal (Perceval)
 LANCELOT OU LE CHEVALIER À LA CHARRETTE


Le roman est écrit par Chrétien de Troyes, entre 1176 et 1181 à la demande de Marie de Champagne. L'auteur était exténué car celle-ci exigeait beaucoup et ne laissait presque pas de liberté à propos de l'histoire. Il n'a donc pas terminé son roman qui a été complété de son plein consentement par Godefroi de Lagny.

Le roman met en scène Lancelot qui part en quête pour délivrer la reine Guenièvre, prisonnière de Méléagant. C'est un très bon exemple de la fine'amor -amour courtois-. Ce terme désigne une série de règles qui régissent le rapport entre un amant et sa dame. La dame est toujours de rang supérieur à l'amant, et celui-ci doit accomplir des prouesses et des sacrifices pour montrer son caractère extraordinaire et son dévouement à sa dame.

Dans ce roman, la reine Guenièvre est la dame aimée par Lancelot, enlevée par Méléagant. Lancelot part la chercher, mais pour pouvoir le faire il doit accomplir des prouesses et réaliser des sacrifices, épreuves qui construisent un parcours initiatique.

Les épreuves les plus importantes du livre sont celles à caractère sacrificiel. Ainsi, l'une d'elles donne le nom du roman "la charrette", car Lancelot se trouve devant la nécessité de monter dans la charrette, signe d'opprobre médiéval, pour pouvoir sauver sa dame. En montant il perd son honneur et devient un paria aux yeux du code de la chevalerie. Mais le code courtois lui exige de se sacrifier pour sa dame et il finira par monter dans la charrette, après une hésitation de deux pas, qui montreront son caractère faillible. La deuxième épreuve sacrificielle est la traversée du pont de l'épée, qui lui permettra d'aller dans le monde de l'au-delà pour sauver sa dame.

Lancelot, sous l'apparence évidente de l'amant courtois est une figure christique, et ce roman est à la fois un roman courtois et une allégorie christique, car en sauvant la reine Lancelot rétablit l'équilibre du monde. De plus, certains voient dans la soumission de Lancelot des valeurs importantes de la religion chrétienne: l'humilité, la soumission et le sacrifice de soi. Ce thème sera traité de façon encore plus évidente dans Perceval ou le Conte du Graal, que Chrétien de Troyes écrira vers 1191 sans l'achever.
 LANCELOT OU LE CHEVALIER À LA CHARRETTE
 RÉSUMÉ


Dans le prologue Chrétien de Troyes se nomme et dédie son livre à sa protectrice, Marie de Champagne. Il donne aussi le titre "Le chevalier à la charrette", ce qui crée un effet de surprise; en effet il ne nomme pas le héros dont l'identité ne sera dévoilée que dans la deuxième partie du roman et il associe deux réalités opposées: le monde de l'aristocratie "chevalier" et celui des paysans "charrette".

Le récit commence dans la cour du roi Arthur, le jour de l'Ascension. Dans la réunion de cette élite, l'arrivée du chevalier armé vient créer la perturbation d'autant plus qu'il ne respecte ni les usages ni les codes féodaux. Il se montre discourtois, agressif, menaçant et son défi à Arthur lance véritablement l'intrigue. , le sénéchal, est lui aussi en faute. Bien que son désir de défendre la reine Guenièvre soit louable, il se montre orgueilleux, prétentieux et déraisonnable en exerçant un chantage pour obtenir cette mission. Gauvain, neveu d'Arthur, ne se prive d'ailleurs pas de souligner l'imprudence qu'il y a eu à lui confier une telle tâche: l'échec de est d'ores et déjà prévisible.

On remarque qu'en ce début le récit progresse avec rapidité et vivacité -réunion de la cour, défi du chevalier, départ de la reine et de , enlèvement de ces derniers- mais il est momentanément interrompu par l'arrivée impromptue d'un nouveau chevalier, mystérieux et en bien piteux état. Il ne semble pas non plus correspondre aux normes de son milieu puisqu'il va sans cheval et qu'il accepte de monter sur une charrette infâmante des condamnés. Mais l'auteur justifie son geste au nom de l'Amour: le lecteur, s'il ne connaît pas ce chevalier, comprend donc déjà qu'il est passionnément épris de la reine puisqu'il est prêt à lui sacrifier ce qu'il y a de plus précieux pour un chevalier, son honneur. La première épreuve -celle du lit enflammé- vient renforcer le caractère exceptionnel de ce chevalier: le fait d'en sortir indemne est déjà une preuve de la protection surnaturelle qui entoure le héros.

La deuxième journée Gauvain et Lancelot apprennent l'identité du ravisseur de la Reine: il s'agit de Méléagant, fils du roi de Gorre, Baudemagus. L'accès à ce royaume est présenté comme impossible, deux passages périlleux en défendent l'entrée. L'un c'est le "Pont dessous l'eau" et l'autre c'est le "Pont de l'épée". Les deux hommes décident alors de se séparer et dès lors le récit va se concentrer sur la seule quête de Lancelot. 

Les aventures de cette journée -Lancelot bat en duel le chevalier du Ké- soulignent à la foi la bravoure et la loyauté du chevalier mais surtout son extraordinaire passion pour la Reine. L'auteur se livre à une véritable analyse de l'amour et de ces effets sur le cœur d'un homme. Tantôt il se moque presque de son héros qui se ridiculise par sa distraction ou ses hésitations, tantôt il en montre la grandeur.


La troisième journée est organisée autour de deux épisodes importants; celui du peigne au bord de la fontaine et celui du cimetière. Le premier nous montre le ravissement dans lequel Lancelot est plongé à la vue de quelques cheveux de la reine et le caractère quasi religieux de sa passion pour elle. Le narrateur en profite aussi pour s'amuser un peu du caractère exalté et excessif de son héros.

Le deuxième épisode, plus grave, donne à Lancelot une toute autre dimension. S'il est l'occasion de montrer la force miraculeuse de notre héros, il fait surtout de lui un personnage messianique; comme le Christ descendu aux enfers délivrer les âmes, Lancelot s'avance dans le pays d'où l'on ne revient pas, pour en libérer les captifs.

La quatrième journée voit Lancelot franchir victorieusement le "Passage des Pierres" puis intervenir de façon décisive dans le soulèvement du royaume de Logres contre ceux de Gorre.
La cinquième journée est centrée sur le passage du "Pont de l'Épée". C'est le dernier obstacle dans la quête de Guenièvre et le plus périlleux. Il symbolise la difficulté et la cruauté des épreuves auxquelles le héros doit se soumettre au nom de l'Amour, et la victoire de Lancelot est celle de sa passion.

Au terme de cette journée, le héros a donc triomphé de tous les obstacles et mérite sa récompense, la reine. Mais si Baudemagus, modèle de roi sage, bienveillant et loyal, veut rendre la reine qu'il a protégée dans sa prison des avances de Méléagant, ce dernier, lui, s'y refuse. En tout point opposé à Lancelot, Méléagant représente l'orgueil, l'obstination, la déloyauté et la cruauté; il faudra donc qu'il y ait un combat entre les deux hommes. L'affrontement entre Lancelot et Méléagant est mis en scène comme un véritable spectacle: un public nombreux; notamment le roi Baudemagus, la reine Guenièvre, les captifs retenus au royaume de Gorre; un duel redoutable et des rebondissements  qui renforcent le "suspens". Lancelot est d'abord progressivement vaincu à cause de son état de faiblesse, puis soudain ranimé par la présence de Guenièvre; Méléagant est d'abord victorieux puis battu et sauvé in extremis par l'intervention de son père. 

Au moment même où le récit semble s'achever dans l'admiration générale -qui fait définitivement oublier l'infamie de la charrette- il rebondit. Guenièvre fait à Lancelot un accueil glacial et ce dernier, désespéré, quitte la cour à la recherche de Gauvain. Attaqué par des gens du pays, il est momentanément fait prisonnier; ce rebondissement permet à l'auteur de nous montrer que la froideur de la reine était feinte. En effet lorsque Guenièvre croit Lancelot mort, elle se laisse aller au désespoir tandis que Lancelot, lui, cherche à se sucider. Le parallélisme de leurs réactions est une preuve irréfutable de la passion qui les unit. Il ne reste plus alors qu'à les remettre l'un en face de l'autre pour que s'accomplisse l'acte d'amour. Après cette ultime épreuve de deux jours, Lancelot a enfin mérité sa récompense.Grâce à une nouvelle fourberie (fausse lettre de Lancelot) Méléagant parvient à faire croire que Lancelot est retourné à la cour d'Arthur. Guenièvre, Gauvain et les captifs rentrent donc au royaume de Logres où ils comprennent la trahison dont ils on été victimes. Quelque temps après Lancelot obtient de la femme de son geôlier l'autorisation d'assister au tournoi de Noauz que doit présider Guenièvre. Là, sans se faire reconnaître, il se plie aux ordres secrets de la reine qui l'invite d'abord à se montrer lâche -nouvelle preuve d'amour puisqu'il devient ainsi la risée de tous- puis à réaliser des exploits le lendemain. Lancelot est vainqueur mais, fidèle à sa promesse, il disparaît pour rejoindre sa prison. A son retour, Méléagant, furieux qu'il ait pu encore une fois prouver sa valeur, le fait emmurer dans une tour.

Ce duel consacre définitivement Lancelot comme le chevalier parfait. Il est à la fois courageux, généreux; quand il sauvegarde Méléagant, libérateur;grâce à lui les captifs sont enfin libres et surtout amoureux;ce sont l'intervention de Guenièvre et sa passion qui lui donnent la force de continuer malgré ses blessures.


Guenièvre après avoir éclairé Lancelot sur les raisons de son dédain initial -elle lui reproche d'avoir hésité avant de monter sur la charrette d'infamie et y voit une faute contre leur amour parfait- lui offre enfin sa récompense, la nuit d'amour. Les blessures que Lancelot s'est faites en rejoignant la reine sont l'occasion d'un nouveau rebondissement. Méléagant croit voir dans les taches de sang sur les draps de la reine la preuve de la trahison de Ké qui dormait dans la même chambre. Pour défendre son honneur attaqué Guenièvre choisit Lancelot. Le serment de ce dernier est un modèle d'habileté; il jure sur les reliques que la reine est innocente de l'infamie dont on l'accuse mais il omet bien entendu de dire la  vérité.

Une fois de plus les deux rivaux s'affrontent mais une fois de plus le combat est interrompu par Baudemagus et la reine. Le récit va rebondir avec le départ de Lancelot à la recherche de Gauvain. Avant d'arriver au Pont dessous l'eau, Lancelot est abordé par un nain qui le prie courtoisement de le suivre; en réalite il s'agit d'un traître qui a pour mission d'enlever Lancelot. Les compagnons de ce dernier retrouvent Gauvain à moitié mort et lui apprennent les exploits de Lancelot avant de le ramener à la cour de Baudemagus. Son arrivée est fêtée mais la joie de son retour est assombrie par la dispariton de Lancelot.

Ici s'achève le récit de Chrétien de Troyes dont Geoffrey de Lagny apportera la conclusion qui verra le triomphe définitif de Lancelot et la mort de Méléagant.

20 Aralık 2010 Pazartesi

 LE ROI ARTHUR

L’ORIGINE DU ROI ARTHUR
La Bretagne -actuelle Grande Bretagne- est, comme le reste de l'Europe, occupée depuis des siècles par les romains: cette conquête a débuté en 43 après JC. Une partie de la population autochtone devient " romano-bretonne ": elle est très bien romanisée tant au niveau de la culture que de la religion, et l'armée comprend de nombreux mercenaires bretons. Seules les tribus celtes vivant dans des contrées difficiles d'accès restent à dominante païenne. La situation est donc comparable à celle de la Gaule avec ses gallo-romains.
Mais, comme en Gaule avec ses goths, francs ou burgondes, cette province est victime d'invasions de la part:
►de tribus barbares germaniques; angles, jutes, saxons et frisons attaquent l'est du pays,
►de tribus venant d'Irlande ou du nord du pays; pictes, irlandais et scots assaillent le nord et l'ouest de la province.
Ces tribus mènent des raids de plus en plus fréquents, et les légions romaines sont débordées.

Face aux invasions généralisées sur tout l'empire romain, l'empereur Honorius décide dès le début du Ve siècle d'abandonner la Bretagne qui est trop difficile à protéger; les " romano-bretons " sont donc appelés à se défendre seuls. Les anciennes structures héritées de la société romaine sont malmenées par ces invasions. Une résistance de la population  "romano-bretonne" s'organise progressivement; elle souffre au début d'un manque d'union, et c'est dans ce contexte que des chefs de guerre émergent. Ces derniers sont souvent issus de l'ancienne aristocratie romaine, et sont donc de grands propriétaires fonciers, base originelle de la future classe féodale.

Parmi ces chefs, un certain Artus ou Artorius aurait existé durant la seconde moitié du Ve siècle et le début du VIe: celui-ci serait parvenu à unifier provisoirement les romano-bretons dans leur lutte contre les barbares irlandais, pictes et saxons. Les sources qui le mentionnent sont rares, mais laissent apparaître les éléments suivants;
il aurait été nanti du titre d'Imperator (commandant en chef), il aurait remporté environ 12 batailles, il aurait combattu avec des cavaliers, contre des forces barbares comportant une majorité de fantassins. La légende idéalisera plus tard cette chevalerie médiévale avec ses "chevaliers de la table ronde ".

Selon la légende, il serait mort dans l'Ile d'Avalon (Abbaye de Glastonbury) ou il s'est réfugié chez sa soeur Morgane après son combat contre son neveu Mordred.

LE MYTHE D'ARTHUR
La légende arthurienne est alimentée dès le VIème siècle par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXème siècle.

Le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son profit la légende arthurienne. L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays sous forme de lais, puis en Europe: Chrétien de Troyes y fait allusion en France en 1120 dans "Conte del Graal". Le Plantagenêt exploite donc la légende du roi Arthur pour se constituer une ascendance glorieuse, dans un but de légitimisation politique.

Entre 1170 et 1180, la littérature arthurienne connaît une immense ferveur. C'est l'époque des grands romans évoquant Tristan. Les gens d'église se plaignent d'ailleurs de l'intérêt que les moines portent à ces sujets profanes. La légende arthurienne s'organise alors en oeuvres cycliques; elles ont pour ambition de relater en prose la chronique totale de la Bretagne depuis les temps évangéliques jusqu'à la mort d'Arthur. Le 1er romancier cyclique est Robert de Boron (vers 1190). C'est lui qui introduit le Graal comme étant le récipient qui a recueilli le sang du Christ, puis associe le saint sang à une sainte lance.

LA LITTERATURE ARTHURIENNE
La littérature arthurienne cultive les mystères de la féerie celtique, elle fait une large part à l'amour courtois, elle met en valeur le prestige du cérémonial courtois, elle glorifie la loyauté et le dévouement du roi Arthur et introduit les valeurs de code de la Chevalerie. Le Roi Arthur est présenté comme un souverain idéal qui entretient avec ses chevaliers (Yvain, Lancelot, Perceval, ...) des relations parfaites en siégeant autour de la "Table Ronde".


LA LEGENDE DU GRAAL
La coupe du Graal aurait été taillée par les anges dans une émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute. Elle aurait ensuite été confiée à Adam, qui l'aurait perdu après le péché originel, puis Seth l'aurait retrouvé, et de là elle serait parvenue jusqu'au Christ. Joseph d'Arimathie aurait récupéré le calice de la Cène (le dernier repas du Christ) et l'aurait amené jusqu'en Bretagne, en passant, entre autres, par la forteresse de MontSégur, dernier fief cathare. A partir de la Bretagne, serait partie la Quête du Graal (Arthur et ses amis) qui aurait aboutie entre autres en Armorique.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)