Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

20 Aralık 2010 Pazartesi

 LE ROI ARTHUR

L’ORIGINE DU ROI ARTHUR
La Bretagne -actuelle Grande Bretagne- est, comme le reste de l'Europe, occupée depuis des siècles par les romains: cette conquête a débuté en 43 après JC. Une partie de la population autochtone devient " romano-bretonne ": elle est très bien romanisée tant au niveau de la culture que de la religion, et l'armée comprend de nombreux mercenaires bretons. Seules les tribus celtes vivant dans des contrées difficiles d'accès restent à dominante païenne. La situation est donc comparable à celle de la Gaule avec ses gallo-romains.
Mais, comme en Gaule avec ses goths, francs ou burgondes, cette province est victime d'invasions de la part:
►de tribus barbares germaniques; angles, jutes, saxons et frisons attaquent l'est du pays,
►de tribus venant d'Irlande ou du nord du pays; pictes, irlandais et scots assaillent le nord et l'ouest de la province.
Ces tribus mènent des raids de plus en plus fréquents, et les légions romaines sont débordées.

Face aux invasions généralisées sur tout l'empire romain, l'empereur Honorius décide dès le début du Ve siècle d'abandonner la Bretagne qui est trop difficile à protéger; les " romano-bretons " sont donc appelés à se défendre seuls. Les anciennes structures héritées de la société romaine sont malmenées par ces invasions. Une résistance de la population  "romano-bretonne" s'organise progressivement; elle souffre au début d'un manque d'union, et c'est dans ce contexte que des chefs de guerre émergent. Ces derniers sont souvent issus de l'ancienne aristocratie romaine, et sont donc de grands propriétaires fonciers, base originelle de la future classe féodale.

Parmi ces chefs, un certain Artus ou Artorius aurait existé durant la seconde moitié du Ve siècle et le début du VIe: celui-ci serait parvenu à unifier provisoirement les romano-bretons dans leur lutte contre les barbares irlandais, pictes et saxons. Les sources qui le mentionnent sont rares, mais laissent apparaître les éléments suivants;
il aurait été nanti du titre d'Imperator (commandant en chef), il aurait remporté environ 12 batailles, il aurait combattu avec des cavaliers, contre des forces barbares comportant une majorité de fantassins. La légende idéalisera plus tard cette chevalerie médiévale avec ses "chevaliers de la table ronde ".

Selon la légende, il serait mort dans l'Ile d'Avalon (Abbaye de Glastonbury) ou il s'est réfugié chez sa soeur Morgane après son combat contre son neveu Mordred.

LE MYTHE D'ARTHUR
La légende arthurienne est alimentée dès le VIème siècle par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXème siècle.

Le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son profit la légende arthurienne. L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays sous forme de lais, puis en Europe: Chrétien de Troyes y fait allusion en France en 1120 dans "Conte del Graal". Le Plantagenêt exploite donc la légende du roi Arthur pour se constituer une ascendance glorieuse, dans un but de légitimisation politique.

Entre 1170 et 1180, la littérature arthurienne connaît une immense ferveur. C'est l'époque des grands romans évoquant Tristan. Les gens d'église se plaignent d'ailleurs de l'intérêt que les moines portent à ces sujets profanes. La légende arthurienne s'organise alors en oeuvres cycliques; elles ont pour ambition de relater en prose la chronique totale de la Bretagne depuis les temps évangéliques jusqu'à la mort d'Arthur. Le 1er romancier cyclique est Robert de Boron (vers 1190). C'est lui qui introduit le Graal comme étant le récipient qui a recueilli le sang du Christ, puis associe le saint sang à une sainte lance.

LA LITTERATURE ARTHURIENNE
La littérature arthurienne cultive les mystères de la féerie celtique, elle fait une large part à l'amour courtois, elle met en valeur le prestige du cérémonial courtois, elle glorifie la loyauté et le dévouement du roi Arthur et introduit les valeurs de code de la Chevalerie. Le Roi Arthur est présenté comme un souverain idéal qui entretient avec ses chevaliers (Yvain, Lancelot, Perceval, ...) des relations parfaites en siégeant autour de la "Table Ronde".


LA LEGENDE DU GRAAL
La coupe du Graal aurait été taillée par les anges dans une émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute. Elle aurait ensuite été confiée à Adam, qui l'aurait perdu après le péché originel, puis Seth l'aurait retrouvé, et de là elle serait parvenue jusqu'au Christ. Joseph d'Arimathie aurait récupéré le calice de la Cène (le dernier repas du Christ) et l'aurait amené jusqu'en Bretagne, en passant, entre autres, par la forteresse de MontSégur, dernier fief cathare. A partir de la Bretagne, serait partie la Quête du Graal (Arthur et ses amis) qui aurait aboutie entre autres en Armorique.
 LE ROMAN DE BRUT
 (LA LEGENDE DU ROI ARTUR)

C’est au milieu du 12ème siècle que la légende d'arthur fut transcrite en vers français par un trouvère normand, Robert Wace, dans le Roman de Brut, c’est-à-dire de Brutus. Vers la même époque, Élie de Boron et Rusticien de Pise rédigèrent en prose cette légende.


Le Roman de Brut conte, entre autres épisodes, comment le prince Arthur naquit d’un prince d'armorique, Uterpendragon qui, grâce à un prodige, avait réussi à prendre la personnalité du roi de Cornouailles, Gorloe. La mère d'Arthur se trouvait être l'épouse de ce roi à transformations. Le jeune prince avait pour aïeux bretons les pères les plus illustres des diverses branches de la race. Était-ce suffisant pour en faire le prince du plus grand renom? Non sans doute, puisque le romancier n’hésite pas à le faire descendre aussi du père des Romains, le « pieux Enée » . Il rappelle les exploits dont le prince s’illustre dès que, en son jeune âge, il paraît sur les champs de bataille. Bientôt l’île de Bretagne ne lui suffit plus. Il n’a de cesse de soumettre l'Irlande puis porte le combat au Danemark, en Norvège, terres sitôt conquises. Il arrache la France au général romain gouverneur de Paris. Jusqu’en Italie, il conduit une innombrable armée à la victoire. Chemin faisant, il s’attaque aux grands seigneurs du Mal. Il extermine les géants et les monstres. Ses victoires, il les doit aux vertus guerrières de son épée qui a nom Calibourne (présent des fées de l’île dAvalon à leur protégé) et à son bouclier, orné d'une image " faite à la semblance de Madame Sainte Marie ".

Le prince devenu roi tient ses cours ordinaires en tel ou tel de ses châteaux préférés et sa cour plénière à Carlion en l'actuel Pays de Galles. Le trouvère fait une longue et minutieuse description de la célébration des grandes fêtes. Les plus illustres et les plus vaillants d’Europe ne manquent de venir rendre hommage au roi Arthur, suprême monarque de l’Europe.
« ... Il n’y avait pas un Ecossais, pas un Breton, pas un Français, ni un Normand, un Angevin, ni un Flamand, un Bourguignon, ni un Lorrain, ni aucun chevalier d’Orient ou d’Occident qui ne se crût obligé de paraître à la cour dArthur. Qui recherchait Gloire et Renommée y venait assurément, tant pour juger de la courtoisie dArthur que pour admirer ses Etats, connaître ses barons et recevoir de riches présents. Les pauvres gens l’aimaient, les riches l'honoraient. Les rois étrangers l’enviaient et le redoutaient. Ils craignaient qu’il en vînt à conquérir le monde entier et à leur ravir leur couronne. »

Le Roman de Brut décrit les rites de la cour plénière. Il conte comment les visiteurs, venus rendre hommage, s’honorent et se réjouissent de rencontrer le sénéchal d'Arthur, le Manceau maître Ké, Beduier l’Angevin, échanson du maître, Gauvain, homme du Nord, et le roi des Bretons d'Armorique, Hoël, cousin et allié du roi Arthur. Wace explique pour quelles raisons le roi créa l'ordre de la Table Ronde, "dont les Bretons racontent mainte fable". Assis autour de la table dans les occasions majeures de la cour plénière  "tous les chevaliers étaient égaux quels que fussent leur rang et leur titre. Tous étaient servis à table de la même manière. Aucun d'eux n’avait lieu de se vanter d’occuper une place plus honorable que son voisin. Il n’y avait parmi eux ni premier ni dernier".

Les épreuves du roi remplissent la dernière partie du Roman de Brut. Arthur se voit trahi par son bien-aimé neveu Mordred. Sa femme, la reine Guenièvre, lui est ravie. Lui-même est blessé mortellement à la bataille de Camlan. Mais l'oeuvre de Wace ne se termine pas sur les déplorations de cette mort. Plutôt sur la certitude d'une résurrection; sous un tertre sacré, de l'île d’Avalon, veillé par les fées, Arthur dort d’un sommeil qui n’est que le prologue d’une nouvelle, héroïque et merveilleuse histoire.


Extrait du Roman de Brut
 Précédant de peu le roman en prose sur le même sujet, ce Roman de Brut en vers est la première œuvre littéraire composée en français qui présente le roi Arthur, les personnages de sa cour, leurs caractères, les situations, les événements principaux de la vie seigneuriale.

Il est évidemment impossible que les données du Roman de Brut soient de l’invention du seul trouvère normand. Sans doute ne se réfère-t-il explicitement à aucune source, mais ses auditeurs et lecteurs étaient gens avertis. Ils pouvaient deviner que l'oeuvre récitée était l'écho d'oeuvres plus anciennes, ce dont nous pouvons aujourd’hui produire des preuves. Ces oeuvres anciennes armoricaines et galloises  attestent la très haute antiquité du personnage d'Arthur et une certaine authenticité de son caractère héroïque.

19 Aralık 2010 Pazar

 LES ROMANS BRETONS

Les romans bretons sont empruntés à des légendes gaéliques. Au 12ème siècle, la Grande-Bretagne était à la mode dans la France du Nord qui venait de la conquérir. Des harpeurs, vens du pays de Galles en Normandie et dans l'Ile-de-France, chantaient les traditions de leur race et avaient grand succès. Le fond de ces traditions était la légende d'Arthur: ce chef de clan du 6ème siècle, transformé en roi de la Grande-Bretagne et en héros national, n'était pas mort définitivement, il devait revenir un jour pour délivrer son pays. Ces légendes, recueillies par Gauffrey de Monmouth dans l'Historia regum Britanniae et amplifiées par son imagination, furent traduites en vers par Robert Wace en 1155, sous le titre de Brut.

Les auteurs français, laissant de côté tout ce qui était purement gaélique, prirent de ce fond le personnage d'Arthur dont ils firent le centre de leurs romans. A ce héros ils donnèrent une cour digne de lui, les Chevaliers de la Table Ronde, les douze chevaliers égaux, aussi illustres que les douze pairs de Charlemagne. Arthur et ses pairs deviennent les types du chevalier courtois.

Puis par un procédé de contamination qui a été pratiqué aussi pour l'épopée, on ajoute à ce fond la légende de Joseph d'Aritmathie qui venait de se former autour du corps du saint personnage, rapporté d'Orient par Charlemagne. Joseph d'Aritmathie avait recueilli le sang du Christ dans un vase, appelé le Saint Graal. Cette coupe perdue ne pouvait être retrouvée que par un chevalier parfaitement pur. Les chevaliers de la Table Ronde devaient ainsi se mettre à la "quête du Graal".

CARACTERES GENERAUX DES ROMANS BRETONS
Avec les romans bretons le merveilleux chrétien de l'épopée devient un merveilleux de féerie. Les auteurs français empruntent aus légendes gaéliques et aux légendes celtiques toute une mythologie nouvelle où l'enchanteur Merlin, les fées et les nains, accomplissent des prodiges déconcertants.

 Mais ce qui caractérise plus particulièrement les romans bretons, c'est qu'au lieu de donner la première place aux récits des exploits de chevalerie, ils racontent d'abord et analysent l'amour, l'amour courtois. L'amour est conçu comme une passion mystérieuse et irrésistible: on ne sait pas comment il nait et on ne peut pas le vaincre. Il est fait d'une sorte d'adoration religieuse où il entre du respect, de la timidité, de la soumission et un grand besoin de souffrir. Dès que cette passion a pénétré dans l'âme d'un chevalier, elle le rend capable de toutes les vertus et de toutes les vaillances. Au reste, elle n'a aucun rapport avec la morale: le chevalier qui aime ne se demande jamais s'il a le droit d'aimer; l'amour est d'essence supérieure et le met au-dessus de toutes les lois. Il faut noter que cette conception de l'amour évolue rapidement sous l'influence des clercs qui s'inspirent de l'Art d'Aimer d'Ovide. L'amour devient plus frivole et plus capricieux si bien que le mot courtoisie finit par s'appliquer à des gestes très dissemblables.

Le chevalier amoureux, qui a recours dans ses aventures aux enchantements des fées, n'en reste pas moins profondément chrétien. Volontiers, il demanderait à Dieu de le protéger dans son amour et de lui rendre les fées favorables. L'amour courtois et le goût de féerie, c'est comme une livrée qu'il a prise quand il est devenu héros de roman; c'est l'élégance à la mode.

PRINCIPAUX ROMANS BRETONS
Les romans bretons se présentent sous quatre formes principales: Tristan et Yseult qui est une oeuvre antérieure par ses éléments à la formation définitive de la légende arthurienne, mais finira par s'y rattacher; les nouvelles de Marie de France les romans de Chrétien de Troyes, les rédactions en prose de Robert de Boron et de ses successeurs.

Tristan et Yseult: La légende de Tristan a été racontée par deux poètes anglo-normands, Thomas vers 1170 et Béroul vers 1190. Il n'en reste que de larges fragments. (On avait déjà publié sur le blog un très large résumé de l'oeuvre, vous pouvez consulter l'archive du blog pour lire le résumé).
Les Nouvelles de Marie de France: Le roman de Tristan et Yseult n'a que des rapports lointains avec la légende arthurienne. Cette légende fut exploitée d'abord au 12ème siècle par Marie de France dans de courtes compositions en vers, appelées lais. Ce sont de véritables nouvelles qui traitent chacune un épisode limité de la vaste légende. Les plus célèbres sont Le Chèvrefeuille, Le Rossignol, Les Deux Amants, Yonec et Eliduc. Marie de France est une véritable artiste: les sentiments de ses personnages ont quelque chose de spontané et de frais, et si sa langue est molle et trainante, elle trouve facilement le mot naïvement gracieux.
►Les Romans de Chrétien de Troyes: Chrétien de Troyes a écrit entre 1160 et 1175. C'est un véritable auteur qui traite largement sa matière et l'agrémente de toutes sortes d'inventions. Il était très cultivé; il avait débuté par une adaptation de l'Art d'aimer et des Métamorphoses d'Ovide et il avait été affiné par le contact de la cour de Marie de Champagne fille d'Aliénor d'Aquitaine. Sa psychologie n'est pas sans mérite: mais il abuse des analyses d'âme, des discussions de sentiments. L'amour chez lui n'est plus une passion naïve: il donne dans la galanterie subtile et compliquée comme un habitué de l'Hôtel de Rambouillet. Ses romans les plus célèbres sont; Erec et Enéide, Cligès, Le chevalier à la Charette où le célèbre Lancelot du Lac tient le premier rôle, Perceval où le chevalier de ce nom arrive à découvrir le Saint Graal, et le Chevalier au Lion.

►Les romans en prose: Au siècle suivant, parut le Lancelot en prose qui est une sorte de compilation des légendes arthuriennes. La conquête du Graal y est attribuée non plus à Perceval, mais à Galaad, fils de Lancelot du Lac. Puis Robert de Boron écrivit en prose un Joseph d'Aritmathie et un Merlin, faisant ainsi entrer définitivement dans la légende d'Arthur la légende de Joseph d'Aritmathie et toute la mythologie romanesque exploitée et amplifiée par Chrétien de Troyes. Les romans bretons eurent un grand succès dans toute l'Europe et, quand ils furent oubliés chez nous, ils nous revinrent de l'étranger au 16ème siècle sous la forme des Amadis et ils retrouvèrent toute leur vogue.
MARIE DE FRANCE

Marie de France est une auteure et poétesse du Moyen âge qui vécut pendant la seconde moitié du XIIe siècle, en France et surtout en Angleterre. Ses fables adaptées d'Esope furent lues et imitées du XIIe au XVIIIe siècle. Le romantisme au XIXe siècle redécouvrit ses lais, contes en vers rédigés en ancien français dans la scripta anglo-normande. Marie de France appartient à la génération des auteurs qui illustrèrent l'amour courtois en littérature, entre autres par l'adaptation des légendes bretonnes ou matière de Bretagne.

Elle est considérée comme la première femme écrivain d'expression française. On ne sait rien d'elle, si ce n'est ce qu'elle écrit elle-même dans l'épilogue de ses Fables: "Marie ai num, si sui de France" (J'ai pour nom Marie et je suis de France), c'est-à-dire, à cette époque, de l'Île-de-France. Vivant en Angleterre, liée à la cour d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine – ses Lais sont dédiés à un roi, sans doute Henri II –, elle fut peut-être abbesse du monastère de Reading.

Poétesse, elle adapte en français et en vers des légendes bretonnes, auxquelles elle donne le nom de Lais. Les Lais (1160-1175) se composent de douze courts récits en octosyllabes à rimes plates, de dimensions variables (118 vers pour le Lai du Chèvrefeuille et 1184 vers pour Eliaduc). Ils sont aux romans bretons ce que seront plus tard les nouvelles par rapport aux romans. Marie dit avoir écrit et "assemblé" ses textes à partir de "lais bretons". Un seul de ces contes, le Lai de Lanval, est à proprement parler arthurien. L'amour, le plus souvent en marge de la société (neuf des douze lais racontent des amours adultères), est le sujet principal du recueil: le plus court mais peut-être le plus beau de ces textes, le Lai du chèvrefeuille, se rapporte ainsi à l'histoire de Tristan et Iseut. Plusieurs lais font intervenir le merveilleux, mais tous ont néanmoins le monde réel pour toile de fond.

Conteuse de talent, Marie de France ajoute une tonalité courtoise et poétique à la magie de la matière de Bretagne. Une discrète émotion se dégage de récits où l'auteur privilégie la pitié et la compassion pour ses personnages. Son style présente une remarquable économie de moyens, et se reconnait facilement à la sobriété dans la composition du récit, à un art très sûr de la mise en scène et à l'efficacité d'une langue simple et limpide.

Outre les Lais, Marie de France est l'auteur de l'Ysopet, première adaptation en français des fables d'Ésope, composé entre 1167 et 1189, et de L'Espurgatoire de saint Patrice, qui propose une évocation détaillée des souffrances du Purgatoire, et s'inscrit dans la tradition du voyage dans l'Au-delà.

SES OEUVRES►
Lai de Yonec
Lai de Frêne
Lai du Chaitivel (Le Malheureux)
Lai de Lanval
Lai de Milun
Lai des deux Amants
Lai d’Eliduc
Lai du Bisclavret
Lai de Guigemar
Lai d’Equitan
Lai du Chèvrefeuille
Le loup-garou
Lai du Laostic ou Lai de l’eostic (du breton eostig = « rossignol »)
Fables (Ysopet de l’écrivain grec Ésope)
L’Espurgatoire de saint Patrice
 LES DEUX AMANTS

Jadis advint en Normandie, l'aventure bien connue de deux enfants qui s'aimèrent; par amour, tous deux moururent. De cette histoire les bretons firent un lai, nommé les Deux Amants.

En vérité, il y a en Neustrie, que nous appelons Normandie, un mont d'une hauteur merveilleuse: dessus gisent les deux enfants. Près de ce mont un roi fit bâtir une cité et la nomma Pitres. Toujours en est resté le nom, encore aujourd'hui, il y a ville et maisons.

Le roi n'avait qu'une seule fille, belle et courtoise demoiselle, qu'il chérissait énormément. Nuit et jour, elle était sa seule consolation depuis la mort de la reine. Bien de riches hommes demandèrent sa main, mais le roi ne voulait pas l'accorder. Aussi beaucoup l'en blamèrent, même dans la propre maison du roi. Le roi s'attrista de ces paroles, elles lui pesèrent. Il réfléchit à la manière d'éviter que quiconque demandât la main de sa fille. Alors, de loin et de près, il manda ses vassaux et leur dit: "qui ma fille voudra avoir devra la porter au sommet du mont près de la cité, sans jamais la poser". Dès que cette nouvelle fut répandue, nombreux voulurent s'y essayer. Aucun n'y réussit. Ils la portaient à la moitié du mont et la laissaient là car ils ne pouvaient aller plus avant. Longtemps resta la fille à épouser que nul ne voulait plus demander.

Dans le pays, il y avait un damoiseau, fils d'un comte, gentil et beau. Pour la valeur, il l'emportait sur tous les autres. Assez souvent, il séjournait à la cour et conversait avec le roi. Il tomba amoureux de la fille du roi. Bien des fois, le jeune homme lui demanda qu'elle lui accordât son amour. Parce qu'il était courtois et preux et que le roi l'estimait beaucoup, elle lui engagea son amour. Très humblement, il la remercia. Ensemble, ils parlèrent souvent et s'aimèrent loyalement. Ils firent attention à n'être point aperçus. Cette contrainte leur pesa mais le jeune homme pensait qu'il valait mieux ce mal souffrir que trop se hâter et donc faillir. Mais cela lui était une amère détresse.

Alors le jeune homme sage, preux et beau s'approcha de son amie. Douloureusement, il la pria de partir avec lui. A son père, il la demanderait. Il savait que celui-ci l'aimait tant qu'il ne voudrait point la lui accorder sauf s'il pouvait la porter au sommet du mont. La demoiselle lui répondit:

"Ami, fait-elle, je le sais bien. Vous ne m'y porterez pas, vous n'êtes pas assez fort. Si je partais avec vous, mon père serait triste et en colère. Il ne vivrait plus sans martyr. Certes, tant je l'aime et le chéri que je ne voudrais pas le courroucer. Un autre conseil, je vais donc vous donner: à Salerne, j'ai une parente. Une riche femme avec de bons revenus qui y est restée plus de trente ans. Elle est savante en médecine et connait les herbes et les racines. Si vous lui portez mes lettres et lui raconterez notre aventure, elle prendra les bonnes mesures : toute potion qu'elle vous donnera, tout breuvage qu'elle vous remettra vous réconforteront et vous donneront une grande force. Quand vous reviendrez ici, vous me demanderez à mon père. Il vous tiendra pour un enfant et vous indiquera le contrat. Qu'à nul homme, il ne me donnera sauf si en haut du mont il peut me porter entre ses bras sans me reposer".

Le jeune homme entendit cette nouvelle et le conseil de la pucelle, il en fut heureux et la remercia. Il demanda congé à son amie et retourna chez lui. En grande hâte, il s'appreta: deniers et riches draps, chevaux de bât et palefrois. Le jeune noble emmène aussi ses vassaux les plus proches. A Salerne, il va séjourner et parler à la tante de son amie. De la part de celle-ci, il lui donna une lettre. Quand elle l'eût lue de haut en bas, elle retint le jeune homme auprès d'elle jusqu'à très bien le connaître. Par des médecines, elle a augmenté sa force. Elle lui a remis un tel breuvage que jamais il ne sera trop fatigué ou trop atteint que le philtre ne lui rafraîchisse tout le corps, les veines et les os. Ainsi toute la force lui reviendra dès qu'il l'aura bu. Il mit le breuvage dans une fiole et le rapporta dans son pays.

Quand le jeune homme tout joyeux fut retourné, il ne séjourna pas en sa terre. Au roi, il alla demander de lui donner sa fille. Qu'il la lui donne, il la prendrait. Au sommet du mont il la porterait. Le roi ne l'éconduit pas mais le tint pour fou. Parce qu'il était de jeune âge, de nombreux prud'hommes ont essayé, mais en vain, de lui sortir cette affaire du crâne. Enfin le roi fixa le jour. Il réunit ses hommes, ses amis et de tous ceux qui purent venir, aucun ne fut oublié! Pour la fille et le jeune homme qui se risque à la porter au sommet du mont, ils sont venus de toute la contrée. La jeune fille se prépara. Elle se priva beaucoup, jeûna beaucoup et s'amaigrit pour s'allèger, car elle voulait aider son ami.

Au jour dit, quand tous furent venus, le jeune homme y était le premier, son breuvage avec lui. Devant la Seine, dans la prairie, au milieu de la grande assemblée de tous ces gens, le roi a amené sa fille. Elle n'était vêtue d'aucun drap au-dessus de sa chemise. Entre ses bras, le jeune homme l'a prise. Il a mis dans la main de la jeune fille la fiole remplie du breuvage -et on sait bien qu'il était efficace-. Mais je crains que peu ne lui vaille car il n'en avait bu aucune mesure qu'il partait à grande allure. Il monta si bien le mont qu'avant la moitié, pour la joie de porter son ami, il ne se souvint pas de son breuvage. Elle sentit qu'il se lassait.

-Ami, fait-elle, buvez vite! Je sais bien que vous fatiguez. Retrouvez votre force!" Le jeune homme lui a répondu :"Belle, je sens tout fort mon coeur, je ne m'arrêterais à aucun prix. Aussi longtemps que je boirais, je ne pourrais pas faire trois pas. Ces gens qui s'écrièrent à notre passage, m'étourdirent de leur bruit ; Bientôt, ils me dérangeraient, je ne souhaite pas m'arrêter ici." Quand ils furent monter aux deux tiers, peu s'en fallu qu'il ne tomba. Souvent la jeune fille le priait : "Ami, buvez donc!"

Jamis il ne voulut ni l'entendre ni la croire. Ce voyage lui causa bien de la douleur. Il vint sur le mont et tant s'y blessa, qu'il tomba là et ne se releva pas : son coeur avait quitté son ventre. Quand elle vit son ami, la pucelle le crut évanoui. A son côté, elle s'agenouilla et voulut lui verser le breuvage. Mais il ne put plus lui parler. Ici il mourut, comme je vous dis. Elle le plaignit à hauts cris. Ensuite elle jeta et répandit la fiole où était le philtre. Le mont en fut bien arrosé, et son sol bien amendé. Dans tout le pays et la contrée, on a trouvé une bien belle herbe qui eut le breuvage pour racine.

Alors je vous raconterai l'histoire de la jeune fille. Puisqu'elle a perdu son ami, personne ne fut plus douleureusement triste. Elle s'est couchée près de lui et l'étreignit et le serra. Elle lui embrassa bien des fois les yeux et la bouche. Le mal de lui au coeur la toucha: là aussi mourut la demoiselle qui était si sage et belle.

Le roi et ceux qui attendaient, ne les voyant pas revenir, partirent après eux. Ainsi ils les ont trouvés. Le roi s'écroula, évanoui. Quand il revint à lui, une grande douleur était demeurée. Ainsi agirent les étrangers : trois jours, il gardèrent les deux enfants sur terre. Ils firent chercher des cercueils de marbre et les mirent dedans. Sur le conseil de ces gens, ils furent enterrés sur le mont. Ensuite, chacun partit.

Panoram du mont "DEUX AMANTS"
A cause de l'aventure de ces enfants, le mont fut appelé "des deux amants". Il arriva donc comme je vous l'avais annoncé; les bretons en firent un lai.

MARIE DE FRANCE

18 Aralık 2010 Cumartesi

 LES ROMANS ANTIQUES


L'épopée se transforme en roman dès que que l'élément merveilleux et fictif se développe au détriment des faits considérés comme historiques. L'auteur invente, crée, s'amuse à des épisodes auxquelles il ne croit pas. Le roman évolue sous une double influence, celle des clercs qui sont restés en contact avec les écrivains de l'antiquité et mettent en circulation leur science confuse mêlée à des légendes plus récentes et celle des femmes qui, dans la vie de château plus ouverte et plus brillante, imposent aux hommes des sentiments nouveaux, la courtoisie.

Les romans des 11ème, 12ème et 13ème siècles se ramènent à un type unique. Cependant, si on considère les sujets, la matière, on peut continuer à les diviser en trois groupes:
Les romans antiques, qui sont le développement fantaisiste des traditions déjà transformées de l'antiquité.
Les romans bretons qui sont la mise en oeuvre des légendes bretonnes.
Les romans idylliques ou romans d'aventures où l'invention romanesque sert de cadre à une histoire d'amour.

ROMANS ANTIQUES
Les auteurs de ces romans s'inspirent souvent d'Homère, de Virgile, de Quinte-Curce, d'Ovide, qu'ils avaient étudiés à fond dans des couvents où l'antiquité était en honneur. Mais ils puisent aussi dans des compilations suspectes où l'histoire et les légendes de l'antiquité sont transformées et amplifiées. Il ne faut donc pas chercher dans ces romans l'exactitude de l'histoire: ce ne sont pas des romans historiques, mais des romans fabuleux.

Si les auteurs de ces romans n'ignorent pas la véritable antiquité, ils écrivent pour des lecteurs qui n'en ont qu'une notion assez vague. Aussi, délibérément, ils transportent les personnages et les faits de la Grèce et de Rome dans un cadre moyen-âge; et ils s'attachent à peindre les moeurs de leur temps. L'art militaire, le costume, les sentiments, tout est du 12ème ou du 13ème siècle: Achille est un grand seigneur qui a un château féodal et Hector est le type du chevalier courtois.

Les auteurs de ces romans sont des chrétiens: les combats entre les dieux et les hommes les choquant, et le merveilleux païen en général leur parait insupportable. Ils l'éliminent autant qu'ils le peuvent et le remplacent par des inventions mécaniques prodigieuses, par la féerie, par les aventures fantastiques. De plus, pour atténuer l'influence du paganisme, ils donnent à leurs récits un but moral et ils n'hésitent pas à en développer les leçons.

LES PRINCIPAUX ROMANS ANTIQUES

1)- LE ROMAN DE THEBES, écrit vers 1150, par un auteur inconnu, comprend 10.230 vers octosyllabiques à rime plate. C'est la légende d'Oedipe et de ses enfants. La composition est confuse et obscure.
2)- LE ROMAN DE TROIE, écrit vers 1160, par Benoist de Sainte-More, comprend 30.000 vers octosyllabiques à rime plate. L'auteur y a fait entrer toute la matière de l'Iliade, de l'Odyssée et des Retours, transformée par des compilateurs. Mais il sait raconter: ses récits sont vivants et quelques-uns de ses personnages ont une fière allure.
3)- LE ROMAN D'ENEAS, écrit vers 1170, par un auteur inconnu, raconte l'histoire d'Enée, d'après Virgile, qui est suivi d'assez près; le récit est sec et maladroit.
4)- LE ROMAN DE  JULES CESAR, écrit au début du 13ème siècle, raconte l'histoire de César d'après Lucain et d'après des compilations comme "Li fait des Romains" dont l'autorité, très contestable, était acceptée de tous les clercs.
5)- LE ROMAN D'ALEXANDRE est une oeuvre collective; commencé au 12ème siècle, il fut continué par des trouvères successifs qui reprenaient le travail antérieur et y ajoutaient des chapitres ou branches. Les deux principaux auteurs sont Lambert le Tort et Alexandre de Bernay. Dans sa forme définitive il se compose de 20.000 vers de douze syllabes. Il raconte l'histoire d'Alexandre d'après Quinte-Curce et d'après un grand nombre de récits suspects et de compilations fantaisistes.
6)- PIRAMUS attribué à tort à Chrétien de Troyes, a été écrit au 12ème siècle. C'est l'histoire des amours de Pyrame et de Tisbé, d'après Ovide.
 LE ROMAN D'ENEAS

Il s'agit de l'un des plus vieux romans français composé vers 1160: ce roman est une réécriture courtoise de l'Enéide de Virgile et traite du mythe du héros fondateur d'une cité. L'intérêt de l'auteur va vers la description de l'amour naissant pour Enéas dans le coeur de la jeune Lavine, épisode à peine esquissé par Virgile.
C'est le pénible aveu de cet amour fait par Lavine à sa mère et la réponse calomnieuse de cette dernière dont il est question dans l'extrait ci-dessous:

« […] - Dame, j'aime, je ne puis le nier, 
vous devez me donner de bons conseils.
- Je le ferai, si tu me fais confiance.
Puisque ton cœur est au supplice,
tu dois bien me dire pour quel objet.
- Je n'ose, madame, car je crois
que vous m'en voudriez:
vous me l'avez bien déconseillé,
vous m'avez bien mise en garde contre lui;
mon intérêt pour lui s'en est accru:
Amour néglige les remontrances.
Si je vous nommais mon aimé, je craindrais de vous fâcher.
- Jamais, je le crois, n'a bien aimé
qui veut blâmer quelqu'un qui aime.
- J'aime, je ne puis plus le nier.
- Alors ton ami ne s'appelle pas Turnus?
- Non, madame, je vous le garantis.
- Et comment donc ?
- Il s'appelle "E" »,
puis elle soupira et ajouta « ne », et après un instant prononça « as », parlant en tremblant et tout bas.
La reine réfléchit
et assembla les syllabes:
« Tu m'as dit "E" puis "ne" et "as",
ces lettres se prononcent Enéas.
- Oui, oui, madame, c'est lui.
- Et Turnus ne t'aura pas ?
- Non, je ne l'aurai jamais pour époux,
mais j'accorde mon amour à l'autre.
- Qu'as-tu dit, véritable folle?
Sais-tu à qui tu te destines?
Ce misérable est d'une nature telle qu'il ne se soucie guère des femmes.
Il apprécie davantage l'amour des garçons,
il ne veut pas chasser la biche,
il raffole de la chair de mâle;
Il aimera mieux étreindre son giton
que toi ou n'importe quelle autre.
Il ignore la chasse à la femelle,
Il ne passera pas par le petit trou,
Il adore les tripes de jeune homme.
Les Troyens sont élevés dans ce vice,
et tu as très follement fait ton choix.
N''as-tu pas appris comment
il a maltraité Didon?
Jamais il n'a fait de bien à une femme,
et il ne t'en fera pas, je pense,
ce traître, ce sodomite.
Il renoncerait toujours à te posséder
s'il avait un mignon;
il lui serait très agréable
que tu te prêtes à ses favoris;
s'il pouvait les attirer par ton entremise,
il le trouverait pas singulier
de procéder à cet échange:
le giton prendrait avec toi son plaisir
puisqu'il se prêterait à celui d'Enéas: 
ce dernier le laissera bien te grimper dessus
s'il peut ensuite le mettre sous lui:
il 'aime pas la peau de con.
C'en serait fini de ce monde
si tous les hommes qui s'y trouvent
étaient pareils dans tout l'univers:
jamais une femme ne concevrait,
il y aurait grande pénurie de gens;
on ne ferait plus jamais d'enfants,
et alors ce serait la fin du monde.
Ma fille, tu as vraiment perdu l'esprit
quand tu fais ton amant d'un tel homme,
qui jamais ne se souciera de toi
et qui agit contre nature:
il prend les hommes, délaisse les femmes
et brise le couple naturel.
Prends garde à ne jamais m'en reparler,
je veux que tu renonces à cet amour
pour un sodomite, un couard.
Tourne ton cœur ailleurs:
aime celui qui t'aimera,
c'est Turnus qui, depuis sept ans,
te consacre ses soins;
prends garde qu'il ne s'en repente.
Si tu veux jouir de mon affection,
renonce donc à ce traître,
et destine ton amour à celui
pour lequel j'intercède, abandonne celui
qui serait toujours un étranger pour toi.
(vers 8589 à 8675)


L'auteur du Roman d'Enéas se révèle un romancier plein d'humour qui sait observer avec malice ses personnages. Ainsi, avec le véritable cours fait par la reine à sa fille Lavine sur les problèmes du cœur, la jeune fille, éprise d'Enéas, croira reconnaître les symptômes du mal que sa mère vient de lui indiquer. La présence de cet humour montre combien les tons peuvent être variés dans Le Roman d'Enéas, et passer des accusations de sodomie les plus ordurières au repentir le plus doux chez Lavine comme le montre ce second extrait :

La jeune fille le vit venir,
elle commença à se repentir
de l'avoir tant calomnié
et dit :
« J'ai bien mal agi!
J'ai parlé en vraie folle,
je crois qu'Amour m'a dénoncée
pour avoir tant médit de lui.
Je m'en repens, je l'ai trop calomnié.
Très cher ami, voici mon gage,
je vous ai accablé d'insultes,
je vous offrirai la réparation qu'il vous plaira.
Je devrais bien me repentir,
moi qui vous ai accablé de tels outrages.
Oh! malheureuse, comme il me tarde
qu'il me fasse subir son châtiment!
Très cher ami, si cela vous plaisait,
je me rendrais nu-pieds à votre tente;
ce serait un délice,
je n'éprouverais ni mal ni douleur.
J'ai mal parlé, ce fut folie,
je vous ai couvert de très injustes reproches.
Ami, j'ai bien mérité la mort;
si vous le décidez, ma vie ne compte plus,
et si vous le voulez, je suis guérie. »
(vers 9257 à 9280)

17 Aralık 2010 Cuma

 EPOPEE

Victor Hugo a défini l'épopée: "l'histoire écoutée aux portes de la légende". L'épopée s'empare de faits historiques qui ont particulièrement frappé l'imagination des foules; elle les agrandit, les transfigure en y ajoutant des éléments merveilleux; elle donne aux hommes qui en sont les héros une stature et des sentiments surhumains; elle incline la divinité vers ces faits et vers ces hommes et mêle son action à l'histoire devenue légende.

Dans la jeunesse des peuples, quand l'auteur et le public croient aux légendes épiques, on peut avoir des épopées dites primitives; telle est l'Iliade, tel est le Roland. Plus tard quand la foi a disparu, un artiste peut construire à force d'art une épopée factice qui reproduit la physionomie de l'épopée primitve; on a alors l'épopée savante; telle est l'Enéide, telle est la Franciade.

ORIGINE DE L'EPOPEE
L'épopée française du Moyen-Age aurait été, d'origine germanique. Ce sont les germains qui auraient eu les premiers l'habitude de célébrer dans des chants guerriers les exploits de leurs chefs. Cette coutume aurait pénétré en Gaule avec les invasions et y aurait provoqué des compositions lyrico-épiques, appelées cantilènes, destinées à commémorer les hauts faits des guerriers mérovingiens. Au Xème siècle des arangeurs auraient réuni ensemble plusieurs de ces cantilènes en les adaptant et auraient ainsi constiuté l'épopée.

Les travaux de Joseph Bédier ont ébranlé cette théorie. On trouve peu de traces de ces prétendues cantilènes et il n'est aucunement besoin d'avoir recours à l'Allemagne pour expliquer la genèse de nos chansons épiques. Elles sont nées spontanément sur notre sol dans le sein de l'église, soit pour amplifier les légendes conservées dans les lieux de pèlerinage, soit pour célébrer les hauts faits d'une famille aristocratique, soit pour raconter sous le voile de la fiction des événements contemporains.

C'est vers le XIIème siècle et surtout au XIIIème siècle et au XIVème siècle quand l'épopée est lue au lieu d'être chantée que les jongleurs s'efforcèrent de classer les épopées. Ce travail souvent factice tend à distribuer les épopées autour de trois personnages qui sont comme des centres épiques: Charlemagne, Guillaume d'Orange, Doon de Mayence. Ainsi, se constituent trois gestes ou histoires:

►La geste du roi qui raconte les guerres de Charlemagne, sa vie, la vie de ses pairs et leurs exploits;
►La geste de Garin de Montglane qui raconte les exploits de Garin, d'Aymeri de Narbonne, de Guillaume d'Orange et d'une manière générale, la lutte du Midi contre les Sarrasins.
►La geste de Doon de Mayence qui raconte les luttes des féodaux entre eux.
A ces gestes il faut ajouter des gestes provinciales qui ne peuvent pas entrer dans le cadre primitif et la geste des Coisades qui comprend les poèmes provoqués par la Croisade.

Les épopées principales sont les suivantes►

1)- Geste du roi
Berte au grand pied (XIIIème siècle) oeuvre du trouvère Adenet, raconte la vie et les malheurs de la mère de Charlemagne.
Pèlerinage de Charlemagne à Jérusalem (XIIème siècle),  récit fabuleux d'un prétendu voyage en Terre Sainte de Charlemagne et de ses pairs; c'est de ce pèlerinage que Charlemagne aurait rapporté des reliques qu'il distribua aux principaux sanctuaires de France.
Huon de Bordeaux (XIIème siècle) récit fantastique des épreuves de Huon qui doit aller à Babylon couper la barbe de l'émir et est aidé dans son entreprise par le nain Obéron.
La chanson de Roland c'est la plus belle de nos épopées.

2)- Geste de Garin Montglane
Girard de Vian (XIIème siècle), oeuvre de Bertrand de Barsure-Aube, raconte les démêlés de Girard et de Charlemagne. C'est dans ce poème que se trouve le combat singulier d'Olivier et de Roland, repris par Victor Hugo.
Aimeri de Narbonne (XIIème siècle) raconte comment Charlemagne à son retour d'Espagne charge Aimeri de s'emparer de Narbonne et lui donne la ville comme un fief.
Le Charroi de Nimes (XIIème siècle) prise de la ville de Nimes par Guillaume d'Orange.
Aliscans (XIIème siècle), récit de la célébre bataille que Guillaume livre aux Sarrasins dans la plaine d'Aliscans. Il perd dans la bataille son neveu Vivien. Il fuit vers Orange, mais sa femme Gibourg refuse de la reconnaitre parce qu'il tourne le dos à l'ennemi et de lui ouvrir les portes de la ville, il se jette de nouveau dans la mêlée.

3)- Geste de Doon de Mayence
Renaud de Montauban (XIIème siècle) raconte la lutte de Renaud et de ses trois frères contre Charlemagne. Ils sont aidés dans cette guerre par le cheval Bayart qui les emporte tous les quatre à travers les airs. Cette épopée est la source du roman populaire, les quatre fils Aymon.

4)- Gestes Provinciales
Raoul de Cambrai (XIIème siècle), tableau coloré de l'atrocité des luttes féodales
Amis et Amiles (XIIème siècle), légende pieuse
Girard de Roussillon (XIIème siècle)

5)- Geste de la croisade
Chanson de Jérusalem (XIIème siècle)
Chanson d'Antioche (XIIIème siècle)

Les plus anciennes épopées qui nous sont connues par des fragments ou par des remaniements postérieurs sont du Xème siècle. Elles ont d'abord un caractère nettement religieux. Puis tout en conservant ce caractère au XIème siècle et au XIIème siècle elle devient surtout guerrier. C'est le moment de leur grand éclat. Elles s'imposent à l'admiration de toute l'Europe et sont traduites ou adaptées dans toutes les langues. La décadence commence au XIIIème siècle: on ne croit plus aux légendes des héros; on les raille, on les parodie. Aussi, il n'y a plus de nouvelle épopée. On se contente de remanier et de rajeunir les anicennes. La rime succède à l'assonnance et oblige les remanieurs à délayer le texte primitif. L'épopée est pénétrée par le roman qui y verse la superstitition puérile, la sensualité parfois très libre, et même la satire. L'épopée perd son existence propre et se confond avec le roman. Au XIVème et XVème siècles elle est dérimée et mise en prose. Elle a tout perdu de sa physionomie primitive: elle ne servira plus qu'à alimenter les recueils fades de la Bibliothèque Bleue.
 LA CHANSON DE ROLAND

Le plus ancien texte de la Chanson de Roland, celui du manuscrit d'Oxford est de 1170, c'est la copie d'un texte plus ancien. L'original remonte probablement à l'année 1120. L'auteur en est inconnu. Le dernier vers du poème: "Ci falt la geste que Turoldus declinet", ne nous renseigne pas d'une manière précise, parce que Turoldus ou Théroulde peut n'être que le jongleur qui chante l'oeuvre d'un autre. Ce qui est certain, c'est que la Chanson de Roland n'est pas une compilation de morceaux disparates, mais une oeuvre unique conçue et composée par un artiste de génie, il suffit de la lire attentivement pour s'en convaincre.

La Chanson de Roland a un fond historique. D'après Eginhard, en 778, Charlemagne revenait d'une expédition contre les Sarrasins d'Espagne, lorsque son arrière-garde fut surpris et taillée en pièces par les Basques dans les défilés de Roncevaux. Dans ce combat périt Roland, préfet des marches de Bretagne.

D'après Léon Gautier, cet événement aurait donné naissance à des cantilènes, d'où serait sortie l'épopée après une longue élaboration. On pourrait même trouver ici les procédés habituelles de l'élaboration épique: elle exagère en faisant d'un simple combat d'arrière-garde un événement immense; elle transforme en remplaçant les Basques par les Sarrasins, et le préfet des marches de Bretagne par le neveu de Charlemagne; elle simplifie en expliquant la défaite par la trahison de Ganelon.

Joseph Bédier estime que certains éléments de l'histoire primitifs se sont conservés sur les routes des pèlerinage et dans les lieux où l'on vénérait les restes des héros. C'est là, dans des compilations latines et dans la tradition orale déformée, que le trouvère du 12ème siècle les aurait rencontrés et en aurait fait la base de son poème.

Ce trouvère ignore tout de l'époque de Charlemagne et de Roland, mais, comme la montrait P.Boissonnade, son esprit a été ébranlé par une Croisade à laquelle il a peut-être pris part, la Croisade qui mit aux prises dans le Nord de l'Espagne la noblesse française avec les Sarrasins pendant tout le 11ème siècle. La Chanson de Roland ne serait que le tableau poètique de cette Croisade projetée dans le passé jusqu'aux temps presque fabuleux de Charlemagne; elle aurait utilisé pour grandir ses héros, la légende de Roland telle qu'elle était conservée sur les routes qui menaient en Espagne et à Compostelle.

Le Résumé
Charlemagne lutte en Espagne contre les Sarrasins. Le roi infidèle, Marsile, émir de Saragosse lui fait demander la paix. L'empereur réunit ses pairs pour délibérer. On décide d'envoyer un ambassadeur à Marsile. Roland fait désigner Ganelon pour cette mission. Ganelon irrité par le procédé de Roland et gagné par les présents de Marsile, décide de trahir. Il fait placer Roland à l'arrière-garde et machine sa morte avec l'ennemi.

Charlemagne a repassé les monts. L'arrière-garde commandée par Roland est entourée d'ennemis. Olivier invite Roland à sonner de l'olifant pour appeler Charlemagne, mais Roland s'y refuse; il ne veut pas corner pour des païens. Une bataille sanglante se livre dans laquelle périssent tous les barons, sauf Olivier, Turpin et Roland. Alors Roland se décide à sonner du cor: Charlemagne l'entend et accourt. Resté seul sur le champ de bataille, Roland essaie de briser son épée Durandal et il ne peut y réussir il donne son âme à Dieu et il meurt face à l'Espagne.

Charlemagne repasse les monts, pour suivre les Sarrasins, et arrête le soleil pour avoir le temps de les tailler en pièces. Puis, il rend les derniers honneurs aux morts. Il rentre à Aix-La Chapelle et annonce à Aude la mort de son fiancé: Aude tombe pâmée et meurt. Alors commence le procès de Ganelon. Thierry, champion de Roland, et Pinabel, champion de Ganelon, luttent en champ clos: Pinabel est vaincu et Ganelon est condamné à être écartelé.

La conception épique de la Chanson de Roland
On ne peut s'empêcher d'admirer dans la Chanson de Roland la grandeur de la conception épique. Le monde se partage en deux royaumes: le royaume de Dieu ou du bien et le royaume de Satan ou du mal; ou de l'infidèle Sarrasin. Le devoir du chrétien est de lutter toute sa vie contre le mal; la vie est une croisade. A la tête de cette croisade marchent "Fance la douce" et l'empereur à la barbe fleurie qu'un ange de Dieu inspire et assiste. Il faut se battre avec courage et ne jamais reculer; le sort le plus beau que l'on puisse rêver est de mourir dans la bataille, l'épée à la main en tendant son gant à Dieu.

La foi et le patriotisme
Les héros de la Chanson de Roland sont donc d'abord les soldats de Dieu, ils se meuvent en plein surnaturel. Ils parlent avec une familiarité respectueuse à Dieu, à Jésus, le doux fils de Marie, à la bonne vierge, à saint Michel. Ils les invoquent avec une totale confiance. Mais ils sont aussi les soldats de la France. Leur patriotisme est simple, peu verbeux mais il est déjà total puisqu'il inspire tous les sacrifices. Et il s'exprime d'une manière touchante: La France est pour eux "France la Douce", "La Terre Major". C'est pour Roland une personne vivante qu'il invoque: Tere de France mult estes dulz païs. Et quand il sent venir la mort, c'est la France qui se présente à sa pensée comme l'image la plus chère: De plusieurs choses à remembrer li prist, De Dulce France

Les caractères
Le trouvère primitif a su incarner ses sentiments dans des personnages vivants. Sans Doute, ils ont quelque gaucherie et quelque raideur comme les statues de pierre de l'art roman. Cependant, on  sent chez eux la chaleur de la vie, Roland est orgueilleux, ardent dans la bataille, dure pour lui-même et pour les autres: et pourtant il n'est pas en fer; il pleure la mort d'Olivier, il s'attriste quand il doit se séparer de son épée. Olivier son ami a une personnalité bien marquée: il est sage, réfléchi, prudent; mais il est aussi capable de passion et il s'emporte quand on le contrarie. Ganelon n'est pas un traitre de mélodrame, tout d'une pièce; il a une conscience il hésite et il lutte contre lui-même. Charlemagne efface tous les autres personnages par sa grandeur: il a plus de 100 ans et il reste un guerrier redoutable; un ange l'accompagne et lui parle; il commande aux éléments; et il est bon et doux puisqu'il pleure la mort de son neveu Roland.

L'art de l'écrivain
Grande par la conception épique, par les sentiments et par les caractères, La Chanson de Roland est d'un art hésitant et assez faible. La composition est nette, cependant, ce qui est rare dans notre ancienne épopée. Mais la langue est pauvre et maladroite: les mots manquent à l'auteur pour rendre la richesse de sa pensée; les mêmes expressions reviennent sans cesse; et quand nous attendrions une image large et poétique, nous ne teouvons qu'un terme sec et sans éclat. Le souffle épique est puissant, l'art est médiocre, c'est pour cela que notre Chanson de Roland tout admirable qu'elle est ne peut pas être comparée à l'Iliade.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)