Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

14 Kasım 2010 Pazar

LA CAFETIERE
L'année dernière, je fus invité, ainsi que deux de mes camarades d'atelier, Arrigo Cohic et Pedrino Borgnioli, à passer quelques jours dans une terre au fond de la Normandie.
Le temps, qui, à notre départ, promettait d'être superbe, s'avisa de changer tout à coup, et il tomba tant de pluie, que les chemins creux où nous marchions étaient comme le lit d'un torrent.

Nous enfoncions dans la bourbe jusqu'aux genoux, une couche épaisse de terre grasse s'était attachée aux semelles de nos bottes, et par sa pesanteur ralentissait tellement nos pas, que nous n'arrivâmes au lieu de notre destination qu'une heure après le coucher du soleil.
Nous étions harassés; aussi, notre hôte, voyant les efforts que nous faisions pour comprimer nos bâillements et tenir les yeux ouverts, aussitôt que nous eûmes soupe, nous fit conduire chacun dans notre chambre.

La mienne était vaste; je sentis, en y entrant, comme un frisson de fièvre, car il me sembla que j'entrais dans un monde nouveau. En effet, l'on aurait pu se croire au temps de la Régence, à voir les dessus de porte de Boucher représentant les quatre Saisons, les meubles surchargés d'ornements de rocaille du plus mauvais goût, et les trumeaux des glaces sculptés lourdement.
Rien n'était dérangé. La toilette couverte de boîtes à peignes, de houppes à poudrer, paraissait avoir servi la veille. Deux ou trois robes de couleurs changeantes, un éventail semé de paillettes d'argent, jonchaient le parquet bien ciré, et, à mon grand étonnement, une tabatière d'écaille ouverte sur la cheminée était pleine de tabac encore frais.
Je ne remarquai ces choses qu'après que le domestique, déposant son bougeoir sur la table de nuit, m'eut souhaité un bon somme, et je l'avoue, je commençai à trembler comme la feuille. Je me déshabillai promptement, je me couchai, et, pour en finir avec ces sottes frayeurs, je fermai bientôt les yeux en me tournant du côté de la muraille.
Mais il me fut impossible de rester dans cette position: le lit s'agitait sous moi comme une vague, mes paupières se retiraient violemment en arrière. Force me fut de me retourner et de voir.
Le feu qui flambait jetait des reflets rougeâtres dans l'appartement, de sorte qu'on pouvait sans peine distinguer les personnages de la tapisserie et les figures des portraits enfumés pendus à la muraille. C'étaient les aïeux de notre hôte, des chevaliers bardés de fer, des conseillers en perruque, et de belles dames au visage fardé et aux cheveux poudrés à blanc, tenant une rose à la main.
Tout à coup le feu prit un étrange degré d'activité; une lueur blafarde illumina la chambre, et je vis clairement que ce que j'avais pris pour de vaines peintures était la réalité; car les prunelles de ces êtres encadrés remuaient, scintillaient d'une façon singulière; leurs lèvres s'ouvraient et se fermaient comme des lèvres de gens qui parlent, mais je n'entendais rien que le tic-tac de la pendule et le sifflement de la bise d'automne.
Une terreur insurmontable s'empara de moi, mes cheveux se hérissèrent sur mon front, mes dents s'entre-choquèrent à se briser, une sueur froide inonda tout mon corps.
La pendule sonna onze heures. Le vibrement du dernier coup retentit longtemps, et lorsqu'il fut éteint tout à fait...
Oh ! non, je n'ose pas dire ce qui arriva, personne ne me croirait, et l'on me prendrait pour un fou.
Les bougies s'allumèrent toutes seules; le soufflet, sans qu'aucun être visible lui imprimât le mouvement, se prit à souffler le feu, en râlant comme un vieillard asthmatique, pendant que les pincettes fourgonnaient dans les tisons et que la pelle relevait les cendres.
Ensuite une cafetière se jeta en bas d'une table où elle était posée, et se dirigea, clopin-clopant, vers le foyer, où elle se plaça entre les tisons.
Quelques instants après, les fauteuils commencèrent à s'ébranler, et agitant leurs pieds tortillés d'une manière surprenante, vinrent se ranger autour de la cheminée.
Je ne savais que penser de ce que je voyais; mais ce qui me restait à voir était encore bien plus extraordinaire.
Un des portraits, le plus ancien de tous, celui d'un gros joufflu à barbe grise, ressemblant, à s'y méprendre, à l'idée que je me suis faite du vieux sir John Falstaff, sortît, en grimaçant, la tête de son cadre, et, après de grands efforts, ayant fait passer ses épaules et son ventre rebondi entre les ais étroits de la bordure, sauta lourdement par terre. Il n'eut pas plutôt pris haleine, qu'il tira de la poche de son pourpoint une clef d'une petitesse remarquable; il souffla dedans pour s'assurer si la forure était bien nette, et il l'appliqua à tous les cadres les uns après les autres.
Et tous les cadres s'élargirent de façon à laisser passer aisément les figures qu'ils renfermaient. Petits abbés poupins, douairières sèches et jaunes, magistrats à l'air grave ensevelis dans de grandes robes noires, petits-maîtres en bas de soie, en culotte de prunelle, la pointé de l'épée en haut, tous ces personnages présentaient un spectacle si bizarre, que, malgré ma frayeur, je ne pus m'empêcher de rire.

Ces dignes personnages s'assirent; la cafetière sauta légèrement sur la table. Ils prirent le café dans des tasses du Japon blanches et bleues, qui accoururent spontanément de dessus un secrétaire, chacune d'elles munie d'un morceau de sucre et d'une petite cuiller d'argent. Quand le café fut pris, tasses, cafetières et cuillers disparurent à la fois, et la conversation commença, certes la plus curieuse que j'aie jamais ouïe, car aucun de ces étranges causeurs ne regardait l'autre en parlant: ils avaient tous les yeux fixés sur la pendule. Je ne pouvais moi-même en détourner mes regards et m'empêcher de suivre l'aiguille, qui marchait vers minuit à pas imperceptibles.
Enfin, minuit sonna; une voix, dont le timbre était exactement celui de la pendule, se fit entendre et dit:
Voici l'heure, il faut danser.
Toute l'assemblée se leva. Les fauteuils se reculèrent de leur propre mouvement; alors, chaque cavalier prit la main d'une dame, et la même voix dit:
— Allons, messieurs de l'orchestre, commencez !

J'ai oublié de dire que le sujet de la tapisserie était un concerto italien d'un côté, et de l'autre une chasse au cerf où plusieurs valets donnaient du cor. Les piqueurs et les musiciens, qui, jusque-là, n'avaient fait aucun geste, inclinèrent, la tête en signé d'adhésion. Le maestro leva sa baguette, et une harmonie vive et dansante s'élança des deux bouts de la salle. On dansa d'abord le menuet.
Mais les notes rapides de la partition exécutée par les musiciens s'accordaient mal avec ces graves révérences: aussi chaque couple de danseurs, au bout de quelques minutes, se mit à pirouetter comme une toupie d'Allemagne. Les robes de soie des femmes, froissées dans ce tourbillon dansant, rendaient des sons d'une nature particulière; on aurait dit le bruit d'ailes d'un vol de pigeons. Le vent qui s'engouffrait par-dessous les gonflait prodigieusement, de sorte qu'elles avaient l'air de cloches en branle.

L'archet des virtuoses passait si rapidement sur les cordes, qu'il en jaillissait des étincelles électriques. Les doigts des flûteurs se haussaient et se baissaient comme s'ils eussent été de vif-argent; les joues des piqueurs étaient enflées comme des ballons, et tout cela formait un déluge de notes et de trilles si pressés et de gammes ascendantes et descendantes si entortillées, si inconcevables, que les démons eux-mêmes n'auraient pu deux minutes suivre une pareille mesure.
Aussi, c'était pitié de voir tous les efforts de ces danseurs pour rattraper la cadence. Ils sautaient, cabriolaient, faisaient des ronds de jambe, des jetés battus et des entrechats de trois pieds de haut, tant que la sueur, leur coulant du front sur les yeux, leur emportait les mouches et le fard. Mais ils avaient beau faire, l'orchestre les devançait toujours de trois ou quatre notes.

La pendule sonna une heure; ils s'arrêtèrent. Je vis quelque chose qui m'était échappé: une femme qui ne dansait pas.Elle était assise dans une bergère au coin de la cheminée, et ne paraissait pas le moins du monde prendre part à ce qui se passait autour d'elle. Jamais, même en rêve, rien, d'aussi parfait ne s'était présenté à mes yeux; une peau d'une blancheur éblouissante, des cheveux d'un blond, cendré, de longs cils et des prunelles bleues, si claires et si transparentes, que je voyais son âme à travers aussi distinctement qu'un caillou au fond d'un ruisseau. Et je sentis que, si jamais il m'arrivait d'aimer quelqu'un, ce serait elle. Je me précipitai hors du lit, d'où jusque-là je n'avais pu bouger, et je me dirigeai vers elle, conduit par quelque chose qui agissait en moi sans que je pusse m'en rendre compte; et je me trouvai à ses genoux, une de ses mains dans les miennes, causant avec elle comme si je l'eusse connue depuis vingt ans.

Mais, par un prodige bien étrange, tout en lui parlant, je marquais d'une oscillation de tête la musique qui n'avait pas cessé de jouer; et quoique je fusse au comble du bonheur d'entretenir une aussi belle personne, les pieds me brûlaient de danser avec elle. Cependant je n'osais lui en faire la proposition. Il paraît qu'elle comprit ce que je voulais, car, levant vers le cadran de l'horloge la main que je ne tenais pas:
— Quand l'aiguille sera là, nous verrons, mon cher Théodore.
Je ne sais comment cela se fit, je ne fus nullement surpris de m'entendre ainsi appeler par mon nom, et nous continuâmes à causer. Enfin, l'heure indiquée sonna, la voix au timbre d'argent vibra encore dans la chambre et dit:
— Angéla, vous pouvez danser avec monsieur, si cela vous fait plaisir, mais vous savez ce qui en résultera.
— N'importe, répondit Angéla d'un ton boudeur. Et elle passa son bras d'ivoire autour de mon cou.
— Prestissimo ! cria la voix.
Et nous commençâmes à valser. Le sein de la jeune fille touchait ma poitrine, sa joue veloutée effleurait la mienne, et son haleine suave flottait sur ma bouche. Jamais de la vie je n'avais éprouvé une pareille émotion; mes nerfs tressaillaient comme des ressorts d'acier, mon sang coulait dans mes artères en torrent de lave, et j'entendais battre mon cœur comme une montre accrochée à mes oreilles.

Pourtant cet état n'avait rien de pénible. J'étais inondé d'une joie ineffable et j'aurais toujours voulu demeurer ainsi, et chose remarquable, quoique l'orchestre eût triplé de vitesse, nous n'avions besoin de faire aucun effort pour le suivre. Les assistants, émerveillés de notre agilité, criaient bravo, et frappaient de toutes leurs forces dans leurs mains, qui ne rendaient aucun son. Angéla, qui jusqu'alors avait valsé avec une énergie et une justesse surprenantes, parut tout à coup se fatiguer; elle pesait sur mon épaule comme si les jambes lui eussent manqué; ses petits pieds, qui, une minute auparavant, effleuraient le plancher, ne s'en détachaient que lentement, comme s'ils eussent été chargés d'une masse de plomb.
— Angéla, vous êtes lasse, lui dis-je, reposons-nous.
— Je le veux bien, répondit-elle en s'essuyant le front avec son mouchoir. Mais, pendant que nous valsions, ils se sont tous assis ; il n'y a plus qu'un fauteuil, et nous sommes deux.
— Qu'est-ce que cela fait, mon bel ange? Je vous prendrai sur mes genoux.

Sans faire la moindre objection, Angéla s'assit, m'entourant de ses bras comme d'une écharpe blanche, cachant sa tête dans mon sein pour se réchauffer un peu, car elle était devenue froide comme un marbre.
Je ne sais pas combien de temps nous restâmes dans cette position, car tous mes sens étaient absorbés dans la contemplation de cette mystérieuse, et fantastique créature. Je n'avais plus aucune idée de l'heure ni du lieu; le monde réel n'existait plus pour moi, et tous les liens qui m'y attachent étaient rompus; mon âme, dégagée de sa prison de boue, nageait dans le vague et l'infini; je comprenais ce que nul homme ne peut comprendre, les pensées d'Angéla se révélant à moi sans qu'elle eût besoin de parler; car son âme brillait dans son corps comme une lampe d'albâtre, et les rayons partis de sa poitrine perçaient la mienne de part en part.
L'alouette chanta, une lueur pâle se joua sur les rideaux. Aussitôt qu'Angéla l'aperçut, elle se leva précipitamment, me fit un geste d'adieu, et, après quelques pas, poussa un cri et tomba de sa hauteur. Saisi d'effroi, je m'élançai pour la relever... Mon sang se fige rien que d'y penser: je ne trouvai rien que la cafetière brisée en mille morceaux. A cette vue, persuadé que j'avais été le jouet de quelque illusion diabolique, une telle frayeur s'empara de moi, que je m'évanouis.

Lorsque je repris connaissance, j'étais dans mon lit; Arrigo Cohic et Pedrino Borgnioli se tenaient debout à mon chevet. Aussitôt que j'eus ouvert les yeux, Arrigo s'écria :
 — Ah ! ce n'est pas dommage! voilà bientôt une heure que je te frotte les tempes d'eau de Cologne. Que diable as-tu fait cette huit? Ce matin, voyant que tu ne descendais pas, je suis entré dans ta chambre, et je t'ai trouvé tout du long étendu par terre, en habit à la française, serrant dans tes bras un morceau de porcelaine brisée, comme si c'eût été une jeune et jolie fille.
— Pardieu ! c'est l'habit de noce de mon grand-père, dit l'autre en soulevant une des basques de soie fond rose à ramages verts. Voilà les boutons de strass et de filigrane qu'il nous vantait tant. Théodore l'aura trouvé dans quelque coin et l'aura mis pour s'amuser. Mais à propos de quoi t'es-tu trouvé mal? ajouta Borgnioli. Cela est bon pour une petite-maîtresse qui a des épaules blanches; on la délace, on lui ôte ses colliers, son écharpe, et c'est une belle occasion de faire des minauderies.
— Ce n'est qu'une faiblesse qui m'a pris ; je suis sujet à cela, répondis-je sèchement.

Je me levai, je me dépouillai de mon ridicule accoutrement. Et puis l'on déjeuna. Mes trois camarades mangèrent beaucoup et burent encore plus; moi, je ne mangeais presque pas, le souvenir de ce qui s'était passé me causait d'étranges distractions. Le déjeuner fini, comme il pleuvait à verse, il n'y eut pas moyen de sortir; chacun s'occupa comme il put. Borgnioli tambourina des marches guerrières sur les vitres; Arrigo et l'hôte firent une partie de dames; moi, je tirai de mon album un carré de vélin, et je me mis à dessiner. Les linéaments presque imperceptibles tracés par mon crayon, sans que j'y eusse songé le moins du monde, se trouvèrent représenter avec la plus merveilleuse exactitude la cafetière qui avait joué un rôle si important dans les scènes de la nuit.
— C'est étonnant comme cette tête ressemble à ma sœur Angéla, dit l'hôte, qui, ayant terminé sa partie, me regardait travailler par-dessus mon épaule.
En effet, ce qui m'avait semblé tout à l'heure une cafetière était bien réellement le profil doux et mélancolique d'Angéla.
— De par tous les saints du paradis ! est-elle morte ou vivante? m'écriai-je d'un ton de voix tremblant, comme si ma vie eût dépendu de sa réponse.
— Elle est morte, il y a deux ans, d'une fluxion de poitrine à la suite d'un bal.
— Hélas! répondis-je douloureusement.
Et, retenant une larme qui était près de tomber, je replaçai le papier dans l'album. Je venais de comprendre qu'il n'y avait plus pour moi de bonheur sur la terre!
                             Le Cabinet de Lecture, 4 mai 1831de Théophile Gautier

13 Kasım 2010 Cumartesi

STEPHANE MALLARME

Il a vécu entre les années 1844 et 1898. C’est un poète incompris par certains hommes de lettres de son temps, il a été honoré par ses disciples, pour cela  il a la gloire réduite et il a créé des oeuvres difficiles à comprendre que l’on peut qualifier comme hermétique. Il se trouve à mi-chemin entre le parnasse et le symbolisme. Il donne de l’importance à la forme mais cette forme, comme chez les parnassiens, n’est pas une forme telle que ceux-ci entendaient. Pour les parnassiens, il fallait reprendre un objet dans toute sa beauté, chez Mallarmé l’objet cache quelque chose d’autre; c’est le symbolisme; il voulait un langage purifié à travers lequel il cherchait son salut.
Il est né a Paris, dès son enfance il écrivait des poèmes, il lisait Baudelaire dont on voit l’influence sur ses oeuvres. La lecture de Les Fleurs du Mal était une révélation pour lui. Parti en Angleterre pour perfectionner son anglais, il est devenu professeur d’anglais. Il a traduit Edgard Allen Poe. La vie qu’il menait était simple, qui n’avait rien d’extraordinaire, il avait une famille; une femme et un enfant, il ne sortait pas beaucoup. La période Baudelairienne de Mallarmé est une periode féconde du point de vue de la création. “Le parnasse contemporain” a publié dix de ses poèmes.

Mais à partir de 1864 Mallarmé veut aller au-dela de cette voix, il veut dépasser la poèsie Baudelairienne qui pourrait lui assurer trop facile le succès. Il travaille avec obstination et écrit un grand lyrique “Hérodiade”, une oeuvre qui restera inachevée. Une oeuvre très connue “La dance de Sallomé” peint par un peintre, sur le thème: la femme fatale; en écrivant ce drame lyrique, il traverse une crise profonde. Dans ses lettres il dit: “en creusant le vers à ce point j’ai rencontré deux abimes qui me désespèrent, l’un est le néant, l’autre vide que j’ai trouvé et c’est celui de ma poitrine”. Il ajoute: “heureusement je suis parfaitement mort, je suis maintenant impersonnel, une aptitude que l’univers spirituel à se voir et à se développer à travers ce qui fut moi. Il faut se détruire (détruire le moi de tous les jours) pour que nous puissions atteindre l’univers spirituel à travers ce moi, voir un autre moi qui se développe c’est ce que le salut”.
On peut dire qu’il invente une langue et une poètique nouvelle qu’il définit ainsi: “Peindre non la chose mais l’effet qu’elle produit”: de ce point de vue, il se différencie des parnassiens, car ceux-ci définissent la chose. Pour Mallarmé ce n’est pas définir la chose, l’effet qu’on y voit doit être défini. Il a des disciples enthousiastes qui écoutent de la musique, ce qui est important dans la poesie étant est une hésitation entre le son et le sens. Il dit: “Attention, la musique se fait avec les notes tandis que la poèsie se fait avec les mots”.

Il écrit avant sa mort l’essentiel de sa poèsie. “Comme on étudie en vue de mieux, comme on essaie les becs de sa plume avant de se mettre à l’oeuvre”. “Oeuvre qui va se rendre compte de tout l’univers, qui va apporter l’explication orphique de la terre”.
Lorsqu’il meurt en 1898 sa famille ne savait pas quoi faire de son oeuvre, parce qu’il leur avait demandé de détruire toute son oeuvre.

L’ensemble de son oeuvre se présente comme le lieux de l’innocupation c’est-à-dire il n’avait pu vraiment atteindre cet absolu dont il voulait. Pour lui c’était la perfection formelle et qui conferait aux textes son autonomie. Il lui arrivait de décrire un sonnet par an, il travaillait sur le langage et sur l’objet de la poèsie pour comprendre l’esthétique. Ses articles sont réunis dans un livre “Divagation”. Les formes du poète qui veulent parvenir au poème pur absolu et encore comme dans la vie un retranchement c’est-à-dire s’ isoler du reste. D'après lui, pour compenser l’insuffisence créative spirituelle il faut recourir au pouvoir créateur du langage. Pour ce faire le premier travail du poète doit être de fonder à nouveau un langage de ses fonctions vulgaires “séparer comme en vue d’attribution différente, le double état de la parole brute ou immédiate ici, "l’essentiel". La langue a une fonction, il faut le dépasser  pour aller à l’essentiel; une sorte de dialectique de la dépossession et de la répossession. L’anéantissement du monde impur et sa reconstruction  idéale gouverne la création politique de Mallarmé. Pour un emploi subtil de mot en tenant compte de différente signification  qu’un mot peu resserrer, le poète peut simultanément libérer des accords  de leur sonorité. Il établit un rapport entre le son et le sens; c’est pourquoi la musique est si importante, les sons cachent les significations, le poète doit annuler une présence insatisfaite et doit proposer une absence qui comble parce que l’objet imparfait a l’idée sans défaut. Par les jeux de parole il faut atteindre l’essence. Tous les mots ont un rapport avec le sens d’après Platon. Le signe est motivé dans la poèsie. Le vers doit être consu non plus comme une suite discontinue de termes mais comme un mot absolu. De tels liens entre les mots d’un poème que ce poeme se réduit a un mot absolu. Une telle expérience est unique et Mallarmé exerce une influence énorme sur les poètes de son époque. Paul Valéry est son disciple.
RENOUVEAU de MALLARME
Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
STEPHANE MALLARME

12 Kasım 2010 Cuma


Andréa MANTEGNA
 LE PARNASSE
C’était une montagne près de Delphes qui était le refuge du dieu du soleil Apollon et des muses. Après 1860 quelques revues contribuent à préparer la naissance du mouvement parnassien, et c’est surtout par un recueil “Le Parnasse Contemporain” que se réunissent les oeuvres des principaux écrivains. C’est le refus de la subjectivité romantique, un certain pessimisme politique et sociale, c’est la recherche d’une belle forme, c’est un travail comparable à celui de sculpteur, ce que cherchent les parnassiens c’est l’objectivité.
Le mot “réalisme” ne s’applique qu’à la prose, la poésie de cette époque (2ème moitié du 19ème siècle) est représentée par un groupe de poètes; “les parnassiens”.
La poésie parnassienne a pour base une documentation rigoureuse comme le réalisme en prose.
Ses deux principaux représentants sont Leconte de Lisle et Heredia.
On peut résumer ainsi les principaux caractères de l’école parnassienne:
Refus du sentiment► le poète ne doit pas chanter son “moi”;
Culte de la forme (l’art pour l’art)► le poète ne doit pas se fier à l’aspiration mais travailler la forme.
Thèmes générales du courant sont;“Sciences naturelles, histoires des religions, histoires anciennes et réalisme”.
Par son goût du rythme et des images, le parnasse ouvre la voie au symbolisme.

Le parnasse est une réaction contre le besoin de confidence des romantiques, contre l’étalage des sentiments personnels. Ce courant littéraire préfère“l’impersonalité de l’oeuvre d’art” et proclame la doctrine de “l’art pour l’art”. On pourrait dire que c’est l’application du réalisme dans la poésie. Aux sentiments personnels qu’ils trouvent indiscrets les parnassiens préfèrent, regardant attentivement le monde, animé ou non, qui les entoure, en noter les aspects divers, les formes, les couleurs. Ils demandent aussi à l’histoire, aux religions antiques, aux civilisations disparrues, des tableaux brillants. Leur principal souci, c’est de donner à leur pensée une forme artistique impeccable qui sont pour le poète ce que le marbre est pour le sculpteur, le bronze pour le statuaire, le métal précieux pour l’orfèvre, comme Théophile Gautier en avait donné l’exemple. C’est pourquoi la poésie du Parnasse est souvent qualifiée de plastique.

Un grand poète du 19ème siècle, Charles Baudelaire, tient à la fois romantisme par son imagination et le parnasse par la facture de ses vers. Mais il dépasse son temps par son art plus moderne. Il annonce aussi les symbolistes, et il est authentiquement leur père, ayant formulé avant eux le grand principe de leur inspiration.
“La nature est un temple où des vivants piliers semblent sortir parfois de confuses paroles; l’homme y marche à travers des fôrets de symboles qui l’observent avec des regards familiers”. (LesFleurs du Mal)
LECONTE DE LISLE
Poète français de la seconde moitié du XIXe siècle, Leconte de Lisle est considéré comme le chef de file du mouvement parnassien.
Son œuvre est constituée de trois recueils de poésie principaux, les Poèmes antiques (1852), les Poèmes barbares (1862) et les Poèmes tragiques (1884). Il a par ailleurs réalisé de nombreuses traductions d'auteurs anciens.
Ses choix de thèmes et leur traitement le ramènent au romantisme, comme la description de la nature sauvage (couleur, exotisme, animaux,...), les sujets historiques et mythologiques, le goût de la liberté dans la fantaisie. Cependant,Leconte de Lisle défend une doctrine nouvelle. Celle qui sert de modèle aux parnassiens, se caractérise par quelques principes. La poésie doit rester impersonnelle et le poète ne doit donc pas chanter son ego. Il doit privilégier le travail de la forme plutôt que se laisser aller à sa seule inspiration débridée. Il doit viser la beauté et donc se référer à l'Antiquité qui bénéficie de modèles absolus.
En 1886, Leconte de Lisle succède à l'Académie française au fauteuil de Victor Hugo.

LA MORT DU SOLEIL
Le vent d'automne, aux bruits lointains des mers pareil,
Plein d'adieux solennels, de plaintes inconnues,
Balance tristement le long des avenues
Les lourds massifs rougis de ton sang, ô soleil!

La feuille en tourbillons s'envole par les nues;
Et l'on voit osciller, dans un fleuve vermeil,
Aux approches du soir inclinés au sommeil,
De grands nids teints de pourpre au bout des branches nues.

Tombe, Astre glorieux, source et flambeau du jour!
Ta gloire en nappes d'or coule de ta blessure,
Comme d'un sein puissant tombe un suprême amour.

Meurs donc, tu renaîtras! L'espérance en est sûre.
Mais qui rendra la vie et la flamme et la voix
Au coeur qui s'est brisé pour la dernière fois?
Tiré de "Poèmes barbares" (1878)
JOSÉ MARIA DE HÉRÉDIA
Né à Santiago de Santiago de Cuba, de père cubain et de mère française, José Maria de Heredia étudia à La Havane puis à Paris. Dès 1861, il s'installa définitivement en France et commença à composer des poèmes très influencés par la toute récente école parnassienne qui prônait le réalisme exact et la perfection absolue de la forme. Il publia ses premières œuvres dans diverses revues, puis Leconte de Lisle lui permit de collaborer au Parnasse contemporain (1866). Il fut reconnu très vite comme poète de talent, malgré la rareté de ses publications. En 1893, il regroupa dans "les Trophées" quelque cent dix-huit sonnets.
Les quatre premières parties de ce recueil traitent de l'histoire mondiale depuis les temps helléniques jusqu'à la Renaissance, et la dernière, de la nature et des rêves. Fidèle à la doctrine parnassienne, Heredia avait ciselé à la perfection la forme de ces sonnets, et la thématique «!obligée!» - histoire, légendes et nature - est propice à des descriptions qui sont autant d'exercices de style. Dans tous ses poèmes, Heredia présente en outre les événements dramatiques avec exactitude, évitant tout commentaire personnel et toute implication philosophique. Maître incontesté du sonnet français, il fut élu à l'Académie française en 1894, mais ne produisit plus d'œuvre importante.

ANTOINE ET CLEOPATRE

Tous deux ils regardaient, de la haute terrasse,
L'Égypte s'endormir sous un ciel étouffant
Et le Fleuve, à travers le Delta noir qu'il fend,
Vers Bubaste ou Saïs rouler son onde grasse.

Et le Romain sentait sous la lourde cuirasse,
Soldat captif berçant le sommeil d'un enfant,
Ployer et défaillir sur son cœur triomphant
Le corps voluptueux que son étreinte embrasse.

Tournant sa tête pâle entre ses cheveux bruns
Vers celui qu'enivraient d'invincibles parfums,
Elle tendit sa bouche et ses prunelles claires ;

Et sur elle courbé, l'ardent Imperator
Vit dans ses larges yeux étoilés de points d'or
Toute une mer immense où fuyaient des galères.
(LES TROPHEES)
THEOPHILE GAUTIER
A partir de 1860, il y a eu une réaction contre le romantisme. Les jeunes poètes critiquent le romantisme à cause de l’expression abusive de leurs sentiments. Certaines refusent faire la littérature. Gautier est le précurceur du Parnasse, il est l’ami de Nerval, il fréquente le cénacle de Hugo, il participe à la bataille d’Hernani. Il condamne ceux qui orientent l’art vers l’util et le sociale, il fonde l’école de l’art pour l’art. Cette théorie repose sur le culte gtatuit de la beauté. L’art n’est pas un moyen mais un but pour critiquer la poèsie. Il part pour l’Espagne, où il séjourne six mois, il écrit L’Espana où il parle de la perfection du rythme et du forme. Ses oeuvres sont; "Mlle de Maupin", "Emaux et Camées", "Espana".

LE PIN DES LANDES
On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc ;

Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L'homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu'aux dépens de ce qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !
(ESPANA)
THEODORE DE BANVILLE
Il prend l’idée de Théophile de Gautier: ce qui prime dans l’oeuvre d’art, c’est la forme. Dans son oeuvre “Petit Traité de Versification” il déclare: la poèsie est à la fois musique, peinture, statuaire, éloquence. Il doit charmer l’oreille, représenter les sons, enchanter l’ésprit, immiter les couleurs, et exciter en nous les mouvements qu’il lui plait d’y produire. Pour lui la rime est le fondement même de la poèsie. Ses oeuvres sont; “Les Odelettes”, “Les Cariatides”, “Les Stalactites”, “Odes Funambulesques”, “Exilés”.

CONSEIL
Eh bien ! mêle ta vie à la verte forêt !
Escalade la roche aux nobles altitudes.
Respire, et libre enfin des vieilles servitudes,
Fuis les regrets amers que ton cur savourait.

Dès l'heure éblouissante où le matin paraît,
Marche au hasard ; gravis les sentiers les plus rudes.
Va devant toi, baisé par l'air des solitudes,
Comme une biche en pleurs qu'on effaroucherait.

Cueille la fleur agreste au bord du précipice.
Regarde l'antre affreux que le lierre tapisse
Et le vol des oiseaux dans les chênes touffus.

Marche et prête l'oreille en tes sauvages courses ;
Car tout le bois frémit, plein de rhythmes confus,
Et la Muse aux beaux yeux chante dans l'eau des sources.
(Les Cariatides) Juillet 1842

11 Kasım 2010 Perşembe

GERARD DE NERVAL
Né à Paris le 22 mai 1808, Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, ne connut jamais sa mère, morte en Allemagne deux ans après sa naissance. Il passe ses premières années dans le Valois à Mortefontaine auprès de son oncle Antoine Boucher. En parcourant les forêts et en écoutant les récits légendaires de sa province, il prend l'habitude de la rêverie. Les paysages du Valois servent de cadre réaliste, folklorique et idéalisé à la plupart de ses récits de fiction. Il voue un culte à la mémoire de sa mère qu'il n'a pas connue.

À Paris, où il fait ses études au collège Charlemagne, il se lie d'amitié avec Théophile Gautier. Il se montre un élève studieux. Ses premiers textes littéraires sont des élégies inspirées par l'épopée napoléonienne (Napoléon et la France guerrière, élégies nationales, 1827). En 1828, imprégné de culture germanique, il révèle à ses contemporains les maîtres qu'il aime et qu'il imite Goethe dont il traduit le "Faust".

À la même époque, il se fait journaliste, se lie avec les principaux écrivains romantiques du Cénacle (Hugo, Nodier, Petrus Borel, etc.) et, se mêle à la bohème littéraire de l'époque qui donne bals, soupers, fétes costumées, Petits châteaux de Bohème. Il prend une part active, aux côtés de son ami Gautier, à la fameuse bataille d'Hernani. En 1834, il rencontra l'actrice et chanteuse Jenny Colon, pour laquelle il se prend d'une passion désespérée sans succès. Désespéré par le mariage de Jenny avec un flûtiste en 1838 Nerval qui lui conserve une image idéale tente de trouver une consolation dans les voyages, en Allemagne puis en Autriche. La lecture du second Faust qu'il traduit en 1840 le persuade que comme Faust il a chéri sous une apparence humaine, l'incarnation fragile d'un éternel féminin.

Son exaltation aboutit en 1841 à une crise très grave, il est soigné pour troubles mentaux pendant 6 mois dans une maison de santé, la clinique du docteur Blanche. Momentanément guéri, il apprend la mort de Jenny Colon en 1842, le souvenir de la morte s'estompe et elle lui apparaît désormais. Dans les pays d'Orient (Égypte, Liban, Rhodes, Syrie, Turquie) qu'il va visiter en 1843, il poursuit sa chimère et des aspirations religieuses se mêlent au rêve sentimental. Il étudie les mythologies, la Vénus grecque, l'Isis égyptienne. Mais une nouvelle crise survient en 1851 et il doit être interné à plusieurs reprises. Il publie "L'artiste", "La Bohème galante", "Lorely", "Les nuits d'octobre" (1852).

A partir de 1853 les périodes d'équilibre alternent avec les périodes de délire. Après sa dernière hospitalisation (mai à octobre 54), il traîne une existence misérable. On le découvre à l'aube du 25 janvier pendu dans une ruelle parisienne. Il a transcrit avant de mourir les principaux épisodes de sa tragique aventure, ses œuvres les plus émouvantes, "Sylvie", "Les Chimères", "Aurélia" et enfin "Pandora" qui nous révèlent comment son rêve a pris naissance s'est épanoui et épanché dans la vie réelle jusqu'à désorganiser sa représentation du monde. Il publie "Les Filles du feu". Chaque nouvelle des Filles du feu porte le nom d'une femme, à la fois réelle et mythique («Angélique», «Sylvie», «Octavie», «Isis», «Corilla»). Le cadre des premiers de ces récits, «Sylvie» et «Angélique», est le Valois, tandis que les derniers se déroulent en Italie. Tous ces textes font néanmoins le récit de la quête d'une figure féminine perdue, femme, déesse, fée ou sainte, qui finit par s'incarner dans l'Isis mystique des cultes ésotériques. Le recueil "les Chimères" regroupe des sonnets («El Desdichado», «Myrtho», «Delfica», «Artémis», «le Christ aux oliviers») enchâssant, dans une métrique presque classique, des images et des symboles hermétiques: à ce titre, ce recueil est exemplaire de la recherche mystique du poète, recherche marquée par un syncrétisme religieux qui combine christianisme et paganisme dans une mystique personnelle. "Aurélia" dernière œuvre de Nerval est le récit en prose d'un voyage onirique, «épanchement du songe dans la vie réelle», qui dépeint «les impressions d'une longue maladie qui s'est passée tout entière dans les mystères de l'esprit». Dans cette œuvre, il a tenté de rendre compte d'une de ses expériences «surnaturalistes» ou «surréalistes», au cours desquelles les frontières entre le rêve et la réalité se brouillent. C'est d'ailleurs "Aurélia" qui lui valut d'être considéré par les surréalistes comme un précurseur.
LES CHIMERES
Les chimères de Gérard de Nerval sont un recueil de douze sonnets d’inspiration romantique mais comportant déjà des traits symbolistes, publié à la fin des nouvelles. Les filles du feu dont il est le prolongement. Le poète est en effet toujours hanté par ses amours perdus, par les figures des mythes et légendes, et par une interminable et mystique quête de lui-même, révélant un besoin de miséricorde.

EL DESICHADO

Je suis le ténébreux,- le Veuf, - l'inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la tour abolie:
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?.... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine
J'ai rêvé dans la grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
Les Chimères, El desdichado (1853)

Petite explication du poème
  • Le sonnet originel portait le nom de "le destin". El Desdichado est un mot espagnol indiquant "destin fatal".
  • Le ténébreux : habitant de la nuit,
  • Le veuf : Gérard de Nerval se sent sentimentalement veuf de Jenny Colon
  • Prince d'aquitaine à la tour abolie: Gérard de Nerval se prenait pour un descendant de l'empereur Othon.
  • Tour abolie: noblesse déchue; étoile, la pureté de la femme inaccessible
  • Est morte: Adrienne est morte
  • Mélancolie: un tableau de Durer
  • La Pausillipe: promontoire rocheux de la baie de naples
  • La fleur: l'ancolie, symbole de Ile pausillipe: Lusignan époux de la fée Mélusine surprise dans son bain sous les traits d'une femme serpent fut répudiée.Les soupirs de la sainte: adrienne
  • Les cris de la fée : Aurélia-Jenny Colon (actrices de théatre), fées de la rampe.
  • L'achéron fleuve des enfers, ses deux crises de folie, descente aux enfers.

10 Kasım 2010 Çarşamba

LE GÉNIE DU CHRISTIANISME 


UN LIVRE QUI VIENT A SON HEURE
“L’Essai sur les révolutions”, paru à Londres en 1797, est à certains égards l’oeuvre d’un philosophe presque athé qui fini par demander: “Quelle sera la religion qui remplacera le christianisme?”. Or peu après, si nous l’en croyons, apprenant coup sur le coup la mort de sa mère et de sa soeur Julie, Chateaubriand redevient chrétien. Dès lors il aurait entrepris de se réhabiliter en mettant son talent au service de la religion.
Après un début de publication à Londres (1800), “Le Génie du Christianisme” parait à Paris en avril 1802, quatre jours avant le Concordat. Chateaubriand n’a donc pas rouvert les églises comme il s’en est vanté: elles l’étaient depuis plusieurs années. Après l’éclipse due à la révolution, le sentiment religieux, reparu déjà dans la seconde moitié du 18ème siècle, retrouvait son éclat; mais, blessée par les sarcasmes des philosophes, la ferveur restait comme paralysée par la crainte du ridicule. Le Génie du Christianisme souleva l’enthousiasme parce qu’il montrait aux français qu’ils n’avaient pas à rougir de leur foi.
UNE OEUVRE D’ART CHRÉTIEN
Le dessein de l’auteur
Selon ses détracteurs, “le christianisme était un culte né du sein de la barbarie, absurde dans ses dogmes, ridicule dans ses cérémonies, ennemi des arts et des lettres, de la raison et de la beauté; un culte qui n’avait fait que verser le sang, enchainer les hommes, et retarder le bonheur et les lumières du genre humain”. “On devait donc chercher à prouver au contraire que, de toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres; que le monde moderne lui doit tout, depuis l’agriculture jusqu’aux sciences abstraites; depuis les hospices pour les malheureux jusqu’aux temples bâtis par Michel-Ange et décorés par Raphaël. On devait montrer qu’il n’y a rien de plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine et son culte; on devait dire qu’elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne de la vigueur à la pensée, offre des formes nobles à l’écrivain et des moules parfaites à l’artiste; qu’il n’y a point de honte à croire avec Newton et Bossuet, Pascal et Racine…”

L’Apologie du christianisme
Dans le Génie du Christianisme l’apologie rationnelle est faible. Chateaubriand traite de haut les difficultés soulevées par l’exégèse biblique; il confond trop souvent le christianisme avec la religion naturelle, et ses preuves de l’existence de Dieu sont parfois puérils ou contestables. Enfin on lui reproche surtout de croire qu’il suffit d’exalter la beauté d’une religion pour en démontrer la vérité.

Mais l’entreprise était parfaitement adaptée à la situation en 1802: il importait moins de prouver la vérité du christianisme à la manière des théologiens, que de triompher du mépris qui pesait sur la foi. Chateaubriand avait le désir “de porter un grand coup au coeur et de frapper vivement l’imagination” et il y a parfaitement réussi.

UN CHEF-D’OEUVRE LITTÉRAIRE
Mais Chateaubriand a surtout fait oeuvre d’artiste. Que de tableaux d’une admirable perfection littéraire. Merveilles de grâce et de délicatesse: les nids des oiseaux, leurs migrations, leur chant; fresques puissantes où revivent “les grandes scènes de la nature” et les émotions qu’elles éveillent: l’immensité mouvante de l’Océan ou la splendeur étrange des nuits américaines; véritables poèmes en prose évoquant le pittoresque et le mystère de la cathédrale gothique, le charme mélancolique des ruines, la pompe ou la simplicité rustique des cérémonies religieuses. Ces peintures sont toutes baignées de sentiment et s’élargissent souvent en méditation: aussi ne sommes-nous pas supris de goûter dans le même ouvrage de fines études littéraires et une analyse pénétrante de la mélancolie moderne.
ORIGINALITE ET INFLUENCES
1)- RUPTURE AVEC LES CONVENTIONS CLASSIQUES
Prenant parti, à la suite de Mme de Staël, dans la vieille querelle des Anciens et des Modernes, Chateaubriand soutient que les modernes ne peuvent plus, sans artifices, faire appel à la mythologie païenne. Il montre que nos classiques, eux-mêmes admirateurs des Anciens, ont surpassé leurs modèles en puisant dans la civilisation chrétienne une connaissance plus complète de l’âme et une notion plus haute de la beauté morale. De là, l’idée que, loin d’être asservie aux traditions surannées, la littérature doit marcher avec son temps et que l’art moderne ne peut vivre que s’il repose sur une inspiration moderne.
C’est ainsi qu’en harmonie avec le réveil du sentiment religieux le christianisme apparaitra au romantisme naissant comme une grande source de poésie et d’émotion. De même le sentiment de la nature, déjà libéré de la mythologie Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre, va contribuer à enrichir l’art littéraire. Par la théorie et par l’exemple, Chateaubriand montre que loins d’être “un fond de tableau” la nature peut être l’objet de magnifiques descriptions, que par sa majesté, sa solitude mystérieuse, sa “divinité immense”, elle répond aux aspirations de notre âme et que ses spectacles éveillent en nous des émotions profondes.
2)- NOUVELLES SOURCES D’INSPIRATIONS
Élargissant les horizons du goût, Chateaubriand attirait l’attention sur des sources de beauté à peu près méconnues auxquelles puisera bientôt l’inspiration romantique. Il réhabilite la Bible dont la poésie, tantôt simple et naïve, tantôt majestueuse et sublime, lui parait comparable à celle d’Homère. Il révèle aux Français les grandes épopées étrangères de Dante, du Tasse et surtout de Milton. Il suscite l’intérêt pour le Moyen-Age, les vertus héroïques de la chevalerie, la beauté de l’art gothique. Il orientait enfin la curiosité vers l’histoire nationale et éveillait ses lecteurs à l’intelligence du passé, amorçant ainsi l’essor de l’histoire.

3)- RENOVATION DE LA CRITIQUE LITTERAIRE
En recherchant ce que les chefs-d’oeuvre doivent à l’esprit chrétien, Chateaubriand a contribué à fonder la critique historique: il montre après Mme de Staël, que l’artiste subit l’influence de son millieu et que nous le comprenons mieux quand nous connaissons les circonstances étrangères qui ont pu inspirer.
L’influence du Génie du Christianisme fut donc essentiellement libératrice: en ouvrant la voie à la spontanéité créatrice, à l’imagination et au sentiment, Chateaubriand préparait l’avènement du romantisme.
LES DIFFÉRENTS SENS DU MOT “NATURE”

Il peut sembler étrange de s’arrêter sur la définition du mot “nature”, tant elle parait évidente. À cette définition, les dictionnaires consacrent de longs commentaires. C’est que, selon qu’on l’envisage sous un angle scientifique, philosophique, religieux, moral ou artistique, le mot “nature” ne possède pas exactement le même sens.
Un scientifique entend par “nature” l’ensemble de ce qui existe dans l’univers et qui obéit à des lois physiques ou chimiques: les liquides, les gaz, les minéraux, les végétaux, les animaux, l’homme.
Un philosophe attribue au moins deux significations au mot “nature”. Tantôt il s’en sert pour désigner une “essence”, c’est-à-dire les propritétés fondamentales qu’une chose doit nécessairement avoir pour être ce qu’elle est, tantôt, par l’expression “état de nature”, il évoque la condition de l’homme telle qu’il la suppose antérieurement à toute civilisation.
Un esprit religieux emploie le mot “nature” pour qualifier Dieu.
Un moraliste, parlant de la “nature humaine”, fait allusion aux caractéristiques physiques et morales innées chez l’individu. Dire d’une personne, qu’elle a une “bonne nature” signifie qu’elle a un tempérement heureux.
Dans le domaine de l’art enfin, la “nature” représente ce qui existe sans intervention de l’homme. Un artiste peint ou dessine “d’après nature” (d’après ce qu’il voit) ou peint une “nature morte” (un objet inanimé).
Le mot “nature” revêt ainsi plusieurs sens dont les Romantiques ont emplement usé, selon leurs goûts et leurs préoccupations, sans perdre de vue que c’est par les paysages que l’homme entre en contact avec “la nature”. C’est essentiellement cet aspect traditionnel de la nature que nous retenons et que nous entendons en général.
LA NATURE AU 19ÈME SIÈCLE

La vision de la nature dans les oeuvres littéraires évolue au cours du siècle, on distingue la nature des poètes romantiques et des romanciers romantiques.

• La nature est un refuge contre la civilisation; une telle conception de la nature, privilégie les paysages sauvages où aucune trace de l’activité humaine ne se présente.
• La nature est la manifestation de la grandeur divine; alors le paysage prend l’aspect cosmique.
• La nature est le mirroir de la sensibilité; le poète projette son état d’âme sur la nature.

La nature dans la 2ème moitié du siècle
• La nature comme millieu► la nature devient un champ d’observation, les paysages déterminent les mentalités de ceux qui y vivent.
• La nature des naturalistes► c’est le terrain d’observation et d’expérimentation des savants, les domaines des faits et des lois invariabes où tout est déterminé.
• La nature impressionniste► observateurs plus attentifs des paysages, les écrivains s’appliquent à les saisir dans leurs apparences les plus fugitives.

9 Kasım 2010 Salı

QUELQUES CONNAISSANCES A PROPOS DU
SIECLE DES LUMIERES

Connaissance 1►
En septembre 1792, Verdun est encerclé par les ennemis de la République, la patrie est en danger. Danton, célèbre orateur et figure emblématique de la Révolution française, prononce le discours suivant qui est passé à la postérité:
"Le Toscin qui sonne va se propager dans toute la France. Ce n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, Messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace et la France est sauvée".

Connaissance 2►
En 1717, François Marie Arouet, dit Voltaire a été emprisonné à la Bastille où il fut enfermé onze mois, pour outrage au Régent. Outre la pièce Oedipe qui fut jouée avec succès à sa libération, il y poursuivit sa correspondance. Voici l'extrait d'un poème dédié à son arrestation et à sa geôle (qui est anciennement une forteresse destinée à défendre la porte Sainte-Antoine et les remparts de l'est de Paris):
"(...) Mon fils, dit-il, la cour sait vos mérites;
On prise fort les bons mots que vous dites,
Vos petits vers, et vos galants écrits;
Et, comme ici tout travail a son prix,
Le roi, mon fils, plein de reconnaissance,
Veut de vos soins vous donner récompense,
Et vous accorde, en dépit des rivaux,
Un logement dans un de ses châteaux.
...
Fallut partir. Je fus bientôt conduit
En coche clos vers le royal réduit
Que près Saint-Paul ont vu bâtir nos pères
Par Charles Cinq. O gens de bien, mes frères,
Que Dieu vous gard' d'un pareil logement!"

Connaissance 3►
Figure emblématique des Lumières, Voltaire a mené toute sa vie un combat contre la tyrannie et a fustigé l'intolérance, à laquelle il a donné le nom familier d'infâme dans sa correspondance. A partir de 1763, dans toute sa correspondance Voltaire ajoute à sa signature la formule abrégée "Ecrilinf" dont la devise c'est "Ecrasons l'infâme".

Connaissance 4►
L'extrait suivant est celui de "Entretiens sur la pluralité des mondes", de Fontenelle. Ces Entretiens (1686) sont divisés en six Soirs d'observation de la Terre, de la Lune, des autres planètes et des étoiles fixes. Ces judicieuses leçons d'astronomie, tout en soumettant les récentes découvertes au grand public cultivé, permettent à l'auteur de disserter sur d'autres sujets comme la méthode scientifique, le centre du monde et la place de l'homme, le progrès et la croyance au merveilleux:
"Je gage que je vais vous réduire à avouer, contre toute raison, qu'il pourra y avoir un jour du commerce entre la Terre et la Lune. (...) Les Américains eussent-ils cru qu'il dût y en avoir entre L'Amérique et L'Europe qu'ils ne connaissaient seulement pas? Il est vrai qu'il faudra traverser ce grand espace d'air et de ciel qui est entre la Terre et la Lune. Mais ces grandes mers paraissaient-elles aux Américains plus propres à être traversées? -En vérité, dit la Marquise en me regardant, vous êtes fou. -Qui vous dit le contraire? répondis-je".

Connaissance 5►
Mme de Warens est pour Jean-Jacques Rousseau à la fois la tendre mère qu'il n'a pas connue, la conseillère, l'amie très chère, puis l'amante. Rousseau et Françoise-Louis se donnaient de petits noms "PETIT" et "MAMAN" sur lesquels ont glosé biographes et psychanalystes.
L'ENCYCLOPEDIE
Oeuvre emblématique des Lumières, L'Encyclopédie dirigée par Diderot est une entreprise de vulgarisation audacieuse qui entend lutter contre les préjugés et contribuer au triomphe de la raison.

Projet d'envergure souhaitant réunir l'ensemble des connaissances alors acquises, l'Encyclopédie s'intitule également "Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers". Ce titre souligne l'intégration dans l'ouvrage des connaissances techniques aussi bien qu'intellectuelles, les savoir-faire faisaient l'objet de véritables reportages sur place, dans les ateliers et fabriques, avant d'être soigneusement décrits dans les planches d'illustrations.

Diderot a rédigé des articles sur les arts et les mécaniques; d'Alembert sur les mathématiques; l'abbé Prades sur la théologie; Tugot sur l'économie; Voltaire sur l'élégance et l'esprit; Rousseau sur la musique; Montesquieu sur le goût.

Le plus prolifique contributeur de l'encyclopédie, c'est le Chevalier de Jaucourt qui a signé 17.000 articles.

Les polémiques accompagnant les parrutions de l'Encyclopédie menacèrent à plusieurs reprises la poursuite du projet, qui est sauvé par des appuis politiques. Les adversaires de l'Encyclopédie sont: la reine et le parti de la reine; Christophe de Beaumont, archevêque de Paris et le parti dévot. Les partisans de l'Encyclopédie sont: la marquise de Pompadour; l'économiste Turgot, le duc de Richelieu Premier gentilhomme de la Chambre et Lamoignon de Malesherbes responsable de la censure royale.

Puissant véhicule de propagande des idées des Lumières, l'Encyclopédie a employé 160 contributeurs et 1000 ouvriers pendant 24 ans, pour un tirage de 4.200 exemplaires (contre 1.000 exemplaires de tirage habituel, à l'époque). Les 72.000 articles sont répartis en 17 volumes de texte et 11 volumes de planches qui parurent de 1751 à 1772.

8 Kasım 2010 Pazartesi

JEAN-JACQUES ROUSSEAU
Il a vécu entre les années 1712-1778; il a passé une enfance instable, il a beaucoup voyagé, il est meurt seul.

Il a écrit un Discours sur les sciences et les arts”  il dit que le développement de la civilisation en introduisant le luxe a corrompu les peuples et les a éloignés de la nature.

Dans, “Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes” il défend que l'inégalité naturelle existe mais elle n’engendre pas l’oppression car l’homme primitif est seul, il n’est pas dans la société. Mais lorsque l’homme a commencé à faire de l’agriculture et qu'il a acquis des terres, les autres propriétaires sont devenus pour lui des ennemis. Ils ont travaillé pour satisfaire leurs besoins en même temps pour faire du profit. Les profits étaient inégaux suivant le sol, les saisons, la capacité du travail de chacun. Le sort des hommes est devenu inégalitaire.

Dans “Le Contrat Sociale” Rousseau veut détruire la société injuste et abusive mais il veut la remplacer par une autre société juste parce qu’elle reposera sur la nature. Les hommes libres et égaux s’unisent par un contrat. Ils se dépouillent volontairement de tous leurs droits au profit de la collectivité. Ils font des lois qui sont l’expression de la volonté générale et obligatoire pour tous. Le peuple est le souverain absolu. Celui qui n’obéit pas le contrat est condamné à mort. Mais ce n’est pas un danger car tous les citoyens sont vertueux et ne pensent qu’à l’intéret commun.

Les Confessionsest un témoignage exceptionnel sur la psychologie de l’homme. A cause d’une brochure anonyme qui attaque Rousseau, il décide de raconter l’histoire entière de sa vie pour se justifier. Mais par manque d’un journal intime il oublie les points de repères précis. Il y a donc des erreurs, des oublis par le souvenir. Il cherche à expliquer ses comportements et ses réactions.

“L’Emile ou De L’Education est un roman pédagogique. Le livre représente les rêveries d’un visionnaire sur l’éducation. Il s’agit d’abord de préserver la liberté naturelle de l’enfant puis sans aller trop vite d’en faire un homme libre et vertueux. L’oeuvre est divisé en cinq livres:
1. De la naissence à cinq ans
2. De cinq à douze ans: formation des sens par les choses.
3. De douze à quinze ans: l’éducation intellectuelle
4. De quinze à dix-huit ans: l’éducation morale
5. L’éducation de Sophie qui sera sa femme, le préserve du précepteur finit.
LES CONFESSIONS & L'IDEE DE ROUSSEAU
Rousseau écrit LES CONFESSIONS pour se justifier afin de prouver à la postérité la pureté de ses intentions. Il raconte sincèrement l’histoire de sa vie mais il manque de points de repère précis.
C’est un témoignage sur la psychologie de l’homme.

Rousseau s’est senti incompris de ses contemporains. Mal à l’aise en société il a besoin du contact de la nature pour trouver son équilibre et se sentir heureux. La nature exerce sur lui une influence et il a tout le loisir de s’abandonner à ses rêveris. Ses contemplations du grand spectacle de la nature l’ammènent parfois jusqu’à l’extase où il préssent la présence divine.
L’idée fondamentale de Rousseau, c’est que l’homme a fait fausse route en se mettant en société; la nature l’avait créé bon, libre, heureux; la société l’a rendu méchant, esclave, malheureux, s’il est trop tard pour renoncer à la vie en société, du moins pouvons-nous revenir à une existence plus naturelle en nous affranchissant des servitudes sociales.

Rousseau est une grande influence sur tous ceux que la raison desséchante laissaient insatisfaits et qui vivant par l’immagination et le coeur aspirent à la rêverie et aux délices du sentiment. Par là Rousseau fut préromantique. Par les thèmes qu’il traite, la solitude, la nature, la mélancolie, le lyrisme, Rousseau annonce le romantisme du 19ème siècle. En plus, il bouscule les routines, c’est aussi qu’après la publication de l’Emile, on vit les mères se remettre à allaiter leurs nouveau-nés. On découvrit, grâce à lui le sentiment de la nature, les charmes de la nature sauvage, de la montagne; on reprit goût aux plaisirs simples. La littérature est devenue un épanchement du coeur.
Sa doctrine se résume en ce principe: “la nature a fait l’homme heureux et bon mais la société le déprave et le rend malheureux.”

7 Kasım 2010 Pazar

HISTOIRE POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
DU 20ÈME SIÈCLE
Le 20ème siècle se divise en trois étapes: d’abord avant 1914, l’histoire de la France est essentiellement celle de ses problèmes intérieures; puis de 1914 à 1945, les crises internationales d’ordre économique (grande crise) et politique (montée du fascisme) et surtout les deux grandes guerres ont marqué le pays, enfin depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et après la séparation du monde en deux blocs politiques et militaires l’Europe est forcé à une confrontation incessante avec l’extérieur, y inclue la France.

Les premières années du 20ème siècle c’est “La Belle Epoque” qui  est la période de réussite que souligne bien l’Exposition Universelle de Paris en 1900.

En 1904 les socialistes français sont regroupés au sein de la S.F.I.O, la Section Française de l’Internationale Ouvrière, qui lutte pour une meilleure justice sociale et contre le nationalisme guerrier. Des divergences d’opinion entrainent une divison de la S.F.I.O d’où va naitre le Parti Communiste Français en 1920. Ce parti, à l’inverse des socialistes est favorable aux thèses de Lénine.
La France sort de la première guerre mondiale victorieuse mais blessée. La reconstruction s’organise d’abord sous un gouvernement de droite puis sous un gouvernement de gauche. Mais la crise économique de 1929 provoque des catastrophes. Après la crise, les forces de gauche s’unissent et réalisent en 1936 un gouvernement de Front Populaire sous la direction de Léon Blum. Il prend des mesures sociales très importantes comme les premiers congés payés.

Pendant la Seconde Guerre mondiale la France est envahie par les Allemands. Certains français essaient de profiter de l’occupation et pactisent avec les Allemands, on les appelle les collaborateurs ou collabos; ils seront durement chatiés après la guerre. Certains autres français essaient de résister à l’occupant avec des moyens de fortune, ce sont les résistants. Organisés en petits groupes, ils ne peuvent mener des actions de grande envergure mais organisent une guerilla incessante contre les armées allemandes.

Après 1945, La France est troublée par la décolonisation. Les problèmes des colonies mettent en danger la 4ème république. À la suite de la sévère défaite de Dien-Bien-Phu en 1954 où pour la première fois dans l’histoire, une armée occidentale est battue par une armée du Tiers monde, la France doit se retirer de l’Indochine. Puis commence la guerre d’Algérie. La Vème république est fondée en 1958 par le général De Gaulle. La nouvelle constitution que De Gaulle a fait adopter renforce les pouvoirs de la fonction présidentielle, à laquelle il accède lui-même. En 1962 il accorde l’indépendance à l’Algérie et fait modifier la Constitution par voie de référendum afin de permettre l’élection du président de la république au suffrage universel. Il met en place une politique d’indépendance nationale qui le conduit à prendre ses distences vis-à-vis des blocs de l’Ouest et de l’Est et à doter la France de sa propre force de dissuasion nucléaire. Sur le plan économique cette politique se traduit par un effort en vu de stabiliser le franc et d’accroitre les investissements industriels.

Des difficultés financières comme l’înflation, l’instabilité ministérielle et surtout les problèmes dans les colonies mettent la IVème république en danger. La défaite de Dien-Bien-Phu et la guerre d’Algérie mettent fin à la IVème république. De Gaulle ne peut pas éviter l’aggravation d’une crise de confiance qui, se graffant sur la crise de société dont souffrent toutes les démocraties occidentales, et dont les évènements de mai 1968 expriment l’acuité, l’amène à quitter le pouvoir en 1969.

François Mittérand est le premier président socialiste de la Vème république s’appuyant sur une forte majorité parlementaire.

La France a subi des changements radicaux dans sa structure sociale durant le 20ème siècle. Avec l’essor de l’industrialisation la classe ouvrière s’est accrue. Les campagnes ont dépeuplé, l’exode rurale s’est fait au bénéfice des régions industrielles et des grandes villes. Après la Seconde Guerre Mondiale on a établi des banlieues résidentielles. L’élevation générale du niveau des études et l’amélioration du niveau de vie ont grossi les effectifs des classes moyennes qui regroupent 60% de la population et avec laquelle La France est entrée dans la société de consommation. Tout cela a profondément modifié les comportements culturels des français. La France a connu 3 grandes phases de croissance économique au 20ème siècle; la première commence au19ème siècle mais est interrompue par la Grande Guerre, la deuxième va de 1920 à la crise économique de 1929 et la troisième est celle des “Trente Glorieuse”, de 1945 jusqu’au millieu des années 1970. La fin du 19ème siècle est marquée par le culte exagéré de science et de la raison c’est pourquoi au début du 20ème siècle il y a eu une réaction contraire. À la fin du 19ème siècle la foi dans le progrès humain et la raison semblait inébranlable. L’Exposition universelle de 1899 à Paris et le développement formidable de la presse en étaient des manifestations caractéristiques.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)