Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

Merci Bien - Teşekkürler

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

11 Kasım 2010 Perşembe

GERARD DE NERVAL
Né à Paris le 22 mai 1808, Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, ne connut jamais sa mère, morte en Allemagne deux ans après sa naissance. Il passe ses premières années dans le Valois à Mortefontaine auprès de son oncle Antoine Boucher. En parcourant les forêts et en écoutant les récits légendaires de sa province, il prend l'habitude de la rêverie. Les paysages du Valois servent de cadre réaliste, folklorique et idéalisé à la plupart de ses récits de fiction. Il voue un culte à la mémoire de sa mère qu'il n'a pas connue.

À Paris, où il fait ses études au collège Charlemagne, il se lie d'amitié avec Théophile Gautier. Il se montre un élève studieux. Ses premiers textes littéraires sont des élégies inspirées par l'épopée napoléonienne (Napoléon et la France guerrière, élégies nationales, 1827). En 1828, imprégné de culture germanique, il révèle à ses contemporains les maîtres qu'il aime et qu'il imite Goethe dont il traduit le "Faust".

À la même époque, il se fait journaliste, se lie avec les principaux écrivains romantiques du Cénacle (Hugo, Nodier, Petrus Borel, etc.) et, se mêle à la bohème littéraire de l'époque qui donne bals, soupers, fétes costumées, Petits châteaux de Bohème. Il prend une part active, aux côtés de son ami Gautier, à la fameuse bataille d'Hernani. En 1834, il rencontra l'actrice et chanteuse Jenny Colon, pour laquelle il se prend d'une passion désespérée sans succès. Désespéré par le mariage de Jenny avec un flûtiste en 1838 Nerval qui lui conserve une image idéale tente de trouver une consolation dans les voyages, en Allemagne puis en Autriche. La lecture du second Faust qu'il traduit en 1840 le persuade que comme Faust il a chéri sous une apparence humaine, l'incarnation fragile d'un éternel féminin.

Son exaltation aboutit en 1841 à une crise très grave, il est soigné pour troubles mentaux pendant 6 mois dans une maison de santé, la clinique du docteur Blanche. Momentanément guéri, il apprend la mort de Jenny Colon en 1842, le souvenir de la morte s'estompe et elle lui apparaît désormais. Dans les pays d'Orient (Égypte, Liban, Rhodes, Syrie, Turquie) qu'il va visiter en 1843, il poursuit sa chimère et des aspirations religieuses se mêlent au rêve sentimental. Il étudie les mythologies, la Vénus grecque, l'Isis égyptienne. Mais une nouvelle crise survient en 1851 et il doit être interné à plusieurs reprises. Il publie "L'artiste", "La Bohème galante", "Lorely", "Les nuits d'octobre" (1852).

A partir de 1853 les périodes d'équilibre alternent avec les périodes de délire. Après sa dernière hospitalisation (mai à octobre 54), il traîne une existence misérable. On le découvre à l'aube du 25 janvier pendu dans une ruelle parisienne. Il a transcrit avant de mourir les principaux épisodes de sa tragique aventure, ses œuvres les plus émouvantes, "Sylvie", "Les Chimères", "Aurélia" et enfin "Pandora" qui nous révèlent comment son rêve a pris naissance s'est épanoui et épanché dans la vie réelle jusqu'à désorganiser sa représentation du monde. Il publie "Les Filles du feu". Chaque nouvelle des Filles du feu porte le nom d'une femme, à la fois réelle et mythique («Angélique», «Sylvie», «Octavie», «Isis», «Corilla»). Le cadre des premiers de ces récits, «Sylvie» et «Angélique», est le Valois, tandis que les derniers se déroulent en Italie. Tous ces textes font néanmoins le récit de la quête d'une figure féminine perdue, femme, déesse, fée ou sainte, qui finit par s'incarner dans l'Isis mystique des cultes ésotériques. Le recueil "les Chimères" regroupe des sonnets («El Desdichado», «Myrtho», «Delfica», «Artémis», «le Christ aux oliviers») enchâssant, dans une métrique presque classique, des images et des symboles hermétiques: à ce titre, ce recueil est exemplaire de la recherche mystique du poète, recherche marquée par un syncrétisme religieux qui combine christianisme et paganisme dans une mystique personnelle. "Aurélia" dernière œuvre de Nerval est le récit en prose d'un voyage onirique, «épanchement du songe dans la vie réelle», qui dépeint «les impressions d'une longue maladie qui s'est passée tout entière dans les mystères de l'esprit». Dans cette œuvre, il a tenté de rendre compte d'une de ses expériences «surnaturalistes» ou «surréalistes», au cours desquelles les frontières entre le rêve et la réalité se brouillent. C'est d'ailleurs "Aurélia" qui lui valut d'être considéré par les surréalistes comme un précurseur.
LES CHIMERES
Les chimères de Gérard de Nerval sont un recueil de douze sonnets d’inspiration romantique mais comportant déjà des traits symbolistes, publié à la fin des nouvelles. Les filles du feu dont il est le prolongement. Le poète est en effet toujours hanté par ses amours perdus, par les figures des mythes et légendes, et par une interminable et mystique quête de lui-même, révélant un besoin de miséricorde.

EL DESICHADO

Je suis le ténébreux,- le Veuf, - l'inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la tour abolie:
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?.... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine
J'ai rêvé dans la grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
Les Chimères, El desdichado (1853)

Petite explication du poème
  • Le sonnet originel portait le nom de "le destin". El Desdichado est un mot espagnol indiquant "destin fatal".
  • Le ténébreux : habitant de la nuit,
  • Le veuf : Gérard de Nerval se sent sentimentalement veuf de Jenny Colon
  • Prince d'aquitaine à la tour abolie: Gérard de Nerval se prenait pour un descendant de l'empereur Othon.
  • Tour abolie: noblesse déchue; étoile, la pureté de la femme inaccessible
  • Est morte: Adrienne est morte
  • Mélancolie: un tableau de Durer
  • La Pausillipe: promontoire rocheux de la baie de naples
  • La fleur: l'ancolie, symbole de Ile pausillipe: Lusignan époux de la fée Mélusine surprise dans son bain sous les traits d'une femme serpent fut répudiée.Les soupirs de la sainte: adrienne
  • Les cris de la fée : Aurélia-Jenny Colon (actrices de théatre), fées de la rampe.
  • L'achéron fleuve des enfers, ses deux crises de folie, descente aux enfers.

10 Kasım 2010 Çarşamba

LE GÉNIE DU CHRISTIANISME 


UN LIVRE QUI VIENT A SON HEURE
“L’Essai sur les révolutions”, paru à Londres en 1797, est à certains égards l’oeuvre d’un philosophe presque athé qui fini par demander: “Quelle sera la religion qui remplacera le christianisme?”. Or peu après, si nous l’en croyons, apprenant coup sur le coup la mort de sa mère et de sa soeur Julie, Chateaubriand redevient chrétien. Dès lors il aurait entrepris de se réhabiliter en mettant son talent au service de la religion.
Après un début de publication à Londres (1800), “Le Génie du Christianisme” parait à Paris en avril 1802, quatre jours avant le Concordat. Chateaubriand n’a donc pas rouvert les églises comme il s’en est vanté: elles l’étaient depuis plusieurs années. Après l’éclipse due à la révolution, le sentiment religieux, reparu déjà dans la seconde moitié du 18ème siècle, retrouvait son éclat; mais, blessée par les sarcasmes des philosophes, la ferveur restait comme paralysée par la crainte du ridicule. Le Génie du Christianisme souleva l’enthousiasme parce qu’il montrait aux français qu’ils n’avaient pas à rougir de leur foi.
UNE OEUVRE D’ART CHRÉTIEN
Le dessein de l’auteur
Selon ses détracteurs, “le christianisme était un culte né du sein de la barbarie, absurde dans ses dogmes, ridicule dans ses cérémonies, ennemi des arts et des lettres, de la raison et de la beauté; un culte qui n’avait fait que verser le sang, enchainer les hommes, et retarder le bonheur et les lumières du genre humain”. “On devait donc chercher à prouver au contraire que, de toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres; que le monde moderne lui doit tout, depuis l’agriculture jusqu’aux sciences abstraites; depuis les hospices pour les malheureux jusqu’aux temples bâtis par Michel-Ange et décorés par Raphaël. On devait montrer qu’il n’y a rien de plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine et son culte; on devait dire qu’elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne de la vigueur à la pensée, offre des formes nobles à l’écrivain et des moules parfaites à l’artiste; qu’il n’y a point de honte à croire avec Newton et Bossuet, Pascal et Racine…”

L’Apologie du christianisme
Dans le Génie du Christianisme l’apologie rationnelle est faible. Chateaubriand traite de haut les difficultés soulevées par l’exégèse biblique; il confond trop souvent le christianisme avec la religion naturelle, et ses preuves de l’existence de Dieu sont parfois puérils ou contestables. Enfin on lui reproche surtout de croire qu’il suffit d’exalter la beauté d’une religion pour en démontrer la vérité.

Mais l’entreprise était parfaitement adaptée à la situation en 1802: il importait moins de prouver la vérité du christianisme à la manière des théologiens, que de triompher du mépris qui pesait sur la foi. Chateaubriand avait le désir “de porter un grand coup au coeur et de frapper vivement l’imagination” et il y a parfaitement réussi.

UN CHEF-D’OEUVRE LITTÉRAIRE
Mais Chateaubriand a surtout fait oeuvre d’artiste. Que de tableaux d’une admirable perfection littéraire. Merveilles de grâce et de délicatesse: les nids des oiseaux, leurs migrations, leur chant; fresques puissantes où revivent “les grandes scènes de la nature” et les émotions qu’elles éveillent: l’immensité mouvante de l’Océan ou la splendeur étrange des nuits américaines; véritables poèmes en prose évoquant le pittoresque et le mystère de la cathédrale gothique, le charme mélancolique des ruines, la pompe ou la simplicité rustique des cérémonies religieuses. Ces peintures sont toutes baignées de sentiment et s’élargissent souvent en méditation: aussi ne sommes-nous pas supris de goûter dans le même ouvrage de fines études littéraires et une analyse pénétrante de la mélancolie moderne.
ORIGINALITE ET INFLUENCES
1)- RUPTURE AVEC LES CONVENTIONS CLASSIQUES
Prenant parti, à la suite de Mme de Staël, dans la vieille querelle des Anciens et des Modernes, Chateaubriand soutient que les modernes ne peuvent plus, sans artifices, faire appel à la mythologie païenne. Il montre que nos classiques, eux-mêmes admirateurs des Anciens, ont surpassé leurs modèles en puisant dans la civilisation chrétienne une connaissance plus complète de l’âme et une notion plus haute de la beauté morale. De là, l’idée que, loin d’être asservie aux traditions surannées, la littérature doit marcher avec son temps et que l’art moderne ne peut vivre que s’il repose sur une inspiration moderne.
C’est ainsi qu’en harmonie avec le réveil du sentiment religieux le christianisme apparaitra au romantisme naissant comme une grande source de poésie et d’émotion. De même le sentiment de la nature, déjà libéré de la mythologie Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre, va contribuer à enrichir l’art littéraire. Par la théorie et par l’exemple, Chateaubriand montre que loins d’être “un fond de tableau” la nature peut être l’objet de magnifiques descriptions, que par sa majesté, sa solitude mystérieuse, sa “divinité immense”, elle répond aux aspirations de notre âme et que ses spectacles éveillent en nous des émotions profondes.
2)- NOUVELLES SOURCES D’INSPIRATIONS
Élargissant les horizons du goût, Chateaubriand attirait l’attention sur des sources de beauté à peu près méconnues auxquelles puisera bientôt l’inspiration romantique. Il réhabilite la Bible dont la poésie, tantôt simple et naïve, tantôt majestueuse et sublime, lui parait comparable à celle d’Homère. Il révèle aux Français les grandes épopées étrangères de Dante, du Tasse et surtout de Milton. Il suscite l’intérêt pour le Moyen-Age, les vertus héroïques de la chevalerie, la beauté de l’art gothique. Il orientait enfin la curiosité vers l’histoire nationale et éveillait ses lecteurs à l’intelligence du passé, amorçant ainsi l’essor de l’histoire.

3)- RENOVATION DE LA CRITIQUE LITTERAIRE
En recherchant ce que les chefs-d’oeuvre doivent à l’esprit chrétien, Chateaubriand a contribué à fonder la critique historique: il montre après Mme de Staël, que l’artiste subit l’influence de son millieu et que nous le comprenons mieux quand nous connaissons les circonstances étrangères qui ont pu inspirer.
L’influence du Génie du Christianisme fut donc essentiellement libératrice: en ouvrant la voie à la spontanéité créatrice, à l’imagination et au sentiment, Chateaubriand préparait l’avènement du romantisme.
LES DIFFÉRENTS SENS DU MOT “NATURE”

Il peut sembler étrange de s’arrêter sur la définition du mot “nature”, tant elle parait évidente. À cette définition, les dictionnaires consacrent de longs commentaires. C’est que, selon qu’on l’envisage sous un angle scientifique, philosophique, religieux, moral ou artistique, le mot “nature” ne possède pas exactement le même sens.
Un scientifique entend par “nature” l’ensemble de ce qui existe dans l’univers et qui obéit à des lois physiques ou chimiques: les liquides, les gaz, les minéraux, les végétaux, les animaux, l’homme.
Un philosophe attribue au moins deux significations au mot “nature”. Tantôt il s’en sert pour désigner une “essence”, c’est-à-dire les propritétés fondamentales qu’une chose doit nécessairement avoir pour être ce qu’elle est, tantôt, par l’expression “état de nature”, il évoque la condition de l’homme telle qu’il la suppose antérieurement à toute civilisation.
Un esprit religieux emploie le mot “nature” pour qualifier Dieu.
Un moraliste, parlant de la “nature humaine”, fait allusion aux caractéristiques physiques et morales innées chez l’individu. Dire d’une personne, qu’elle a une “bonne nature” signifie qu’elle a un tempérement heureux.
Dans le domaine de l’art enfin, la “nature” représente ce qui existe sans intervention de l’homme. Un artiste peint ou dessine “d’après nature” (d’après ce qu’il voit) ou peint une “nature morte” (un objet inanimé).
Le mot “nature” revêt ainsi plusieurs sens dont les Romantiques ont emplement usé, selon leurs goûts et leurs préoccupations, sans perdre de vue que c’est par les paysages que l’homme entre en contact avec “la nature”. C’est essentiellement cet aspect traditionnel de la nature que nous retenons et que nous entendons en général.
LA NATURE AU 19ÈME SIÈCLE

La vision de la nature dans les oeuvres littéraires évolue au cours du siècle, on distingue la nature des poètes romantiques et des romanciers romantiques.

• La nature est un refuge contre la civilisation; une telle conception de la nature, privilégie les paysages sauvages où aucune trace de l’activité humaine ne se présente.
• La nature est la manifestation de la grandeur divine; alors le paysage prend l’aspect cosmique.
• La nature est le mirroir de la sensibilité; le poète projette son état d’âme sur la nature.

La nature dans la 2ème moitié du siècle
• La nature comme millieu► la nature devient un champ d’observation, les paysages déterminent les mentalités de ceux qui y vivent.
• La nature des naturalistes► c’est le terrain d’observation et d’expérimentation des savants, les domaines des faits et des lois invariabes où tout est déterminé.
• La nature impressionniste► observateurs plus attentifs des paysages, les écrivains s’appliquent à les saisir dans leurs apparences les plus fugitives.

9 Kasım 2010 Salı

QUELQUES CONNAISSANCES A PROPOS DU
SIECLE DES LUMIERES

Connaissance 1►
En septembre 1792, Verdun est encerclé par les ennemis de la République, la patrie est en danger. Danton, célèbre orateur et figure emblématique de la Révolution française, prononce le discours suivant qui est passé à la postérité:
"Le Toscin qui sonne va se propager dans toute la France. Ce n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, Messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace et la France est sauvée".

Connaissance 2►
En 1717, François Marie Arouet, dit Voltaire a été emprisonné à la Bastille où il fut enfermé onze mois, pour outrage au Régent. Outre la pièce Oedipe qui fut jouée avec succès à sa libération, il y poursuivit sa correspondance. Voici l'extrait d'un poème dédié à son arrestation et à sa geôle (qui est anciennement une forteresse destinée à défendre la porte Sainte-Antoine et les remparts de l'est de Paris):
"(...) Mon fils, dit-il, la cour sait vos mérites;
On prise fort les bons mots que vous dites,
Vos petits vers, et vos galants écrits;
Et, comme ici tout travail a son prix,
Le roi, mon fils, plein de reconnaissance,
Veut de vos soins vous donner récompense,
Et vous accorde, en dépit des rivaux,
Un logement dans un de ses châteaux.
...
Fallut partir. Je fus bientôt conduit
En coche clos vers le royal réduit
Que près Saint-Paul ont vu bâtir nos pères
Par Charles Cinq. O gens de bien, mes frères,
Que Dieu vous gard' d'un pareil logement!"

Connaissance 3►
Figure emblématique des Lumières, Voltaire a mené toute sa vie un combat contre la tyrannie et a fustigé l'intolérance, à laquelle il a donné le nom familier d'infâme dans sa correspondance. A partir de 1763, dans toute sa correspondance Voltaire ajoute à sa signature la formule abrégée "Ecrilinf" dont la devise c'est "Ecrasons l'infâme".

Connaissance 4►
L'extrait suivant est celui de "Entretiens sur la pluralité des mondes", de Fontenelle. Ces Entretiens (1686) sont divisés en six Soirs d'observation de la Terre, de la Lune, des autres planètes et des étoiles fixes. Ces judicieuses leçons d'astronomie, tout en soumettant les récentes découvertes au grand public cultivé, permettent à l'auteur de disserter sur d'autres sujets comme la méthode scientifique, le centre du monde et la place de l'homme, le progrès et la croyance au merveilleux:
"Je gage que je vais vous réduire à avouer, contre toute raison, qu'il pourra y avoir un jour du commerce entre la Terre et la Lune. (...) Les Américains eussent-ils cru qu'il dût y en avoir entre L'Amérique et L'Europe qu'ils ne connaissaient seulement pas? Il est vrai qu'il faudra traverser ce grand espace d'air et de ciel qui est entre la Terre et la Lune. Mais ces grandes mers paraissaient-elles aux Américains plus propres à être traversées? -En vérité, dit la Marquise en me regardant, vous êtes fou. -Qui vous dit le contraire? répondis-je".

Connaissance 5►
Mme de Warens est pour Jean-Jacques Rousseau à la fois la tendre mère qu'il n'a pas connue, la conseillère, l'amie très chère, puis l'amante. Rousseau et Françoise-Louis se donnaient de petits noms "PETIT" et "MAMAN" sur lesquels ont glosé biographes et psychanalystes.
L'ENCYCLOPEDIE
Oeuvre emblématique des Lumières, L'Encyclopédie dirigée par Diderot est une entreprise de vulgarisation audacieuse qui entend lutter contre les préjugés et contribuer au triomphe de la raison.

Projet d'envergure souhaitant réunir l'ensemble des connaissances alors acquises, l'Encyclopédie s'intitule également "Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers". Ce titre souligne l'intégration dans l'ouvrage des connaissances techniques aussi bien qu'intellectuelles, les savoir-faire faisaient l'objet de véritables reportages sur place, dans les ateliers et fabriques, avant d'être soigneusement décrits dans les planches d'illustrations.

Diderot a rédigé des articles sur les arts et les mécaniques; d'Alembert sur les mathématiques; l'abbé Prades sur la théologie; Tugot sur l'économie; Voltaire sur l'élégance et l'esprit; Rousseau sur la musique; Montesquieu sur le goût.

Le plus prolifique contributeur de l'encyclopédie, c'est le Chevalier de Jaucourt qui a signé 17.000 articles.

Les polémiques accompagnant les parrutions de l'Encyclopédie menacèrent à plusieurs reprises la poursuite du projet, qui est sauvé par des appuis politiques. Les adversaires de l'Encyclopédie sont: la reine et le parti de la reine; Christophe de Beaumont, archevêque de Paris et le parti dévot. Les partisans de l'Encyclopédie sont: la marquise de Pompadour; l'économiste Turgot, le duc de Richelieu Premier gentilhomme de la Chambre et Lamoignon de Malesherbes responsable de la censure royale.

Puissant véhicule de propagande des idées des Lumières, l'Encyclopédie a employé 160 contributeurs et 1000 ouvriers pendant 24 ans, pour un tirage de 4.200 exemplaires (contre 1.000 exemplaires de tirage habituel, à l'époque). Les 72.000 articles sont répartis en 17 volumes de texte et 11 volumes de planches qui parurent de 1751 à 1772.

8 Kasım 2010 Pazartesi

JEAN-JACQUES ROUSSEAU
Il a vécu entre les années 1712-1778; il a passé une enfance instable, il a beaucoup voyagé, il est meurt seul.

Il a écrit un Discours sur les sciences et les arts”  il dit que le développement de la civilisation en introduisant le luxe a corrompu les peuples et les a éloignés de la nature.

Dans, “Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes” il défend que l'inégalité naturelle existe mais elle n’engendre pas l’oppression car l’homme primitif est seul, il n’est pas dans la société. Mais lorsque l’homme a commencé à faire de l’agriculture et qu'il a acquis des terres, les autres propriétaires sont devenus pour lui des ennemis. Ils ont travaillé pour satisfaire leurs besoins en même temps pour faire du profit. Les profits étaient inégaux suivant le sol, les saisons, la capacité du travail de chacun. Le sort des hommes est devenu inégalitaire.

Dans “Le Contrat Sociale” Rousseau veut détruire la société injuste et abusive mais il veut la remplacer par une autre société juste parce qu’elle reposera sur la nature. Les hommes libres et égaux s’unisent par un contrat. Ils se dépouillent volontairement de tous leurs droits au profit de la collectivité. Ils font des lois qui sont l’expression de la volonté générale et obligatoire pour tous. Le peuple est le souverain absolu. Celui qui n’obéit pas le contrat est condamné à mort. Mais ce n’est pas un danger car tous les citoyens sont vertueux et ne pensent qu’à l’intéret commun.

Les Confessionsest un témoignage exceptionnel sur la psychologie de l’homme. A cause d’une brochure anonyme qui attaque Rousseau, il décide de raconter l’histoire entière de sa vie pour se justifier. Mais par manque d’un journal intime il oublie les points de repères précis. Il y a donc des erreurs, des oublis par le souvenir. Il cherche à expliquer ses comportements et ses réactions.

“L’Emile ou De L’Education est un roman pédagogique. Le livre représente les rêveries d’un visionnaire sur l’éducation. Il s’agit d’abord de préserver la liberté naturelle de l’enfant puis sans aller trop vite d’en faire un homme libre et vertueux. L’oeuvre est divisé en cinq livres:
1. De la naissence à cinq ans
2. De cinq à douze ans: formation des sens par les choses.
3. De douze à quinze ans: l’éducation intellectuelle
4. De quinze à dix-huit ans: l’éducation morale
5. L’éducation de Sophie qui sera sa femme, le préserve du précepteur finit.
LES CONFESSIONS & L'IDEE DE ROUSSEAU
Rousseau écrit LES CONFESSIONS pour se justifier afin de prouver à la postérité la pureté de ses intentions. Il raconte sincèrement l’histoire de sa vie mais il manque de points de repère précis.
C’est un témoignage sur la psychologie de l’homme.

Rousseau s’est senti incompris de ses contemporains. Mal à l’aise en société il a besoin du contact de la nature pour trouver son équilibre et se sentir heureux. La nature exerce sur lui une influence et il a tout le loisir de s’abandonner à ses rêveris. Ses contemplations du grand spectacle de la nature l’ammènent parfois jusqu’à l’extase où il préssent la présence divine.
L’idée fondamentale de Rousseau, c’est que l’homme a fait fausse route en se mettant en société; la nature l’avait créé bon, libre, heureux; la société l’a rendu méchant, esclave, malheureux, s’il est trop tard pour renoncer à la vie en société, du moins pouvons-nous revenir à une existence plus naturelle en nous affranchissant des servitudes sociales.

Rousseau est une grande influence sur tous ceux que la raison desséchante laissaient insatisfaits et qui vivant par l’immagination et le coeur aspirent à la rêverie et aux délices du sentiment. Par là Rousseau fut préromantique. Par les thèmes qu’il traite, la solitude, la nature, la mélancolie, le lyrisme, Rousseau annonce le romantisme du 19ème siècle. En plus, il bouscule les routines, c’est aussi qu’après la publication de l’Emile, on vit les mères se remettre à allaiter leurs nouveau-nés. On découvrit, grâce à lui le sentiment de la nature, les charmes de la nature sauvage, de la montagne; on reprit goût aux plaisirs simples. La littérature est devenue un épanchement du coeur.
Sa doctrine se résume en ce principe: “la nature a fait l’homme heureux et bon mais la société le déprave et le rend malheureux.”

7 Kasım 2010 Pazar

HISTOIRE POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
DU 20ÈME SIÈCLE
Le 20ème siècle se divise en trois étapes: d’abord avant 1914, l’histoire de la France est essentiellement celle de ses problèmes intérieures; puis de 1914 à 1945, les crises internationales d’ordre économique (grande crise) et politique (montée du fascisme) et surtout les deux grandes guerres ont marqué le pays, enfin depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et après la séparation du monde en deux blocs politiques et militaires l’Europe est forcé à une confrontation incessante avec l’extérieur, y inclue la France.

Les premières années du 20ème siècle c’est “La Belle Epoque” qui  est la période de réussite que souligne bien l’Exposition Universelle de Paris en 1900.

En 1904 les socialistes français sont regroupés au sein de la S.F.I.O, la Section Française de l’Internationale Ouvrière, qui lutte pour une meilleure justice sociale et contre le nationalisme guerrier. Des divergences d’opinion entrainent une divison de la S.F.I.O d’où va naitre le Parti Communiste Français en 1920. Ce parti, à l’inverse des socialistes est favorable aux thèses de Lénine.
La France sort de la première guerre mondiale victorieuse mais blessée. La reconstruction s’organise d’abord sous un gouvernement de droite puis sous un gouvernement de gauche. Mais la crise économique de 1929 provoque des catastrophes. Après la crise, les forces de gauche s’unissent et réalisent en 1936 un gouvernement de Front Populaire sous la direction de Léon Blum. Il prend des mesures sociales très importantes comme les premiers congés payés.

Pendant la Seconde Guerre mondiale la France est envahie par les Allemands. Certains français essaient de profiter de l’occupation et pactisent avec les Allemands, on les appelle les collaborateurs ou collabos; ils seront durement chatiés après la guerre. Certains autres français essaient de résister à l’occupant avec des moyens de fortune, ce sont les résistants. Organisés en petits groupes, ils ne peuvent mener des actions de grande envergure mais organisent une guerilla incessante contre les armées allemandes.

Après 1945, La France est troublée par la décolonisation. Les problèmes des colonies mettent en danger la 4ème république. À la suite de la sévère défaite de Dien-Bien-Phu en 1954 où pour la première fois dans l’histoire, une armée occidentale est battue par une armée du Tiers monde, la France doit se retirer de l’Indochine. Puis commence la guerre d’Algérie. La Vème république est fondée en 1958 par le général De Gaulle. La nouvelle constitution que De Gaulle a fait adopter renforce les pouvoirs de la fonction présidentielle, à laquelle il accède lui-même. En 1962 il accorde l’indépendance à l’Algérie et fait modifier la Constitution par voie de référendum afin de permettre l’élection du président de la république au suffrage universel. Il met en place une politique d’indépendance nationale qui le conduit à prendre ses distences vis-à-vis des blocs de l’Ouest et de l’Est et à doter la France de sa propre force de dissuasion nucléaire. Sur le plan économique cette politique se traduit par un effort en vu de stabiliser le franc et d’accroitre les investissements industriels.

Des difficultés financières comme l’înflation, l’instabilité ministérielle et surtout les problèmes dans les colonies mettent la IVème république en danger. La défaite de Dien-Bien-Phu et la guerre d’Algérie mettent fin à la IVème république. De Gaulle ne peut pas éviter l’aggravation d’une crise de confiance qui, se graffant sur la crise de société dont souffrent toutes les démocraties occidentales, et dont les évènements de mai 1968 expriment l’acuité, l’amène à quitter le pouvoir en 1969.

François Mittérand est le premier président socialiste de la Vème république s’appuyant sur une forte majorité parlementaire.

La France a subi des changements radicaux dans sa structure sociale durant le 20ème siècle. Avec l’essor de l’industrialisation la classe ouvrière s’est accrue. Les campagnes ont dépeuplé, l’exode rurale s’est fait au bénéfice des régions industrielles et des grandes villes. Après la Seconde Guerre Mondiale on a établi des banlieues résidentielles. L’élevation générale du niveau des études et l’amélioration du niveau de vie ont grossi les effectifs des classes moyennes qui regroupent 60% de la population et avec laquelle La France est entrée dans la société de consommation. Tout cela a profondément modifié les comportements culturels des français. La France a connu 3 grandes phases de croissance économique au 20ème siècle; la première commence au19ème siècle mais est interrompue par la Grande Guerre, la deuxième va de 1920 à la crise économique de 1929 et la troisième est celle des “Trente Glorieuse”, de 1945 jusqu’au millieu des années 1970. La fin du 19ème siècle est marquée par le culte exagéré de science et de la raison c’est pourquoi au début du 20ème siècle il y a eu une réaction contraire. À la fin du 19ème siècle la foi dans le progrès humain et la raison semblait inébranlable. L’Exposition universelle de 1899 à Paris et le développement formidable de la presse en étaient des manifestations caractéristiques.
LES IDÉOLOGIES DU XXÈME SIÈCLE

► Le Nationalisme
C’est l’une des conséquences de L’Affaire Dreyfus, les défenseurs de la foi et de la patrie deviennent finalement nationalistes. Les deux guerres mondiales sont chacune précédée d’une vague de patriotisme, mêmes les mouvements et les partis de gauche y sont sensibles. La première guerre mondiale commence dans un climat d’exaltation. La seconde guerre mondiale déchire les nationalistes. Certains pensent que collaborer avec l’occupant allemand est une manière de respecter la patrie (comme le suggère la devise politique du régime du Maréchal Pétain: Travail-Famille-Patrie). D’autres estiment au contraire que l’intérêt de la patrie est dans la résistance. Malraux et le Général de Gaulle sont de ceux-là.

►Le Communisme
Comme le communisme européen, le communisme français est influencé à l’origine du modèle soviétique. C’est surtout les durs conflits sociaux des années 20 et la lutte contre les mouvements fascistes qui favorisent son expension en France. Lorsqu’en 1941 après l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’Union Soviétique, le parti communiste s’engage dans la résistance. Il est déjà fortement structruré. Son efficacité et le dévouement de ses membres forcent un moment l’admiration de ses adversaires politiques. Le communisme, c’est une idéolgie élaborée à partir d’un système philosophique: “le marxisme”. Il prévoit le remplacement de la société capitaliste par une société socialiste où les moyens de production seraient mis en commun, le prolétariat prenant le pouvoir au terme d’une lutte des classes.

►Le Nouvel Humanisme – L’Existentialisme
Selon cette philosophie, l’existence humaine est un fait improuvable mais absolu qui ne saurait être réduit à des systèmes de pensée. Pour justifier cette existence, lui donner un sens, l’homme doit s’engager, prendre des responsabilités. Les principaux représentants de l’existentialisme en France, sont Sartre et Camus. Ils sont fortement influencés par les philosophes étrangers; Kierkegaard et Heidegger, mais ne reprennent pas la coloration chrétienne de leurs théories.

6 Kasım 2010 Cumartesi

XXEME SIECLE EN FRANCE

1ERE PERIODE

Maurice Barrès et Paul Bourget dépendent des thèses nationales.
Anatole France et Romain Rolland dirigent vers une idéale humaine.
Guillaume Apollinaire précise les necessités que le monde moderne impose.
Paul Valéry fait des recherches esthétiques.
André Breton est le fondateur du surréalisme.
Marcel Proust, André Gide et François Mauriac écrivent leurs romans en prenant appui sur la réalité du siècle.
André Malraux dénonce les menaces nouvelles qui posent sur le monde.
Saint-Exupéry évoque les problèmes de son époque. Les poètes se sont réunis à l’école surréaliste d’Aragon.
Paul Éluard met son inspiration au service de la cause sociale.
Paul Claudel, Charles Peguy, Edmond Rostand, Jean Giroudeaux, Jean-Paul Sartre, René Char, Albert Camus, Jacques Prévert, Jean Anouilh sont les écrivains de la première période du 20ème siècle.

Caractères généraux►
La littérature du 20ème siècle est une littérature nationale dont les éléments sont stables et mobiles. Ces éléments se sont constitués par le goût du public et sont liés à la tradition. “L’avant-garde” résulte du travail des jeunes écrivains dans les éléments stables. À cette époque, la littérature française nous présente des cas différents. Il y a d’abord un recul du naturalisme et du symbolisme, puis la littérature a commencé à s’occuper de la vie humaine. Les hommes de lettres sont en train de se sentir en contradiction avec le temps. Les miracles de sciences dépassent le rêve. “La seconde révolution industrielle” se caractérise par la production, le développement et la concentration des analyses. Le développement des moyens scientifiques et intellectuels de communication est aussi un des caractéristiques de cette révolution.

Autres caractéristiques de la révolution
►La longueur des voies ferrées augmente
►Les continents offrent les moyens de transport en commun
►L’inaugration de la première ligne du métropolitain (1900)

Les centres littéraires►
►Le café du boulevard
►Les salles de rédaction des journaux
►La butte de Montmartre

Edmond Goncourt►
Son testament institue une société de dix hommes de lettres qui est chargé d’attribuer chaque année un “Prix Goncourt” à la meilleure oeuvre d’imagination. Le premier était en 1903.
L’année suivante une autre académie a été fondée par les femmes qui est chargée d’attribuer “Le Prix Fémina”. Les littéraires se sont réunis autour du Barré et d’Anatole France. Les directeurs des journaux, des revues et des théâtres se sont penchés au problème. La publicité littéraire fait ses premiers pas. L’usage des placards devient courant à partir de 1910.

Doctrines et écoles►
C’est la fin du naturalisme, du symbolisme, d’égotisme. Le néoclassicisme apparait en 1891 avec “l’Ecole Romane” -se caractérisant pour un retour aux sources antiques, classiques et nationales, au lyrisme ronsardien et à la versification traditionnelle- C’est le mouvement des auteurs français qui, prétendent au nom de la clarté du latin et du français, remettent en honneur les valeurs classiques (ordre, raison) et de lutter contre l’hermétisme, le cosmopolitisme et le modernisme.

Naturisme►
Le mouvement date de 1897 avec la publication dans le Figaro d’un manifeste de Saint-Georges de Bouhilier. Le naturisme s’oppose au symbolisme et il reproche d’avoir dédaignée la vie: “Le poète ne s’exprime plus ses sujets dans la rêve, mais dans la vie, la nature, la simplicité, l’humanité qui sont les caractères de cette littérature nouvelle. L’humanisme, l’intégralisme, le simultanéisme, sont des variantes du naturisme. “Le naturisme” n’est pas une école mais un état d’âme.
Les auteurs en sont "Henri de Regnier", "André Gide", "Albert Samain", "Léon Blum", "Colette", "Fernand Gregh".

Les procédés d’expression
►La prédominance des associations esthétiques sur les rapports logiques.
►Un retour à l’écriture purement instrumentale et ornementale des écrivains classiques.
►Une liberté dans le choix du vocabulaire, néologismes
►On voit les emprunts à la langue scientifique, ils sont nombreux et un certain snobisme s’attache aux mots d’origine étranger, aux argots populaires.
►L’utilisation du concret et de l’abstrait, du propre et du figuré est autorisée.
►Quant au vers, il faut attendre trente ans pour assister à une nouvelle offensive à l’anarchie prosodique. La versification régulière mesurée, rimée emportent en quantité, on peut parler d’une réaction néo-classique. Ils ont recueilli l’héritage du Parnasse. Les néo-symbolistes composent pour la plupart des vers plus réguliers que la plupart de leurs niveaux naturistes.

IIEME PERIODE
Apollinaire applique le surnaturalisme à la littérature. À part de lui on peut parler de deux littéraires qui exercent une action importante sur la diffusion de l’esthétique cubiste: André Salmon (poète journaliste et critique d’art)

La nouvelle revue française s’est produite en 1824 avec la littérature des première des années de guerre (1914-1916) se développe sous le signe de la défense nationale. Les morts des Champ d’honneur figurent Peguy, Apollinaire, Alain Fournier, Cendrars, Thiboudet. Une littérature uniquement divertissante et facile s’est développé.

Deux tendances apparaissent►
D’une part, l’absurdité des hectombes militaires soulève la conscience des objectifs (Rolland, Martinet)
D’autre part, l’incertitude des lendemains, le relachement des disciplines familiales exercent une influence dissolvante.
En France, elle revêtit trois formes principales:politique, humaniste et ironique
Le premier souci du catholisme fut de refaire son unité menacée sur le plan temporel. Parmi les représentants de la pensée catholique français figurent "Claudel", "Mauriac" et "Monthérlant".
Le régionalisme rural n’avait jamais cessé d’inspirer des écrivains isolés. Mais il prit une ampleur innatendue avec le roman paysan dont les premiers succès datent de 1927.
On voit le développement d’une littérature de luxe entre 1941-1945. La poésie s’est rapprochée de la chanté classique.
LE NOUVEAU ROMAN
Il est né, dans les années 50, désigne une série d’écrivains "Sarraute" , "Butor", "Robbe-Grillet"… mais ils ne forment pas de groupe ni école. Ces écrivains étaient édités par Les Editions de Minuit. C’est une réaction contre les tendances du roman existentialiste et contre une littérature du message, c’est-à-dire une littérature dont l’auteur donnerait une leçon à son lecteur. Ils profitent de l’impulsion venue de l’étranger, celle de Kafka, de Borges, de Joyce... Le noveau roman se présente comme une rupture avec le roman traditionnel.

La comparaison du "Nouveau Roman" avec "Le Roman Traditionnel"
Dans le roman traditionnel; la vie d’un ou de plusieurs personnages sont au centre de toute l’intrigue, le lecteur est invité à s’identifier avec lui. Par contre, dans le nouveau roman; il n’y a plus de personnages ou bien n’est-il plus central. Il n’y a pas d’identification possible, le lecteur est confronté à un malaise, à une vide. En revanche, il est affirmé le primat de l’objet, la seule existence objective est celle des objets, c’est une approche chosiste.

Par exemple, le ciel pleure à cause de la peine. En réalité le ciel ne peut pas pleurer, c’est l’homme qui lui donne ce sens. Les métaphores n’existent pas dans cette littérature, c’est au lecteur de chercher ce sens, car, le métaphore apporte la subjectivité, l’auteur ne doit pas la refléter, cela apporte aussi une grande soupçon dans la langue.

Dans le roman traditionnel; la notion même de l’histoire est fondamentale. Ecrivain raconte quelque chose a son lecteur "il". Par contre le nouveau roman refuse la notion d’intrigue: l’action est nulle ou à peu près insignifiante "je", elle risque au contraire de distraire le lecteur, de dissiper son attention. Roman est raconté par “je”. Le roman était un réalisme objectif devenu  un réalisme subjectif. (Balzac-Sarraute)

Dans le roman traditionnel l’auteur est souverain; il sait au départ ce qui arrivera, il connait la psychologie de ses héros et nous la dévoile progressivement. Par contre dans le nouveau roman l’auteur est un collaborateur du lecteur; il lui propose une situation écrite et exige du lecteur un effort de participation. Il autorise aussi plusieurs types de comportements possibles chez les héros présentés successivement.
Par exemple, il y a une grande distance entre Balzac qui manipule ses héros comme des marionnettes et Camus qui leur donne une relative autonomie. Mais ces deux auteurs, ont en commun une mode d’écriture qui ne laisse pas de place au doute chez  l’auteur; tout est programmé d’avance.

L’auteur est un maitre à penser; il véhicule une idéologie, une morale ou une philosophie dans le roman traditionnel; tandis que chez le nouveau roman, l’auteur n’a aucune idée perconçue ou du moins il ne cherche pas à s’imposer au lecteur. Au contaire il éduque le lecteur pour en faire un critique littéraire.

Le roman traditionnel est une théorie: il cherche à défendre une thèse naturaliste, symboliste, religieuse. Tandis que le nouveau roman est une recherche; ce n’est plus un genre nettement délimité, il en renvoie à rien d’autre qu’à lui-même.
Dans le roman traditionnel le roman est chronologique et linéaire. L’écrivain a pour tâche de l’organiser, de l’ordonner, de combler la sensation de “creux” dans le temps que donne le rêve à la conscience humaine. Tandis que dans le nouveau roman le temps n’est pas cohérant, sans failles: le nouveau romancier ne triche pas, il juxtappose les instants de rêve et de la réalité tels qu’ils se présentent à l’état brut. Une information efface l’autre (le jour-la nuit; l’obscurité- la clarté..). il y a des répetitions pour que le lecteur s'en rappelle, pour qu’il n’oublie pas les choses importantes.

Dans le roman traditionnel il y a une relation entre le personnage et l’espace. Par exemple, il y a une relation logique entre l’avarice et Le Père Grandet, car le sens est cohérent, linéaire tandis qu’on apperçoit des pièces de l’espace dans le noveau roman, il n’y a pas d’éléments qui assurent la plénitude.

Dans le roman traditionnel, le nom du roman est le même avec celui du personnage principale (Eugenie Grandet, Le Père Goriot..), le passé du personnage est aussi importante, on en parle; tandis que dans le nouveau roman on parle plus du passé, seul le personnage principale est symbolisé avec une lettre qui est le majuscule  de l’auteur. (Kafka “K”, Alain “A”..).

Dans le nouveau roman il y a l’univers romanesque, le lecteur commence à demander, à poser des questions “qui est là? et qu’est ce qu’il me raconte?” Il n’y a rien de prêt à lire.

Les Nouveaux Romanciers
►NATHALIE SARRAUTE
Le mot clef pour elle est le soupçon. Le personnage principale parle par “je” et puisqu’il dit je, elle passe à l’écriture la rapidité de sa mémoire. Les tirets symbolisent les monologues intérieurs, le parlé de subconscient. Pas de personnages, pas d’espace, pas de temps, le lecteur doit être actif. C’est une époque qui ne demande pas, qui ne pense pas, qui ne communique pas. Le but c’est d’être le reflet de cette société. "L’Ère du Soupçon".

►ALAIN ROBBE-GRILLET
Il joue avec les mots, il répète les mots pour que le lecteur comprenne mieux, il ne cesse pas les répétitions, il a une déscription différente, il est chosiste, il refuse les conventions des idées du 19ème siècle. Le mot clef pour lui c’est les notions périmées. Dans “Les Labyrinthes”, “La Jalousie” il dénonce une littérature qui soutient une vision humaniste du monde, une littérature fondée sur la psychologie. Pour lui le monde est tout simplement, ni absurde ni politique, ni philosophique. Il privilégie les objets.

►MICHEL BUTOR
Son but est de rendre la globalité du réel en jouant sur les structures du temps et de l’espace.

►MARCEL PROUST
Il est d’une riche famille de la bourgeoisie parisienne, a passé une enfance heureuse et une vie raffinée n’exerçant aucun métier. Par la mort de sa mère il se retire peu à peu du monde et vit isolé. Il a consacré le reste de sa vie à la composition de son oeuvre monumentale soit par ses dimensions soit par les perspectives qu’elle ouvre, “A La Recherche Du Temps Perdu”. Elle se compose de sept livres.
Proust est obsédé par une seule idée: le temps, ce temps que rien n’arrête et qui transforme tout. Tout se transforme et tout passe. C’est en vain que l’homme retourne au passé, on ne le revarrait point. Pourtant toutes ces années ne sont pas perdues, elles sont inscrites quelque part en homme. Le passé est une richesse intime formée de ce qu’on a vécu, il est possible parfois par le mécanisme de mémoire involontaire de voir resurgir ce passé avec les sentiments présents. Cette réunion du passé et du présent abolit la sensation de fuite du temps et donne un sentiment de plénitude. Trois éléments sont très importants pour lui; l’impression, le sensation et la perception. Pas d’intrigue dans l’oeuvre, il écrit le sentiment du personnage et ce qu’il a vécu. Il est influencé de la théorie de Bergson: la durée et le temps abstrait. La durée c’est le temps vécu, subjectif, concret. Le temps abstarit c’est le temps mesurable pour l’horloge, le calendrier. Il s’interresse à la durée car si on fait quelque chose qu’on aime on n’entend pas le temps, il passe très vite.
Son oeuvre est un roman psychologique, un roman mental et aussi un roman architectural car chez Proust; la subtilité des analyses, les vas et viens dans le temps n’affaiblissent point l’ordonnance et la cohésion de l’ensemble que l’auteur compare à une cathédrale. L’art est un moyen qui execute l’infinité de la beauté. La seule force qui peut vaincre le temps c’est l’art. C’est l’art seul qui peut nous donner la vie, il assure voire ce qu’on n’a pas pu voir.

5 Kasım 2010 Cuma

A PROPOS DU ROMANTISME
Après de belles lignes consacrées sur ce site au Romantisme, il n'y a guère de chose à rajouter si ce n'est en guise de partage quelques réflexions supplémentaires tant le sujet est important et riche.

Le Romantisme, on en conviendra, est plus qu'un mouvement littéraire. De même que le Classicisme contre lequel il semble s'élever reste aussi vivant et indépassable, de même le Romantisme, malgré le Réalisme, le Naturalisme, le Symbolisme reste indépassable. Il est pour ainsi dire dans le destin des courants littéraires d'apparaître et de s'affirmer contre ceux du passé tout en s'appuyant sur leur héritage comme un ingrédient indispensable à leur développement et leur épanouissement. C'est dire que malgré la force révolutionnaire qu'il contient parce qu'il prend sa source à la Révolution de 1789, le Romantisme en s'affirmant valide le Classicisme. Le romantique Chateaubriand devenu classique exprime, entre autres, ce renversement bien plus qu'une rupture.

Un petit tour d'horizon s'impose d'emblée concernant le mot lui-même pour mieux saisir la complexité qui de ce mouvement. Pour les contemporains déjà le Romantisme pose problème dans sa définition: « La définition du Romantisme, écrit la Duchesse de Duras en 1824, c'est d'être indéfinissable, c'est un genre indépendant qui prend ses beautés où il les trouve, qui ne croit qu'à lui-même... ». Mais, cette impossibilité renferme si on est attentif les deux éléments qui définissent le mieux ce courant: indépendance et lui-même. D'une part la liberté, de l'autre « la personne » seront les deux chemins inséparablement empruntés par les Romantiques. La difficulté de définir n'est pas propre aux débuts et aux contemporains du mouvement. Plus près de nous Valéry écrit: « Il faudrait avoir perdu tout esprit de rigueur pour définir le Romantisme ». N'est-ce pas là une mise en garde éclairante...et en même temps une définition ? Les Romantiques qui s'élèvent contre la rigueur du Classicisme échappent par définition à toute définition. A ces phrases de Valéry celles d'Henry Brémond font écho: « Il y a autant de romantismes que de Romantiques. Le Romantisme est un être de raison ». Un autre mot jette le trouble: la raison. Les Romantiques qui cherchent à rompre avec le Classicisme fait de règles, seraient contrairement à ce qu'on croit du côté de la raison. Voilà que Descartes nommé implicitement inaugurant le règne de la raison et ses règles mais qui, au nom même de la raison, réclamé à des fins autres que la raison n'avait peut-être pas prévues. C'est là le propre d'une révolution. Et le Romantisme en sera une en apportant cette réponse inespérée et inattendue à la question: comment devenir classique tout en ne l'étant pas? L'allusion à la dimension politique de ce mouvement est à peine voilée. Le roi et l'empereur remplacés par l'individu. L'histoire du Romantisme est intimement liée à l'histoire toute courte, celle de l'Europe et du monde. Qui de Chateaubriand ou de Hugo est classique ou romantique? Conjuguant des tendances opposées ne révèlent-ils pas en fin de compte ce que sera l'homme à venir? Epris de liberté ne penchent-ils pas vers un christianisme? Tout comme Mme de Staël, sont-ils de gauche ou de droite politiquement parlant? Comment comprendre la reprise des thèmes médiévaux et typiquement chrétiens avec le goût de la liberté issue de la Révolution qui s'oppose violemment à cet esprit religieux jugé digne de disparaître parce qu'en la personne du roi et ensuite en celle de Napoléon perpétue le Classicisme comme un obstacle au progrès de la raison. Nous aurons compris. C'est vaste, complexe et sans fin. Mais, avouons-le, c'est là aussi tout l'intérêt immense de ce mouvement.

Partons du mot lui-même sans prétendre à démêler les choses sans autre prétention que d'essayer de comprendre. Sa première apparition (le premier exemple connu) nous vient d'un obscure Abbé Niçaise à la fin du 17ème siècle: « Que dites-vous, Messieurs, de ces pastoureaux, ne sont-ils pas bien romantiques?»  A ses débuts ce mot se confond avec romanesque employé depuis 1661 et qui désigne clairement une opposition au réel. La racine du mot renvoyant au roman, c'est-à-dire à une fiction. D'usage exceptionnel, le mot ne figure encore pas dans les dictionnaires. Romantique et romanesque sont donc équivalents. L'abbé Le Blanc traduit même en 1745 le mot anglais « romantic » comme pittoresque. Puis viendra la distinction sous la plume de Gérardin en 1776. Romanesque signifie à ses yeux fiction, trame, intrigue (la fable du roman, dit-il) alors que romantique désigne la situation. Celle-ci renvoie bien entendu à l'état dans lequel se trouve l'individu qui lui inspire le romanesque. Mais cet état tout solitaire et tranquille qu'il soit renvoie également selon Rousseau (5e Rêverie) à une extériorité: « Les rives du lac de Bienne sont plus sauvages et romantiques que celles du lac de Genève (...). » Ainsi, à partir de 1785, les deux termes romanesque et romantique se différencient et en viennent à désigner les aventures et les caractères pour le premier et les paysages et les états d'âmes pour le deuxième. Si André Chénier continue de confondre romantique et pittoresque, Chateaubriand applique le mot anglais « romantic » aux vestiges des civilisations médiévales. C'est en 1798 que le Dictionnaire de l'Académie française mentionne le mot avec la définition suivante: « Il se dit ordinairement des lieux, des paysages qui rappellent à l'imagination les descriptions des poèmes et des romans. Situation romantique. Aspect romantique ». Cette petite promenade nous fournit une assez bonne idée de la formation de ce mot et de sa fortune sur plus de cent ans.

D'ordinaire, on assigne au Romantisme comme initiateurs Chateaubriand et Mme de Staël. Si ces deux noms sont indissociables, il ne faut nullement en conclure que le mouvement lui-même est français. Ses origines sont ailleurs. Le Classicisme est bien français et s'étend en Europe, le Romantisme est anglais, allemand, écossais avant de s'imposer en France. Il est européen. Par conséquent, il importe de comprendre le contexte dans lequel il apparaît. La tourmente révolutionnaire laisse un vide dans la société et les esprits. Sur quels principes construire le nouveau monde? En France, les écrivains se divisent. Les uns comme vicomte de Bonald et Joseph de Maistre veulent passer outre la Révolution et 18ème siècle et joindre le 17ème et 19ème. Deux esprits puissants au verbe acéré et talentueux mais réactionnaires contre ceux qui proposent de chercher dans le 18ème siècle et la Révolution ainsi que dans les littératures étrangères de nouvelles idées, les principes qui guideraient le nouveau siècle et l'avenir. Mme de Staël est de ceux-là. Mais, cette volonté de rebâtir est déjà en marche. Les thèmes qui caractériseront le Romantisme sont déjà esquissés dans la seconde moitié du 18ème siècle. C'est cette période qu'on appellera le préromantisme. Certains historiens de la littérature qui y voient un conflit nord-sud ne se trompent pas. Avec la Renaissance le Classicisme s'était emparé de l'Antiquité gréco-romaine. Le Romantisme sera une influence nordique, anglo-saxon, née d'une réaction au cartésianisme régnant sous la houlette du penseur John Locke. Le scepticisme entre en vigueur. Descartes voulait assurer à la spéculation métaphysique une base inébranlable aboutissant à l'idéalisme et au rationalisme (le cartésianisme). Locke veut préserver la nature humaine des aventures superflue de l'esprit. Ayant déclaré qu'il n'y rien en l'homme qui ne lui provienne des sensations, c'est-à-dire de l'extérieur; il met fin au règne de l'esprit. Les idées innées sont chimères et « le sensualisme » est seul réel. Philosophie qui sera relayée en France par Condillac. De cette pensée découlera tout le système philosophique du 19ème siècle apportant son lot de relativisme et d'utilitarisme. La progression des sciences rejoindra cette mouvance des esprits pour se transformer en un matérialisme mêlé à un culte des sentiments qui sera à l'origine de l'individualisme moderne.Voici donc le réalisme et le sensualisme ensemble comme premier caractéristique du Romantisme. Le deuxième est formé par le couple sentimentalisme et individualisme. Des auteurs anglais comme Richardson, Thompson et Young exerceront une influence durable sur Goethe et Rousseau. Le troisième trait sera le mélange d'imagination, de rêve et de mélancolie. Le besoin de sentir, de voir « par- dessus l'étroite horizon de la vie » donnera le thème de l'évasion. Un monde du passé ainsi qu'un monde surnaturel constitueront les thèmes privilégiés à quoi on associera le Moyen-Age et ses mythes. Des noms célèbres tels que Coleridge, Blake, Byron Shelley, Ossian et bien d'autres s'engouffreront dans cet espace nouveau qui s'ouvre et permet toutes les fantaisies.« De côté de l'Allemagne », l'assaut est non moins important. Un mouvement parallèle voit le jour sous les plumes de Haller, Klopstock, Herder. Vers 1770, sous l'influence de Young et d'Ossian apparaît le mouvement « Sturm und Drang » (orage et assaut). Dirigé contre les règles classiques, c'est une révolution littéraire. « Le Werther » de Goethe (1774) sera le roman de la passion triste. Réunissant fatalité et douleur, le roman et la poésie allemand emboîtera le pas au mouvement anglo-saxon. Cela étant le romantisme allemand suivra un chemin quelque peu différent car Goethe et Schiller reviendront vers des règles classiques pour initier avec Tieck, Novalis et les frères  Schlegel ce qu'on appelle le Romantisme allemand qui donnera le fameux idéalisme allemand avec Hegel, Fichte et Schelling.

Qu'en est-il du Romantisme en France? Berceau du rationalisme et du classicisme le mouvement romantique y apparaîtra dans sa vigueur plus tard. Entre les deux manifestations anglais et allemande il se frayera son propre chemin et se forgera un destin qui saura égaler celui bâti par les Classiques.

Tout en s'affirmant comme réaction contre l'ordre ancien politique et littéraire, le Romantisme n'en est pas moins imprégné de rationalisme. De fait, cet héritage jouera en sa faveur en lui fixant des limites. Il restera au moins en partie étranger aux spéculations métaphysiques du Romantisme allemand et se cantonnera essentiellement aux problèmes de  littérature et de théâtre. Cet esprit cartésien qui avait contribué au développement du Classicisme l'aidera aussi à s'organiser avec son chef, ses troupes, ses organes de diffusion et ses manifestes pour en faire un véritable mouvement structuré et assurera son triomphe.

Le mouvement manifestera deux pôles aux caractéristiques distinctes mais qui ne suffira pas à porter atteinte à son unité. On trouve d'un côté une mouvance suite à l'influence de Chateaubriand née dans les premières années de la Restauration catholique et conservatrice qui semble avoir partie lié avec le régime. Si les thèmes qui lui sont chers (rêve, mélancolie, imagination, etc...) sont exploités habilement, cette tendance privilégiera le renaissance religieuse et spirituelle. Une deuxième tendance se dessinera sous l'influence étrangère et héritière des idées de la Révolution comme libérale et indépendant et contre le régime impériale. On se souviendra ici de la querelle qui opposa Chateaubriand à Mme de Staël. Pour le premier, les anciens restent un modèle et il y aurait péril à suivre l'étranger. Alors que la deuxième prône franchement une ouverture aux influences étrangères. Malgré une vive critique et une interdiction de la première édition de son livre par Napoléon, « De l'Allemagne » (1813), les idées de Mme de Staël n'en circuleront pas moins sous le manteau et ouvrira une brèche considérable à l'influence étrangère (car quelques exemplaires sont sauvés de la destruction).

Pour finir, il nous faut préciser les trois étapes de ce mouvement. La première est une phase de gestation qui va de 1800 à 1820. Un certain nombre de thèmes nouveaux pénètrent les milieux littéraires et finissent par susciter une sensibilité collective qu'on appellera « le mal du siècle » parallèlement aux idées importées par Mme de Staël. Une deuxième période qui s'étend jusqu'en 1830 voit la querelle entre les Romantiques conservateurs et libéraux. De cette confrontation naît l'unité du mouvement et que le « Cénacle » après plusieurs manifestes retentissants (la bataille d'Hernani et la Préface de Cromwell de Hugo) conduira le mouvement vers la victoire des modernes contre les anciens. On ne manquera pas d'observer qu'autant le Classicisme était formé dans les salons du 18ème siècle et à la Cour autant le Romantisme tournera et s'affirmera à partir des lieux de pouvoirs que sont devenus les groupements d'hommes libres et proclamant l'individu comme centre avec ses propres pouvoirs d'expression. Après 1830, le mouvement se répand et devient à la mode et opère sa cohésion sous l'égide des génies que l'on connaît.

Cependant, la liberté d'expression qui constitue le mot d'ordre entamera l'unité du mouvement. Deux tendances se font jour: le Romantisme social et l'art pour l'art. L'échec des Burgraves en 1843 annonce l'éclosion du Réalisme alors que les plus grands chefs - d'oeuvres se suivent comme pour tendre vers un dépassement dont le Symbolisme à venir sera l'accomplissement.

Comme le Classicisme qu'il combat le Romantisme est une conjonction de talents et de génies les plus diverses, d'où peut-être cette impression d'une confusion dans ce vaste mouvement. Les tendances jusque- là maîtrisées parce qu'obéissant à des règles bien fixées par les anciens éclatent dans tous les sens. Les soirs d'été de Lamartine, la virtuosité et le génie universel d’ Hugo, les fantaisies de Musset, le pessimisme de Vigny, l'imagination étourdissante de Balzac, sont autant d'explosions d'une même ambition, d'une même ardeur de continuer l'histoire et la réécrire. Catholique ou panthéiste, conservatrice ou libérale, cette explosion est celle d'une vie intérieure qui se cherche dans un monde qui est en train de se rebâtir. La passion, la sensibilité exacerbée sont les signes d'un moi débordant loin d'être haïssable. Ecartelé entre le repli et l'ouverture, le moi et l'universel le Romantisme est un coup de tonnerre dans le ciel de l'Europe du 18ème siècle qui marquera d'une pierre blanche notre modernité avec un brin de nostalgie de grandeur. Nous continuerons à coup sûr à admirer les classiques sans jamais cesser d'être romantiques.
AUGUSTE UNAT

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)