LES VINS DE BORDEAUX LES PLUS CONNUS
Bordeaux est la région à vin la plus connue de France. Bordeaux représente un tiers du vin de qualité français (AOC, crus bourgeois, crus classés).
Les vins sont si bons à Bordeaux qu'un classement distingue les meilleurs des meilleurs. Quelques uns d'entre eux sont universels: Margaux, Yquem, Pétrus, Cheval Blanc, Haut Brion et tous les autres. Bordeaux compte environ 7 000 châteaux.
LE CHATEAU MARGAUX
Le Château Margaux, symbole universel du vin, a une très ancienne origine et une vieille renommée.
Au quinzième siècle, il était connu sous le nom de Lamothe. C'était alors un château fortifié. En 1750, M. de Fumel y fit des plantations importantes de cépages fins. Il fut acheté en 1802 par le marquis de la Colonilla, qui fit raser le vieux manoir et construire le riche château que nous connaissons aujourd'hui avec son fameux fronton de style néo-classique. Le vignoble du Château Margaux compte environ 100 hectares cultivés avec un soin tout particulier. L'encépagement est composé de : 75 % cabernet sauvignon, 20 % merlot, 5% petit verdot et cabernet franc. Château Margaux produit un peu plus de 300 000 bouteilles par campagne. Alors que leur qualité s'était amoindri dans les années 70, le millésime 78 s'est distingué par sa supériorité. Depuis tous ceux qui ont suivi n'ont pas eu de faiblesse y compris dans les petites années.
LE PETRUS
Le Pétrus est considéré comme le plus intéressant des pomerols. Pourtant avant 1945, sa notoriété restait confidentielle. En 1920, Madame Loubat hérita de ce vignoble situé au point le plus haut de l'appellation Pomerol, dans le bordelais. Elle est rejointe vingt ans plus tard par Jean-Pierre Moueix alors négociant installé sur les quais de la Dordogne. Château Pétrus commence à sortir de son anonymat. Madame Loubat présente ses bouteilles en Angleterre lors des noces d'Elizabeth. Outre-Atlantique, Pétrus devient le vin culte des Kennedy.
A Pomerol il n'y a pas de classement comme en Médoc ou à Saint-Emilion. Pourtant Pétrus se distingue des autres châteaux. Au départ, sa petite surface de 11,50 hectares (9 fois moins grand que Lafite) le rend vite rare.
Les ceps sont enracinnés à moins de 50 centimètres de profondeur dans un sol argileux. 95 % du Pétrus provient du cépage Merlot.
Les fûts neufs sont lavés pour ne pas trop marquer le vin. Les raisins sont cueillis à pleine maturité pour la pureté des saveurs au détriment de la productivité.
Château Pétrus, formidable terroir, est d'abord un rendez-vous d'hommes amoureux du vin. Michel Gilet, le patron des vignes, rêve d'une nature sans chimie. François Veyssière, maître de chai est également collectionneur d'arbres fruitiers en voie de disparition. Le vinificateur Jean-Claude Berrouet apporte son enthousiasme de basque non seulement à Pétrus mais aussi à Lafleur Pétrus, La Magdelaine et Trotanoy.
Aujourd'hui Pétrus est la propriété de Jean-François Moueix, fils de l'illustre Jean-Pierre Moueix. Lily-Paul Lacoste Loubat, héritière et nièce de Madame Loubat avait vendu ses parts à Moueix père.
Une bouteille de Pétrus se négocie autour de 500 euros minimum. Un grand millésime peut couter jusqu'à 5000 euros.
L'YQUEM
"Le glouglou de ce liquide ne ressemble à aucun autre. Il est à la fois lourd et léger, si velouté. L'Yquem est prêt au sacrifice. La main s'empare du trésor. Parfum rare, parfum unique. Essence de soleil et de miel! Votre palais, tout à coup, mérite son nom. Il accueille le souverain absolu des breuvages. Le nectar descend en vous. Fermez un instant les yeux. Vous voilà de l'autre coté de la vie." Frédéric Dard (père de San Antonio).
Château Yquem produit incontestablement le plus fameux des blancs liquoreux au monde.
Pourtant à l'origine ce n'était pas sa destination. Château Yquem était une ancienne place forte anglaise. Il fût acheté par la famille Sauvage d'Yquem qui lui donna son nom.
En 1785 sous le règne de Louis XVI, Yquem devint la propriété de la famille Lur Saluces, suite au mariage de Françoise Joséphine de Sauvage , "la Dame d'Yquem" avec Amédée de Lur Saluces, colonel des dragons.
Le vignoble de 148 hectares s'étend sur la plus haute colline de Sauternes. A l'automne, les brumes matinales et des après midi ensoleillés permettent à la pourriture noble de se développer.
La qualité exceptionnelle des vins d'Yquem est due à la nature du sol argileux, à l'exposition des coteaux, à la sévère sélection des cépages (Sémillon 70 %, Sauvignon 30 % et Muscadelle) et aux soins minutieux et amoureux portés à la vendange et à la vinification. Le travail de la vigne passe de génération en génération. Ce sont les mêmes familles de vignerons qui s'occupent du domaine depuis quatre siècles.
A Yquem, on privilégie la qualité au rendement. Un cep de vigne ne permet d'obtenir qu'un seul verre de vin par an. Et lorsque le vin n'est pas digne de son rang il n'est pas mis en vente ou il est dégradé. Les millésimes 1974 et 1992 n'avaient pas été commercialisés.
La production moyenne est de 600 hectolitres par an. Le rendement de Chateau Yquem est seulement de 6 hectolitres à l'hectare, c'est à dire 10 fois moins que les autres vignobles. Cela représente un verre par cep de vigne ! C'est le plus faible rendement au monde.
Depuis trois ans, Yquem était l'objet d'un marathon judiciaire. Alexandre Lur Saluces, et son fils Bertrand, combattaient la vente d' Yquem par d'autres membres de la famille - et en particulier Eugène de Lur Saluces, le frère ainé d'Alexandre et plus important actionnaire avant la vente - à LVMH (Louis Vuitton Moet Hennessy).
Yquem était la propriété de la famille Lur Saluces depuis deux siècles. Cette famille a cultivé un art de vie et de culture et l' a défendu au cours des générations successives.
Alexandre Lur Saluces était le directeur de Chateau Yquem depuis 29 ans. Il prétendait qu'il avait priorité pour racheter les parts d'Eugène.
En Novembre 1996, LVMH a acheté 55 pour cent de Chateau Yquem pour un montant d'environ 550 millions de francs français. Par la suite, Alexandre Lur Saluces a tenté de bloquer la vente. La bataille a donné lieu à une vingtaine de procédures dont la moitié n'ont pas encore été rendues.
Le différent l'opposait également aux quarante actionnaires membres de la famille - cousins, tantes, oncles et autres parents - qui détenaient 43 pour cent du Chateau avant de vendre les parts à LVMH et de conserver seulement 5 pour cent d'Yquem.
Une décision de justice récente a confirmé et avalisé la vente des parts à LVMH, mettant probablement fin à cette guerre de famille. L'entreprise controle maintenant 64 pour cent de Chateau Yquem.
LVMH est déjà propriétaire de : Lacroix, Kenzo, Dior, Givenchy, Guerlain, Celine, Loewe (haute couture et parfumerie), Hennessy (Cognac), Moët (Champagne), Fred (joaillerie).
LVMH est la premiere entreprise mondiale du luxe.
Bernard Arnault, patron de LVMH, s'est déjà signalé cette année en achetant à titre privé avec l'homme d'affaires belge Albert Frère, le très estimé Cheval Blanc à Saint Emilion.
Mais des interrogations subsistent. Est que l'objectif de qualité maximale sera toujours recherché ? Lors de la prochaine campagne décevante, est ce que Arnault sera prêt à sacrifier un millésime en refusant de le commercialiser sous le label du chateau ? C'est à ce prix qu'Yquem restera le plus fameux des crus.
ROMANEE-CONTI
En Bourgogne, entre Gevrey et Vougeot, la parcelle baptisée Romanée-Conti n'a rien d'extraordinaire à première vue. Stendhal ne disait-il pas "sans ses vins admirables, je trouverais que rien au monde n'est plus laid".
La Romanée-Conti couvre environ 1,8 hectares. Elle regarde vers le sud, au point de rupture avec le Richebourg. Le sol recèle une présence très fine d'argile qu'on ne trouve pas chez ses voisins. Le drainage naturel est parfait.
La parcelle Romanée-Conti a été dessinée au XVe siècle, peut être au XIIe, par les moines du monastère de Saint-Viviant. Le pinot noir que les moines sont allés chercher dans les forêts de Bourgogne a été sélectionné avec grand soin, d'ailleurs il ne donne pas grand chose ailleurs.
Le résultat est là : une équation subtile entre le raisin, le sol, le climat, l'exposition et l'alimentation en eaux. La légende prétend que jusqu'en 1945, on sacrifiait un bon pied qu'on enterrait en laissant juste apparaître deux sarments. En se développant, il créait deux ceps nouveaux. Quand on a reconstitué le vignoble, on s'est aperçu que l'épaisseur des racines entremêlées dépassait un mètre. C'est dans ce mulch que les nouvelles vignes avaient puisé le caractère de la Romanée-Conti.
"Nous sommes les gardiens d'une certaine philosophie du vin et surtout nous sommes soucieux de la perfection des détails" assure Aubert de Villaine, l'un des propriétaires avec la famille Leroy. Les deux familles s'occupent également de 25 hectares des plus grands crus bourguignons.
Ainsi, le client est tenu d'acquérir les vins des domaines par caisse de douze, soit une bouteille de Romanée-Conti, parmi 11 bouteilles d'autres domaines. La caisse de 12 bouteilles s'échange autour de 3.000 euros.
HOSPICES DE BEAUNE
En 1443, la France sortait à peine de la guerre de cent ans face à l'Angleterre. La Bourgogne ne comptait plus ses malheureux. Pour secourir son peuple, Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne, décida de créer à Beaune des Hospices afin de soigner gratuitement les malades, les désireux et les vieillards de la région. son désir était de se rapprocher du tout puissant et fort de l'approbation du Pape Eugène VI, il donna au bâtiment le nom d'Hôtel Dieu.
Afin d'assurer la sécurité financière de l'hôpital, Nicolas Rolin légua des terres en Côtes de Beaune et encouragea les bourguignons a en faire de même.
Cinq siècles de donations ont permis aux Hospices de gérer une surface de 57 hectares de Grands Crus et de Premiers Crus : Corton-Charlemagne et Meursault pour les vins blancs, Aloxe-Corton, Corton, Pommard, Savigny et Volnay pour les vins rouges.
La production du vin est confiée à des vignerons par contrat et supervisée par des responsables des Hospices.
Bien évidemment, les vins sont soumis aux contrôles et restrictions de leurs appellations.
Sur l'étiquette du vin figurent la référence "Hospices de Beaune" et le nom du donateur.
Depuis 1859, chaque année, le vin est vendu aux enchères publiques le troisième dimanche de novembre. Avant chaque vente, une degustation permet d'apprécier la qualité du vin. Ainsi, le montant d'une enchère donne une indication précieuse sur la valeur du millésime. Les enchères se font "à la bougie". L'extinction de la bougie marque la fin de chaque enchère.
C'est la plus grande vente de charité au monde. Les ventes dépassent depuis quelques années les 10 millions de francs. Les bénéfices permettent de moderniser l'exploitation vinicole, de restaurer l'Hôtel Dieu, d'améliorer le musée, de moderniser le nouvel hôpital et d'acheter de nouveaux équipements médicaux.
Depuis 1971, suite à la construction d'un hôpital moderne, l'Hôtel Dieu est un musée qui reçoit plus de 400 000 visiteurs par an. C'est une formidable vitrine de la vie au moyen-âge. L'architecture du lieu est est une oeuvre d'art avec son style gothique, ses tuiles multicolores, ses cours et ses salles. Les Hospices de Beaune sont la principale attraction touristique de la Bourgogne et ses ventes l'événement de l'année parmi les professionnels du vin en France.
Hakkımda
- VILDAN ORNADIS
- Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
- Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie
Présentation
Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.
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EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►
MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR
Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )
Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık
Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık
Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı
Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları
Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri
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Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.
İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...
Merci Bien - Teşekkürler
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FRANSIZCA ÖĞRENMEK İSTER MİSİNİZ ?
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Fransızca öğrenmeyi hiç düşündünüz mü ?
Düşünüyorsanız....
Fransızcaya adım atmak isteyen sizlere Başlangıç seviyesinden İleri seviyelere kadar her aşamada yardımcı olabilecek bu site sayesinde Fransızcanızı geliştirebilirsiniz. Dünyada 450 milyon kişi Fransızca konuşuyor yani ''FRANCOPHONE'' .
Siz de neden bir ''FRANCOPHONE'' olmayasınız ? Bu sayede dünya edebiyatına mal olmuş en önemli sanatçıların eserlerini anadilinden okuma şansınız olur. Siz de Montaigne'nin "Denemeler"ini,Molière'den "Cimri"yi,LaFontaine'den masalları, Voltaire,Rousseau ve Montesquieu'nin felsefelerini, Honoré de Balzac,Victor Hugo,Stendhal, Zola ve Alexandre Dumas'nın romanlarını; 20.yüzyıla şekil vermiş aydınlar olan Jean-Paul Sartre ve Albert Camus'nun eserlerini orijinal dilinden okuyup anlama ve analiz etme ayrıcalığına sahip olabilirsiniz. Fransızca öğrenmek sadece bir dil öğrenmekten ibaret değildir.İnsanın hayata bakışını değiştiren,vizyonunu geliştiren,önünde bambaşka ufukların açıkmasını sağlayan; gastronomisiyle,eğlence anlayışıyla,farklı sanat dallarıyla ve modasıyla bütün halinde bir yaşam tarzıdır.Bu yaşam tarzını edinmenin birinci koşulu diline hâkim olmaktan geçer.Bu anlamda blogumuzu diğerlerinden ayıran en temel fark sadece dile odaklı olmayışımızdır."Dil" burada sadece bir araçtır, amacımız fransız kültürünü etraflıca ele almak ve yaygınlığını arttırmaktır.
Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.
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20 Ekim 2010 Çarşamba
LE QUESTIONNAIRE DE BERNARD PIVOT
1. Votre mot préféré?
2. Le mot que vous détestez?
3. Votre drogue favorite ?
4. Le son, le bruit que vous aimez ?
5. Le son, le bruit que vous détestez ?
6. Votre juron, gros mot ou blasphème favori?
7. Homme ou Femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
8. Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?
9. La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarné?
10. Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire?
Les Réponses de Bernard Pivot►
1. Aujourd'hui (Avec une apostrophe au milieu).
2. (Un mauvais sentiment, décrit par un mauvais mot) : Concupiscence.
3. La lecture des journaux en général, et de L'Équipe, en particulier.
4. Le son très discret des pages que je tourne en lisant un livre, ou le son aussi discret du stylo sur la feuille.
5. [Cette question a été oubliée pendant cette dernière émission]
6. Oh! Putain!, Oh! putain!, Oh! Putain! (Toujours trois fois).
7. Michel Bouquet dans L'Avare de Molière.
8. Président de France Télévision ou directeur d'une chaîne du service public.
9. J'aimerais bien être réincarné dans un cep de la Romanée Conti.
10. « Alors Mr. Pivot, (Oui parce que Dieu a d'abord parlé latin, hébreux, arabe, puis après il a parlé français. Maintenant il parle anglais, évidemment. Donc) Alors Mr. Pivot, how do you do? Euh... Pas terrible... je... euh... I am sorry my God but I don't speak English. Ah! Mais c'est vrai vous ne parlez pas anglais. (Il parle français, évidemment, lui aussi...) Eh bien! Vous avez toute l'éternité devant vous pour apprendre l'anglais. Et je vais vous donner un très bon professeur. S'il vous plait, allez me chercher Sir William. Shakespeare of course! »
Qui est Bernard Pivot?
Il est sans doute le journaliste littéraire le plus connu de France. Bernard Pivot a marqué l'histoire de la télévision avec ses émissions 'Apostrophes', lancée en 1974 et 'Bouillon de culture' qu'il anime et produit de 1990 à 2001. On lui doit des interviews rares et précieuses d'écrivains aussi renommés qu'Alexandre Soljenitsyne ou Vladimir Nabokov. Egalement impliqué dans la presse écrite - il fait ses débuts pour le Figaro Littéraire -, Bernard Pivot est éditorialiste pour le magazine Lire et chroniqueur pour Le Point. Animateur des 'Dicos d'or' et du championnat du monde d'orthographe de langue française, cet amoureux inconditionnel de la langue de Molière n'a de cesse de partager cette passion dans des ouvrages comme '100 mots à sauver' ou '100 expressions à sauver'. Premier membre de l'académie Goncourt à ne pas être écrivain, Bernard Pivot est sans conteste une voix respectée et entendue du milieu littéraire français.
Bernard Pivot a formulé 10 questions qu'il posait à ses invités à l'émission "Bouillon de Culture". Ces questions et les réponses de Pivot sont déjà apparues ci-dessus. Maintenant, c'est à vous, chère lectrice / cher lecteur, de répondre à ces mêmes questions et de partager les réponses avec nous...
1. Votre mot préféré?
2. Le mot que vous détestez?
3. Votre drogue favorite ?
4. Le son, le bruit que vous aimez ?
5. Le son, le bruit que vous détestez ?
6. Votre juron, gros mot ou blasphème favori?
7. Homme ou Femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
8. Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?
9. La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarné?
10. Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire?
Les Réponses de Bernard Pivot►
1. Aujourd'hui (Avec une apostrophe au milieu).
2. (Un mauvais sentiment, décrit par un mauvais mot) : Concupiscence.
3. La lecture des journaux en général, et de L'Équipe, en particulier.
4. Le son très discret des pages que je tourne en lisant un livre, ou le son aussi discret du stylo sur la feuille.
5. [Cette question a été oubliée pendant cette dernière émission]
6. Oh! Putain!, Oh! putain!, Oh! Putain! (Toujours trois fois).
7. Michel Bouquet dans L'Avare de Molière.
8. Président de France Télévision ou directeur d'une chaîne du service public.
9. J'aimerais bien être réincarné dans un cep de la Romanée Conti.
10. « Alors Mr. Pivot, (Oui parce que Dieu a d'abord parlé latin, hébreux, arabe, puis après il a parlé français. Maintenant il parle anglais, évidemment. Donc) Alors Mr. Pivot, how do you do? Euh... Pas terrible... je... euh... I am sorry my God but I don't speak English. Ah! Mais c'est vrai vous ne parlez pas anglais. (Il parle français, évidemment, lui aussi...) Eh bien! Vous avez toute l'éternité devant vous pour apprendre l'anglais. Et je vais vous donner un très bon professeur. S'il vous plait, allez me chercher Sir William. Shakespeare of course! »
Qui est Bernard Pivot?
Il est sans doute le journaliste littéraire le plus connu de France. Bernard Pivot a marqué l'histoire de la télévision avec ses émissions 'Apostrophes', lancée en 1974 et 'Bouillon de culture' qu'il anime et produit de 1990 à 2001. On lui doit des interviews rares et précieuses d'écrivains aussi renommés qu'Alexandre Soljenitsyne ou Vladimir Nabokov. Egalement impliqué dans la presse écrite - il fait ses débuts pour le Figaro Littéraire -, Bernard Pivot est éditorialiste pour le magazine Lire et chroniqueur pour Le Point. Animateur des 'Dicos d'or' et du championnat du monde d'orthographe de langue française, cet amoureux inconditionnel de la langue de Molière n'a de cesse de partager cette passion dans des ouvrages comme '100 mots à sauver' ou '100 expressions à sauver'. Premier membre de l'académie Goncourt à ne pas être écrivain, Bernard Pivot est sans conteste une voix respectée et entendue du milieu littéraire français.
Bernard Pivot a formulé 10 questions qu'il posait à ses invités à l'émission "Bouillon de Culture". Ces questions et les réponses de Pivot sont déjà apparues ci-dessus. Maintenant, c'est à vous, chère lectrice / cher lecteur, de répondre à ces mêmes questions et de partager les réponses avec nous...
LE CONCEPT D'ETHNIE
L’éthnologie doit connaitre le peuple qu’il étudie sans jamais les juger, sans porter sur eux des jugements, des valeurs.
A) – Les concepts fondamentaux►
Une éthnie c’est une race. Il n’y a pas une seule race humaine. Une éthnie, c’est une population qui posséde en commun une origine, une langue avec ses variantes, une histoire, une ou plusieurs territoires. Une éthnie est une race communale qui possède des caractéristiques communs
Il arrive très souvent le nom des éthnies, le territoire qu’elles occupent, la langue qu’elles parlent comme résultat de reconstruction administrative issue de l’ancien administration coloniale. Pour mieux gouverner la colonie, les occidentaux se sont livrés à toute sorte de manipulation et de reconstruction éthnique particulièrement en Afrique.
B) – Parenté et Filiation►
La parenté c’est l’ensemble des liens qui unissent biologiquement ou volontairement (mariage) des individus au sein d’une famille, d’une tribue
Éthnie►tribue►clans►familles
La filiation c’est l’ensemble des règles qui définissent l’identité sociale d’un individu par rapport à ses ascendants et qui déterminent la hierarchie des membres de la famille, les biens et la transmission d’échanges. La relation de parenté et les règles de la filiation ne sont pas naturelles mais culturelles.
LES METHODES DE L'ETHNOLOGUE►
Dans toutes les sciences, il y a toujours une méthode. La méthode la plus connue pour un éthnologue c’est l’observation participante. On participe à la vie sociale du groupe social que l’on étudie. Plusieurs difficultés se présentent pour l’éthnologe: les conditions climatiques ainsi que les conditions de la vie quotidienne sont très différentes des conditions occidentales. Le chercheur doit participer plainement à la vie sociale du groupe (chasse, fête, repas etc...) en procédant par imitation mais il doit aussi conserver un regard analytique et objectif sur la société qu’il observe. Il doit développer quelques relations privilégiées avec certains membres de la tribu mais sans se faire tromper par les intérêts de ceux avec qui il entretient des relations privilégiées.
La seule présence d’un étranger peut modifier les relations et les pratiques sans que l’éthnologue s’en aperçoive.
L’éthnologie doit connaitre le peuple qu’il étudie sans jamais les juger, sans porter sur eux des jugements, des valeurs.
A) – Les concepts fondamentaux►
Une éthnie c’est une race. Il n’y a pas une seule race humaine. Une éthnie, c’est une population qui posséde en commun une origine, une langue avec ses variantes, une histoire, une ou plusieurs territoires. Une éthnie est une race communale qui possède des caractéristiques communs
Il arrive très souvent le nom des éthnies, le territoire qu’elles occupent, la langue qu’elles parlent comme résultat de reconstruction administrative issue de l’ancien administration coloniale. Pour mieux gouverner la colonie, les occidentaux se sont livrés à toute sorte de manipulation et de reconstruction éthnique particulièrement en Afrique.
B) – Parenté et Filiation►
La parenté c’est l’ensemble des liens qui unissent biologiquement ou volontairement (mariage) des individus au sein d’une famille, d’une tribue
Éthnie►tribue►clans►familles
La filiation c’est l’ensemble des règles qui définissent l’identité sociale d’un individu par rapport à ses ascendants et qui déterminent la hierarchie des membres de la famille, les biens et la transmission d’échanges. La relation de parenté et les règles de la filiation ne sont pas naturelles mais culturelles.
LES METHODES DE L'ETHNOLOGUE►
Dans toutes les sciences, il y a toujours une méthode. La méthode la plus connue pour un éthnologue c’est l’observation participante. On participe à la vie sociale du groupe social que l’on étudie. Plusieurs difficultés se présentent pour l’éthnologe: les conditions climatiques ainsi que les conditions de la vie quotidienne sont très différentes des conditions occidentales. Le chercheur doit participer plainement à la vie sociale du groupe (chasse, fête, repas etc...) en procédant par imitation mais il doit aussi conserver un regard analytique et objectif sur la société qu’il observe. Il doit développer quelques relations privilégiées avec certains membres de la tribu mais sans se faire tromper par les intérêts de ceux avec qui il entretient des relations privilégiées.
La seule présence d’un étranger peut modifier les relations et les pratiques sans que l’éthnologue s’en aperçoive.
19 Ekim 2010 Salı
BLAISE CENDRARS
Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric Sauser, est né en Suisse en 1887 et est mort en 1961. Né de père suisse et de mère écossaise, la biographie de l'écrivain le place sous le signe des voyages. En effet, Blaise Cendrars part très jeune à Saint-Pétersbourg en tant qu'apprenti bijoutier, où il est témoin malgré lui de la Révolution russe de 1905. Il vit en Russie entre 1904 et 1907 et y écrit son premier livre, « la Légende de Novgorod », qui sera publié en 1907 à Moscou, en russe et à son insu.
De retour en Europe, Blaise Cendrars rencontre à Berne sa future épouse et part vivre avec elle en 1912 à New York où il écrit « les Pâques », l'une de ses premières oeuvres littéraires reconnues. Pour sa future bibliographie, il signe le poème de son nouveau pseudonyme dérivé du mythe du phénix qui renaît de ses cendres. Blaise Cendrars s'installe ensuite à Paris, et côtoie Guillaume Apollinaire et ses amis peintres de l'école de Paris, comme Modigliani. Il se lie particulièrement avec Robert et Sonia Delaunay qui va illustrer le poème-tableau « Prose du Transsibérien et de la petite Je(h)anne de France » en 1913. Blaise Cendrars devient une figure de l'avant-garde et un tenant du cubisme littéraire, avec un style bien à lui qui le place aux côtés de Jean Cocteau, Max Jacob ou Pierre Reverdy. En 1914, il s'engage dans la Légion étrangère mais perd le bras droit, touché par un obus en 1915. Malgré la perte de son « bras de poète », Blaise Cendrars publie « la Guerre au Luxembourg » en 1916 et obtient la nationalité française.
L'amputation qu'il a subie va beaucoup marquer son oeuvre, faisant dire à Picasso: « Cendrars est revenu de la guerre avec un bras en plus ». Après la guerre, Blaise Cendrars devient directeur littéraire des éditions de la Sirène, critique d'art et collaborateur de la revue Littérature. Il publie une « Anthologie nègre » en 1921 et « Au coeur du monde » en 1922. Blaise Cendrars collabore également avec Fernand Léger et Darius Milhaud pour le livret de « la Création du monde » des Ballets suédois en 1923.
À partir de 1924, il abandonne définitivement l'écriture poétique, au profit des récits de voyage. Un séjour au Brésil lui fournit la matière à de nombreux textes, dont « le Brésil » en 1952. En 1925, la parution du premier roman de Blaise Cendrars, « l'Or », obtient un énorme succès, ainsi que « Moravagine » en 1926, roman surréaliste et autobiographique. Suivent ensuite un roman en deux volumes et une biographie romancée de Jean Calmot. Vers les années trente, Blaise Cendrars se fait grand reporter pour Paris-Soir, dirigé par Pierre Lazareff. Sa participation durant la Seconde Guerre mondiale comme correspondant de guerre du côté britannique lui inspirera « Chez l'armée anglaise », en 1940. Après la défaite, Blaise Cendrars se retire à Aix-en-Provence et commence sa série des « Mémoires » en quatre volumes. « L'Homme foudroyé » (1945), « la Main coupée » (1946), « Bourlinguer » (1948) et « le Lotissement du ciel » (1949) constituent une autobiographie très libre quant aux faits et aux dates.
En 1949, Blaise Cendrars publie « la Banlieue de Paris », avec Robert Doisneau, puis « Emmène-moi au bout du monde » en 1956, « Trop c'est trop » en 1957, et enfin son dernier ouvrage, « Film sans images » en 1959. On a longtemps célébré le Blaise Cendrars poète mais il a fallut attendre les années 70 pour que soient reconnus également ses talents de romancier et de journaliste.
BOURLINGUER
Bourlinguer, voyager, errer, se promener. Ce livre est une invitation du poète intersidérale et magnifique, de cet écorché vif, éternel voyageur des mots et des sensations pures, à fleur de peau. Il nous emmène dans ses morceaux de vie, dans ses voyages initiatiques. Cendrars n’est pas un simple touriste, il est le voyageur, il est un routard qui traverse l’Europe de Rotterdam à Gênes, en passant par Paris, Hambourg, La Corogne et Naples. La plupart de ses destinations, plutôt de ses étapes, sont des ports, car il voyage en bateau, se donnant le temps, manne de livres rares avec lui, de penser, regarder, écrire. Les étapes qu’il nous décrit sont pour l’occasion de voir le monde, pas celui des hôtels de touristes, celui de ces villes magiques qu’il nous fait découvrir, de ces gens « du cru » qu’il nous fait connaître, nus qui croyions tout savoir de ces « autochtones » que nous avons croisé, appareil photo en bandoulière, pendant une heure, avant de retourner nous bâfrer dans nos hôtels-prisons.
Car Cendrars nous montre une autre façon de voyager, loin de ces voyages rapides comme des fast-food, d’un week-end découverte à découvrir les mêmes hôtels à Istanbul qu’à Bamako ou à Venise, à photographier et visiter ces lieux historiques en une heure, alors qu’ils ont mis des centaines d’années, parfois plus, à se construire, à vivre, à mourir...
Mais cessons là toute tentative de ressembler à ce grand homme, d’arriver à la cheville de cet écrivain de l’âme. Tout ce que j’espère est de vous avoir donné envie d’y regarder de plus près, pour le reste à vous de voir...
Bourlinguer ► mot inventé par Blaise Cendrars en 1948
Et si les dictionnaires n'en conviennent pas encore, tant pis pour la philologie! Aussi sûrement que modernité attendait Baudelaire pour se déclarer au grand jour et entreprendre son étonnante carrière, bourlinguer est resté dans les limbes de la littérature jusqu'à Cendrars. Le poète a fait mieux que le forger: il l'a signé en publiant sous ce titre qui sonne comme une devise un de ses plus grands livres. Tout au long des années vingt et trente, le verbe apparaît déjà, ici ou là, au fil de ses textes, mais c'est dans le troisième volume des Mémoires que la rencontre cristallise. Avec l'évidence entraînante de la mythe, il ira de soi désormais que Cendrars est le bourlingueur de la littérature française.
Bourlinguer, voyager, errer, se promener. Ce livre est une invitation du poète intersidérale et magnifique, de cet écorché vif, éternel voyageur des mots et des sensations pures, à fleur de peau. Il nous emmène dans ses morceaux de vie, dans ses voyages initiatiques. Cendrars n’est pas un simple touriste, il est le voyageur, il est un routard qui traverse l’Europe de Rotterdam à Gênes, en passant par Paris, Hambourg, La Corogne et Naples. La plupart de ses destinations, plutôt de ses étapes, sont des ports, car il voyage en bateau, se donnant le temps, manne de livres rares avec lui, de penser, regarder, écrire. Les étapes qu’il nous décrit sont pour l’occasion de voir le monde, pas celui des hôtels de touristes, celui de ces villes magiques qu’il nous fait découvrir, de ces gens « du cru » qu’il nous fait connaître, nus qui croyions tout savoir de ces « autochtones » que nous avons croisé, appareil photo en bandoulière, pendant une heure, avant de retourner nous bâfrer dans nos hôtels-prisons.
Car Cendrars nous montre une autre façon de voyager, loin de ces voyages rapides comme des fast-food, d’un week-end découverte à découvrir les mêmes hôtels à Istanbul qu’à Bamako ou à Venise, à photographier et visiter ces lieux historiques en une heure, alors qu’ils ont mis des centaines d’années, parfois plus, à se construire, à vivre, à mourir...
Mais cessons là toute tentative de ressembler à ce grand homme, d’arriver à la cheville de cet écrivain de l’âme. Tout ce que j’espère est de vous avoir donné envie d’y regarder de plus près, pour le reste à vous de voir...
Bourlinguer ► mot inventé par Blaise Cendrars en 1948
Et si les dictionnaires n'en conviennent pas encore, tant pis pour la philologie! Aussi sûrement que modernité attendait Baudelaire pour se déclarer au grand jour et entreprendre son étonnante carrière, bourlinguer est resté dans les limbes de la littérature jusqu'à Cendrars. Le poète a fait mieux que le forger: il l'a signé en publiant sous ce titre qui sonne comme une devise un de ses plus grands livres. Tout au long des années vingt et trente, le verbe apparaît déjà, ici ou là, au fil de ses textes, mais c'est dans le troisième volume des Mémoires que la rencontre cristallise. Avec l'évidence entraînante de la mythe, il ira de soi désormais que Cendrars est le bourlingueur de la littérature française.
CONTRASTES
Les fenêtres de ma poésie sont grand'ouvertes sur les Boulevards et dans ses vitrines
Brillent
Les pierreries de la lumière
Ecoute les violons des limousines et les xylophones des linotypes
Le pocheur se lave dans l'essuie-main du ciel
Tout est taches de couleur
Et les chapeaux des femmes qui passent sont des comètes dans l'incendie du soir
L'unité
II n'y a plus d'unité
Toutes les horloges marquent maintenant 24 heures après avoir été retardées de dix minutes
II n'y a plus de temps.
Il n'y a plus d'argent.
A la Chambre
On gâche les éléments merveilleux de la matière première
Chez le bistro
Les ouvriers en blouse bleue boivent du vin rouge
Tous les samedis poule au gibier
On joue
On parie
De temps en temps un bandit passe en automobile
Ou un enfant joue avec l'Arc de Triomphe...
Je conseille à M. Cochon de loger ses protégés à la Tour Eiffel.
Aujourd'hui
Changement de propriétaire
Le Saint-Esprit se détaille chez les plus petits boutiquiers
Je lis avec ravissement les bandes de calicot
De coquelicot
II n'y a que les pierres ponces de la Sorbonne qui ne sont jamais fleuries
L'enseigne de la Samaritaine laboure par contre la Seine
Et du côté de Saint-Séverin
J'entends
Les sonnettes acharnées des tramways
II pleut dès globes électriques
Montrouge Gare de l'Est Métro Nord-Sud bateaux-mouches monde
Tout est halo
Profondeur
Rue de Buci on crie l’Intransigeant et Paris-Sports
L'aérodrome du ciel est maintenant, embrasé, un tableau de Cimabue
Quand par devant
Les hommes sont
Longs
Noirs
Tristes
Et fument, cheminées d'usine
Les fenêtres de ma poésie sont grand'ouvertes sur les Boulevards et dans ses vitrines
Brillent
Les pierreries de la lumière
Ecoute les violons des limousines et les xylophones des linotypes
Le pocheur se lave dans l'essuie-main du ciel
Tout est taches de couleur
Et les chapeaux des femmes qui passent sont des comètes dans l'incendie du soir
L'unité
II n'y a plus d'unité
Toutes les horloges marquent maintenant 24 heures après avoir été retardées de dix minutes
II n'y a plus de temps.
Il n'y a plus d'argent.
A la Chambre
On gâche les éléments merveilleux de la matière première
Chez le bistro
Les ouvriers en blouse bleue boivent du vin rouge
Tous les samedis poule au gibier
On joue
On parie
De temps en temps un bandit passe en automobile
Ou un enfant joue avec l'Arc de Triomphe...
Je conseille à M. Cochon de loger ses protégés à la Tour Eiffel.
Aujourd'hui
Changement de propriétaire
Le Saint-Esprit se détaille chez les plus petits boutiquiers
Je lis avec ravissement les bandes de calicot
De coquelicot
II n'y a que les pierres ponces de la Sorbonne qui ne sont jamais fleuries
L'enseigne de la Samaritaine laboure par contre la Seine
Et du côté de Saint-Séverin
J'entends
Les sonnettes acharnées des tramways
II pleut dès globes électriques
Montrouge Gare de l'Est Métro Nord-Sud bateaux-mouches monde
Tout est halo
Profondeur
Rue de Buci on crie l’Intransigeant et Paris-Sports
L'aérodrome du ciel est maintenant, embrasé, un tableau de Cimabue
Quand par devant
Les hommes sont
Longs
Noirs
Tristes
Et fument, cheminées d'usine
BLAISE CENDRARS
ETUDE SUR "CONTRASTES"
« Le contraste n'est pas un noir et un blanc, un contraire, une dissemblance. Le contraste est une ressemblance ». "Blaise Cendrars"
Le poète, offre ici une nouvelle définition au titre du troisième poème de son recueil « Dix-neuf poèmes élastiques ». Rédigé en majeure partie de 1912 à 1914, ce recueil s'inscrit dans un climat d'avant-guerre. Cendrars est un poète aux antipodes de la convention littéraire, poètique. Il fait de la poèsie une manière de vivre. Le monde est un tout. Au début du XX ème siècle, les arts se mêlent. Ainsi son écriture est-elle intimement liée avec la peinture. Le bouleversement fulgurant des arts et notamment de la poèsie, accompagne celui de la société française. La question qui se pose alors est la suivante: comment Cendrars définit-il sa poèsie dans «Contrastes »? Et en quoi est-elle, selon la description de Léger (peintre français du début du XXe siècle) d'une oeuvre d'art, « significative de son époque » ?
I. La poésie de Cendrars apparaît dans ce poème comme une peinture par les mots
II. Un art qui dépeint l'instant présent et éphémère
III. Une esthétique nouvelle est proposée : une vision kaléidoscopique
« Le contraste n'est pas un noir et un blanc, un contraire, une dissemblance. Le contraste est une ressemblance ». "Blaise Cendrars"
Le poète, offre ici une nouvelle définition au titre du troisième poème de son recueil « Dix-neuf poèmes élastiques ». Rédigé en majeure partie de 1912 à 1914, ce recueil s'inscrit dans un climat d'avant-guerre. Cendrars est un poète aux antipodes de la convention littéraire, poètique. Il fait de la poèsie une manière de vivre. Le monde est un tout. Au début du XX ème siècle, les arts se mêlent. Ainsi son écriture est-elle intimement liée avec la peinture. Le bouleversement fulgurant des arts et notamment de la poèsie, accompagne celui de la société française. La question qui se pose alors est la suivante: comment Cendrars définit-il sa poèsie dans «Contrastes »? Et en quoi est-elle, selon la description de Léger (peintre français du début du XXe siècle) d'une oeuvre d'art, « significative de son époque » ?
I. La poésie de Cendrars apparaît dans ce poème comme une peinture par les mots
II. Un art qui dépeint l'instant présent et éphémère
III. Une esthétique nouvelle est proposée : une vision kaléidoscopique
Cendrars se moque des conventions morales et de monuments nationaux, voire républicains. La religion elle aussi intervient dans le poème. La « Sorbonne » (v.28), représentation du monde des érudits, s'oppose à celui des Prolétaires. Cendrars prend parti pour ce dernier dans la mesure où la vitalité, la joie exprimées par les couleurs, ne se retrouvent pas dans la prestigieuse école du quartier Latin.
Le fleuve s'assimile au temps. Pour reprendre la célèbre maxime du philosophe grec Héraclite (vers 550 - vers 480) : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». Le temps qui s 'écoule sans cesse flotte sur le poème. Cette thématique s'exprime premièrement au travers des réformes temporelles que sont « soir » (v.7), « horloges » (v.10), « maintenant » (v.10 et 38), « 24 heures » (v.10), « aprés » (v.10), « retardées » (v.10), « 10 minutes » (v.10), « temps » (v.11), « tous les samedis » (v.17), « de temps en temps » (v.20), « aujourd'hui » (v.23), « jamais » (v.28), et « quand » (v.39).
Le thème de la lumière est omniprésent dans le poème avec: « brillent » (v.2), « lumière » (v.3), « ciel » (v.5), « couleur » (v.6), « incendie » (v.7), « bleue » (v.16), « rouge » (v16), « coquelicot » (v.27), « fleuries » (v.28), « halo » (v.34), « embrasé » (v.37), et « noirs » (v.41). Cette lumière est une richesse. Le troisième vers, « les pierreries de la lumière », confirme l'idée. Le poète associe l'image des pierres précieuses reflètant, assez lourdement, l'aisance économique, à la luminosité. Par ailleurs, les couleurs sont isolées. À la manière de Léger qui influe pour un usage franc et brutal des couleurs, sans brassage, Cendrars les fait s'opposer.
La scène a pour décors le « bistro » (v.15), pour comédiens « les ouvriers » (v.16) portant un costume analogue, une « blouse bleue » (v.16). C'est au plus profond du commun des mortels que se situe l'attraction. Le poète va s'inspirer sur le boulevard empli de vie, de passage, comme le montre le mouvement, au premier vers, des « fenêtres » vers « les boulevards ». Un travail d'observation s'effectue. Les « vitrines » (v.1) connotent l'expostion, soit quelque chose qui s'offre au regard. Le thème de la ville est omniprésent.
18 Ekim 2010 Pazartesi
EUGENIE GRANDET
A Saumur, Félix Grandet ( le père Grandet) s'est constitué, grâce à de nombreuses spéculations foncières, une fortune qui n'a d'égal que son avarice. Il règne en tyran sur son entourage: sa femme, sa fille unique, Eugènie, et sa servante Nanon. Il enferme tout à clé, et rationne toute la maisonnée.
Lors de ce jour de Novembre 1819, une fête est organisée pour les vingt-trois ans d'Eugènie. Y sont invités les Cruchot et les des Grassins, deux familles rivales qui espèrent marier l'un de leurs fils avec la fille du père Grandet.
Survient alors Charles Grandet, le cousin de Paris dont le charme et l'élégance ne laissent pas Eugénie indifférente. Charles est surpris de l'aspect misérable de la demeure de son oncle. Eugénie tombe amoureuse de son cousin, et peu à peu le jeune homme partage ses tendres sentiments.
Charles est porteur d'une lettre rédigée par son père et destinée à son oncle, le Père Grandet. On y apprend que ruiné, et poursuivi par ses créanciers, il s'est suicidé. Charles n'a plus un sou, mais ne le sait pas. Il est effondré de douleur d'apprendre la mort de son père. Loin de s'attendrir, le père Grandet méprise ce neveu insolvable. L'insensibilité de son père choque Eugènie.Le jeune homme pleure jour et nuit son père et toute son infortune. Eugènie, émue, fait don à son cousin de tout son argent: des pièces de collection offertes par son père. Ce don a pour but d'aider Charles à réaliser son projet: partir aux Indes pour y faire fortune. Charles pleure de bonheur face à la bonté d'Eugènie et lui donne en échange un nécessaire de toilette en or qui contenait le portrait de sa mère et de son père défunts. Après de grands serments Charles et Eugènie échangent un baiser et se promettent de se marier. Puis Charles s'embarque pour les Indes afin de faire fortune et d'effacer la faillite de son père...
La vie reprend, mais le départ de Charles laisse un grand vide dans la vie d'Eugénie. Le jour de l'an 1820, le Père Grandet demande comme chaque année, à voir tout l'or qu'il a donné à sa fille.
Quand il apprend sa disparition, il explose de colère. Malgré les menaces de son père, Eugènie refuse de livrer son secret. Le vieil avare décide alors d'enfermer Eugénie dans sa chambre. Madame Grandet, qui adore sa fille, est minée par cette décision. Elle tombe malade et s'affaiblit peu à peu. Apprenant qu'à la mort de sa mère, Eugènie, seule héritière, pourrait exiger le partage de la succession, le Père Grandet décide de se réconcilier avec sa fille.
En 1822, après deux ans d'un long martyre, Mme Grandet meurt épuisée. Grandet obtient de sa fille qu'elle renonce à l'héritage maternel. Eugènie accepte et vit à ses côtés en s'occupant de lui. Elle attend en vain des nouvelles de Charles qui ne lui écrit pas. Le père Grandet initie sa file à ses affaires, puis, en 1827, meurt à son tour, en admirant fébrilement ses écus.
La riche Eugènie reçoit enfin une lettre de Charles, dans laquelle il lui annonce qu'il a réussi un mariage d'argent. Il a en effet épousé mademoiselle d'Aubrion, qu'il n'aime guère, mais qui a des titres de noblesse. Eugènie se résigne alors à épouser le vieux président Cruchot de Bonfons. Elle ne pose que deux conditions: que ce mariage reste blanc et qu'il paie les dettes de son oncle.
A la mort de son mari, Eugènie revient dans la maison de ses parents. Malgré, sa fortune, elle y vit petitement, reprenant les habitudes de son père et consacrant sa fortune à des œuvres de charité. Solitaire, malgré son cœur généreux, elle mènera une existence monotone...
A Saumur, Félix Grandet ( le père Grandet) s'est constitué, grâce à de nombreuses spéculations foncières, une fortune qui n'a d'égal que son avarice. Il règne en tyran sur son entourage: sa femme, sa fille unique, Eugènie, et sa servante Nanon. Il enferme tout à clé, et rationne toute la maisonnée.
Lors de ce jour de Novembre 1819, une fête est organisée pour les vingt-trois ans d'Eugènie. Y sont invités les Cruchot et les des Grassins, deux familles rivales qui espèrent marier l'un de leurs fils avec la fille du père Grandet.
Survient alors Charles Grandet, le cousin de Paris dont le charme et l'élégance ne laissent pas Eugénie indifférente. Charles est surpris de l'aspect misérable de la demeure de son oncle. Eugénie tombe amoureuse de son cousin, et peu à peu le jeune homme partage ses tendres sentiments.
Charles est porteur d'une lettre rédigée par son père et destinée à son oncle, le Père Grandet. On y apprend que ruiné, et poursuivi par ses créanciers, il s'est suicidé. Charles n'a plus un sou, mais ne le sait pas. Il est effondré de douleur d'apprendre la mort de son père. Loin de s'attendrir, le père Grandet méprise ce neveu insolvable. L'insensibilité de son père choque Eugènie.Le jeune homme pleure jour et nuit son père et toute son infortune. Eugènie, émue, fait don à son cousin de tout son argent: des pièces de collection offertes par son père. Ce don a pour but d'aider Charles à réaliser son projet: partir aux Indes pour y faire fortune. Charles pleure de bonheur face à la bonté d'Eugènie et lui donne en échange un nécessaire de toilette en or qui contenait le portrait de sa mère et de son père défunts. Après de grands serments Charles et Eugènie échangent un baiser et se promettent de se marier. Puis Charles s'embarque pour les Indes afin de faire fortune et d'effacer la faillite de son père...
La vie reprend, mais le départ de Charles laisse un grand vide dans la vie d'Eugénie. Le jour de l'an 1820, le Père Grandet demande comme chaque année, à voir tout l'or qu'il a donné à sa fille.
Quand il apprend sa disparition, il explose de colère. Malgré les menaces de son père, Eugènie refuse de livrer son secret. Le vieil avare décide alors d'enfermer Eugénie dans sa chambre. Madame Grandet, qui adore sa fille, est minée par cette décision. Elle tombe malade et s'affaiblit peu à peu. Apprenant qu'à la mort de sa mère, Eugènie, seule héritière, pourrait exiger le partage de la succession, le Père Grandet décide de se réconcilier avec sa fille.
En 1822, après deux ans d'un long martyre, Mme Grandet meurt épuisée. Grandet obtient de sa fille qu'elle renonce à l'héritage maternel. Eugènie accepte et vit à ses côtés en s'occupant de lui. Elle attend en vain des nouvelles de Charles qui ne lui écrit pas. Le père Grandet initie sa file à ses affaires, puis, en 1827, meurt à son tour, en admirant fébrilement ses écus.
La riche Eugènie reçoit enfin une lettre de Charles, dans laquelle il lui annonce qu'il a réussi un mariage d'argent. Il a en effet épousé mademoiselle d'Aubrion, qu'il n'aime guère, mais qui a des titres de noblesse. Eugènie se résigne alors à épouser le vieux président Cruchot de Bonfons. Elle ne pose que deux conditions: que ce mariage reste blanc et qu'il paie les dettes de son oncle.
A la mort de son mari, Eugènie revient dans la maison de ses parents. Malgré, sa fortune, elle y vit petitement, reprenant les habitudes de son père et consacrant sa fortune à des œuvres de charité. Solitaire, malgré son cœur généreux, elle mènera une existence monotone...
HONORE DE BALZAC (1833)
17 Ekim 2010 Pazar
ESSAI SUR MARCEL PROUST & ANDRE GIDE
S'il n'est guère possible de comparer deux écrivains aux visées et aux styles différents, il est néanmoins heureux et courageux de procéder à de telles tentatives pour mieux faire ressortir les particularités de chacun avec prudence et modestie. C'est le mérite d'un article fort intéressant récemment paru sur ce blog. Je voudrais à mon tour apporter mon grain de sel et vous dire en quelques lignes les caractéristiques de chacun de ces géants de la littérature mondiale en soulignant davantage leurs différences.
Nous avons à faire à deux esprits entièrement impliqués dans leur époque. Ils sont mondains et mènent une vie faite de relations multiples. Gide restera dans le monde tout en le contestant, Proust s'en retirera. Le premier s'y engage, voyage, opte pour telle ou telle idée et puis s'en détache. Le deuxième par sa maladie qui l'indispose se voit obligé d'adopter une stricte hygiène de vie et rompt avec le monde. Gide est dans son temps mais l'explore en espace. Proust abandonne l'espace et part en quête du temps. L'un cherche, trouve et abandonne, l'autre cherche, trouve et se fixe définitivement. Le temps est nostalgie, passé et évocation pour Proust. «Gide ne cesse de se diviser contre lui-même» (Mauriac), Proust divisera le temps. Celui-ci pensait contre Saint-Simon et Taine que l'homme qui écrit est radicalement autre que celui des activités sociales. En effet, derrière un homme mondain et snob se cache un écrivain de génie. La contradiction, le déchirement sont des moteurs pour Gide. Telle une dialectique implacable, il construit et détruit tour à tour. Quand on commence à s'intéresser aux «Nourritures Terrestres», les avis convergent: c'est l'avidité et le goût des choses terrestres. C'est le contraire. Gide prône non une apologie des désirs mais leur dénuement, ou plus exactement leur abandon. «Que l'importance soit dans ton regard, non dans les choses regardées», écrit-il. L'oubli de l'objet au profit du désir retourne le mouvement contre lui-même sans l'annuler; reste l'homme dans sa duplicité. Le dépassement, le seul possible est l'amour, indépendant de la chose et de tout être. «Dieu n'habite pas l'objet, mais l'amour», affirme Gide. Si le passage du particulier à l'universel s'accomplit chez Gide par ce refus de toute extériorité, chez Proust, ce passage se fait par le rehaussement d'un milieu (celui du début du 20ème siècle parisien, des salons du faubourg Saint-Germain) à l'universel. Jeanne d'Ormesson écrit que Gide est «un janséniste saisi par le désir». Cette contradiction entre un puritain et immoraliste est parfaitement applicable à Proust, mais différemment. Proust serait le chroniqueur du temps et de l'amour. L'amour et le temps qui passent et qui demandent (nous demandons) le contraire. Nous y voilà! Comment réconcilier le désir d'absolu avec l'éphémère? Cette impossibilité est le point commun de nos deux auteurs. Pris en flagrant délit d'impuissance, l'homme ne peut que se déchirer ou se réfugier dans ce qui est une fois pour toute figée. Et cela donne cette littérature, ces romans de Gide au classicisme parfait et cette cathédrale de fleurs et de vitraux de la « Recherche ». Leur quête, bien que différente se rejoignent en une seule: la nôtre.
AUGUSTE UNAT
16 Ekim 2010 Cumartesi
PAUL & VIRGINIE
Les deux mères et leurs deux enfants goûtent sur cette île un bonheur simple qui semble vouloir effacer leurs malheurs passés. "Chaque jour était pour ces familles un jour de bonheur et de paix. Ni l'envie ni l'ambition ne les tourmentaient. Elles ne désiraient point au-dehors une vaine réputation que donne l'intrigue, et qu'ôte la calomnie; il leur suffisait d'être à elles-mêmes leurs témoins et leurs juges".
Cette petite communauté connaît une existence paisible dans la splendeur des paysages tropicaux. Paul et Virginie grandissent en parfaite harmonie avec la nature. Ils sont vertueux et candides: leur innocence les préserve du mal tant en actes qu'en pensée. Seule une lettre de la tante de la Mme de la Tour vient, en 1738, troubler momentanément leur bonheur. Cette lettre, en provenance de France, que la mère de Virginie espérait depuis plus de dix ans, ne contient que reproches et leçons de morale. Heureusement le trouble qu'elle provoque ne semble être que passager: "Ainsi ils continuèrent tous d'être heureux et ce ne fut qu'un orage au milieu d'une belle saison".
Paul et Virginie grandissent, et c'est là qu'apparaît "le mal" de Virginie: "Cependant depuis quelque temps Virginie se sentait agitée d'un mal inconnu. Ses beaux yeux bleus se marbraient de noir; son teint jaunissait; une langueur universelle abattait son corps. La sérénité n'était plus sur son front, ni le sourire sur lèvres. On la voyait tout à coup gaie sans joie, et triste sans chagrin. Elle fuyait ses jeux innocents, ses doux travaux, et la société de sa famille bien-aimée".
Virginie est devenue adolescente, et elle découvre que ses sentiments pour Paul changent de nature. Il n'avait été jusqu'alors qu'un frère avec lequel elle partageait ses joies et ses jeux. Elle devine que la tendresse qu'elle éprouve pour lui se transforme en amour et elle l'imagine comme compagnon et comme époux. Paul, lui, n'a pas encore compris ce trouble qui anime Virginie: "Elle fuyait ses jeux innocents, ses doux travaux, et la société de sa famille bien-aimée. Elle errait çà et là dans les lieux les plus solitaires de l'habitation, cherchant partout du repos, et ne le trouvant nulle part. Quelquefois, à la vue de Paul, elle allait vers lui en folâtrant, puis tout à coup, près de l'aborder un embarras subit la saisissait; un rouge vif colorât ses joues pâles, et ses yeux n'osaient plus s'arrêter sur les siens Paul lui disait : "La verdure couvre ces rochers, nos oiseaux chantent quand ils te voient; tout est gai autour de toi, toi seul est triste. " Et il cherchait à la ranimer en l'embrassant; mais elle détournait la tête, et fuyait tremblante vers sa mère. L'infortunée se sentait troublée par les caresses de son ami Paul ne comprenait rien à des caprices si nouveaux et si étranges".
Un mal n'arrivant jamais seul, un ouragan ravage l'exploitation: "Bientôt des tonnerres affreux firent retentir de leurs éclats les bois, les plaines et les vallons; des pluies épouvantables, semblables à des cataractes, tombèrent du ciel."
Puis lorsque la pluie cesse et que les vents reprennent leur cours ordinaire Paul et Virginie constatent l'étendue de la dévastation : À la vue de cette désolation, Virginie dit à Paul : "vous aviez apporté ici des oiseaux, l'ouragan les a tués. Vous aviez planté ce jardin, il est détruit. Tout périt sur la terre; il n'y a que le ciel qui ne change point. "Paul lui répondit : " Que ne puis-je vous donner quelque chose du ciel! Mais je ne possède rien, même sur la terre. "Virginie reprit, en rougissant : " vous avez à vous le portrait de saint Paul". À peine eut-elle parlé qu'il courut le chercher dans la case de sa mère."
Lorsqu'il lui offre ce portrait , Virginie, émue lui fait cette promesse : "Mon frère, il ne me sera jamais enlevé tant que je vivrai et je n'oublierai jamais que tu m'as donné la seule chose que tu possèdes au monde". À ce ton d'amitié, à ce retour inespéré de familiarité et de tendresse, Paul voulut l'embrasser; mais aussi légère qu'un oiseau elle lui échappa, et le laissa hors de lui, ne concevant rien à une conduite si extraordinaire.
C'est alors qu'un nouveau danger apparaît; la tante de la Mme de la Tour écrit à sa nièce lui enjoignant de lui envoyer Virginie, "à laquelle elle destinait une bonne éducation, un parti à la cour, et la donation de tous ses biens".
Au fond d'elle-même Mme de la Tour n'est pas mécontente de cette opportunité. Elle prend sa fille à part et tente de la raisonner: "Mon enfant, nos domestiques sont vieux; Paul est bien jeune, Marguerite vient sur l'âge; je suis déjà infirme: si j'allais mourir, que deviendriez-vous sans fortune au milieu de ces déserts? vous resteriez donc seule, n'ayant personne qui puisse vous être d'un grand secours, et obligée, pour vivre, de travailler sans cesse à la terre comme une mercenaire. Cette idée me pénètre de douleur".
Voyant la peine que cette séparation vaudrait à Virginie, Mme de la Tour est prête à se résoudre, mais le gouverneur de l'Ile vient forcer le destin. Il envoie un prêtre qui a pour mission de convaincre à la fois la mère et la fille.
Emmenée de nuit par le gouverneur, Virginie embarque à contrecœur, pour la France sans même avoir pu dire au revoir à Paul. La séparation est douloureuse. Paul, pour la première fois de son existence, explose de colère. Il va se plaindre aux arbres, aux rochers et aux oiseaux. C'est comme si on avait arraché la fleur du bonheur qui poussait naturellement dans son cœur. Pour atténuer la séparation et pouvoir correspondre avec Virginie , il apprend à lire et à écrire. "Il voulut ensuite s'instruire dans la géographie pour se faire une idée du pays où elle débarquerait ; et dans l'histoire, pour connaître les mœurs de la société où elle allait vivre."
Virginie, est, elle aussi désespérée d'abandonner Paul. Loin de se réjouir de cette fortune que sa tante désire lui léguer, elle souffre de cette vie européenne à laquelle elle ne parvient pas à s'adapter. Pendant plus d'un an Paul et Virginie restent sans nouvelles l'un de l'autre, les lettres qu'ils s'échangent, étant interceptées par la grand-tante de Virginie. Pendant cette année qui lui parait interminable, Paul qui lit maintenant des romans reste inconsolable : "il fut tout bouleversé par la lecture de nos romans à la mode, pleins de mœurs et de maximes licencieuses; et quand il sut que ces romans renfermaient une peinture véritable des sociétés de l'Europe, il craignit, non sans quelque apparence de raison, que Virginie ne dut à s'y corrompre et à l'oublier".
Virginie, par des moyens détournés parvient enfin à faire parvenir à sa mère une première lettre. Mme de la Tour découvre combien sa fille est malheureuse en métropole. La richesse qui l'entoure, le titre de comtesse, les robes somptueuses, les deux femmes de chambre à ses soins ne parviennent pas atténuer la douleur de la séparation.
Et quand la grand-tante se met en tête de marier Virginie, celle-ci préfère être déshéritée et chassée de France. Elle ne pense plus dès lors qu'à Paul et au retour.
On annonce son retour imminent. Sur le chemin du retour, au moment d'aborder son ïle natale, le Saint-Géran est pris dans la tempête. Le bateau qui la ramène à l'île de France fait naufrage sous les yeux de Paul. Plutôt que de se déshabiller, Virginie préfère se noyer, sous les yeux de Paul, qui reste impuissant sur le rivage: "On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié: une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du Saint-Géran, tendant les bras vers celui qui faisait tant d'efforts pour la joindre. C'était Virginie. Elle avait reconnu son amant à son intrépidité. La vue de cette aimable personne, exposée à un si terrible danger, nous remplit de douleur et de désespoir pour Virginie, d'un port noble et assuré, elle nous faisait signe de la main, comme nous disant un éternel adieu".
Tous les matelots s'étaient jetés à la mer Il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule.
Il s'approcha de Virginie avec respect: "nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue. On entendit aussitôt ces cris redoublés des spectateurs: "Sauvez la, sauvez la; ne la quittez pas! "Mais dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants. À cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer; et Virginie, voyant la mort inévitable, posa une main sur ses habits, l'autre sur son coeur et levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les cieux."
Le vieillard entreprend de consoler le jeune homme. Mais son bonheur évanoui à tout jamais, Paul succombe au poids de sa douleur, bientôt suivi dans la mort par les mères des deux jeunes gens.
Dans une plaine intérieure de l'Ile de France, le narrateur découvre les ruines de deux petites cabanes. Il rencontre un vieillard venant "à passer aux environs" et lui adresse la parole: " Mon père, lui dis-je, pourriez-vous m'apprendre à qui ont appartenu ces deux cabanes?" Le vieil homme, à la fois conteur, témoin de ce paradis perdu, et unique survivant va lui conter l'histoire de Paul et Virginie: "Mon fils, ces masures et ce terrain inculte étaient habités, il y a environ vingt ans, par deux familles qui y avaient trouvé le bonheur".
Deux françaises, Mme de la Tour, la jeune veuve d'un aristocrate libertin, et Marguerite, une paysanne bretonne séduite et abandonnée ont fui la métropole et sont venues cacher leur déshonneur dans cette colonie française.
Elles mettent au monde, vers 1726, Virginie et Paul. Mme de la Tour, avec sa fille Virginie, et Marguerite, avec son fils Paul, sont aidées par un couple de noirs, Marie et Domingue. Les deux femmes unissent leur détresse et leur pauvreté et exploitent la terre. Leurs deux enfants grandissent comme frère et sœur : "Ainsi ces deux petits enfants, privés de tous leurs parents, se remplissaient de sentiments plus tendres que ceux de fils et de fille, de frère et de sœur, quand ils venaient à être changés de mamelles par les deux amies qui leur avaient donné le jour".Les deux mères et leurs deux enfants goûtent sur cette île un bonheur simple qui semble vouloir effacer leurs malheurs passés. "Chaque jour était pour ces familles un jour de bonheur et de paix. Ni l'envie ni l'ambition ne les tourmentaient. Elles ne désiraient point au-dehors une vaine réputation que donne l'intrigue, et qu'ôte la calomnie; il leur suffisait d'être à elles-mêmes leurs témoins et leurs juges".
Cette petite communauté connaît une existence paisible dans la splendeur des paysages tropicaux. Paul et Virginie grandissent en parfaite harmonie avec la nature. Ils sont vertueux et candides: leur innocence les préserve du mal tant en actes qu'en pensée. Seule une lettre de la tante de la Mme de la Tour vient, en 1738, troubler momentanément leur bonheur. Cette lettre, en provenance de France, que la mère de Virginie espérait depuis plus de dix ans, ne contient que reproches et leçons de morale. Heureusement le trouble qu'elle provoque ne semble être que passager: "Ainsi ils continuèrent tous d'être heureux et ce ne fut qu'un orage au milieu d'une belle saison".
Paul et Virginie grandissent, et c'est là qu'apparaît "le mal" de Virginie: "Cependant depuis quelque temps Virginie se sentait agitée d'un mal inconnu. Ses beaux yeux bleus se marbraient de noir; son teint jaunissait; une langueur universelle abattait son corps. La sérénité n'était plus sur son front, ni le sourire sur lèvres. On la voyait tout à coup gaie sans joie, et triste sans chagrin. Elle fuyait ses jeux innocents, ses doux travaux, et la société de sa famille bien-aimée".
Virginie est devenue adolescente, et elle découvre que ses sentiments pour Paul changent de nature. Il n'avait été jusqu'alors qu'un frère avec lequel elle partageait ses joies et ses jeux. Elle devine que la tendresse qu'elle éprouve pour lui se transforme en amour et elle l'imagine comme compagnon et comme époux. Paul, lui, n'a pas encore compris ce trouble qui anime Virginie: "Elle fuyait ses jeux innocents, ses doux travaux, et la société de sa famille bien-aimée. Elle errait çà et là dans les lieux les plus solitaires de l'habitation, cherchant partout du repos, et ne le trouvant nulle part. Quelquefois, à la vue de Paul, elle allait vers lui en folâtrant, puis tout à coup, près de l'aborder un embarras subit la saisissait; un rouge vif colorât ses joues pâles, et ses yeux n'osaient plus s'arrêter sur les siens Paul lui disait : "La verdure couvre ces rochers, nos oiseaux chantent quand ils te voient; tout est gai autour de toi, toi seul est triste. " Et il cherchait à la ranimer en l'embrassant; mais elle détournait la tête, et fuyait tremblante vers sa mère. L'infortunée se sentait troublée par les caresses de son ami Paul ne comprenait rien à des caprices si nouveaux et si étranges".
Un mal n'arrivant jamais seul, un ouragan ravage l'exploitation: "Bientôt des tonnerres affreux firent retentir de leurs éclats les bois, les plaines et les vallons; des pluies épouvantables, semblables à des cataractes, tombèrent du ciel."
Puis lorsque la pluie cesse et que les vents reprennent leur cours ordinaire Paul et Virginie constatent l'étendue de la dévastation : À la vue de cette désolation, Virginie dit à Paul : "vous aviez apporté ici des oiseaux, l'ouragan les a tués. Vous aviez planté ce jardin, il est détruit. Tout périt sur la terre; il n'y a que le ciel qui ne change point. "Paul lui répondit : " Que ne puis-je vous donner quelque chose du ciel! Mais je ne possède rien, même sur la terre. "Virginie reprit, en rougissant : " vous avez à vous le portrait de saint Paul". À peine eut-elle parlé qu'il courut le chercher dans la case de sa mère."
Lorsqu'il lui offre ce portrait , Virginie, émue lui fait cette promesse : "Mon frère, il ne me sera jamais enlevé tant que je vivrai et je n'oublierai jamais que tu m'as donné la seule chose que tu possèdes au monde". À ce ton d'amitié, à ce retour inespéré de familiarité et de tendresse, Paul voulut l'embrasser; mais aussi légère qu'un oiseau elle lui échappa, et le laissa hors de lui, ne concevant rien à une conduite si extraordinaire.
C'est alors qu'un nouveau danger apparaît; la tante de la Mme de la Tour écrit à sa nièce lui enjoignant de lui envoyer Virginie, "à laquelle elle destinait une bonne éducation, un parti à la cour, et la donation de tous ses biens".
Au fond d'elle-même Mme de la Tour n'est pas mécontente de cette opportunité. Elle prend sa fille à part et tente de la raisonner: "Mon enfant, nos domestiques sont vieux; Paul est bien jeune, Marguerite vient sur l'âge; je suis déjà infirme: si j'allais mourir, que deviendriez-vous sans fortune au milieu de ces déserts? vous resteriez donc seule, n'ayant personne qui puisse vous être d'un grand secours, et obligée, pour vivre, de travailler sans cesse à la terre comme une mercenaire. Cette idée me pénètre de douleur".
Voyant la peine que cette séparation vaudrait à Virginie, Mme de la Tour est prête à se résoudre, mais le gouverneur de l'Ile vient forcer le destin. Il envoie un prêtre qui a pour mission de convaincre à la fois la mère et la fille.
Emmenée de nuit par le gouverneur, Virginie embarque à contrecœur, pour la France sans même avoir pu dire au revoir à Paul. La séparation est douloureuse. Paul, pour la première fois de son existence, explose de colère. Il va se plaindre aux arbres, aux rochers et aux oiseaux. C'est comme si on avait arraché la fleur du bonheur qui poussait naturellement dans son cœur. Pour atténuer la séparation et pouvoir correspondre avec Virginie , il apprend à lire et à écrire. "Il voulut ensuite s'instruire dans la géographie pour se faire une idée du pays où elle débarquerait ; et dans l'histoire, pour connaître les mœurs de la société où elle allait vivre."
Virginie, est, elle aussi désespérée d'abandonner Paul. Loin de se réjouir de cette fortune que sa tante désire lui léguer, elle souffre de cette vie européenne à laquelle elle ne parvient pas à s'adapter. Pendant plus d'un an Paul et Virginie restent sans nouvelles l'un de l'autre, les lettres qu'ils s'échangent, étant interceptées par la grand-tante de Virginie. Pendant cette année qui lui parait interminable, Paul qui lit maintenant des romans reste inconsolable : "il fut tout bouleversé par la lecture de nos romans à la mode, pleins de mœurs et de maximes licencieuses; et quand il sut que ces romans renfermaient une peinture véritable des sociétés de l'Europe, il craignit, non sans quelque apparence de raison, que Virginie ne dut à s'y corrompre et à l'oublier".
Virginie, par des moyens détournés parvient enfin à faire parvenir à sa mère une première lettre. Mme de la Tour découvre combien sa fille est malheureuse en métropole. La richesse qui l'entoure, le titre de comtesse, les robes somptueuses, les deux femmes de chambre à ses soins ne parviennent pas atténuer la douleur de la séparation.
Et quand la grand-tante se met en tête de marier Virginie, celle-ci préfère être déshéritée et chassée de France. Elle ne pense plus dès lors qu'à Paul et au retour.
On annonce son retour imminent. Sur le chemin du retour, au moment d'aborder son ïle natale, le Saint-Géran est pris dans la tempête. Le bateau qui la ramène à l'île de France fait naufrage sous les yeux de Paul. Plutôt que de se déshabiller, Virginie préfère se noyer, sous les yeux de Paul, qui reste impuissant sur le rivage: "On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié: une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du Saint-Géran, tendant les bras vers celui qui faisait tant d'efforts pour la joindre. C'était Virginie. Elle avait reconnu son amant à son intrépidité. La vue de cette aimable personne, exposée à un si terrible danger, nous remplit de douleur et de désespoir pour Virginie, d'un port noble et assuré, elle nous faisait signe de la main, comme nous disant un éternel adieu".
Tous les matelots s'étaient jetés à la mer Il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule.
Il s'approcha de Virginie avec respect: "nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue. On entendit aussitôt ces cris redoublés des spectateurs: "Sauvez la, sauvez la; ne la quittez pas! "Mais dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants. À cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer; et Virginie, voyant la mort inévitable, posa une main sur ses habits, l'autre sur son coeur et levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les cieux."
Le vieillard entreprend de consoler le jeune homme. Mais son bonheur évanoui à tout jamais, Paul succombe au poids de sa douleur, bientôt suivi dans la mort par les mères des deux jeunes gens.
BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (1787)
15 Ekim 2010 Cuma
Je voudrais signaler aux suiveuses et suiveurs du blog « Parlon Français / Fransizca Konusalim » le livre de JEAN-FRANÇOIS SOLNON publié aux éditions Perrin en 2009; "LE TURBAN ET LA STAMBOULINE". Pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de la Turquie et aux relations entre l'Europe et l'empire ottoman ce livre fournira de précieuses informations parfois même inconnues du grand public. Bousculant bon nombre de préjugés, l'auteur démontre avec un langage tout à fait accesible que les deux protagonistes tout en se déchirant ne se sont pas ignorés. Ils ont noué des relations commerciales, diplomatiques, militaires et culturelles dans une fascination réciproque. Ils se sont affrontés, certes mais ils ont su s'allier aussi. Si la peur des Européens et des chrétiens est là, elle est souvent mêlée de curiosité. Le rejet cède à l'attrait, parce qui'il est accompagné par une admiration de l'autre affichée. Loin des clichés de nos manuels scolaires dont l'esprit est parfois animé de préjugés séculaires d'un autre âge, ce livre écrit sur un ton romancé, nous livre une vision autrement plus équilibrée et intéresante des rapports entre deux puissances depuis 14e jusqu'au 20e siècle.
AUGUSTE UNAT
GEORGE SAND
Mais elle a aussi écrit des contes, des légendes, des romans au réalisme social très marqué, tel "La Ville noire", et de nombreuses pièces de théâtre, ainsi que 24 volumes de correspondance.
Née le 5 juillet 1804 à Paris, Aurore Dupin, qui plus tard sera connue sous le pseudonyme de George Sand, est la fille d'un officier des armées impériales et d'une ouvrière en modes; le sentiment d'injustice qu'elle éprouvera à cause de ce métissage social sera certainement pour beaucoup dans ses convictions démocratiques.
Très tôt, elle noircit cahier sur cahier: au couvent des Augustines anglaises où elle est pensionnaire, on la surnomme " miss Calepin ". Comme toutes les jeunes filles de son époque, elle pense que sa vocation naturelle est dans le mariage et les soins d'une famille; elle épouse donc Casimir Dudevant, dont elle a deux enfants, mais se sépare de lui au bout de quelques années pour mener une vie indépendante.
Ardente féministe, elle revendique pour les femmes le droit au divorce et à l'égalité civile que le code Napoléon leur refuse. Ses premiers romans, Indiana et Lélia, connaissent un grand succès, elle devient célèbre, mais provoque l'irritation de certains de ses contemporains par son comportement : elle s'habille en homme, fume la pipe, monte à cheval comme un Cosaque... Elle s'enthousiasme pour la révolution de 1848 ; en Berry, sur ses terres de Nohant, elle tente d'instaurer " La République au village ", sans grand succès. Elle lance également un journal, La Cause du peuple, et collabore à de nombreuses autres publications. Mais elle réprouve la violence sous toutes ses formes et pense qu'aucune idée, si juste et belle soit-elle, ne justifie le sang répandu. Sous le second Empire, elle continue d'écrire, publiant notamment La Petite Fadette; le théâtre est à cette époque son moyen favori d'expression critique.
A la fin de sa vie, retirée à Nohant, elle rêve encore de changement pacifique: " Apprenons à être des révolutionnaires obstinés et patients, écrit-elle à un jeune poète, jamais des terroristes. " Elle meurt le 8 juin 1876.
Les œuvres les plus connues de George Sand sont ses romans "paysans" ►
"La Petite Fadette"
"François le Champi"
"François le Champi"
"La Mare au diable" (écrit en quatre jours)
"Les Maîtres sonneurs"
"Le Meunier d'Angibault"Mais elle a aussi écrit des contes, des légendes, des romans au réalisme social très marqué, tel "La Ville noire", et de nombreuses pièces de théâtre, ainsi que 24 volumes de correspondance.
LETTRE DE GEORGE SAND A ALFRED DE MUSSET
REPONSE DE GEORGE SAND
(Il ne faut lire que le premier mot de chaque phrase)
Je suis très émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
dont vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre.
(Il ne faut lire qu'une ligne sur deux afin de découvrir le sens réel de ce message)
LETTRE D'ALFRED DE MUSSET A GEORGE SAND
Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un cour
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux
(Il ne faut lire que le premier mot de chaque phrase)
REPONSE DE GEORGE SAND
Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne mon âme.
(Il ne faut lire que le premier mot de chaque phrase)
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AUTEURS et LEURS OEUVRES
- Louis Aragon (20ème siècle)
- Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
- Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
- Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
- Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
- Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
- André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
- Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
- Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
- Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
- Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
- Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
- André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
- Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
- Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
- Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
- Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
- Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
- Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
- Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
- George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
- Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
- Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
- Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
- Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
- Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
- Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
- Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
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- Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
- Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
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- Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
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- Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
- Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
- Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
- Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
- Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
- Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
- François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)

