LE BOURGEOIS GENTILHOMME
Le Bourgeois gentilhomme est une comédie-ballet en cinq actes en prose de Molière, représentée pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour de Louis XIV, au château de Chambord par la troupe de Molière.
Cette pièce incarne le genre de la comédie-ballet à la perfection et reste même l'un des seuls chefs-d'œuvre du genre en regroupant les meilleurs comédiens et musiciens du temps. Elle répondait au goût de l'époque pour ce qui était nommé les turqueries, l'Empire ottoman étant alors un sujet de préoccupation universel dans les esprits, et que l'on cherchait à apprivoiser. L'origine de l'œuvre est liée au scandale provoqué par l'ambassadeur turc Suleyman Aga qui, lors de sa visite à la cour de Louis XIV en 1669, avait affirmé la supériorité de la cour ottomane sur celle du Roi-Soleil.
ACTE I►
Nous sommes en 1670 dans la maison de Monsieur Jourdain, un bourgeois de Paris. Afin de devenir un homme de qualité, Monsieur Jourdain a engagé un maître de musique, un maître à danser, un maître de philosophie et un maître d’armes qui sont chargés de lui enseigner leur savoir et d’en faire un homme instruit. Le maître de musique et le maître à danser se félicitent d’avoir Monsieur Jourdain comme élève car, malgré le fait qu’il ne sache rien, il paye bien. Le maître à danser apprécie les applaudissements autant que l’argent mais le maître de musique affirme que les louanges ne font pas vivre et, bien qu’il méprise Monsieur Jourdain, il l’apprécie pour son argent.
Monsieur Jourdain entre en scène et demande à voir ce que les deux maîtres lui ont préparé. Le maître de musique présente un de ses élèves qui a composé un air pour la sérénade demandée par M. Jourdain. Celui-ci aurait préféré une œuvre du maître lui-même mais consent tout de même à écouter. Il trouve la chanson lugubre et chante lui-même une chanson légère. Les deux maîtres complimentent M. Jourdain et chacun lui assure que son art est indispensable à la bonne marche de l’État. En effet, sans la danse, un homme ne saurait rien faire et si tous les hommes apprenaient la musique, ce serait la paix universelle assurée, affirment-ils. Les musiciens sont appelés et exécutent un dialogue en musique pour M. Jourdain qui trouve cela bien troussé. Quatre danseurs s’amènent ensuite et exécutent la danse imaginée par le maître à danser de M. Jourdain.
ACTE II►
M. Jourdain trouve que les danseurs se trémoussent bien. Le maître de musique lui affirme que lorsque la musique et la danse seront mêlées, ce sera du plus bel effet. M. Jourdain a commandé ce ballet pour une personne de qualité qui doit venir dîner le soir même. Le maître à danser lui assure que tout sera prêt, le ballet sera beau et M. Jourdain sera content. M. Jourdain demande qu’on lui apprenne à faire la révérence pour une marquise qui s’appelle Dorimène. C’est la dame qui doit venir dîner. Soudain, un laquais annonce l’arrivée du maître d’armes.
Le maître d’armes enseigne à M. Jourdain l’art du maniement de l’épée. Tout le secret des armes consiste à donner et à ne pas recevoir. M. Jourdain est content car il est sûr de tuer son homme et de pas être tué lui-même. Le maître d’armes affirme que son art l’emporte sur tous les autres, dont la musique et la danse. Une violente dispute éclate alors entre les trois maîtres et M. Jourdain essaie de les calmer.
Le maître de philosophie fait son entrée. M. Jourdain lui demande de rétablir la paix. Le philosophe affirme que la raison doit être maîtresse de tous nos actes et la colère est une passion honteuse qui fait d’un homme une bête féroce. Un homme sage doit être au-dessus de toutes les injures et il doit y répondre avec la modération et la patience. Le maître de philosophie affirme ensuite que la philosophie domine tous les autres arts. La dispute reprend de plus belle entre les différents maîtres et le philosophe y prend une belle part. Les insultes pleuvent et M. Jourdain, découragé, les laisse se battre entre eux.
La dispute terminée, le maître de philosophie peut commencer sa leçon. Il demande à M. Jourdain ce qu’il désire apprendre. Celui-ci lui répond qu’il veut apprendre tout ce qu’il peut. Le maître lui offre de lui enseigner la logique mais M. Jourdain désire apprendre quelque chose de plus joli. La morale ? Non, car M. Jourdain veut se mettre en colère comme bon lui semble. La physique ? Non, M. Jourdain trouve cela trop compliqué. L’orthographe est demandée par M. Jourdain et aussi l’almanach pour les différentes phases de la lune.
La leçon commence par les voyelles et leur prononciation. Ensuite, le maître explique à M. Jourdain la signification de la prose et des vers. M. Jourdain veut écrire un billet doux à Dorimène et demande la façon la plus joli de l’écrire. Sa leçon terminée, le maître philosophe se retire.
Le maître tailleur fait son entrée. M. Jourdain se plaint de son habit et de ses souliers qui le blessent mais le maître tailleur rétorque que ce ne sont que des imaginations. Il défend son travail en disant qu’il a fait l’habit de M. Jourdain comme tous les habits des gens de qualité. Quatre garçons l’aident à enfiler son habit neuf et M. Jourdain se promène entre eux en recherchant les compliments et les flatteries. Un des garçons l’appelle « gentilhomme » et M. Jourdain en est tellement content qu’il lui donne de l’argent pour le récompenser. Viennent ensuite d’autres appellations flatteuses dont « Monseigneur » , « Votre grandeur » qui valent à leurs auteurs de belles récompenses.
ACTE III ►
M. Jourdain désire aller faire une promenade en ville afin de montrer son nouvel habit. Il demande à ses deux laquais de l’accompagner mais avant de se mettre en route, il fait appeler Nicole, la servante de la maison afin de lui donner des ordres. Nicole ne peut s’empêcher de rire en voyant la façon ridicule dont M. Jourdain est vêtu. Celui-ci menace de lui donner un soufflet si elle n’arrête pas de se moquer de lui. M. Jourdain lui demande de bien nettoyer la maison pour les invités qui doivent venir le soir même. À l’annonce de visiteurs, Nicole n’a plus du tout envie de rire.
Madame Jourdain, apercevant son mari, lui demande pourquoi il s’est habillé de façon à faire rire tout le monde à ses dépens. Elle lui fait des reproches sur sa façon de vivre et Nicole se plaint également du trop grand nombre de visiteurs qui salissent continuellement la maison. Mme Jourdain conseille à son mari de chercher un époux pour sa fille au lieu de prendre des cours qui ne sont plus de son âge. M. Jourdain réplique qu’il désire devenir un homme de qualité et être capable de bien raisonner en compagnie d’honnêtes gens. Il déclare avoir honte de l’ignorance de sa femme et de sa servante. Mme Jourdain reproche à son mari de trop fréquenter les nobles et un certain Monsieur le comte qui lui emprunte continuellement de l’argent. M. Jourdain rétorque que ce comte parle de lui au Roi et c’est un honneur qu’il vienne dans sa maison. Il ajoute que c’est un honneur de lui prêter de l’argent car c’est un homme de qualité. De plus, il est certain que Dorante, le gentilhomme lui rendra tout ce qu’il a emprunté. Mme Jourdain n’y croît pas.
Dorante fait une entrée flamboyante. Il couvre M. Jourdain de flatteries et de compliments mais Mme Jourdain n’est pas dupe. Dorante déclare vouloir rendre tout ce qu’il doit à M. Jourdain. Il lui fait compter tout l’argent dû et demande qu’on lui en prête encore plus qu’il rendra au premier jour. Mme Jourdain essaie d’ouvrir les yeux de son mari mais en vain. Dorante dit qu’il ira chercher ailleurs si M. Jourdain refuse. M. Jourdain accepte de prêter encore plus d’argent à Dorante. Mme Jourdain traite M. Jourdain de vrai dupe. Celui-ci rétorque qu’il ne peut rien refuser à un homme qui parle de lui au Roi.
Dorante s’entretient avec Mme Jourdain et lui demande où se trouve sa fille, Lucile, et comment elle se porte. Mme Jourdain lui répond sèchement que Lucile est bien où elle est et qu’elle se porte sur ses deux jambes. Dorante les invite à venir voir un jour, le ballet et la comédie que l’on présente chez le Roi.
M. Jourdain apporte l’argent à Dorante et celui-ci le remercie en lui promettant les meilleures places au divertissement royal. Dorante annonce que la marquise Dorimène viendra dîner chez M. Jourdain et qu’elle a accepté le diamant que M. Jourdain lui a offert par l’intermédiaire de Dorante lui-même. Il ajoute que les femmes aiment les dépenses que l’on fait pour elles. M. Jourdain avoue qu’il est prêt à toutes les folies pour conquérir une femme de qualité. Mme Jourdain demande à Nicole d’essayer d’écouter ce que les deux hommes se disent. M. Jourdain confie à Dorante qu’il sera libre au dîner car sa femme ira chez sa sœur où elle passera tout l’après-dîner. Dorante a tout préparé et c’est lui qui a donné les ordres au cuisinier de M. Jourdain pour le dîner en l’honneur de Dorimène. M. Jourdain aperçoit soudain Nicole qui écoute et lui donne un soufflet.
Nicole fait son rapport à Mme Jourdain et lui dit qu’il y a anguille sous roche. Les deux hommes parlent d’une affaire où Mme Jourdain n’est pas la bienvenue. Mme Jourdain sait que son mari la trompe depuis longtemps et n’est pas surprise. Cependant, elle veut le bonheur de sa fille, Lucile, et elle veut la marier à Cléonte, dont Lucile est amoureuse. Elle demande à Nicole d'aller parler à Cléonte et lui dire qu’il vienne la trouver tout à l’heure afin de faire sa demande à M. Jourdain. Nicole obéit et cours faire la commission. Cléonte accueille Nicole avec colère et ne veut rien entendre de ce qu’elle a à lui dire. Nicole cherche à comprendre la raison de cette colère et demande à Covielle, le valet de Cléonte. Covielle lui demande de s’en aller et de les laisser en paix. Nicole cours raconter cette histoire à Lucile.
Cléonte se plaint à Covielle du fait que Lucile, lors d'une rencontre fortuite, l’a totalement ignoré. Il la traite d’ingrate et de perfide. Covielle se plaint de Nicole de la même façon et la traite de pendarde. Les deux hommes énumèrent tous les services et les soins rendus à ces dames qui les payent en leur tournant le dos. C’est une véritable trahison. Cléonte veut rompre avec Lucile et demande à Covielle d’en dire tout le mal qu’il pourra. Mais, tous les efforts de Covielle pour déprécier Lucile sont vains car Cléonte en est encore follement amoureux et ne voit que ses qualités. Toutefois, il mijote sa vengeance.
Nicole raconte à Lucile la façon dont Cléonte l’a traitée. Lucile croit connaître l’explication de cette étrange attitude de Cléonte. Lucile demande à Cléonte si c’est bien la rencontre de tantôt qui l’a mis en colère. Cléonte confirme le fait. Lucile tente d’expliquer pourquoi elle l’a ignoré mais Cléonte ne veut rien entendre malgré tous les efforts de Lucile. Nicole essaie de même avec Covielle mais en vain, il ne veut rien entendre lui non plus et la traite de traîtresse. Lasse, Lucile renonce à s’expliquer et s’apprête à sortir lorsque Cléonte se ravise et veut savoir le fin fond de l’histoire. Lucile et Nicole ne veulent plus rien dire malgré les supplications de Cléonte et de Covielle. Cléonte et Covielle menacent alors de se tuer si Lucile et Nicole refusent de s’expliquer. Lucile, ébranlée, raconte alors que c’est une vieille tante qui est la cause de tout. La seule approche d’un homme est un déshonneur pour une fille, d’après elle. Tous les hommes sont des diables et les saluer équivaut à la perte de son âme. Voilà pourquoi Lucile et Nicole ont ignoré les deux jeunes hommes. Cléonte et Covielle les croient et s’en trouvent apaisés.
Mme Jourdain rencontre Cléonte et lui rappelle de demander Lucile en mariage à son mari qui vient. Cléonte est enchanté et trouve cet ordre charmant.
Cléonte fait sa demande à M. Jourdain. Celui-ci veut savoir si Cléonte est un gentilhomme. Devant la réponse négative du jeune homme, M. Jourdain refuse de lui donner sa fille en mariage. Mme Jourdain rappelle à son mari qu’il n’est pas gentilhomme lui-même car son père n’était qu’un simple marchand. Mais M. Jourdain déclare qu’il veut avoir un gentilhomme pour gendre. Mme Jourdain préfère pour sa fille un honnête homme riche et bien fait qu’un gentilhomme gueux et mal bâti. M. Jourdain ajoute qu’il veut faire de sa fille une marquise. Mme Jourdain n’est pas d’accord car les alliances avec plus grand que soi sont sujettes à de fâcheux inconvénients. M. Jourdain lui reproche de vouloir rester dans la bassesse et lui ordonne de se taire. Mme Jourdain demande à Lucile d’essayer de convaincre M. Jourdain qu’il a tort.
Cléonte est désespéré mais Covielle lui conseille d’user de ruse pour obtenir la main de Lucile car avec un homme aussi fou que M. Jourdain, il n’y a pas d’autres solutions. Covielle a un plan qu’il explique à Cléonte.
Un laquais annonce à M. Jourdain, l’arrivée de Monsieur le Comte et d’une dame qu’il mène par la main. M. Jourdain a des ordres à donner et demande de les faire attendre un peu.
En attendant M. Jourdain, Dorante converse avec Dorimène. Dorimène exprime ses scrupules à recevoir tellement de cadeaux et d’attentions de la part de Dorante, dont un magnifique diamant. Et ce dîner fastueux commandé par Dorante qui veut lui exprimer son amour et obtenir sa main, est selon elle, de folles dépenses dont elle n’a jamais exprimé le besoin. Dorimène est veuve et hésite à se marier une seconde fois. Les dépenses de Dorante, payées par M. Jourdain ce qu’elle ignore, l’inquiètent car elle ne veut pas s’engager. Mais, Dorante annonce soudain l’arrivée du maître du logis.
M. Jourdain fait sa révérence à Dorimène comme lui a enseigné le maître à danser. Il exagère un peu. M. Jourdain souhaite la bienvenue à Dorimène en longues phrases ampoulées ce qui fait bien rire Dorante. Dorimène juge son homme aussitôt. Dorante conseille tout bas à M. Jourdain de ne point parler du diamant offert à Dorimène, car ce serait vilain et indigne d'un gentilhomme. Ils peuvent passer à table car tout est prêt. M. Jourdain ordonne de faire venir les musiciens.
ACTE IV►
Dorimène trouve le repas tout à fait magnifique mais M. Jourdain le juge indigne d’elle. Dorante fait les honneurs de la maison de M. Jourdain. Il explique à Dorimène que c’est lui qui a commandé le dîner et, bien que le repas ait coûté fort cher, il aurait bien aimé en préparer un encore plus fastueux. Bien entendu, c’est M. Jourdain qui a tout payé. Dorimène montre son diamant à M. Jourdain et celui-ci la complimente sur ses belles mains et dédaigne la pierre. Dorante leur demande de faire silence car les musiciens et la musicienne commencent à chanter des chansons à boire, accompagnés de toute la symphonie. Dorimène est enchantée et M. Jourdain la couvre de compliments et de flatteries de toutes sortes.
Mme Jourdain entre et surprend M. Jourdain en train de faire sa cour à Dorimène. Dorante explique que c’est lui qui donne le dîner pour Dorimène et M. Jourdain ne fait que lui prêter sa maison. Mme Jourdain n’est pas dupe et elle fait des reproches à Dorimène de se laisser courtiser par un homme marié. Dorimène n’y comprend plus rien et sort. M. Jourdain demande à Dorante de la ramener et demande à sa femme de s’excuser mais Mme Jourdain s’en moque et sort.
Covielle fait son entrée déguisé et se présente à M. Jourdain comme un grand ami de son père qui était, d’après lui, un fort honnête gentilhomme. M. Jourdain est enchanté d’apprendre que son père n’était pas marchand mais gentilhomme. Covielle annonce qu’il a voyagé partout dans le monde et est revenu depuis quatre jours. Il vient annoncer à M. Jourdain une nouvelle incroyable. Le fils du Grand Turc est amoureux de Lucile, la fille de M. Jourdain et désire l’épouser. De plus, il veut faire de M. Jourdain un Mamamouchi, c’est-à-dire un paladin, ce qui rendra M. Jourdain égal au plus grands seigneurs de la terre. M. Jourdain veut qu’on le mène immédiatement chez le fils du Grand Turc mais Covielle lui annonce qu’il viendra lui rendre visite dans sa maison. M. Jourdain est enchanté mais il a peur que Lucile refuse ce mariage car, elle est amoureuse de Cléonte. Covielle le rassure car le fils du Grand Turc ressemble à s'y méprendre à Cléonte…
Cléonte fait son entrée déguisé en Turc et souhaite dans la langue turque, que le cœur de M. Jourdain soit toute l’année comme un rosier fleuri. Covielle sert d’interprète. Cléonte demande à M. Jourdain d’aller se préparer pour la cérémonie de Mamamouchi et de conclure ensuite le mariage avec Lucile. M. Jourdain s’empresse d’obéir.
M. Jourdain parti, Cléonte et Covielle rient de bon cœur en se moquant de la crédulité de M. Jourdain. Ils aperçoivent Dorante et lui expliquent toute l’affaire. Pendant que Covielle donne à celui-ci des détails, la cérémonie turque pour ennoblir M. Jourdain commence en danse et en musique.
ACTE V►
Mme Jourdain, apercevant M. Jourdain habillé pour la cérémonie, lui demande qui l’a fagoté comme cela. M. Jourdain exige plus de respect car il est maintenant un Mamamouchi. Mme Jourdain n’y comprend rien et exige des explications. M. Jourdain se met à parler en langue turque et Mme Jourdain, convaincue qu’il a perdu l’esprit, sort.
Dorante, désireux d’aider Cléonte, demande à Dorimène d’appuyer sa mascarade. Dorimène accepte d’aider Cléonte et aussi de se marier avec Dorante afin qu’il cesse ses folles dépenses pour la conquérir. Ils se taisent en voyant arriver M. Jourdain.
Dorante rend hommage à M. Jourdain pour sa nouvelle dignité et le félicite pour le mariage de sa fille avec le Grand Turc. M. Jourdain le remercie à la turque et s’excuse auprès de Dorimène du comportement de Mme Jourdain. Dorante demande où est Son Altesse Turque et M. Jourdain dit qu’il le voit venir et demande qu’on aille chercher sa fille pour lui donner sa main.
Dorante s’incline devant Cléonte déguisé et lui présente ses respects. Cléonte lui répond en langue turque que Covielle s’efforce de traduire du mieux qu’il peut. Le Grand Turc dit que la pluie des prospérités arrose en tout temps le jardin de la famille de Dorante. Dorante trouve cette phrase admirable.
En apercevant Lucile, M. Jourdain lui demande de s’approcher et de donner sa main au fils du Grand Turc. Lucile demande à son père si c’est une comédie mais M. Jourdain lui affirme que c’est le mari qu’il lui destine. Lucile refuse de se marier avec le fils du Grand Turc. Mais, reconnaissant Cléonte, elle se ravise et obéit à son père en acceptant le mariage. M. Jourdain est ravi d’avoir une fille si obéissante.
Mme Jourdain, n’ayant pas reconnu Cléonte, s'oppose de toutes ses forces à ce mariage insensé. Elle s’étonne que sa fille consente à épouser un Turc et oublie Cléonte si vite. Elle traite sa fille de coquine. Covielle prend Mme Jourdain à part et lui explique toute l’affaire. Mme Jourdain annonce aussitôt qu’elle consent au mariage et envoie quérir un notaire. Dorante annonce qu’il se servira du même notaire pour son mariage avec Dorimène, ce qui apaise la jalousie de Mme Jourdain envers son mari. M. Jourdain pense que Dorante annonce son mariage avec Dorimène dans le simple but de confondre Mme Jourdain et il accepte. M. Jourdain donne Nicole en mariage à Covielle qui accepte de bon cœur. En attendant le notaire, tout le monde se divertit en regardant le ballet donné en l’honneur du fils du Grand Turc.
La pièce se termine avec un ballet nommé « Ballet des Nations » . Pour ce ballet, Molière eut la collaboration de Lully, non seulement pour la partie musicale mais pour les vers italiens, et celle de Quinault pour les vers français.
Hakkımda
- VILDAN ORNADIS
- Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
- Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie
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Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.
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10 Ekim 2010 Pazar
9 Ekim 2010 Cumartesi
MOLIÈRE (1622 - 1673)
Jean-Baptiste Poquelin est le plus grand poète comique français né et mort à Paris. Baptisé à Saint-Eustache le 15 janvier 1622, fils et petit-fils de tapissier, l’enfant grandit dans la boutique de son père, rue Saint-Honoré, au coeur de Paris, près des Halles et du Pont-Neuf. Il avait dix ans lorsqu’il perdit sa mère, Marie Cressé. Le jeune Jean-Baptiste fit ses humanités chez les jésuites, au collège de Clermont, puis devient le disciple du philosophe Gassendi. Son père, qui avait été nommé valet de chambre et tapissier du roi, destinait son fils à sa survivance dans cette charge mais le jeune homme voulait être comédien.
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| Madeleine Béjart dans le rôle de Magdelon (Les Précieuses ridicules) |
À vingt ans, il débutait au tripot de la Perle du cul-de-sac Thorigny; puis amoureux d’une belle comédienne, Madeleine Béjart, une maitresse femme qui devint bientôt sa maitresse, il signa avec elle un acte d’association (1643) et fonda l’Illustre-Théâtre où, sous le nom de Molière, il joua la tragédie et la farce au jeu de paume du Métayer, puis à la croix-Noire. Mais l’Illustre-Théâtre ne réussit pas à merveille et Molière fut emprisonné pour dettes au Châtelet. Alors, il quitte Paris (1646) et pendant quatorze ans, parcourt les provinces avec sa troupe de comédiens. En 1653, la troupe entre au service du Prince de Conti. En 1655, Molière fait représenter à Lyon sa première grande pièce, "l’Etourdi". Jusque-là, il avait écrit une dizaine de farces dont nous connaissons seulement "le médecin Volant" et "la jalousie du Barbouillé". Puis il donne le "Dépit Amoureux à Breziers" (1656). On parle de lui à Paris. Le frère du roi n’a pas encore ses comédies à lui. On convient que Molière et sa troupe lui appartiendrait. Le 24 octobre 1658 il joue devant Leurs Majestés. Après cette représentation, par ordre du roi la troupe de frère de roi est établie au Petit-Bourbon. Molière donne sur ce théâtre "les Précieuses Ridicules" (1659), "Sganarelle ou le Cav imaginaire" (1660). Après, Molière inaugure le théâtre du Palais-Royal avec Don Garcie de Navarre ou le Prince Jaloux (1661). La même année, il fait représenter "l’école des Maris" et "Les Fâcheux". L’année suivante, il se marie avec Armande Béjart, la fille de Madeleine Béjart. Molière fait représenter “L’école des Femmes” (1662). La critique de l’Ecole des Femmes (1663), l’impromptu de Versailles, "le Mariage Forcé" (1664) et "la Princesse d’Elide". C’est au cours de ces fêtes que les trois premiers actes de "Tartuffe" sont représentées mais les dévots font interdire la représentation sur le théâtre Palais-Royal. Mais le roi protège Molière et sa troupe devient troupe du roi (1665). Molière n’est pas heureux parce qu’il est malade mais il continue à travailler. Et c’est une suite d’oeuvres et de chef-d’oeuvres: "Don Juan", "Le Médecin Malgré Lui", "La Misantrophe", "La Pastorale Comique", "Le Sicilien", "Amphytrion", "L’Avare", "Le Tartuffe", "Les amants Magnifiques", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Fourberies de Scapin", "La Comtesse d’Escarbagnas", "Les Femmes Savantes", "Le Malade Imaginaire". 

Le 17 février 1673, jour de la quatrième représentation du Malade Imaginaire, Molière, très malade, avait voulu jouer quand-même. Il continua de jouer jusqu’à la fin mais quand le rideau fut baissé, il fut pris d’un froid subit et transporté chez lui (rue Richelieu), il mourut quelques heures après. Il fut enterré sans pompe et sans bruit au cimetière Saint-Joseph.
LES FEMMES SAVANTES
“Les Femmes Savantes” est un des comédies célèbres de Molière. Elle est formée de cinq actes en vers. La pièce attaque contre la préciosité raillée dans le “Précieuses Ridicules” (1659) et la forme nouvelle qu’elle avait prise: le goût de la philosophie et des sciences. L’idéal de Molière, c’est Henriette, jeune fille intelligente mais qui s’intéressera plus à son mari et à son ménage qu’à la grammaire et à Descartes. Émile Faguet, en lisant cette pièce, a dit que “Henriette est la fille de Molière encore plus que celle de Chrysale”.
La mise en scène des “Femmes Savantes” était en 1612. A la première création de la pièce, Molière jouait le rôle de Chrysale. Celui de Philaminte était tenu par Hubert, Armande Béjart, la femme de Molière avait le rôle d’Armande; Mlle de Brie celui d’Henriette. Baron faisait Ariste; La Grange: Clitandre, Thorillière: Trissotin; Du Croisy: Vadius; le rôle de Bélise avait été confié à Mlle Villaubrun.
Trissotin► C’est un homme qui se croit savant. Il est aimé par les femmes savantes de la maison parce qu’il dit tout le temps des poèmes. Il méprise les gens. Il n’aime pas Clitandre. En vérité, c’est un menteur. Il veut épouser Henriette pour avoir le dot et pour être riche.
Ariste► C’est le frère de Chrysale. C’est un homme courageux. Il n’aime pas Trissotin. Il ne veut pas qu’il épouse Henriette. C’est lui qui démasque sa cupidité. Il est intelligent et rusé.
Vadius► Il est l’ami de Trissotin. Il est savant. Il est intelligent. Il sait le grec. Les femmes savantes l’adorent. Il parle toujours en utilisant des mots des grands auteurs. Il ne peut s’exprimer sans mythologie.Martine► C’est la servante de cuisine. C’est une femme intelligente et courageuse qui dit sans hésiter ce qu’elle pense. Elle est envoyée de la maison parce qu’elle a fait une faute de grammaire. Elle n’aime pas la science. Elle a des idées fixes. Elle dit que le chef de la maison est l’homme et la femme ne doit pas parler devant lui.
LE RÉSUMÉ►
Acte I ►
Armande, entichée de "philosophie", reproche à Henriette, sa jeune soeur, de vouloir se marier et surtout d'épouser Clitandre, qui lui a naguère fait la cour en vain. Henriette confirme ses intentions. Clitandre survient pour dire son fait à Armande : il s'efforcera, en dépit d'Armande, d'obtenir la main d'Henriette, et il essaye d'avoir l'appui de Bélise, tante d'Henriette.
Acte II►
Ariste, oncle des deux jeunes filles, a assuré Clitandre de son soutien, et il convainc Chrysale, père d'Henriette, d'accepter le jeune homme pour gendre. Mais encore faut-il le consentement de Philaminte, épouse de Chrysale. Ce sera plus difficile, car elle est autoritaire, passionnée elle aussi de philosophie, et surtout entichée d'un bel esprit, Mrs Trissoton, qui a toute son estime. Elle survient furieuse et chasse Martine, sa servante, qui vient de commettre une faute de grammaire. Chrysale s'incline après s'être d'abord indigné, renonce à imposer sa décision, et Philaminte annonce qu'Henriette épousera Trissotin.
Acte III►
Dans le salon de Philaminte, Trissotin vient réciter des vers ridicules qui émerveillent les femmes savantes. Un autre pédant, Vadius, se présente. Félicitations puis injures.
Acte IV►
Clitandre et Trissotin ont une explication orageuse. Vadius, vexé d'avoir été malmené par Trissotin, le dénonce à Philaminte comme un coureur de dot, sans la convaincre. Chrysale une fois de plus promet son appui.
Acte V►
Henriette veut obtenir de Trissotin qu'il renonce à l'épouser, mais Trissotin refuse. Le notaire arrive pour le contrat. Philaminte et Chrysale semblent rester sur leur position, mais Ariste annonce la ruine de Chrysale et de Philaminte. Trissotin se retire sans comprendre que ce n'était qu'un stratagème. Henriette et Clitandre s'épousent, et tout finit bien.
L'AVARE
ACTE I
L'action se passe à Paris, dans la maison d’Harpagon, un riche bourgeois veuf et père de deux enfants, Cléante et Élise. Les deux enfants d’Harpagon craignent chacun pour leurs amours respectifs car l’avarice de leur père risque de mettre en péril leurs projets de mariage: "Donner est un mot pour qui il a tant d’aversion, dit de lui La Flèche, le valet de Cléante, qu’il ne dit jamais: je vous donne, mais: je vous prête le bon jour".
Élise est secrètement fiancée à Valère, gentilhomme napolitain qui lui a sauvé la vie lors d’un naufrage et qui s'est introduit chez Harpagon en qualité d'intendant. Cléante, lui, voudrait épouser Mariane, une jeune fille pauvre, dont il est amoureux. Secrètement Cléante se révolte contre l’avarice et le despotisme de son père qui ne lui permettent pas d’apporter de l’aide à Mariane. Il envisage même de s’enfuir avec sa bien-aimée à l’étranger.
Harpagon lui-même est rongé d'inquiétude: il a enterré dans son jardin une cassette contenant dix mille écus d'or et il craint qu’on ne lui dérobe. Obsédé par cette crainte, il soupçonne tout le monde et va même jusqu’à chasser brutalement, après l'avoir interrogé et fouillé, La Flèche, le valet de Cléante. Il soupçonne également ses propres enfants. Réussissant temporairement à calmer ses doutes, il leur apprend qu'il a l'intention d'épouser Mariane, de destiner Élise à Anselme, un vieillard de ses amis, et de donner pour femme à Cléante, une veuve de sa connaissance. Comme Élise s’oppose énergiquement à ce mariage que son père a imaginé pour elle, Harpagon demande à son intendant Valère d'intervenir pour la convaincre. Ce dernier se retrouve ainsi dans un plaisant embarras. Il fait semblant de donner raison à Harpagon mais reste vigilant et n’hésiterait pas à fuir avec Elise si la situation le nécessitait.
ACTE II
Cléante cherche à emprunter quinze mille francs. Son valet lui a trouvé un préteur, mais ce dernier réclame un taux exorbitant et y ajoute des conditions abracadabrantes, notamment l’obligation d’y inclure un amas de vieilleries hétéroclites évaluées à un prix extravagant. Tandis qu'il s'indigne contre ces conditions tyranniques, Cléante découvre, lors de l’arrivée de maître Simon, la personne chargée de la transaction que le préteur avec qui il songe à entrer en affaires n'est autre Harpagon. Le père et le fils s'opposent violemment.
Frosine, une intrigante se vante auprès de La Flèche d’obtenir d'Harpagon de bons subsides en échange de services qu’elle lui rend dans la négociation de son mariage avec Mariane. Profitant de l’absence d’Harpagon, le valet la met en garde contre l’avarice légendaire de son maître.
Arrive Harpagon. Frosine lui fait croire que Mariane a une prédilection pour les vieillards et qu’elle accepte de l’épouser. L'absence de dot tourmente pourtant Harpagon. Frosine le rassure en lui indiquant que les habitudes d'économie de la jeune fille pauvre constituent un réel atout. Vient le moment pour Frosine de se faire rétribuer. Harpagon reste sourd aux sollicitations de Frosine et prétexte une affaire urgente pour s’éclipser.
ACTE III
Harpagon, qui a invité Mariane à dîner, multiplie les recommandations à ses domestiques, en particulier à maître Jacques pour limiter le plus possible la dépense. Devant les protestations de ce dernier Valère se joint à Harpagon pour inciter le cocher-cuisinier à faire des économies.
Maître Jacques se querelle avec l'intendant, reçoit des coups de bâton et jure de se venger à la première occasion. Mariane, conduite par Frosine, arrive, pleine d’appréhension et toute tremblante à l ‘idée de rencontrer Harpagon. Elle a une pensée émue pour le mystérieux jeune homme dont elle est amoureuse. Le physionomie d'Harpagon la rebute, elle est paralysée. Lorsqu’elle reconnaît Cléante, le jeune homme qui lui a fait la cour, elle est troublée. Les deux jeunes gens se font comprendre l'un à l'autre leurs véritables sentiments, en usant un langage à double sens, devant un Harpagon qui a du mal à saisir ces échanges codés. Mais Harpagon explose de colère lorsque Cléante lui ôte du doigt une bague de diamant pour l'offrir en son nom à Mariane. On annonce alors la visite d'une personne qui apporte à Harpagon de l’argent. L'avare s'empresse d'aller l’accueillir.
ACTE IV
Cléante et Mariane demandent à Frosine de les aider pour convaincre Harpagon à renoncer à son projet de mariage. Celle-ci imagine de faire rencontrer à l’avare une riche veuve. C’est alors qu’Harpagon survient brusquement et qu’il surprend son fils en train de baiser la main de Mariane. Il devine qu’on lui cache quelque chose. Il feint alors d'avoir renoncé à la jeune fille pour inciter Cléante à lui confier ses véritables sentiments. Le jeune homme tombe dans le piège et avoue à son père qu'il est amoureux de Mariane et lui a fait la cour. Harpagon entre dans une terrible colère et menace de frapper son fils.
Maître Jacques survient alors et entreprend de réconcilier le père et le fils. Il prend à part chacun d'eux et lui fait croire que l'autre renonce à Mariane. Après le départ de Maître Jacques, les deux protagonistes prennent conscience du malentendu, et la querelle reprend avec plus de violence entre Cléante et Harpagon. L’avare déshérite son fils, le chasse et le maudit. Arrive alors La Flèche portant la cassette d'Harpagon, qu'il a dérobée. Harpagon qui a découvert le vol arrive affolé, furieux, et assoiffé de vengeance. Il jure de retrouver les coupables.
ACTE V
Une enquête est ordonnée. Un commissaire de police, convoqué par Harpagon, mène son enquête. Harpagon souhaite que le commissaire fasse arrêter tous les habitants de la ville. Le policier interroge maître Jacques. Ce dernier pour se venger de Valère, l'accuse d'avoir dérobé la cassette. Valère arrive, et Harpagon le presse d'avouer son crime. Croyant son amour découvert, Valère plaide coupable, mais il proteste de l'honnêteté de ses intentions. Le quiproquo dure un moment jusqu’à ce qu’Harpagon, au comble de la fureur, comprenne l’idylle entre Elise et Valère. Il menace d'enfermer sa fille et de faire pendre l'intendant.
L'arrivée du seigneur Anselme, un aristocrate napolitain, va permettre de clarifier la situation. Pour se disculper, Valère dévoile son identité et raconte son histoire. On découvre alors que le seigneur Anselme n’est autre que le père de Valère et Mariane, laissés jadis pour mort lors d’un naufrage.
Tout est bien qui finit bien: un double mariage va unir Valère à Élise et Cléante à Mariane. Harpagon retrouve sa " chère cassette " avec grand bonheur et le seigneur Anselme prendra à sa charge les frais de cérémonie et les besoins des deux ménages.
ACTE I
L'action se passe à Paris, dans la maison d’Harpagon, un riche bourgeois veuf et père de deux enfants, Cléante et Élise. Les deux enfants d’Harpagon craignent chacun pour leurs amours respectifs car l’avarice de leur père risque de mettre en péril leurs projets de mariage: "Donner est un mot pour qui il a tant d’aversion, dit de lui La Flèche, le valet de Cléante, qu’il ne dit jamais: je vous donne, mais: je vous prête le bon jour".
Élise est secrètement fiancée à Valère, gentilhomme napolitain qui lui a sauvé la vie lors d’un naufrage et qui s'est introduit chez Harpagon en qualité d'intendant. Cléante, lui, voudrait épouser Mariane, une jeune fille pauvre, dont il est amoureux. Secrètement Cléante se révolte contre l’avarice et le despotisme de son père qui ne lui permettent pas d’apporter de l’aide à Mariane. Il envisage même de s’enfuir avec sa bien-aimée à l’étranger.
Harpagon lui-même est rongé d'inquiétude: il a enterré dans son jardin une cassette contenant dix mille écus d'or et il craint qu’on ne lui dérobe. Obsédé par cette crainte, il soupçonne tout le monde et va même jusqu’à chasser brutalement, après l'avoir interrogé et fouillé, La Flèche, le valet de Cléante. Il soupçonne également ses propres enfants. Réussissant temporairement à calmer ses doutes, il leur apprend qu'il a l'intention d'épouser Mariane, de destiner Élise à Anselme, un vieillard de ses amis, et de donner pour femme à Cléante, une veuve de sa connaissance. Comme Élise s’oppose énergiquement à ce mariage que son père a imaginé pour elle, Harpagon demande à son intendant Valère d'intervenir pour la convaincre. Ce dernier se retrouve ainsi dans un plaisant embarras. Il fait semblant de donner raison à Harpagon mais reste vigilant et n’hésiterait pas à fuir avec Elise si la situation le nécessitait.
ACTE II
Cléante cherche à emprunter quinze mille francs. Son valet lui a trouvé un préteur, mais ce dernier réclame un taux exorbitant et y ajoute des conditions abracadabrantes, notamment l’obligation d’y inclure un amas de vieilleries hétéroclites évaluées à un prix extravagant. Tandis qu'il s'indigne contre ces conditions tyranniques, Cléante découvre, lors de l’arrivée de maître Simon, la personne chargée de la transaction que le préteur avec qui il songe à entrer en affaires n'est autre Harpagon. Le père et le fils s'opposent violemment.
Frosine, une intrigante se vante auprès de La Flèche d’obtenir d'Harpagon de bons subsides en échange de services qu’elle lui rend dans la négociation de son mariage avec Mariane. Profitant de l’absence d’Harpagon, le valet la met en garde contre l’avarice légendaire de son maître.
Arrive Harpagon. Frosine lui fait croire que Mariane a une prédilection pour les vieillards et qu’elle accepte de l’épouser. L'absence de dot tourmente pourtant Harpagon. Frosine le rassure en lui indiquant que les habitudes d'économie de la jeune fille pauvre constituent un réel atout. Vient le moment pour Frosine de se faire rétribuer. Harpagon reste sourd aux sollicitations de Frosine et prétexte une affaire urgente pour s’éclipser.
ACTE III
Harpagon, qui a invité Mariane à dîner, multiplie les recommandations à ses domestiques, en particulier à maître Jacques pour limiter le plus possible la dépense. Devant les protestations de ce dernier Valère se joint à Harpagon pour inciter le cocher-cuisinier à faire des économies.
Maître Jacques se querelle avec l'intendant, reçoit des coups de bâton et jure de se venger à la première occasion. Mariane, conduite par Frosine, arrive, pleine d’appréhension et toute tremblante à l ‘idée de rencontrer Harpagon. Elle a une pensée émue pour le mystérieux jeune homme dont elle est amoureuse. Le physionomie d'Harpagon la rebute, elle est paralysée. Lorsqu’elle reconnaît Cléante, le jeune homme qui lui a fait la cour, elle est troublée. Les deux jeunes gens se font comprendre l'un à l'autre leurs véritables sentiments, en usant un langage à double sens, devant un Harpagon qui a du mal à saisir ces échanges codés. Mais Harpagon explose de colère lorsque Cléante lui ôte du doigt une bague de diamant pour l'offrir en son nom à Mariane. On annonce alors la visite d'une personne qui apporte à Harpagon de l’argent. L'avare s'empresse d'aller l’accueillir.
ACTE IV
Cléante et Mariane demandent à Frosine de les aider pour convaincre Harpagon à renoncer à son projet de mariage. Celle-ci imagine de faire rencontrer à l’avare une riche veuve. C’est alors qu’Harpagon survient brusquement et qu’il surprend son fils en train de baiser la main de Mariane. Il devine qu’on lui cache quelque chose. Il feint alors d'avoir renoncé à la jeune fille pour inciter Cléante à lui confier ses véritables sentiments. Le jeune homme tombe dans le piège et avoue à son père qu'il est amoureux de Mariane et lui a fait la cour. Harpagon entre dans une terrible colère et menace de frapper son fils.
Maître Jacques survient alors et entreprend de réconcilier le père et le fils. Il prend à part chacun d'eux et lui fait croire que l'autre renonce à Mariane. Après le départ de Maître Jacques, les deux protagonistes prennent conscience du malentendu, et la querelle reprend avec plus de violence entre Cléante et Harpagon. L’avare déshérite son fils, le chasse et le maudit. Arrive alors La Flèche portant la cassette d'Harpagon, qu'il a dérobée. Harpagon qui a découvert le vol arrive affolé, furieux, et assoiffé de vengeance. Il jure de retrouver les coupables.
ACTE V
Une enquête est ordonnée. Un commissaire de police, convoqué par Harpagon, mène son enquête. Harpagon souhaite que le commissaire fasse arrêter tous les habitants de la ville. Le policier interroge maître Jacques. Ce dernier pour se venger de Valère, l'accuse d'avoir dérobé la cassette. Valère arrive, et Harpagon le presse d'avouer son crime. Croyant son amour découvert, Valère plaide coupable, mais il proteste de l'honnêteté de ses intentions. Le quiproquo dure un moment jusqu’à ce qu’Harpagon, au comble de la fureur, comprenne l’idylle entre Elise et Valère. Il menace d'enfermer sa fille et de faire pendre l'intendant.
L'arrivée du seigneur Anselme, un aristocrate napolitain, va permettre de clarifier la situation. Pour se disculper, Valère dévoile son identité et raconte son histoire. On découvre alors que le seigneur Anselme n’est autre que le père de Valère et Mariane, laissés jadis pour mort lors d’un naufrage.
Tout est bien qui finit bien: un double mariage va unir Valère à Élise et Cléante à Mariane. Harpagon retrouve sa " chère cassette " avec grand bonheur et le seigneur Anselme prendra à sa charge les frais de cérémonie et les besoins des deux ménages.
8 Ekim 2010 Cuma
ALFRED de VIGNY (1797-1863)
On lui a souvent reproché d’être un poète hautin, de s’être isolé dans un tour d’ivoire. On a souvent dit qu’il a composé rarement de beaux vers. En effet, il n’est pas aussi doué et fécond que Lamartine et Hugo mais il est surtout préoccupé de la densité de la pensée et de la forme (dimension philosophique), il existe en lui un critique qui se juge et se contrôle. On a souvent parlé de l’inactualité de Vigny. Il a repoussé toute forme d’engagement. Il a voulu préserver sa solitude, son indépendance, il veut rester à l’écart des mêlées politiques et sociales. Cependant il est actuel, par sa peinture de la condition morale et métaphysique de l’homme, par sa vision de l’être et du monde. Il a débuté comme romantique, il éprouve le mal du siècle. Chateaubriand est son maitre par la mélancolie. Il a donné des ouvrages du genre romanesque, poétique et dramatique. Il a traduit Shakespear.
Les poèmes de Vigny sont rangés en trois livres:
Livre mystique (Moise, Eloa, Le Déluge)
Livre antique
Livre moderne
La révolution de 1830 est une date grave pour Vigny, Lamartine et beaucoup d’autres. Sous les problèmes politiques et sociaux, il éprouve une crise de conscience. Il est hanté par la misère sociale. Les critiques voient en lui un poète philosophe. Il réfléchit sur la condition humaine, à partir de 1840 il s’enferme au Chateau du Maine Giraud dans un silence définitif. Il adopte un système moral. C’est un pessimiste janséniste et stoicien. L’homme lui apparait comme la victime d’une condamnation mystérieuse dont il ne saura jamais les motifs. Il ne peut pas s’échapper au destin, ni être consolé ou soutenu dans cette misère par quelque force. (Dieu ne le réconforte pas).
Dieu reste sourd à ses appels. La nature est une marâtre, l’amour un mensonge. Les philosophes ignorent tout. L’homme se résigne donc à vivre dans la solitude et le silence.
Vigny a rêvé d’une poésie pure. Il est l’initiateur du symbolisme. Le symbole est nécessaire pour mettre la pensée dans le langage.
LES DESTINEES de VIGNY►
Le recueil commence par le poème “Les Destinées” qui donne son nom à l’ouvrage et où Vigny pose le problème de la condition humaine: avec ses misères et son ignorance, l’humanité est-elle soumise à une fatalité qui nous interdit toute espérance et rend vains nos efforts?
Vigny commencera par envisager “LE MAL SOCIAL” dans les problèmes de la politique, des races, de la civilisation, de l’amour et du devoir.
Puis Vigny envisagera “LE MAL PHILOSOPHIQUE”► l’homme vit dans l’incertitude de son avenir, dans l’ignorance de son destin. L’homme est abandonné à lui-même par la divinité.
Après le pessimisme des premiers poèmes qui se révoltent contre “LE MAL SOCIAL et PHILOSOPHIQUE”, Vigny trouvera une solution à la misère et à l’ignorance de l’homme► un avenir brillant attend l’homme, c’est la route lumineuse de la science, de la pensée et du progrès. Le poète fait donc confiance à la civilisation qui permettra à l’homme de vaincre la misère de sa condition. De ce point de vue, on peut dire que Vigny suit la voie des philosophes du XVIIIème siècle.
Ce sont les angoisses et les espérances de Vigny qui donnent naissance au message philosophique des DESTINEES. Son oeuvre exprime à la fois un pessimisme stoique et la volonté de croire à un possible progrès de l’humanité.
LA MORT DU LOUP
Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçus les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l'eut pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes,
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.
Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes!
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez sublimes animaux.
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
--Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur.
Il disait: " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler."
Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçus les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l'eut pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes,
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.
Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes!
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez sublimes animaux.
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
--Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur.
Il disait: " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler."
ALFRED DE VIGNY
LA MORT DU LOUP
Introduction
C’est après une grave affective et morale (il a perdu sa mère, rompu avec l’actrice Marie Dorval et tous ses amis parisiens, il se retrouve seul à Charente) que Vigny a écrit en 1838, en une nuit et une partie du jour suivant le poème intitulé “LA MORT DE LOUP” paru dans le recueil posthume “les Destinées” en 1864. Ce long poème en alexandrin à rime plate décrit une chasse nocturne qui se termine par la mort héroique du loup suivi d’une réflexion morale sur le sens de la vie. Nous étudierons le réalisme mêlé de fantastique du décor et de l’action puis la valeur symbolique de l’apologue (à travers la figure du loup, les sentiments du poète et la réflexion qui suit le récit).
1. Le récit de la mort du loup►
Aspect réaliste du récit des lieux, Vigny a déjà participé à une chasse.
Vers 1-16: Le décor► Scène de chasse nocturne avec combinaison de couleur (rouge et noir) sinistre (uğursuz) et inquiétant de la chasse.
Impression fantastique avec la Lune enflammée.
Lieux réalistes avec l’humide gazon dû à la rosée de la nuit. Evocation de la Nature dans la chasse. La nature est hostile et est personnifiée (vers 10-11) qui marque un arrêt.
Comparaison des chênes à des êtres impressionnants (géants) que rien ne les perturbe.
Métaphore de la girouette (vers 12) qui souffre d’une mort à venir: traduction des angoisses des chasseurs de la peur de la mort. La girouette prédit peut-être la mort prochaine du loup.
Vers 16-17: attitude des chasseurs► Ce sont des chasseurs expérimentés.
Traquer: encercler les animaux pour les fermer tout issue de fuite.
Vers 20: Scène réaliste qui montre le réalisme des chasseurs. Ils savent qu’ils auront à affronter deux loups et deux louveteaux. C’est un récit rigoureux, ils ne sautent aucun étape.
Vers 27-40: Découverte de la famille du loup► Marque fantastique avec “les yeux qui flamboient” (vers 28), avec les danses des louvetaux multipliés par les ombres (vers:30).
Rythme et sonorité doux: les louveteaux sont joyeux, mais leurs instincts leur conseillent de rester sur leurs gardes.
Vers 35-36: L’ennemi héréditaire des loups est l’homme et la lutte semble être inévitable. Les loups ont une noble attitude, les louveteaux et la mère ont une entière confiance au loup.
Vers 40-60: Personnification du loup avec la présence des jambes au lieu des pattes (vers:41)
Idéalisation du loup contrairement aux chasseurs.
Scène réaliste: “ongles crochus dans le sable enfoncé”
Vers 42: cela montre que le loup est determiné à ne pas reculer face aux chasseurs.
Projection face à l’avenir (vers 43): il comprend qu’il n’a plus rien à faire, transposition du raisonnement de l’homme à l’animal. Il décide de mourir avec gloire. Fierté du loup qui ne manque pas de courage. Le loup prend vite sa décision (vers:45: “alors”)
Les vers 45-52 montrent le dernier exploit du loup. Le loup décide de s’attaquer à un chien et il ne cède pas. Le loup ne reconnait pas le chasseur comme un digne adversaire (le chien était comparé au loup au début de la poésie).
Description réaliste et cruelle: ce n’est pas la cruauté du loup qui sort, mais sa fierté et sa gloire, il n’abdique pas sachant que l’issu sera fatal.
Les yeux ont une grande importance: le regard du loup traduit ce qu’il ressent à l’égard des chasseurs.
Daigner: hauteur de dignité hautaine, mépris contre les hommes. Il les considère comme des bourreaux. Il meurt sans se plaindre. L’apologue apparait lors de la mort du loup: le loup assimilé à l’homme de génie qui a accepté sa mort sans plaindre, attitude qui laisse penser que la lutte est inégale.
2. La fin du récit, jugement (sentiment) du poète►
Implication personnel du poète: les chasseurs vont continuer à poursuivre les loups qui se sont enfuient lorsque la louve a compris qu’il n’y avait rien à faire. Le devoir de mère du loup est plus fort que le lien qui la lie avec le loup. Commencement d’une réflexion philosophique (vers:69)► le pacte des villes: concession faite à la société qui nous conduit à être différent de ce que l’on est véritablement (Vigny quitte Paris et retourne dans son château). Les chiens ne sont pas des animaux nobles, ils sont guidés par leur instinct et besoin matériel comme les hommes, ils sont obligés de se soumettre aux hommes pour avoir des faveurs (vers:72): l’injustice des chasseurs qui abusent de leurs matériels pour tuer les loups dans les forêts.
Amertume de Vigny: “la société rend les hommes pas vrais. La nature fait des animaux des êtres nobles et fières.”
Sentiment de culpabilité: il a participé à la mort du loup. Refus du poète de chasser les loups qui sont légitimement les propriétaires de ces bois (vers:72)
3. La Leçon à en tirer►
Sentiment défavorable des hommes (vers 72-76) “j’ai honte de vous”.
Interjection: Hélas : regret et pitié, sublimation des hommes oppositions aux loups.
Les hommes sont cruels et lâches “Débiles”: l’homme ne se sert pas suffisamment de sa raison “Nous”: il s’inclut dans les débiles, il a les mêmes défauts que ses congénères (vers 75-77): morale avec admiration des loups et indignation des hommes. Le loup meurt sans crier / les hommes crient lorsqu’ils ont un malheur.
Vision pessimiste: sincérité de ce qu’il a fait, il va souffrir sans les autres, à l’écart de Paris.
Vigny s’adresse au loup, il prend le regard du loup comme un message personnel / philosophique (stoique). Il essaie de dominer son chagrin. L’animal est différent de l’homme qui doit s’armer et se blinder contre les contraintes de la société. La conclusion est détachée par un blanc.
La mort du loup est un poème anti-chrétien. Vigny ne croit pas en Dieu mais s’il existe, alors il est un chasseur qui persécute l’homme. L’homme doit accomplir quelques chose c’est pour cela qu’il est envoyé sur Terre.
4.Conclusion►
Vigny joue sur le double registre de l’émotion et de la raison pour nous faire part d’une conception très élevée de la vie. Le poème en effet, à travers l’idéalisation du loup, la compassion et l’admiration exprimé par le poète, traduit sa volonté de dominer la douleur et de donner un sens à sa vie, selon une morale stoicienne. Comme le loup, l’homme de génie ne peut-être qu’un solitaire qui accepte son sort sans se plaindre après avoir accompli au mieux la tâche qui lui a été attribué. Le refuge n’est pas en Dieu mais en soi-même. Le poète se perçoit comme un animal traqué qui pour rester libre, doit s’isoler et s’élever par un silence stoique au-dessus de la fatalité, de la souffrance et de la mort.
Introduction
C’est après une grave affective et morale (il a perdu sa mère, rompu avec l’actrice Marie Dorval et tous ses amis parisiens, il se retrouve seul à Charente) que Vigny a écrit en 1838, en une nuit et une partie du jour suivant le poème intitulé “LA MORT DE LOUP” paru dans le recueil posthume “les Destinées” en 1864. Ce long poème en alexandrin à rime plate décrit une chasse nocturne qui se termine par la mort héroique du loup suivi d’une réflexion morale sur le sens de la vie. Nous étudierons le réalisme mêlé de fantastique du décor et de l’action puis la valeur symbolique de l’apologue (à travers la figure du loup, les sentiments du poète et la réflexion qui suit le récit).
1. Le récit de la mort du loup►
Aspect réaliste du récit des lieux, Vigny a déjà participé à une chasse.
Vers 1-16: Le décor► Scène de chasse nocturne avec combinaison de couleur (rouge et noir) sinistre (uğursuz) et inquiétant de la chasse.
Impression fantastique avec la Lune enflammée.
Lieux réalistes avec l’humide gazon dû à la rosée de la nuit. Evocation de la Nature dans la chasse. La nature est hostile et est personnifiée (vers 10-11) qui marque un arrêt.
Comparaison des chênes à des êtres impressionnants (géants) que rien ne les perturbe.
Métaphore de la girouette (vers 12) qui souffre d’une mort à venir: traduction des angoisses des chasseurs de la peur de la mort. La girouette prédit peut-être la mort prochaine du loup.
Vers 16-17: attitude des chasseurs► Ce sont des chasseurs expérimentés.
Traquer: encercler les animaux pour les fermer tout issue de fuite.
Vers 20: Scène réaliste qui montre le réalisme des chasseurs. Ils savent qu’ils auront à affronter deux loups et deux louveteaux. C’est un récit rigoureux, ils ne sautent aucun étape.
Vers 27-40: Découverte de la famille du loup► Marque fantastique avec “les yeux qui flamboient” (vers 28), avec les danses des louvetaux multipliés par les ombres (vers:30).
Rythme et sonorité doux: les louveteaux sont joyeux, mais leurs instincts leur conseillent de rester sur leurs gardes.
Vers 35-36: L’ennemi héréditaire des loups est l’homme et la lutte semble être inévitable. Les loups ont une noble attitude, les louveteaux et la mère ont une entière confiance au loup.
Vers 40-60: Personnification du loup avec la présence des jambes au lieu des pattes (vers:41)
Idéalisation du loup contrairement aux chasseurs.
Scène réaliste: “ongles crochus dans le sable enfoncé”
Vers 42: cela montre que le loup est determiné à ne pas reculer face aux chasseurs.
Projection face à l’avenir (vers 43): il comprend qu’il n’a plus rien à faire, transposition du raisonnement de l’homme à l’animal. Il décide de mourir avec gloire. Fierté du loup qui ne manque pas de courage. Le loup prend vite sa décision (vers:45: “alors”)
Les vers 45-52 montrent le dernier exploit du loup. Le loup décide de s’attaquer à un chien et il ne cède pas. Le loup ne reconnait pas le chasseur comme un digne adversaire (le chien était comparé au loup au début de la poésie).
Description réaliste et cruelle: ce n’est pas la cruauté du loup qui sort, mais sa fierté et sa gloire, il n’abdique pas sachant que l’issu sera fatal.
Les yeux ont une grande importance: le regard du loup traduit ce qu’il ressent à l’égard des chasseurs.
Daigner: hauteur de dignité hautaine, mépris contre les hommes. Il les considère comme des bourreaux. Il meurt sans se plaindre. L’apologue apparait lors de la mort du loup: le loup assimilé à l’homme de génie qui a accepté sa mort sans plaindre, attitude qui laisse penser que la lutte est inégale.
2. La fin du récit, jugement (sentiment) du poète►
Implication personnel du poète: les chasseurs vont continuer à poursuivre les loups qui se sont enfuient lorsque la louve a compris qu’il n’y avait rien à faire. Le devoir de mère du loup est plus fort que le lien qui la lie avec le loup. Commencement d’une réflexion philosophique (vers:69)► le pacte des villes: concession faite à la société qui nous conduit à être différent de ce que l’on est véritablement (Vigny quitte Paris et retourne dans son château). Les chiens ne sont pas des animaux nobles, ils sont guidés par leur instinct et besoin matériel comme les hommes, ils sont obligés de se soumettre aux hommes pour avoir des faveurs (vers:72): l’injustice des chasseurs qui abusent de leurs matériels pour tuer les loups dans les forêts.
Amertume de Vigny: “la société rend les hommes pas vrais. La nature fait des animaux des êtres nobles et fières.”
Sentiment de culpabilité: il a participé à la mort du loup. Refus du poète de chasser les loups qui sont légitimement les propriétaires de ces bois (vers:72)
3. La Leçon à en tirer►
Sentiment défavorable des hommes (vers 72-76) “j’ai honte de vous”.
Interjection: Hélas : regret et pitié, sublimation des hommes oppositions aux loups.
Les hommes sont cruels et lâches “Débiles”: l’homme ne se sert pas suffisamment de sa raison “Nous”: il s’inclut dans les débiles, il a les mêmes défauts que ses congénères (vers 75-77): morale avec admiration des loups et indignation des hommes. Le loup meurt sans crier / les hommes crient lorsqu’ils ont un malheur.
Vision pessimiste: sincérité de ce qu’il a fait, il va souffrir sans les autres, à l’écart de Paris.
Vigny s’adresse au loup, il prend le regard du loup comme un message personnel / philosophique (stoique). Il essaie de dominer son chagrin. L’animal est différent de l’homme qui doit s’armer et se blinder contre les contraintes de la société. La conclusion est détachée par un blanc.
La mort du loup est un poème anti-chrétien. Vigny ne croit pas en Dieu mais s’il existe, alors il est un chasseur qui persécute l’homme. L’homme doit accomplir quelques chose c’est pour cela qu’il est envoyé sur Terre.
4.Conclusion►
Vigny joue sur le double registre de l’émotion et de la raison pour nous faire part d’une conception très élevée de la vie. Le poème en effet, à travers l’idéalisation du loup, la compassion et l’admiration exprimé par le poète, traduit sa volonté de dominer la douleur et de donner un sens à sa vie, selon une morale stoicienne. Comme le loup, l’homme de génie ne peut-être qu’un solitaire qui accepte son sort sans se plaindre après avoir accompli au mieux la tâche qui lui a été attribué. Le refuge n’est pas en Dieu mais en soi-même. Le poète se perçoit comme un animal traqué qui pour rester libre, doit s’isoler et s’élever par un silence stoique au-dessus de la fatalité, de la souffrance et de la mort.
LES DESTINEES
Vigny est un homme austère, inaccessible, hautain; ces traits de caractères se reflètent dans son oeuvre c’est un poète-philosophe.
“LES DESTINEES” affirme que chaque être, chaque action sont déterminés à jamais par les destinées. L’homme croit être libre mais en fait il ne s’appartient pas, il est dirigé par des forces qu’il ne maitrise pas.
D’après Vigny la poèsie ne doit pas être l’expression des sentiments mais doit se mettre au service de l’idée. De ses poèmes se dégage une doctrine cohérente que l’on peut résumer en trois mots:
STOICISME, PESSIMISME, BONTE.
Il constate la solitude de l’homme mais, il n’attend rien ni de Dieu (le silence éternel de la divinité) qui reste muet aux appels des hommes, ni de la nature. L’univers semble être la proie d’un destin inflexible et aveugle qui fait souffrir l’humanité. C’est le regard froidement lucide que le poète jette ainsi sur la misère de la condition humaine.
Il pense que l’esprit, l’idée apporteront un jour une consolation à ceux qui souffrent; seuls les progrès de l’intelligence seront capables de sauver le monde même si le chemin doit être long. Ce sera le triomphe de l’esprit pur. Partie d’un pessimisme totale, la méditation de Vigny s’achève dans une espérance totale.
SYMBOLISME:
Alfred de Vigny a utilisé le symbole, il est l’initiateur du SYMBOLISME. Le symbole est nécessaire pour mettre la pensée dans le langage. C’est la représentation concrète d’une idée abstraite.
Le loup devient le symbole du stoicisme.
Un loup poursuivi par des chasseurs sait qu’il va mourir et pourtant il ne fuit pas. Il fait courageusement face à son destin. Le poète en tire une leçon morale sur ce que devrait être l’attitude de l’homme courageux face à la mort qui nous attend tous. Dès les premiers vers, de Vigny suggère une atmosphère de drame et de sang.
STOICISME:
Doctrine de Zénon et de ses disciples, selon laquelle le bonheur est dans la vertu et qui professe l’indifférence devant ce qui affecte la sensibilité.
Courage pour supporter la douleur, le malheur, les privations avec les apparences de l’indifférence. Courage, héroisme.
Le stoicien n’obéit qu’à la raison en se rendant indifférent aux circonstances extérieures: fortune, santé, douleur...
Seul le silence est grand tout le reste est faiblesse:
L’homme est écrasé par la fatalité et est abandonné de Dieu, il n’y a pour lui que deux certitudes: la souffrance et la mort. On doit adopter la grandeur du silence face à cette condition désepérante. La fatalité de la souffrance peut devenir une chance pour l’homme: celle de se hausser jusqu’à l’héroisme. Accepter son destin ne signifie pas en effet s’y résigner passivement mais accomplir énérgiquement sa tâche. Comme les stoiciens de l’antiquité Vigny recommande à l’homme, face aux épreuves de destin une attitude courageuse et digne.
Les trois dernières lignes:
Ce n’est pas une bravade ni d’orgueil c’est de l’honneur. Le soldat obéit à un commendement venu d’en haut qui est peut-être absurde, cruel et qu’il peut ne pas comprendre: il obéit, il tue ou se fait tuer sans rien dire. Toute sa vie est résignation et abrégation. L’honneur est de se taire et de subir.
Vigny est un homme austère, inaccessible, hautain; ces traits de caractères se reflètent dans son oeuvre c’est un poète-philosophe.
“LES DESTINEES” affirme que chaque être, chaque action sont déterminés à jamais par les destinées. L’homme croit être libre mais en fait il ne s’appartient pas, il est dirigé par des forces qu’il ne maitrise pas.
D’après Vigny la poèsie ne doit pas être l’expression des sentiments mais doit se mettre au service de l’idée. De ses poèmes se dégage une doctrine cohérente que l’on peut résumer en trois mots:
STOICISME, PESSIMISME, BONTE.
Il constate la solitude de l’homme mais, il n’attend rien ni de Dieu (le silence éternel de la divinité) qui reste muet aux appels des hommes, ni de la nature. L’univers semble être la proie d’un destin inflexible et aveugle qui fait souffrir l’humanité. C’est le regard froidement lucide que le poète jette ainsi sur la misère de la condition humaine.
Il pense que l’esprit, l’idée apporteront un jour une consolation à ceux qui souffrent; seuls les progrès de l’intelligence seront capables de sauver le monde même si le chemin doit être long. Ce sera le triomphe de l’esprit pur. Partie d’un pessimisme totale, la méditation de Vigny s’achève dans une espérance totale.
SYMBOLISME:
Alfred de Vigny a utilisé le symbole, il est l’initiateur du SYMBOLISME. Le symbole est nécessaire pour mettre la pensée dans le langage. C’est la représentation concrète d’une idée abstraite.
Le loup devient le symbole du stoicisme.
Un loup poursuivi par des chasseurs sait qu’il va mourir et pourtant il ne fuit pas. Il fait courageusement face à son destin. Le poète en tire une leçon morale sur ce que devrait être l’attitude de l’homme courageux face à la mort qui nous attend tous. Dès les premiers vers, de Vigny suggère une atmosphère de drame et de sang.
STOICISME:
Doctrine de Zénon et de ses disciples, selon laquelle le bonheur est dans la vertu et qui professe l’indifférence devant ce qui affecte la sensibilité.
Courage pour supporter la douleur, le malheur, les privations avec les apparences de l’indifférence. Courage, héroisme.
Le stoicien n’obéit qu’à la raison en se rendant indifférent aux circonstances extérieures: fortune, santé, douleur...
Seul le silence est grand tout le reste est faiblesse:
L’homme est écrasé par la fatalité et est abandonné de Dieu, il n’y a pour lui que deux certitudes: la souffrance et la mort. On doit adopter la grandeur du silence face à cette condition désepérante. La fatalité de la souffrance peut devenir une chance pour l’homme: celle de se hausser jusqu’à l’héroisme. Accepter son destin ne signifie pas en effet s’y résigner passivement mais accomplir énérgiquement sa tâche. Comme les stoiciens de l’antiquité Vigny recommande à l’homme, face aux épreuves de destin une attitude courageuse et digne.
Les trois dernières lignes:
Ce n’est pas une bravade ni d’orgueil c’est de l’honneur. Le soldat obéit à un commendement venu d’en haut qui est peut-être absurde, cruel et qu’il peut ne pas comprendre: il obéit, il tue ou se fait tuer sans rien dire. Toute sa vie est résignation et abrégation. L’honneur est de se taire et de subir.
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- Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
- Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
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- Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
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- Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
- George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
- Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
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- Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
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