Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

27 Aralık 2010 Pazartesi

 JEAN RENART

Jean Renart est un écrivain français de la fin du 12ème siècle et de la première partie du 13ème siècle. Il est considéré comme l'héritier de Chrétien de Troyes. En effet, son style rappelle le ton courtois de ses ouvrages. Cependant, le cadre dans lequel il place ses histoires reste original.

Sa vie est mal connue. Originaire de l’Oise et de formation cléricale, il a peut-être été ménestrel. Il ne signe clairement qu’un texte de son nom: “le Lai de l'ombre”. Mais au début de ce poème, il fait une allusion explicite à un autre texte en vers, un roman, “l'Escoufle”; et des similitudes d’intrigue, des critères stylistiques, ainsi qu’un anagramme, permettent de lui attribuer de façon sûre “le Roman de la Rose” mais son nom le plus courant est  "le Roman de Guillaume de Dole" pour ne pas le confondre avec celui de Guillaume de Lorris et Jean de Meun. Jean Renart évolue dans un milieu de grands seigneurs : “l’Escoufle” est envoyé à un comte de Hainaut, ce qui permet de la dater vers 1200-1202; “le Lai de l’ombre” est dédicacé à un évêque non précisé; “le Roman de la Rose” ou de “Guillaume de Dole” est dédicacé à Milon de Nanteuil, évêque de Beauvais.

Dans “le Roman de la Rose” ou de “Guillaume de Dole”, par ses allusions à des faits contemporains, en éliminant les éléments merveilleux propres à la tradition bretonne, Jean Renart manifeste un souci d'actualisation qui oriente le roman dans la voie du réalisme; Renart est aussi le premier auteur à insérer des intermèdes lyriques chantés qui viennent ponctuer et commenter l’action, un procédé qui sera repris par d'autres auteurs.


LE ROMAN DE LA ROSE OU DE GUILLAUME DE DOLE

L’histoire repose sur le thème de la chasteté d'une femme, chasteté mise à l'épreuve par un traître qui produit une preuve trompeuse. L’empereur Conrad tombe amoureux sans l’avoir vue, grâce à une chanson de trouvère, de Liénor, sœur de Guillaume de Dole. Il invite le frère à sa cour, où celui-ci s’illustre dans un tournoi. Le sénéchal de l’empereur, jaloux du nouveau venu, se rend à Dole et obtient par ruse de la mère de Liénor un détail intime sur la jeune fille; elle a sur la cuisse une tache de naissance en forme de rose. Le sénéchal peut alors prétendre devant l’empereur qu’elle s’est donnée à lui. Liénor décide de démasquer l’imposteur: elle lui fait envoyer, de la part d’une autre femme que le sénéchal a courtisée en vain, une aumônière contenant un anneau, une broche et une ceinture; puis se rend à la cour de l’empereur, prétend que le sénéchal l’a violée et lui a volé les objets qu’elle lui a fait remettre. Le sénéchal jure n’avoir jamais vu cette jeune fille: Liénor dévoile alors le détail de la rose, confond le sénéchal qu’on oblige à se croiser, et épouse l’empereur.


L’ESCOUFLE OU GUILLAUME ET AELIS
L’Escoufle est un roman de 9102 vers, qui traite le thème des amours contrariées par un père, mêlé au thème de l'oiseau;un escoufle, c'est-à-dire un milan, voleur d'un objet précieux;un anneau, gage d'amour. Guillaume de Montivilliers est promis à Aelis, fille de l’empereur de Rome, dont son père est conseiller. À la mort du père de Guillaume, l’empereur revient sur sa promesse, et les deux jeunes gens s’enfuient vers la France. Aelis a donné à Guillaume une aumônière contenant un anneau. Un escoufle s’en empare. Guillaume part à la poursuite de l’oiseau; les amants sont longtemps séparés et se retrouvent après de multiples péripéties.

EXTRAITS DE L'OEUVRE

Remplissant son devoir, le comte joua tant avec son épouse qu’elle conçut un fils qui plus tard fut empereur. (…) Dès sa naissance, on alla chercher les parrains, l’huile et le crème et un évêque pour le baptiser (…) les parrains l’appelèrent Guillaume. Ce jour même, l’impératrice accoucha d’une fille qui reçut le nom d’Aélis; l’empereur fut transporté de joie en apprenant la nouvelle, et n’allez pas croire que le comte Richart en éprouva moins pour son beau fils.

On ne pouvait dire lequel emportait sur l’autre, de Guillaume et de Aélis. Nulle part on n’eût trouvé deux êtres si pareils de visage, de bouche, de regard; on les aurait cru frère et sœur.

On mena l’enfant manger dans la chambre de la demoiselle. Son cœur éclata et se sentit léger comme un oiseau d’avoir un tel compagnon. L’empereur et sa femme demandèrent d’un commun accord de les laisser ensemble, refusant qu’on les sépara pour boire et pour manger, afin d’être traités l’un et l’autre absolument de la même manière. Tous deux se félicitèrent de cette agréable existence et les gens avaient plaisir à contempler leur exceptionnelle beauté.

Ils furent bien trois ans ensemble, sans le moindre désaccord entre eux. Ils se voyaient sans difficulté, chacun des deux tout à l’autre, et l’amour, qui use de ses séductions, les engagea à s’appeler du doux nom « d’amis ». (…) La demoiselle ne manqua pas, à cause de sa gouvernante et de sa mère, de l’appeler ami ou frère, frère pour cacher l’autre nom de sorte que les gens de la maison y voyaient plutôt de l’affection que de l’amour.

Un jour l’empereur était couché sous une tente, dans son verger; ses gens et ses chevaliers s’amusaient à cueillir des fruits, ne voulant pas gêner leur seigneur et le comte, désireux de s’entretenir et de se consulter sur leur affaire. Guillaume et Aélis, éprise de lui, allaient comme ami et amie, s’amusant dans le verger et faisant semblant de manger des fruits, se poursuivaient, se poussaient mutuellement, puis se regardaient, craignaient que leurs pères ne les aperçussent. Mais le bon comte et l’empereur n’y voyaient rien de mal. L’empereur n’aimait rien tant que le damoiseau et sa fille: c’est bon grain qui va germer, pensait-il, et tout le monde devrait songer à les assortir. Pour leurs beaux yeux, leurs têtes blondes, leurs corps parfaits, ils étaient à l’évidence les plus séduisants de leur lignée, et plus encore pour leurs qualités d’esprit.(…)

-Cher comte, (…) au nom de l’amitié que je vous ai portée et que je désire conserver, je veux faire de Guillaume l’héritier de ma terre et de mon titre et lui donner pour femme ma fille que voilà (...).

26 Aralık 2010 Pazar

 LE MYTHE DE PHAÉTON

C’est la version d'Ovide, que vous allez lire ci-dessous. Celui-ci a consigné dans ses "Métamorphoses", véritable texte fondateur de la mythologie classique, l'histoire de Phaéton, fils de la nymphe Clyméné et de Phébus-Hélios, le dieu du Soleil.

L'Océanide Clyméné étant l'épouse de Mérops qu'elle a trompé avec Phébus, Phaéton entretient de légitimes doutes sur sa filiation divine. Sa mère l'engage donc à en obtenir la confirmation de Phébus lui-même. Après un long voyage, il arrive enfin au palais du Soleil. Le Soleil l'ayant aperçu l'accueille en fils et lui demande ce qu'il est venu chercher sur ces hauteurs. Phaéton lui répond qu'il sollicite des gages qui attesteraient qu'il est vraiment issu du dieu, des gages suffisamment forts pour qu'ils chassent tout doute de son esprit. Alors, pour faire plaisir à son fils, Phébus jure sur le Styx de lui accorder tout ce qu'il désire.

A peine a-t-il achevé que Phaéton demande le char de son père et le droit de le conduire pendant une journée. Aussitôt, le père se repent amèrement de son serment. Il ne peut plus revenir sur son engagement mais tente de dissuader Phaéton car la tâche ne convient ni à ses forces, ni à son jeune âge. Par tous les moyens, il cherche à faire revenir Phaéton sur son souhait, mais celui-ci, rebelle à ce discours, persiste dans son projet, le dieu du Soleil est alors obligé de se soumettre.

Les chevaux du Soleil pleins de fougue s'élancent mais le joug n'a pas son poids ordinaire. Dès que le quadruple attelage s'en est aperçu, il se précipite, abandonne la piste battue et ne suit plus la même direction qu'auparavant. Phaéton s'épouvante, il ne sait de quel côté tirer les rênes, il ne sait de quel côté est son chemin. Les chevaux s'élancent, tantôt jusqu'aux étoiles fixées dans les hauteurs, tantôt par des descentes et des précipices, ils tombent dans des espaces voisins de la terre. Les flammes dévorent alors les lieux les plus élevés de la terre qui se fend, s'entrouvre et se dessèche. De grandes villes périssent avec leurs remparts; des territoires entiers avec leur population sont réduits en cendre par l'incendie. Des forêts brûlent avec les montagnes. La mer se resserre, des plaines de sables arides remplacent ce qui était naguère l'océan, des montagnes jusque-là couvertes par ses eaux profondes, surgissent.

Alors le souverain des dieux Zeus-Jupiter, pour éviter la destruction de l'Univers, lance sa foudre contre le conducteur du char et réduit son char en miettes.
 PROMÉTHÉE -CRÉATEUR DES HOMMES-
Certaines légendes attribuent la création de la race humaine à Prométhée dont le nom, en grec, signifie prévoyant et Epiméthée, son frère.

Prométhée créant les hommes
Epiméthée dont le nom signifie "qui réfléchit trop tard", quand il créa les animaux, avant de créer l'homme, leur distribua les meilleurs dons, sans trop y réfléchir: force, rapidité, plumes, poils, ailes, coquilles, etc., de telle façon que les hommes n'avaient pas d'enveloppe protectrice, pas les qualités nécessaires pour lutter contre les animaux et dominer la nature. Epiméthée regretta son erreur et appela Prométhée, son frère pour l'aider. Prométhée donna alors aux hommes une forme plus noble que celle des animaux en les faisant se tenir debout, à l'image des dieux.
Ne voulant pas laisser sa créature démunie de tout, il va ensuite dans le ciel, jusqu'au char du Soleil, à qui il dérobe le feu à l'aide d'une torche et qu'il cache dans la tige d'une férule, il l'apporte ensuite sur la Terre, aux hommes qui en son absence se sont multipliés. Le feu devient alors, pour les hommes une protection et leur permet d'avoir certaines activités telles que la culture qui permet alors à l'homme de déjouer la nature.
Dans certaines légendes Prométhé apparaît donc comme le dieu qui a enseigné aux hommes. Prométhée apparaît aussi comme la contadiction qui oppose les dieux aux hommes car les dieux sont responsables des maux qui accablent les hommes, et ceux-ci ne peuvent s'épanouir qu'en s'affranchissant des dieux, par une attitude de défi et de révolte.
A la suite de cette première injure qu'il fit à la puissance de Zeus, Prométhée imagine un autre méfait: Il tue un taureau et le découpe en deux part, l'une est constituée des plus mauvais morceaux en dessous de la partie de la peau la plus belle de l'animal et l'autre de la partie de la chair la meilleure en dessous de la partie de peau la plus laide de l'animal. Il propose alors à Zeus de choisir sa part. Zeus choisit évidemment la part la plus belle en apparence et laisse l'autre part aux hommes. C'est ainsi que dans les sacrifices, les hommes brûlent les os dont les dieux goûtent les fumets, tandis que les hommes mangent la bonne chair des animaux morts, mais leur faim est toujours renaissante.
Zeus, trompé, décide alors de se venger des hommes et de Prométhée. Aux premiers il envoit Pandore, belle jeune femme crée par Héphaistos, qui répandit tous les malheurs sur la terre en ouvrant sa boîte qui comporte les maux tels que la fatigue, la maladie, la souffrance, la mort, Zeus cache également le feu, dont les hommes se servaient pour cuire les viandes, et les oblige à travailler pour faire pousser un grain qui, jusqu'ici, se développait en abondance sans qu'on ait à s'en occuper.
L'âge d'or est terminé. Et Prométhée est enchaîné par Héphaistos sur le plus haut sommet du Caucasse, où à l'infini, les aigles et vautours viennent lui dévorer le foie qui renaît chaque nuit. C'est Héraclès qui, passant par-là perce d'une flèche les rapaces et libère Prométhée. Prométhée eut alors droit à la clémence de Zeus étant fier d'Héraclès, son fils, parce que Prométhée avait prédit à Zeus de ne pas épouser Thétis, s'il ne voulait pas se faire détrôner par son fils.
Cependant, Prométhée du porter une bague faite de l'acier de ces chaînes et d'un petit bout de rocher du Caucasse, symbole du châtiment qu'il a mérité. Une autre légende dit que Prométhée doit sa délivrence à Chiron, le centaure. Prométhée, malin, aurait entendu les cris de Chiron immortel, blessé par une flèche d'Héraclès, et qui ne supportant pas la souffrance, aurait réclamé la mort. Prométhée lui propose alors d'échanger la mort contre l'immortalité, et Chiron, n'en pouvant plus accepte. Prométhée devient alors immortel à sa place et est libéré par Zeus.
 LE MYTHE DE PANDORE

Pandore signifiant en grec "qui a tous les dons" est la première femme façonnée par Héphaïstos, douée de la vie par Athéna et envoyée par Zeus sur la Terre, porteuse d'une jarre contenant tous les maux de l'univers tels que "fatigue, maladie, souffrance, mort...", pour se venger de Prométhée et de la race trop puissante des mortels.
Elle avait pour mission de séduire les mortels et de les conduire à leur perte. Prométhée refusa ce cadeau empoisonné, mais son frère Épiméthée l'accepta, la choisit pour épouse et un jour, par curiosité, soulevat le couvercle d'une jarre qu'elle devait laisser fermée et en laissa s'échapper tous les maux qui se répandirent sur l'Univers et Pandore referma le couvercle sur l'Espérance qui resta au fond.
On attribue à Pandore la beauté, la grâce, la ruse, l'audace et la force. L'homme n'est désormais plus seul, il doit composer avec ses besoins, doit la charmer, la faire vivre et l'honorer pour avoir des enfants. Il est séduit, voire même jaloux ou cruel. C'est la fin de la solidarité et de la paix! De cette première femme naquit l'espèce féminine qui est soit disant "néfaste à l'homme et dont la nature est portée au mal". Selon certaines légendes, la cause des malheurs répandus sur la terre ne seraient pas issus de la mauvaise nature de Pandore mais simplement de sa curiosité.

24 Aralık 2010 Cuma

 LES AMOURS

Ovide dans “Les Amours”, décrit des thèmes comme l’attente devant une  porte fermée, la maladie de la femme aimée, l’amitié, la jalousie, la joie du premier triomphe etc, tout le recueil est inspiré par l’amour.
Les Amours furent d’abord édités en 5 livres puis en 3 livres seulement. Ovide avait remanié l’œuvre pour y supprimer un certain nombre de pièces qu’il ne jugeait pas satisfaisantes. Corinne est le nom qui domine l’œuvre, on ne sait si elle exista vraiment, mais elle semble plutôt être le résulta d’une sorte de « mélanges » des femmes que connaissait, désirait ou aimait Ovide. Donc les Amours ne sont pas le reflet d’un amour vécu, c’est un recueil à la gloire de l’amour et de la femme aimée. L’amour est une sorte de combat. On peut en inférer qu’il vaut mieux faire l’amour que la guerre, voilà une nouvelle que n’allait pas ravir les puissants; Ovide d’ailleurs, allait bientôt s’en rendre compte.
Ovide nous dit que c’est Cupidon qui est venu l’inciter à travailler sur une telle oeuvre.

LIVRE PREMIER

ÉLÉGIE I
(…)Je me plaignais encore, lorsque soudain l’Amour, détachant son carquois, choisit les traits destinés à me percer; d'un bras vigoureux il banda sur son genou son arc flexible. "Reçois, poète, me dit-il, un sujet pour tes chants". Malheureux que je suis! Les flèches d'un enfant ont atteint le but qu'il leur avait assigné: Je brûle; l'Amour règne dans mon coeur libre jusqu'à ce jour. Mon premier vers aura six pieds et retombera sur cinq. Adieu les guerres sanglantes et le rythme qui leur convient. Muse, ton front doré ne doit ceindre que le myrthe verdoyant, et tu n'auras qu'onze pieds à moduler en deux vers.

ÉLÉGIE III
Ma prière est juste: que la jeune beauté qui vient de m'asservir, ou continue de m'aimer ou fasse que je l'aine toujours. Hélas! c'est trop exiger encore; qu'elle souffre seulement que je l'aime, et Vénus aura exaucé tous mes voeux. Souris, ô ma maîtresse, à l'amant qui jure d'être à jamais ton esclave! Reçois les serments de celui qui sait aimer avec une inviolable fidélité. Si, pour me recommander à toi, je n'ai point à invoquer les grands noms d'une illustre famille; si le premier de mes aïeux n'était qu'un simple chevalier; si, pour labourer mes champs, je n'ai pas besoin d'innombrables charrues; si mon père et ma mère sont forcés de vivre avec une sage économie; que j'aie du moins pour répondants et Phébus et les neuf Soeurs, et le dieu qui inventa la vigne, et l'Amour qui te livre mon être, et ma fidélité que nulle autre ne me fera trahir, et mes moeurs innocentes, et mon coeur simple et sans détours, et la pudeur qui colore souvent mon front. Mille beautés ne me plaisent point à la fois, je ne suis pas inconstant en amour; toi seule, tu peux m'en croire, tu seras à jamais mes seules amours; ces années que me filent les trois Soeurs, puissé-je les passer à tes côtés; puissé-je mourir avant que tu te plaignes de moi!

Sois l'objet heureux qui inspire mes chants, et mes vers couleront dignes de leur sujet. C’est la poésie qui a rendu célèbres et la nymphe Io, épouvantée de ses cornes naissantes, et Léda, que séduisit Jupiter sous la forme d'un cygne, et Europe qui traversa la mer sur le dos d'un taureau mensonger, tenant, de ses mains virginales, les cornes de son ravisseur. Nous aussi, nous serons chantés dans tout l'univers, et à ton nom sera toujours uni le mien.

ÉLÉGIE IX
Tout amant est soldat, et l'Amour a son camp; oui, Atticus, crois-moi, tout amant est soldat; l'âge qui convient à la guerre est aussi celui qui convient à Vénus. Honte au vieux soldat! honte au vieil amant ! le nombre d'années qu'exige un chef dans un brave soldat est celui qu'une jeune beauté demande à l'heureux possesseur de sa couche; ils veillent l'un et l’autre; tous deux ils ont souvent pour lit la terre; l’un garde la porte de sa maîtresse, l'autre celle de son général; le soldat doit parcourir de longues routes, l'intrépide amant suivra jusqu'au bout du monde sa maîtresse, obligée de partir: il franchira les montagnes escarpées, les torrents grossis par les orages, et traversera sans crainte les neiges amoncelées; prêt à voguer sur les mers, il ne redoutera point les vents déchaînés, il n'attendra pas le temps propice à la navigation. Quel autre qu'un soldat ou qu'un amant bravera la fraîcheur des nuits et la neige mêlée à des torrents de pluie? L'un est envoyé comme éclaireur au-devant de l'ennemi; l'autre a les yeux fixés sur son rival comme sur un ennemi; celui-ci assiège des villes menaçantes, l’autre le seuil de son inflexible maîtresse; tous deux ils enfoncent des portes d'inégale grandeur. On fut souvent vainqueur pour avoir surpris un ennemi plongé dans le sommeil, et massacré avec le fer une armée sans défense; ainsi périrent les farouches bataillons du Thrace Rhésus; nobles coursiers, captifs alors, vous fûtes enlevés à votre maître! Souvent aussi les amants profitent du sommeil des maris, et tournent les armes contre un ennemi endormi; échapper à la vigilance des gardiens, à celle de vingt Argus, voilà le triste et continuel devoir du soldat et de l'amant.

Rien de certain ni sous les drapeaux de Mars ni sous ceux de Vénus: les vaincus se relèvent et l'on voit tomber ceux que l'on croyait invulnérables. Qu'on cesse donc d'appeler l'amour de l'oisiveté; l'amour est soumis à des épreuves de tout genre. Le grand Achille brûle pour Briséis, qu'on lui a enlevée; pendant que sa douleur vous le permet, anéantissez, Troyens, les forces de la Grèce: Hector s'arrachait des bras d'Andromaque pour voler aux combats; c'est la main d'une épouse qui couvrait sa tête du casque guerrier. Le premier des chefs de la Grèce, le fils d'Atrée, à la vue de la fille de Priam, les cheveux épars comme ceux d'une bacchante, resta, dit-on, dans une muette admiration. Mars lui-même fut pris dans les filets qu'avait forgés Vulcain. Nulle histoire ne fit plus de bruit dans le ciel. Moi-même j'étais paresseux et né pour une molle oisiveté; le lit et le repos avaient énervé mon âme; le désir de plaire à une jeune beauté mit un terme à mon apathie; il me fallait faire mes premières armes à son service. Depuis ce temps, tous me voyez toujours agile, toujours occupé de quelque expédition nocturne. Voulez-vous ne point languir dans l'oisiveté? aimez. 

LIVRE DEUXIÈME

ÉLÉGIE I
Encore un ouvrage d'Ovide qu'a vu naître l'humide contrée des Pélignes au fécond littoral, d'Ovide, le poète de ses propres folies. C'est encore l'Amour qui l’a voulu. Loin d'ici, oui, loin d'ici, beautés sévères! Vous n'êtes point l’auditoire qu'il faut à de tendres accents. Je veux être lu par la vierge dont le coeur s'enflamme à la vue de son fiancé, et par le jeune adolescent que l’Amour vient de blesser pour la première fois; je veux que l'amant, frappé du même trait que moi, reconnaisse, en me lisant, le feu qui le dévore, et qu'après un long étonnement il s'écrie: "Comment ce poète a-t-il connu le secret de mes amours ?" (…)

ÉLÉGIE XV
Anneau qui vas entourer le doigt de ma belle maîtresse, toi qui n'as de prix que par l'amour de celui qui te donne, va, et sois pour elle un présent agréable; que, te recevant avec joie, elle te place aussitôt à son doigt. Sois fait pour elle: comme elle est faite pour moi; sois la juste mesure de son doigt, sans le presser trop heureux anneau, ma maîtresse va te toucher en tous sens; hélas ! j'envie déjà le sort de mon présent.

Oh! que ne puis-je, par les enchantements de la magicienne d'Ea et du vieillard de Carpathos, devenir tout à coup ce que je donne! Alors, je voudrais que ma maîtresse touchât à sa gorge, et que sa main gauche se portât sous sa tunique; je glisserais de son doigt, si étroitement serré que j'y fusse, je m'élargirais par enchantement, et j'irais tomber sur son sein. Moi aussi, quand elle voudrait sceller ses tablettes mystérieuses, et empêcher la cire de s'attacher à la pierre, je toucherais le premier les lèvres humides de ma belle maîtresse, pourvu seulement que je ne servisse jamais à sceller un écrit douloureux pour moi. Si elle me donnait pour qu'un me plaçât dans l'écrin, je refuserais de quitter son doigt, et je me rétrécirais pour le serrer plus fortement.

Que jamais, ô ma vie! je ne devienne pour toi un sujet de honte, ni un fardeau que refuse ton doigt délicat. Porte-moi, soit que tu plonges tes membres dans un bain tiède, soit que tu te baignes dans l'eau courante ; peut-être alors que, devant ta nudité, l'Amour éveillera mes sens, et que, de ton anneau, je deviendrai ton amant.

OVIDE
 LES MÉTAMORPHOSES

Elles sont inspirées de l’œuvre de Boios (III siècle av.J.-C.) qui s’inspirait lui-même de Sophocle, d’Euripide et d’Homère mais les sources d’Ovide proviennent d’abord d’un Grec, Parthénios de Nicée, ensuite de son ami Aemilius Macer. Mais ce ne fut que des sources, pas des modèles.
Les Métamorphoses sont une sorte de musée imaginaire de la mythologie, plus de 250 légendes y figurent. En tout ce sont plus de 15 livres, dont chacun est plus de 1200 vers.
Ovide a rassemblé les légendes et les faits s’étendant du chaos originel au règne d’Auguste. Ces légendes concernent la plupart du temps des métamorphoses d’hommes en animaux, végétaux, minéraux, astres…
Ainsi l’on trouve des personnages comme Deucalion, Pyrrha, Narcisse, Persée, Jason et Médée, Circé, Dédale et Icare, Enée, Romulus, Numa, César… Ovide nous décrit toujours les transformations de manière lente et précise, il ne fait pas que constater la métamorphose, il nous la fait vivre. Les Métamorphoses obéissent à un ordre chronologique et géographique. Le livre I mérite d’être mentionné car il est étrangement proche de la Genèse biblique.
LIVRE I
ORIGINE DU MONDE
Avant la formation de la mer, de la terre, et du ciel qui les environne, la nature dans l'univers n'offrait qu'un seul aspect; on l'appela chaos, masse grossière, informe, qui n'avait que de la pesanteur, sans action et sans vie, mélange confus d'éléments qui se combattaient entre eux. Aucun soleil ne prêtait encore sa lumière au monde; la lune ne faisait point briller son croissant argenté; la terre n'était pas suspendue, balancée par son poids, au milieu des airs; l'océan, sans rivages, n'embrassait pas les vastes flancs du globe. L'air, la terre, et les eaux étaient confondus : la terre sans solidité, l'onde non fluide, l'air privé de lumière. Les éléments étaient ennemis; aucun d'eux n'avait sa forme actuelle. Dans le même corps le froid combattait le chaud, le sec attaquait l'humide; les corps durs et ceux qui étaient sans résistance, les corps les plus pesants et les corps les plus légers se heurtaient, sans cesse opposés et contraires.
CRÉATION DE L'HOMME
Un être plus noble et plus intelligent, fait pour dominer sur tous les autres, manquait encore à ce grand ouvrage. L'homme naquit : et soit que l'architecte suprême l'eût animé d'un souffle divin, soit que la terre conservât encore, dans son sein, quelques-unes des plus pures parties de l'éther dont elle venait d'être séparée, et que le fils de Japet, détrempant cette semence féconde, en eût formé l'homme à l'image des dieux, arbitres de l'univers; l'homme, distingué des autres animaux dont la tête est inclinée vers la terre, put contempler les astres et fixer ses regards sublimes dans les cieux. Ainsi la matière, auparavant informe et stérile, prit la figure de l'homme, jusqu'alors inconnue à l'univers.
LIVRE IV
VÉNUS ET MARS
La Minéide avait achevé. Après un court intervalle, Leuconoé commence, et ses sœurs silencieuses l'écoutent en travaillant.
L'amour a soumis aussi à sa puissance ce Soleil, qui féconde tout de sa lumière éclatante. Je raconterai les amours du Soleil. Comme le premier il voit tout dans le monde, le premier il avait vu l'adultère de Mars et de Vénus. Il en rougit; et, découvrant au fils de Junon l'opprobre de son lit, il lui montra le théâtre de sa honte. Vulcain consterné s'indigne, laisse échapper le fer que travaille sa main, et soudain il fabrique et lime des chaînes d'airain. Il en forme des rets, tissu léger, délicat, et presque imperceptible. Le lin arrondi sur le fuseau, la toile qu'Arachné ourdit sous de vieux toits, n'égalent point en finesse ce tissu merveilleux. Le dieu de Lemnos en combine avec art les ressorts, qui doivent obéir aux moindres mouvements. Il attache ce piège au lit des deux amants; et dès qu'ils sont réunis, il étend son réseau, les surprend, et les retient dans leurs embrassements.
Alors, ouvrant les portes d'ivoire de son palais, à ce spectacle il appelle tous les dieux. Il leur montre le couple enchaîné, honteux, et confus. On rapporte que les dieux rirent de cette aventure. On dit même que, dans un joyeux délire, quelques immortels osèrent souhaiter la même honte au même prix.
LES ENFERS
Il est un chemin enfoncé, bordé d'ifs funèbres, où règne un vaste silence, une ténébreuse horreur; il conduit aux Enfers. Là, le Styx immobile exhale de noires et d'épaisses vapeurs. C'est là que descendent les ombres des mortels qui ont reçu les honneurs du tombeau; c'est là, dans d'immenses déserts, qu'habitent le Froid et la Pâleur; c'est là qu'errent les mânes nouveaux, incertains de la route qui mène à la cité des ombres, au palais terrible où le noir Pluton a fixé son séjour. Cet empire redoutable a cependant mille avenues spacieuses, et par d'innombrables portes on peut y pénétrer. Semblable à l'Océan, qui reçoit tous les fleuves de la terre, il rassemble toutes les âmes de l'univers. Sans cesse les âmes y arrivent, et ne l'emplissent jamais. On les voit errer dégagées de leurs corps. Les unes fréquentent le barreau, les autres la cour du souverain, les autres suivant leurs premiers emplois, imitent aux Enfers ce qu'elles ont fait sur la terre, tandis que les méchants souffrent dans le Tartare des tourments, châtiments de leurs crimes.
La fille de Saturne (tant la haine et la colère lui font oublier sa dignité !) descend du ciel dans cet affreux séjour; elle arrive : sous ses pieds sacrés le seuil tremble; et, par son triple gosier, Cerbère pousse une triple voix. L'épouse de Jupiter appelle les trois sœurs, fille de la Nuit. Déités cruelles, inexorables, elles étaient assises devant les portes de diamant qui ferment le Tartare, et peignaient de leurs cheveux les horribles couleuvres.
Les Furies ayant reconnu la déesse à travers les ténèbres humides, se lèvent : le lieu qu'elles gardent est celui des tortures. Là, Tityos, couché sur la terre, où son corps occupe un espace de neuf arpents, voit ses entrailles à peine dévorées, renaissant sous le bec de l'avide vautour. C'est là, Tantale, qu'au milieu de l'onde la soif te tourmente, et que le fruit se présente et échappe à ta main. C'est là que Sisyphe incessamment roule ou retient un rocher qui retombe; qu'Ixion se suit et s'évite en tournant sur sa roue; et que les Danaïdes, qui donnèrent la mort à leurs époux, puisent sans relâche des ondes qui s'écoulent toujours.
OVIDE
(Traduction de G.T. Villenave, Paris, 1806)

23 Aralık 2010 Perşembe

 OVIDE

Poète latin très apprécié de la société romaine, Ovide a fait de l’élégie son principal terrain artistique. Au travers d’œuvres érotiques, telles que l’Art d’aimer ou les Héroïdes, il a su montrer beaucoup de verve et d’originalité. Passionné par la mythologie, il reste également gravé dans les mémoires comme étant le compositeur des Métamorphoses.

Ovide est né en Italie, dans une famille de chevalier. Dès qu’il atteint l’âge requis, il est envoyé à Rome afin de suivre des études de droit. Il continue dans cette voie et se rend à Athènes pour terminer ses études. Durant ces années, il s’est surtout démarqué par son talent de la rhétorique, qui le poussera très tôt vers la poésie. Rêveur et curieux, il décide de voyager en Grèce, tout d’abord, puis en Sicile. Mais aucun autre lieu ne semble pouvoir, à ses yeux, rivaliser avec Rome. Il décide donc de s’y installer, avant de se consacrer entièrement à l’art poétique.

Ses premiers recueils rencontrent rapidement le succès et la reconnaissance des plus grands personnages de la ville. Jeune et fougueux, il affectionne particulièrement les thèmes du sentiment amoureux et de l’érotisme. Il compose ainsi les Amours, dans lequel les rimes sont consacrées à une femme sans doute imaginaire: Corinne. Dès cet instant, il montre une certaine originalité dans son approche artistique. Ses réalisations se conformeront presque toujours à l’élégie, succession de vers alternant entre hexamètres -vers à six mesures- et pentamètres -vers de cinq syllabes-.

Ses thèmes de prédilection, l’amour et l’érotisme, figurent à nouveau dans les Héroïdes. Cette fois, il compose une fausse correspondance amoureuse entre les héros de la mythologie, pour lesquels il éprouve un vif intérêt. S’ensuit les Remèdes d’amour, dans lequel la haute société romaine est parodiée.

Mais le poète aspire à des compositions plus profondes et plus conséquentes. De ce sentiment naît alors la tragédie Médée, qui fait, une fois de plus, le bonheur de la population. Fort de ses succès, il trouve l’inspiration nécessaire pour entreprendre la composition des Métamorphoses, poème de quinze livres relatant diverses fables et légendes mythologiques. Dans une optique encore plus intellectuelle, il décide également de se réaliser un calendrier commenté de la vie romaine de son époque. Il l’intitule les Fastes.

Parallèlement à la réalisation de cette œuvre d’ampleur, Ovide réalise un ouvrage érotique, l’Art d’aimer, dans lequel il propose des leçons de séduction. Mais l’œuvre, dont la finesse et la profondeur ravissent la plupart, semble choquer l’empereur Auguste, qui décide d’exiler le poète à Tomes, en Roumanie. Ovide vit la sentence comme un véritable drame et interrompt même le projet de ses Métamorphoses et des Fastes, qui ne seront finalement jamais achevées.

Ses œuvres d’exilé, notamment les Tristes et les Pontiques sont empruntes de tristesse et de désespoir. Les nombreuses suppliques et éloges qu’il fait parvenir à Rome n’ont aucun effet. Il est bel et bien condamné à passer le reste de sa vie sur son lieu d’exil. Il est mort à Tomes en l’an 17.
 
Poète déchu qui fut dans ses meilleures années le favori de la haute société romaine, Ovide laisse dans son sillage des œuvres originales. L’Art d’aimer ou les Métamorphoses témoignent en effet d’un talent remarquable pour l’art poétique et, malgré des thèmes parfois légers, d’une profonde réflexion. Grand poète de l’élégie, Ovide influencera profondément de nombreux auteurs. Parmi eux figureront Chrétien de Troyes, Ronsard, Molière ou encore Shakespeare et Milton.
 L'ART D'AIMER

PREAMBULE
Si parmi vous, Romains, quelqu'un ignore l'art d'aimer, qu'il lise mes vers; qu'il s'instruise en les lisant, et qu'il aime. Aidé de la voile et de la rame, l'art fait voguer la nef agile; l'art guide les chars légers: l'art doit aussi guider l'amour. Automédon, habile écuyer, sut manier les rênes flexibles; Tiphys fut le pilote du vaisseau des Argonautes. Moi, Vénus m'a donné pour maître à son jeune fils: on m'appellera le Tiphys et l'Automédon de l'amour.

L'amour est de nature peu traitable; souvent même il me résiste;  mais c'est un enfant; cet âge est souple et facile à diriger. Chiron éleva le jeune Achille aux sons de la lyre, et, par cet art paisible, dompta son naturel sauvage: celui qui tant de fois fit trembler ses ennemis, qui tant de fois effraya même ses compagnons d'armes, on le vit, dit-on, craintif devant un faible vieillard et docile à la voix de son maître, tendre au châtiment des mains dont Hector devait sentir le poids. Chiron fut le précepteur du fils de Pélée; moi je suis celui de l'amour; tous deux enfants redoutables, tous deux fils d'une déesse. Mais on soumet au joug le front du fier taureau; le coursier généreux broie en vain sous sa dent le frein qui l'asservit: moi aussi, je réduirai l'Amour, bien que son arc blesse mon coeur, et qu'il secoue sur moi sa torche enflammée. Plus ses traits sont aigus, plus ses feux sont brillants, plus ils m'excitent à venger mes blessures. Je ne chercherai point, Phébus, à faire croire que je tiens de toi l'art que j'enseigne: ce n'est point le chant des oiseaux qui me l'a révélé; Clio et ses soeurs ne me sont point apparues, comme à Hésiode, lorsqu'il paissait son troupeau dans les vallons d'Accra. L'expérience est mon guide; obéissez au poète qui possède à fond son sujet. La vérité préside à mes chants; toi, mère des amours, seconde mes efforts! (...)

LA NAUMACHIE D'AUGUSTE
N'est-ce pas ce qu'on a vu naguère, lorsque César nous offrit l'image d'un combat naval, où parurent les vaisseaux des Perses luttant contre ceux d'Athènes? À ce spectacle la jeunesse des deux sexes accourut des rivages de l'un et de l'autre océan: Rome, en ce jour, semblait être le rendez-vous de l'univers. Qui de nous, dans cette foule immense, n'a pas trouvé un objet digne de son amour? combien, hélas! furent brûlés d'une flamme étrangère!


CONFIANCE EN TOI
Sois d'abord bien persuadé qu'il n'est point de femmes qu'on ne puisse vaincre, et tu seras vainqueur: tends seulement tes filets. Le printemps cessera d'entendre le chant des oiseaux, l'été celui de la cigale; le lièvre chassera devant lui le chien du Ménale, avant qu'une femme résiste aux tendres sollicitations d'un jeune amant. Celle que tu croiras peut-être ne pas vouloir se rendre le voudra secrètement. L'amour furtif n'a pas moins d'attraits pour les femmes que pour nous. L'homme sait mal déguiser, et la femme dissimule mieux ses désirs. Si les hommes s'entendaient pour ne plus faire les premières avances, bientôt nous verrions à nos pieds les femmes vaincues et suppliantes. Dans les molles prairies, la génisse mugit d'amour pour le taureau;  la cavale hennit à l'approche de l'étalon. Chez nous, l'amour a plus de retenue, et la passion est moins furieuse. Le feu qui nous brûle ne s'écarte jamais des lois de la nature.

Citerai-je Byblis, qui brûla pour son frère d'une flamme incestueuse, et, suspendue à un gibet volontaire, se punit bravement de son crime?
Myrrha, qui conçut pour son père des sentiments trop tendres, et maintenant cache sa honte sous l'écorce qui la couvre? Arbre odoriférant, les larmes qu'elle distille nous servent de parfums et conservent le nom de cette infortunée.
Un jour, dans les vallées ombreuses de l'Ida couvert de forêts, paissait un taureau blanc, l'orgueil du troupeau. Son front était marqué d'une petite tache noire, d'une seule, entre les deux cornes; tout le reste de son corps avait la blancheur du lait. Les génisses de Gnosse et de Cydon se disputèrent à l'envi ses caresses. Pasiphaé se réjouissait d'être son amante; elle voyait d'un oeil jaloux les génisses qui lui semblaient les plus belles. C'est un fait avéré: la Crète aux cent villes, la Crète, toute menteuse qu'elle est, ne peut le nier. On dit que Pasiphaé, d'une main non accoutumée à de pareils soins, dépouillait les arbres de leurs tendres feuillages, les prés de leurs herbes nouvelles, pour les offrir à son cher taureau. Attachée à ses pas, rien ne l'arrête: elle oublie son époux: un taureau l'emporte sur Minos! Pourquoi, Pasiphaé, te parer de ces habits précieux? Ton amant connaît-il le prix des richesses? Pourquoi, le miroir à la main, suivre les troupeaux jusqu'au sommet des montagnes? Insensée! Pourquoi sans cesse rajuster ta coiffure? Ah! du moins, crois-en ton miroir: il te dira que tu n'es pas une génisse. Oh! combien tu voudrais que la nature eût armé ton front de cornes! Si Minos t'est cher encore, renonce à tout amour adultère; ou, si tu veux tromper ton époux, que ce soit du moins avec un homme. Mais non, transfuge de sa couche royale, elle court de forêts en forêts, pareille à la Bacchante pleine du dieu qui l'agite. Que de fois, jetant sur une génisse des regards courroucés, elle s'écria : "Qu'a-t-elle donc pour lui plaire? Voyez comme à ses côtés elle bondit sur l'herbe tendre! l'insensée! elle croit sans doute en paraître plus aimable."Elle dit; et, par son ordre, arrachée du nombreux troupeau, l'innocente génisse allait courber sa tête sous le joug, ou, dans un faux sacrifice, tomber aux pieds des autels; puis la cruelle touchait avec joie les entrailles de sa rivale. Que de fois, immolant de semblables victimes, elle apaisa le prétendu courroux des dieux, et tenant en main de pareils trophées: "Allez maintenant, dit-elle, allez plaire à mon amant! "Tantôt, elle voudrait être Europe; tantôt, elle envie le sort d'Io: l'une, parce qu'elle fut génisse, l'autre, parce qu'un taureau la porta sur son dos. Cependant, abusé par le simulacre d'une vache d'érable, le roi du troupeau couvrit Pasiphaé; et le fruit qu'elle mit au jour trahit l'auteur de sa honte.
Si cette autre Crétoise eût su se défendre d'aimer Thyeste, (mais qu'il est difficile à une femme de ne plaire qu'à un seul homme!), Phébus, au milieu de sa course, n'eût point fait rebrousser chemin à ses coursiers, et ramené son char du couchant à l'aurore.
La fille de Nisus, pour avoir dérobé à son père le cheveu fatal, tomba de la poupe d'un vaisseau, et fut transformée en oiseau.
Échappé sur terre à la colère de Mars, et sur mer à celle de Neptune, le fils d'Atrée périt sous le poignard de sa cruelle épouse.
Qui n'a donné des larmes aux amours de Créuse de Corinthe? Qui n'a détesté les fureurs de Médée, de cette mère souillée du sang de ses enfants ?
Les yeux de Phénix, privés de la lumière, versèrent des larmes.
Et vous, coursiers d'Hippolyte, dans votre épouvante, vous mîtes en pièces le corps de votre maître !
Phinée, pourquoi crever les yeux de tes fils innocents?  Le même châtiment va retomber sur ta tête.
Tels sont, chez les femmes, les excès d'un amour effréné; plus ardentes que les nôtres, leurs passions sont aussi plus furieuses. Courage donc! présente-toi au combat avec la certitude de vaincre; et, sur mille femmes, une à peine pourra te résister. Qu'une belle accorde ou refuse une faveur, elle aime qu'on la lui demande. Fusses-tu repoussé, un tel refus est pour toi sans danger. Mais pourquoi un refus? on ne résiste pas aux attraits d'un plaisir nouveau: le bien d'autrui nous sourit toujours plus que le nôtre: la moisson nous semble toujours plus riche dans le champ du voisin, et son troupeau plus fécond.

LES LETTRES ET LES PAROLES

Tâte d'abord le terrain par un billet doux écrit sur des tablettes artistement polies. Que ce premier message lui apprenne l'état de ton coeur; qu'il lui porte les compliments les plus gracieux et les douces paroles à l'usage des amants; et, quel que soit ton rang,  ne rougis pas de descendre aux plus humbles prières. Touché de ses prières, Achille rendit à Priam les restes d'Hector. La colère même des dieux cède aux accents d'une voix suppliante. Promettez, promettez, cela ne coûte rien; tout le monde est riche en promesses. L'espérance, lorsqu'on y ajoute foi, fait gagner bien du temps; c'est une déesse trompeuse, mais on aime à être trompé par elle. Si tu donnes quelque chose à ta belle, tu pourras être éconduit par intérêt: elle aura profité de tes largesses passées et n'aura rien perdu. Aie toujours l'air d'être sur le point de donner; mais ne donne jamais. C'est ainsi qu'un champ stérile trompe souvent l'espoir de son maître; qu'un joueur ne cesse de perdre, dans l'espoir de ne plus perdre, et que le sort chanceux tente sa main cupide. Le grand art, le point difficile, c'est d'obtenir les premières faveurs d'une belle sans lui avoir fait encore aucun présent: alors, pour ne pas perdre le prix de ce qu'elle a donné, elle ne pourra plus rien refuser.
Qu'il parte donc ce billet conçu dans les termes les plus tendres; qu'il sonde ses dispositions et te fraye le chemin de son coeur. Quelques lettres, tracées sur un fruit, trompèrent la jeune Cydippe; et l'imprudente, en les lisant, se trouva prise par ses propres paroles. Jeunes Romains, suivez mes conseils: livrez-vous à l'étude des belles-lettres; non pas seulement pour devenir les protecteurs de l'accusé tremblant: aussi bien que le peuple, que le juge austère, aussi bien que les sénateurs, cette élite des citoyens, la beauté se laisse vaincre par l'éloquence.
Mais cache bien tes moyens de séduction, et ne va pas tout d'abord étaler ta faconde. Que toute expression pédantesque soit bannie de tes tablettes. Quel autre qu'un sot peut écrire à sa maîtresse sur le ton d'un déclamateur? Souvent une lettre prétentieuse fut une cause suffisante d'antipathie. Que ton style soit naturel, ton langage simple, mais insinuant; et qu'en te lisant on croie t'entendre. Si elle refuse ton billet et te le renvoie sans le lire,  espère toujours qu'elle le lira, et persiste dans ton entreprise. L'indomptable taureau s'accoutume au joug avec le temps; avec le temps on force le coursier rétif à obéir au frein. Un anneau de fer s'use par un frottement sans cesse renouvelé, et le soc est rongé chaque jour par la terre qu'il déchire. Quoi de plus solide que le rocher, de moins dur que l'eau; et cependant l'eau creuse les rocs les plus durs. Persiste donc, et avec le temps tu vaincras Pénélope elle-même. Troie résista longtemps, mais fut prise à la fin. Elle te lit sans vouloir te répondre? libre à elle. Fais seulement en sorte qu'elle continue à lire tes billets doux: puisqu'elle a bien voulu les lire; elle voudra bientôt y répondre, tout viendra par degrés et en son temps. Peut-être recevras-tu d'abord une fâcheuse réponse, par laquelle on t'ordonnera de cesser tes poursuites. Elle craint ce qu'elle demande, et désire que tu persistes, tout en te priant de n'en rien faire. Poursuis donc; et bientôt tu seras au comble de tes voeux.

Traduction de M. Heguin de Guerle - M. F. Lemaistre,
Ovide. L'Art d'aimer, Paris, Classiques Garnier

22 Aralık 2010 Çarşamba

 TRISTAN ET YSEUT
 LA FATALITE DE LA PASSION


Tristan dit: "Seigneur, croyez-moi,
Si elle m'aime en bonne foi,
Vous n'en savez pas la raison:
Elle m'aime par le poison:
D'elle ne me puis séparer
Ni elle de moi sans mentir".
Ogrin lui dit: "Quel réconfort
Peut-on donner à homme mort?
Il est bien mort qui longuement
Git en péché sans repentir.
Je ne puis donc pénitence
A pécheur qui ne peut se répent".
L'ermite Ogrin fort les sermonne,
Du repentir conseil leur donne,
Et l'ermite souvent leur dit
Les paroles de l'Ecriture;
Ne cesse de les appeler
Au devoir de se séparer.
Irrité il dit à Tristan:
"Que vas-tu faire? Réfléchis.
-Seigneur, j'aime Iseut à merveille,
Si bien que j'en perds le sommeil.
Je suis tout à fait résolu.
J'aime mieux être un mendiant.
Et vivre d'herbes et de glands
Qu'avoir le royaume d'Otran.
La quitter? Je n'y songe pas,
Car j'en serai fort incapable".
Iseut pleure aux pieds de l'ermite,
Sans cesse rougit et palit,
Souvent lui demande merci:
"Seigneur par Dieu le Tout Puissant,
Nous ne nous aimons tous les deux
Qu'à cause de ce que nous bûmes
Ce breuvage: ce fut malheur,
Et le roi nous a exilés".

BEROUL, Tristan et Yseut (vers 1377 à 1419)
 LE CHEVALIER A LA CHARETTE
 UN CHEVALIER SE BAT POUR SA DAME


Quand Lancelot s'ouït nommer,
Ne mit guère à se retourner:
Il se retourne et voit là-haut
L'être qui lui est le plus beau
(Et qu'il désire le plus voir)
A la loge de la tour seoir
Dès l'instant où il l'aperçut,
Ne se tourna si ne se mut:
Sur elle il a les yeux fixés.
Mais par derrière il est frappé:
Méléagant le harcelait
Le plus ardemment qu'il pouvait:
Car il est tout heureux et pense
Que Lancelot est sens défense;
Les gens du pays sont fort liés,
Et les autres désespérés:
Ils ne peuvent plus se tenir,
Mais beaucoup pensent défaillir
Et tombent à terre éperdus,
Ou à genoux ou étendus;
Ainsi grand'joie et deuil y a.
Alors derechef s'écria
La pucelle, de la fenêtre:
"Lancelot comment peut-il être
Que te tiennes si follement?
Tu combattais si vaillament!
Tu maintenais prouesse en toi.
Je ne pense point ni ne crois
Que Dieu  fit jamais chevalier
Qui pût autant que toi briller
Et eût ta valeur et ton prix.
Nous te voyons si entrepris!
Retourne-toi, emmène-le
En tel endroit que sous tes yeux
Soit celle qui te donne le coeur".
Lancelot sent honte et rancoeur
De telle sorte qu'il s'en hait.
Car longtemps il a, il le sait
Le pire de la bataille eu,
Et tout le monde l'a bien vu.
Se ressaisit, fait demi-tour
Et met entre lui et la tour
Méléagant à toute force.
Mais Méléagant moult s'efforce
Que de l'autre part se retourt
Et Lancelot contre lui court
Le heurte de si grand'vertu,
Et si fort pousse son écu,
Quand il cherche à se retourner,
Qu'il le fait même chanceler
Deux fois et plus, péniblement;
Lui croisent force et hardement,
Car  Amour lui prêtre s'aïe:
Il n'est chose qu'il n'ait haïe
Plus profondément que celui
Qui se combat encontre lui.
L'amour et la haine mortelle,
Si grande qu'il n'en connut telle,
Le font si fier et courageux
Que le duel n'est plus un jeu
Pour Méléagant, qui a peur.
Jamais si puissant escrimeur
N'a rencontré ni ne connut
Ni tant ne le greva ni nut
Aucun autre comme il le fait.
Volontiers loin de lui se trait
Il se dérobe et se récuse
Car il craint ses coups et refuse.
Non que Lancelot le menace,
Mais ferant, vers la tour le chasse
Où la reine était appuyée.
Souvent l'a servie et louée
Si près de la tour la menait
Que plus avancer ne devait
Car plus près ne la verrait pas
S'il avançait encor d'un pas.
Ainsi Lancelot très souvent
Le menait arrière et avant,
Partout où il le désirait,
Et quelquefois il s'arrêtait
Juste sous les yeux de sa dame
Qui lui a inspiré sa flamme
Lorsqu'il allait la regardant,
Et cette flamme si ardent
Vers Méléagant le rendait
Que partout où il lui plaisait
Le pouvait mener et chasser!

CHRETIEN DE TROYES (Lancelot ou le chevalier à la charette; vers 3669 et suivants)
 LE LAI DU CHEVREFEUILLE

J'ai bien envie de vous raconter
la véritable histoire
du lai qu'on appelle chèvrefeuille
et de vous dire comment il fut composé et quelle fut son origine.
On m'a souvent relaté
l'histoire de Tristan et de la reine
et je l'ai trouvée aussi dans un livre
l'histoire de leur amour si parfait
qui leur valut tant de souffrances
puis les fit mourir le même jour.

Le roi Marc furieux
contre son neuve Tristan,
l'avait chassé de sa cour
à cause de son amour pour la reine.
Tristan a regagné son pays natal,
le sud du pays de Galles,
pour y demeurer une année entière
sans pouvoir revenir.
Il s'est pourtant ensuite exposé sans hésiter
au tourment et à la mort.
N'en soyez pas surpris:
l'amant loyal
est triste et affligé
loin de l'objet de son désir.
Tristant, désespéré,
a donc quitté son pays
pour aller tout droit en Cournouaille,
là où vit la reine.
Il se réfugie, seul, dans la forêt,
pour ne pas être vu.
Il en sort le soir
pour chercher un abri
et se fait héberger pour la nuit
chez des paysans, de pauvres gens.
Il leur demande
des nouvelles du roi
et ils répondent
que les barons, dit-on,
sont convoqués à Tintagel.
Ils y seront tous pour le Pentecôte
car le roi veut y célébrer une fête:
il y aura de grandes réjouissances
et la reine accompagnera le roi

Cette nouvelle remplit Tristan de joie:
elle ne pourra pas se rendre à Tintagel
sans qu'il la voie passer!
Le jour du départ du roi,
il revient dans la forêt,
sur le chemin que le cortège
doit emprunter, il le sait.
Il coupe par le millieu une baguette de noisetier
qu'il taille pour l'équarrir.
Sur le bâton ainsi préparé,
il grave son nom avec couteau.
La reine est très attentive à ce genre de signal:
si elle aperçoit le bâton,
elle y reconnaitra bien
aussitôt un message de son ami.
Elle l'a déjà reconnu,
un jour, de cette manière.
Ce que disait le message écrit par Tristan,
c'était qu'il attendait
depuis longtemps dans la forêt
à épier et à guetter
le moyen de la voir
car il ne pouvait pas vivre sans elle.
Ils étaient tous deux
comme le chèvrefeuille
qui s'enroule autour du noisetier:
quand il s'y est enlacé
et qu'il entoure la tige
ils peuvent ainsi continuer à vivre longtemps.
Mais si l'on veut ensuite les séparer,
le noisetier a tôt fait de mourir,
tout comme le chèvrefeuille.
"Belle amie, ainsi en va-t-il de nous:
ni vous sans moi, ni moi sans vous!"

La reine s'avance à cheval,
regardant devant elle.
Elle aperçoit le bâton
et en reconnait toutes les lettres.
Elle donne l'ordre de s'arrêter
aux chevaliers de son escorte,
qui font route avec elle:
elle veut descendre de cheval et se reposer.
On lui obéit
et elle s'éloigne de sa suite,
appelant près d'elle Brangien, sa loyale suivante.
S'écartant un peu du chemin,
elle découvre dans la forêt
l'être qu'elle aime le plus au monde.
Ils ont enfin la joie de se retrouver!
Il peut lui parler à son aise
et elle, lui dire tout ce qu'elle veut.
Puis elle lui explique
comment se réconcilier avec le roi:
elle a bien souffert
de le voir ainsi congédié,
mais c'est qu'on l'avait accusé auprès du roi.
Puis il lui faut partir, laisser son ami:
au moment de se séparer,
ils se mettent à pleurer.

Tristan regagne le pays de Galles
en attendant d'être rappelé par son oncle.
Pour la joie qu'il avait eue
de retrouver son amie,
et pour préserver le souvenir du message
qu'il avait écrit
et des paroles échangées,
Tristan, qui était bon joueur de harpe,
composa, à la demande de la reine,
un nouveau lai
D'un seul mot je vous le nommerai:
les Anglais l'appellent Goatleaf
et les Français Chèvrefeuille.
Vous venez d'entendre la véritable histoire
du lai que je vous ai raconté.

MARIE DE FRANCE

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)