Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

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Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

18 Aralık 2010 Cumartesi

 LE ROMAN D'ENEAS

Il s'agit de l'un des plus vieux romans français composé vers 1160: ce roman est une réécriture courtoise de l'Enéide de Virgile et traite du mythe du héros fondateur d'une cité. L'intérêt de l'auteur va vers la description de l'amour naissant pour Enéas dans le coeur de la jeune Lavine, épisode à peine esquissé par Virgile.
C'est le pénible aveu de cet amour fait par Lavine à sa mère et la réponse calomnieuse de cette dernière dont il est question dans l'extrait ci-dessous:

« […] - Dame, j'aime, je ne puis le nier, 
vous devez me donner de bons conseils.
- Je le ferai, si tu me fais confiance.
Puisque ton cœur est au supplice,
tu dois bien me dire pour quel objet.
- Je n'ose, madame, car je crois
que vous m'en voudriez:
vous me l'avez bien déconseillé,
vous m'avez bien mise en garde contre lui;
mon intérêt pour lui s'en est accru:
Amour néglige les remontrances.
Si je vous nommais mon aimé, je craindrais de vous fâcher.
- Jamais, je le crois, n'a bien aimé
qui veut blâmer quelqu'un qui aime.
- J'aime, je ne puis plus le nier.
- Alors ton ami ne s'appelle pas Turnus?
- Non, madame, je vous le garantis.
- Et comment donc ?
- Il s'appelle "E" »,
puis elle soupira et ajouta « ne », et après un instant prononça « as », parlant en tremblant et tout bas.
La reine réfléchit
et assembla les syllabes:
« Tu m'as dit "E" puis "ne" et "as",
ces lettres se prononcent Enéas.
- Oui, oui, madame, c'est lui.
- Et Turnus ne t'aura pas ?
- Non, je ne l'aurai jamais pour époux,
mais j'accorde mon amour à l'autre.
- Qu'as-tu dit, véritable folle?
Sais-tu à qui tu te destines?
Ce misérable est d'une nature telle qu'il ne se soucie guère des femmes.
Il apprécie davantage l'amour des garçons,
il ne veut pas chasser la biche,
il raffole de la chair de mâle;
Il aimera mieux étreindre son giton
que toi ou n'importe quelle autre.
Il ignore la chasse à la femelle,
Il ne passera pas par le petit trou,
Il adore les tripes de jeune homme.
Les Troyens sont élevés dans ce vice,
et tu as très follement fait ton choix.
N''as-tu pas appris comment
il a maltraité Didon?
Jamais il n'a fait de bien à une femme,
et il ne t'en fera pas, je pense,
ce traître, ce sodomite.
Il renoncerait toujours à te posséder
s'il avait un mignon;
il lui serait très agréable
que tu te prêtes à ses favoris;
s'il pouvait les attirer par ton entremise,
il le trouverait pas singulier
de procéder à cet échange:
le giton prendrait avec toi son plaisir
puisqu'il se prêterait à celui d'Enéas: 
ce dernier le laissera bien te grimper dessus
s'il peut ensuite le mettre sous lui:
il 'aime pas la peau de con.
C'en serait fini de ce monde
si tous les hommes qui s'y trouvent
étaient pareils dans tout l'univers:
jamais une femme ne concevrait,
il y aurait grande pénurie de gens;
on ne ferait plus jamais d'enfants,
et alors ce serait la fin du monde.
Ma fille, tu as vraiment perdu l'esprit
quand tu fais ton amant d'un tel homme,
qui jamais ne se souciera de toi
et qui agit contre nature:
il prend les hommes, délaisse les femmes
et brise le couple naturel.
Prends garde à ne jamais m'en reparler,
je veux que tu renonces à cet amour
pour un sodomite, un couard.
Tourne ton cœur ailleurs:
aime celui qui t'aimera,
c'est Turnus qui, depuis sept ans,
te consacre ses soins;
prends garde qu'il ne s'en repente.
Si tu veux jouir de mon affection,
renonce donc à ce traître,
et destine ton amour à celui
pour lequel j'intercède, abandonne celui
qui serait toujours un étranger pour toi.
(vers 8589 à 8675)


L'auteur du Roman d'Enéas se révèle un romancier plein d'humour qui sait observer avec malice ses personnages. Ainsi, avec le véritable cours fait par la reine à sa fille Lavine sur les problèmes du cœur, la jeune fille, éprise d'Enéas, croira reconnaître les symptômes du mal que sa mère vient de lui indiquer. La présence de cet humour montre combien les tons peuvent être variés dans Le Roman d'Enéas, et passer des accusations de sodomie les plus ordurières au repentir le plus doux chez Lavine comme le montre ce second extrait :

La jeune fille le vit venir,
elle commença à se repentir
de l'avoir tant calomnié
et dit :
« J'ai bien mal agi!
J'ai parlé en vraie folle,
je crois qu'Amour m'a dénoncée
pour avoir tant médit de lui.
Je m'en repens, je l'ai trop calomnié.
Très cher ami, voici mon gage,
je vous ai accablé d'insultes,
je vous offrirai la réparation qu'il vous plaira.
Je devrais bien me repentir,
moi qui vous ai accablé de tels outrages.
Oh! malheureuse, comme il me tarde
qu'il me fasse subir son châtiment!
Très cher ami, si cela vous plaisait,
je me rendrais nu-pieds à votre tente;
ce serait un délice,
je n'éprouverais ni mal ni douleur.
J'ai mal parlé, ce fut folie,
je vous ai couvert de très injustes reproches.
Ami, j'ai bien mérité la mort;
si vous le décidez, ma vie ne compte plus,
et si vous le voulez, je suis guérie. »
(vers 9257 à 9280)

17 Aralık 2010 Cuma

 EPOPEE

Victor Hugo a défini l'épopée: "l'histoire écoutée aux portes de la légende". L'épopée s'empare de faits historiques qui ont particulièrement frappé l'imagination des foules; elle les agrandit, les transfigure en y ajoutant des éléments merveilleux; elle donne aux hommes qui en sont les héros une stature et des sentiments surhumains; elle incline la divinité vers ces faits et vers ces hommes et mêle son action à l'histoire devenue légende.

Dans la jeunesse des peuples, quand l'auteur et le public croient aux légendes épiques, on peut avoir des épopées dites primitives; telle est l'Iliade, tel est le Roland. Plus tard quand la foi a disparu, un artiste peut construire à force d'art une épopée factice qui reproduit la physionomie de l'épopée primitve; on a alors l'épopée savante; telle est l'Enéide, telle est la Franciade.

ORIGINE DE L'EPOPEE
L'épopée française du Moyen-Age aurait été, d'origine germanique. Ce sont les germains qui auraient eu les premiers l'habitude de célébrer dans des chants guerriers les exploits de leurs chefs. Cette coutume aurait pénétré en Gaule avec les invasions et y aurait provoqué des compositions lyrico-épiques, appelées cantilènes, destinées à commémorer les hauts faits des guerriers mérovingiens. Au Xème siècle des arangeurs auraient réuni ensemble plusieurs de ces cantilènes en les adaptant et auraient ainsi constiuté l'épopée.

Les travaux de Joseph Bédier ont ébranlé cette théorie. On trouve peu de traces de ces prétendues cantilènes et il n'est aucunement besoin d'avoir recours à l'Allemagne pour expliquer la genèse de nos chansons épiques. Elles sont nées spontanément sur notre sol dans le sein de l'église, soit pour amplifier les légendes conservées dans les lieux de pèlerinage, soit pour célébrer les hauts faits d'une famille aristocratique, soit pour raconter sous le voile de la fiction des événements contemporains.

C'est vers le XIIème siècle et surtout au XIIIème siècle et au XIVème siècle quand l'épopée est lue au lieu d'être chantée que les jongleurs s'efforcèrent de classer les épopées. Ce travail souvent factice tend à distribuer les épopées autour de trois personnages qui sont comme des centres épiques: Charlemagne, Guillaume d'Orange, Doon de Mayence. Ainsi, se constituent trois gestes ou histoires:

►La geste du roi qui raconte les guerres de Charlemagne, sa vie, la vie de ses pairs et leurs exploits;
►La geste de Garin de Montglane qui raconte les exploits de Garin, d'Aymeri de Narbonne, de Guillaume d'Orange et d'une manière générale, la lutte du Midi contre les Sarrasins.
►La geste de Doon de Mayence qui raconte les luttes des féodaux entre eux.
A ces gestes il faut ajouter des gestes provinciales qui ne peuvent pas entrer dans le cadre primitif et la geste des Coisades qui comprend les poèmes provoqués par la Croisade.

Les épopées principales sont les suivantes►

1)- Geste du roi
Berte au grand pied (XIIIème siècle) oeuvre du trouvère Adenet, raconte la vie et les malheurs de la mère de Charlemagne.
Pèlerinage de Charlemagne à Jérusalem (XIIème siècle),  récit fabuleux d'un prétendu voyage en Terre Sainte de Charlemagne et de ses pairs; c'est de ce pèlerinage que Charlemagne aurait rapporté des reliques qu'il distribua aux principaux sanctuaires de France.
Huon de Bordeaux (XIIème siècle) récit fantastique des épreuves de Huon qui doit aller à Babylon couper la barbe de l'émir et est aidé dans son entreprise par le nain Obéron.
La chanson de Roland c'est la plus belle de nos épopées.

2)- Geste de Garin Montglane
Girard de Vian (XIIème siècle), oeuvre de Bertrand de Barsure-Aube, raconte les démêlés de Girard et de Charlemagne. C'est dans ce poème que se trouve le combat singulier d'Olivier et de Roland, repris par Victor Hugo.
Aimeri de Narbonne (XIIème siècle) raconte comment Charlemagne à son retour d'Espagne charge Aimeri de s'emparer de Narbonne et lui donne la ville comme un fief.
Le Charroi de Nimes (XIIème siècle) prise de la ville de Nimes par Guillaume d'Orange.
Aliscans (XIIème siècle), récit de la célébre bataille que Guillaume livre aux Sarrasins dans la plaine d'Aliscans. Il perd dans la bataille son neveu Vivien. Il fuit vers Orange, mais sa femme Gibourg refuse de la reconnaitre parce qu'il tourne le dos à l'ennemi et de lui ouvrir les portes de la ville, il se jette de nouveau dans la mêlée.

3)- Geste de Doon de Mayence
Renaud de Montauban (XIIème siècle) raconte la lutte de Renaud et de ses trois frères contre Charlemagne. Ils sont aidés dans cette guerre par le cheval Bayart qui les emporte tous les quatre à travers les airs. Cette épopée est la source du roman populaire, les quatre fils Aymon.

4)- Gestes Provinciales
Raoul de Cambrai (XIIème siècle), tableau coloré de l'atrocité des luttes féodales
Amis et Amiles (XIIème siècle), légende pieuse
Girard de Roussillon (XIIème siècle)

5)- Geste de la croisade
Chanson de Jérusalem (XIIème siècle)
Chanson d'Antioche (XIIIème siècle)

Les plus anciennes épopées qui nous sont connues par des fragments ou par des remaniements postérieurs sont du Xème siècle. Elles ont d'abord un caractère nettement religieux. Puis tout en conservant ce caractère au XIème siècle et au XIIème siècle elle devient surtout guerrier. C'est le moment de leur grand éclat. Elles s'imposent à l'admiration de toute l'Europe et sont traduites ou adaptées dans toutes les langues. La décadence commence au XIIIème siècle: on ne croit plus aux légendes des héros; on les raille, on les parodie. Aussi, il n'y a plus de nouvelle épopée. On se contente de remanier et de rajeunir les anicennes. La rime succède à l'assonnance et oblige les remanieurs à délayer le texte primitif. L'épopée est pénétrée par le roman qui y verse la superstitition puérile, la sensualité parfois très libre, et même la satire. L'épopée perd son existence propre et se confond avec le roman. Au XIVème et XVème siècles elle est dérimée et mise en prose. Elle a tout perdu de sa physionomie primitive: elle ne servira plus qu'à alimenter les recueils fades de la Bibliothèque Bleue.
 LA CHANSON DE ROLAND

Le plus ancien texte de la Chanson de Roland, celui du manuscrit d'Oxford est de 1170, c'est la copie d'un texte plus ancien. L'original remonte probablement à l'année 1120. L'auteur en est inconnu. Le dernier vers du poème: "Ci falt la geste que Turoldus declinet", ne nous renseigne pas d'une manière précise, parce que Turoldus ou Théroulde peut n'être que le jongleur qui chante l'oeuvre d'un autre. Ce qui est certain, c'est que la Chanson de Roland n'est pas une compilation de morceaux disparates, mais une oeuvre unique conçue et composée par un artiste de génie, il suffit de la lire attentivement pour s'en convaincre.

La Chanson de Roland a un fond historique. D'après Eginhard, en 778, Charlemagne revenait d'une expédition contre les Sarrasins d'Espagne, lorsque son arrière-garde fut surpris et taillée en pièces par les Basques dans les défilés de Roncevaux. Dans ce combat périt Roland, préfet des marches de Bretagne.

D'après Léon Gautier, cet événement aurait donné naissance à des cantilènes, d'où serait sortie l'épopée après une longue élaboration. On pourrait même trouver ici les procédés habituelles de l'élaboration épique: elle exagère en faisant d'un simple combat d'arrière-garde un événement immense; elle transforme en remplaçant les Basques par les Sarrasins, et le préfet des marches de Bretagne par le neveu de Charlemagne; elle simplifie en expliquant la défaite par la trahison de Ganelon.

Joseph Bédier estime que certains éléments de l'histoire primitifs se sont conservés sur les routes des pèlerinage et dans les lieux où l'on vénérait les restes des héros. C'est là, dans des compilations latines et dans la tradition orale déformée, que le trouvère du 12ème siècle les aurait rencontrés et en aurait fait la base de son poème.

Ce trouvère ignore tout de l'époque de Charlemagne et de Roland, mais, comme la montrait P.Boissonnade, son esprit a été ébranlé par une Croisade à laquelle il a peut-être pris part, la Croisade qui mit aux prises dans le Nord de l'Espagne la noblesse française avec les Sarrasins pendant tout le 11ème siècle. La Chanson de Roland ne serait que le tableau poètique de cette Croisade projetée dans le passé jusqu'aux temps presque fabuleux de Charlemagne; elle aurait utilisé pour grandir ses héros, la légende de Roland telle qu'elle était conservée sur les routes qui menaient en Espagne et à Compostelle.

Le Résumé
Charlemagne lutte en Espagne contre les Sarrasins. Le roi infidèle, Marsile, émir de Saragosse lui fait demander la paix. L'empereur réunit ses pairs pour délibérer. On décide d'envoyer un ambassadeur à Marsile. Roland fait désigner Ganelon pour cette mission. Ganelon irrité par le procédé de Roland et gagné par les présents de Marsile, décide de trahir. Il fait placer Roland à l'arrière-garde et machine sa morte avec l'ennemi.

Charlemagne a repassé les monts. L'arrière-garde commandée par Roland est entourée d'ennemis. Olivier invite Roland à sonner de l'olifant pour appeler Charlemagne, mais Roland s'y refuse; il ne veut pas corner pour des païens. Une bataille sanglante se livre dans laquelle périssent tous les barons, sauf Olivier, Turpin et Roland. Alors Roland se décide à sonner du cor: Charlemagne l'entend et accourt. Resté seul sur le champ de bataille, Roland essaie de briser son épée Durandal et il ne peut y réussir il donne son âme à Dieu et il meurt face à l'Espagne.

Charlemagne repasse les monts, pour suivre les Sarrasins, et arrête le soleil pour avoir le temps de les tailler en pièces. Puis, il rend les derniers honneurs aux morts. Il rentre à Aix-La Chapelle et annonce à Aude la mort de son fiancé: Aude tombe pâmée et meurt. Alors commence le procès de Ganelon. Thierry, champion de Roland, et Pinabel, champion de Ganelon, luttent en champ clos: Pinabel est vaincu et Ganelon est condamné à être écartelé.

La conception épique de la Chanson de Roland
On ne peut s'empêcher d'admirer dans la Chanson de Roland la grandeur de la conception épique. Le monde se partage en deux royaumes: le royaume de Dieu ou du bien et le royaume de Satan ou du mal; ou de l'infidèle Sarrasin. Le devoir du chrétien est de lutter toute sa vie contre le mal; la vie est une croisade. A la tête de cette croisade marchent "Fance la douce" et l'empereur à la barbe fleurie qu'un ange de Dieu inspire et assiste. Il faut se battre avec courage et ne jamais reculer; le sort le plus beau que l'on puisse rêver est de mourir dans la bataille, l'épée à la main en tendant son gant à Dieu.

La foi et le patriotisme
Les héros de la Chanson de Roland sont donc d'abord les soldats de Dieu, ils se meuvent en plein surnaturel. Ils parlent avec une familiarité respectueuse à Dieu, à Jésus, le doux fils de Marie, à la bonne vierge, à saint Michel. Ils les invoquent avec une totale confiance. Mais ils sont aussi les soldats de la France. Leur patriotisme est simple, peu verbeux mais il est déjà total puisqu'il inspire tous les sacrifices. Et il s'exprime d'une manière touchante: La France est pour eux "France la Douce", "La Terre Major". C'est pour Roland une personne vivante qu'il invoque: Tere de France mult estes dulz païs. Et quand il sent venir la mort, c'est la France qui se présente à sa pensée comme l'image la plus chère: De plusieurs choses à remembrer li prist, De Dulce France

Les caractères
Le trouvère primitif a su incarner ses sentiments dans des personnages vivants. Sans Doute, ils ont quelque gaucherie et quelque raideur comme les statues de pierre de l'art roman. Cependant, on  sent chez eux la chaleur de la vie, Roland est orgueilleux, ardent dans la bataille, dure pour lui-même et pour les autres: et pourtant il n'est pas en fer; il pleure la mort d'Olivier, il s'attriste quand il doit se séparer de son épée. Olivier son ami a une personnalité bien marquée: il est sage, réfléchi, prudent; mais il est aussi capable de passion et il s'emporte quand on le contrarie. Ganelon n'est pas un traitre de mélodrame, tout d'une pièce; il a une conscience il hésite et il lutte contre lui-même. Charlemagne efface tous les autres personnages par sa grandeur: il a plus de 100 ans et il reste un guerrier redoutable; un ange l'accompagne et lui parle; il commande aux éléments; et il est bon et doux puisqu'il pleure la mort de son neveu Roland.

L'art de l'écrivain
Grande par la conception épique, par les sentiments et par les caractères, La Chanson de Roland est d'un art hésitant et assez faible. La composition est nette, cependant, ce qui est rare dans notre ancienne épopée. Mais la langue est pauvre et maladroite: les mots manquent à l'auteur pour rendre la richesse de sa pensée; les mêmes expressions reviennent sans cesse; et quand nous attendrions une image large et poétique, nous ne teouvons qu'un terme sec et sans éclat. Le souffle épique est puissant, l'art est médiocre, c'est pour cela que notre Chanson de Roland tout admirable qu'elle est ne peut pas être comparée à l'Iliade.

16 Aralık 2010 Perşembe

   VIRGILE


 
Contemporain du poète latin Horace et du fondateur de l'histoire romaine, Tite-Live, Publius Virgilius Maro dit Virgile reçut une bonne éducation malgré ses origines modestes et campagnardes. Il vécut les derniers temps, troublés, de la République et vit naître l'époque stable et prospère d'Auguste. Si son oeuvre fut couronnée de succès, il resta très proche de la nature et mena une vie solitaire loin de la vie politique romaine. Sous l'influence de l'alexandrinisme, cette sensibilité artistique mêlant goût de l'érudition et recherche précieuse, puis de Théocrite, il écrivit trois chefs-d' oeuvre, 'Bucoliques', 'Géorgiques' et 'Eneide' qui font de lui le plus grand poète latin. Ses poèmes, éloges de la vie paysanne, de la nature et de l'harmonie avec le cosmos, ont influencé tous les poètes latins mais ont aussi été un modèle pour les romantiques et les poètes pastoraux.


ENEIDE
Nourri d'Homère, Virgile a donné à ses compatriotes leur grand poème national, l'Enéide, dont les douze chants retracent les légendaires aventures du héros troyen Enée après la prise de Troie: c'est la suite romaine de l'Iliade et de l'Odyssée. Dans la pensée des dieux qui veillent à l'exécution des décrets du destin, Rome est choisie d'avance pour prendre la succession de Troie, et c'est Enée, fils de la déesse Vénus et du Troyen Anchise, qui sera leur instrument. Après avoir couru maints dangers, le pieux Enée, dépositaire des dieux de sa patrie, abordera dans le Latium et y fondera la ville de Lavinium, d'où sortira Rome.
Au début du poème, nous voyons Enée, jeté par la tempête sur la côte d'Afrique, recevoir l'hospitalité de la reine de Carthage, Didon, qui le prie de reprendre dès l'origine les malheurs de Troie et de lui faire le récit de ses courses errantes. En dépit de sa douleur, Enée commence à raconter la ruse qu'employèrent les Grecs, après dix ans d'efforts infructueux, pour se rendre enfin maitres de la ville. Laissant sur le rivage troyen le monstrueux Cheval plein de leurs meilleurs guerriers, ils ont fait semblant de s'éloigner. Les Troyens, abusés par les dieux et par un traitre, Sinon introduisent le Cheval dans la ville. La nuit venue, la flotte ramène les Grecs qui pénètrent dans Troie: Sinon a libéré les Grecs de leur prison de bois, ils ont massacré les gardes et ouvert les portes. Cependant Enée dort...

C'était l'heure, si douce au coeur des malheureux,
Où le premier sommeil, par un bienfait des dieux,
Après le poids du jour se glisse dans nos veines
Et nous verse l'oubli des plus cruelles peines.
Et voici que je crus en songe voir Hector.
A mes yeux attristés il se montrait encor,
Comme autrefois, couvert de sang et de poussière,
Quand, les pieds transpercés d'une infâme lanière,
Il gisait sur le sol, trainé par deux chevaux.
Comme il était changé, le valereux héros!
ANDROMAQUE & HECTOR
Comme il ressemblait peu à ce brillant  Hector, Cher à son Andromaque, audacieux et fort,
Qui revenait chargé des dépouilles d'Achille,
Lui, le chef respecté, protecteur de la ville,
Qui promena la torche et le fer des Troyens
Dans les flancs embrasés des vaisseaux achéens!
Les caillots d'un sang noir collaient sa chevelure;
Saignantes, je comptais les nombreuses blessures
Qu'il reçut sous les murs de la triste Ilion;
Et moi-même, pour lors pris de compassion,
Je lui disais, pleurant aussi sur ma patrie:
"O lumière de Troie et de la Dardanie,
Des makheureux Troyens, toi, le plus ferme espoir,
Hector, nous n'osions plus espérer te revoir!
Pourquoi tarder autant? Hélas! en ton absence,
Que de guerriers tuées, Hector, que de souffrances!
Mais toi, pourquoi ces pleurs qui rougissent tes yeux,
Pourquoi ce sang qui coule, et de quels bords affreux
Reviens-tu parmi nous? Quels indignes outrages
De plus beau des Troyens ont souillé le visage?"
Sans répondre à ces mots, il se penche vers moi:
"Fils de Vénus, dit-il, il faut fuir, hâte-toi!
Les Grecs sont dans nos murs; de son faite élevé
Troie en flamme s'écroule, et tout est consommé.
C'en est fait de Priam: Junon en est la cause.
Si le bras d'un mortel avait pu quelque chose,
Troie eût dût son salut au bras du seul Hector.
Cesse donc de tenter d'inutiles efforts.
Au fils d'une déesse Ilion expirante
Recommande aujourd'hui les dieux de ses foyers:
Prends-les pour compagnons de tes courses errantes;
Va, cours de mers en mers, affronte les dangers,
En dépit de Junon va fonder une ville
Où nos dieux exilés trouveront un asile".
Il dit, et dans ses bras, loin de l'antique autel,
Il m'apporte Vesta et son feu éternel.

Enée et ses compagnons, avec une énergie désespérée, se lancent dans la bataille suprême contre l'envahisseur. Voyant que tout est perdu, Enée écoute enfin le conseil d'Hector et part fonder une nouvelle Troie.

Virgile, Enéide, II, vers 268-317 et 361-369
Traduction de Henri Laignoux
 HERODOTE

Hérodote, écrivain grec du Vème siècle avant J.C, qu'on a appelé le père de l'histoire, est un habile et agréable narrateur plus qu'un historien au sens que nous donnons à ce mot. Ses Histoires, qui contiennent en neuf livres le récit des guerres soutenues par les Grecs contre les Perses, s'ouvrent sur l'empire du fameux Crésus (vers 560-548 avant J.C.), qui fut le premier à asservir les Grecs d'Ionie. Après avoir évoqué les fructueuses conquêtes du dernier des rois Iydiens, Hérodote raconte la visite qu'il reçoit à Sardes, sa riche capitale, du législateur athénien Solon; fier de son opulence, Crésus aimerait que Solon vit en lui l'homme le plus heureux du monde, mais son hôte le déçoit en lui refusant ce titre, car il estime qu'en toutes choses il faut considérer la fin et qu'on ne peut encore savoir ce qu'il adviendra de Crésus. Sotisse, pense le roi. Mais voici un premier avertissement du sort:

CHASSE TRAGIQUE
Après le départ de Solon, la vengeance divine frappa cruellement Crésus, parce que, je suppose, il s'était cru le plus heureux de tous les hommes. Sans tarder, un songe le visita pendant son sommeil et lui révéla de façon véridique les malheurs qui allaient lui arriver à l'occasion de son fils. Crésus avait deux enfants: l'un était infirme, -il était sourd-muet-; l'autre surpassait de beaucoup en toutes choses les jeunes gens de son âge; il avait le nom Atys. Donc, le songe annonça à Crésus qu'il perdrait cet Atys des suites d'une blessure faite par une pointe de fer. Une fois réveillé, Crésus se consulta. Redoutant l'accomplissement du songe, il fit prendre femme à son fils. Atys avait coutume de commander les Lydiens en campagne; il ne l'envoya plus nulle part remplir pareil office. Il fit transporter hors des appartements des hommes les javelots, les lances et toutes les armes de cette espèce dont on se sert à la guerre et les fit entasser dans les magasins, pour éviter que l'une d'elles, pendue au mur, ne tombât sur son fils.

CRESUS

Tandis qu'il était occupé des noces de ce fils, arriva à Sardes un homme en proie au malheur, et de qui les mains n'étaient pas purs; il était de race phrygienne et de la famille royale. Il se présenta au palais de Crésus et demanda à être purifié suivant les rites du pays; Crésus le purifia, -la purification se fait chez les Lydiens à peu près comme chez les Grecs, -et, après avoir accompli les cérémonies d'usage, lui demanda en ces termes d'où il venait et qui il était: "Etranger qui es-tu? De quel endroit de la Phrygie es-tu venu t'asseoir à mon foyer? Quel homme ou quelle femme as-tu tué?" L'étranger répondit: "O roi, je suis le fils de Gordias, fils de Midas, j'ai nom Adraste. J'ai tué sans le vouloir mon propre frère; je suis venu ici expulsé par mon père et dépouillé de tout". Crésus lui répliqua: "Tu descends d'hommes qui sont nos amis, et tu es arrivé chez des amis; ici tu ne manqueras de rien si tu reste dans ma demeure; le poids de ton malheur te sera le plu léger possible, et tu auras le plus d'avantage". Adraste, depuis lors séjournait chez Crésus.

ATYS
En ce temps là, parrut sur l'Olympe de Mysie un sanglier de forte taille; s'élançant de cette montagne, il ravageait les cultures des Mysiens; plus d'une fois les Mysiens étaient allés l'attaquer; mais, au lieu de lui faire aucun mal, ils en souffraient  de lui. En fin de compte des députés envoyés par eux vinrent trouver Crésus et lui dirent: "O roi il a paru dans notre pays un sanglier de taille énorme qui ravage nos cultures; malgré nos efforts, nous n'en pouvons triompher; nous te prions donc d'envoyer avec nous ton fils, accompagné de jeunes gens choisis et de chiens, pour que nous en débarassions le pays". Telle fut leur prière. Crésus se souvenant du rêve qui l'avait eu, leur adressa ces paroles: "Ne parlez pas davantage de mon fils; je ne saurais l'envoyer avec vous; il est nouvellement marié, et en ce moment son mariage l'occupe. Mais j'enverrai des Lydiens d'élite avec tout mon équipage de chasse, et j'ordonnerai expréssement à ceux qui partiront de mettre tout leur zèle à vous aider pour débarasser le pays de la bête".

Telle fut sa réponse. Les Mysiens en étaient satisfaits, quand survint le fils de Crésus, qui avait appris leur demande; et, comme Crésus refusait d'envoyer son fils avec eux, le jeune homme lui dit: "Mon père, nous pouvions jouir autrefois du plus beau, du plus noble renom, en allant couramment à la guerre et à la chasse. Aujourd'hui tu me tiens exclu et de l'une et de l'autre; sans avoir pu remarquer en moi ni lâcheté ni manque d'ardeur. Quel front dois-je monter maintenant, quand je vais à la place publique ou en reviens? De qui aurai-je l'air aux yeux des citoyens? De qui, aux yeux de la femme que je viens d'épouser? Avec quelle sorte d'homme croira-t-elle vivre? Ou bien laisse moi partir pour cette chasse, ou fais-moi reconnaitre par de bonnes raisons qu'il est de mon intérêt d'agir ainsi que tu veux". Crésus répondit en ces termes: "Mon fils, si j'agis comme je fais, ce n'est pas que j'aie remarqué en toi ni lâcheté ni rien d'autre de choquant. Mais une vision qui s'est présentée à moi en songe pendant que je dormais m'a appris que tu vivrais peu de temps parce qu'une pointe de fer devait causer ta morte c'est à cause de cette vision que j'ai pressé comme je l'ai fait ton mariage, et que je refuse de t'envoyer en expédition; je prends des précautions, cherchant si je pourrai tant que ma vie durera, te dérober au destin. Tu es mon seul et unique fils; l'autre, en effet, infirme et qui n'entend pas, je compte qu'il n'existe pas pour moi". Le jeune homme répondit; "Je ne t'en veux pas, mon père, si après avoir eu une semblable vision, tu prends des précautions à mon sujet. Mais il est un détail que tu ne remarques pas, un point sur lequel le sens du songe t'échappe; et il est juste que je te le signale. Le songe, dis-tu, t'a appris que je devais périr par une pointe de fer. Or, un sanglier a-t-il des mains? est-il armé de la pointe de fer que tu redoutes? Si le songe avait dit que je doive mourir d'un coup de dent ou de quelque chose qui ressemble à une dent, alors tu aurais lieu de faire ce que tu fais; mais il a dit d'un coup de pointe. Puisque ce n'est pas contre des hommes que nous avons à combattre laisse-moi donc aller". Crésus répondit: "Mon fils en exposant ton avis sur mon songe, tu as trouvé le moyen de me convaincre; convaincu par toi, je change d'avis et te laisse aller à la chasse.

Cela dit, Crésus envoya chercher le Phyrigien Adraste; et,quand il fut venu, il lui dit: " Adraste, quand tu étais sous le coup d'un fâcheux malheur, dont je ne te fais point reproche, je t'ai purifié, je t'ai accueilli dans ma demeure, et je t'y garde en fournissant à toute ta dépense. Aujourd'hui, puisqu'au bien que je t'ai fait le premier tu dois répondre en me faisant du bien, je veux donc que tu sois le gardien de mon fils; il s'en va à la chasse; veille qu'en chemin des larrons capables d'un crime ne surgissent pas pour vous mettre à mal. D'ailleurs, c'est pour toi-même un devoir d'aller là où tu pourras te distinguer par tes exploits; la tradition de nos pères le veut; et, de plus, la vigueur ne te fait pas défaut". Adraste répondit: "O roi, en d'autres circonstances, je n'irais pas prendre part à un semblable combat; en proie à un malheur comme le mien il n'est pas convenable que j'aille me mêler à des hommes de mon âge qui sont heureux; je n'en ai pas le désir, et, pour bien des motifs, je me retiendrais de le faire. Mais maintenant, puisque tu me presses et puisqu'il faut que je te fasse plaisir- car je dois te rendre le bien pour le bien-, je suis prêt à faire ce que tu veux; tu m'enjoins de garder ton fils; compte qu'il te reviendra sain et sauf, autant qu'il dépendra de son gardien".

Après qu'il eut fait cette réponse à Crésus, ils partirent avec un équipage de jeunes gens choisis et de chiens. Arrivés à la montagne de l'Olympe, les chasseurs se mirent en quête de la bête; quand ils l'eurent  trouvée et enveloppée de toutes parts, ils lancèrent contre elle des javelots. C'est alors que l'étranger, celui -à même qui avait été purifié du meurtre et avait nom Adraste, lançant son javelot contre le sanglier le manque et atteint le fils de Crésus. Frappé par la pointe de l'arme, celui-ci accomplit la prédiction du songe. Quelqu'un courut annoncer à Crésus l'événement et, arrivé à Sardes, lui apprit le combat et la destinée de son fils.

Crésus, bouleuversé par cette mort, proféra des plaintes d'autant plus vives que le meurtrier était l'homme qu'il avait lui-même purifié d'un meurtre; dans l'excès d'affliction que lui posait son malheur il invoquait Zeus  comme patron des purifications, le prenant à témoin du mal que l'étarnger lui avait fait; il l'invoquait comme protecteur du foyer et de l'amitié, -c'était le même dieu qu'il appelait de ses noms-; comme protecteur du foyer, parce qu'après avoir accueilli l'étranger dans sa demeure il avait nourri sans le savoir le meurtrier de son fils; comme protecteur de l'amitié, parce qu'après l'avoir envoyé avec Atys en guise de gardien il avait trouvé en lui son pire ennemi.

Ensuite les Lydiens se présentèrent, apportant le cadavre; par derrière, suivait le meurtrier. Debout devant le corps, il se livrait à Crésus, les mains tendues; il invitait Crésus à l'immoler sur le cadavre. Il disait sa première infortune et comment, après cette infortune il était l'assassin de l'homme qui l'avait purifié et que la vie lui était impossible. Entendant ces paroles, Crésus, bien que plongé dans un malheur domestique si cruel, s'apitoya sur Adraste et lui dit: " J'ai reçu de toi, ô mon hôte, toute la satisfaction qu'il faut, puisque tu te condamnes toi-même à la mort. Ce n'est pas toi qui es pour moi cause de ce malheur, sinon dans la mesure où sans le vouloir tu en as été l'instrument; c'est, je pense, quelque dieu, celui qui, il y a déjà longtemps, m'annonça ce qui devait arriver".

Crésus, fit célébrer comme il convenait les funérailles de son fils. Quant à  Adraste, fils de Gordias fils de Midas, l'homme qui avait été meurtrier de son propre frère, meurtrier de celui qui l'avait purifié, lorsque le calme et la solitude régnèrent autour du monument se randant compte que des hommes qu'il connaissait, il était le plus profondément misérable, il s'immola lui-même sur le tombeau.
Hérodote, Histoires, I, 34-35
Traduction de PH. -E. Legrand. Les Belles Lettres

15 Aralık 2010 Çarşamba

 POEMES HOMERIQUES

On appelle "poèmes homériques" deux longues épopées de vingt-quatre chants chacune: L'ILIADE, de 15.000 vers raconte les combats devant Troie (XIIème siècle avant J.C) et la ruine de la citadelle après un siège de dix ans; L'ODYSSEE de 12.000 vers est le récit des longs voyages que dut faire pendant dix ans l'un des Grecs, Ulysse (Odusseus en grec), pour retrouver Ithaque, sa patrie. Ces oeuvres étaient attribuées au poète aveugle, Homère, que plusieurs cité grecques prétendaient avoir vu naitre. Si Homère a existé, ce fut probablement un aède du IXème siècle qui chantait ses vers en s'accompagnant d'une cithare, avant peut-être que fût inventé l'écriture. Homère n'a probablement composé qu'une partie de l'Iliade et ce sont d'autres aèdes qui ont peu à peu enrichi le texte primitif et composé l'Odyssée; celle-ci témoignerait, sur un fond légendaire et merveilleux, des périples qu'accomplirent les Grecs, pour leur commerce, dans toute la Méditerrannée. Jusqu'à l'époque historique, les rhapsodes ont continué à chanter les récits homériques qui charmaient les Grecs, soit par fragments, soit dans leur intégralité lors des Panathénées; et le récit durait plusieurs jours.

L'Iliade et l'Odyssée constituent pour nous un précieux tableau de la vie grecque aux temps héroïques, avec ses passions violentes, presque barbares et déjà sa tendance à concevoir un idéal plus humain de justice, avec aussi sa foi naïve pour les dieux qui personnifient les forces naturelles et se mêlent sans cesse à la vie des hommes; et ces deux poèmes sont les premiers témoignages d'un art fait d'équilibre et d'harmonie que les Grecs nous transmettront.

Les principaux héros sont pour les Grecs, Agamemnon, roi de Mycènes, et son frère Ménélas, roi de Sparte, dont l'épouse Hélène a été enlevée par Pâris, fils de Priam, et c'est la cause officielle de la guerre; le vieux Nestor représente la sagesse, Achille, roi des Myrimindos, la bravoure, Ulysse, roi d'Ithaque, la ruse; en face d'eux le vieux roi Priam est défendu par ses cinquante fils, dont Hector est le plus vaillant.
 LA QUERELLE DES CHEFS  

Voici le début de l'Iliade: la colère d'Achille contre Agamemnon pendant que la peste ravage l'armée grecque.

La Colère d'ACHILLE
 Qui des dieux les mit aux prises en telle querelle et bataille? Le fils de Létô et de Zeus. C'est lui qui, courroucé contre le roi, fit par toute l'armée grandir un mal cruel, dont les hommes allaient mourant; cela parce que le fils d'Atrée avait fait affront à Chrysès, son prêtre. Chrysès était venu aux fines nefs des Achéens pour racheter sa fille, porteur d'une immense rançon et tenant en main, sur son bâton d'or, les bandelettes de l'archer Apollon; et il suppliait tous les Achéens, mais surtout les deux fils d'Atrée, bons rangeurs de guerriers:
"Atrides, et vous aussi, Achéens aux bonnes jambières, puissent les dieux, habitants de l'Olympe, vous donner de détruire la ville de Priam, puis de rentrer sans mal dans vos foyers! Mais à moi, puissiez-vous aussi rendre ma fille! et, pour ce, agréez la rançon que voici, par égard pour le fils de Zeus, pour l'archer Apollon".

Lors tous les Achéens en rumeur d'acquiescer: qu'on ait respect du prêtre! que l'on agrée la splendide rançon! Mais cela n'est point du goût d'Agamemnon, le fils d'Atrée. Brutalement il congédie Chrysès, avec rudesse il ordonne:

"Prends garde, vieux, que je ne te rencontre encore près des nefs creuses, soit à y trainer aujourd'hui, ou à y revenir demain. Ton bâton, la parure même du dieu pourraient alors ne te servir de rien. Celle que tu veux je ne la rendrai pas. La vieillesse l'atteindra auparavant dans mon palais, en Argos, loin de sa patrie. Va, et plus ne n'irrite, si tu veux partir sans dommage".

Il dit et le vieux, à sa voix, prend peur et obéit. Il s'en va en silence, le long de la grève où bruit la mer, et quand il est seul, instamment le vieillard implore sire Apollon, fils de Létô aux beaux cheveux:
"Entends-moi, dieu de l'arc d'argent, qui protèges Chrysé et Cilla la divine, et sur Ténédos règnes souverain! O Sminthée, si jamais j'ai pour toi brûlé de gras cuisseaux de taureaux et de chèvres, accomplis mon désir: fassent les traits payer mes pleurs aux Danaens!".

APOLLON
Il dit: Phoebos Apollon entend sa prière, et il descend des cimes de l'Olympe, le coeur en courroux, ayant à l'épaule, avec l'arc, le carquois aux deux bouts bien clos; et les flèchent sonnent sur l'épaule du dieu courroucé, au moment où il s'ébranle et s'en va, pareil à la nuit. Il vient se poster à l'écart des nefs, puis lâche son trait. Un son terrible jaillit de l'arc d'argent. Il s'en prend aux mulets d'abord, ainsi qu'aux chiens rapides. Après quoi, c'est sur les hommes qu'il tire et décoche sa flèche aiguë; et les bûchers funèbres, sans relâche, brûlent par centaines.

Neuf jours durant, les traits du dieu s'envolent ainsi à travers l'armée. Le dixième jour, Achille appelle les gens à l'assemblée. La déesse aux bras blancs, Hérée, vient de lui mettre au coeur cette pensée. Elle a souci des Danaens à les voir mourir de la sorte. Lors donc que tous sont là, formés en assemblée, Achille aux pieds rapides se lève et leur dit:
"Fils d'Atrée, j'imagine que nous allons bientôt, rejetés loin du but, retourner sur nos pas -du moins si nous pouvons échapper à la mort: guerre et peste frappant ensemble finiront par avoir raison des Achéens! Allons, interrogeons un divin ou un prêtre -voire un interprète de songes: le songe aussi est message de Zeus. C'est lui qui nous dira d'où vient ce grand courroux de Phoebos Apollon, s'il se plaint pour un voeu, une hécatombe omise; et nous verrons alors s'il répond à l'appel du fumet des agneaux et des chèvres sans tache, et s'il veut bien, de nous, écarter le fléau".
Homère, L'Iliade, I, 8-69:
Traduction de Paul Mazon. Les Belles Lettres
ULYSSE ET LES SIRENES

L'Odyssée raconte le retour dans son royaume du plus rusé des chefs grecs, Ulysse, après la prise de Troie. Le roi d'Ithaque (une des iles Ioniens), époux de Pénélope et père de Télémaque, est en butte à la colère de Neptune (Poséidon), dont il a aveuglé un des fils, le Cyclope Polyphème. Aussi doit-il errer dix ans sur les flots avant de pouvoir rejoindre les siens. Pourtant, protégé par Athéné, il trouvera des compensations à ses épreuves, comme la touchante et magnifique hospitalité que lui donne le roi des Phéaciens Alkinoos, sa femme Arété et leur fille Nausicaa, après son naufrage sur leur ile (Corcyre, aujourd'hui Corfou), voisine de celle d'Ithaque, où il sera ensuite ramené par leurs soins. Pour fêter l'étranger, Alkinoos a réuni les chefs phéaciens et fait célébrer des jeux sportifs suivis d'un festin: Ulysse, alors, a révélé son nom et raconté ses extraordinaires aventures chez les Lotophages où il pouvait perdre la mémoire, chez les Cyclopes, où tous les Grecs auraient péri sans l'astuce de leur chef, Chez Calypso, enfin, aux extrémités "occidentales de la Méditerrannée". C'est en regagnant la Grèce qu'après avoir échappé aux sortilèges de Circé et être descendu aux Enfers il rencontre les Sirènes.

Je reviens au vaisseau et je presse mes gens de remonter à bord et de larguer l'amarre. On s'embarque à la hâte; on va s'asseoir aux bancs; pour pousser le navire à la proue azurée, la déesse bouclée, la terrible Circé, douée de voix humaine, nous envoie un vaillant compagnon dans la brise qui vient gonfler nos voiles et quand ayant à bord rangé tous les agrès, on n'a plus qu'à laisser mener le vent et le pilote, je fais part à mes gens des soucis de mon coeur:

ULYSSE. -Amis, je ne veux pas qu'un ou deux seulement connaissent les arrêts que m'a transmis Circé, cette toute divine. Non!... Je veux tout vous dire, pour que, bien avertis, nous allions à la mort ou tâchions d'éviter la Parque et le trépas. Donc, son premier conseil est de fuir les Sirènes, leur voix ensorcelante et leur prairie en fleurs; seul, je puis les entendre; mais il faut que, chargé de robustes liens, je demeure immobile, debout sur l'emplanture, serré contre le mât, et si je vous priais, si je vous commandais de desserrer les noeuds, donnez un tour de plus!

Je dis et j'achevai de prévenir mes gens jusqu'à l'heure où, bientôt, le bon vent qui poussait le solide navire mit près des Sirènes. Soudain, la brise tombe; un calme sans haleine s'établit sur les flots qu'un dieu vient endormir. Mes gens se sont levés; dans le creux du navire, ils amènent la voile et, s'asseyant aux rames, ils font blanchir le flot sous la pale en sapin.

Alors, de mon poignard en bronze, je divise un grand gâteau de cire; à pleines mains, j'écrase et pétris les morceaux. La cire est bientôt molle entre mes doigts puissants.
De blanc en blanc, je vais leur boucher les oreilles; dans les navires alors, me liant bras et jambes, ils me fixent au mât, debout sur l'emplanture et chacun en sa place, la rame bat le flot qui blanchit sous les coups.
Nous passons en vitesse. Mais les Sirènes voient ce rapide navire qui bondit tout près d'elles. Soudain, leurs fraiches voix entonnent un cantique:

LE CHOEUR. -Viens ici! viens à nous! Ulysse tant vanté! l'honneur de l'Achaïe!... Arrête ton croiseur: viens écouter nos voix! Jamais un noir vaisseau n'a doublé notre cap sans ouïr les doux airs qui sortent de nos lèvres; puis on s'en va content et plus riche en savoir, car nous savons les maux, tous les maux que les dieux, dans les champs de Troade, ont infligés aux gens et d'Argos et de Troie, et nous savons aussi tout ce que voit passer la terre nourricière.

Elles chantaient ainsi et leurs voix admirables me remplissent le coeur du désir d'écouter. Je fronçais les sourcils pour donner à mes gens l'ordre de me défaire. Mais tandis que, courbés sur la rame, ils tiraient, Euryloque venait, aidé de Périmède, resserrer mes liens et mettre un tour de plus. Nous passons et bientôt, l'on n'entend plus les cris ni les chants des Sirènes. Mes braves gens alors se hâtent d'enlever la cire que j'avais pétrie dans leurs oreilles, puis de me détacher.
Homère, L'Odyssée, XII, 144-200.
Traduction de Victor Bérard. Les Belles Lettres

14 Aralık 2010 Salı

 LE MYTHE D'ŒDIPE


ŒDIPE & ANTIGONE
 Fils de Laïos et Jocaste, souverains de Thèbes, Œdipe est abandonné dans les montagnes dès sa naissance après que l'oracle a prédit qu'il tuerait son père et épouserait sa mère. Il est recueilli par un berger, qui le confie ensuite au roi de Corinthe, Polybe (Polybos).

Plus tard, un autre oracle lui prédit qu'il sera le meurtrier de son père. Pensant que Polybos est son vrai père, Œdipe fuit pour éviter que la prédiction ne se réalise. Au hasard des chemins, il croise son père Laïos et ses serviteurs. Laïos, devenu vieillard, lui commande, un peu trop impérieusement, de s'écarter de son chemin. Œdipe, qui a le sang vif, le tue donnant finalement raison à l'oracle.

Arrivé à Thèbes, il rencontre le Sphinx, qui pose une énigme à tous les voyageurs et dévore ceux qui ne savent pas répondre, bloquant ainsi l'accès à la ville et interdisant toute arrivée de vivres. En voyant Œdipe, le sphinx lui pose la désormais célèbre énigme : « Quel est l'animal qui marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir ? » Œdipe répond aussitôt : « L'homme qui, enfant, marche à quatre pattes, adulte sur ses deux jambes et vieillard en s'appuyant sur une canne. » Vaincu, le sphinx se tue en se précipitant d'une falaise. Œdipe sauve ainsi la ville de Thèbes, et devient un héros que les habitants récompensent en lui donnant pour épouse la veuve reine de Thèbes — Jocaste, sa mère. Il prend ainsi la place de son père et devient roi de Thèbes. Œdipe et Jocaste auront deux fils : Étéocle et Polynice, et deux filles : Ismène et Antigone.

Plus tard, Thèbes étant ravagée par la peste, les oracles sont consultés pour connaître l'origine du mal. Ils révèlent que l'épidémie est une punition divine, qui durera tant que l'assassin de Laïos ne sera pas châtié. Œdipe fait rechercher le meurtrier, mais finit par se rendre compte que c'est lui qui a tué le roi. Jocaste se suicide en apprenant qu' Œdipe est son fils, et lui même se crève les yeux et renonce à la royauté. Quelques années plus tard, il est chassé de Thèbes. Sa fille Antigone l'accompagne et lui sert de guide. Il meurt en Attique sous la protection de Thésée. Ses fils se disputant le trône d' Œdipe, celui-ci avant de mourir les maudit et prédit qu'ils s'entretueront.
 ŒDIPE-ROI DE SOPHOCLE

Alors que Œdipe est le roi de Thèbes, devant son palais, des citoyens sont venus lui demander de l’aide face à la peste qui décime le royaume et qui rend stériles aussi bien l’agriculture que les animaux et les femmes.
Puisqu’il souffre lui aussi de cette situation, Œdipe veux y remédier et annonce qu’il a déjà envoyé Créon, le frère de sa femme Jocaste, pour consulter l’oracle à ce propos.

Au retour de Créon, ce dernier explique que selon l’oracle, la peste viendrait du meurtre non élucidé de l’ancien roi de Thèbes, Laïos. Alors Œdipe s’engage à faire toute la lumière sur cet événement, et il décide de mener une enquête pour découvrir et punir les coupables. A cet effet, il convoque Tirésias, un devin, qui bien qu’aveugle, possède la faculté de clairvoyance sans doute utile à son enquête. Tout d’abord Tirésias refuse de dévoiler ce qu’il sait. Mais après y avoir été forcé, Tirésias révèle qu’ Œdipe est lui-même le coupable qu’il recherche. Le devin précise que le coupable est en même temps frère et père de ses enfants, fils et époux de la femme qui l’a mis au monde.

JOCASTE
Loin de pouvoir assimiler une telle accusation, Œdipe soupçonne plutôt que Tirésias et Créon complotent pour tenter de lui ravir le trône. Mais Jocaste apaise la querelle naissante et banalise les propos de Tirésias: personne ne saurait, sans risquer de se tromper, interpréter correctement les oracles. Elle en veut pour preuve qu’une prédiction annonçait que Laïos devait mourir de la main de son fils, et que, selon les dires d’un serviteur rescapé, Laïos fut assassiné par des brigands, au croisement des chemins de Delphes et de Daulis.
Mais Œdipe n’est pas satisfait pour autant. Il se souvient d’une époque lointaine, lorsqu’au cours d’une fête, un ivrogne avait raconté qu’il était un enfant trouvé. Pourtant, Œdipe a toujours cru que ses parents étaient Polybe et Mérope, roi et reine de Corinthe. Tourmenté par cette déclaration contradictoire, il était allé interroger l’oracle. Mais ce dernier, au lieu de lui répondre, prédit qu’il épouserait sa mère, engendrerai une descendance maudite et qu’il tuerait son père.

Pour éviter que ne s’accomplisse ce tragique destin, au lieu de retourner à Corinthe vers ceux qu’il prenait toujours pour ses parents, il prit une autre direction. A un carrefour, il rencontra un homme qui ressemblait à celui décrit par Jocaste. Ce denier lui disputa la priorité du passage, si bien qu’en se défendant, Œdipe le tua.

Pour faire toute la lumière sur cette affaire, Œdipe ordonne que l’on retrouve le serviteur rescapé, celui qui, à l’époque, prétendit que Laïos fut tué par des brigands. Mais voici qu’arrive un messager en provenance de Corinthe. Il annonce la mort du roi Polybe, victime de la maladie et de la vieillesse. Cette nouvelle soulage Œdipe puisqu’il pense avoir échappé à la prédiction qu’il tuera son père. Toutefois, le messager lui dit que ce n’était pas là un souci fondé, étant donnée qu’il l’avait lui-même trouvé dans la montagne, et que Polybe n’était pas son vrai père. Il explique qu’à cette époque, sur le Mont Cithéron, il avait rencontré un berger de la maison de Laïos qui lui avait confié un petit enfant aux pieds percés. L’ayant ramené à Corinthe, Polybe et Mérope décidèrent d’adopter et lui donnèrent le mon d’ Œdipe, eu égard à ses pieds enflées par leurs blessures.

A la suite de ces révélations, Jocaste est soucieuse et elle demande à Œdipe de ne pas poursuivre ses recherches. Mais Œdipe est déterminé à connaître la vérité. Il veut savoir s’il est de basse extraction, par exemple le fils d’un esclave du royaume de Thèbes puisqu’il s’agit bien là de sa patrie d’origine. D’ailleurs, comment expliquer autrement les recommandations de Jocaste d’arrêter là son enquête, si ce n’est que de supposer qu’elle puisse rougir d’orgueil face à une humble origine qui pourrait être la sienne. Il poursuivra son enquête, parce que de toute façon, s’estimant comme fils de la Fortune, (la généreuse), lui-même n’en conçoit aucune honte.

Or, voici que l’on amène le serviteur qui prétendait que Laïos fut assassiné par des brigands. Aussitôt, le messager de Corinthe reconnaît en lui l’homme rencontré sur le Mont Cithéron, celui-là même qui lui confia Œdipe alors qu’il n’était qu’un nouveau-né. Forcé à parler, le vieux serviteur avoue que ce nouveau-né n’était autre que le fils de Laïos et de Jocaste, condamné à périr, pendu par les pieds et abandonné à la merci des animaux sauvages, à cause de la prédiction qu’il tuerait ses parents. Mais comme il fut pris de pitié pour cet enfant, au lieu de l’abandonner, il le confia à cet inconnu venu de Corinthe.

Maintenant Œdipe réalise qu’il est lui-même le fils de Laïos et de Jocaste, et que malgré lui, il a bel et bien commis le parricide et l’inceste comme cela avait été prédit par l’oracle. En plus du choc que lui vaut cette révélation, voilà qu’on lui annonce que Jocaste s’est pendue. Arrivé sur les lieux du drame, fou de douleur, il se crève les yeux avec les broches qui retenaient les vêtements de celle qui fut à la fois sa mère et son épouse.

Au comble de la souffrance, Œdipe demande à être exilé et abandonné à son sort maudit, comme cela aurait dû se faire longtemps auparavant. Cependant, Créon souhaite d’abord interroger l’oracle pour savoir ce qu’il convient de faire.
EXTRAIT DE LA PIECE "OEDIPE ROI" DE SOPHOCLE

A la fin de la pièce, un messager raconte ce qui est arrivé à Oedipe quand il a compris la situation

Il fait le tour de notre groupe; il va, il vient, nous suppliant de lui fournir une arme, nous demandant où il pourra trouver "l'épouse qui n'est pas son épouse, mais qui fut un champ maternel à la fois pour lui et pour ses enfants". Sur quoi un dieu sans doute dirige sa fureur, car ce n'est certes aucun de ceux qui l'entouraient avec moi. Subitement, il poussa un cri terrible et comme mené par un guide, le voilà qui se précipite sur les deux vantaux de la porte, fait fléchir le verrou qui saute de la gâche, se rue enfin au millieu de la pièce... La femme est pendue! Elle est là, devant nous, étranglée par le noeud qui se balance au toit... Le malheureux à ce spectacle pousse un gémissement affreux. Il détache la corde qui pend, et le pauvre corps tombe à terre... C'est un spectacle alors atroce à voir. Arrachant les agrafes d'or qui servaient à draper ses vêtements sur elle, il les lève en l'air et il se met à en frapper ses deux yeux dans leurs orbites. "Ainsi ne verront-ils plus, dit-il, ni le mal que j'ai subi, ni celui que j'ai causé; ainsi les ténèbres leur défendront-elles de voir désormais ceux que je n'eusse pas dû voir, et de connaitre ceux que, malgré tout j'eusse voulu connaitre!". Et tout en clamant ces mots, sans répit, les bras levés, il se frappait les yeux, et leurs globes en sang coulaient sur sa barbe. Ce n'était pas un suintement de gouttes rouges, mais une noire averse de grêle et de sang, inondant son visage!... Le désastre a éclaté, non par sa seule faute, mais par le fait de tous deux à la fois: c'est le commun désastre de la femme et de l'homme. Leur bonheur d'autrefois était hier encore un bonheur au sens vrai du mot: aujourd'hui au contraire, sanglots, désastre, mort et ignomie, toute tristesse ayant un nom se rencontre ici désormais: pas une qui manque à l'appel!
Sophocle, Oedipe Roi, Vème siècle avant J.C.
Traduction Paul Mazon, Les Belles Lettres, 1962
 LE MYTHE D'OEDIPE
 INTERPRETE PAR SIGMUND FREUD

La pièce n'est autre chose qu'une révélation progressive et très adroitement mesurée -comparable à une psychanalyse- du fait qu'Oedipe lui-même est le meurtrier de Laïos, mais aussi le fils de la victime et de Jocaste. Epouvanté par les crimes qu'il a commis sans le vouloir, Oedipe se crève les yeux et quitte sa patrie. L'oracle est accompli.

Oedipe Roi est ce qu'on appelle une tragédie du destin; son effet tragique serait dû au constraste entre la toute-puissante volonté des dieux et les vains efforts de l'homme que le malheur poursuit. (...)

Sa destinée nous émeut parce qu'elle aurait pu être la nôtre, parce qu'à notre naissance l'oracle a prononcé contre nous cette même malédiction. Il se peut que nous ayons tous senti à l'égard de notre mère notre première impulsion sexuelle, à l'égard de notre père notre première haine; nos rêves en témoignent. Oedipe qui tue son père et épouse sa mère, ne fait qu'accomplir un des désirs de notre enfance. Mais, plus heureux que lui, nous avons pu, depuis lors, dans la mesure où nous ne sommes pas devenus névropathes, détacher de notre mère nos désirs sexuels et oublier notre jalousie à l'égard de notre père. Nous nous épouvantons à la vue de celui qui a accompli le souhait de notre enfance, et notre épouvante a toute la force du refoulement qui depuis lors s'est exercé contre ces désirs. Le poète, en dévoilant la faute d'Oedipe, nous oblige à regarder en nous-mêmes et à y reconnaitre ces impulsions qui, bien que réprimées, existent toujours.
Sigmund Freud, L'interprétation des rêves, traduction I. Meyerson, 1926

13 Aralık 2010 Pazartesi

 LITTERATURE ANTIQUE 


HOMERE
 HOMERE
Aujourd'hui il est impossible d'affirmer qu'Homère ait réellement existé ou pas. Il aurait été un poète ("aède" en Grèce antique), originaire de Chios ayant vécu au VIIIème siècle avant Jésus-Christ. L'auteur de l'Iliade et d'Odyssée, il était représenté comme un vieil homme aveugle, voyageant de ville en ville pour déclamer ses vers. Au cours de l'Antiquité, d'abord en Grèce puis à Rome, l'Iliade était appris par tous les écoliers.

L'épopée apparait dans toutes les civilisations avec les mêmes caractères fondamentaux. Ainsi, en Grèce antique, Homère, aède -chanteur- mythique, chanta dans l'Iliade les exploits légendaires des guerriers grecs devant la ville de Troie. Son récit se concentre autour de la colère d'Achille, le plus valereux des Grecs: celui-ci est furieux contre son chef, qui lui a arraché une belle prisonnière et il boude les combats. Son ami Patrocle néanmoins lui emprunte ses armes et s'engage dans la bataille. Mais le destin veut que Patrocle meure, afin qu'Achille, pour le venger, retourne dans la mêlée et tue Hector, le meurtrier de son ami, avant de mourir à son tour dans la gloire du combat.


PATROCLE
 Dans le texte ci-dessous, on voit Patrocle, succomber sous les coups des hommes et des dieux
Trois fois il s'élance, émule de l'ardent Arès, en poussant des cris effroyables: trois fois il tue neuf hommes. Une quatrième fois encore, il bondit pareil à un dieu. Mais, à ce moment, se lève pour toi, Patrocle, le terme de ta vie. Phoebos vient à toi, à travers la mêlée brutale. Il vient, terrible -et Patrocle ne le voit pas venir à travers le tumulte, car Apollon marche vers lui, couvert d'une épaisse vapeur. Il s'arrête derrière Patrocle; il lui frappe le dos, les larges épaules, du plat de la main. Les yeux aussitôt lui chavirent. Phoebos Apollon fait choir alors son casque de sa tête. Le casque au long cimier, sous les pieds des chevaux, roule avec fracas; le panache se souille de poussière et de sang. Eût-il été admis naguère que ce casque  à crins de cheval fût jamais souillé de poussière? C'était d'un héros divin, c'était d'Achille alors qu'il protégeait la tête et le front charmants. Mais aujourd'hui Zéus l'octroie à Hector, afin qu'il le porte sur son propre front, à l'heure où sa perte est proche. La longue pique de Patrocle se brise toute dans ses mains, la lourde et grande et forte pique, coiffée de bronze. Son haut bouclier, son baudrier même, de ses épaules tombent à terre. Sire Apollon, fils de Zéus, lui détache sa cuirasse. Un vertige prend sa raison; ses glorieux membres sont rompus; il s'arrête, saisi de stupeur. Par derrière alors, dans le dos, entre les épaules, un Dardanien vient le frapper, à bout portant, d'un bronze aigu.
Homère, Iliade XVI, v.784-807, traduction Paul Mazon, Belles-Lettres, 1936



ACHILLE

ACHILLE MASSACRE LES TROYENS
Dryops s'abbatit devant les pieds d'Achille. Mais Achille le laissa, et atteignit d'un coup de lance au genou, le brave et grand Démouchos fils de Philétor, qu'il immobilisa; puis avec sa grande épée, il le perça et lui ôta la vie. (...) Il atteignit encore Trôs, le fils d'Alastor. Mais celui-ci vint droit auprès d'Achille et lui prit les genoux, espérant qu'il épargnerait, le laisserait en vie et ne le tuerait point, prenant en pitié son âge égal au sien. L'insensé! il ne savait pas qu'il ne devait point persuader Achille, car celui-ci n'était pas un mortel au coeur doux, ni une âme tendre, mais un guerrier d'une inexorable violence. Des ses mains donc, le Troyen lui touchait les genoux, ardent à la supplication, mais Achille lui porta un coup d'épée au foie. Le foie jaillit au-dehors; le sang noir, qui en découlait, lui brûla les entrailles, et l'obscurité s'étendit sur ses yeux, dès le moment que la vie lui manqua.
En s'approchant de lui, Achille ensuite blessa Moulios d'un coup de lance à l'oreille, et la pointe de la lance sortit aussitôt par l'autre l'oreille. Puis il porta son épée contre Echélos fils d'Agénor, et le blessa au millieu de la tête. L'épée tout entière se tiédit sous le sang, et la mort empourprée et l'impérieux destin s'emparèrent de ses yeux. Deucalion ensuite fut atteint par Achille, là où se réunissent les tendons du coude, et la pointe de bronze lui traversa le bras. Deucalion, alourdi par son bras, voyant la mort devant lui, attendit Achille. Et Achille alors, portant un coup d'épée au cou de sa victime, en projeta au loin la tête avec le casque. La moelle jaillit aussitôt des vertèbres et Deucaillon resta étendu sur la terre.
Homère, Iliade, Chant XX, traduction Mario Meunier, ©Ed. Albin Michel, 1956

 MARTIAL

Poète latin d'origine espagnole, Martial (vers 40- vers 104) vint achever ses études à Rome où il demeura, menant une vie de flatteur et de quémandeur pour subsister. Par ses épigrammes, il obtint la célébrité et fut l'ami de tous les écrivains de son temps.

Avec l'oeuvre de Martial, le sens du mot "épigramme", va changer: désignant d'abord tout poésie brève, il deviendra synonyme de raillerie satirique. L'oevre de Martial se compose de courtes pièces en vers, qui célèbrent ou, plus fréquemment, attaquent des personnages dont l'évocation prend l'aspect de caricatures.

La seule obligation de l'épigramme est de lâcher le trait mordant à la fin, pour que rien n'en affaiblisse l'effet; le plus souvent aussi le mot de la fin est inattendu ou déguisé, pour piquer la curiosité. Mais en dehors de ces deux règles, Martial s'est appliqué à diversifier le plus possible les dimensions et les procédés de ses petites pièces. Quand le poète se donne plus d'espace, il développe un portrait, une scène, qui s'achève sur une brusque antithèse. Il s'adresse à un ami supposé, à un contradicteur feint; ou fait la leçon à un original.

Quelques épigrammes de Martial (traduction de Pierre Richard)

Contre Vacerra
Tu n'admires, Vacerra, que les anciens et ne loues que les poètes morts. Je t'en demande bien pardon, Vacerra: te plaire be vaut pas de mourir.

En latin, l'épigramme Contre Vacerra:
In Vacerram
Miraris veteres, Vacerra, solos
Nec laudos, nisi mortuos, poetas
Ignoscas petimus, Vacerra: tanti
Non est, ut placeam tibi, perire.
(Livre VIII, 69)

Contre un ami sans humanité
Pour que tes blêmes arbres fruitiers transplantés de Cilicie n'aient pas à craindre la gelée et qu'un vent trop vif ne morde pas ce tendre verger, une serre fait obstacle à la brise et laisse entrer un soleil pur, une lumière sans mélange. Mais à moi on me donne une chambre dont la fenêtre ne ferme pas et dans laquelle Borée lui-même ne voudrait pas rester. C'est ainsi, cruel, que tu installes un vieil ami? Mieux vaudrait pour moi être l'hôte d'un de tes arbres.
(Livre VIII, 14)

A Sparsus
Pourquoi je gagne souvent le petit fond de ma sèche Nomente et le lare modeste de ma maison des champs? Tu me le demandes? Pour le pauvre, Sparsus, par moyen à la Ville, de méditer ni de dormir. Comment tenir, dis-moi, avec les maitres d'école le matin, les boulangers la nuit, et le marteau des chaudronniers tout le jour? Ici, c'est le changeur qui passe son temps à faire sonner sur son sale comptoir de la monnaie au coin de Néron. Là, c'est le batteur de lin d'Espagne qui, de son fléau brillant, l'écrase sur sa pierre usée. C'est sans arrêt, la troupe fanatique des prêtres de Bellone, le naufragé bavard portant, suspendu au cou, sa tirelire, et le juif instruit par sa mère à mendier, et le chassieux débitant d'alllumettes soufrées. Qui peut compter le temps perdu à Rome pour le sommeil dira le nombre de mains qui frappent sur des bassins de cuivre, quand l'éclipse de lune est conjurée par le fuseau de Colchide.
Toi, Sparsus, tu ne connais pas ces misères, tu ne peux pas les connaitre, bien douillet dans le domaine de Pétilius, un vrai royaume, d'où une terrasse domine les sommets à l'entour. Tu as la campagne en pleine ville, ton vigneron est Romain et l'automne n'est pas plus  fécond sur les coteaux de Falerne. A l'intérieur de tes portes, tu peux faire des courses en char. Au fond de ton palais, le sommeil et le repos, que ne trouble aucune voix humaine. Et le jour n'y entre qu'avec ta permission.
Moi, les rires des nombreux passants me réveillent et Rome est à mon chevet. Dégoûté, fatigué, quand je veux dormir, je vais à ma campagne.
(Livre XII, 57)

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)