Hakkımda

Fotoğrafım
Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

Merci Bien - Teşekkürler

FRANSIZCA ÖĞRENMEK İSTER MİSİNİZ ?

FRANSIZCA ÖĞRENMEK İSTER MİSİNİZ ?

Fransızca öğrenmeyi hiç düşündünüz mü ?

Düşünüyorsanız....

Fransızcaya adım atmak isteyen sizlere Başlangıç seviyesinden İleri seviyelere kadar her aşamada yardımcı olabilecek bu site sayesinde Fransızcanızı geliştirebilirsiniz. Dünyada 450 milyon kişi Fransızca konuşuyor yani ''FRANCOPHONE'' .

Siz de neden bir ''FRANCOPHONE'' olmayasınız ? Bu sayede dünya edebiyatına mal olmuş en önemli sanatçıların eserlerini anadilinden okuma şansınız olur. Siz de Montaigne'nin "Denemeler"ini,Molière'den "Cimri"yi,LaFontaine'den masalları, Voltaire,Rousseau ve Montesquieu'nin felsefelerini, Honoré de Balzac,Victor Hugo,Stendhal, Zola ve Alexandre Dumas'nın romanlarını; 20.yüzyıla şekil vermiş aydınlar olan Jean-Paul Sartre ve Albert Camus'nun eserlerini orijinal dilinden okuyup anlama ve analiz etme ayrıcalığına sahip olabilirsiniz. Fransızca öğrenmek sadece bir dil öğrenmekten ibaret değildir.İnsanın hayata bakışını değiştiren,vizyonunu geliştiren,önünde bambaşka ufukların açıkmasını sağlayan; gastronomisiyle,eğlence anlayışıyla,farklı sanat dallarıyla ve modasıyla bütün halinde bir yaşam tarzıdır.Bu yaşam tarzını edinmenin birinci koşulu diline hâkim olmaktan geçer.Bu anlamda blogumuzu diğerlerinden ayıran en temel fark sadece dile odaklı olmayışımızdır."Dil" burada sadece bir araçtır, amacımız fransız kültürünü etraflıca ele almak ve yaygınlığını arttırmaktır.

Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

5 Kasım 2010 Cuma

A PROPOS DU ROMANTISME
Après de belles lignes consacrées sur ce site au Romantisme, il n'y a guère de chose à rajouter si ce n'est en guise de partage quelques réflexions supplémentaires tant le sujet est important et riche.

Le Romantisme, on en conviendra, est plus qu'un mouvement littéraire. De même que le Classicisme contre lequel il semble s'élever reste aussi vivant et indépassable, de même le Romantisme, malgré le Réalisme, le Naturalisme, le Symbolisme reste indépassable. Il est pour ainsi dire dans le destin des courants littéraires d'apparaître et de s'affirmer contre ceux du passé tout en s'appuyant sur leur héritage comme un ingrédient indispensable à leur développement et leur épanouissement. C'est dire que malgré la force révolutionnaire qu'il contient parce qu'il prend sa source à la Révolution de 1789, le Romantisme en s'affirmant valide le Classicisme. Le romantique Chateaubriand devenu classique exprime, entre autres, ce renversement bien plus qu'une rupture.

Un petit tour d'horizon s'impose d'emblée concernant le mot lui-même pour mieux saisir la complexité qui de ce mouvement. Pour les contemporains déjà le Romantisme pose problème dans sa définition: « La définition du Romantisme, écrit la Duchesse de Duras en 1824, c'est d'être indéfinissable, c'est un genre indépendant qui prend ses beautés où il les trouve, qui ne croit qu'à lui-même... ». Mais, cette impossibilité renferme si on est attentif les deux éléments qui définissent le mieux ce courant: indépendance et lui-même. D'une part la liberté, de l'autre « la personne » seront les deux chemins inséparablement empruntés par les Romantiques. La difficulté de définir n'est pas propre aux débuts et aux contemporains du mouvement. Plus près de nous Valéry écrit: « Il faudrait avoir perdu tout esprit de rigueur pour définir le Romantisme ». N'est-ce pas là une mise en garde éclairante...et en même temps une définition ? Les Romantiques qui s'élèvent contre la rigueur du Classicisme échappent par définition à toute définition. A ces phrases de Valéry celles d'Henry Brémond font écho: « Il y a autant de romantismes que de Romantiques. Le Romantisme est un être de raison ». Un autre mot jette le trouble: la raison. Les Romantiques qui cherchent à rompre avec le Classicisme fait de règles, seraient contrairement à ce qu'on croit du côté de la raison. Voilà que Descartes nommé implicitement inaugurant le règne de la raison et ses règles mais qui, au nom même de la raison, réclamé à des fins autres que la raison n'avait peut-être pas prévues. C'est là le propre d'une révolution. Et le Romantisme en sera une en apportant cette réponse inespérée et inattendue à la question: comment devenir classique tout en ne l'étant pas? L'allusion à la dimension politique de ce mouvement est à peine voilée. Le roi et l'empereur remplacés par l'individu. L'histoire du Romantisme est intimement liée à l'histoire toute courte, celle de l'Europe et du monde. Qui de Chateaubriand ou de Hugo est classique ou romantique? Conjuguant des tendances opposées ne révèlent-ils pas en fin de compte ce que sera l'homme à venir? Epris de liberté ne penchent-ils pas vers un christianisme? Tout comme Mme de Staël, sont-ils de gauche ou de droite politiquement parlant? Comment comprendre la reprise des thèmes médiévaux et typiquement chrétiens avec le goût de la liberté issue de la Révolution qui s'oppose violemment à cet esprit religieux jugé digne de disparaître parce qu'en la personne du roi et ensuite en celle de Napoléon perpétue le Classicisme comme un obstacle au progrès de la raison. Nous aurons compris. C'est vaste, complexe et sans fin. Mais, avouons-le, c'est là aussi tout l'intérêt immense de ce mouvement.

Partons du mot lui-même sans prétendre à démêler les choses sans autre prétention que d'essayer de comprendre. Sa première apparition (le premier exemple connu) nous vient d'un obscure Abbé Niçaise à la fin du 17ème siècle: « Que dites-vous, Messieurs, de ces pastoureaux, ne sont-ils pas bien romantiques?»  A ses débuts ce mot se confond avec romanesque employé depuis 1661 et qui désigne clairement une opposition au réel. La racine du mot renvoyant au roman, c'est-à-dire à une fiction. D'usage exceptionnel, le mot ne figure encore pas dans les dictionnaires. Romantique et romanesque sont donc équivalents. L'abbé Le Blanc traduit même en 1745 le mot anglais « romantic » comme pittoresque. Puis viendra la distinction sous la plume de Gérardin en 1776. Romanesque signifie à ses yeux fiction, trame, intrigue (la fable du roman, dit-il) alors que romantique désigne la situation. Celle-ci renvoie bien entendu à l'état dans lequel se trouve l'individu qui lui inspire le romanesque. Mais cet état tout solitaire et tranquille qu'il soit renvoie également selon Rousseau (5e Rêverie) à une extériorité: « Les rives du lac de Bienne sont plus sauvages et romantiques que celles du lac de Genève (...). » Ainsi, à partir de 1785, les deux termes romanesque et romantique se différencient et en viennent à désigner les aventures et les caractères pour le premier et les paysages et les états d'âmes pour le deuxième. Si André Chénier continue de confondre romantique et pittoresque, Chateaubriand applique le mot anglais « romantic » aux vestiges des civilisations médiévales. C'est en 1798 que le Dictionnaire de l'Académie française mentionne le mot avec la définition suivante: « Il se dit ordinairement des lieux, des paysages qui rappellent à l'imagination les descriptions des poèmes et des romans. Situation romantique. Aspect romantique ». Cette petite promenade nous fournit une assez bonne idée de la formation de ce mot et de sa fortune sur plus de cent ans.

D'ordinaire, on assigne au Romantisme comme initiateurs Chateaubriand et Mme de Staël. Si ces deux noms sont indissociables, il ne faut nullement en conclure que le mouvement lui-même est français. Ses origines sont ailleurs. Le Classicisme est bien français et s'étend en Europe, le Romantisme est anglais, allemand, écossais avant de s'imposer en France. Il est européen. Par conséquent, il importe de comprendre le contexte dans lequel il apparaît. La tourmente révolutionnaire laisse un vide dans la société et les esprits. Sur quels principes construire le nouveau monde? En France, les écrivains se divisent. Les uns comme vicomte de Bonald et Joseph de Maistre veulent passer outre la Révolution et 18ème siècle et joindre le 17ème et 19ème. Deux esprits puissants au verbe acéré et talentueux mais réactionnaires contre ceux qui proposent de chercher dans le 18ème siècle et la Révolution ainsi que dans les littératures étrangères de nouvelles idées, les principes qui guideraient le nouveau siècle et l'avenir. Mme de Staël est de ceux-là. Mais, cette volonté de rebâtir est déjà en marche. Les thèmes qui caractériseront le Romantisme sont déjà esquissés dans la seconde moitié du 18ème siècle. C'est cette période qu'on appellera le préromantisme. Certains historiens de la littérature qui y voient un conflit nord-sud ne se trompent pas. Avec la Renaissance le Classicisme s'était emparé de l'Antiquité gréco-romaine. Le Romantisme sera une influence nordique, anglo-saxon, née d'une réaction au cartésianisme régnant sous la houlette du penseur John Locke. Le scepticisme entre en vigueur. Descartes voulait assurer à la spéculation métaphysique une base inébranlable aboutissant à l'idéalisme et au rationalisme (le cartésianisme). Locke veut préserver la nature humaine des aventures superflue de l'esprit. Ayant déclaré qu'il n'y rien en l'homme qui ne lui provienne des sensations, c'est-à-dire de l'extérieur; il met fin au règne de l'esprit. Les idées innées sont chimères et « le sensualisme » est seul réel. Philosophie qui sera relayée en France par Condillac. De cette pensée découlera tout le système philosophique du 19ème siècle apportant son lot de relativisme et d'utilitarisme. La progression des sciences rejoindra cette mouvance des esprits pour se transformer en un matérialisme mêlé à un culte des sentiments qui sera à l'origine de l'individualisme moderne.Voici donc le réalisme et le sensualisme ensemble comme premier caractéristique du Romantisme. Le deuxième est formé par le couple sentimentalisme et individualisme. Des auteurs anglais comme Richardson, Thompson et Young exerceront une influence durable sur Goethe et Rousseau. Le troisième trait sera le mélange d'imagination, de rêve et de mélancolie. Le besoin de sentir, de voir « par- dessus l'étroite horizon de la vie » donnera le thème de l'évasion. Un monde du passé ainsi qu'un monde surnaturel constitueront les thèmes privilégiés à quoi on associera le Moyen-Age et ses mythes. Des noms célèbres tels que Coleridge, Blake, Byron Shelley, Ossian et bien d'autres s'engouffreront dans cet espace nouveau qui s'ouvre et permet toutes les fantaisies.« De côté de l'Allemagne », l'assaut est non moins important. Un mouvement parallèle voit le jour sous les plumes de Haller, Klopstock, Herder. Vers 1770, sous l'influence de Young et d'Ossian apparaît le mouvement « Sturm und Drang » (orage et assaut). Dirigé contre les règles classiques, c'est une révolution littéraire. « Le Werther » de Goethe (1774) sera le roman de la passion triste. Réunissant fatalité et douleur, le roman et la poésie allemand emboîtera le pas au mouvement anglo-saxon. Cela étant le romantisme allemand suivra un chemin quelque peu différent car Goethe et Schiller reviendront vers des règles classiques pour initier avec Tieck, Novalis et les frères  Schlegel ce qu'on appelle le Romantisme allemand qui donnera le fameux idéalisme allemand avec Hegel, Fichte et Schelling.

Qu'en est-il du Romantisme en France? Berceau du rationalisme et du classicisme le mouvement romantique y apparaîtra dans sa vigueur plus tard. Entre les deux manifestations anglais et allemande il se frayera son propre chemin et se forgera un destin qui saura égaler celui bâti par les Classiques.

Tout en s'affirmant comme réaction contre l'ordre ancien politique et littéraire, le Romantisme n'en est pas moins imprégné de rationalisme. De fait, cet héritage jouera en sa faveur en lui fixant des limites. Il restera au moins en partie étranger aux spéculations métaphysiques du Romantisme allemand et se cantonnera essentiellement aux problèmes de  littérature et de théâtre. Cet esprit cartésien qui avait contribué au développement du Classicisme l'aidera aussi à s'organiser avec son chef, ses troupes, ses organes de diffusion et ses manifestes pour en faire un véritable mouvement structuré et assurera son triomphe.

Le mouvement manifestera deux pôles aux caractéristiques distinctes mais qui ne suffira pas à porter atteinte à son unité. On trouve d'un côté une mouvance suite à l'influence de Chateaubriand née dans les premières années de la Restauration catholique et conservatrice qui semble avoir partie lié avec le régime. Si les thèmes qui lui sont chers (rêve, mélancolie, imagination, etc...) sont exploités habilement, cette tendance privilégiera le renaissance religieuse et spirituelle. Une deuxième tendance se dessinera sous l'influence étrangère et héritière des idées de la Révolution comme libérale et indépendant et contre le régime impériale. On se souviendra ici de la querelle qui opposa Chateaubriand à Mme de Staël. Pour le premier, les anciens restent un modèle et il y aurait péril à suivre l'étranger. Alors que la deuxième prône franchement une ouverture aux influences étrangères. Malgré une vive critique et une interdiction de la première édition de son livre par Napoléon, « De l'Allemagne » (1813), les idées de Mme de Staël n'en circuleront pas moins sous le manteau et ouvrira une brèche considérable à l'influence étrangère (car quelques exemplaires sont sauvés de la destruction).

Pour finir, il nous faut préciser les trois étapes de ce mouvement. La première est une phase de gestation qui va de 1800 à 1820. Un certain nombre de thèmes nouveaux pénètrent les milieux littéraires et finissent par susciter une sensibilité collective qu'on appellera « le mal du siècle » parallèlement aux idées importées par Mme de Staël. Une deuxième période qui s'étend jusqu'en 1830 voit la querelle entre les Romantiques conservateurs et libéraux. De cette confrontation naît l'unité du mouvement et que le « Cénacle » après plusieurs manifestes retentissants (la bataille d'Hernani et la Préface de Cromwell de Hugo) conduira le mouvement vers la victoire des modernes contre les anciens. On ne manquera pas d'observer qu'autant le Classicisme était formé dans les salons du 18ème siècle et à la Cour autant le Romantisme tournera et s'affirmera à partir des lieux de pouvoirs que sont devenus les groupements d'hommes libres et proclamant l'individu comme centre avec ses propres pouvoirs d'expression. Après 1830, le mouvement se répand et devient à la mode et opère sa cohésion sous l'égide des génies que l'on connaît.

Cependant, la liberté d'expression qui constitue le mot d'ordre entamera l'unité du mouvement. Deux tendances se font jour: le Romantisme social et l'art pour l'art. L'échec des Burgraves en 1843 annonce l'éclosion du Réalisme alors que les plus grands chefs - d'oeuvres se suivent comme pour tendre vers un dépassement dont le Symbolisme à venir sera l'accomplissement.

Comme le Classicisme qu'il combat le Romantisme est une conjonction de talents et de génies les plus diverses, d'où peut-être cette impression d'une confusion dans ce vaste mouvement. Les tendances jusque- là maîtrisées parce qu'obéissant à des règles bien fixées par les anciens éclatent dans tous les sens. Les soirs d'été de Lamartine, la virtuosité et le génie universel d’ Hugo, les fantaisies de Musset, le pessimisme de Vigny, l'imagination étourdissante de Balzac, sont autant d'explosions d'une même ambition, d'une même ardeur de continuer l'histoire et la réécrire. Catholique ou panthéiste, conservatrice ou libérale, cette explosion est celle d'une vie intérieure qui se cherche dans un monde qui est en train de se rebâtir. La passion, la sensibilité exacerbée sont les signes d'un moi débordant loin d'être haïssable. Ecartelé entre le repli et l'ouverture, le moi et l'universel le Romantisme est un coup de tonnerre dans le ciel de l'Europe du 18ème siècle qui marquera d'une pierre blanche notre modernité avec un brin de nostalgie de grandeur. Nous continuerons à coup sûr à admirer les classiques sans jamais cesser d'être romantiques.
AUGUSTE UNAT
UN PEU DE CONNAISSANCE LITTERAIRE

► Dans les salons littéraires et philosophiques s'exprimaient la culture, le goût et les idées des femmes célèbres. La "cour de Sceaux" de la duchesse du Maine, "le bureau d'esprit" de Mme Tencin, le "royaume" de Mme Geoffrin encourageaient philosophes et savants, présentaient des artistes, introduisaient des écrivains auprès d'hommes politiques.
Parmi les invités du salon de Mme du Deffand on peut citer: Montesquieu, Marivaux, Condorcet, Marmontel, Turgot et d'Alembert.

► La correspondance littéraire philosophique et critique n'est pas imprimée, mais manuscrite. Elle échappe ainsi à la censure, c'est pourquoi le ton et les idées y sont très libres. Il s'agit de la revue spécialisée des "despotes éclairés", qui ne compte qu'une quinzaine d'abonnés, parmi lesquels l'impératrice Catherine de Russie, Frédéric II de Prusse, le futur Gustave III de Suède, la reine de Suède, le roi de Pologne, la princesse de Nassau... Diderot fournit à la revue, dirigée par son ami le baron von Grimm, des extraits de ses romans et textes philosophiques, ainsi que les critiques artistiques de ses Salons.

► La musique tient une grande place dans la vie sociale du siècle des Lumières. Dans l'esprit de décloisonnement des disciplines, elle sort du cercle des professionnels pour passionner le public et susciter des commentaires écrits de philosophes et hommes de lettres. La querelle des Bouffons voit s'affronter les tenants de la musique française à ceux de la musique italienne, en particulier l'opéra napolitain pour lequel s'éveille un engouement durable.
Les Bouffons forment une compagnie de chanteurs italiens ayant donné à Paris douze représentations entre 1752 et 1754. Le premier spectacle concerne "La Serva padrona" de Pergolèse. L'enjeu de la querelle est l'affrontement du classicisme, inacrné par Rameau, avec l'esthétique de la sensiblité. Les tenants de la musique italienne se retrouvent sous la loge de la reine, leurs adversaires sous la loge du roi (on dit aussi le coin du roi et de la reine). La querelle donne lieu à de nombreux épisodes, y compris des libelles et un duel. Ballot de Sauvot, du coin du roi et librettiste de Rameau, se bat en duel avec le castrat Gaetano Cafarelli en 1753. A partir de 1778, la qurelle reprendra, opposant les partisans de Gluck à ceux de Nicollo Piccinni au sujet de deux versions d'Iphigénie en Tauride.

Rameau (1683-1764) est le plus grand musicien du 18ème siècle, en même temps qu'un théoricien. Il représente l'apogée du classicisme français. Les oeuvres lyrique de Rameau les mieux connues sont en particulier son opéra-ballet "Les Indes Galantes" (1735), ainsi que "Hippolyte et Aricie", "Pygmalion", "Castor et Pollux", "Dardanus" et "Les Boréades". Il a produit également de nombreuses pièces pour clavecin. Rameau a écrit ses premières pièces lyriques pour le théâtre de foire, y compris "Les Sauvages" (1728) dont reprendra une partie dans les "Indes Galantes".
Voltaire et Marmontel ont écrit des livrets pour Rameau. Voltaire a fait les livrets de "La Princesse de Navarre" et du "Temple de la Gloire", opéras-ballets donnés à la cour en 1745. Marmontel a écrit celui du ballet en un acte, "La Guirlande" et d'une pastorale en trois actes, "Acanthe et Céphise" (tous deux donnés en 1751).

4 Kasım 2010 Perşembe

ETIENNE PIVERT DE SENANCOUR
Appartenant à la même génération que Chateaubriand ou Madame de Staël qui ont connu l'Ancien Régime et la Révolution, Etienne Jean-Baptiste Ignace Pivert de Senancour est toutefois moins connu que ses contemporains. Passionné par Jean-Jacques Rousseau, l'auteur publie en 1799 'Rêveries sur la nature primitive de l'homme'. Avec ce récit qui alterne description de paysages, expression de la mélancolie et désir de changer la société, le jeune écrivain accède à une certaine notoriété. Mais c'est avec son roman 'Oberman', publié en 1804, qu'il obtient la gloire auprès des Romantiques. Alternant une nouvelle fois description de paysages et expression d'un sentiment d'ennui d'exister, Senancour marquera les lectures de Sainte-Beuve et de George Sand. De son vivant, l'auteur subsistait grâce à des menus travaux dans l'édition et le journalisme, il collabora notamment à la 'Bibliographie universelle des contemporains'. Son oeuvre se compose d'une pièce de théâtre, des méditations, de quelques romans et essais dont le célèbre traité intitulé 'De l'Amour' dans lequel l'écrivain plaide en faveur du divorce. Il est vrai que son mariage malheureux alors qu'il était en exil en Suisse l'a marqué profondément. Considéré comme un maître par Nerval, Balzac ou encore Proust qui le lisait sans relâche, Senancour est un auteur qui a marqué les prémices du mouvement littéraire appelé Romantique.
"OBERMAN" DE SENANCOUR

Esprit bien représentatif de la face mélancolique et désabusée du premier romantisme, Etienne Pivert de Senancour est l’auteur d’un remarquable roman épistolaire: “Oberman”. Cette formule du roman par lettres, très prisée au 18ème siècle, se prête bien à l’expression des passions et des intrigues amoureuses: “La Nouvelle Héloïse” de Rousseau, “Les Liaisons Dangereuses” de Laclos en sont d’illustres exemples. Senancour se distingue de ces modèles sous trois points de vue.
D’abord, il s’agit d’un roman à une voix; seules les lettres d’Oberman nous sont données; le destinataire est réduit au rôle de boite à lettres au point que cette correspondance finit par ressembler à un journal intime.
Ensuite, la matière même du livre est constituée plutôt par les tourments de la pensée que par les peines du coeur. Le chagrin d’Oberman ne s’alimente pas à une déception particulière. C’est une inquiétude fondamentale, un ennui sans cause d’ennui, une lassitude qui ne succède à aucune lutte: “Dès longtemps, la vie me fatigue et elle me fatigue tous les jours davantage”.
Enfin, chez ce grand lecteur de Rousseau, sensible aux beautés de la haute montagne, la nature occupe une grande place: Oberman goûte surtout les paysages sauvages et désolés, saisis dans la lumière crépusculaire ou automnale, au moment de leur déclin; il y retrouve avec un secret plaisir l’écho de sa tristesse et l’image de sa précarité:

“D’où vient à l’homme la plus durable des jouissances de son coeur, cette volupté de la mélancolie, ce charme plein de secrets, qui le fait vivre de ses douleurs et s’aimer encore dans le sentiment de sa ruine?"
LES AMANTS DANS LA LITTERATURE
Les lettres suivantes sont rédigées par les écrivains célèbres de la littérature française à leurs amantes.

Gustave Flaubert à Louise Colet
"Quel lourd aviron qu'une plume et combien l'idée, quand il faut creuser avec, est un dur courant!"

Gérard de Nerval à Jenny Colon
"Je ne puis me remettre encore de l'étrange soirée que nous avons passée hier: que de bonheur et d'amertume ensemble dans ce souvenir! Je voudrais pouvoir m'écrier comme Saint-Preux: Mon Dieu! Vous m'avez donné une âme pour la souffrance, donnez-m'en une pour la joie!"

Guillaume Apollinaire à Louise de Coligny-Châtillon
"L'amour est libre, il n'est jamais soumis au sort
O Lou, le mien est plus fort encore que la mort
Un coeur, le mien te suit dans ton voyage au Nord"

Alfred de Musset à George Sand
"Le bonheur, le bonheur, et la mort après, la mort avec! Oui tu me pardonnes, tu m'aimes! tu vis, ô mon âme, tu seras heureuse! Oui, par Dieu, heureuse par moi. Et oui, j'ai 23 ans, et pourquoi les ai-je, pourquoi suis-je dans la force de l'âge, sinon pour te verser ma vie pour que tu la boives sur mes lèvres!"

Victor Hugo à Juliette Drouet
"Tes yeux m'ont donné bien des sourires, ta bouche bien des baisers, et pourtant ton doux visage est plus jeune que jamais. -Tu as tout donné et tu as tout gardé. J'ai eu tout et tu as tout. Il n'y a que les astres du ciel qui puissent ainsi donner sans cesse leurs rayons sans diminuer jamais leur lumière".

3 Kasım 2010 Çarşamba

BENJAMIN CONSTANT
L'amour et la politique dominent l'existence de Benjamin Constant. En amour, retenons sa longue liaison avec sa compatriote Mme de Staël, entrecoupée de brouilles et de réconciliations; et en politique, ses curieux rapports avec Napoléon que tantôt il attaque et tantôt il soutient. Avec toutes ses volte-face, la vie de Benjamin  Constant parait assez brouillonne. Pourtant l'examen de sa pensée politique et de son oeuvre littéraire permet de déceler une préoccupation permanente chez l'écrivain: l'individu.

Benjamin Constant a offert ses talents de juriste et de penseur à des régimes divers, mais à chaque fois, il défendait la même chose: les droits de l'individu. Le libéralisme, qui est sa philosophie politique, veut protéger l'individu contre l'Etat en sauvegardant l'exercice de ses libertés: liberté économique - cette liberté de créer une entreprise et de s'enrichir à tient tant la bourgeoisie - mais aussi la liberté de conscience, liberté d'opininon, liberté de la presse. Ces idées rapprochent Benjamin Constant d'un groupe de penseurs de l'époque, les idéologues qui maintiennent l'héritage du 18ème siècle, c'est-à-dire la croyance à la marche de l'humanité vers le bonheur grâce au progrès de la raison. Mais sur un point au moins Benjamin Constant se démarque de ce courant de pensée: celui de la religion. Tandis que les idéologues, au nom de l'esprit scientifique, sont antireligieux, Benjamin Constant reste très attaché à la dimension morale et spirituelle de l'homme.

L'importance pour Benjamin Constant de la vie intérieure et son irréductible individualisme nous conduisent à la deuxième partie de son oeuvre: un "Journal" intime, une autobiographie inachevée, "Le Cahier rouge", et deux romans autobiographiques, "Cécile" et "Adolphe", son plus célèbre ouvrage.

Adolphe est comme le négatif d'un roman de Mme de Staël; le motif de l'homme faible qui ne sait pas répondre à la passion absolue de la femme s'y retrouve, mais vu cette fois du point de vue masculin: un jeune homme aux principes incertains et qui s'ennuie, fait la conquête d'une femme plus âgée que lui et mère de deux enfants; aussi incapable de lui rendre l'amour absolu qu'elle lui voue que de se décider à rompre, il va conduire la malheureuse au désespoir et à la mort. Le lecteur du récit, écrit à la première personne, est amené à adopter le point de vue du héros, c'est-à-dire le point de vue d'un lâche.

La langue, d'une impeccable pureté, se refuse à tout effet: ses seuls buts sont la concision et la netteté de l'analyse. Ce court récit d'un homme qui n'était pas essentiellement un romancier atteint les sommets de la création romanesque; il rejoint ces petits livres rares (La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette, Le Bal du Comte d'Orgel de Radiguet...) qui de siècle en siècle ont fini par constituer une tradition dans la littérature française: celle du roman d'analyse. L'introspection est la matière même du livre et la nature n'y intervient pour ainsi dire pas. Admirable exception, la promenade hivernale de la fin où le paysage désolé vient offrir aux sentiments des personnages un contrepoint d'une sobriété exemplaire:

"Le ciel était serein; mais les arbres étaient sans feuilles; aucun souffle n'agitait l'air; aucun oiseau ne le traversait; tout était immobile, et le seul bruit qui se fit entendre était celui de l'herbe glacée qui se brisait sous nos pas. "Comme tout est calme! me dit Elléonore; comme la nature se résigne! Le coeur aussi ne doit-il pas apprendre à se résigner?"
UN PEU DE CULTURE GENERALE

OuLiPo
L'OuLiPo est un groupe d'écrivains qui fut fondé en France, en 1960. Son nom est l'acronyme d'Ouvroir de Littérature Potentielle. Fondé d'abord pour venir en aide à Queneau dans la rédaction de ses Cent mille milliards de poèmes, l'OuLiPo se mit bientôt à utiliser des contraintes littéraires du passé et en inventer de nouvelles. En travaillant sur le matériel du texte, sur des «patrons» d'écriture, il est possible de rendre lisible une infinité de textes, potentiellement inscrits dans les contraintes littéraires utilisées.
Quelques membres de l’OuLiPo sont : Italo Calvino, Georges Perec, Raymond Queneau, Jacques Roubaud

LE PRIX GONCOURT
Créé par le testament d'Edmond de Goncourt, le prix Goncourt est le prix littéraire le plus convoité car il est synonymes de ventes importantes. Il est attribué à un auteur d'expression française pour un roman publié dans l'année. La proclamation du lauréat est faite au début du mois de novembre, à l'issue d'un déjeuner qui réunit chez Drouant les dix membres de l'Académie Goncourt.
Quelques grands noms ont obtenu des suffrages, mais ont finalement échappé au prix Goncourt: Colette et Apollinaire en 1910; Alain Fournier en 1913; Bernanos et son roman "Sous le soleil de Satan", devancé par l'obscur Henri Deberly avec "Le Supplice de Phèdre" en 1926; Céline avec son Voyage au bout de la nuit", auquel fut préféré l'inoubliable Guy Mazeline et ses "Loups".
Edmonde Charles-Roux, Anna Langfus, Paul Constant, Dominique Bona, Marguerite Duras, Elsa Triolet, Antonine Maillet, Marie Ndiaye, Pascale Roze, Danièle Sallenave sont quelques écrivains ayant reçu le prix Goncourt.


LE PRIX FEMINA
Le Prix Femina a été créé en 1904 par vingt-deux collaboratrices du magazine La Vie heureuse soutenu aussi par le magazine Femina, sous la direction de la poétesse Anna de Noailles. Il voulait constituer une alternative au prix Goncourt qui consacrait de facto des hommes. Attribué chaque année par un jury exclusivement féminin, le Femina n'est nullement réservé à une auteure: depuis sa création, sur une centaine d'écrivains récompensés, 48 seulement sont des femmes.

LE PRIX RENAUDOT
Il a été crée en 1926 par dix journalistes et critiques littéraires, attendant les résultats de la délibération du jury du prix Goncourt. Sans être organiquement lié à l'Académie Goncourt, le jury du Renaudot joue le rôle de son complément naturel, accentué par l'annonce du résultat, simultanément et dans le même cadre.
Germaine Beaumont, Béatrix Beck, Raphaëlle Billetdoux, Suzanne Prou, Nina Bouraoui, Célia Bertin, Martine Lecoz, Annie Ernaux, Irène Nemirovsky, Simone de Beauvoir, Simone Jacquemard sont des écrivains ayant reçu le prix Renaudot.
LES MEILLEURES VENTES EN PHILOSOPHIES
1) Le Philosophe nu /Alexandre Jollien / Seuil
2) Le Crépuscule d'une idôle.L'affabulation freudienne / Grasset
3) L'existentialisme est un humanisme / J.-Paul Sartre / Gallimard
4) Eloge de l'amour /Alain Badiou,Nicolas Truong / Flammarion
5) Le Conflit, la femme et la mère / Elisabeth Badinter /Flammarion
6) Eloge du carburateur / Matthew B.Crawford / La Découverte
7) L'Appel de l'ombre. Puissance de l'irrationnel / Thérèse Delpech
8) Accélération.Une critique sociale du temps / Hartmut Rosa / La Découverte
9) Tristes Tropiques / Claude Lévi-Strauss / Pocket
10) Cinq Leçons sur la psychanalyse / Sigmund Freud / Payot
11) Le Monstre doux. L'Occident vire-t-il à droite?  /Raffaele Simone / Gallimard
12) Festivus festivus / Philippe Muray, Elisabeth Lévy / Flammarion
13) Une vie pour se mettre au monde / Marie de Hennezel, Bertrand Vergely / Carnets Nord
14) Mais pourquoi tant de haine? Elisabeth Rudinesco / Seul
15) La Fin du courage / Cynthia Fleury / Fayard
16) Vie et opinions philosophiques d'un chat / Hippolyte Taine / Rivages
17) Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza / Frédéric Lordon / La Fabrique
18) L'Univers, les dieux et les hommes / Jean-Pierre Vernant / Seuil
19) Essais / Philippe Murray / Belles Lettres
20) L'Explication / Alain Badiou, Alain Finkielkraut / Lignes
Source►La philosophie magazine No 44, Novembre 2010

2 Kasım 2010 Salı

LE NATURALISME & LE REALISME
Le naturalisme est une école littéraire qui, dans les dernières décennies du XIXe siècle, cherche à introduire dans l'art la méthode des sciences expérimentales.

Le naturalisme est un mouvement qui s'inspire des théories ou des méthodes des sciences expérimentales.
Le naturalisme est un mouvement littéraire de la fin du Second Empire (1870), né de l’influence des sciences, de la médecine expérimentale et des débuts de la psychiatrie.

Il s’agit d’une théorie suivant laquelle la littérature doit peindre les humains et la société en s’inspirant des méthodes utilisées dans les sciences naturelles: observation sur le terrain, exactitude, refus de l’interprétation hâtive (trop vite) non fondée. Le romancier vérifie expérimentalement dans ses romans le rôle des déterminismes sociaux et biologiques sur l’individu et le groupe. (déterminisme: système philosophique d’après lequel nos actes sont régis par des lois rigoureuses, sévères.)

Par exemple, la série des " Rougon-Macquart " illustre le démarche naturaliste qui vise à expliquer les comportements sociaux par l’hérédité.

La littérature se doit donc de dépeindre (décrire, représenter) la nature et ses réalités sans recherche de valorisation esthétique. Le naturalisme renforce ainsi certains caractères du réalisme.


Réalisme et Naturalisme décrivent tous les deux le réel à différents degrés. Alors que le réalisme s'intéresse surtout à la bourgeoisie, le naturalisme est guidé par la science et s’intéresse aux classes assez pauvres.

Le Réalisme et le Naturalisme sont deux mouvements littéraires importants dans la littérature française. Ils reflètent tous deux les préoccupations sociales et politiques de l'époque. Mais quelles sont les différences entre ces deux mouvements?

LE REALISME►
Le mouvement réaliste se développe à partir de 1848, bien avant le mouvement naturaliste. Ce mouvement puise ses thèmes directement dans le monde contemporain, social et historique, et s'intéresse désormais à des groupes sociaux, à des situations qui n'étaient pas jusqu'ici considérées comme artistiques. En effet, il s’intéresse à ce que nos sens perçoivent et décrète (décider, déclarer avec autorité) que tout événement, objet, être, chose ou action sont dignes d'être des sujets littéraires et qu'ils doivent être rendus de manière véridique. C'est ainsi que se montrent les ouvriers, les artisans ou encore les prostituées dans le roman.

Les thèmes abordés concernent principalement l'influence du milieu sur les individus, la vie urbaine ou provinciale et les misères ainsi que les ascensions sociales.

Les principes de ce mouvement reposent sur la reproduction la plus parfaite possible de la réalité et, cela implique souvent la documentation sur le terrain et le souci du détail. De plus, le romancier applique les méthodes des sciences expérimentales et la philosophie positiviste. C'est en cela que le Réalisme ouvre la voie au Naturalisme qui prolonge encore plus les méthodes scientifiques.

LE NATURALISME►
Le mouvement naturaliste est né de l'influence de la médecine et des sciences expérimentales, concernant entre autres la psychologie.

Le Naturalisme peut être comparé au Réalisme, mais le Naturalisme renforce ou développe certains caractères du Réalisme. L'écrivain naturaliste vérifie expérimentalement dans ses romans le rôle des déterminismes sociaux et biologiques sur l'individu ou le groupe. Le réalisme documentaire laisse donc sa place à l'expérimentation. Ainsi, le romancier invente une situation, il place le personnage chargé d'une lourde hérédité dans un milieu défini (ouvrier, mondain, etc.). Il se propose ensuite d'observer la situation et d'expliquer le comportement de son personnage avec une objectivité scientifique. Chaque roman "naturaliste" est donc une expérimentation nouvelle.

Le Naturalisme étudie l'hérédité et le milieu, le monde du travail, les paysages urbains et les défauts physiques et psychiques. De plus, on note une place importante du monde ouvrier dans le naturalisme, avec le thème du machinisme et la révolution industrielle.

Les différences entre le Réalisme et le Naturalisme résident donc dans le choix de leurs thèmes et des principes qui les composent.

Emile Zola, chef de file des naturalistes, définissait le naturalisme comme "la formule de la science moderne appliquée à la littérature".
GUY DE MAUPASSANT (1850-1893)

Dans le double carrière de conteur et de romancier Maupassant a connu un grand succès.

Le succès de “Boule de Suif” en 1880 l’encourage à écrire des contes tels que “La Maison de Tellier”, “Mademoiselle Fifi”, “Les Contes de Bécasse”. Ces contes sont construits sous l’influence de Zola er surtout de Flaubert. Son originalité est marquée dans “La Petite Roque” écrite en 1885, “Le Horla” écrite en 1887 et “Contes du jour et de la nuit” qui est écrit en 1885.

Grâce à sa gloire de conteur il a acquis une fortune, ce qui lui a permis de voyager dans la Méditerranée à partir de 1883. Il a commencé ensuite à composer des romans “Pierre et Jean”, “Une Vie”, “Bel Ami”. Dans ses romans, l’auteur s’éloigne de plus en plus du monde extérieur pour étudier dans le cadre de la haute société les nuances complexes de l’âme. Cependant la santé de l’auteur s’est progressivement altérée. À côté des névralgies il souffre des désordres de la vue et des troubles circulatioires. Vers la fin de 1891, il est atteint de la folie.
La vision du monde chez Maupassant est assez pessimste. D’abord il nie la possibilité de l’espérance chez l’homme, il nie la Providence car pour lui Dieu est ignorant de ce qu’il fait, il nie la croyance, le génie humain car l’homme n’est rien de plus qu’une bête à peine supérieur aux autres.

Il dit: “Nous ne savons rien, nous ne devinons rien, nous n’imaginons rien, la philosophie n’arrive pas à résoudre les problèmes”. Pour lui, chaque être est isolé et impénétrable pour son semblable. Aussi, les liens qui se nouent entre les humains, amour et amitié n’offrent-ils que des consolations illusoires; la vie sociale est la mise en scène d’une grande bêtise.

L’esthétique de Maupassant s’approche de la doctrine naturaliste. Pour lui, “le réaliste s’il est un artiste, cherchera non pas à nous donner la photographie de la vie mais à nous donner la vision plus complète, plus saisissante que la réalité même. Cette méthode doit se fondre sur une documentation”. Les contes de Maupassant plus encore que ses romans, illustrent ses conceptions esthétiques, surtout dans la préface de “Pierre et Jean”.
CORRESPONDANCE ENTRE
VICTOR HUGO & JULIETTE DROUET

Victor Hugo a entretenu, à partir de 1833, une longue liaison avec une actrice, comme le révèle la correspondance riche de 17.855 lettres que lui a écrit quotidiennement Juliette; de 1833 à 1882, durée de leur liaison, soit 49 ans, multipliée par 365 (une lettre par jour), soit 17 885 lettres.

En janvier 1832, Juliette Drouet, jeune actrice de 26 ans, accepte le rôle de la princesse Negroni dans Lucrèce Borgia, drame en prose de Victor Hugo. La pièce connait le succès, Juliette échappe à la prison. Après deux semaines de représentations, commence entre elle et Victor Hugo une intense liaison amoureuse qui durera toute leur vie. Juliette écrit beaucoup, environ 18.000 lettres, au cours de ces 50 années. Et Victor Hugo lui répond parfois. Surtout, il ne manque jamais le rendez-vous épistolaire de leur “anniversaire” du 16 février, et Juliette garde ses lettres dans son “livre d’anniversaire”.
Voici, une des lettres rédigée par Juliette à V. Hugo  
“Paris, 16 février 1882, jeudi matin 7 h. ½
Cher bien aimé, ce jour et cette date sont restés à jamais bénis dans ma vie depuis quarante-neuf ans accomplis et continueront de l’être jsuqu’à mon dernier souffle, et au-delà, tant que mon âme survivra à mon corps. J’ai tenu à te le dire plus particulièrement aujourd’hui, non pour t’apprendre ce que tu sais déjà depuis le premier jour où je me suis donnée à toi, mais pour ma propre satisfaction et pour reprendre à nouveau le bonheur de t’écrire tous les jours… Aujourd’hui, en l’honneur de notre cher et doux anniversaire, je redonne l’essor à mes pattes de mouches un peu ankylosées, mais qu’importe si elles te portent fidèlement les messages de mon coeur à ton coeur: c’est tout ce que je désire”.

1 Kasım 2010 Pazartesi

MME DE STAËL
Mme de Staël est la fille du banquier genevois Jacques Necker, ministre des Finances de Louis XVI. Germaine épouse en 1786 le baron Erik Magnus de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède auprès de la cour de France à Versailles. Devenue baronne de Staël, elle mène une vie intellectuelle intense et une vie sentimentale agitée entretenant notamment une relation orageuse avec Benjamin Constant, rencontré en 1794.

DELPHINE►
C’est un roman épistolaire publié rn 1802, dont l’action se situe pendant la Révolution. Il met en scène une jeune veuve qui se compromet pour sauver une amie, perdant ainsi l’amour de Léonce qui en épouse une autre. Ce roman a été reçu comme une oeuvre d’avant-garde, marquant un rapprochement entre l’art et la vie, exprimant une réflexion sur les mystères du coeur humain qui le place dans les oeuvres clés du préromantisme.


CORINNE OU L'ITALIE►
Cette oeuvre narre les amours contrariées d’un aristocrate anglais et d’une poétesse, qui se sacrifie pour le bonheur de sa demi-soeur. Comprenant de nombreuses descriptions et discours, le roman contribua à faire connaitre et aimer l’Italie. Sa thématique sacrificielle et conflictuelle, entre amour et devoir, passion et conventions sociales, trouva la faveur des lecteurs “romantiques” du début du siècle.

Mme de Staël a contribué à populariser en France les oeuvres des auteurs de langue germanique, jusqu’alors relativement méconnues dans ce pays. Elle a notamment fait l’éloge de Wieland et de Klopstock comme poètes, de Lessing, de Goethe et de Schiller comme esprit nouveaux, ainsi que des philosophes Kant et Fichte. L’ouvrage qui s’achève sur un hymne à l’enthousiasme fut condamné par la censure impériale et saisi. Il ne parut qu’en 1813 en Angleterre.

“À 40 lieues de Paris”►
C’est l’expression de son banissement, en 1830, par Napoléon Bonaparte – alors premeir consul – qui considérait Mme de Staël comme une dangereuse intriguante. 15 octobre 1803, elle est à table, à Maffliers, à une trentaine de kilomètres de Paris, avec trois de ses amis, quand survient un officier de gendarmerie. Il lui montre une lettre signée de Bonaparte, qui porte l’ordre d’éloigner Mme de Staël à quarante lieues de Paris dans les vingt-quatre heures, en la traitant cependant avec tous les égards dus à une femme d’un nom connu. Aux compliments que lui fait l’officier sur ses écrits, Mme de Staël répond: “voyez, monsieur, où cela mène, d’être une femme d’esprit”. Elle entreprendra alors, en compagnie de Benjamin Constant, un long voyage en Allemagne avant de retourner s’installer en Suisse. Elle ne reviendra à Paris qu’en 1814, où son salon sera aussitôt très fréquenté.
LES THÈSES DE Mme DE STAËL
La lecture de Mme de Staël commence par l’admiration qui fonde une similarité entre soi et ce qu’on admire. “Après le génie, dit-elle, ce qu’il y a de plus sembable à lui est la puissance de le connaitre et de l’admirer”. “Admirer […] ce n’est donc pas s’identifier […], c’est recommencer en soi-même” le geste créateur.

Elle est peut-être le premier écrivain, dit encore George Poulet, qui ait développé avec une telle insistance la force du souvenir dans la littérature et la critique littéraire; le lecteur n’est plus extérieur à l’oeuvre; il y participe sans se confondre avec elle.

Chez Mme de Staël émotion et réflexion sont indissolublement liées.

Ainsi, Mme de Staël, n’est-elle pas du tout disposée à recevoir du dehors, des règles objectives du jugement et démontre-t-elle que la critique a besoin pour mettre en évidence les oeuvres véritablement riches, de la même liberté que le philosophe, le romancier, l’historien.

►Ces principes étaient neufs et dérangeants.

►La littérature est un moyen parmi d’autres d’assurer le maintien d’un ordre.

►Même au coeur de 18ème siècle d’ailleurs la théorie des genres littéraires cloisonnés, hierarchisés, n’avait jamais été entièrement rejetée.

►L’objectif de Mme de Staël est de contribuer à rompre le cercle dans lequel la critique en France est enfermée.

►Enfin, dans la version définitive: “Le bon goût en littérature est […] comme l’ordre sous le despotisme, il importe d’examiner à quel prix on l’achète. Il faut en littérature tout le goût conciliable avec le génie […] L’important, c’est l’intérêt, le mouvement, l’émotion, dont le goût à lui tout seul est souvent l’ennemi”.

La poésie est le langage naturel de tous les cultes. La Bible est plein de poésie, Homère est plein de religion […]; l’enthousiasme est l’encens de la terre vers le ciel, il les réunit l’un à l’autre.

L’évolution de Mme de Staël la conduit à une conception mystique de la poésie et du rôle du poète qui se manifeste clairement dans “De L’Allemagne” et fait écho aux théories sur les correspondances qui vont traverser le siècle jusqu’à Baudelaire.

►La poésie lyrique est pour elle la plus haute et la plus exaltante qui “s’exprime au nom de l’auteur même”. Elle pense d’abord à la mort, idée fondamantale, d’où va renaitre la vie par l’intermédiaire du poète.

►Pour Mme de Staël, le génie n’est pas la folie. Il est au contraire équilibre, réunion des qualités du coeur, du caractère et de l’esprit; il réside dans “La Réunion et L’Harmonie des contrastes”. Le génie trouve sa discipline en lui-même, elle ne lui est pas imposée par les autres.

►Mme de Staël considère la poésie comme un don de Dieu, une manifestation de la Divinité.

►Mme de Staël n’imagine pas l’écrivain solitaire, indifférent.

►Pour Mme de Staël, s’inspirer des anciens c’est se référer à un temps où l’événement tenait plus de place que “la réflexion inquiète” des modernes.

►Au bout du compte, la question n’est pas entre la poésie classique et la poésie romantique, mais entre l’imitation de l’une et l’inspiration de l’autre.

►Mme de Staël étudie ensuite les principaux poètes allemands en fonction des théories qu’elle vient d’exposer. Ses préférences vont à Schiller et à Goethe plutôt qu’à Wieland ou à Klopstock.

►Mme de Staël aborde les rapports des littératures entre elles et définit en les opposants celle du midi et celle du nord.

►Mme de Staël est convaincue que l’inspiration poètique peut se renouveler dans la solitude.

►Dans la seconde partie de l’ouvrage intitulée “De l’état actuel des lumières en France et de leurs progrès futurs”. Mme de Staël tente de prévoir l’avenir de la littérature sous un gouvernement républicain. Les talents littéraires seront alors mis aux talents politiques.

►Des pas immenses ont été faits dans le cours de ces dix siècles(pendant lesquels l’on croit assez généralement que l’esprit humain a rétrogardé) et pour la propagation des lumières et pour le développement des facultés intellectuelles.

►Une idée essentielle qu’elle ne cessera de reprendre est celle de la relativité du goût.

►L’ouvrage parait à une époque difficile à tous les points de vue.

►Elle proclame que la philosophie, l’histoire, la fiction même avanceront parmi les peuples où seront établis la liberté, l’égalité politique et les moeurs qui s’accorderont avec les institutions.

►Mme de Staël qui espérait pourtant plaire au Premier Consul par son ouvrage, est très consciente des difficultés que son livre va rencontrer et même elle en a peur.

31 Ekim 2010 Pazar

LE ROMANTISME
Le 19ème siècle est le creuset où se rencontrent le monde ancien qui ne veut pas mourir et le monde moderne qui émerge lentement et qui crée de nouvelles tensions. En publique il y a eu une commune, deux empires, deux royautés et deux républiques; dans le domaine social, la bourgeoisie accède finalement aux affaires et obtient ce qu’elle a revendiqué avec la révolution de 1789: prendre le développement de l’urbanisme et de l’industrialisation. Cette division sociale, qui a plusieurs fois éclaté au cours du 19ème siècle en révoltes sanglantes, se reflète dans le domaine de la pensée, dans le monde des arts et de la littérature.

À partir de 1820, le romantisme, après le réalisme, le symbolisme, le parnasse et le naturalisme sont des courants littéraires qui ont dominé au 19ème siècle.

Le romantisme s’ouvre par une période de préparation, "le préromantisme". Les initiateurs en sont, Mme de Staël qui est au centre d’un foyer intellectuel actif et qui fait découvrir le romantisme allemand à la France, et Chateaubriand.

En 1820, la publication des “Méditations Poètiques” de Lamartine marque l’avènement de la nouvelle école à une époque où déjà le romantisme prend fin en Angleterre et en Allemagne.

À l’origine, les romantiques français sont très divisés. Les uns comme Vigny et Hugo, sont conservateurs en politique et en religion. Les autres écrivains et artistes libéraux (Stendhal, Mérimée) se méfient du lyrisme sentimental et mystique. Ils aiment les personnalités fortes, les sentiments violents. L’invraisemblance psychologique les choque. Ils préfèrent la prose à la poèsie. En décembre 1827, Victor Hugo publie la “Préface de Cromwell” qui traduit les aspirations de tous ceux qui veulent se libérer du classicisme. Son évolution vers le libéralisme lui permet de rallier toute la jeunesse romantique. Il devient le chef de file d’un groupe qui comprend Alfred de Vigny, Honoré de Balzac, Saint-Beuve, Prosper Mérimée, Gérard de Nerval et Alfred de Musset.

La représentation du drame romantique d’Hugo, à Hernani, oppose partisans et adversaires de la nouvelle école et assure le triomphe du romantisme.


LES CARACTÈRES ESSENTIELS DU ROMANTISME►
Il renonce à l’imitation des Anciens chère aux classiques.
►Il abandonne la mythologie et revient au merveilleux chrétien et à la Bible; il exalte le Moyen-Age et l’histoire nationale.
Comme les Anciens, il substitue l’imitation des littératures étrangères surtout celles du Nord (Angleterre / Allemagne)
►La raison n’est plus à la mode, c’est l’imagination et le sensibilité qui deviennent les qualités dominantes.
►L’imagination, condamnée depuis Montaigne comme “maitresse d’erreur et de fausseté”, retrouve sa place.
►La nature ignorée par les classiques, devient un des thèmes constant du romantisme, l’écrivain en associe l’évocation à ses sentiments.
►La littérature devient individuelle et personnelle. Les romantiques utilisent un langage plus simple, compréhensible et des termes concrets.

LES ÉLÉMENTS PRINCIPAUX
DE LA LITÉRATURE ROMANTIQUE

1. LE DRAME:
Il est influencé par diverses sujets mais ce qui est important c’est l’image du héros. Le drame intrigue les contrastes à l’âme de ses personnages, le héros est tantôt social, tantôt personnel. Il manifeste des difficultés historiques, des angoisses de l’auteur. Le héros est parfois maudit, associal; il suit son chemin seul et fatal. Les écrivains qui écrivent le drame sont Dumas, Hugo, Musset, Vigny.


2. LA COMEDIE:
Le grand nom c’est Musset. Les pièces contiennent deux groupes de personnages. Les protagonistes et les fantouches. Ils sont pris entre l’appel au bonheur et la vocation de la solitude. Il y a un jeu cruel et à la fin du jeu, le héros devient blessé ou mort.

3. LE ROMAN:
Les romans de Stendhal sont des autobiographies imaginaires. Julien Sorel est un Stendhal exalté car il est plus pauvre, plus beau. Leuwen est doué de tout ce que son créateur avait souhaité. Fabrice est le fils de lui surtout dans sa manière d’aimer. Il construit un monde imagnaire où n’entrent que des amis de son coeur. Les paysages, les événements et les personnages sont décrits et vus à mesure qu’ils apparaissent aux personnages. Cela a engendré la révolution téchnique qui annonce le roman contemporain, le récit est soumis au point de vue à la perspective d’un personnage et on a un narrateur omniscient, omniprésent. Il y a des monologues intérieurs qui sont très importants. Il y a des interventions de l’auteur, pour critiquer son héros il prend une distance par rapport à eux et il devient alors personnage. Le roman est au service de l’égotisme, l’imagination romanesque de soi.

Comment se caractérise le courant romantique?►
Au lieu de chercher une vérité abstraite et universelle, les poètes décident d’écrire une expérience concrète et individuelle. Ils veulent de la liberté dans l’art. Il faut utiliser les mots sans avoir peur d’appeler les choses avec leur nom. Ils pensent qu’il faut vérifier les rythmes, recouvrir à des images neuves, à des symboles hardis. Il faut laisser la monotonie comme le style alexandrin dans les poésies.

Le caractéristique du héros romantique►
C’est un type de héros sombre et fatal, révolté contre les hommes et parfois contre Dieu, il est abandonné à des forces obscures qui l’entretiennent dans l’abime.

La nature au 19ème siècle romantique►
La vision de la nature dans les oeuvres littéraires évolue au cours du siècle, on distingue la nature des poètes romantiques et des romanciers romantiques.
►La nature est un refuge contre la civilisation; une telle conception de la nature, privilégie les paysages sauvages où aucune trace de l’activité humaine ne se présente.
►La nature est la manifestation de la grandeur divine; alors le paysage prend l’aspect cosmique.
►La nature est le mirroir de la sensibilité; le poète projette son état d’âme sur la nature.
LES PRINCIPAUX CERCLES DU ROMANTISME

1. LA MUSE FRANÇAISE (1823-1824)►

Les rédacteurs de “La muse française” insistent sur la nécessité du renouvellement de l’art. Ils publient les articles critiques sur Byron et Walter Scott, les poèmes de Hugo et de Vigny et ils défendent des idées monarchistes chrétiennes.

2. LE SALON DE L’ARSENAL (1824-1830)►

En 1824 Charles Nodier est nommé bibliothécaire de l’Arsénal. Les familles de ce salon sont, Hugo, Deschamps, Vigny, Lamartine, Gautier. Beaucoup de perspectives et de points de vues se dessinent dans ces réunions.

3. LE JOURNAL “GLOBE” (1824) [fondé par Paul Dubois]

Stendhal, Sainte-Beuve, Mérimée ont contribué à ce journal. Ils sont novateurs et libéraux en politique et ils veulent l’indépendance en matière de goût.

4. CENADE (1827-1828) [réunion avec buffet]

En 1827 Hugo publie sa fameuse "préface de Cromwell" où il redéfinit l’art dramatique. Hugo est libéral à cette époque, avec Sainte-Beuve ils fondent un cénade dont les réunions se tiennent dans un salon rue Notre-Dame des-Champs. Autour de lui se réunissent presque tous les écrivains brillants: Vigny, Musset, Gautier, Mérimée, Dumas, Balzac. Le cénade est dissous en 1830 après un grand triomphe.
D’autres cercles se constituent puis disparaissent.

INSPIRATION ROMANTIQUE►
Au lieu de rechercher une vérité universelle et abstraite, les romantiques veulent décrire une expérience particulière et concrète. Ils reprochent aux classiques d’avoir posé la souveraineté de la raison qui impose les mêmes exigences à tous les hommes. Les classiques ont sacrifié les caprices de la rêverie au dépens de la raison ou aux élans du coeur qui livrent le secret des âmes individuelles.

Poètes et romanciers évoquent leurs amours, leurs deuils, leurs aspirations; leurs délires révèlent au public les profondeurs de leur sensibilité, ils s’évadent en imagination vers des siècles disparues, vers des contrées lointaines dont ils tentent de faire revivre la poésie ou la profondeur.

Du point de vue athétique, les romantiques opposent aux règles d’art, ils veulent la liberté dans l’art. Pour eux, il est impossible de traduire dans une langue conventionnelle la fraicheur des émotions vécues, la richesse des visions rêvées. Il faut donc utiliser tous les mots évocateurs sans craindre d’appeler les choses par leur nom.

L’alexandrin qui est la forme classique de la poésie n’est plus respectée, car pour transcrire des états mouvants, des impressions fuyantes, il faut dépasser le rythme monotone, autrement dit, il faut vérifier les rythmes, recourir à des images neuves, à des symboles hardis qui permettent de suggérer dans sa diversité la vie de l’âme.

Du point de vue de la morale, les écrivains romantiques tendent à affranchir l’individu des contraintes imposées par l’ordre religieux sociale. Ils célèbrent le droit à la passion, le droit au bonheur. Ils créent un type de héros sombre et fatal, révolté contre les hommes et parfois contre Dieu. Le héros romantique est abandonné à des forces obscures qui l’entrainent dans l’abime.

Le romantisme est avant tout un art individualiste, par conséquant le mouvement revêt une diversité de visages.

►MELANCOLIE
Chez Lamartine, Vigny ou Musset, la mélancolie est associée à la désillusion causée par les échecs politiques ou bien la mélancolie est une vague à l’âme, une inspiration incertaine au bonheur, chez le jeune Flaubert ou chez Baudelaire la mélancolie prend la forme d’une atroce angoisse.

La mélancolie romantique exprime le malaise d’un monde bouleversé par les révolutions, les guerres, les troubles économiques ou sociaux et qui cherche un nouvel équilibre.

►LA FRENESIE
À Côté du repliement sur soi qui caractérise la mélancolie, il existe aussi une exaltation qui est plutôt une frénésie; vers 1820 une école frénétique se manifeste, qui est inspirée de l’Angleterre (Lewis-Byron). L’imagination des écrivains frénétiques créent des personnages maudits, hantés par une rage satanique: ce sont des criminels, des ogres (monstre), des sorcières qui sont les héros de ces romans.

Dans sa jeunesse, Hugo a rédigé des romans dans ce genre (roman noir pour les anglais). Plus tard cette frénésie qui est liée au désespoir après tant d’horreur vécu, apparait comme une râge de destruction. Elle trouvera son expression la plus intense après l’époque romantique nottament chez Lautréamont.

►LE FANTASTIQUE
Souvent proche de l’inspiration frénétique, apparait l’inspiration fantastique. Elle est répendue vers 1830 sous l’influence de Hoffmann. Conventionnel des récits mythologiques ou des fééries, il se définit au contraire par une pénétration brûtale du mystère dans le cadre familier de la vie réelle. Il est lié aux états morbides de la conscience qui, dans les phénomènes de cauchemar ou d’hallucination, projette devant elle des images d’angoisse ou de terreur. Pour décrire les aventures fantastiques, les auteurs ont préféré “le conte” comme genre littéraire: Nodier, Balzac, Nerval, Mérimée.

LE HEROS ROMANTIQUE
La littérature du 19ème siècle propose certaines types de héros, qui renouvellent le personnage humain auquel les siècles classiques avaient habitué le public. En rapport direct avec les malheurs de la subjectivité, les hasards de l’Histoire, l’ascention de la bourgeoisie, les oeuvres mettent en scène des hommes nouveaux avec de nouveaux moyens.

Le théâtre, le roman parfois même la poésie chez Hugo ou Lautréamont sont dédiés aux individualistes puissantes ou vaincus, triomphantes ou révoltées.

►LE DRAME
Le théâtre romantique unit des influences diverses, mais ce qui l’impose avant tout, c’est l’image du héros. Dès 1809 Costant invoque l’exemple allemand surtout Schiller: “Les allemands peignent une vie entière et un caractère entier ....... humain". Les événements de 1830 ont agité les esprits. Après la Révolution, Lamartine se lance dans l’action politique, Hugo veut être “Echo sonore” de son siècle. George Sand formule des revendications sociales, Vigny songe au salut de l’humanité futur. Tous ces écrivains rêvent d’un avenir lumineux où règneront la justice et la fraternité. Le romantisme devient ainsi une philosophie sociale avec volonté de libérer l’Homme.

►LE MYSTICISME
Les écrivains romantiques ont presque tous inspirés à un bonheur idéal. Certains décrivent l’état d’extase devant les beautés de la Création. Certains se passionnent pour les doctrines des illuministes et veulent le chemin qui mène au Ciel.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)