Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

4 Ekim 2010 Pazartesi

LES MISERABLES

PREMIERE PARTIE - FANTINE►


L'EVEQUE ET LE FORÇAT (livre premier et second)
1815. Alors que tous les aubergistes de la ville l'ont chassé, le bagnard Jean Valjean est hébergé par Mgr Myriel ( que les pauvres ont baptisé, d'après l'un de ses prénoms, Mgr Bienvenu). L'évêque de la ville de Digne, l'accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit. Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d'un pain et vient de passer vingt ans au bagne. Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit, après avoir dérobé les six couverts d'argent, les seules richesses de l'évêque. Le lendemain, les gendarmes le ramènent chez Mgr Bienvenu qui, à sa grande surprise, l'innocente. L'évêque lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait "oublié" d'emporter. Il souhaite ainsi aider l'ancien bagnard à redevenir un honnête homme. Pourtant sur la route, Jean Valjean commet un nouveau délit. Il vole un petit ramoneur. Mais, alors qu'il s'apprête à ranger son larcin dans sa besace, il revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu, et se rappelle les paroles de l'évêque. Il n'aura plus alors qu'un seul but: honorer la bonté de l'ecclésiastique et servir le bien.


LA DECHEANCE DE FANTINE (Paris, Août 1817)


Quatre étudiants, dont un certain Tholomyès, font un bon repas dans un cabaret avec quatre jeunes filles insouciantes, dont l'une, Fantine étonne par sa beauté et sa candeur. Elle vit avec Tholomyès sa première histoire d'amour. Les quatre jeunes hommes ont promis "une surprise". Au dessert, ils s'esquivent pour … ne jamais revenir, annonçant dans la lettre d'explication qu'ils ont laissé, leur retour définitif dans leurs familles en province. Les jeunes filles s'amusent de cette farce, sauf Fantine, la plus jolie, qui est vraiment inquiète. Elle s'était offerte à Tholomyès et attend un enfant de lui.

COSETTE LIVREE "AUX LOUPS"(Printemps 1818)


Fantine quitte Paris et porte dans ses bras la petite fille qu'elle a eu de Tholomyès, et pour laquelle elle a tout sacrifié, Cosette. Elle souhaite retourner à Montreuil sur Mer, sa ville natale, où elle espère trouver du travail. En chemin, à Montfermeil, elle fait la connaissance d'un couple d'aubergistes, d'allure plutôt accommodante, les Thénardier. Très vite Cosette joue avec les petites filles des aubergistes. Fantine y voit là un signe du ciel et propose de leur confier quelque temps la garde de Cosette. Les aubergistes acceptent moyennant une pension. Cosette qui n'a que cinq ans se retrouve ainsi prise au piège d'un sinistre couple qui ne tarde pas à en faire sa servante. Tout le pays va désormais surnommer Cosette, "l'alouette", petite esclave en haillons, fragile et tremblante, soumise à la tyrannie de ces abominables aubergistes.


LA DECHEANCE (Montreuil de 1818 à 1823)


A son arrivée à Montreuil, Fantine découvre que sa ville natale est devenue prospère grâce à un inconnu, arrivé deux ans plus tôt et qui a su relancer et développer l'industrie de la région. Cet homme, M. Madeleine, (nom d'emprunt de Jean Valjean) semble un véritable bienfaiteur : il offre du travail à toutes les personnes honnêtes qui se présentent à sa fabrique, donne des conseils éclairés et multiplie les actes de générosité. Il est aussi doté d'une force peu commune. Un jour, il a sauvé un vieillard, Fauchelevent, que sa charrette menaçait d'écraser. M. Madeleine est parvenu à relever la carriole et à dégager le vieil homme, qui sans l'intervention de "cette force de la nature" était promis à une mort certaine. Au terme de sa réussite industrielle et de son ascension sociale, M. Madeleine accepte sous la pression de ses concitoyens de devenir le maire de la ville. Un homme, l'inspecteur Javert, ténébreux, obsédé par l'autorité, reste pourtant insensible à l'admiration unanime dont bénéficie M. Madeleine. Pire, ayant travaillé auparavant dans les bagnes du midi, il s'intéresse particulièrement à ce notable. Il a l'impression que ce visage ne lui est pas inconnu … Fantine a trouvé du travail dans les ateliers de M. Madeleine. Mais sa beauté suscite la jalousie de ses collègues qui commencent à l'épier. Elles découvrent que la jeune femme a un enfant naturel, ce qui lui vaut d'être renvoyée par la surveillante. Elle éprouve alors du mépris pour . Madeleine, qu'elle imagine responsable de ce renvoi. Pour parvenir à payer la pension de Cosette, Fantine est obligée de vendre ses cheveux blonds et aussi ses dents. Ultime étape de sa déchéance, la prostitution. Un jour d'hiver, Fantine, malade, fait les cent pas sur le trottoir. Un jeune bourgeois, pour se distraire, lui glisse une boule de neige dans le dos. Vexée, Fantine se jette sur l'individu et le frappe. L'inspecteur Javert intervient, arrête la prostituée et lui inflige six mois de prison. M. Madeleine, ému par les malheurs de la jeune fille intervient pour la faire libérer. Lorsqu'il apprend qu'il est indirectement la cause de la déchéance de cette jeune fille, Fantine ayant été chassé de ses ateliers à son insu, il fera tout son possible pour soigner la jeune femme et lui permettre de retrouver son enfant. Il rend de fréquentes visites à Fantine, la fait signer et envoie de l'argent aux Thénardier. Entre-temps, il apprend de la bouche de Javert, qu'un homme, qui dit s'appeler Champmathieu, mais qui serait en fait l'ancien forçat Jean Valjean, va être jugé à Arras pour un vol de pommes. M. Madeleine, après une nuit de débat intérieur ( la célèbre "tempête sous un crâne") se rend au tribunal. Il prend la défense de Champmathieu en se dénonçant. Cet aveu lui vaudra d'être arrêté par Javert dans la chambre de Fantine, qui meurt avant d'avoir revu Cosette.


 
DEUXIEME PARTIE - COSETTE►

LA BATAILLE DE WATERLOO

Mai 1861. Le narrateur raconte une visite à pied sur les vestiges de la défaite napoléonienne de Waterloo ( visite que Victor Hugo fit en 1861, lors de son retour de l'Ile d'Elbe sur les lieux même de la bataille de juin 1815). Ce jour-là, Napoléon affrontait les troupes anglaises et les forces coalisées de l'Europe continentale. Victor Hugo réfléchit sur les causes de ce désastre napoléonien : il pleuvait ce jour-là, le sol était boueux, ce qui empêcha l'empereur de déployer librement son artillerie, son arme stratégique. Pire, mal renseignée, la cavalerie française se précipita dans un ravin, où beaucoup de soldats périrent, écrasés. Les renforts espérés n'arrivèrent pas . Cambronne fit passer à la postérité cette défaite héroïque. La garde impériale qu'il dirigeait lutta jusqu'au dernier carré et, lui, lança à l'ennemi son mot célèbre : "M…" Le narrateur relate alors une funèbre rencontre qui lui permet d'introduire un des personnages des Misérables dans cette bataille de Waterloo : pendant la nuit qui suit cette bataille, un sordide escroc dépouille les cadavres de tous leurs objets précieux. Il dégage le corps d'un officier pour lui voler sa montre. Celui-ci n'est que blessé et est persuadé que l'inconnu lui a sauvé la vie. L'officier reconnaissant, le colonel Pontmercy, demande son nom à son sauveur providentiel : c'est Thénardier.


LE SAUVETAGE DE TOULON


1823. Emprisonné suite à son arrestation par Javert, Jean Valjean était parvenu à s'évader. Mais il a été repris. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité et se retrouve au bagne de Toulon. Lors d'un accident sur un vaisseau de guerre rentré au port de Toulon, il sauve la vie d'un marin, ce qui lui vaut le soutien de la foule qui réclame sa grâce. il se jette à la mer et parvient à s'échapper en nageant sous le bateau. Personne ne retrouvant son corps, on le croira mort.


JEAN VALJEAN RECUEILLE COSETTE

Ayant retrouvé la liberté, Jean Valjean souhaite honorer la promesse qu'il avait faite à Fantine : libérer Cosette. Il arrive à Montfermeil la veille de Noël. Cosette est toujours en haillons. Alors que la petite servante se fait réprimander par La Thénardier, Jean Valjean prend sa défense. Puis la terrible mégère envoie Cosette, à la nuit tombée, chercher de l'eau à la fontaine, là-bas dans la forêt. Corvée que Cosette redoutait, d'autant que la nui est glaciale et le seau plus grand qu'elle. Cosette part seule dans cette nuit de Noël. Elle jette un regard devant une somptueuse poupée, exposée dans l'une des baraques dressées pour Noël . Puis elle s'enfonce dans la nuit noire. Le seau rempli, il lui faut vaincre la fatigue, la peur et le froid et se dépêcher car sa patronne a horreur d'attendre. Soudain, elle sent que le seau devient de plus en plus léger. Une grosse main s'est saisie de l'anse. Cosette se sent protégée par cet homme très fort qu'elle ne connaît pas et qui pourtant la rassure. En échangeant quelques mots avec la jeune servante, Jean Valjean reconnaît la fille de Fantine et l'aide à porter le seau jusqu'à l'auberge. Il lui fait cadeau de la poupée tant admirée, indemnise les affreux aubergistes et emmène Cosette avec lui.


LE COUVENT


Jean Valjean et Cosette se rendent à Paris où l'ancien forçat loue une maison vétuste et isolée, la masure Gorbeau. Il s'y installe avec la jeune fille qu'il protège d'un amour paternel. Quant à Cosette, elle a retrouvé sa gaieté et son insouciance. Mais bientôt Jean Valjean se sent surveillé. Le regard soupçonneux d'une vieille voisine ne laisse rien présager de bon. La vieille dame fait rentrer un nouveau locataire qui n'est autre que Javert. Le soir même, Jean Valjean décide de partir. Il s'enfuit avec Cosette dans la nuit. Javert lance une escorte de policiers et de soldats à leur trousse. Il faut toute la clairvoyance et l'agilité de l'ancien forçat pour échapper à la meute des poursuivants. Il escalade un mur, parvient à hisser Cosette et se retrouvent tous deux dans un lieu étrange. Ils y entendent des chants célestes et aperçoivent au sol des formes bizarres. Heureusement apparaît un vieil homme providentiel, Fauchelevent. Autrefois, alors qu'il était maire de Montreuil sur Mer, M. Madeleine, alias Jean Valjean, avait sauvé la vie à cet homme et lui avait trouvé un poste de jardinier dans le couvent du Petit Picpus; jardin dans lequel ils ont trouvé refuge, ce soir, par le plus grand hasard. Plein de reconnaissance, le vieil homme les accueille. Il leur apprend que ce couvent est également une institution pour jeunes filles. Il leur indique aussi, qu'exceptés le prête et le jardinier, aucun homme n'est admis dans cet établissement. Il leur offre toutefois un abri. Fauchelevent profitera de la mort d'une religieuse et de la confiance dont il bénéficie dans ce couvent pour demander la permission de faire venir son frère et la fille de celui-ci pour l'aider dans son travail. Grâce à ce subterfuge, Jean Valjean va donc pouvoir être employé comme aide-jardinier. Une nouvelle fois l'ancien forçat va changer d'identité et s'appellera désormais le frère Fauchelevent. Quant à Cosette elle devient élève dans ce couvent; les religieuses espérant bien la convaincre d'entrer plus tard dans les ordres.


 
TROISIEME PARTIE - MARIUS►


RETOUR À LA MASURE GORBEAU


Un peu plus de huit années se sont écoulées. La Masure Gorbeau, jadis habitée par Jean Valjean, abrite maintenant de nouveaux locataires. On y trouve une famille misérable : le père, qui dit s'appeler Jondrette , son épouse et leurs deux filles . Quant au fils Gavroche, un vrai gamin de Paris, il a choisi de vivre dans la rue. Cette famille accueille un nouveau voisin , un jeune homme , petit-fils d'un "grand bourgeois", nommé Marius Pontmercy.


MARIUS, SON PERE ET SON GRAND-PERE


Marius a passé toute son enfance chez son grand-père, un royaliste intransigeant qui ne supporte ni la révolution ni l'Empire. En effet à la mort de sa fille, le vieil homme a récupéré le jeune Marius, ne supportant pas de le laisser aux soins de son père, un colonel de l'Empire. Après une brillante carrière dans l'armée napoléonienne, le père de Marius a été, lors de la Restauration, assigné à résidence dans l'Eure. Le grand-père s'efforce de maintenir Marius à l'écart de son père. Appelé au chevet de son père, Marius arrive trop tard, il ne pourra le revoir vivant. Il recueille juste un billet, écrit de sa main, qui lui demande de faire tout ce qu'il pourra pour retrouver et aider le sergent qui lui a sauvé la vie à Waterloo, Thénardier. Assez peu touché par la mort de ce père qu'il n'a pas connu, Marius découvre peu après que le colonel de Pontmercy fut un héros et un père aimant et tendre . Il apprend également que son père venait de temps en temps, discrètement, à l'église , en restant caché derrière un pilier pour tenter d'apercevoir son fils. Dès lors Marius souhaitera se pencher sur le passé de son père. Il se passionne pour la Révolution et l'Empire et recherche toute trace de l'héroïsme de ce père qu'il n'a pas connu. Le grand-père de Marius ne peut supporter le revirement politique de son petit-fils. Après une violente altercation, le vieil homme chasse son petit-fils.


LES AMIS DE L'ABC


Marius refuse toute aide financière. A la recherche d'un toit , il trouve refuge dans un hôtel, où l'emmène Courfeyrac, l'un de ses amis étudiants. Ce dernier le présente à un groupe d'étudiants, qui avec quelques ouvriers , ont fondé une société secrète, les amis de l'A.B.C (jeu de mots sur l'abaissé, qui signifie le peuple). Ils tiennent leurs réunions, dans l'arrière salle d'un café du quartier latin. Marius poursuit ses études d'avocat mais vit de quelques traductions qui lui permettent tant bien que mal de payer les notes de l'hôtel. C'est pourquoi il finit par élire domicile dans la masure Gorbeau. Suite à une brillante plaidoirie qui couronne ses études, il est reçu avocat. Pour préserver son indépendance, Marius refuse de plaider et va se contenter d'aléatoires travaux de librairie.


UN REGARD AU JARDIN DE LUXEMBOURG


Marius, qui a une vingtaine d'années est un beau jeune homme, à la fois rêveur et réservé du fait de sa pauvreté. Un jour, lors de sa promenade au jardin du Luxembourg, il remarque une jeune fille qui se promène avec un vieil homme aux cheveux blancs. Le regard qu'elle va lui offrir va l'enflammer. Il en tombe aussitôt follement amoureux. Dès lors, il reviendra tous les jours au Luxembourg, avec son plus bel habit et multipliera les manœuvres pour attirer l'attention de la jeune fille sans provoquer de soupçon chez celui qu'il prend pour son père. Un jour, n'y tenant plus, il va suivre le vieil homme et sa fille jusqu'à leur domicile. Cette filature éveille l'attention du vieux monsieur qui se retourne vers Marius pour le toiser. Quelques jours se sont écoulés. La jeune fille et le vieil homme ne viennent plus au jardin du Luxembourg. N'y tenant plus, Marius se rend au pied de leur immeuble et questionne le portier. Il lui apprend qu'ils ont soudainement déménagé. Marius est désespéré. Plusieurs mois ont passé depuis que Marius a perdu la trace de la jolie jeune fille qui fait battre son cœur. Il est mélancolique et accablé. Jusqu'au 2 février 1831. Ce jour-là, ayant été sollicité par une des filles de ses voisins, qui mendiait, Marius , pris de pitié lui a donné, malgré ses maigres ressources, 5 francs. Puis rentrant dans sa chambre, il se met à observer par l'une des ouvertures du mur le logement de ses voisins; Il aperçoit quatre créatures hideuses, le père, la mère et les 2 filles vivant dans une immense pauvreté et une affreuse saleté. C'est alors qu'une des filles annonce l'arrivée d'un "généreux monsieur" qu'elle avait, lui aussi, sollicité dans la journée. Surprise de Marius qui voit entrer dans le taudis de ses voisins, le vieil homme et la jeune fille qu'il aime. Apitoyé par cette famille de "misérables" , le monsieur promet de revenir le soir même avec l'argent qui leur permettra de payer leur loyer. Dès le départ de celle qu'il aime et de son père, Marius n'a qu'une idée, les suivre. Hélas, sans argent il lui faut vite déchanter, il ne peut même pas se payer le fiacre dont il aurait besoin pour les filer. De retour à la masure Gorbeau, Marius assiste à d'inquiétants préparatifs dans le taudis de ses voisins. Le père Jondrette prétend avoir reconnu le vieil homme et prépare avec sa femme un guet-apens destiné à leur "bienfaiteur". Persuadé que le père de celle qu'il aime est en danger, Marius décide de tout raconter à la police. Il explique la situation à un policier qui l'écoute avec un grand intérêt. Ce policier , c'est Javert …Le soir, Marius, a repris son poste d'observation. Le "bienfaiteur" est à peine rentré qu'une bande de malfaiteurs, au visage charbonneux l'entourent et le ligotent; Il souhaitent lui faire avouer son adresse, en vue d'enlever sa fille et d'obtenir une énorme rançon. Le vieillard résiste. Pour montrer sa détermination , il va même jusqu'à s'appliquer lui même sur le bras le fer rouge que ses geôliers avaient préparé pour le faire parler. Animé d'une soif de vengeance, Jondrette, ne peut résister au plaisir sadique de révéler à son prisonnier sa véritable identité : il s'appelle Thénardier , a été aubergiste à Montfermeil et voue de la haine à un certain Jean Valjean qui l'avait humilié… Marius est en proie à un cruel dilemme. Il se trouve enfin en face de Thénardier, celui qui a sauvé la vie à son père, le Colonel Pontmercy, à Waterloo; colonel qui dans ses dernières volontés avait exprimé le désir que son fils lui témoigne sa reconnaissance. Va-t-il laisser tuer le père de celle qu'il aime ? Doit-il donner l'alerte aux policiers, comme le lui avait demandé Javert ? La brusque irruption de Javert et de ses hommes met fin à sa cruelle hésitation. Thénardier et tous les bandits sont arrêtés. Le mystérieux vieillard, lui, est parvenu à s'échapper, ce qui contrarie énormément Javert . Visiblement, c'est surtout le vieil homme qu'il aurait aimé appréhender. Le lendemain , Gavroche vient rendre visite à sa famille. Il découvre le taudis vide et on lui apprend qu'ils sont tous en prison.


 
QUATRIEME PARTIE - L'IDYLLE RUE PLUMET ET L'EPOPEE RUE SAINT-DENIS►


SUR LES TRACES DE COSETTE (1831-1832)


La France connaît une nouvelle période de fébrilité politique. Louis Philippe est certes parvenu à affirmer son pouvoir, mais il doit affronter des opposants de plus en déterminés qui contestent le principe même du pouvoir monarchique. Des théories socialistes se font jour tandis que des sociétés secrètes effectuent un inébranlable travail souterrain. Il règne dans Paris et notamment dans les quartiers populaires une furtive effervescence. Les signes de contestation se multiplient, perceptibles au travers de plusieurs accrochages entre les ouvriers et les forces de l'ordre. Une fièvre révolutionnaire semble gagner certains quartiers de Paris, notamment au faubourg Saint-Antoine, où ouvriers et agitateurs se concertent. Enjolras et ses amis participent activement à ce bouillonnement Marius a quitté la masure Gorbeau pour ne pas avoir à témoigner contre Thénardier suite à l'affaire de l'embuscade contre Jean Valjean. Il est allé vivre chez son ami Courfeyrac. Il semble peu concerné par cette effervescence politique qui règne à Paris. Une nouvelle fois le jeune avocat a perdu la trace de Cosette. Il passe beaucoup de temps à songer à la jeune fille et ses promenades songeuses le ramènent régulièrement dans les faubourgs de la ville, au lieu-dit "Le Champ de l'Alouette"; lieu-dit dont le nom ressemble à celui qu'évoquait Thénardier lorsqu'il préparait le guet-apens contre Jean Valjean. Eponine, la jeune fille de Thénardier, qui a échappé à la prison en raison de son jeune âge parvient à retrouver Marius qu'elle aime sans grand espoir. Elle a pu se procurer l'adresse de Cosette et propose à Marius de le conduire auprès de sa jolie rivale.


LA RUE PLUMET


Après plusieurs années passées au couvent, Jean Valjean a préféré faire connaître à Cosette la "vraie vie" plutôt que de lui faire courir le risque de devenir religieuse. Il a profité de la mort du vieux Fauchelevent pour quitter le couvent du Petit Picpus. Il s'est installé avec elle rue Plumet, dans une maison discrète qui a l'avantage d'avoir une sortie secrète. Jean Valjean n'a gardé pour lui qu'une simple remise tandis qu'il a laissé à Cosette la confortable maison. Cosette, d'enfant disgracieuse qu'elle était au sortir du couvent est devenue une jeune femme rayonnante. Elle est amoureuse en secret de ce jeune homme qu'elle avait rencontré au jardin du Luxembourg. Jean Valjean, ayant noté cette idylle naissante et éprouvant une secrète jalousie pour celui qui pourrait lui dérober " sa fille" avait alors décidé de mettre fin aux promenades du jardin du Luxembourg. Un matin de l'automne 1831, au cours d'une promenade matinale, Cosette assiste par hasard à un convoi de forçats partant pour les galères. A la vue de ces galériens enchaînés, elle a une réaction horrifiée. Jean Valjean qui assiste à la scène ressent tout à coup la fragilité de son bonheur. Il suffirait que Cosette apprenne la vérité sur son passé pour que soudain, peut-être, tout s'écroule…. Autre incident qui contrarie Jean Valjean et qui lui rappelle son passé : l'agression dont il est victime, lors d'une de ses promenades. Un jeune voyou au regard arrogant tente de lui dérober sa bourse. Malgré son âge, Jean Valjean parvient à se défendre et à contenir le jeune brigand. Il le sermonne et lui montre les malheurs auxquels il s'expose : le bagne, les travaux forcés, une vie détruite… Suite à cette mise en garde, il donne sa bourse au jeune voyou.  La discussion a eu un témoin : Gavroche. Il s'approche du voyou que les propos de Jean Valjean ont déstabilisé et lui dérobe la bourse de l'ancien forçat. Gavroche la destine à un vieux chercheur désargenté, le père Mabeuf, dont Gavroche a surpris une conversation que le vieillard avait avec sa servante. N'ayant plus aucun argent, le vieil homme est menacé d'expulsion. La bourse que Gavroche a jeté par dessus la haie tombe aux pieds du vieil homme. Cosette, elle, savourant l'arrivée du printemps retrouve sa bonne humeur naturelle. Elle en arriverait presque à oublier Marius. Plusieurs soirs, alors qu'elle est seule, Jean Valjean étant en voyage, elle aperçoit dans le jardin de leur maison un mystérieux rôdeur. Un autre jour, elle aperçoit, sur un des bancs du jardin, une pierre. Sous cette pierre, elle découvre une enveloppe contenant plusieurs pages manuscrites. Il s'agit du journal intime dans lequel un jeune homme évoque tous les sentiments et les émotions qu'il a éprouvés depuis qu'il l'a croisée, il y a quelques années, dans le jardin du Luxembourg. En lisant ces quelques pages, les yeux de Cosette s'enflamment à nouveau pour cet inconnu qu'elle avait elle aussi aimé. Ce soir là, dans le jardin elle a hâte de croiser ce mystérieux visiteur. Quelques minutes plus tard, Marius s'approche d'elle et lui déclare sa passion. Dissimulés par une végétation luxuriante, ils échangent leur premier baiser. Les deux jeunes amoureux se confient longuement l'un à l'autre et se dévoilent enfin leur prénom : Marius et Cosette. Durant ce printemps 1832, ils se revoient souvent dans le jardin de la maison de la rue Plumet. La candeur de Cosette et la vertu de Marius magnifient ce grand amour. Pendant ce temps Thénardier , grâce à l'aide de Gavroche, est parvenu à s'évader de la prison. Il prépare avec ses complices un nouveau larcin . Ils ont en effet appris en prison qu'il y avait une cible idéale, rue Plumet : un vieil homme riche vivant seul avec sa fille. Dans la soirée du 3 juin 1832, ils rôdent autour de la maison de Jean Valjean. Cosette et Marius, tout à leur amour ne s'aperçoivent de rien. Il faudra l'intervention courageuse d'Eponine, la propre fille de Thénardier, qui ne peut s'abstenir d'épier continuellement celui dont elle est amoureuse, pour empêcher les malfaiteurs d'accomplir leur délit. Elle ose faire obstacle à son père et ses complices et menace d'alerter le quartier s'ils s'obstinent. Finalement ils abdiquent et disparaissent. Le bonheur de Marius et de Cosette sera éphémère. Cosette annonce à son amant que Jean Valjean lui a demandé de se préparer pour un long voyage en Angleterre. Ne pouvant se résoudre à cette séparation, Marius ne voit d'autres solutions que d'aller solliciter son grand-père , M. Gillenormand , pour lui demander l'autorisation d'épouser Cosette. L'entrevue entre le vieil homme et son petit-fils a lieu dès le lendemain. Malgré l'amour qu'il porte à Marius, M. Gillenormand ne parvient pas à assouplir son attitude rigide et austère. Marius, lui, trop focalisé sur son amour pour Cosette, en oublie de montrer à son grand-père le repentir que ce dernier attend. Entre ces deux êtres pourtant si proches, mais qui ne parviennent pas à rompre la glace, c'est l'incompréhension totale. Le grand-père dans un réflexe de vieux libertin, conseille même à Marius de faire de Cosette sa maîtresse . C'en est trop pour le jeune romantique qui n'admet pas que son grand-père puisse déshonorer son amour. Il claque la porte, abandonnant le vieil homme à sa douleur. Pendant ce temps, Jean Valjean acquiert la certitude qu'il lui faut fuir à nouveau. Une main mystérieuse jette à ses pieds un bref message : "Déménagez ! "Le lendemain matin, lorsque Marius arrive rue Plumet, il découvre la maison vide. Désespéré, il est décidé à mourir. Une voix l'interpelle et lui indique que ses amis l'attendent sur une barricade. Il se dirige spontanément vers le quartier d'où proviennent des bruits de combat. En effet ce jour-là Paris connaît l'une des plus graves émeutes populaires du dix-neuvième siècle. Une foule immense et en colère assiste aux funérailles du général Lamarque, un des derniers survivants de l'armée napoléonienne. Très vite le peuple se retrouve face aux forces de l'ordre, c'est l'insurrection. Clameurs et coups de feux. Les premières barricades se dressent dans les petites rues du centre de Paris. Gavroche, le visage rayonnant a dérobé un vieux pistolet dans une brocante. Il marche d'un pas décidé au travers des rues enfiévrées. Il rejoint un groupe de révolutionnaires à la tête duquel se trouve Enjolras, un jeune chef indomptable. C'est au cœur des Halles, dans une ruelle, au pied d'un cabaret, le Corinthe, que ce groupe décide de dresser une barricade. Ils renversent un omnibus. Puis c'est la distribution des armes et des munitions. Soudain Gavroche, reconnaît dans le groupe, un homme de grande taille. Il s'agit d'un traître, d'un mouchard, qui s'est glissé au milieu du groupe d'insurgés : Javert. Ce dernier ne cherche pas à nier son identité. Le groupe le fait prisonnier et l'attache au poteau d'un cabaret. Avertis par Gavroche de l'approche d'une troupe militaire, les révolutionnaires se mettent à leur poste de combat. Les premiers coups de feu des gardes nationaux éclatent. Le drapeau rouge qui flottait au sommet de la barricade tombe. Un vieil homme de 80 ans, le père Mabeuf, ce vieux savant que Gavroche avait secouru, s'empare du drapeau. Il se hisse au dessus de la barricade et agite le drapeau rouge. Il mourra sous le crépitement des balles en criant : "Vive la révolution, vive la république". Enjolras profite de cet acte héroïque pour haranguer son groupe. Mais les forces armées attaquent la barricade, tuant d'autres insurgés. L'un des gardes nationaux s'apprête à frapper Gavroche lorsqu'une balle l'atteint en plein front. C'est Marius qui vient d'arriver sur les lieux du combat. On tire sur lui, mais un jeune homme s'interpose et le protège de son corps. Après avoir sauvé la vie de Gavroche, le jeune homme s'empare d'un baril de poudre et menace de faire sauter la barricade. Effrayés par une telle détermination, les gardes nationaux replient chemin. La joie des insurgés sera brève. Un de leurs amis manque à l'appel. Il s'agit du poète Jean Prouvaire. Les forces de l'ordre l'ont capturé et on l'entend pousser un dernier cri lorsque les balles d'un peloton d'exécution résonnent dans les petites ruelles Le sort de Javert est scellé. En représailles, le groupe décide de l'exécuter. Marius inspecte les environs. C'est alors que le jeune homme qui tout à l'heure s'est interposé pour lui sauver la vie, l'appelle. Il s'agit en fait d'Eponine, la fille de Thénardier qui, pour s'approcher incognito de Marius, s'est déguisée en ouvrier. Mortellement blessée, elle avoue au jeune homme la passion qu'elle éprouve pour lui, lui dévoile qui est Gavroche et lui donne un billet que lui a confiée Cosette à son intention. Sur ce bout de papier, Cosette a juste eu le temps de griffonner l'adresse où il se sont réfugiés avant leur départ pour Londres : Rue de l'Homme Armé. Grâce à ce mot, Marius comprend que Cosette ne l'a pas abandonné. Pourtant, toujours convaincu de l'impossibilité de leur amour, il reste décidé à mourir. Il rédige à son tour un billet à son intention; billet qu'il confie à Gavroche et qui annonce sa mort imminente. Rue de l'Homme-Armé, Jean Valjean est extrêmement déconcerté. Il vient de découvrir par hasard, sur un buvard, le texte que Cosette vient d'adresser à son amant. Il est en train de vivre ce moment tant redouté : celui de perdre, Cosette, le seul être qu'il ait vraiment aimé. Il se sent révolté et éprouve alors une immense haine pour celui qui lui vole Cosette. Il descend alors dans la rue et s'assied sur une borne. Arrive alors Gavroche, qui avec son air enjoué, le délivre de sa sombre méditation. Il prend connaissance du billet que lui apporte gavroche e ressent un soulagement horrible, lorsqu'il apprend la mort prochaine de Marius. Sa mission accomplie, Gavroche repart en chantant vers les barricades. Jean Valjean marche sur ses traces.


CINQUIEME PARTIE - JEAN VALJEAN►

La nuit s'achève. Le jour se lève, ce 6 juin, avec un goût amer pour les insurgés. Contrairement à leurs espoirs, le peuple de Paris ne les a pas suivis. Il savent que leur combat est perdu. La barricade héroïque souhaite pourtant se battre jusqu'au bout. Personne ne veut abandonner la lutte. Marius et Enjolras parviennent difficilement à convaincre cinq hommes, ayant des enfants à charge, de quitter le combat. On leur donne les habits de gardes nationaux qui ont été tués pour qu'il puissent fuir. Il n'y a en fait que quatre gardes nationaux tués, le cinquième ne devra son salut qu'à Jean Valjean qui vient d'arriver sur la barricade et qui jette son habit au cinquième père de famille. Les insurgés défendant la barricade doivent maintenant affronter les canons. Les munitions se font de plus en plus rares. Profitant d'un court moment de répit, Gavroche se risque hors de la barricade pour récupérer les munitions des soldats qui ont été abattus lors des derniers échanges de coups de feu. Le "gamin de Paris" prend même un malin plaisir à chanter pour provoquer les gardes nationaux. Ceux-ci le prennent pour cible, tandis qu'il court en tous sens pour les agacer. Puis il tombe, fauché par une balle au milieu de sa chanson. L'issue fatale du combat semble proche. Jean Valjean obtient, du groupe, l'autorisation d'exécuter leur otage Javert. Il emmène le mouchard à l'écart de la barricade, et au grand étonnement du policier tire plusieurs fois en l'air. Il lui rend sa liberté, après lui avoir indiqué son adresse. Au même moment la barricade est prise d'assaut. Les amis d'Enjolras tombent les uns après les autres. Les derniers insurgés se retranchent dans une salle du cabaret. Les gardes les pourchassent. Tous vont être exécutés. Marius, lui, blessé, se sent saisi par une main énergique. C'est Jean Valjean qui parvient à l'arracher à une mort certaine. Il soulève une bouche d'égout et parvient à emporter le blessé, évanoui, sur son épaule. La police descend à son tour dans les égouts et poursuit les fuyards. Jean Valjean manque de se noyer. Cette fuite dans l'obscurité est semée d'embûches et de pièges : culs de sac, amoncellements de boue, patrouilles de policiers… Son instinct lui permet de les éviter. Après une longue et épuisante marche dans les sous-sols de Paris, il atteint enfin une grille de sortie, mais celle-ci est fermée à clef. C'est alors que surgit Thénardier, lui aussi réfugié dans les égouts pour échapper à des policiers qui le traquent. Thénardier ne le reconnaît pas, mais est persuadé que l'homme en face de lui est un criminel portant sur son dos sa victime. Moyennant une forte somme, Thénardier lui propose d'ouvrir la grille. En fait, il espère, en laissant passer devant lui un autre homme, fournir une victime facile aux policiers qui l'attendent derrière la grille. A peine, est-il sorti, que Jean Valjean est arrêté par Javert qui attendait justement Thénardier derrière la grille. Jean Valjean accepte de se constituer prisonnier à condition que Javert l'aide à ramener Marius, toujours évanoui, chez son grand-père. Jean Valjean demande ensuite à Javert une ultime faveur : se rendre chez lui. Javert accepte. il l'accompagne rue de l'Homme-Armé, mais au lieu d'attendre sa victime, il disparaît. Depuis que Jean Valjean lui a sauvé la vie en ne le fusillant pas sur la barricade, Javert est bouleversé. Il découvre que les forçats peuvent être généreux. Ses schémas manichéens s'effondrent. Il ne supporte pas cette remise en question et va se jeter dans la Seine. Pendant trois mois Marius se bat contre la mort. M. Gillenormand, son grand-père, le veille affectueusement. Trop heureux, lorsque son petit-fils est enfin rétabli, M. Gillenormand accepte même son mariage avec Cosette. Cosette, elle reçoit, de Jean Valjean, une dot de près de 600 000 francs, la totalité du trésor que M. Madeleine, alors maire de Montreuil sur Mer avait caché dans une clairière près de Montfermeil. Le repas de noces a lieu dans les éclatants salons de M. Gillenormand. Tandis qu'en cette fin de soirée, Cosette et Marius, enfin seuls, goûtent " à ce grand bonheur sur lequel veillent les anges", Jean Valjean, se retrouve seul dans sa chambre. Il passe la nuit à pleurer, face à la valise, où il avait soigneusement gardé les vêtements de petite fille de Cosette. A nouveau, il connaît un douloureux dilemme. Doit-il avouer à Marius, sa véritable identité , doit-il garder ce trop lourd secret ? Le lendemain, il a pris sa décision. Il avoue à Marius, qu'il est un ancien forçat et que Cosette n'est pas sa fille. Marius est bouleversé par cet aveu. Il permet à Jean Valjean de continuer à voir Cosette. Mais très vite, il va éprouver de la répulsion pour cet ancien forçat et demandera au vieillard d'espacer ses visites puis de rompre tout contact avec Cosette. Cosette, éblouie par son bonheur commence à oublier celui qui l'a élevée. Privé de sa "fille" adorée, Jean Valjean sombre dans le silence et la solitude Il tombe gravement malade et va mourir, seul, dans sa petite chambre. Ce qui anéantit, c'est la perspective de mourir sans revoir Cosette. C'est alors que l'on frappe à la porte. C'est Marius et Cosette qui d'un même cri appellent Jean Valjean : Père Marius a enfin pu découvrir toutes les qualités de l'ancien forçat. C'est lui qui l'a sauvé sur les barricades, et qui l'a ramené chez son grand-père, lui encore qui a laissé la vie sauve à Javert. Et tous ces gestes ont été accomplis avec la plus grande des discrétions. Les deux jeunes époux se jettent aux pieds du vieil homme et le supplient de venir vivre avec eux. Ce moment remplit de bonheur Jean Valjean. Il puise dans ses dernières forces pour bénir le couple et évoque avec Cosette les jours heureux de leur vie ensemble et le souvenir de sa mère, Fantine. Il expire auprès de ses enfants en larmes. Selon ses dernières volontés, il est enterré anonymement, comme un pauvre, dans un coin perdu du cimetière du Père-Lachaise. Quelques vers griffonnés rappelleront son étrange destin:
Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange.
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange.
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.

VICTOR HUGO

3 Ekim 2010 Pazar

QUI SAIT?
Mon Dieu! Mon Dieu! Je vais donc écrire enfin ce qui m'est arrivé! Mais le pourrai-je? l'oserai-je? cela est si bizarre, si inexplicable, si incompréhensible, si fou!

Si je n'étais sûr de ce que j'ai vu, sûr qu'il n'y a eu, dans mes raisonnements, aucune défaillance, aucune erreur dans mes constatations, pas de lacune dans la suite inflexible de mes observations, je me croirais un simple halluciné, le jouet d'une étrange vision. Après tout, qui sait?
Je suis aujourd'hui dans une maison de santé; mais j'y suis entré volontairement, par prudence, par peur! Un seul être connaît mon histoire. Le médecin d'ici. Je vais l'écrire. Je ne sais trop pourquoi? Pour m'en débarrasser, car je la sens en moi comme un intolérable cauchemar.
 La voici:
J'ai toujours été un solitaire, un rêveur, une sorte de philosophe isolé, bienveillant, content de peu, sans aigreur contre les hommes et sans rancune contre le ciel. J'ai vécu seul, sans cesse, par suite d'une sorte de gêne qu'insinue en moi la présence des autres. Comment expliquer cela? Je ne le pourrais. Je ne refuse pas de voir le monde, de causer, de dîner avec des amis, mais lorsque je les sens depuis longtemps près de moi, même les plus familiers, ils me lassent, me fatiguent, m'énervent, et j'éprouve une envie grandissante, harcelante, de les voir partir ou de m'en aller, d'être seul.


Cette envie est plus qu'un besoin, c'est une nécessité irrésistible. Et si la présence des gens avec qui je me trouve continuait, si je devais, non pas écouter, mais entendre longtemps encore leurs conversations, il m'arriverait, sans aucun doute, un accident. Lequel? Ah! qui sait? Peut-être une simple syncope? oui! probablement!

J'aime tant être seul que je ne puis même supporter le voisinage d'autres êtres dormant sous mon toit; je ne puis habiter Paris parce que j'y agonise indéfiniment. Je meurs moralement, et suis aussi supplicié dans mon corps et dans mes nerfs par cette immense foule qui grouille, qui vit autour de moi, même quand elle dort. Ah! le sommeil des autres m'est plus pénible encore que leur parole. Et je ne peux jamais me reposer, quand je sais, quand je sens, derrière un mur, des existences interrompues par ces régulières éclipses de la raison.

Pourquoi suis-je ainsi? Qui sait? La cause en est peut-être fort simple: je me fatigue très vite de tout ce qui ne se passe pas en moi. Et il y a beaucoup de gens dans mon cas.

Nous sommes deux races sur la terre. Ceux qui ont besoin des autres, que les autres distraient, occupent, reposent, et que la solitude harasse, épuise, anéantit, comme l'ascension d'un terrible glacier ou la traversée du désert, et ceux que les autres, au contraire, lassent, ennuient, gênent, courbaturent, tandis que l'isolement les calme, les baigne de repos dans l'indépendance et la fantaisie de leur pensée.

En somme, il y a là un normal phénomène psychique. Les uns sont doués pour vivre en dehors, les autres pour vivre en dedans. Moi, j'ai l'attention extérieure courte et vite épuisée, et, dès qu'elle arrive à ses limites, j'en éprouve dans tout mon corps et dans toute mon intelligence un intolérable malaise.

Il en est résulté que je m'attache, que je m'étais attaché beaucoup aux objets inanimés qui prennent, pour moi, une importance d'êtres, et que ma maison est devenue, était devenue, un monde où je vivais d'une vie solitaire et active, au milieu de choses, de meubles, de bibelots familiers, sympathiques à mes yeux comme des visages. Je l'en avais emplie peu à peu, je l'en avais parée, et je me sentais, dedans, content, satisfait, bien heureux comme entre les bras d'une femme aimable dont la caresse accoutumée est devenue un calme et doux besoin.


J'avais fait construire cette maison dans un beau jardin qui l'isolait des routes, et à la porte d'une ville où je pouvais trouver, à l'occasion, les ressources de société dont je sentais, par moments, le désir. Tous mes domestiques couchaient dans un bâtiment éloigné, au fond du potager, qu'entourait un grand mur. L'enveloppement obscur des nuits, dans le silence de ma demeure perdue, cachée, noyée sous les feuilles des grands arbres, m'était si reposant et si bon, que j'hésitais chaque soir, pendant plusieurs heures, à me mettre au lit pour le savourer plus longtemps.

Ce jour-là, on avait joué Sigurd au théâtre de la ville. C'était la première fois que j'entendais ce beau drame musical et féerique, et j'y avais pris un vif plaisir.
Je revenais à pied, d'un pas allègre, la tête pleine de phrases sonores, et le regard hanté par de jolies visions. Il faisait noir, noir, mais noir au point que je distinguais à peine la grande route, et que je faillis, plusieurs fois, culbuter dans le fossé. De l'octroi chez moi, il y a un kilomètre environ, peut-être un peu plus, soit vingt minutes de marche lente. Il était une heure du matin, une heure ou une heure et demie; le ciel s'éclaircit un peu devant moi et le croissant parut, le triste croissant du dernier quartier de la lune. Le croissant du premier quartier, celui qui se lève à quatre ou cinq heures du soir, est clair, gai, frotté d'argent, mais celui qui se lève après minuit est rougeâtre, morne, inquiétant; c'est le vrai croissant du Sabbat. Tous les noctambules ont dû faire cette remarque. Le premier, fût-il mince comme un fil, jette une petite lumière joyeuse qui réjouit le coeur, et dessine sur la terre des ombres nettes; le dernier répand à peine une lueur mourante, si terne qu'elle ne fait presque pas d'ombres.

J'aperçus au loin la masse sombre de mon jardin, et je ne sais d'où me vint une sorte de malaise à l'idée d'entrer là-dedans. Je ralentis le pas. Il faisait très doux. Le gros tas d'arbres avait l'air d'un tombeau où ma maison était ensevelie.

J'ouvris ma barrière et je pénétrai dans la longue allée de sycomores, qui s'en allait vers le logis, arquée en voûte comme un haut tunnel, traversant des massifs opaques et contournant des gazons où les corbeilles de fleurs plaquaient, sous les ténèbres pâlies, des taches ovales aux nuances indistinctes.

En approchant de la maison, un trouble bizarre me saisit. Je m'arrêtai. On n'entendait rien. Il n'y avait pas dans les feuilles un souffle d'air. "Qu'est-ce que j'ai donc?" pensai-je. Depuis dix ans je rentrais ainsi sans que jamais la moindre inquiétude m'eût effleuré. Je n'avais pas peur. Je n'ai jamais eu peur, la nuit. La vue d'un homme, d'un maraudeur, d'un voleur m'aurait jeté une rage dans le corps, et j'aurais sauté dessus sans hésiter. J'étais armé, d'ailleurs. J'avais mon revolver. Mais je n'y touchai point, car je voulais résister à cette influence de crainte qui germait en moi.

Qu'était-ce? Un pressentiment? Le pressentiment mystérieux qui s'empare des sens des hommes quand ils vont voir de l'inexplicable? Peut-être? Qui sait?


A mesure que j'avançais, j'avais dans la peau des tressaillements, et quand je fus devant le mur, aux auvents clos, de ma vaste demeure, je sentis qu'il me faudrait attendre quelques minutes avant d'ouvrir la porte et d'entrer dedans. Alors, je m'assis sur un banc, sous les fenêtres de mon salon. Je restai là, un peu vibrant, la tête appuyée contre la muraille, les yeux ouverts sur l'ombre des feuillages. Pendant ces premiers instants, je ne remarquai rien d'insolite autour de moi. J'avais dans les oreilles quelques ronflements; mais cela m'arrive souvent. Il me semble parfois que j'entends passer des trains, que j'entends sonner des cloches, que j'entends marcher une foule.

Puis bientôt, ces ronflements devinrent plus distincts, plus précis, plus reconnaissables. Je m'étais trompé. Ce n'était pas le bourdonnement ordinaire de mes artères qui mettait dans mes oreilles ces rumeurs, mais un bruit très particulier, très confus cependant, qui venait, à n'en point douter, de l'intérieur de ma maison.
Je le distinguais à travers le mur, ce bruit continu, plutôt une agitation qu'un bruit, un remuement vague d'un tas de choses, comme si on eût secoué, déplacé, traîné doucement tous mes meubles.

Oh! je doutai, pendant un temps assez long encore, de la sûreté de mon oreille. Mais l'ayant collée contre un auvent pour mieux percevoir ce trouble étrange de mon logis, je demeurai convaincu, certain, qu'il se passait chez moi quelque chose d'anormal et d'incompréhensible. Je n'avais pas peur, mais j'étais... comment exprimer cela... effaré d'étonnement. Je n'armai pas mon revolver - devinant fort bien que je n'en avais nul besoin. J'attendis.

J'attendis longtemps, ne pouvant me décider à rien, l'esprit lucide, mais follement anxieux. J'attendis, debout, écoutant toujours le bruit qui grandissait, qui prenait, par moments, une intensité violente, qui semblait devenir un grondement d'impatience, de colère, d'émeute mystérieuse.

Puis soudain, honteux de ma lâcheté, je saisis mon trousseau de clefs, je choisis celle qu'il me fallait, je l'enfonçai dans la serrure, je la fis tourner deux fois, et poussant la porte de toute ma force, j'envoyai le battant heurter la cloison.

Le coup sonna comme une détonation de fusil, et voilà qu'à ce bruit d'explosion répondit, du haut en bas de ma demeure, un formidable tumulte. Ce fut si subit, si terrible, si assourdissant que je reculai de quelques pas, et que, bien que le sentant toujours inutile, je tirai de sa gaine mon revolver.

J'attendis encore, oh! peu de temps. Je distinguais, à présent, un extraordinaire piétinement sur les marches de mon escalier, sur les parquets, sur les tapis, un piétinement non pas de chaussures, de souliers humains, mais de béquilles, de béquilles de bois et de béquilles de fer qui vibraient comme des cymbales. Et voilà que j'aperçus tout à coup, sur le seuil de ma porte, un fauteuil, mon grand fauteuil de lecture, qui sortait en se dandinant. Il s'en alla par le jardin. D'autres le suivaient, ceux de mon salon, puis les canapés bas et se traînant comme des crocodiles sur leurs courtes pattes, puis toutes mes chaises, avec des bonds de chèvres, et les petits tabourets qui trottaient comme des lapins.

Oh! quelle émotion! Je me glissai dans un massif où je demeurai accroupi, contemplant toujours ce défilé de mes meubles, car ils s'en allaient tous, l'un derrière l'autre, vite ou lentement, selon leur taille et leur poids. Mon piano, mon grand piano à queue, passa avec un galop de cheval emporté et un murmure de musique dans le flanc, les moindres objets glissaient sur le sable comme des fourmis, les brosses, les cristaux, les coupes, où le clair de lune accrochait des phosphorescences de vers luisants. Les étoffes rampaient, s'étalaient en flaques à la façon des pieuvres de la mer. Je vis paraître mon bureau, un rare bibelot du dernier siècle, et qui contenait toutes les lettres que j'ai reçues, toute l'histoire de mon coeur, une vieille histoire dont j'ai tant souffert! Et dedans étaient aussi des photographies.

Soudain, je n'eus plus peur, je m'élançai sur lui et je le saisis comme on saisit un voleur, comme on saisit une femme qui fuit; mais il allait d'une course irrésistible, et malgré mes efforts, et malgré ma colère, je ne pus même ralentir sa marche. Comme je résistais en désespéré à cette force épouvantable, je m'abattis par terre en luttant contre lui. Alors, il me roula, me traîna sur le sable, et déjà les meubles, qui le suivaient, commençaient à marcher sur moi, piétinant mes jambes et les meurtrissant; puis, quand je l'eus lâché, les autres passèrent sur mon corps ainsi qu'une charge de cavalerie sur un soldat démonté.

Fou d'épouvante enfin, je pus me traîner hors de la grande allée et me cacher de nouveau dans les arbres, pour regarder disparaître les plus infimes objets, les plus petits, les plus modestes, les plus ignorés de moi, qui m'avaient appartenu.

Puis j'entendis, au loin, dans mon logis sonore à présent comme les maisons vides, un formidable bruit de portes refermées. Elles claquèrent du haut en bas de la demeure, jusqu'à ce que celle du vestibule que j'avais ouverte moi-même, insensé, pour ce départ, se fût close, enfin, la dernière.
Je m'enfuis aussi, courant vers la ville, et je ne repris mon sang-froid que dans les rues, en rencontrant des gens attardés. J'allai sonner à la porte d'un hôtel où j'étais connu. J'avais battu, avec mes mains, mes vêtements pour en détacher la poussière et je racontai que j'avais perdu mon trousseau de clefs, qui contenait aussi celle du potager, où couchaient mes domestiques en une maison isolée, derrière le mur de clôture qui préservait mes fruits et mes légumes de la visite des maraudeurs.
Je m'enfonçai jusqu'aux yeux dans le lit qu'on me donna. Mais je ne pus dormir, et j'attendis le jour en écoutant bondir mon coeur. J'avais ordonné qu'on prévînt mes gens dès l'aurore, et mon valet de chambre heurta ma porte à sept heures du matin. Son visage semblait bouleversé.
- Il est arrivé cette nuit un grand malheur, monsieur, dit-il.
- Quoi donc?
- On a volé tout le mobilier de monsieur, tout, tout, jusqu'aux plus petits objets.

Cette nouvelle me fit plaisir. Pourquoi? Qui sait? J'étais fort maître de moi, sûr de dissimuler, de ne rien dire à personne de ce que j'avais vu, de le cacher, de l'enterrer dans ma conscience comme un effroyable secret. Je répondis.
- Alors, de sont les mêmes personnes qui m'ont volé mes clefs. Il faut prévenir tout de suite la police. Je me lève et je vous y rejoindrai dans quelques instants.

L'enquête dura cinq mois. On ne découvrit rien, on ne trouva plus le plus petit de mes bibelots, ni la plus légère trace des voleurs. Parbleu! Si j'avais dit ce que je savais... Si je l'avais dit... on m'aurait enfermé, moi, pas les voleurs, mais l'homme qui avait pu voir une pareille chose.

Oh! je sus me taire. Mais je ne remeublai pas ma maison. C'était bien inutile. Cela aurait recommencé toujours. Je n'y voulais plus rentrer. Je n'y rentrai pas. Je ne la revis point.

Je vins à Paris, à l'hôtel, et je consultai des médecins sur mon état nerveux qui m'inquiétait beaucoup depuis cette nuit déplorable.Ils m'engagèrent à voyager. Je suivis leur conseil.

 Je commençai par une excursion en Italie. Le soleil me fit du bien. Pendant six mois, j'errai de Gênes à Venise, de Venise à Florence, de Florence à Rome, de Rome à Naples. Puis je parcourus la Sicile, terre admirable par sa nature et ses monuments, reliques laissées par les Grecs et les Normands. Je passai en Afrique, je traversai pacifiquement ce grand désert jaune et calme, où errent des chameaux, des gazelles et des Arabes vagabonds, où, dans l'air léger et transparent, ne flotte aucune hantise, pas plus la nuit que le jour.

Je rentrai en France par Marseille, et malgré la gaieté provençale, la lumière diminuée du ciel m'attrista. Je ressentis en revenant sur le continent, l'étrange impression d'un malade qui se croit guéri et qu'une douleur sourde prévient que le foyer du mal n'est pas éteint.

Puis je revins à Paris. Au bout d'un mois, je m'y ennuyai. C'était à l'automne, et je voulus faire, avant l'hiver, une excursion à travers la Normandie, que je ne connaissais pas. Je commençai par Rouen, bien entendu, et pendant huit jours, j'errai distrait, ravi, enthousiasmé, dans cette ville du moyen âge, dans ce surprenant musée d'extraordinaires monuments gothiques.

Or, un soir, vers quatre heures, comme je m'engageais dans une rue invraisemblable où, coule une rivière noire comme de l'encre nommée "Eau de Robec", mon attention, toute fixée sur la physionomie bizarre et antique des maisons, fut détournée tout à coup par la vue d'une série de boutiques de brocanteurs qui se suivaient de porte en porte.
Ah! ils avaient bien choisi leur endroit, ces sordides trafiquants de vieilleries, dans cette fantastique ruelle, au-dessus de ce cours d'eau sinistre, sous ces toits pointus de tuiles et d'ardoises où grinçaient encore les girouettes du passé!
Au fond des noirs magasins, on voyait s'entasser les bahuts sculptés, les faïences de Rouen, de Nevers, de Moustiers, des statues peintes, d'autres en chêne, des christs, des vierges, des saints, des ornements d'église, des chasubles, des chapes, même des vases sacrés et un vieux tabernacle en bois doré d'où Dieu avait déménagé. Oh! les singulières cavernes en ces hautes maisons, en ces grandes maisons, pleines, des caves aux greniers, d'objets de toute nature, dont l'existence semblait finie, qui survivaient à leurs naturels possesseurs, à leur siècle, à leur temps, à leurs modes, pour être achetés, comme curiosités, par les nouvelles générations.
Ma tendresse pour les bibelots se réveillait dans cette cité d'antiquaires. J'allais de boutique en boutique, traversant, en deux enjambées, les ponts de quatre planches pourries jetées sur le courant nauséabond de l'Eau de Robec.

Miséricorde! Quelle secousse! Une de mes plus belles armoires m'apparut au bord d'une voûte encombrée d'objets et qui semblait l'entrée des catacombes d'un cimetière de meubles anciens. Je m'approchai tremblant de tous mes membres, tremblant tellement que je n'osais pas la toucher. J'avançais la main, j'hésitais. C'était bien elle, pourtant: une armoire Louis XIII unique, reconnaissable par quiconque avait pu la voir une seule fois. Jetant soudain les yeux un peu plus loin, vers les profondeurs plus sombres de cette galerie, j'aperçus trois de mes fauteuils couverts de tapisserie au petit point, puis, plus loin encore, mes deux tables Henri II, si rares qu'on venait les voir de Paris.
Songez! songez à l'état de mon âme!
Et j'avançai, perclus, agonisant d'émotion, mais j'avançai, car je suis brave, j'avançai comme un chevalier des époques ténébreuses pénétrait en un séjour de sortilège. Je retrouvais de tas en tas tout ce qui m'avait appartenu, mes lustres, mes livres, mes tableaux, mes étoffes, mes armes, tout, sauf le bureau plein de mes lettres, et que je n'aperçus point.
J'allais, descendant à des galeries obscures pour remonter ensuite aux étages supérieurs. J'étais seul. J'appelais, on ne répondait point. J'étais seul; il n'y avait personne en cette maison vaste et tortueuse comme un labyrinthe.
La nuit vint, et je dus m'asseoir, dans les ténèbres, sur une de mes chaises, car je ne voulais point m'en aller. De temps en temps je criais: - Holà! holà! quelqu'un!

J'étais là, certes, depuis plus d'une heure quand j'entendis des pas, des pas légers, lents, je ne sais où. Je faillis me sauver; mais, me raidissant, j'appelai de nouveau, et j'aperçus une lueur dans la chambre voisine.
- Qui est là? dit une voix.

Je répondis:
- Un acheteur.
On répliqua:
- Il est bien tard pour entrer ainsi dans les boutiques.
Je repris
- Je vous attends depuis plus d'une heure.
- Vous pouviez revenir demain.
- Demain, j'aurai quitté Rouen.

Je n'osais point avancer, et il ne venait pas. Je voyais toujours la lueur de sa lumière éclairant une tapisserie où deux anges volaient au-dessus des morts d'un champ de bataille. Elle m'appartenait aussi. Je dis:
- Eh bien! Venez-vous?
Il répondit:
- Je vous attends.
Je me levai et j'allai vers lui.

Au milieu d'une grande pièce était un tout petit homme, tout petit et très gros, gros comme un phénomène, un hideux phénomène. Il avait une barbe rare, aux poils inégaux, clairsemés et jaunâtres, et pas un cheveu sur la tête! Pas un cheveu! Comme il tenait sa bougie élevée à bout de bras pour m'apercevoir, son crâne m'apparut comme une petite lune dans cette vaste chambre encombrée de vieux meubles. La figure était ridée et bouffie, ses yeux imperceptibles.


Commissariat
 Je marchandai trois chaises qui étaient à moi, et les payai sur-le-champ une grosse somme, en donnant simplement le numéro de mon appartement à l'hôtel. Elles devaient être livrées le lendemain avant neuf heures. Puis je sortis. Il me reconduisit jusqu'à sa porte avec beaucoup de politesse.
Je me rendis ensuite chez le commissaire central de la police, à qui je racontai le vol de mon mobilier et la découverte que je venais de faire.

Il demanda séance tenante des renseignements par télégraphe au parquet qui avait instruit l'affaire de ce vol, en me priant d'attendre la réponse. Une heure plus tard, elle lui parvint tout à fait satisfaisante pour moi.

Je vais faire arrêter cet homme et l'interroger tout de suite, me dit-il, car il pourrait avoir conçu quelque soupçon et faire disparaître ce qui vous appartient. Voulez-vous aller dîner et revenir dans deux heures, je l'aurai ici et je lui ferai subir un nouvel interrogatoire devant vous.
- Très volontiers, monsieur. Je vous remercie de tout mon coeur.

J'allai dîner à mon hôtel, et je mangeai mieux que je n'aurais cru. J'étais assez content tout de même. On le tenait. Deux heures plus tard, je retournai chez le fonctionnaire de la police qui m'attendait.

- Eh bien! monsieur, me dit-il en m'apercevant. On n'a pas trouvé votre homme. Mes agents n'ont pu mettre la main dessus.
Ah! Je me sentis défaillir.
- Mais... Vous avez bien trouvé sa maison? demandai-je.
-Parfaitement. Elle va même être surveillée et gardée jusqu'à son retour. Quant à lui, disparu.
- Disparu?
- Disparu. Il passe ordinairement ses soirées chez sa voisine, une brocanteuse aussi, une drôle de sorcière, la veuve Bidoin. Elle ne l'a pas vu ce soir, et ne peut donner sur lui aucun renseignement. Il faut attendre demain.

Je m'en allai. Ah! que les rues de Rouen me semblèrent sinistres, troublantes, hantées. Je dormis si mal, avec des cauchemars à chaque bout de sommeil. Comme je ne voulais pas paraître trop inquiet ou pressé, j'attendis dix heures, le lendemain, pour me rendre à la police.Le marchand n'avait pas reparu. Son magasin demeurait fermé.
Le commissaire me dit:
- J'ai fait toutes les démarches nécessaires. Le parquet est au courant de la chose; nous allons aller ensemble à cette boutique et la faire ouvrir, vous m'indiquerez tout ce qui est à vous.

Un coupé nous emporta. Des agents stationnaient, avec un serrurier, devant la porte de la boutique, qui fut ouverte. Je m'aperçus, en entrant, ni mon armoire, ni mes fauteuils, ni mes tables, ni rien, rien, de ce qui avait meublé ma maison, mais rien, alors que la veille au soir je ne pouvais faire un pas sans rencontrer un de mes objets. Le commissaire central, surpris, me regarda d'abord avec méfiance.
- Mon Dieu, monsieur, lui dis-je, la disparition de ces meubles coïncide étrangement avec celle du marchand.
Il sourit
- C'est vrai! Vous avez eu tort d'acheter et de payer des bibelots à vous, hier. Cela lui a donné l'éveil.
Je repris
- Ce qui me paraît incompréhensible, c'est que toutes les places occupées par mes meubles sont maintenant remplies par d'autres.

- Oh! répondit le commissaire, il a eu toute la nuit, et des complices sans doute. Cette maison doit communiquer avec les voisines. Ne craignez rien, monsieur, je vais m'occuper très activement de cette affaire. Le brigand ne nous échappera pas longtemps puisque nous gardons la tanière.
Ah! mon coeur, mon coeur, mon pauvre coeur, comme il battait! Je demeurai quinze jours à Rouen. L'homme ne revint pas. Parbleu! parbleu! Cet homme-là qui est-ce qui aurait pu l'embarrasser ou le surprendre? Or, le seizième jour, au matin, je reçus de mon jardinier, gardien de ma maison pillée et demeurée vide, l'étrange lettre que voici:

"MONSIEUR,
"J'ai l'honneur d'informer monsieur qu'il s'est passé, la nuit dernière, quelque chose que personne ne comprend, et la police pas plus que nous. Tous les meubles sont revenus, tous sans exception, tous, jusqu'aux plus petits objets. La maison est maintenant toute pareille à ce qu'elle était la veille du vol. C'est à en perdre la tête. Cela s'est fait dans la nuit de vendredi à samedi. Les chemins sont défoncés comme si on avait traîné tout de la barrière à la porte. Il en était ainsi le jour de la disparition.
"Nous attendons monsieur, dont je suis le très humble serviteur.
"RAUDIN, PHILIPPE."

Ah! mais non, ah! mais non, ah! mais non. Je n'y retournerai pas! Je portai la lettre au commissaire de Rouen.
- C'est une restitution très adroite, dit-il. Faisons les morts. Nous pincerons l'homme un de ces jours.

Mais on ne l'a pas pincé. Non. Ils ne l'ont pas pincé, et j'ai peur de lui, maintenant, comme si c'était une bête féroce lâchée derrière moi. Introuvable! Il est introuvable, ce monstre à crâne de lune! On ne le prendra jamais. Il ne reviendra point chez lui. Que lui importe à lui. Il n'y a que moi qui peux le rencontrer, et je ne veux pas. Je ne veux pas! je ne veux pas! je ne veux pas!

Et s'il revient, s'il rentre dans sa boutique, qui pourra prouver que mes meubles étaient chez lui? Il n'y a contre lui que mon témoignage, et je sens bien qu'il devient suspect.
Ah! mais non! cette existence n'était plus possible. Et je ne pouvais pas garder le secret de ce que j'ai vu. Je ne pouvais pas continuer à vivre comme tout le monde avec la crainte que des choses pareilles recommençassent.
Je suis venu trouver le médecin qui dirige cette maison de santé, et je lui ai tout raconté.
Après m'avoir interrogé longtemps, il m'a dit:
- Consentiriez-vous, monsieur, à rester quelque temps ici?
- Très volontiers, monsieur.
- Vous avez de la fortune?
- Oui, monsieur.
- Voulez-vous un pavillon isolé?
- Oui, monsieur.
- Voudrez-vous recevoir des amis?
- Non, monsieur, non, personne. L'homme de Rouen pourrait oser, par vengeance, me poursuivre ici

Et je suis seul, seul, tout seul, depuis trois mois. Je suis tranquille à peu près. Je n'ai qu'une peur... Si l'antiquaire devenait fou... et si on l'amenait en cet asile... Les prisons elles-mêmes ne sont pas sûres...

GUY de MAUPASSANT (6 avril 1890)

2 Ekim 2010 Cumartesi

“MELANCHOLIA” de VICTOR HUGO
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
O servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant  
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
O Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !
Les Contemplations, Livre III
ANALYSE DU POÈME

Dès le premier vers poème, Hugo emploie une modalité interrogative. Il souhaite interpeller le lecteur grâce au registre pathétique du poème. Il met en opposition sous la forme d’une antithèse « tous » et pas «un seul». En fait tous ces enfants devraient rire. Il suscite l’intérêt du lecteur. Victor Hugo décrit avec réalisme l’état physique des enfants. Il insiste sur leur mauvaise santé « que la fièvre maigrit; quelle pâleur! », leur fatigue
«bien las; rachitisme!».

Au vers 2 et 3, Hugo utilise une anaphore « ces » qui est un adjectif démonstratif afin de montrer concrètement le problème. L’auteur interroge puis répond, ce qui fait de ce poème un véritable texte argumentatif.

Il souhaite aussi attirer l’attention du lecteur sur le fait que les enfants sont constamment dominés; il emploie à plusieurs reprises l’adverbe « sous »: « sous des meules », « sous les dents ». Il met en parallélisme le vers 4 et le vers 7, ce qui donne un effet d’emprisonnement des enfants. Les enfants sont de véritables outils à production, ils sont employés par des adultes pour le profit « travailler quinze heures sous les meules, de l’aube au soir ». Les enfants sont donc des machines « qui produit la richesse en créant la misère ». Leurs conditions de travail sont totalement « infâmes ». Pour Victor Hugo, le monde de l’usine est comparable à l’enfer, il emploie à différents moments des métaphores pour insister sur la personnification des machines

"Sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre"

Dans ce passage, il y a trois allitérations « m, r et ch », le « r » étant la consonne de la menace.

Il cherche à reproduire le mouvement de la machine qui mâche. Cette figure de style donne donc une atmosphère lugubre grâce aux rimes riches (ombre et sombre). Nous pouvons de même remarquer une gradation ascendante concernant cet univers infernal « prison, bagne et enfer », ce qui implique très fortement le lecteur dans ce monde d’esclavage que subissent les innocents. En fait, le travail possède une double image contradictoire: Hugo oppose la faiblesse des enfants (« doux êtres pensifs », « accroupis sous les dents d’une machine sombre », « Innocents dans un bagne ») à la puissance des machines. Ce monde est donc tout à fait comparable à l’enfer. Victor Hugo emploie des modalités exclamatives, des phrases nominales qui explicitent beaucoup sur la réalité: il emploie au vers 14 l’adverbe exclamatif « hélas » qui relève du pathétique. Au vers 12, il emploie le mot « cendre » qui peut avoir une double image: la première est celle du charbon exposé dans l’usine, la deuxième celle des corps des enfants inhumés. Nous pouvons remarquer à ce propos l’omniprésence de la religion dans ce poème. Cet univers est froid et dur « tout est d’airain, tout est de fer ». Au vers 15, Hugo fait parler les enfants alors qu’ils n’en ont pas le droit. C’est une sorte de prosopopée► (faire parler ou agir un mort, un animal ou une chose personnifiée). En effet les enfants sont exploités «servitude infâme imposée à l’enfant » sans que les adultes ne prennent conscience de leur âge de leur mental et de leur résistance.

Victor Hugo montre son attachement pour les enfants « doux êtres pensifs » tout en dédaignant le monde de l’usine. L’auteur emploie de même des adverbes de temps qui raffermissent la sombre idée qu’est le travail «éternellement, même mouvement; quinze heures sous des meules ». Le travail est donc dur, pénible, répétitif et monotone.


Victor Hugo utilise des verbes forts pour exprimer son désaccord « haï des mères; qui tue ». Il pense aux conséquences que peut entraîner ce travail injuste « et qui ferait d’Apollon un bossu et de Voltaire un crétin! de façon à montrer le ridicule de l’erreur que commettent les adultes envers les enfants. Il insiste aussi sur le fait que les jeunes travailleurs appellent à l’aide mais que tout le monde reste passif face aux cris de détresse. Melancholia contient un message que Victor Hugo veut faire passer: la surdité des hommes par rapport à l’esclavage de cette époque.

Pour lui le progrès est responsable de ce massacre. Il estime que faire travailler des enfants dans de telles conditions n’est pas digne de progrès « le progrès dont on demande, où va t-il ? ». Ces doux êtres ne devraient pas travailler comme cela! Ces innocents sont des êtres jeunes et naïfs qui ne comprennent pas forcément ce qui leur arrive « ils ne comprennent rien à leur destin, hélas » car ils demeurent impuissants contre ceux qui les exploitent. Sans les enfants facilement exploitables, les hommes n’auraient rien pu faire. Ce travail est usant et cela les mènerait à la mort ou bien à un état d’épuisement général si personne n’intervient pour éviter le chaos « qui tue, œuvre insensée », « travail dont le souffle étouffant », « travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre ». A ce propos, nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’une métaphore filée du monstre: il emploie « serre » et l’adjectif « soufflant » qui rappelle le mouvement de la machine. Victor Hugo insiste aussi sur le fait que l’âme jeune, celle de la vie, est condamnée à être utilisée comme une machine « qui donne, en somme, / Une âme à la machine et la retire à l’homme » car la jeunesse est la source de la vie quand les enfants s’épanouissent. Les adultes s’enrichissent en rendant les enfants malheureux « Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre, / Qui produit la richesse en créant la misère». L’auteur emploie une anaphore en « maudit » ainsi que le terme « opprobre » (= grande honte, déshonneur). La religion est donc présente tout au long du texte.


La poésie est donc ici un instrument de dénonciation et donc "Melancholia" est avant toute chose un texte à visée argumentative. Il dénonce l’injustice sociale de l’époque. L’auteur est partisan d’un travail d’adultes et non d’enfants, un travail qui donne la liberté à l’âme jeune « au nom du travail saint, fécond et généreux qui fait le peuple libre et rend l’homme heureux ». Victor Hugo emploie du début à la fin des termes religieux saints.

Melancholia est donc pathétique réaliste. Ce poème écrit avec précision la société du siècle dernier, montrant les conditions déplorables des enfants dans le monde de l’usine. Il insiste sur le fait que ce sont les enfants et non les adultes qui donnent la joie de vivre au monde.

Melancholia est donc un poème argumentatif qui illustre l’œuvre de Victor Hugo: améliorer le sort des pauvres qu’il poursuivit dans son œuvre Les Misérables.
OCEANO NOX de VICTOR HUGO
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis!
Combien ont disparu, dure et triste fortune!
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfouis

Combien de patrons morts avec leurs équipages!
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages,
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots!
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée.
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots!

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues!
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus!

On s'entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encore quelque temps vos noms d'ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures,
Tandis que vous dormez dans les goémons verts!

On demande : - Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile?
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur cœur!

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont!

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires?
Ô flots, que vous avez de lugubres histoires!
Flots profonds, redoutés des mères à genoux!
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous!
OCEANO NOX (NUIT SUR L’OCEAN)

Explication générale sur le poème►
C’est un poème lyrique qui exprime des sentiments intimes du poète.Victor Hugo nous donne les impressions personnelles qui lui font naitre dans l’esprit. La source d’inspiration de Victor Hugo c’est "la mer".

Strophe I►
Partis joyeux: sans savoir qu’ils vont mourir.
Se sont évanouis: ils sont disparus
Dur et triste fortune: malheureux, ils ont mauvais destin
Une mer sans fond: une mer très profond.
Une nuit sans lune: nuit obscure, sombre
À jamais: pour toujours

Les marins sont partis pour des chemins lointains sans savoir qu’ils vont mourir. Au début, ils étaient joyeux mais la nuit obscure, sans lune à cause d’une tempête sur l’océan ils sont disparus pour toujours. Ils sont malheureux, et malchanceux. L’auteur pense à tous ceux qui ne sont pas revenus.
Lignes 10-26: "on se demande pendant un certain temps ce que vous êtes devenus. On vous attend encore, pourtant déjà vous n’êtes qu’un souvenir".

Strophe II►
L’ouragan: la tempête
Nul: personne
L’abime plongée: l’océan
Le butin: les biens
L’esquif: l’épave

Tous les capitaines sont morts avec leurs matelots et leurs marins. Ils ont perdu le reste des jours de leur vie à cause d’une tempête. Chaque vague a pris le corps des matelots dans son courant.
Personne ne pourra savoir ce qui s’est passé cette nuit-là. Toutes les vagues ont emporté soit le corps des marins, soit leurs biens.

Strophe III►
Les sombres étendues: l’océan
Heurtant: frappant
Les éceuils: les récifs
La grève: la plage

Personne ne sait votre fin, vous qui êtes morts. Vous êtes maintenant au fond des eaux sombres et peut-être vous heurtez les différents récifs qui s’y trouvent déjà: (d’autres équipages déjà morts comme eux, sont eux aussi au fond de l’océan).
Les parents de ces marins attendent leurs enfats sur la plage chaque jour mais c’est en vain qu’ils espérent, et à la fin ils meurent en veillant le retour des disparus.

Strophe IV►
S’entretenir: parler
Veillée: la nuit où on ne dort pas
Cercle: groupe
Refrain: répétition dans une chanson
Dérober: voler
Goémon vert: mousse

De temps en temps, les proches parlent des marins, ils se souviennent de leurs aventures. Ils se regroupent sur la plage ils parlent joyeusement d’eux, tandis que la tempête a volé leur futur aux marins et ils sont couchés au fond des mers maintenant.

Strophe V►
Fetile: productif, fécond
Enseveli: s’est perdu, on a même oublié le nom des disparus.

Le poète parle des progrès de l’oubli jusqu’au moment où le nom même des disparus s’est effacé.
Le poète demande si les disparus étaient partis pour des endroits plus féconds et pour profiter des faveurs de ces terres découvertes pouvaient–ils ne pas rentrer chez eux.
On ne sait pas exactement leur sort, sont-ils vraiment morts ou sont-ils partis pour toujours? Hugo, à travers ce vers, précise l’hypocrisie des gens.
Avec le temps qui passe on oublie le nom des marins on ne se souvient plus qu’ils vivaient auparavant.
Leurs noms s’effacent dans le mémoire comme leur corps qui s’effacent au fond des mers. Le temps sert à oublier les disparus.

1 Ekim 2010 Cuma

"HUIS CLOS" de Jean-Paul Sartre

La Naissance de Huis Clos par Jean-Paul Sartre►
"Quand on écrit une pièce, il y a toujours des causes occasionnelles et des soucis profonds. La cause occasionnelle c'est que, au moment où j'ai écrit Huis Clos, vers 1943 et début 44, j'avais trois amis et je voulais qu'ils jouent une pièce, une pièce de moi, sans avantager aucun d'eux. C'est à dire, je voulais qu'ils restent ensemble tout le temps sur la scène. Parce que je me disais, s'il y en a un qui s'en va, il pensera que les autres ont un meilleur rôle au moment où il s'en va. Je voulais donc les garder ensemble. Et je me suis dit, comment peut-on mettre ensemble trois personnes sans jamais faire sortir l'une d'elles et les garder sur la scène jusqu'au bout comme pour l'éternité.

C'est là que m'est venue l'idée de les mettre en enfer et de les faire chacun le bourreau des deux autres. Telle est la cause occasionnelle.

Par la suite d'ailleurs, je dois dire , ces trois amis n'ont pas joué la pièce et , comme vous le savez c'est Vitold, Tania Balachova et Gaby Sylvia qui l'ont jouée.

Mais il y avait à ce moment-là des soucis plus généraux et j'ai voulu exprimer autre chose dans la pièce que simplement ce que l'occasion me donnait. J'ai voulu dire: "l'enfer, c'est les autres". Mais "l'enfer, c'est les autres" a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'étaient toujours des rapports infernaux. Or, c'est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut-être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons ses connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Deuxième chose que je voudrais dire, c'est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnages que vous entendrez dans Huis Clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes vivants et qu'ils sont morts. Bien entendu, ici" morts" symbolise quelque chose. Ce que j'ai voulu indiquer, c'est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d'habitudes, de coutumes, qu'ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu'ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts. En ce sens qu'ils ne peuvent briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes; et qu'ils restent ainsi victimes souvent des jugements qu'on a portés sur eux. A partir de là, il est bien évident qu'ils sont lâches ou méchants par exemple.
S'ils ont commencé à être lâches, rien ne vient changer le fait qu'ils étaient lâches. C'est pour cela qu'ils sont morts, c'est pour cela, c'est une manière de dire que c'est une mort vivante que d'être entouré par le souci perpétuel de jugements et d'actions que l'on ne veut pas changer. De sorte que, en vérité, comme nous sommes vivants, j'ai voulu montrer par l'absurde, l'importance chez nous de la liberté, c'est à dire l'importance de changer les actes par d'autres actes. Quel que soit le cercle d'enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c'est encore librement qu'ils y restent,  de sorte qu'ils se mettent librement en enfer.


Vous voyez donc que, rapports avec les autres, encroûtement et liberté, liberté comme l'autre face à peine suggérée, ce sont les trois thèmes de la pièce. Je voudrais qu'on se le rappelle quand vous entendrez dire: "l'enfer c'est les autres."
(Texte dit par Jean-Paul Sartre en préambule à l'enregistrement phonographique de la pièce en 1965. Ces textes ont été rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka - Folio essais- Gallimard 1992)
 
 
Résumé de la pièce, explications sur les personnages et l'oeuvre►
C’est une pièce en un acte. Elle est symbolique de la philosophie de l’absurde. Il y a 3 personnes qui se retrouvent après la mort dans une pièce. Ils ne se connaissent pas, ils viennent des millieux différents.
 
Un garçon d'étage introduit dans un salon Style Empire, "Garcin" le journaliste-publiciste, "Inès" l'ancienne employée des Postes et "Estelle", la mondaine. Ainsi débute un hallucinant huis clos. Ils vont se livrer un combat de mots qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Ils s'interrogent sur leur damnation et se cachent sous le masque de la "mauvaise foi". Chacun a besoin de l'autre pour exister, prendre conscience de soi; le regard d'autrui est aussi une menace.

La violence , l'humour , le désespoir et la révolte traversent cette pièce d'une simplicité diabolique et à la mécanique implacable.

INES SERRANO►
Elle est polie et peu aimable. Elle est arrogante et méchante. Elle est lesbienne. Elle est morte asphyxiée au gaz. Elle avait une relation avec Florence, la femme de son cousin. Ines a besoin de la souffrance des autres pour exister. Elle est totalement consciente du mal qu’elle a causé dans le monde ainsi que de sa situation présente. C’est elle qui démasque les autres, c’est-à-dire elle les oblige à avouer leurs fautes.


JOSEPH GARCIN►
Il était publiciste et homme de lettres. Il vivait à Rio avec sa femme. Il est mort fusillé à cause d’une désertion. Garcin propose aux femmes de se taire pour échapper au système infernal où ils se trouvent. Pourquoi est-il en enfer? C’était un homme cruel, il avait torturé sa femme et trahi ses amis.


ESTELLE RIGAULT►
C’était une riche mondaine mariée à un vieil homme. Elle est morte d’une pneumonie. C’est une femme bavarde, frivole et superficielle. Elle a trompé son vieux mari, a eu un enfant de son amant puis elle a tué celui-ci sous les yeux de son amant. C’est une femme adultère et une infanticide sans scrupules.

►L’autrui me voit objectivement, c’est-à-dire que l’autre voit de l’extérieur sans tenir compte de ma subjectivité et si je veux savoir comment je suis, je suis objectivement obligé de passer par lui. Je suis sujet pour moi et objet pour autrui. Si je suis obligé de passer par autrui pour savoir l’être que je suis, je me considère comme prisonnier de ce regard étranger.

L’homme n’est rien d’autre que son projet. Il n’existe que dans la mesure où il se réalise. Il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes.
Les 3 personnages se cachent tous leur liberté pour des raisons différents.

Les symboles de la pièce►
►Il n’y a pas de miroir, ni fenêtre, ni lit. L’absence de ces objets crée un sentiment d’insécurité.
►Le bronze symbolise l’immobilité (l’en-soi).
►Le coupe-papier symbolise l’inutilité, l’absurdité.
►L’absence des paupières symbolise l’affrontation, la conscience, tout est en éveil.
►Il n’y a pas de lit, on ne peut pas fermer les yeux, on ne peut pas dormir.
►"L’enfer" symbolise le monde où nous vivons. Nous sommes condamnés à vivre dans ce monde et à nous faire souffrir mutuellement par le jugement. Donc l’enfer de Sartre ce n’est ni les pals, ni le fer, ni la chaleur, ni le feu; c’est le jugement, la pensée, le regard des autres c’est aussi notre conscience.
►L’absence de la brosse à dents symbolise l’absence de la dignité. Ils ne sont plus des hommes, ils sont morts.
►L’éclairage, c’est le symbole de l’obligation de voir les autres, de juger les autres.
►L’enfer c’est les autres  →  les 3 personnages de la pièce sont chacun  le bourreau de l’autre. Chacun est la victime de l’autre, chacun est obligé de souffrir le regard accusateur de l’autre et pour toujours.
Garcin, Estelle, Inès se jugent à Huis Clos. C’est par l’autre qu’ils commencent à comprendre le sens de la vie et de la mort. Le regard de l’autre est une souffrance mais on a besoin de ça pour exister.
►On est encroûté dans une série d’habitudes, de préjugés. On souffre des jugements des autres. Si l’homme ne cherche pas à changer le jugement des autres sur lui, il n’est pas libre, il est donc en enfer. Si on brise les préjugés, les habitudes, on sort de l'enfer, c'est-à-dire on devient libre.
LA NAUSÉE -  LE RÉSUMÉ
C’est une variation sur le thème de l’absurde. L’absurde est représenté sur la forme d’un journal intime tenu par le héros Antoine Roquentin. L’action se passe à Bouville, ville fictive. Roquentin est venu achever des recherches historiques qui lui paraissent vaines. Il va d’ailleurs finir par les abandonner. Il vit en solitaire et depuis quelques temps il éprouve d’étranges malaises; les objets prennent soudain à ses yeux une importance anormale, une présence inquiétante. Un jour d’hiver, au jardin public, la nausée le reprend: “un arbre gratte la terre sous mes pieds d’un ongle noir. Je voudrais tant me laisser aller, m’oublier, dormir. Mais je ne peux pas, je suffoque”. Cette fois, il comprend le sens de son angoisse. “L’existence me pénètre par les yeux, par le nez, par la bouche…”. Le soir même, il s’analyse longuement dans son journal.

Toute l’existence lui parait vaine. Les existants n’ont pas la moindre raison d’être là (dans ce monde), d’exister.

Roquentin se sent de trop comme tout ce qui l’entoure; les arbres, les fleurs, tout. Il rêve (pense) de se supprimer (se suicider) mais même son cadavre, son sang serait de trop.

Il comprend qu’il est de trop pour l’éternité.
Roquentin se prépare à quitter Bouville lorsqu’un disque de jazz lui fait goûter(sentir) une espèce de joie. Il commence à rêver d’écrire un livre. Il pense trouver son salut dans l’éternité.

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)