Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

Merci Bien - Teşekkürler

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

27 Eylül 2010 Pazartesi

ALBERT CAMUS (1913-1960)
Albert Camus naît à Mondovi (Algérie) le 7 Novembre 1913. Il est le second enfant de Lucien Camus, ouvrier agricole et de Catherine Sintes, une jeune servante d'origine espagnole qui ne sait pas écrire et qui s'exprime difficilement. Lucien Camus est mobilisé pendant la première guerre mondiale et meurt lors de la Bataille de la Marne. Le jeune Albert ne connaîtra pas son père. Sa mère s'installe alors dans un des quartiers pauvres d'Alger, Belcourt. Grâce à l'aide de l'un de ses instituteurs, M. Germain, Albert Camus obtient une bourse et peut ainsi poursuivre ses études au lycée Bugeaud d'Alger. Il y découvre à la fois les joies du football (il devient le gardien de but du lycée) et de la philosophie, grâce à son professeur Jean Grenier. Il est alors atteint de la tuberculose, une maladie qui plus tard, l'empêchera de passer son agrégation de philosophie.

Il obtient son bac en 1932 et commence des études de philosophie. Cette année-là il publie ses premiers articles dans une revue étudiante. Il épouse en 1934, Simone Hié et doit exercer divers petits boulots pour financer ses études et subvenir aux besoins du couple. En 1935, il adhère au parti communiste, parti qu'il quittera en 1937. En 1936, alors qu'il est diplômé d'Etudes Supérieures de philosophie, il fonde le Théâtre du Travail et il écrit avec 3 amis Révolte dans les Asturies, une pièce qui sera interdite. Il joue et adpate de nombreuses pièces : Le temps du mépris d'André Malraux, Les Bas-Fonds de Gorki, Les frères Karamazov de Dostoïevski. En 1938, il devient journaliste à Alger-Républicain où il est notamment chargé de rendre compte des procès politiques algériens.

La situation internationale se tend. Alger-Républicain cesse sa parution et Albert Camus part pour Paris où il est engagé à Paris-Soir. C'est le divorce d'avec Simone Hié, et il épouse Francine Faure.


L'ETRANGER
En 1942 il milite dans un mouvement de résistance et publie des articles dans Combats qui deviendra un journal à la libération. Cette année-là il publie "l'Etranger" et "le Mythe de Sisyphe" chez Gallimard . Ces deux livres enflamment les jeunes lecteurs et valent à Albert Camus d'accéder, dès cette année-là, à la notoriété.

En 1944 il fait la rencontre de Jean-Paul Sartre. Ce dernier souhaiterait qu'il mette en scène sa pièce Huis Clos. C'est l'époque où les deux philosophes entretiennent des rapports amicaux : "l'admirable conjonction d'une personne et d'une œuvre" écrit Sartre de Camus. Leurs relations vont pourtant s'envenimer jusqu'au point de non retour.

En 1945, c'est la création de "Caligula", qui révélera Gérard Philippe. Deux ans après, il publie "La Peste" qui connaît un immense succès. C'est cette année-là qu'il quitte le journal Combat.


En 1951, publication de "l'Homme Révolté" qui vaut à Camus à la fois les foudres des surréalistes et des existentialistes. Des surréalistes tout d'abord: André Breton est furieux des propos de Camus sur Lautréamont et Rimbaud. Les existentialistes se déchaînent quant à eux, en publiant un article très critique dans Les temps Modernes, revue dont le directeur n'est autre que Jean-Paul Sartre. L'année suivante ce sera la rupture définitive entre Camus et Sartre.

Albert Camus subit alors avec une grande douleur la situation algérienne. Il prend position, dans l'Express, au travers de plusieurs articles où il montre qu'il vit ce drame comme un "malheur personnel". Il ira même à Alger pour y lancer un appel à la réconciliation. En vain.

En 1956, il publie "La Chute"; une œuvre qui dérange et déroute par son cynisme et son pessimisme.

Albert Camus obtient le prix Nobel en octobre 1957 "pour l'ensemble d'une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes". Il a alors 44 ans et est le neuvième français à l'obtenir. Il dédie quant à lui son discours à Louis germain, l'instituteur qui en CM2 lui a permis de poursuivre ses études. Il est félicité par ses pairs, notamment Roger Martin du Gard, François Mauriac, William Faulkner. Lui pourtant regrette: il aurait souhaité que cette distinction revienne à André Malraux, son aîné, qu'il considère aussi comme un maître. 3 ans après, le 4 janvier 1960, il se tue dans un accident de voiture. Le destin. Alors qu'il avait prévu de se rendre à Paris par le train, Michel Gallimard lui propose de profiter de sa voiture. Près de Sens, pour une raison indéterminée, le chauffeur perd le contrôle du véhicule. Albert Camus meurt sur le coup. On retrouve dans la voiture le manuscrit inachevé du Premier Homme. Dans l'une de ses poches, il y avait également un billet de chemin de fer.
Résumé de l'Etranger

Première Partie►

Meursault, le narrateur, est un jeune et modeste employé de bureau habitant Alger. Le récit commence le jour de la mort de sa mère. Au petit matin, il reçoit un télégramme de l'asile de vieillards de Marengo, situé à quatre-vingt kilomètres d'Alger lui annonçant son décès. Elle y séjournait depuis trois ans.


Meursault demande et obtient un congé de quarante huit heures et va déjeuner chez Céleste, un restaurant où il a l'habitude d'aller.

Vers deux heures de l'après-midi, il prend l'autobus. Il fait chaud, Meursault dort pendant presque tout le voyage. L'asile étant à deux kilomètres du village, Meursault termine le trajet à pied. Après les formalités, il a une entrevue avec le directeur de l'asile, qu'il écoute d'une oreille distraite. Ce dernier lui indique que sa mère n'était pas malheureuse à l'asile. Il lui annonce également que l'enterrement religieux est fixé au lendemain matin.


Puis Meursault se rend dans une salle blanchie à la chaux où se trouve entreposé le corps de sa mère mais il refuse de voir le corps . Il a une conversation avec le concierge. Cet homme bavard lui raconte sa vie et lui propose de dîner au réfectoire. Meursault, décline l'invitation. Le concierge lui offre alors un café au lait que Meursault accepte.

Puis a lieu la veillée, interminable: les amis de sa mère, tous semblables, y assistent. Ils s'installent autour du cercueil et laissent échapper des bruits bizarres de leurs bouches édentées. Une vieille femme pleure sans cesse. Meursault a la désagréable impression que ces vieillards sont là pour le juger.



Le jour se lève. Meursault admire la beauté de ce nouveau matin. Après une toilette rapide et un nouveau café au lait que lui a préparé le concierge, le narrateur se rend chez le directeur où il accomplit de nouvelles formalités administratives. Puis le cortège funèbre se rend vers l'église du village, située à trois quarts d'heure de marche. Un vieillard suit péniblement le cortège, il s'agit de Thomas Pérez, un compagnon d'asile de la mère de Meursault. les voisins se moquaient d'eux en les appelant "les fiancés". La chaleur est insoutenable. L'enterrement défile comme un songe dans l'esprit de Meursault : l'église, le cimetière, l'évanouissement du vieux Pérez, l'attente, puis la joie quand l'autobus le ramène enfin à Alger.


Meursault a enterré sa mère sans larmes et n'a pas voulu simuler un chagrin qu’il n’éprouvait pas.


A son réveil , le samedi, Meursault essaye de comprendre le mécontentement de son patron: deux jours de congé pour l'enterrement de sa mère, puis les deux jours de week-end, cela fait quatre jours d'absence. Désœuvré, il décide d'aller se baigner au port. Il y rencontre par hasard Marie Cardona, une ancienne dactylo de son bureau dont il avait "eu envie à l'époque". Ils nagent, s'amusent dans l'eau. Leurs corps s'effleurent. Puis ils s'endorment ensemble sur une bouée, Meursault posant sa tête sur le ventre de Marie. Quand ils se rhabillent, Marie découvre , en voyant sa cravate noire, que Meursault est en deuil. Elle montre sa surprise lorsqu'elle apprend qu'il a perdu sa mère la veille. Le soir, ils vont au cinéma voir un film de Fernandel. Pendant la séance il lui caresse les seins et l'embrasse. Ils passent la nuit ensemble. Le dimanche matin elle part avant son réveil. Meursault reste au lit toute la matinée à fumer des cigarettes. Le midi il fait cuire des œufs et les mange à même le plat. Désœuvré, il passe tout l’après-midi à son balcon, et observe les allées et venues des gens de son quartier. Le soir, "j'ai pensé que c'était toujours un dimanche de tiré, que maman était maintenant enterrée, que j'allais reprendre mon travail et que, somme toute, il n'y avait rien de changé".

Le lundi, Meursault retourne au bureau. Après une matinée banale, il déjeune comme d'habitude chez Céleste avec son collègue Emmanuel. Puis sieste chez lui, et retour au bureau en tram, où il travaille "tout l'après-midi"; le soir, le plaisir simple de rentrer chez lui en marchant le long des quais.


Dans l'escalier de son immeuble, Meursault rencontre le vieux Salamano, son voisin de palier, accompagné de son chien, un épagneul couvert de croûtes, qui ne le quitte pas, et qu'il injurie; cela fait huit ans que Meursault assiste quotidiennement à cette scène immuable. Puis dès qu'il a quitté Salamano, son autre voisin de palier, Raymond Sintès, l'invite à venir "manger un morceau" avec lui; soupçonné d'être un souteneur, ce voisin a mauvaise réputation. Il porte ce soir-là un pansement à la main: il s'est fait blesser au cours d'une rixe dont il fait le récit. Raymond Sintès se confie à Meursault: l'homme avec qui il s'est battu est le frère d'une femme qu'il "entretient", et qu'il veut punir parce qu'il s'est aperçu" qu'il y avait de la "tromperie". Il veut lui écrire une lettre, pour la faire revenir, et ensuite l'humilier. Il demande à Meursault de rédiger cette lettre et ainsi l'aider à réaliser sa vengeance. Meursault l'écrit. Raymond est satisfait et reconnaissant: "Maintenant, tu es un vrai copain".


La semaine s'achève. Meursault a bien travaillé. C'est samedi, il retrouve Marie. Ils prennent le bus pour aller à la plage située à quelques kilomètres d'Alger. Le soleil; l'eau, le goût du sel, et les jeux amoureux dans les vague: "Sa langue rafraîchissait mes lèvres et nous nous sommes roulés dans les vagues pendant un moment." Tous deux reviennent chez Meursault : "J'avais laissé ma fenêtre ouverte et c'était bon de sentir la nuit d'été couler sur nos corps bruns".



Le dimanche matin, Marie est restée. Elle souhaite savoir si Meursault l'aime ? Il lui a répondu que cela ne voulait rien dire, mais qu'il (lui) semblait que non. Marie a eu l'air triste, puis la bonne humeur est revenue. C'est à ce moment-là, qu'ils entendent les bruits d'une dispute chez Raymond; celui-ci frappe une femme en l'injuriant. Meursault et marie sortent sur le palier. L'arrivée d'un agent met fin à la dispute. La fille accuse Raymond d'être un souteneur, ce qui lui vaut d'être convoqué au commissariat.


Après le départ de Marie, vers 13 heures, Meursault dort une peu. Puis Raymond vient le voir. Il est heureux de sa vengeance et lui demande de venir témoigner. Meursault accepte. Ils sortent ensemble l'après-midi. Meursault trouve que "c'est un bon moment". À leur retour, ils trouvent Salamano sans son chien. Le vieil homme est complètement désemparé et leur explique comment celui-ci s'est sauvé. Les deux hommes le rassurent et lui indiquent que le chien a pu s'égarer, mais qu'il allait revenir.



Le soir, Salamano vient rendre visite à Meursault,. "Puis il m'a dit : "Bonsoir". Il a formé sa porte et je l'ai entendu aller et venir. Son lit a craqué. Et au bizarre petit bruit qui a traversé la cloison, j'ai compris qu'il pleurait. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à maman".


Meursault est au bureau et Raymond l'appelle pour les inviter lui et Marie à passer le dimanche suivant chez un ami, dans un cabanon au bord de mer, près d'Alger. Raymond lui indique aussi que toute la journée un groupe d'Arabes l'a suivi, parmi lesquels se trouvait le frère de son ancienne maîtresse.


Peu après le patron de Meursault le convoque. Il propose de l'envoyer à Paris où il envisage de créer une agence. Meursault montre peu d'enthousiasme et son patron lui reproche son indifférence et son manque d'ambition.


Le soir Marie vient chercher Meursault et lui demande s'il veut se marier avec elle. Meursault lui explique que cela n'a aucune importance et que si elle désire ils peuvent très bien se marier. Puis les deux amants se séparent car Marie "avait à faire".



Dîner chez Céleste, à la même table qu'une petite femme affairée qui a un comportement d'automate. De retour chez lui, sur le pas de la porte, Meursault retrouve Salamano, qui lui annonce que son chien est définitivement perdu. Ils évoquent le chien, puis Salamano parle de sa jeunesse, de son ambition d'alors, de sa femme et de chien qu'il avait acquis à la mort de celle-ci. Puis il évoque la mère de Meursault: dans le quartier, on l'a mal jugé quand il l'a mise à l'asile, mais lui, Salamano, connaissait bien Meursault et il savait qu'il aimait beaucoup sa mère. Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, les deux hommes échangent une poignée de main.

Le dimanche. Marie appelle Meursault et le réveille. Ils frappent ensuite à la porte de Raymond. La veille, Meursault a témoigné au commissariat que la fille avait "manqué" à Raymond. Marie est heureuse de passer la journée au bord de la mer avec Meursault. Au moment où ils vont prendre l'autobus, Raymond aperçoit sur le trottoir d'en face un groupe d'Arabes ( dont le "type" de Raymond) qui les regardent. Ils prennent l'autobus pour se rendre chez l'ami de Raymond, Masson, un grand gaillard sympathique. C'est en plaisantant qu'ils arrivent au cabanon de Masson, situé à l'extrémité de la plage. Il attend ses invités en compagnie de sa femme, une "petite femme ronde à l'accent parisien". Masson , Meursault et Marie partent se baigner. Meursault et Marie nagent ensemble ("nous nous sentions d'accord dans nos gestes et dans notre consentement") puis s'allongent au soleil. Le déjeuner est arrosé, il est encore tôt et l'éclat du soleil sur la mer est insoutenable. Pendant que Marie aide Mme Masson à faire la vaisselle, Meursault, Raymond et Masson vont se promener sur la plage. Tout au bout, ils aperçoivent soudain deux Arabes. "C'est lui", dit Raymond reconnaissant son adversaire. Raymond frappe "son type" et Masson s'occupe de l'autre. Meursault ne prend pas part à la bagarre. L'un des Arabes a tiré un couteau, Raymond est blessé, sans gravité. Il part se faire soigner chez un médecin. Meursault, lui , reste avec les femmes. A son retour, vers une heure et demie, Raymond retourne sur la plage, Meursault l'accompagne. Les deux Arabes sont encore là, allongés près d'une source. Raymond provoque son adversaire mais Meursault, par précaution, l'oblige à lui remettre son revolver. Les deux Arabes se retirent tranquillement. La chaleur est insoutenable.
A peine de retour au cabanon, Meursault éprouve le besoin de revenir se promener sur la plage, et il se dirige vers le coin ombragé de la source pour y trouver un peu de fraîcheur. Le "type" de Raymond est revenu. Du fait du soleil écrasant, Meursault va vivre la suite des événements dans une espèce de semi-conscience; il serre le revolver de Raymond dans sa poche, envisage de faire demi-tour, mais sent la plage "vibrante de soleil" qui se presse derrière lui ; l'Arabe tire son couteau, la lumière gicle sur l'acier ; les yeux aveuglés de sueur, la main de Meursault se crispe sur le revolver, le coup part. "C'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur".

Deuxième Partie►
Meursault est arrêté et subit plusieurs interrogatoires au commissariat, puis chez le juge d'instruction. Trouvant son affaire "très simple" Meursault ne juge pas utile de prendre un avocat. On lui en désigne un d'office. Il questionne Meursault sur sa mère et les sentiments qu'il avait pour elle. Les propos à la fois sincères et naïfs de Meursault gênent son avocat. Nouvel interrogatoire chez le juge. Il lui demande lui aussi s'il aimait sa mère. Il souhaiterait également comprendre pourquoi il a attendu entre le premier et les quatre autres coups de feu. Meursault ne manifeste aucun regret, et reste muet. Le juge, lui, est fébrile. Il invoque Dieu et le Christ et brandit un crucifix. L'instruction, va durer onze mois. Maintenant que l'avocat y assiste, Meursault a l'impression d'en être un peu exclus "Le juge discutait des charges avec mon avocat. Mais en vérité, ils ne s'occupaient jamais de moi en ces moments-là".



Le jour de son arrestation, Meursault se retrouve enfermé avec d'autres prisonniers. Puis très vite, il se retrouve seul dans une cellule. De sa fenêtre, il peut voir la mer. Visite de Marie au parloir. Le bruit des autres conversations de prisonniers couvre les paroles de Marie. Meursault a du mal à se concentrer. Il ne lui répond que par des monosyllabes. Pourtant, il aimerait tant la prendre dans ses bras.
Puis Marie lui envoie une lettre, ce sera l'unique. Meursault souffre au début de cette privation de liberté. La mer lui manque, il a envie de cigarettes, il a des désirs de femme. Puis il s'habitue peu à peu aux privations et ne se trouve "pas trop malheureux". Pour tuer le temps dans sa cellule: il dort, il lit, il songe à ses souvenirs, et lit et relit un fait divers trouvé par hasard sur un vieux morceau de journal sous son matelas. Un soir il se regarde dans le miroir de sa gamelle: "Il m'a semblé que mon image restait sérieuse, alors même que j'essayais de lui sourire."


Le procès aux assises a lieu en juin. "Les débats se sont ouverts avec, au dehors, tout le plein de soleil". Le matin, Meursault se confie à un gendarme et lui avoue l'intérêt qu'il éprouve à assister à un procès. Il n'a jamais eu l'occasion d'y participer. La salle du tribunal est bondée. On se presse pour le voir. Meursault découvre l'assistance depuis son box d'accusé. il y a les jurés alignés comme sur une banquette de tramway, les journalistes, la cour, les témoins. Les rires, la fébrilité qui règne dans cette salle, et les conversations semblent l'exclure : il se sent de trop.



Entrée de la cour. La séance débute par des questions administratives, puis c'est l'énoncé des faits. Le président interroge Meursault sur sa mère, sur le meurtre de l'Arabe. Les témoins défilent les uns après les autres: le directeur de l'asile, le concierge, Thomas Perez. Le tribunal apprend que Meursault n'a pas pleuré à l'enterrement de sa mère, qu'il a refusé de la voir une dernière fois, et qu'il a fumé dans la morgue. La salle est déconcertée, le procureur, lui, savoure sa victoire. Céleste, vient à la barre et peut juste confier que ce qui arrive à Meursault est un "malheur"; il ne peut en dire plus. Harcelée par le procureur, Marie avoue que sa "liaison irrégulière" avec Meursault date du lendemain de l'enterrement, et qu'ils sont allés le soir même de leur rencontre voir un film de Fernandel. Puis elle craque, parce qu'on la forçait à dire le contraire de ce qu'elle pensait. "Le procureur en conclut" que le lendemain de la mort de sa mère, cet homme prenait des bains, commençait une liaison irrégulière et allait rire devant un film comique. Le tribunal accorde ensuite peu d'attention aux témoignages de Masson et de Salamano. Puis l'avocat général révèle à la cour que Raymond est un "souteneur"; Meursault a écrit la lettre qui est à l'origine du drame, il a fourni un témoignage de complaisance en faveur de Raymond: ces deux hommes sont complices, et le crime de Meursault est évidemment un crime crapuleux. Les derniers propos du procureur sont accablants: "J'accuse cet homme d'avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel". L'avocat proteste. A la réaction de son avocat, Meursault comprend que le procès tourne mal. Puis l'audience est levée, Meursault regagne sa cellule.


Meursault se sent exclu de ce procès, aussi bien des plaidoiries de son avocat que celles du procureur. Il assiste au procès comme s'il y était étranger. On parle de lui, mais sans jamais lui demander son avis. Quelques points cependant éveillent son intérêt. Ainsi le procureur qui l'accuse d'avoir prémédité son crime: l'indifférence qu'il a manifesté à la mort de sa mère prouve son "insensibilité" . Le procureur va même jusqu'à assimiler son crime à celui du parricide qui sera jugé le lendemain: Meursault est un monstre, qui n'a "rien à faire avec une société" dont il méconnaît "les règles les plus essentielles". Emporté par sa démonstration, le procureur réclame la tête de l'accusé. Le président demande ensuite à Meursault s'il souhaite apporter un commentaire. Pour la première fois, l'accusé demande la parole. Il indique qu'il n'avait pas l'intention de tuer l'arabe et que ce crime a eu lieu à cause du soleil. Il prend conscience du ridicule de la situation: la salle éclate de rire.



L'avocat plaide les circonstances atténuantes. Il vante les qualités morales de Meursault. Mais celui-ci est ailleurs, il ne l'écoute plus; sa vie lui revient en mémoire. Il éprouve une grande lassitude. Puis on s'empresse autour de son avocat pour le féliciter. Pendant les délibérations ce dernier se montre confiant, il croit en un verdict favorable. Une longue attente, un brouhaha, le silence de la salle, enfin le président fait lecture de la condamnation: Meursault aura "la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français".


Meursault refuse pour la troisième fois de voir l'aumônier. Il pense au "mécanisme implacable" qui le conduira à la mort, à ses chances de s'y soustraire. Apprendre qu'une seule fois, la roue s'est arrêtée, que le condamné à mort est parvenu à s'échapper, lui suffirait : "mon cœur aurait fait le reste". Il se souvient de son père qui avait assisté à une exécution capitale. Lui s'il était libre, il irait assister à toutes. Il pense à tous éléments de la mise en scène: la guillotine, l'aube ... Meursault sait que c'est à l'aube que les bourreaux viendront le chercher. Lorsque le matin arrive, il sait qu'il a gagné un jour de sursis supplémentaire. Il lui arrive même de songer à l'éventualité d'une grâce. Cette pensée le remplit d'une joie insensée.



Meursault pense à Marie, qui a cessé de lui écrire, quand l'aumônier pénètre dans sa cellule. La conversation s'engage entre les deux hommes. Les paroles de douceur et d’espoir de l'aumônier mettent Meursault hors de lui. L'aumônier insiste pour que Meursault se repente, mais le condamné à mort lui répond qu'il ne sait même pas ce qu'est le péché. En le quittant l'aumônier indique à Meursault son intention de prier pour lui. Meursault se précipite sur l’aumônier, le saisit au collet et l’insulte. Après son départ, Meursault retrouve le calme et se laisse transporter par la nuit estivale: "Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine".
Albert Camus évoque l'Etranger

"...J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale : 'Dans notre sociéte tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort.' Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tenté de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple: il refuse de mentir."

"...On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Étranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Il m'est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j'avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l'aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l'affection un peu ironique qu'un artiste a le droit d'éprouver a l'égard des personnages de sa création."

Quelques citations de "l'Etranger"

►Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.

►L'absurdité est surtout le divorce de l'homme et du monde.


►Tout refus de communiquer est une tentative de communication ; tout geste d'indifférence ou d'hostilité est appel déguisé.

►Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine.
L’ABSURDITÉ de CAMUS
La doctrine d’Albert Camus est une philosophie de l’absurde. Cette philosophie est définie dans “Le Mythe de Sisyphe”, puis dans “L’Etranger”, enfin dans “La Peste”.

"L’absurde" veut dire lenon-sens de la vie. L’homme prend conscience de l’absurdité du monde et il se sent tout à coup étranger à ce monde. Ce sentiment, cette prise de conscience de l’absurde est inspiré par le caractère machinal de l’existence et la certitude de la mort. 

Le suicide n’est pas une solution face à l’absurdité de l’existence. Car la suicide est une défaite pour l’homme. L’homme se révoltera contre l’absurdité pour donner un sens à sa vie: “je me révolte donc nous sommes”. Se révolter c’est exalter la dignité de l’homme, c’est lutter contre une réalité qui le dépasse.

Camus dit que "l’homme absurde est libre" car jusqu’à la découverte de l’absurde, l’homme était esclave de ses habitudes et de ses préjugés. Cette prise de conscience le libère et le pousse à la révolte.

Camus dit que "l’homme absurde est passionné" car l’homme absurde s’attachera à la vie le plus possible, va sentir sa vie, sa révolte et sa liberté.

26 Eylül 2010 Pazar

JEAN GENET (1910-1986)

De père inconnu, d’une mère qui l’a abandonné, il a vécu sous la protection de l’assistance sociale. On l’a confié à une famille de paysan. Jean Genet est intéressant car c’est un criminel, un voleur; il a passé sa vie dans des prisons. C’est un homosexuel qui se prostitue. Il se révolte contre toutes les valeurs de la société française. Il défend la trahison.
Il n’aime que la langue française qu’il utilise d’une manière fantastique.
Dès l’âge de 11-12 ans, chez la famille des paysans, il est accusé de vol. Le vol, lui apparait comme qqch de fantastique, il est attiré par cette accusation, il commence à voler.

Après le tribunal et le jugement c’est la prison.
L’objet de ses vols sont les livres. Il va chez des libraires et vole des livres, après les avoir lus il les revend. Puis, il a honte de revendre les livres qu’il a volés, il les abandonne sur les étalages des bouquinistes. Pour se défendre au tribunal il avoue son crime dans un texte poétique. Il dit qu’il avait le droit de profiter des ouvrages littéraires créés par les écrivains français. C’est au nom de ce droit qu’il vole. Quand ce texte est publié on a pris connaissance d’un homme assez intéressant. Il est parmi les grands écrivains du XXème siècle.

Sartre, Gide ont vu chez ce criminel un grand écrivain. Ils ont écrit des articles sur les oeuvres de Jean Genet. Malgré sa célébrité il continuait à voler.
C’est un récidiviste c’est-à-dire un criminel qui répète le même crime (s’il commet pour une première fois le crime, le juge peut être tolérant); le but de condamnation c’est la correction mais les récidivistes risquent à une condamnation à vie (peine perpétuelle).

Les écrivains ont mené une campagne et ont obtenu la grâce présidentielle (le président peut pardonner un criminel); parmi ces écrivains on peut citer Sartre, Cocteau, Jouvet.
Sartre publie une oeuvre intitulée “Saint-Genet comédien et martyre”. D’après Sartre c’est un type existentialiste. Il se révolte contre tout au nom de la liberté absolue. D’autre par Genet est irrité d’être célèbre.
“Les Bonnes”, “Les nègres” et “Les paravents” sont ses pièces de théâtres.
LES BONNES
Jean Genet est né de père inconnu, et abandonné par sa mère. Donc cet auteur n'a pas de racines et personne à qui se référer. Ainsi, dans Les Bonnes, les deux femmes se créent une référence absolue sous le nom de "Madame". Sans Madame, les Bonnes n'existeraient pas.

L'auteur est confié à des paysans, de la même façon que les Bonnes sont au service de Madame. Jean Genet ne possède rien. Il va donc voler, non parce qu'il en a besoin, mais pour s'affirmer libre. De la même façon, les Bonnes volent à Madame de petits objets mais surtout son apparence, son attitude, son langage, et jusqu'à sa mort.

Ce jeu où la jouissance concrète est dépassée vers la jouissance métaphysique, c'est le jeu du théâtre même. Le vol est sanctifié. il est la condition de l'être. Mais il est socialement réprimé et donc Genet connaîtra le bagne d'enfants. La répression commence par la découverte du coupable : autrui est un regard indiscret et impitoyable. C'est le regard même du spectateur de théâtre, le regard qui condamne et baptise : "tu es un voleur". Cette condamnation à la fois injuste et irréfutable poussera Genet à devenir ce que l'on a dit qu'il était. Au lieu de protester ou de renoncer, il revendique et aggrave le mal. Il se situe donc délibérément sous le regard d'autrui. Comme les Bonnes, il se veut un personnage de théâtre. Cette inversion provocante des valeurs qui va de pair avec l'inversion sexuelle de Genet trouve ses limites qui sont la folie et la mort. Le salut viendra de l'écriture. Genet ne va pas écrire pour se racheter mais pour, au contraire, se confirmer et contaminer l'esprit du lecteur.

Les Bonnes est basé sur un fait divers réel : le crime des soeurs Papin. En 1933, Christine et Léa Papin, âgées de 28 et 21 ans, sont depuis 7 ans au service d'une famille bourgeoise du Mans où elles donnent tout satisfaction. En février, elles assassinent leurs patronnes, avec sauvagerie, leur arrachant les yeux, leur tailladant les cuisses et les fesses, puis aspergeant chaque victime du sang del'autre. Après quoi elles lavent les armes du crime ( un marteau, un couteau à découper et un pichet d'étain ). Elles se lavent elles-mêmes et se couchent dans le même lit. Ce crime a fasciné les auteurs surréalistes. Instruments et martyres, les deux soeurs s'aimaient d'un amour incestueux.

En 1947, dans Les Bonnes, Genet ne prend en compte ni l'aspect social ni la folie explosive du meurtre. Les Bonnes sont le contraire d'un mélodrame sanglant. C'est un rite cérébral qui débouche sur le mythe et rejoint la tragédie. Madame ne meurt pas. Ce sont les Bonnes qui s'auto-détruisent. Donc Genet détourne le fait divers et le retourne comme un gant. Chaque agression contre Madame est fantasmée ou avortée, et si elle devait mourir ce serait par le poison, la strangulation ou l'asphyxie, comme chez Racine. Genet a inventé le personnage de "Monsieur" et leur dénonciation à la police. Ainsi, Madame ayant rendez-vous avec lui, elle échappe au poison que les Bonnes lui ont préparé. Genet a par contre conservé l'homosexualité incestueuse des Bonnes. Dans la préface, Genet écrit : "Tous les soirs elles se masturbent et déchargent en vrac l'une dans l'autre leur haine l'une contre l'autre." C'est un rituel sadique que méritent masochistes aussi. les soeurs haïssent Madame mais elles s'entre-déchirent tout autant et Claire a peur de Solange. L'unité d'action des Bonnes se résume d'un mot : "tuer Madame". Dans la première partie de la pièce, les deux soeurs jouent à mimer ce meurtre qu'elles n'ont pu accomplir dans la réalité. Dans la seconde partie, nouvel échec. Madame refuse de boire le tilleul empoisonné. Dans la dernière partie, c'est Claire qui, dans le rôle de Madame, boit le poison. de façon symbolique, Madame est morte, mais concrètement elle est vivante. Il y a donc du clacissisme dans cette composition. C'est à dire : Solange est incapable d'étrangler Madame, Claire est incapable de l'empoisonner et Claire force Solange à lui administrer le breuvage mortel. Le clacissisme est renforcé par la construction en trois parties. Ces trois parties peuvent se subdiviser en cinq parties:
La première: du début de la pièce à la sonnerie du réveil qui ramène les Bonnes à la réalité après le jeu rituel
La deuxième: de la sonnerie du réveil à celle du téléphone qui signifie aux Bonnes que leur machination a échoué.
La troisième: de la sonnerie du téléphone à l'arrivée de Madame : préparation du meurtre
La quatrième: de l'arrivée de Madame à son départ, avec le désespoir de Madame car Monsieur est en prison, se renonciation avec le "je vous donne tout", puis un renversement radical : Monsieur est libéré, Madame s'échappe, triomphante.
La cinquième: du départ de Madame à la fin de la pièce: Claire met en scène la catastrophe qui sera l'apothéose des Bonnes.

25 Eylül 2010 Cumartesi

BLAISE PASCAL (1623-1662)

C’est un écrivain solitaire qui brille comme une étoile. Il est ardent janséniste, il a consacré toute sa rigueur, toute son imagination et toute sa foi à defendre l’ordre de Port-Royal.

Il est élevé par son père et ses deux soeurs, il n’est pas allé au collège. Il a appris tout seul la géométrie, à 18 ans il imagine et fait construire une machine à calculer. Il part pour Paris où il fait des expériences sur la pression atmosphérique et rencontre Descartes. Il fréquente les libertins, il s’amuse dans le monde et semble oublier Dieu. A la suite d’un accident, il traverse une crise de mysticisme, influencé par ses soeurs, il se sent illuminé par la foi et se retire à Port-Royal et devient un ardent janséniste. C’est là qu’il écrit “Les Provinciales”. Dans ses dernières années il travaille sur un ouvrage concernant la religion chrétienne que  la mort ne lui laisse pas de terminer et  dont les fragments reconstitués forment “les Pensées”.

D’après Pascal dans cette nature exceptionnelle se réunissent trois grandes qualités, souvent contradictoires. Il possède au plus haut point la rigueur scientifique; il appelle cette qualité “l’esprit de géométrie”. Cela permet des raisonnements rigoureux.
Il est doué d’une sensibilité enflammée par une grande force d’imagination, il appelle cette qualité “l’esprit de finesse”. Elle permet les relations avec autrui, l’ouverture à l’art, cette sensibilité n’est pas de tendresse mais du jansénisme d’après lui. Sa rigueur scientifique ne le rend pas hostile à la religion et aux mystères de la foi.

LES PROVINCIALES
C’est une occasion qui fait de Pascal un écrivain. Le chef des jansénistes publie une lettre, les jésuites répondent et c’est la cause d’un polémique et le maitre du couvent demande à Pascal de porter l’affaire devant le public. Celui-ci publie 18 lettres anonymes. Le nom des lettres c’est “Les Provinciales” car elles simulent une correspondance entre un provincial et l’un de ses amis qui l’informe.


On y distingue 3 parties:
1. les questions de la grâce: elles occupent les 4 premières lettres. Elles traitent de la censure dont le chef est l’objet et de différentes interprétations de la grâce entre jésuites et jansénistes. Ce sont des lettres de défense.
2. la morale relachée des jésuites: Pascal prend l’offensif. Il attaque la base de cette morale relachée qui est le probabilisme: toute opinion soutenue par un docteur serieux est probable, même si un autre docteur seriux dit le contraire et en propose à un autre. Exemple: on n’avait pas l’intention de tuer l’adversaire mais seulement de venger son honneur.
3. les questions théologiques

Les idées directrices de “Les Pensées”►
Le but est d’amener les libertins à croire en la religion chrétienne. Il s’agit d’abord de montrer à ces libertins que la religion n’est pas contraire à la raison. Il les ammène à aimer cette religion, il leur montre qu’elle est vraie “vénérable parce qu’elle a bien connu l’homme; aimable parce qu’elle promet le vrai bien”.
Cette démarche de Pascal est originale, il ne commence pas par vouloir prouver l’existence de Dieu car il sait que ce débat est sans limite. Il part de la situation de l’homme. L’homme est un mystère; c’est une créature étrange composée de misère et de grandeur, un être indéfini que l’on a du mal à cerner. Cette créature qu’est l’homme est fragile comme un roseau est incroyablement supérieur à tout ce qui parait plus résistant que lui, parce qu’il peut penser, et sait qu’il est fragile. Le christianisme apporte une solution à ce mysticisme, ce mélange de misère et de grandeur s’explique parce que l’homme a connu la grandeur avant le péché originel et qu’il en a gardé les traces.
"LE PARFUM" de PATRICK SUSKIND

Ce roman évoque l'étonnant destin de Jean-Baptiste Grenouille, qui possède un sens olfactif incroyable. Ses aventures se déroulent en France au XVIII ème siècle.

Résumé du Roman
Jean-Baptiste Grenouille naît à Paris le 17 juillet 1738. Il vient au monde au milieu de légumes et de poissons avariés, lors "d'une des journées les plus chaudes de l'année". Sa mère, accusée d'infanticide, est condamnée et décapitée. Le petit Jean-Baptiste est confié à plusieurs nourrices. Aucune d'elle ne le garde. Elles considèrent toutes qu'il est soit trop goulu, soit inquiétant car ne possédant aucune odeur.


L'une des nourrices le ramène au père Terrier, moine au cloître de Saint-Merri. Ce dernier est frappé par l'extraordinaire sensibilité olfactive du nourrisson. Ce don l'inquiète et il se débarrasse vite de Grenouille.


Il est alors confié à Mme Gaillard, une femme sans odorat. Dans cette maison, Grenouille survit dans un milieu hostile. Il apprend à distinguer les odeurs environnantes.


Mme Gaillard détecte les dons olfactifs de Grenouille. Lorsqu'il a 9 ans, elle décide de le confier au maître tanneur Grimal qui est à la recherche de main-d'œuvre : " Au premier coup d'œil qu'il jeta sur M. Grimal, Grenouille sut que c'était là un homme capable de le battre à mort à la moindre incartade." Le jeune Grenouille est corvéable à merci, il enterre et déterre les peaux et va puiser de l'eau au fleuve. Il effectue les travaux les plus pénibles. Grenouille tombe gravement malade et survit miraculeusement à cette grave maladie. A l'âge de douze ans, M. Grimal lui donne la permission de sortir le dimanche, puis l'année suivante de sortir une heure , chaque soir, après le travail . Pendant ce temps libre, Grenouille se promène dans Paris et y recherche les odeurs les plus extraordinaires : " Il avait à sa disposition la plus grande réserve d'odeur du monde".

Le 1er septembre 1753, anniversaire de l'accession au trône de Louis XV, Grenouille assiste à un feu d'artifice tiré depuis le pont royal. Il est irrésistiblement attiré par un parfum délicieux inconnu jusqu'alors : " Il s'apprêtait déjà à tourner le dos à cet ennuyeux spectacle, pour rentrer en suivant la galerie du Louvre, lorsque le vent lui apporta quelque chose : quelque chose de minuscule , d'à peine perceptible, une miette infime , un atome d'odeur et même moins encore, plutôt le pressentiment d'un parfum, qu'un parfum réel, et pourtant en même temps le pressentiment infaillible de quelque chose qu'il n'avait jamais senti." Il suit ce magnifique parfum à la trace . Celui-ci le conduit à travers des ruelles de Paris jusque dans la rue des Marais. Il découvre une jeune fille rousse : Pour Grenouille, il fut clair que sans la possession de ce parfum, sa vie n'aurait plus de sens." Voulant à tout prix posséder ce parfum, il étrangle la fille et lui arrache ses vêtements pour pouvoir "s'imprégner jusqu'à l'ivresse de son parfum". Cette rencontre va donner un sens à sa vie : " il fallait qu'il soit un créateur de parfums. Et pas n'importe lequel. Le plus grand parfumeur de tous les temps."



Quelque temps après, Grenouille parvient à se faire engager comme apprenti chez Guiseppe Baldini, un parfumeur connu, mais qui est bord de la faillite, en raison de la concurrence de Pélissier, un nouveau génie de la parfumerie. Grenouille, pour se faire engager est parvenu à retrouver la formule d'Amor et Psyché, le dernier parfum à la mode. Mieux, il a même réussi à en améliorer sa composition. Baldini rachète Grenouille à M. Grimal. Le tanneur convaincu d'avoir réalisé la meilleure affaire de sa vie, fête tellement cet événement, qu'il finit par tomber dans la Seine et se noie.


Chez Baldini, Grenouille apprend les secrets de la distillation et l'art de composer les parfums. Certains parfums créés par lui, assurent gloire et fortune à Baldini qui les produit sous son nom. Tout Paris redevient fou des parfums de Baldini.


Mais Grenouille se rend compte qu'il ne pourra jamais créer toutes les odeurs dont il rêve. Puis il tombe gravement malade. On le croit mort, mais il revient à la vie en apprenant qu'il existe, à Grasse, dans le sud de la France, d'autres méthodes pour extraire et fabriquer des parfums.


Baldini finit par accepter de laisser partir Grenouille. Celui-ci quitte Paris par un jour de mai de l'année 1756. La nuit même, la maison de Baldini est précipitée dans la Seine. Baldini et son épouse ne peuvent être sauvés, pas plus d'ailleurs que les cahiers aux six cents formules de parfums créées par Grenouille.


Grenouille se rend dans le sud de la France à pied. Durant ce voyage, il prend conscience qu'il a horreur des humains et recherche une totale solitude. Il décide de s'arrêter au sommet d'un volcan de deux mille mètres appelé le Plomb du Cantal. Il va hiberner sept ans dans une grotte située sur cette "montagne de la solitude". Durant ce long séjour Grenouille s'imagine dans un château d'odeurs. Il revisite toutes les odeurs et tous les parfums qu'il a connus ou imaginés depuis son enfance. Il pense particulièrement au parfum de la jeune fille de la rue des Marais.



Puis un jour, c'est "la catastrophe intérieure" : " il poussa un cri aussi épouvantable que si on l'avait brûlé vif". Grenouille réalise qu'il n'a lui-même aucune odeur. Horrifié par cette révélation, il quitte sa grotte.


Grenouille est accueilli, dans la région de Montpellier, par le Marquis de la Taillade-Espinasse, un noble ayant tourné le dos à Versailles et s'étant retiré sur ses terres pour se consacrer aux sciences. Le marquis, intrigué d'apprendre que Grenouille a vécu pendant sept ans dans une grotte, souhaite tester sur lui sa théorie concernant le fluidum letale ( le fait qu'il ait été si longtemps au contact de la terre le rend particulièrement intéressant à ses yeux), et le soigner grâce à "une cure de désintoxication" de son imagination. Lors de ce séjour, Grenouille découvre sa silhouette dans un miroir : "il fit un petit signe de tête à la silhouette et vit qu'en le lui rendant, elle dilatait discrètement les narines..."


Grenouille décide alors de se composer une fragrance humaine. Il se rend compte que cette odeur lui permet de passer inaperçu. Puis dans la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, lors d'un mariage, il réalise à nouveau l'étendue de son pouvoir et est envahi d'un immense contentement : "Qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le cœur des hommes". Il désire créer un parfum lui permettant d'influencer les hommes, de les dominer et de se faire aimer d'eux.


Le Marquis de la Taillade-Espinasse organise une nouvelle conférence pour montrer l'effet positif de son traitement sur Grenouille. Cette conférence connaît un immense succès. Grenouille est le seul à savoir que la grande sympathie que le public lui manifeste est dû au parfum dont il s'est couvert.


Grenouille reste encore quelques semaines chez le Marquis. Puis tandis qu'il quitte Montpellier en cachette, le Marquis, lui, part seul en direction du Pic du Canigou. Il a décidé d'expérimenter, nu comme un ver, une cure de rajeunissement .


Grenouille poursuit son voyage et arrive à Grasse. Il est fasciné par ces nouvelles effluves qu'il y découvre. Il est surtout attiré par le parfum extraordinaire d'une jeune fille, Laure. Il veut absolument s'approprier cette odeur : "Ah il voulait avoir ce parfum! Non pas l'avoir de façon aussi vaine , aussi lourdaude que naguère celui de la jeune fille de la rue des Marais. Celui-là, il n'avait fait que s'en saouler , le détruisant du même coup. Non, le parfum de cette jeune fille derrière le mur, il voulait véritablement se l'approprier ; l'ôter d'elle comme une peau et en faire son propre parfum. Comment cela se passerait, il l'ignorait encore. Mais il avait deux ans devant lui pour l'apprendre..." Pendant ce temps, il travaille chez la veuve Arnulfi. Le premier compagnon, Druot lui donne des leçons et l'initie à l'enfleurage à froid.



Mettant à profit ces nouvelles connaissances, Grenouille essaye de capter les odeurs des objets, des animaux et des hommes. Il constate qu'il faut d'abord les tuer. Ainsi il parvient à s'approprier le parfum d'un petit chien, puis ensuite, celui d'un homme.


Grenouille retourne respirer le parfum de Laure: " elle était encore là cette plante à l'incomparable beauté , elle avait passé l'hiver sans dommage, elle était en pleine sève. " S'il constate avec bonheur que le parfum de Laure n'a rien perdu de sa séduction, il réalise que celui-ci s'estompera avec le temps.


C'est alors que plusieurs meurtres de jeunes filles sont commis dans la ville. La cité est saisie d'effroi. Les pères ne savent plus comment protéger leurs filles du cruel meurtrier qui assassine les plus belles jeunes filles de Grasse. Puis les meurtres cessent. La population attribue ce répit à l'évêque qui a décidé solennellement d'excommunier ce terrible assassin.


A la suite de ces crimes, Antoine Richis, le bourgeois le plus riche de la ville, qui est aussi le père de Laure, essaye de garder son sang froid, mais il est terrorisé par un rêve prémonitoire. Il craint pour la vie de sa fille. Il imagine un stratagème, pour espère-t-il, la sauver.


Il souhaite la soustraire au redoutable assassin et organise secrètement son départ pour la Napoule, où elle épousera Alphonse, le fils du baron de Bouyon. Ainsi mariée pense-t-il, Laure perdra tout attrait pour le meurtrier.


Grenouille se rend compte que la merveilleuse senteur a disparu. Il décide de partir à sa recherche, car il sait que le moment est venu de capturer l'odeur de Laure afin de créer le parfum parfait.


Grâce à son nez, il retrouve la trace de Laure et s'installe dans la même auberge qu'elle. Le soir, il parvient à s'introduire dans sa chambre, et la tue. Pour capturer son parfum, il lui rase les cheveux, s'empare de sa chemise et procède à son enfleurage.


Au petit matin, la nouvelle de la mort de Laure se répand dans Grasse. La population est terrorisée et décide de tout mettre en œuvre pour capturer le meurtrier.


Après quelques jours, sur les informations d'un garde, la maison de Grenouille est fouillée. On y retrouve les cheveux et les vêtements de Laure ainsi que ceux d'autres victimes. Grenouille est arrêté. La haine de la population est immense. Grenouille est jugé et condamné à la peine de mort.


Dans sa prison, il semble indifférent au sort qui l'attend. Son exécution est fixée à cinq heures, l'après-midi. Dès le matin, les habitants se pressent pour ne pas perdre une miette du spectacle. Grenouille réalise alors un miracle. Il se verse une goutte du parfum de Laure et toute la population ne voit en lui qu'un être faible et innocent. C'est la liesse générale. Richis, le père de la victime se jette dans ses bras et décide de le recueillir chez lui. Cette adoption lui permettra de l'aider à supporter la disparition de sa fille adorée. Mais durant la nuit, Grenouille quitte Grasse en cachette.


Après son départ, on arrête Druot, qui entre-temps a épousé la veuve Arnulfi. On le juge rapidement . Il est reconnu coupable des crimes et pendu immédiatement.


Grenouille, lui, a décidé de rentrer à Paris. Sur la route, il analyse sa vie qu'il considère comme un échec. Certes, avec le parfum qu'il a créé et dont il n'a utilisé qu'une seule goutte pour échapper à la mort, il pourrait se faire aimer de la terre entière. Mais il a envie de mourir. Arrivé à Paris, il retourne sur le lieu de sa naissance. Durant la nuit, cet endroit est livré à tous les assassins de la capitale. "Il s'était aspergé des pieds à la tête avec le contenu de cette petite bouteille et était apparu tout d'un coup inondé de beauté comme d'un feu radieux". Les criminels sont d'abord stupéfaits. "Ils éprouvaient une attirance pour cet homme qui avait l'air d'un ange". Puis soudain, ils craquent. " Ils se précipitèrent vers l'ange, lui tombèrent dessus, le plaquèrent au sol." Grenouille est dépecé et dévoré par l'assistance : "Une demi-heure plus tard, Jean-Baptiste Grenouille avait disparu de la surface de la terre jusqu'à la dernière fibre." Sur le visage des assassins, " flottait une virginale et délicate lueur de bonheur": Ils avaient l'impression pour la première fois, "d'avoir fait quelque chose par amour."

24 Eylül 2010 Cuma

"SI LE GRAIN NE MEURT"
OEUVRE AUTOBIOGRAPHIQUE
D'ANDRE GIDE

Gide raconte sans fard ses vingt-six premières années, de sa naissance à ses fiançailles. Il décrit l'atmosphère familiale et insiste particulièrement sur les contrastes nés des origines de son père et de sa mère. Alors que les Rondeaux étaient des industriels normands installés à Rouen, catholiques assez jansénistes, les Gide descendaient d'une vieille famille huguenote d'Uzès, étaient des gens intelligents, froids, pieux et convenables qui cultivaient les vertus familiales, dont les idées demeuraient figées et étroites, chez qui la tradition bourgeoise française était renforcée par la réserve genevoise et l'hypocrisie britannique. Les longs séjours que l'enfant, puis l'adolescent faisait dans ces deux villes et dans les campagnes avoisinantes, les visages des grands-parents et des innombrables oncles, tantes et cousins sont évoqués dans la mesure même où ils exercèrent sur lui une double influence, et où ils firent s'élever en lui des contradictions que seule pouvait réduire une activité d'ordre artistique. Ce furent ensuite les études, fort irrégulières, dans différentes pensions et collèges, l'amour pour la campagne, le goût de la botanique et de l'entomologie, étrangement violent chez un enfant que l'on considérait comme attardé ; la passion pour la musique et la littérature. Moralement, il fut d’abord dominé entièrement par ses sentiments religieux, strictement liés à un amour tenace et profond pour sa cousine, Emmanuèle. À l’âge de dix ans, il était encore «incurieux des oeuvres de la chair», mais il tomba «amoureux, oui, positivement amoureux d’un garçonnet un peu plus âgé que lui». Puis il eut une «liaison passionnée où ne se glissait de sensualité pas la moindre», souffrant d’une «inhabilité foncière à mêler l’esprtit et les sens [...] une des répugnances cardinales de sa vie». Il cultivait «une sorte de réprobation pour ce qu’il entrevoyait de la débauche, contre quoi son instinct secrètement s’insurgeait». «Malgré mes explorations à travers les appartements des cocottes, j’étais demeuré, à quinze ans, incroyablement ignorant des alentours de la débauche». «Mon éducation puritaine encourageait à l’excès une retenue naturelle où je ne voyais point malice. Mon incuriosité à l’égard de l’autre sexe était totale ; tout le mystère féminin, si j’eusse pu le découvrir d’un geste, ce geste je ne l’eusse point fait». Cette éducation «avait fait un monstre des revendications de la chair» et «je retombais dans le vice de ma première enfance». Il rappelle des souvenirs littéraires : Heredia, Mallarmé, Henri de Régnier, Ferdinand Hérold, Bernard Lazare, Francis Viélé-Griffin ; son appartenance au mouvement symboliste ; son amitié pour Pierre Louÿs dont le faux paganisme pourtant lui répugnait.


Dans la seconde partie du livre, il s'engage dans l’élucidation de ses problèmes sexuels, question particulièrement grave et complexe pour un tempérament comme le sien, impressionnable et hypersensible, empêtré dans les interdits d'une éducation puritaine. Mais il jette le masque avec une audace provocante qui traduit aussi son obsession de la sincérité. Pendant des années d'angoisse et de contention, il fut partagé entre l’amour pur pour sa cousine et la perspective d’une union avec elle, et des amitiés masculines de plus en plus sensuelles. D’où une crise qui s’accompagna naturellement d’inquiétudes religieuses. Cependant, avec son ami, Paul Laurens, il partit en Afrique du Nord où, devant la beauté des jeunes garçons, il décida d'échapper aux contraintes, de laisser cours aux instincts, de s'abandonner avec intrépidité à toutes les sollicitations de sa chair, devant reconnaître qu’il lui fallait ou renoncer au plein développement de sa personnalité ou devenir homosexuel. C’est à Biskra qu’il eut enfin la révélation du plaisir avec le jeune Mériem et quand, plus tard, «une plantureuse Suissesse [...] s’écroula dans ses bras», il en fut «écoeuré». Il retourna seul en Algérie, y rencontra Oscar Wilde qui y était en compagnie de Lord Alfred Douglas et, entraînés par leur audace, trouva «sa normale», ayant avec «le petit Mohammed» «cinq fois atteint la volupté». Et «il ne me suffisait pas de m’émanciper de la règle ; je prétendais légitimer mom délire, donner raison à ma folie». Après la mort de sa mère, il fut «étourdi par sa liberté» et, pourtant, dissociant l’amour et le plaisir, il se raccrocha à «l’amour pour sa cousine», le livre s'achevant sur l'annonce de leurs fiançailles.

ANALYSE SUR L'OEUVRE►
Faisant, par le titre, allusion à la parole de Jésus : «Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruits», Gide a voulu, ou en tout cas tenté, de montrer qu’il lui a fallu mourir au monde contraignant de son enfance pour se révéler l’écrivain qu’il était devenu.  Il a gardé sans cesse à l'esprit, comme démarche, la totale sincérité, aussi bien à son endroit qu'à celui de son entourage, ouvrant pratiquement une nouvelle voie dans la littérature autobiographique, même si Rousseau le premier fit réellement preuve de candeur en la matière, même si ce ne fut que de manière restreinte. Il n'a pas voulu laisser prise à quelque sentiment de honte. Sa sincérité envers lui-même s'exerça avant tout sur sa vie sexuelle, d’où des réminiscences et des descriptions d'une impudeur désespérée et d'une délicatesse pathétique.  S'il a pu être si libre, si ouvert et honnête, c'est qu’il avait pris une distance de trente ans, que cet enfant et ce jeune homme qui avaient pourtant été lui-même lui paraissaient désormais des étrangers, et que presque tous les protagonistes qu'il évoquait étaient morts (sauf son épouse : est-ce la raison pour laquelle il l’appelle Emmanuèle alors que son nom était Madeleine Rondeaux?). D’autre part, les obstacles en la matière avaient été grandement levés grâce aux recherches et aux théories de Freud. Gide montra bien la profonde et durable influence qu’eut sur lui Wilde, qu'il a personnifié à plusieurs reprises à travers la figure mythique de son Ménalque. Il poussa jusqu'à leurs extrêmes limites le tact et la délicatesse de la langue, l'art classique du non-dit et l'art d'offrir de manière oblique une idée ou une image qui serait autrement offensante. La pureté de la manière, remplaçant la pureté de la vie, confère au récit un style et un attrait mêlé de respectabilité bourgeoise et d'élégance toute française. Plutôt que le pittoresque, c'est la correction et l'élégance qui sont recherchées et qui l'emportent admirablement. Le style est minutieux et attentif, prompt à verser dans la poésie, et capable de mener analyses et discussions avec une limpidité et une pureté de lignes vraiment classiques. “Si le grain ne meurt” compte parmi les chefs-d'oeuvre des autobiographies. Mais Gide a beaucoup hésité avant de publier ce livre qui fut rédigé par fragments, achevé en 1919, tout d'abord diffusé en éditions hors commerce à tirage limité, en 1920-1921 (première et seconde parties), imprimé depuis plus de deux ans avant qu’à son retour du Congo, il prenne la décision de faire face au scandale que devait susciter sa publication intégrale en 1924.  C'est, cependant, avec le ‘’Journal’’, qu’il s’est montré le plus vrai.
RENE DESCARTES (1596-1650)

Il est né à La Haye.
Il s’intéressait depuis longtemps (depuis sa jeunesse) aux mathématiques à cause de la certitude et de l’évidence de leurs raisons. Il est licencié en droit.

Quand il était officier en Hollande, il trouve le temps d’écrire un “Traité de Musique” où il explique la musique par un calcul de proportions.

En 1619, il reste tout le jour dans une chambre chauffée par une poêle, à “s’entretenir de ses pensées”.

Le 10 novembre 1619, il y aurait découvert l’idée d’une méthode universelle pour la recherche de la vérité et poursuit à partir de ce moment des voyages à travers l’Allemagne, la Hollande, la France, la Suisse et l’Italie. De retour en France, il séjourne à Paris, se mêle à la vie mondaine, lit des romans, se bat en duel. En 1628, il émerveille l’auditoire par sa doctrine et le cardinal lui fait un devoir de conscience de s’appliquer à reformer la philosophie.

Pendant 20 ans, il vivra en Hollande pour y travailler en pleine liberté. Il compose plusieurs oeuvres, mais la condamnation de Galilée par l’inquisition lui fait remettre à plus tard la publication de ces ouvrages qui reposaient sur l’idée dı mouvement de la Terre (1633).

Le succès de sa philosophie qui ébranle l’autorité d’Aristote lui crée en Hollande des ennuis avec les universités d’Ultrecht et de Leyde: il est accusé de blasphème et même d’athéisme.

Invité par la reine, il gagne Stockholme mais il supporte mal le climat: les entretiens philosophiques avec la reine ont lieu à 5 heures du matin! Il prend froid et meurt en 1650. Ses restes furent ramenés en France en 1667, sans les honneurs qu’il méritait: le cartésianisme était déjà suspect.

LE DISCOURS DE LA METHODE►
Pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences (1637) “Le Discours de la Méthode” est la première grande oeuvre philosophique et scientifique en français. Descartes veut être accessible à ceux qui ne se servent que de leur raison.

Pour expliquer la découverte de sa méthode, Descartes évoque la stérilité des études de sa jeunesse: lettres, histoire, mathématiques, théologie, morale. Son désir de "distinguer le vrai d’avec le faux” l’a entrainé à acquérir de l’expérience dans “le grand livre du monde” puis lui a inspiré la résolution aussi en lui-même.

Les 4 règles de la méthode ►
1)- Règle d'évidence: il faut avoir une idée claire et distincte du problème; c'est-à-dire, il faut poser le problème en termes aisément compréhensibles et sans confusions aucunes. "Poser"
2)- Règle de l'analyse: il faut décomposer le problème, le diviser en entites plus facilement résolvables. On retrouve le principe de la programmation informatique avec la programmation modulaire. "Diviser"
3)- Règle de déduction: il faut essayer d'aller du plus simple au plus compliqué. "Recomposer"
4)- Règle du dénombrement: on va verifier tous les chemins afin d'éviter d'en oublier. Un exemple ne suffit pas pour prouver une théorie. "Verifier"

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)