Hakkımda

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Şişli / İstanbul, (0533 2490843) vildan_ornadis@hotmail.com, Türkiye
Chers abonnés et visiteurs du blog;Tout au long de ma vie scolaire,j’ai reçu un enseignement français.Après avoir terminé le collège français “Sainte-Pulchèrie” j’ai continué à ma vie lycéenne au “Lycée Français Saint-Michel”.J’ai reçu mon diplôme de fin d’études secondaires 3 ans plus tard. À la suite du lycée,j’ai étudié la philologie et la littérature française à “L’Université d’Istanbul, dans “La Faculté des Lettres”;simultanément j’ai étudié la formation pédagogique à L’Université d’Istanbul,dans“La Faculté d’Éducation”(“Formation à L’Enseignement”).Après 4 ans d’études de double licence je suis diplômée en tant que philologue,aussi professeur de français.Toutes les formations que j’ai acquises m’ont perfectionnée dans les domaines tels que la langue, la littérature et la culture française ainsi que la formation pédagogique. Depuis 11 ans, je partage mes connaissances avec ceux qui veulent apprendre la langue,la culture et la civilisation française. J’enseigne les gens de tout âge et de tout niveau depuis les élèves des écoles françaises,jusqu’aux étudiants de diverses universités sans oublier les hommes ou femmes d’affaires ni les amateurs de la francophonie

Présentation

Sevgili Blog Takipçileri;
Tüm eğitim hayatımı fransızca gördüm. İstanbul'da bulunan‘’Özel Sainte-Pulchérie Fransız Kız Ortaokulu’’nu bitirdikten sonra liseyi İstanbul'da bulunan ''Özel Saint-Michel Fransız Lisesi’’nde okudum. Ardından ‘’İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi Batı Dilleri ve Edebiyatları Bölümü‘’ içinde yer alan ‘’Fransız Dili ve Edebiyatı Anabilim Dalı’’nda dört yıllık lisans eğitimimi tamamladım.Bu süre içerisinde ‘’İstanbul Üniversitesi Eğitim Fakültesinde Pedagojik Formasyon’’ alanında eğitim görüp çift anadal diploması aldım. Böylece hem filolog (Dilbilimci) hem de öğretmen olarak mezun oldum. Aldığım bütün bu eğitimler bana hem Fransız Dili, hem Fransız Edebiyatı hem de Pedagoji alanlarında büyük bir yetkinlik sağladı. Onbir yıldır teorik olarak edindiğim tüm bilgileri, pratikte bu dili ve kültürü öğrenmek isteyen her yaştan her gruptan kişilere aktarıyorum. İstanbulda bulunan fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler başta olmak üzere üniversite öğrencileri, iş adamları, fransız kültürüne meraklı olup kendini geliştirmek isteyen her yaştan her meslek grubundan kişiler meslek hayatım süresince öğrencim olmuştur ve olmaya devam edecektir.

EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR ►

MES DOMAINES D'ENSEIGNEMENT-EĞİTMENLİK YAPTIĞIM ALANLAR

Grammaire – Littérature – Biologie ( Pour les élèves des écoles françaises - Fransız kolejlerinde eğitim gören öğrenciler için )

Préparation au concours organisé par L'Université de Galatasaray - Galatasaray Üniversitesi iç sınavına hazırlık

Préparation au concours de langue étrangère - YDS (Üniversite Yabancı Dil sınavı) ye hazırlık

Toutes sortes de conseils d'orientation scolaire en France (licence, master) - Fransa’da yüksek öğrenim (lisans , yüksek lisans) görmek isteyen öğrencilere, üniversite seçimlerinden motivasyon mektubu yazımına kadar her türlü alanda eğitim danışmanlığı

Etudes spéciales (privées ou en groupe) pour les adultes -Yetişkinler için kişiye özel birebir ve grup çalışmaları

Cours de la langue Turque (grammaire - conversation) pour les étrangers - Yabancılara türkçe (dil bilgisi ve konuşma) dersleri

BLOGU BİRLİKTE GELİŞTİRELİM (Développons ensemble le contenu du blog)

Le contenu du blog est bilingue. Le blog sera développé grâce à la contribution des abonnés. On présentera les oeuvres des écrivains français, on partagera des résumés ainsi que des analyses et des commentaires sur le blog. Pour mieux concevoir la littérature contemporaine, on va traiter les nouveaux auteurs et courants, on va discuter sur les extraits de leurs oeuvres pour autant la littérature classique et antique. On va honorer les célèbres auteurs classiques en parlant de leurs oeuvres et des courants qu'ils ont initiés à la très chère littérature française. Parfois, on parlera d'une époque soit artistique, soit historique; ou bien on va donner des informations générales ou spécifiques sur la France, la culture française etc...
Pour tout cela il est nécessaire que nos abonnés soient en contact et en collaboration avec nous.

İçerik hem türkçe hem fransızcadır. Siz takipçilerin katkılarıyla gelişecektir blog yazıları. Fransız yazarların eserlerinin tanıtımı kimilerinin özetleri, farklı dönemlerden yazarlar ve eserleri hakkında analiz ve yorumlarla çeşitlendireceğiz blogumuzu. Klasik edebiyata olduğu kadar çağdaş metinlere de önem vereceğiz yeni yazarları işleyeceğiz eserlerinden alıntılar yapacağız. Kimi zaman bir dönemi ele alacağız, bazen de Fransa ile ilgili genel bilgiler, tanıtımlar yapacağız. Katkılarınızı bekliyoruz...

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Böylece,bir gün üyesi olmayı hedeflediğimiz Avrupa Birliğine katıldığımız zaman farklı kültürlere uyum sağlamakta zorluk çekmeyeceğiz.

17 Eylül 2010 Cuma

MARQUIS DE SADE (1740-1814)


LA VIE
Donatien-Alphonse-François de Sade naît à Paris le 2 juin 1740. Il est le descendant d'une vieille et prestigieuse famille de l'aristocratie de Provence. A 14 ans, il entre dans une école militaire qui est réservée aux fils de la plus ancienne noblesse et, un an plus tard, il participe à la guerre de Sept ans contre la Prusse. Il y brille par son courage, mais aussi par son goût pour la débauche: Sade est à la recherche des plaisirs sensules. Il rentre en 1763, avec le grade de capitaine, il commence à fréquenter les actrices de théâtre et les courtisanes. Son père, pour mettre fin à cette vie corrompue cherche à le marier au plus vite.


Le 17 mai 1763, il épouse Mlle de Montreuil, une femme noble et fortunée. Pourtant i l ne change pas et dans la même année, il est emprisonné pour la première fois à cause des « débauches outrées » c’est-à-dire à cause des plaisirs sexuels excessifs. En 1768, il passe encore six mois en prison car cette fois-ci il a enlevé et torturé une passante. Il donne fêtes et bals dans son domaine provençal de La Coste, il fait un voyage en Italie avec sa belle-sœur, dont il est tombé amoureux. A Marseille, en 1772, il est accusé d'empoisonnement: il avait en fait distribué, lors d'une orgie, des dragées aphrodisiaques à quatre prostituées qui avaient rendu malade l'une d'entre elles. Alors il doit s'enfuir en Savoie. Il est condamné à mort, il est arrêté, mais il s'évade, et passe ses cinq années en voyageant. Pendant ce temps il crée plusieurs scandales. Puis cinq ans plus tard il vient à Paris pour régler ses affaires après la mort de sa mère. Pendant son séjour il est arrêté.
Malgré les interventions de sa femme, il va passer cinq années dans le donjon de Vincennes, il y écrit des pièces de théâtre et des romans pour échapper son ennui. Puis il est transféré à la Bastille où il commence la rédaction des “Cent vingt journées de Sodome” (1785) puis, deux ans plus tard, “Les infortunes de la vertu” et “Aline et Valcour”. En juillet 1789, dix jours avant la prise de la Bastille, il est transféré à Charenton, dans un asile de fous. Il doit abandonner sa bibliothèque de six cents volumes et ses manuscrits.


Après la révolution il est libéré comme les autres prisonniers. Sa femme, qui est fatiguée de ses violences, se sépare de lui et ses deux fils émigrent. Pour survivre dans le Paris révolutionnaire il cherche à faire jouer ses pièces, il se lie avec une jeune actrice, Marie Constance Quesnet, qui lui restera fidèle jusqu'au bout. “Justine ou les malheurs de la vertu” est publié anonymement en 1791.

Pour faire oublier ses origines nobles, il devient militan dans la section révolutionnaire de son quartier. Mais il continue les débauches. À la fin de l’année 1793, il est arrêté et condamné à mort. Il échappe à la guillotine par chance et est libéré en octobre 1794.

Il vit chichement car ses seuls revenus sont ses écrits. Il publie en 1795 “La philosophie dans le boudoir”, “Aline et Valcour”, “La nouvelle Justine et Juliette”: Justine et Juliette sont deux sœurs, l'une incarne la vertu, l'autre le vice, elles vivent des aventures telles que le lux, les disputes et les cruautés. La presse l'accuse d'être l'auteur de « l'infâme roman » Justine. Il se défend maladroitement. En 1801, la police prend ses ouvrages chez son imprimeur. On ne lui pardonne pas sa violence érotique, son « délire du vice », sa pornographie. Sans jugement, par simple décision administrative, il est enfermé dans l'asile de fous de Charenton. Il y meurt le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté. C’est un esprit libre mais tout au long de ses 74 années il a passé les 30 ans en prison.


Ses descendants ont refusé de porter le titre de marquis, et il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour que son œuvre soit « réhabilitée. L’originalité de Sade c’est qu’il a ouvert la voie à la psychologie sexuelle moderne.
L’oeuvre de Marquis de Sade est considérable car il n’ a jamais cessé d’écrire. Elle contient des nouvelles, des contes, des romans, des essais philosophiques et une énorme correspondance qui nous permet de suivre sa vie presque au jour le jour.


Les oeuvres les plus importants sont►
 Les 120 jours de Sodome
 Aline et Valcour ou le Roman philosophique (1795)
 La Philosophie dans le boudoir (1795)
 Justine ou Les Malheurs de la vertu
 Histoire de Juliette, sa soeur
 Les Crimes de l’amour (1800)

La pensée de Sade prend ses sources de l’univers philosophique du 18ème siècle. Mais le visage de Sade est double; il est à la fois un auteur bien ancré dans le mouvement des idées de son époque et un auteur qui les bouleverse totalement.


Sade, comme Diderot, est un partisan du matérialisme, c’est-à-dire qu’il reconnait comme loi suprême la loi de la matière. Les individualistes s’effacent dans cette matière qui bouge continuellement: “Rien ne nait, rien ne périt essentiellement; tout n’est qu’action et réaction de la matière… C’est une variation infinie; mille et mille portions de différentes matières qui paraissent sous toutes sortes de formes, s’anéantissent et se rencontrent, sous d’autres, pour se perdre et se remonter encore.” (Histoire de Juliette ou les prospérités du vie, IV)

Sade fait l’éloge des passions au nom du matérialisme. “On déclame contre les passions, sans songer que c’est à leur flambeau que la philosophie allume le sien, que c’est à l’homme passionné que l’on doit le renversement total de toutes les imbécilités religieueses qui si longtemps empestèrent le monde”. (Ibid., I)


Mais Sade se détache des philosophes car il ne proclame pas comme eux la bonté originelle de l’homme. Il affirme que la nature humaine est fondamentalement cruelle: “La cruauté est dans la nature; nous naissons tous avec une dose de cruauté que la seule éducation modifie… La cruauté n’est autre chose que l’énérgie de l’homme que la civilisation n’a point encore corrompue: elle est donc une vertu et non pas une vice”. (La Philosophie dans le boudoir, III)


C’est un renversement radical par rapport à l’optimisme général du 18ème siècle. Sade fait aussi l’éloge du bonheur. Toutefois dans cette recherche de la plénitude, le modèle proposé n’est pas la vertu mais le crime; la destruction est le relais nécessaire de la transformation incessante de la nature: “Si je voyais qu’il eût de possibilité pour moi d’être heureuse que dans l’excès des crimes les plus atroces, je les commettrais tous à l’instant sans frémir, certain que la première loi que m’indique la nature est de me délecter, n’importe aux dépens de qui”. (Juliette, I.).


A ce niveau, plus rien n’empêche les personnages de Sade de donner libre cours à toutes leurs pulsions, puisqu’ils ne font que suivre en cela l’appel de la nature. Ils ne connaissent pas le remords mais sont guidés par une lucidité exempte de toute mauvaise conscience. Pour Sade la liberté de l’individu déborde tous les cadres sociaux. Les personnages de Sade sont des solitaires qui pour leurs seuls plaisirs, n’hésitent pas à condamner les plus faibles.

LES SCANDALES DE SADE

La première diffusion du nom de Sade dans l’opinion publique n’a rien de littéraire et se fait par les scandales.

Au printemps 1768, le peuple apprend qu’un marquis a entraîné dans sa petite maison d’Arcueil, une jeune veuve, Rose Keller. Celle-ci est réduite à la mendicité, le marquis la fouette jusqu’au sang et l’oblige, le dimanche de Pâques, à des pratiques blasphématoires. La rue et les salons s’émeuvent. La famille, Sade et Montreuil se réunissent, se mobilisent pour soustraire l’affaire à la justice commune et la placer sous la juridiction royale. Sade est incarcéré au château de Saumur, puis à celui de Pierre-Encise. La plaignante reçoit de l’argent. L’affaire est jugée au Parlement en juin et le roi, à la demande de la comtesse de Sade fait libérer le coupable en novembre.

On pouvait tout oublier si le scandale n’avait à nouveau éclaté en juin 1772. L’affaire de Marseille succède à l’affaire d’Arcueil. Il s’agit cette fois de quatre filles. Le marquis a proposé à ses partenaires sexuelles des pastilles à la cantharide. Deux filles se croient empoisonnées, les autres sont malades. Comme en 1768, la rumeur enfle. L’aphrodisiaque est présenté dans l’opinion comme un poison. La participation active du valet justifie l’accusation de sodomie. Le parlement de Provence condamne Sade et le valet à la peine de mort pour empoisonnement et sodomie mais ceux-ci ont fui en Italie.


« Nous sommes décidés, par mille raisons, à voir très peu de monde cet hiver… », écrit le marquis en novembre 1774. Il a engagé à Lyon et à Vienne comme domestiques cinq « très jeunes » filles et un jeune secrétaire aussi « trois autres filles d’âge et d’état à ne point être redemandées par leurs parents » . Mais bientôt les parents déposent une plainte « pour enlèvement fait à leur insu et par séduction ». Une procédure criminelle est ouverte à Lyon. Le scandale est cette fois étouffé par la famille, mais l’affaire des petites filles nous est connue par les lettres conservées par le notaire Gaufridy publiées en 1929 par Paul Bourdin.


On verra par la suite avec quel soin madame de Montreuil s’est préoccupée de faire disparaître les traces de ces orgies. L’affaire est grave car le marquis a de nouveau joué du canif. Une des enfants, la plus endommagée, est conduite en secret à Saumane chez l’abbé de Sade qui se montre très embarrassé de sa garde et, sur les propos de la petite victime, accuse nettement son neveu. Une autre fille, Marie Tussin, du hameau de Villeneuve-de-Marc, a été placée dans un couvent de Caderousse, d’où elle se sauvera quelques mois plus tard. Le marquis prépare une réfutation en règle de ce qu’a dit l’enfant confiée à l’abbé, mais elle n’est pas la seule à avoir parlé. Les fillettes d’ailleurs n’accusent point la marquise et parlent au contraire d’elle « comme étant la première victime d’une fureur qu’on ne peut regarder que comme folie ».Leurs propos sont d’autant plus dangereux qu’elles portent, sur leurs corps et sur leurs bras, les preuves de leurs dires. Les priapées de la Coste ont peut-être inspiré les fantaisies littéraires des Cent vingt jours de Sodome, mais le canevas établi par le marquis passe de loin ces froides amplifications. C’est un sabbat mené à bave-bouche avec le concours de l’office. Gothon17 y a probablement chevauché le balai sans entrer dans la danse, mais Nanon18 y a pris une part dont elle va rester toute alourdie ; les petites ravaudeuses de la marquise y ont livré leur peau au jeu des boutonnières et le jeune secrétaire a dû y faire la partie de flûte. »

LES OEUVRES►

Les Cent Vingt Journées de Sodome ou l'École du libertinage:
C'est la première grande œuvre du marquis de Sade, écrite en prison à la Bastille en 1785. Telle qu’elle est, l’œuvre ne présente qu’une version inachevée, que l’auteur eût probablement poursuivie s’il ne l’avait perdue en 1789, à moins que, comme l'écrit Michel Delon 2, elle ne soit « inachevable », ne pouvant pas « montrer ce qui excède l'imagination ». Georges Bataille a écrit, dans La littérature et le mal (1967) : "Personne à moins de rester sourd n'achève les Cent vingt Journées que malade : le plus malade est bien celui que cette lecture énerve sensuellement."

                                Justine:
Certaines figures de fiction ont accompagné leur créateur tout au long de leur vie : c’est le cas de Justine pour Sade.
En mars 1791, une lettre de Sade à Reinaud, son avocat à Aix, annonce en ces termes la sortie prochaine de Justine : « On imprime actuellement un roman de moi, mais trop immoral pour être envoyé à un homme aussi pieux, aussi décent que vous. J’avais besoin d’argent, mon éditeur me le demandait bien poivré, et je lui ai fait capable d’empester le diable. On l’appelle Justine ou les Malheurs de la vertu. Brûlez-le et ne le lisez point s’il tombe entre vos mains : je le renie. »
Une première version est rédigée à la Bastille en 1787. Par étapes successives, l’auteur ajoute de nouveaux épisodes scabreux qu’il fait se succéder les uns aux autres, comme un feuilleton.
Deux volumes en 1791, pas moins de dix volumes illustrés de cent gravures obscènes en 1799 sous le Directoire, « la plus importante entreprise de librairie pornographique clandestine jamais vue dans le monde » selon Jean-Jacques Pauvert, sous le titre de La Nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu, suivie de l’Histoire de Juliette, sa sœur.
Le livre scandalise, mais surtout il fait peur : très vite on sent que la subversion l’emporte sur l’obscénité. C’est pourquoi les contemporains lui refusent ce minimum de tolérance dont bénéficient ordinairement les écrits licencieux. Justine, on la rejette en bloc, sans appel, on voudrait la voir anéantie. L’œuvre marque la naissance de la mythologie sadienne.

Bonaparte jetant Justine au feu :« le livre le plus abominable qu’ait enfanté l’imagination la plus dépravée ».
SADISME

Le sadisme est la recherche de plaisir dans la souffrance (physique ou morale: domination, contrôle...) volontairement infligée à autrui (éventuellement un animal). Même si le sadisme peut exister indépendamment des activités sexuelles, il y est fréquemment associé. Plus encore, certaines personnes ne peuvent avoir de relations sexuelles satisfaisantes sans infliger des souffrances à autrui.

Origine du nom "sadisme" ►
Le terme a été créé par Richard_von_Krafft-Ebing à partir du nom du philosophe du XVIIIe, Sade, dont les écrits servent à démontrer le crime. Son oeuvre est essentiellement philosophique, politique, anticléricale et démonstrative. Il se sert des sévices sexuels fantasmés, écrits, par provocation et aussi parce que du fond de sa prison, il ne lui reste qu'une sexualité virtuelle, il est à la fois Justine : "...ce que peut bien éprouver notre héroïne. De vrai est difficile à dire. Et Sade le sait trop parce que Justine c'est lui." Sade s'incarne aussi dans Juliette. Voilà une des raisons qui font que le sadisme ne peut être assimilé comme le contraire ou le complément du masochisme.


Le sadisme est souvent lié à tort au masochisme. Gilles Deleuze, dans sa présentation de Sacher-Masoch, montre que le masochisme n'est ni le contraire ni le complément du sadisme, mais un monde à part, avec d'autres techniques et d'autres effets. Les actes sadiques, telles que la torture, sont émis sans le consentement de l'autre, tandis que le BDSM relève des pratiques entre adultes consentants.

Psychanalyse du "sadisme"►

Le sadisme fut essentiellement rattaché par Freud à l'activité sexuelle à proprement parler. Mais l'emploi désigna déjà chez lui la volonté d'infliger de la souffrance au-delà de la sexologie. Par la suite, d'autres auteurs retiendront cette compréhension du sadisme hors activité sexuelle. Le sadisme se comprend alors comme manifestation d'une pulsion de mort, mêlée à une pulsion sexuelle (voir par exemple Clara, l'héroïne du roman d'Octave Mirbeau, Le Jardin des supplices), mais renvoyant à la sexualité psychique plus qu'à un acte à proprement parler.

Le concept renvoie à d'autres points, comme le fantasme de scène primitive. La scène originaire est la perception par l'enfant, ou le fantasme, de voir l'activité sexuelle des parents. Ce rapport sexuel parental sera souvent perçu comme un acte sadique de la part du père. Le sadisme renvoie à cette scène originaire, hautement débattue et organisant largement la vie fantasmatique.

En psychanalyse, le sadisme est une perversion, et la défense contre le sadisme est commune dans la névrose, en particulier dans la névrose obsessionnelle, qui représente une défense contre le sadisme-anal, basé sur le fantasme de contrôler les excréments.
Citations du Marquis de Sade

"Oui, je suis libertin, j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier."
"Le nom de Dieu ne sera jamais prononcé qu'accompagné d'invectives et d'imprécations et on le répètera le plus souvent possible." ( Les 120 journées de Sodome / 1785)

"La prière est la plus douce consolation du malheureux ; il devient plus fort quand il a rempli ce devoir." (Justine / 1788)

"Le système de l'amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme et non pas à la nature." (Justine / 1788)

"L'homme serait le plus heureux des êtres si du seul besoin qu'il a d'une illusion quelconque ne naissait aussitôt la réalité." (Justine / 1788)

"Un de mes plus grands plaisirs est de jurer Dieu quand je bande; il me semble que mon esprit, alors mille fois plus exalté, abhorre et méprise bien mieux cette dégoûtante chimère." (La Philosophie dans le boudoir / 1795)

"Dès l'instant où il n'y a plus de Dieu, à quoi sert d'insulter son nom ? Mais c'est qu'il est essentiel de prononcer des mots forts ou sales dans l'ivresse du plaisir, et que ceux du blasphème servent bien l'imagination ; il faut orner ces mots du plus grand luxe d'expression ; il faut qu'ils scandalisent le plus possible ; car il est très doux de scandaliser ; il existe là un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement à dédaigner."( La Philosophie dans le boudoir / 1795)

"Un Dieu suppose une création, c'est-à-dire un instant où il n'y eut rien, ou bien un instant où tout fut dans le chaos. Si l'un ou l'autre de ces états était un mal, pourquoi votre Dieu le laissait-il subsister ? Etait-il un bien, pourquoi le change-t-il ? Mais si tout est bien maintenant, votre Dieu n'a plus rien à faire: or, s'il est inutile, peut-il être puissant, et s'il n'est pas puissant peut-il être Dieu; si la nature se meut elle-même enfin, à quoi sert le moteur ?"(Justine / 1797)

"L'idée de dieu est, je l'avoue, le seul tort que je ne puisse pardonner à l'homme." (L'Histoire de Juliette / 1797)

"Mon plus grand chagrin est qu'il n'existe réellement pas de Dieu et de me voir privé, par là, du plaisir de l'insulter plus positivement." ( L'Histoire de Juliette / 1797)

"Si ce Dieu, centre du mal et de la férocité, tourmente et fait tourmenter l'homme par la nature, et par d'autres hommes pendant tout le temps de son existence, comment douter qu'il n'agisse de même, et peut-être involontairement, sur ce souffle qui lui servit, et qui [...] n'est autre que le mal lui-même." ( L'Histoire de Juliette / 1797)

"Le prétendu Dieu des hommes n'est que l'assemblage de tous les êtres, de toutes les propriétés, de toutes les puissances ; il est la cause immanente et non distincte de tous les effets de la nature ; c'est parce qu'on s'est abusé sur les qualités de cet être chimérique, c'est parce qu'on l'a vu tour à tour bon, méchant, jaloux, vindicatif, qu'on a supposé de là qu'il devait punir ou récompenser. Mais Dieu n'est que la nature et tout égal à la nature : tous les êtres qu'elle produit sont indifférents à ses yeux, puisqu'il ne lui coûte pas plus à créer l'un que l'autre." (L'Histoire de Juliette / 1797)

"Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer." (Pensées)

"Tout le bonheur des hommes est dans l'imagination."

16 Eylül 2010 Perşembe

CARLA BRUNI - UNE VIE SECRETE
Comprendre "le rôle de Carla Bruni aux côtés de son mari", voilà l'ambition de Basma Lahouri, auteure de la biographie non autorisée de Carla Bruni, à paraître ce mercredi. Le livre qui fait déjà beaucoup couler d'encre en France comme à l'international dresse le portrait d'une femme sulfureuse qui cherche à tout prix à contrôler son image.


Deux biographies de la première dame de France doivent paraître cette semaine, l'une est autorisée et l'autre ne l'est pas. Naturellement, celle qui n'a pas reçu l'accord de l'intéressée fait beaucoup plus parler d'elle, à tel point que l'Elysée se serait battu pour en obtenir une copie avant sa parution. L'auteur de ladite biographie, Basma Lahouri, dresse un portrait de l'ex top-model comme une "tigresse", mais aussi comme une femme qui a "renié ses engagements "épidermiquement de gauche"". Dans son livre, la journaliste a surtout tenté de comprendre "le rôle de Carla Bruni aux côtés de son mari".


Une femme à hommes
Carla, une vie secrète est qualifiée de biographie non autorisée car l'auteur n'a pu rencontrer l'épouse du chef de l'Etat, qui n'a pas souhaité la recevoir. La journaliste a donc dû mener son enquête auprès des proches de la belle italienne et la chose n'a pas été des plus aisées. Elle a de fait longuement soumis son livre à ses avocats pour éviter tout problème judiciaire.

A travers cette biographie on (re)découvre une première dame de France "Don Juane". Car oui on pouvait se douter que la belle avait connu de nombreux amours, mais il est plus surprenant d'apprendre que ceux qui ont véritablement compté pour elle font toujours partie de son entourage proche. "Il faut lui reconnaître ce don de fédérer autour d’elle des hommes qu’elle a pourtant quittés" affirme l'auteur. Une sorte de clan qu'elle a su imposer au Président Nicolas Sarkozy. En 2008 par exemple, si on a pu voir la "tigresse" au bras de son mari, le couple était entouré de Jean-Paul Enthoven, un ex de la belle largué au profit de son propre fils Raphaël Enthoven. Autre exemple, au micro de RTL mardi 14 septembre Basma Lahouri a expliqué que c'était d'ailleurs pour cette raison qu'on avait pu voir le chef de l'Etat "partir en vacances avec toute la tribu".
Une femme sans réel engagement politique.


"Carla est quelqu’un qui vit dans le XVIème arrondissement de Paris, entourée de personnel. Elle n’a aucun contact avec la réalité et vit dans une bulle dorée." écrit la journaliste. Puis d'ajouter "Depuis deux ans, elle a tellement réécrit son histoire, changé son image et renié ses engagements "épidermiquement de gauche" que même Carla ne doit plus savoir qui elle est vraiment. En tout cas, elle ne doit plus être de gauche.". Basma Lahouri va même plus loin en affirmant que la fille de bonne famille "se dit de gauche, mais on ne l’entend plus sur aucun sujet d’actualité. (…) Si elle l’était encore, supporterait-elle les agissements de son mari?"

Elle qui au début de son mariage faisait parler d'elle en créant la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, pour le bien-être social, ne l'aurait en réalité créé que pour voler la vedette à Cécilia, l'ancienne femme du Président. On apprend également dans cet ouvrage que la belle italienne "s’intéresse surtout à son image qu’elle cherche à maîtriser par tous les moyens.".

Face à cette biographie qui fait scandale avant même sa parution, Carla et les ambitieux la biographie autorisée devrait également sortir dans les prochains jours. Cet ouvrage, d'Yves Derai et Michaël Darmon, pour lequel la première dame de France a accordé de nombreux entretiens, se concentre sur la vie de Carla comme épouse du président de la République.

Source: Marie Curci (http://www.lepetitjournal.com/)
 Mardi 14 septembre 2010
DIDEROT (1713-1784)

Il apparait comme la figure la plus représentative du 18ème siècle militant. Courageux, passionné, fourmillant d’idées il a été l’âme de la lutte philosophique et le directeur de L’Encyclopédie, à la quelle il a donné son corps et son âme. Il a créé un nouveau genre dans la littérature: le critique d’art.

Il est issu d’une bourgeoisie aisée, son père coutelier, le destine à devenir prêtre mais avide de connaissence il s’en va à Paris, il apprend les maths, l’anglais, le droit. Son père lui coupe les vivres. Contraint de gagner sa vie, il exerce plusieurs métiers. A 30 ans, il se marie une jeune fille plus pauvre que lui. Un de ses premiers ouvrages “Lettre Sur Les Aveugles” lui vaut plusieurs mois de prison. Par la suite il se voit confier la direction de "L’Encyclopédie", tâche immense qui devient son activité essentielle. Il vit encore une vie modeste et vend sa bibliothèque à Catherine 2. Il part pour Saint-Petersbourg, il rentre enchanté. Les dernières années de sa vie s’écoulent dans l’aisance.



L’ENCYCLOPEDIE
Autant qu’un répertoire de connaissances humaines, l’Encyclopédie était une oeuvre de polémique, une arme de propagande au service des idées philosophiques. Les attaques étaient dirigées au nom de la raison et de l’expérience, contre les traditions les croyances et les autorités que l’on voulait saper.



LETTRE SUR LES AVEUGLES A L’USAGE DE CEUX QUI VOIENT
Dissertant sur la cécité il évoque le cas du mathématicien aveugle Saunderson et lui prête des propos qu’il aurait tenus avant sa mort qui vont contre la religion.

LE FILS NATUREL OU LES EPREUVES DE LA VERTU
Dorval qui est de naissance illégitime et qui en souffre, résiste avec vertu à l’amour qu’il éprouve pour la fiancée de son meilleur ami. Le hasard lui fait bientôt découvrir que cette jeune fille est sa propre soeur. Il trouve finalement le bonheur auprès d’une autre.

LE NEVEU DE RAMEAU
C’est un dialogue (entre moi et lui), ayant une base veridique entre Jean-François Rameau, bohème parisien et le neveu du célèbre musicien et un philosophe, vraisemblablement l’auteur lui-même. La conversation roule sur tous les grands thèmes de l’époque: le roman, la musique, la morale, la philosophie. Elle est entrecoupée de pantomimes où Diderot raconte comment le neveu de Rameau mime toutes sortes de situations. Diderot cherche à redéfinir son rôle de philosophie; il se met en question. C’est une bombe qui tombe au millieu de la littérature.

JACQUES LE FATALISTE
Jacques en voyage avec son maitre entreprend de lui raconter ses amours; mais ses confidences sont constamment interrompues par des événements imprévus ou des récits insérés par l’auteur. Diderot utilise sa liberté de créateur et semble s’amuser à troubler le lecteur. C’est un antiroman car il pose des questions sur ce qu’il est et sur le genre romanesque.


Diderot n’est pas déiste comme Voltaire qui compare Dieu à “un grand horloger”. Il ne reconnait dans le monde qu’une réalité, la matière dont il entrevoit les perpétuelles mutations: “tous les êtres circulent les uns dans les autres. Tout est en un flux perpétuel. Tout animal est plus ou moins homme, tout minéral est tout ou moins plante, toute plante est tout ou moins animal... Il n’y a qu’un seul individu, c’est le tout. Naitre, vivre et passer c’est changer de forme.”

La Morale Naturelle Chez Diderot
Tout ce que la nature a produit doit nécessairement avoir une utilité puisque cela existe: “il n’y a ni vice, ni vertu, rien dont il faille récompenser ou châtier”.

Qu’est-ce dont qui distingue les hommes?
La bienfaisance et la malfaisance. Le malfaisant est un homme qu’il faut détruire et non punir; la bienfaisance est une bonne fortune pas une vertu.

Le critique d’art
Le goût du pathétique, du dramatique est courant à l’époque, il souhaite que l’oeuvre d’art soit porteuse d’une émotion. Mais le goût du pathétique ne l’empêche pas de rechercher le naturel. Il souhaiterait que le pathétique soit tiré directement des scènes de la vie quotidienne
LA PENSÉE DE DIDEROT

Diderot accepte qu’il y a des paradoxes des contradictions entre ses pensées, son oeuvre. Il avait commencé par un déisme qui s’est approché vers un athéisme matérialiste. Il était un pantophile, un optimiste, il avait confiance à l’homme. Il trouvait bien l’univers, puis dans les heures de depression il commençait à trouver l’homme méchant et l’univers malheureux. Il tend vers un pessimisme.

Il défend la passion et l’émotion forte qui emportent la conviction (la foi) et l’enthousiasme. La nature de l’homme contient des passions, sans passion l’homme n’est rien du tout comme un instrument sans corde. Il aime faire des disputes surtout sur la science et la théologie.
Cette énergie, ce tumulte favorise des pensées on obtient une vérité, c’est qu’il y a un mouvement continuel de fermentation dans l’univers, que le monde est une matière en évolution, il n’y a qu’un seul individu; c’est le tout, toute forme est une mutation successive. L’être nait vit et meurt, change de forme et continue à exister jusqu’à l’infinie dans de divers formes. Tout homme est plus ou moins plante, toute minérale est plus ou moins animal..... le philosophe imite la mouvance de la logique.


Dans les oeuvres de Diderot on voit des dialogues animés ( le neveu de Rameau, les entretiens...) parce qu’il cherche la vérité en essayant par l’expérience vivante. Le personnage principal est toujours agité, il est original. On ne peut jamais planifier la discussion et la pensée avance dans le désordre et la diversité. On attrappe la vérité dans l’accumulation des paroles. Il se défend à cause des idées contradictoires et des tumultes et dit qu’en pensant on a bien vacillé mais c’est surtout pour atteindre à la vérité et souvent il l’obtient.

Par cette oeuvre (la lettre sur les aveugles...) Diderot résume “le véritable sentiment”. Un aveugle Saunderson, qui est un mathématicien, dans un dernier délire décrit l’homme comme un hasard de la matière en évolution. L’homme qui est un être vivant est au hasard dans la forme de l’être humain, il est en train d’évoluer. Le monde est un accident passager de l’éternel mouvement universel. Les mondes estropiés manquants vont se dissiper puis se reformuler puis encore se dissiper et ainsi de suite...dans des espaces éloignés différents que l’on ne peut pas voir mais le mouvement continuera toujours sans cesse en un flux perpétuel.


D’après le matérialisme l’homme n’est pas une créature divine qui est douée d’une conscience et d’une âme comme le défend la religion. Donc pas d’âme ni conscience dans cette philosophie. Il ya une seule vérité c’est la matière et celle-ci est sensible et l’esprit n’existe pas en soi, donc elle ne contient pas d’esprit. Diderot défend que la connaissance vient des sens, par conséquent la morale ou la métaphysique dépend de l’etat des organes de l’homme.
Résumé du Neveu de Rameau de Denis Diderot

Commencé en 1761 ou en 1762, souvent remise en chantier jusque vers 1772, ce récit dialogué, qui contient probablement plusieurs passages autobiographiques, n’a pas été publiée par Diderot (mort en 1784). Goethe traduisit cette œuvre en allemand en 1805. Ce qui est étonnant c’est que la première édition française du Neveu de Rameau (1821) ne fut pas la version originale de Diderot mais une traduction de cette traduction. Ce n'est qu'en 1891 (plus d’un siècle après sa mort), que le manuscrit autographe, retrouvé par hasard chez un bouquiniste, permit enfin de faire connaître le texte original de cette œuvre de Diderot.

Dans un café du Palais-Royal, le philosophe (Moi) rencontre le neveu du célèbre compositeur Rameau (lui).



Le neveu de Rameau est à la fois artiste, philosophe, fantasque et cynique. Comparé au « Neveu », le philosophe incarne lui la réflexion. Il a surtout pour but de donner la réplique au Neveu.

Lui et Moi entament un longue joute verbale. Ils s’interrogent sur ce qu’est un génie : un artiste et un citoyen idéal ou un monstre d’égoïsme? Ils débattent ensuite de l'éducation des jeunes filles, de l'immoralisme, de l’aide aux indigents , de la flatterie comme art de vivre, de la musique ...
Le Neveu affirme d’emblée que l’Education est inutile, qu’il n’a jamais rien appris et que cela ne lui porte aucun préjudice. Il en profite pour faire l’éloge du parasitisme. Il évoque ses expériences de bouffon auprès de ses protecteurs : la comédienne Melle Hus et le financier Bertin. Il n’hésite pas d’ailleurs à se moquer avec beaucoup de férocité de ces pseudo-mécènes qui ont besoin d’artistes pour animer leurs dîners et se divertir.


Rameau nie ensuite les valeurs telles que la vertu ou l’amitié. S’y soumettre serait pour lui synonyme de malheur. Le philosophe a beau s’offusquer d’un tel cynisme, et le mettre en garde de l’impossibilité d’être heureux avec une telle immoralité, le Neveu lui rétorque que c’est la Société qui impose une telle attitude et que lui se délecte de calquer ses vices sur ceux des autres ; et de mimer avec un réel talent tous les sentiments nécessaires pour paraître et briller en société.

Concernant la morale, Le Neveu affirme que chacun agit conformément à ses intérêts et non d’après les grands principes. Il se réjouit de son propre amoralisme et veut juger la vie , les personnes et les événements non en bien ou en mal mais à l’aune de la beauté et du prestige qu’ils confèrent.


Le philosophe reprend l’initiative de la conversation et oriente celle-ci sur la musique. Rameau se lance alors dans un éblouissant plaidoyer en faveur de la musique Italienne et de l’opéra. Il prend position contre on oncle. Il mime à lui tout seul tout un opéra . Il y tient alternativement tous les rôles et souhaite ainsi démonter que le chant peut exprimer toutes les passions.

Le philosophe est émerveillé par tant de talents et s’interroge sur le décalage entre les dons de Rameau et son manque de vertu. Par manque de courage lui répond ce dernier. Il explique que selon lui nous sommes tous des gueux : même le roi a un maître devant lequel il s’avilit pour en obtenir quelque bénéfice. Le philosophe lui réplique que lui, a renoncé au désir, et qu’il a pour ambition de vivre libre et intègre.

La cloche de l’opéra annonce le début du spectacle. Le Neveu qui évoquait alors sa défunte épouse met fin à l’entretien.

Analyse du caractère “Le neveu du Rameau”
C’est le neveu du grand musicien Jean-François Rameau. Il est dilettante, beau parleur, parasite. C’est un personnage cynique qui représente la partie la plus importante de la ville et de la cour.
Diderot a fait un type, celui du raté génial ( un génie qui n’a pas réussi dans sa vie, dans sa carrière), homme à paradoxes, dépourvu de tout sens moral.
Tous ses traits sont accusés, ses dons naturels et ses défauts sont portés à leur paroxysme(extrême intensité).

Analyse de “LUI & MOI”
La ressemblance physique entre Rameau et Diderot est frappante: même vigueur de poumons, même voix de stentor, même goût de la gesticulation, même don de mimer ce qu’ils ressentent. Diderot lui aussi a connu la vie de bohème; il est remarquable lui aussi par la chaleur de son imagination. Nous comprenons ainsi que son héros est un autre lui-même: le philosophe s’intéresse au bohème parce qu’il lui ressemble tout en s’opposant violemment à lui. Il ne prend certes pas à son compte tous les scandaleux paradoxes de Rameau, mais ce sont au moins des objections qu’il a dû se faire à lui-même: Rameau traduit la tendance anarchique que Diderot refoule généralement.

15 Eylül 2010 Çarşamba

A chaque été ses chansons
"Zaz", "Gaëtan Roussel", "Stromae"… Ces noms ne vous disent rien ? Pourtant, si vous êtes allés en France pour les vacances, vous les avez forcément écoutés. Ce sont les tubes de l'été 2010.
En été, on bronze, on se baigne, et on écoute…le tube de l'été ! Difficile d'échapper à Lady Gaga, Shakira ou Katy Perry. Et en France, il n'y avait heureusement pas que "René la Taupe" pour danser. D'autres artistes francophones se sont imposés, dans des genres très différents.

René, une taupe en tête du top 50!
Avec sa voix aigüe et son refrain entêtant, René la taupe s'est hissé en tête des téléchargements musicaux en France. Retour sur le tube de l'été le plus inattendu !
René la taupe, ou l'histoire d'une sonnerie de téléphone mobile devenue le tube de l'été "T'es siii miiignon mignon mignon mais gros gros gros..." Ces paroles enfantines ont été fredonnées tout l'été par de nombreux Français. Et pour cause, ce titre s'est classé numéro un des téléchargements musicaux. Son interprète : René la taupe, un rongeur bien enrobé qui se dandine en chantant

Les paroles de "Mignon mignon"
Ce qui me plait chez toi
C’est ton petit bidon
Tes petites poignées d’amour
Je trouve ça trop mignon
Même si les autres dans la rue
Te trouvent un peu trop gras
Pour moi c’est confortable
Quand tu me prends dans tes bras
[Refrain]
T’es si mignon mignon mignon
Mais gros gros gros
Mignon mignon mignon
Mais gros gros gros
En été tu fais d’l'ombre
Et en hiver tu te tiens chaud
Et quand t’as fini de bouffer
Tu nous lâches sur un gros pet!
J’aime bien tes petits bourrelets
Et tes mollets bien potelés
Quand on commence à manger
Plus rien ne peut nous arrêter
J’ai vraiment très très faim
Et j’ai envie de te manger
Et rien qu’en pensant à toi,
Je commence à saliver
Dans le chocolat, il y a beaucoup de vitamines
Pour être en bonne santé,
toi t’arrêtes pas d’en manger
Tu te moques des gens trop maigres et tu te trouves le plus beau
Et aujourd’hui t’es fier d’avoir des calories en trop
[Refrain]


Avec plus de 80.000 téléchargements en un mois, "René la taupe" a détrôné Shakira et son Waka Waka en tête des ventes digitales. Une énorme surprise, d'autant que ce titre n'était pas destiné à être une chanson. À l'origine, René la taupe n’était qu’une simple sonnerie pour téléphone mobile.

Un succès inespéré
Imaginée par Fox Mobile, une entreprise spécialisée dans les contenus pour téléphone portable, la sonnerie Mignon mignon apparaît pour la première fois au printemps dernier dans un spot publicitaire. Simple produit marketing, le titre a été composé en quelques minutes, les paroles rédigées "sans réfléchir, juste avant la pause déjeuner", raconte sur Europe1 l'auteur Séverine Thomazo, directrice marketing de Fox Mobile. Très vite, la sonnerie rencontre son public et les téléchargements se comptent par centaines de milliers. Fox Mobile décide alors de surfer sur ce succès inattendu en ajoutant deux couplets pour en faire une chanson. À 3 euros la sonnerie et un euro la chanson, René la taupe devient vite un produit très rentable !

Une stratégie publicitaire payante
Avec une voix stridente et des paroles aussi enfantines, on peut toutefois se demander comment ce rongeur dandinant est devenu le phénomène de l'été. La réponse : grâce à un refrain facilement mémorisable, une mélodie entêtante et une diffusion publicitaire massive sur toutes les grandes chaînes de radio et de télévision. Résultat : René la taupe devient un personnage incontournable qui s’invite dans toutes les discussions. Drôle pour les uns, insupportable pour les autres, le rongeur ne laisse personne indifférent. Et c'est ce qui en fait le buzz de l'été. Adoré, moqué, détourné, René la taupe est partout. Sur Facebook, sa page compte près de 35.000 admirateurs. Sur YouTube, son clip a été visionné près de 7 millions de fois et les parodies de sa chanson se comptent par centaines. Du pain bénit pour le concepteur Fox Mobile qui entend bien profiter du buzz généré pour lancer d'autres titres signés du rongeur. René la taupe n'a donc pas fini de creuser son sillon !

Stromae
Ce chanteur d'origine rwandaise et belge (capture d'écran) doit sa popularité à un tube électro mélancolique, mêlé d'influences rap et pop : "Alors on danse". Ecrit en 2009, ce morceau a connu un succès foudroyant bien au-delà des frontieres du Plat pays et fait partie du premier album de ce jeune homme au look de crooner des fifties, Cheese. “Qui dit étude dit travail, qui dit taf te dit les thunes, qui dit argent dit dépenses, qui dit crédit dit créance". Les textes sont sombres, mais… on danse ! Le clip officiel a été vu sur Youtube plus de 13 millions de fois. "En noeud papillon et en toute humilité", il a collaboré avec Kanye West sur le remix. Et au fait, Stromae, c'est du verlan pour Maestro.

Zaz
La jeune demoiselle gouailleuse de 29 ans est portée par "Je veux", un manifeste anti-bling-bling sur toutes les lèvres cet été, peut-être en réaction au fiasco de nos footballeurs gatés pourris. "Donnez-moi une suite au Ritz, je n'en veux pas/Des bijoux de chez Chanel, je n'en veux pas/Donnez moi une limousine, j'en ferais quoi ?" A la place, Zaz propose "d’l’amour, d’la joie, de la bonne humeur", et il faut croire qu'on en avait bien besoin. Son album, auquel Raphaël a collaboré, marie chanson réaliste et jazz manouche.

Gaëtan Roussel
Cet auteur-compositeur discret de 38 ans est depuis longtemps un poids lourd de la chanson française. Il est le chanteur des groupes de rock Louise Attaque et Tarmac, et a participé à l'écriture du dernier album de Bashung, Bleu Pétrole. Il a également travaillé avec Vanessa Paradis ou Rachid Taha. Son premier album solo Ginger, est sorti en 2009, et son premier single, Help myself, (Nous ne faisons que passer) cartonne en France comme au Québec.
PIERRE CHODERLOS DE LACLOS(1741-1803)

Ecrivain français né à Amiens en 1741, issu de la petite noblesse, Pierre Laclos entame une carrière militaire à l’âge de dix-neuf ans, en 1759. Il se retrouve en garnison à La Rochelle, Toul, Strasbourg, Grenoble (1769 à 1775), Besançon, Rochefort (en 1777), etc. Pour tromper l’ennui, il fréquente les salons et écrit des poèmes et un opéra qui connaît un bel échec en 1777.

Il devint capitaine du génie (1778) et secrétaire des commandements du duc d’Orléans.
Il travaille à la fortification de l’île d’Aix et de l’île de Ré au début des années 1780. En 1781, il demande un congé de six mois et se lance dans la conception des Liaisons, roman épistolaire qu’il compose avec une précision toute militaire.
Laclos rencontre Marie-Soulange Duperré en 1783.
En 1785, il rédige un essai intitulé "De l’Education des femmes", prônant avant la lettre l’égalité des droits de l’homme et de la femme et appelant à une révolution dans les rapports entre les sexes.

Laclos parvient à s’illustrer dans l’armée, puisqu’il participe à l’élaboration du " boulet creux " (1786, expérimentations en 1793), aux qualités balistiques reconnues. Il conteste également le système de fortifications de Vauban (1786), et met au point un projet de " numérotage des rues de Paris "(1787), fondé sur un quadrillage de Paris.
Il épouse Marie-Soulange Duperré en 1786.
Il quitte l’armée en 1788, victime de sanctions administratives et devient le secrétaire du Duc d’Orléans.
En 1789, il devient le secrétaire de Philippe-Egalité, affichant ainsi des convictions orléanistes. Après la prise de la Bastille, il accompagne le duc à Londres. De retour à Paris, il s’inscrit au Club des Jacobins en 1790. Les adversaires de la Révolution ont exagéré l’importance de son rôle, attribuant à Laclos l’invention de la fable des brigands qui provoqua l’armement du peuple et la constitution des gardes nationales ; la direction secrète des Jacobins, dont il rédigea le journal, demandant la déchéance de Louis XVI et la proclamation de la République (lors de la fuite à Varennes) ; c’est Laclos qui rédigea avec Brissot la pétition du Champ de Mars de juillet 1791 qui provoqua les massacres. Le 1er juillet 1791 propose la régence du duc d’Orléans à la tribune des Jacobins.
En 1792, il est nommé commissaire du pouvoir exécutif grâce à l’intervention de Danton et suit le maréchal Luckner en qualité de colonel d’artillerie.

Arrêté avec le duc d’Orléans sur ordre du Comité de sûreté générale, le 1er avril 1793, il fut relâché le 10 mai et placé sous surveillance à son domicile, ce qu’on attribua à la protection de Robespierre, et l’on ajouta que Laclos rédigeait ses discours ; il fut remis en prison le 5 novembre.
Laclos ne retrouvera sa liberté que le 3 décembre 1794 et utilisa de suite ses relations pour obtenir un poste bien payé dans l’administration. Il se fait ensuite oublier quelques temps ; il continua l’ouvrage de Vilate sur les Causes secrètes de la révolution du 9 thermidor (1795), encore un argument pour ceux qui voient dans cet intrigant littérateur un des machinistes cachés du grand drame révolutionnaire.

En 1800, il est nommé général de brigade dans l’artillerie, par décision personnelle de Bonaparte, qui entend ainsi le récompenser de son rôle au 18 Brumaire. Laclos devint successivement secrétaire général de l’administration des hypothèques, général de brigade commandant l’artillerie de l’armée du Rhin, inspecteur général de l’artillerie de l’armée de Naples.
Il meurt le 3 septembre 1803, à Tarente, lors d’une épidémie de dysentrie.
LES LIAISONS DANGEREUSES

La Marquise de Merteuil est une femme veuve; elle est intelligente et cultivée; elle a fait son éducation toute seule. Elle est réputée dans la société parce qu’elle sait contrôler ses passions sans se priver des plaisirs de l’amour. Elle est intellectuelle et possède une physique supérieure par rapport aux autres femmes. Elle a une assurance masculine car elle a toujours besoin de dominer et de gouverner les autres. C’est une libertine qui passe sa vie à se moquer des hommes mais elle sait garder son honneur sous des apparences vertu. D’après elle, elle venge son sexe. Elle est mariée très jeune et elle a rapidement perdu son mari c’est pourquoi elle jouit d’une fortune importante. Elle change souvent d’amant pourtant elle réussit à se cacher avec succès alors elle est perçue dans la société comme une femme vertueuse. Elle a eu une courte liaison avc le Chevalier Belleroche. Elle est l’ancienne amante du Vicomte de Valmont. Ils étaient ensemble autrefois pourtant ils continuent à communiquer grâce aux lettres, ils s’écrivent et échangent des idées.

La Marquise de Merteuil est parente de Mme de Volanges dont la fille, Cécile de Volanges qui vient de finir son éducation va sortir du couvent. Sa mère veut la marier à un certain Comte de Gercourt. Les deux futurs fiancés ne se connaissent pas.




D’autre part, le Comte de Gercourt est l’ancien amant de la marquise, le comte l’avait quittée pour une autre femme. Quand la marquise apprend que le Comte de Gercourt va se marier avec Cécile, elle décide de se venger de Gercourt. Pour cela, elle propose à son ami et ancien amant, le Vicomte de Valmont de débaucher (pervertir, corrompre) la jeune Cécile pour ruiner le mariage de Gercourt. Mais Valmont refuse l’offre de la marquise car il a rancontré chez Mme de Rosemonde, sa tante, Mme de Tourvel qui est une jeune femme pieuse et vertueuse. Elle a vingt-deux ans, elle est très belle. C’est une femme très respectueuse. Comme son mari se trouve à Dijon en ce moment pour un procès important, elle est en vacances chez Mme de Rosmeonde. Il veut la séduire c’est un projet très intéressant pour un libertin comme le vicomte. Il est difficile de convaincre une telle femme à vivre une liaison amoureuse avec un homme autre que son mari.


Mme de Tourvel lui résiste car d’une part elle est fidèle et pieuse et d’autre part son amie, Mme de Volanges, mère de Cécile l’a avertie du personnage dangereux et sans scrupules (crainte) qui est Valmont.

Comme Mme de Tourvel a été prévenue contre Valmont par Mme de Volanges, il décide de se venger des bavardages de Mme de Volanges et en même temps plaire à son ancienne maitresse, la Marquise de Merteuil. Séduire Cécile sera d’ailleurs très facile, tandis que Mme de Tourvel nécessite de l’effort.



Cécile qui est sortie du couvent vit chez sa mère. La mère et la fille accueillent souvent chez elles leur parente la marquise qui leur rend visite en compagnie du Chevalier Danceny. Cécile tombe vite amoureuse du chevalier qui lui donne des leçons de chant. La marquise devient la confidente de la jeune fille et Cécile devient la pupille de la marquise. Sous les conseils de sa confidente Cécile avoue son amour au chevalier mais elle est au désespoir face à son avenir avec le Comte de Gercourt; d’ailleurs la marquise a fait un horrible portrait du comte à Cécile. Elle influence facilement la jeune fille. La jeune naïve écrit toutefois à Danceny pour lui dire qu’elle n’a pas le choix, qu’elle doit l’oublier. Mais de nouveau, sous l’influence de la marquise elle refait des promesses d’amour au chevalier.

Mme de Volanges découvre l’amour secret entre Cécile et le chevalier, c’est en réalité la marquise qui le lui dénonce mais Cécile ne le sait pas. La pupille va chercher de la consolation auprès de la marquise. Mme de Volanges qui est très en colère de cet amour secret veut mettre sa fille au couvent mais sur les conseils de la Marquise de Merteuil elle part à la campagne chez Mme de Rosemonde. Valmont est aussi chez sa tante; il peut ainsi mener la séduction de Mme de Tourvel et la perversion de Cécile. La marquise et le vicomte réalisent un plan contre Gercourt et la petite Volanges. Lui, il devient l’ami et le confident de Danceny. Il organise des rendez-vous entre Cécile et Danceney qui se sont déjà réconciliés.



Si les deux libertins, Merteuil et Valmont semblent unis par ce projet ils sont pourtant toujours rivaux. Valmont lui fait le récit de ses dernières aventures amoureuses et la marquise lui répond par une lettre méprisante; elle essaie de prouver sa supériorité elle réalise un ruse qui lui permet de perdre Prévan, un autre séducteur, dont Valmont est jaloux et qu’il lui avait présenté comme dangereux. Prévan avait décidé de mettre une fin à la réputation honorable de la marquise en la séduisant et en rendant publique sa victoire. La marquise est mise au courant par Valmont; elle donne à Prévan un rendez-vous dans sa chambre et appelle au secours ses gens. Le scandale éclat et Prévan perd son statut dans la société, on le licencie de ses fonctions et il est mis en prison. La marquise triomphe.

Valmont montre de l’amitié à Cécile et après avoir gagné sa confidence obtient la clé de la chambre de la pucelle sous pretexte qu’il transmettra les lettres qu’elle envoie et qu’elle reçoit de Danceny. Il entre une nuit dans sa chambre et l’oblige à coucher avec lui. Elle ne sait pas que faire. Elle demande à la marquise qui la manipule et l’encourage à penser qu’elle tirera avantage de la liaison avec Valmont sans compromettre (mettre en danger) ses sentiments pour Danceny.



Mme de Tourvel reçoit des lettres du Vicomte de Valmont qui lui déclare son amour, elle ignore le vicomte et essai de ne pas recevoir ses lettres. Toutefois elle accepte qu’il lui écrive quand il sera parti et quand le vicomte fouille chez elle, il trouve des larmes sur ses lettres. Elle lui demande quand-même de partir. Elle dit chaque fois “ceci est ma dernière lettre” mais elle écrit de nouveau. On sent qu’elle n’est pas insensible au vicomte mais elle essaie de s’en protéger. Dans toutes ses lettres elle prie au vicomte d’arrêter de lui écrire, de l’oublier. Un soir pourtant elle cède (craque) et elle lui avoue son amour mais s’enfuit. Plus tard elle apprend le soi-disant mauvais état de santé du vicomte, elle s’inquiète pour lui. Elle ne peut plus résister à son amour pour Valmont et veut entretenir une liaison avec lui. Le vicomte contrairement à la notion du libertinage tombe amoureux de Mme de Tourvel.


Quand la marquise apprend cet amour elle devient jalouse et furieuse. Elle force le vicomte à rompre cruellement. Lui, pour satisfaire la Marquise de Merteuil quitte Mme de Tourvel en lui écrivant une lettre destructrice. Il ne pense pas aux conséquences de son acte. Mme de Tourvel sombre dans la folie et Valmont ne peut pas réparer sa faute. Comme la pauvre femme est désespérée, elle se retire dans un couvent pour racheter son adultère. Mme de Rosemonde écrit à Mme de Volanges (entretient une correspondance) pour s’informer de l’état de Mme de Tourvel. La marquise gagne encore une fois la victoire après l’événement de Tourvel, pourtant elle provoque Valmont en refusant la proposition de celui-ci; si Valmont fournissait une preuve écrite de sa liaison avec Mme de Tourvel, la marquise accepterait de redevenir son amante. La Marquise préfère Danceny à Valmont. Alors le vicomte demande une réponse claire. La marquise répond que “c’est la guerre”.



Alors, le Vicomte de Valmont prend l’initiative, il parle au Chevalier de Danceny de ses sentiments envers Cécile. Son projet semble fonctionner mais la marquise donne une réponse en avouant la vérité à Danceny, la vérité qui concerne la liaison entre Cécile et Valmont. Alors Danceny provoque Valmont en duel et le tue. Mais Valmont, avant de mourir confie (donne) les lettres de la marquise à Danceny. Le chevalier décide de les publier au grand jour et rompt immédiatement avec Cécile. Il fuit la justice qui le poursuit pour le meurtre de Valmont et devient chevalier de l’ordre de Malte.

Mme de Rosemonde, après la mort de son neveu, joue un rôle très important car elle recueille toutes les lettres qui avaient corrompu cette affaire pour que ses amies, Mme de Volanges et Mme de Tourvel soient protégées du scandale.




 Mme de Tourvel meurt au couvent après avoir appris la mort de Valmont.





Cécile qui apprend la mort du vicomte et le scandale qui met en danger la Marquise de Merteuil, décide de se retirer au couvent. Sa mère, Mme de Volanges n’en comprend rien et pense encore à l’unir à Danceny pourtant elle accepte la décision de sa fille sur les conseils de Mme de Rosemonde.


Quant à la Marquise de Merteuil, elle perd son prestige et sa réputation ainsi que sa fortune. Elle est démasquée publiquement car toutes ses machinations sont découvertes. Elle est défigurée par la petite vérole, elle devient borgne. Elle est obligée de s’éloigner de Paris alors elle s’exile en Hollande. Elle mène une vie misérable vu que ses deux armes essentielles, sa beauté et sa fortune ont disparu.
PIERRE CHODERLOS DE LACLOS

14 Eylül 2010 Salı

La richesse de la presse pour la jeunesse
Pour les parents désireux de maintenir et de développer le lien de leur enfant avec la langue et la culture française, une sélection des meilleurs titres de la presse pour la jeunesse. Des journaux pour tous les âges, pour tous les goûts.


La presse pour la jeunesse constitue un outil précieux qui permet aux enfants et aux jeunes vivant à l’étranger – qu’ils soient scolarisés en français ou pas - de garder un lien privilégié avec la culture et la langue françaises. Plus de vingt éditeurs (Bayard, Milan, Fleurus, Playbac, Faton …) offrent un choix d’environ 125 titres adaptés aux goûts et à l’âge de chaque enfant.

A chaque enfant son journal
Truffée de récits haletants, de conseils, d’informations, de gaieté, de couleurs, d’invention, d’entretiens, de lettres de jeunes lecteurs passionnés, la presse pour la jeunesse est d’une richesse extrême. Quand on vit loin de sa terre et de sa langue d’origine, que ce soit momentanément ou pour longtemps, il importe de garder un lien fort et continu. Les journaux et les magazines sont pour cela irremplaçables.
L’offre, très étendue depuis les années 70, ne cesse de s’étoffer et d’explorer tous les domaines imaginables. La presse jeunesse française est une des plus diversifiée au monde, en proposant des titres adaptés aux différentes tranches d’âge.
Dès l’âge de six mois, les tout-petits sont stimulés par les couleurs et les dessins (Popi, Papoum, Picoti…). Après, en grandissant les enfants seront heureux de retrouver leurs personnages préférés dans de nouvelles aventures de vie quotidienne ou de fiction à partager avec les parents (Pomme d’Api, Wakou, Winnie…). A partir de 7 ans, pour ces petites personnes avides de découvrir, curieuses d'explorer, soucieuses de comprendre, plusieurs gammes de titres destinées aux jeunes lecteurs sont disponibles. Pour ceux qui découvrent le plaisir de lire des histoires : J’aime Lire, Je lis déjà … ; pour les passionnés de découvertes, d’actualité : Wapiti, Images Doc, Le Petit Léonard… ; autant de titres plein d’informations et de documents pour comprendre le monde qui les entoure. Et pour ceux qui aiment rire et raconter des blagues : Astrapi, Le Journal de Mickey… Enfin pour les adolescents des magazines pour répondre à toutes leurs envies (Okapi, Science & Vie Junior, l’Etudiant…).

Pour chercher le titre le plus adapté aux besoins et aux envies de vos enfants, rendez-vous sur www.uni-presse.fr qui propose une sélection de titres jeunesse disponible dans plus de 190 pays.

La presse comme auxiliaire pédagogique
Tous ces magazines participent en quelque sorte à l’éducation de votre enfant, en développant sa curiosité et en l’ouvrant vers le monde qui l’entoure. La presse se révèle un véritable auxiliaire pédagogique, l’enfant apprend à s’informer, à exposer, à échanger. Pour les plus grands, en faisant le choix d’aborder des questions d’actualité et de société, de nombreux journaux comme Le Journal des Enfants, Le Petit Quotidien, l’Actu offrent la possibilité de partir à la découverte des autres, de leur histoire, de leur culture tout apprenant à décrypter l’information.
Le coup de gigot
..)Mary Maloney attendait le retour de son mari. Elle regardait souvent la pendule, mais elle le faisait sans anxiété. Uniquement pour le plaisir de voir approcher la minute de son arrivée. Son visage souriait. Chacun de ses gestes paraissait plein de sérénité. Penchée sur son ouvrage, elle était d’un calme étonnant. Son teint - car c’était le sixième mois de sa grossesse - était devenu merveilleusement transparent, les lèvres étaient douces et les yeux au regard placide semblaient plus grands et plus sombres que jamais.

Á cinq heures moins cinq, elle se mit à écouter plus attentivement et, au bout de quelques instants, exactement comme tous les jours, elle entendit le bruit des roues sur le gravier. La porte de la voiture claqua, les pas résonnèrent sous la fenêtre, la clef tourna dans la serrure. Elle posa son ouvrage, se leva et alla au-devant de lui pour l’embrasser.

«Bonjour, chéri, dit-elle,
— Bonjour», répondit-il.

Elle lui prit son pardessus et le rangea. Puis elle passa dans la chambre et prépara les whiskies, un fort pour lui, un faible pour elle-même. De retour dans son fauteuil, elle se remit à coudre tandis que lui, dans l’autre fauteuil, tenait son verre à deux mains, le secouant en faisant tinter les petits cubes de glace contre la paroi.


Pour elle, c’était toujours un moment heureux de la journée. Elle savait qu’il n’aimait pas beaucoup parler avant d’avoir fini son premier verre. Elle-même se contentait de rester tranquille, se réjouissant de sa compagnie après les longues heures de solitude.

La présence de cet homme était pour elle comme un bain de soleil. Elle aimait par-dessus tout sa mâle chaleur, sa façon nonchalante de se tenir sur sa chaise, sa façon de pousser une porte, de traverser une pièce à grands pas? Elle aimait sentir se poser sur elle son regard grave et lointain, elle aimait la courbe amusante de sa bouche et surtout cette façon de ne pas se plaindre de sa fatigue, de demeurer silencieux, le verre à la main.

«Fatigué, chéri ?
—Oui, dit-il. Je suis fatigué». Puis il fit une chose inhabituelle. Il leva son verre à moitié plein et avala tout le contenu. «Chéri, dit-elle, veux-tu un peu de fromage ? Je n’ai pas préparé de dîner puisque c’est jeudi.
—Non, dit-il. (...)

—Si tu es trop fatigué pour dîner dehors, reprit-elle, il n’est pas trop tard. Il y a de la viande dans le réfrigérateur. Tu pourras manger ici-même, sans quitter ton fauteuil».

Ses yeux attendirent une réponse, un sourire, un petit signe quelconque, mais il demeura inflexible.

«De toute façon, dit-elle, je vais commencer par t’apporter du fromage et des gâteaux secs.
—Je n’y tiens pas», dit-il. (...)

Elle se leva et posa son ouvrage sur la table, près de la lampe.

«Assieds-toi, dit-il. J’en ai pour une minute. Assieds-toi».

C’est alors seulement qu’elle commença à s’inquiéter.

«Assieds-toi», répéta-t-il.


Elle se laissa retomber lentement dans son fauteuil, ses grands yeux étonnés toujours fixés sur lui. Il avait fini son second whisky et regardait le fond de son verre vide en fronçant les sourcils.

«Écoute, dit-il. J’ai quelque chose à te dire.
—Quoi donc, chéri. Qu’y a-t-il ?»

Á présent, il se tenait absolument immobile, la tête penchée en avant. La lampe éclairait la partie supérieure de son visage, laissant la bouche et le menton dans l’ombre. Elle remarqua le frémissement d’un petit muscle, près du coin de son œil gauche.

«Je crains que cela te fasse un petit choc, dit-il. Mais j’ai longuement réfléchi pour conclure que la seule chose à faire, c’était de te dire la vérité. J’espère que tu ne me blâmeras pas trop».

Et il lui dit ce qu’il avait à lui dire. Ce ne fut pas long. Quatre ou cinq minutes au plus. Pendant son récit, elle demeura assise. Saisie d’une sourde horreur, elle le vit s’éloigner un peu plus à chaque mot qu’il prononçait.

«Voilà, c’est ainsi, conclut-il. Et je sais que je te fais passer un mauvais moment, mais il n’y avait pas d’autre solution. Naturellement, je te donnerai de l’argent et je ferai le nécessaire pour que tu ne manques de rien. Inutile de faire des histoires. J’espère qu’il n’y en aura pas. Ça ne faciliterait pas ma tâche». Sa première réaction était de ne pas y croire. Tout cela ne pouvait être vrai. Il n’avait rien dit de tout cela. C’est elle qui avait dû tout imaginer. Peut-être, en refusant d’y croire, en faisant semblant de n’avoir rien entendu, se réveillerait-elle de ce cauchemar et tout rentrerait dans l’ordre.

Elle eut la force de dire : «Je vais préparer le dîner». Et cette fois, il ne la retint pas.

En traversant la pièce, elle eut l’impression que ses pieds ne touchaient pas le sol. Elle ne ressentit rien, rien excepté une légère nausée. Tout était devenu automatique. Les marches qui la conduisaient à la cave. L’électricité. Le réfrigérateur. Sa main qui y plongea pour attraper l’objet le plus proche. Elle le sortit, le regarda. Il était enveloppé. Elle retira le papier. C’était un gigot d’agneau. Bien. Il y aurait du gigot pour dîner. Tenant à deux mains le bout de l’os, elle remonta les marches. Et lorsqu’elle traversa la salle de séjour, elle aperçut son mari, debout devant la fenêtre. Elle s’arrêta.


«Pour l’amour de Dieu, dit-il sans se retourner, ne prépare rien pour moi. Je sors». Alors, Mary Maloney fit simplement quelques pas vers lui et, sans attendre, elle leva le gros gigot aussi haut qu’elle put au-dessus du crâne de son mari, puis cogna de toutes ses forces. Elle aurait pu aussi bien l’assommer d’un coup de massue.

Elle recula. Il demeura miraculeusement debout pendant quelques secondes, en titubant un peu. Puis il s’écroula sur le tapis. Dans sa chute qui fut violente, il entraîna un guéridon. Le tintamarre aida Mary à sortir de son état de demi-inconscience, à reprendre contact avec la réalité. Étonnée et frissonnante, serrant toujours de ses deux mains son ridicule gigot, elle contempla le corps.

«Ça y est, se dit-elle. Je l’ai tué». (...)

Elle alla dans la cuisine, alluma le four et mit le gigot à cuire. Puis elle se lava les mains et monta dans sa chambre en courant. Là, elle s’assit devant sa coiffeuse, se donna un coup de peigne, se repoudra et mit un peu de rouge à lèvres. Elle tenta de sourire. Le résultat fut lamentable. Elle fit une nouvelle tentative.


«Bonjour, Sam, dit-elle joyeusement, à haute voix. La voix, comme le sourire, lui parut dépourvue de naturel. Pourriez-vous me donner quelques pommes de terre ? Et puis une boîte de petits pois ? »

Cela allait mieux. Pour le sourire et pour la voix. Elle répéta plusieurs fois son petit texte. Puis elle descendit, prit son manteau, sortit par la petite porte, traversa le jardin pour se trouver dans la rue. Il n’était pas tout à fait six heures et l’épicerie était encore éclairée.

«Bonsoir, Sam, dit-elle joyeusement à l’homme qui se trouvait derrière le comptoir.
— Bonsoir madame Maloney, comment allez-vous ?
—Pourriez-vous me donner quelques pommes de terre ? Et puis une boîte de petits pois ? »

L’homme lui tourna le dos pou descendre du rayon la boîte de petits pois.

«Patrick a décidé de ne pas sortir ce soir, il est trop fatigué, dit-elle. D’habitude, nous sortons le jeudi soir, vous savez bien. Et je m’aperçois que je n’ai pas de légumes à la maison.
—Et de la viande, madame Maloney, vous n’en prenez pas ?
—Non, merci, j’en ai. J’ai un beau gigot congelé.
—Ah !—Au fond, je n’aime pas tellement faire cuire de la viande congelée, Sam. Mais cette fois-ci, je vais essayer. Qu’en pensez-vous ?

—Personnellement, dit le commerçant, je ne crois pas qu’il y ait une différence. Voulez-vous de ces pommes de terre de l’Idaho ?
—Oh oui, ça ira très bien.
—Et avec ça ? demanda l’épicier en souriant. Comme dessert ? Qu’allez-vous lui donner comme dessert ?
—Eh bien... que me conseillez-vous, Sam ? »
L’épicier passa en revue ses rayons. «Ce beau gâteau au fromage, par exemple ? Je crois savoir qu’il aime ça.
—Parfait, dit-elle. Il adore le gâteau au fromage».
Puis, après avoir payé, elle dit avec un sourire radieux :
«Merci, Sam. Bonsoir !
—Bonsoir, madame Maloney. Et merci ! » (...)

Elle posa son paquet sur la table et passa dans la salle de séjour. Et lorsqu’elle le vit, étendu par terre, les jambes en bataille, un bras replié, ce fut réellement un choc assez violent. Elle sentit rejaillir en elle tout un torrent d’amour perdu, de tendresse ancienne. Elle courut vers le corps, tomba à genoux et se mit à pleurer à chaudes larmes. C’était facile. Pas Nécessaire de jouer la comédie.

Au bout de quelques minutes, elle se leva et alla au téléphone. Elle savait par cœur le numéro du poste de police. Et lorsqu’elle entendit une voix au bout du fil, elle dit en pleurant : «Venez vite ! Patrick est mort !
—Qui est à l’appareil ?
—C’est Mme Maloney. La femme de Patrick Maloney.
—Vous voulez dire que Patrick est mort ?

—Je le pense, sanglota-t-elle. Il est étendu par terre et je crois qu’il est mort.
—On arrive», dit la voix.

Le car arriva en effet très vite et lorsqu’elle ouvrit la grande porte, elle tomba tout droit dans les bras de Jack Noonan, en pleurant avec hystérie. Il l’aida gentiment à s’asseoir sur sa chaise, puis alla rejoindre son collègue qui venait de s’agenouiller près du corps.

«Est-il mort? pleura Mary.
—Je le crains. Que s’est-il passé ? »

Elle raconta brièvement qu’elle était descendue chez l’épicier et qu’elle avait trouvé Patrick étendu par terre en rentrant. En écoutant son récit coupé de sanglots, Noonan découvrit une paillette de sang gelé sur les cheveux du mort. Il la montra aussitôt à O’Malley, qui se leva et courut au téléphone. (...)

Il y eut d’autres chuchotements, et, à travers ses sanglots, elle put capter des bribes de phrases :
«... Comportement absolument normal... très enjouée... voulait lui préparer un bon dîner... petits pois... gâteau au fromage... impossible qu’elle... » Un peu plus tard, le photographe et le docteur prirent congé. Deux autres policiers firent leur entrée pour emporter le corps sur un brancard. Puis l’homme aux empreintes digitales se retira à son tour. Les deux détectives restèrent, ainsi que les deux agents. Ils étaient tous remarquablement gentils et Jack Noonan voulut savoir si Mary n’avait pas envie de quitter la maison, d’aller , par exemple, chez sa sœur ou, peut-être, chez sa femme à lui qui prendrait soin d’elle et qui l’accueillerait volontiers pour la nuit.
«Non», dit-elle. Elle lui expliqua qu’elle ne se sentait pas la force de bouger. Qu’elle aimerait mieux rester où elle était pour l’instant. Qu’elle ne se sentait pas bien. Pas bien du tout.

Jack Noonan lui demanda alors si elle ne voulait pas se mettre au lit.
«Non», répondit-elle encore. Elle préférait rester dans son fauteuil. Un peu plus tard peut-être, quand elle se sentirait mieux, elle prendrait une décision.

Ainsi ils l’abandonnèrent dans son fauteuil pour aller fouiller la maison. Mais de temps à autre, l’un des détectives revenait pour lui poser une question. Jack Noonan revint à son tour et lui parla doucement. Son mari, lui dit-il, avait été tué d’un coup violent sur le crâne, administré à l’aide d’un instrument lourd et contondant, probablement en métal. Ils étaient actuellement à la recherche de cet objet. L’assassin avait pu l’emporter avec lui, mais il avait pu aussi bien s’en débarrasser sur les lieux.
«C’est une vieille histoire, dit-il. Trouvez l’arme et vous tenez le bonhomme ! »

Plus tard, l’un des détectives remonta de la cave et vint s’asseoir près d’elle. Il lui demanda si, à sa connaissance, il existait dans la maison un objet ayant pu servir d’arme. Et si cela ne l’ennuyait pas d’aller voir s’il ne manquait rien, une grosse clef anglaise, par exemple. Ou un vase de métal.
Elle lui dit qu’elle n’avait jamais eu de vase de métal.
«Et une clef anglaise ? »
Elle ne pensait pas en avoir. Á moins qu’il n’y en eût une au garage.

Les recherches reprirent. Elle savait que d’autres policiers se trouvaient au jardin, tout autour de la maison. Elle entendait le gravier grincer sous leurs pas et, de temps à autre, elle entrevoyait la lueur de leurs torches par une fente du rideau. Il était tard. Près de neuf heures. Après tant de vaines recherches, les quatre policiers parurent un peu exaspérés...


«Jack, dit-elle, lorsqu’elle vit entrer le sergent Noonan. Auriez-vous la gentillesse de me donner à boire ?
— Mais certainement ! C’est du whisky que vous voudriez !
—Oui, s’il vous plaît. Mais très peu, rien qu’un doigt ! Je me sentirai peut-être mieux après».
Il lui tendit le verre.
«Pourquoi n’en prenez-vous pas vous-même ? dit-elle. Vous devez être terriblement fatigué.
—C’est que, fit-il, ce ne serait pas strictement régulier. Mais j’en prendrai bien une goutte, pour rester en forme».

Un autre homme entra. Après quelques encouragements, ils étaient tous là, debout, tenant gauchement leur verre à la main. Intimidés par la présence de la veuve, ils s’efforçaient de prononcer des mots réconfortants. Puis le sergent Noonan alla faire un tour à la cuisine. Il revint aussitôt et dit : «Vous savez, madame Maloney, votre four est toujours allumé et la viande est dedans !
—Oh ! mon Dieu ! s’écria-t-elle, c’est vrai !
—Voulez-vous que j’aille l’éteindre ?
—Vous seriez très gentil, Jack. Merci mille fois».
Lorsque le sergent Noonan revint pour la seconde fois, elle leva sur lui ses grands yeux sombres et mouillés : «Jack Noonan, dit-elle
—Oui ?
—Voulez-vous me rendre un petit service, vous et vos collègues ?
—Certainement, madame Maloney
—Eh bien, dit-elle, vous êtes tous des amis de mon pauvre Patrick et vous êtes ici pour m’aider à trouver son assassin. Vous devez avoir faim, après tant d’heures supplémentaires, et je sais que mon pauvre Patrick ne me pardonnerait jamais de vous recevoir ici sans rien vous offrir. Pourquoi ne mangeriez-vous pas le gigot qui est au four ? Il doit être cuit à point.
—Impossible d’accepter... bredouilla Jack Noonan.
—S’il vous plaît, supplia-t-elle, faites-le pour moi. Moi-même, pas question que je touche à quoi que ce soit. Tout me fait trop penser à lui. Mais vous, c’est différent. Vous m’aurez rendu un immense service. Et ensuite, vous pourrez vous remettre au travail».
Les quatre policiers eurent un long moment d’hésitation ; mais comme ils mouraient tous de faim, ils finirent par se laisser convaincre. Ils se rendirent à la cuisine pour attaquer le gigot. La jeune femme demeura à sa place, ce qui lui permit de les écouter par la porte entrouverte. Elle put ainsi les entendre parler, la bouche pleine, de leurs grosses voix pâteuses.
«Un autre morceau, Charlie,
—Non. Vaut mieux ne pas tout manger.
—Elle veut qu’on mange tout. C’est ce qu’elle a dit. Ça lui rend service.
—Bon, si ça lui rend service, passe-moi encore un petit bout.
—Qu’est-ce qu’il a bien pu avoir comme gourdin, le type qui a bousillé le pauvre Patrick ? dit l’un d’eux. Le toubib dit qu’il a une partie du crâne en miettes, comme broyée à coups de marteau.
—On finira bien par trouver.
—C’est ce que je pense aussi.
—Qui que ce soit, il n’a pas pu aller bien loin avec son truc. Un truc comme ça, on ne le trimballe jamais plus longtemps qu’il ne faut».
L’un d’eux éructa.
«Á mon avis, la chose doit se trouver ici, sur les lieux mêmes.
—Probablement. Nous devons l’avoir sous le nez.
Tu ne crois pas, Jack ? »
Dans la pièce voisine, Mary Maloney se mit à ricaner.
Coup de gigot tiré du livre Kiss, kiss , de Roald Dahl

AUTEURS et LEURS OEUVRES

  • Louis Aragon (20ème siècle)
  • Samuel Beckett - "En Attendant Godot" (20ème siècle - Théâtre)
  • Eugène Ionesco - "La Cantatrice Chauve", "Rhinocéros" (20ème siècle - Théâtre)
  • Aimé Césaire - "Cahier du Retour au Pays Natal" (20ème siècle)
  • Jacques Prévert - "Paroles" (20ème siècle)
  • Marguerite Yourcenar - "Alexis ou Le traité du Vain Combat" (20ème siècle)
  • André Breton - "Nadja" (20ème siècle)
  • Jean Cocteau - "Les Enfants Terribles" (20ème siècle)
  • Jean-Paul Sartre - "Huis Clos", "Les Mouches", "La Nausée", "Le Mur" (20ème siècle)
  • Albert Camus - "L'Etranger", "La Peste" (20ème siècle)
  • Colette - "Les Séries de "Claudine" (20ème siècle)
  • Guillaume Apollinaire - "Calligrammes" (20ème siècle - Poésie)
  • André Gide - "Les Nourritures Terrestres", "La Symphonie Pastorale", "Les Caves du Vatican", "Les Faux Monnayeurs" (20ème siècle)
  • Paul Verlaine - "Romances Sans Paroles" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Arthur Rimbaud - "Le Dormeur du Val" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Mallarmé - "Poésies" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Charles Baudelaire - "Les Fleurs du Mal", "L'Etranger" (19ème siècle - Symbolisme)
  • Emile Zola - "Germinal", "L'Assommoir", "Thérèse Raquin", La Bête humaine" (19ème siècle, Naturalisme)
  • Guy de Maupassant - "Papa de Simon", "L'Auberge", "Aux Champs", "La Ficelle", "Pierrot", "Toine", "La Bête du Maitre Belhomme", "La Parrure", "La Dot", "La Rempailleuse" (19ème siècle - Réalisme)
  • Alexandre Dumas - "Les Trois Mousquetaires", "Le Comte de Monte Cristo", "La Reine Margot" (19ème siècle)
  • George Sand - "La Petite Fadette", "La Mare au Diable" (19ème siècle)
  • Gustave Flaubert - "Madame Bovary", "Salammbô", "L'Education Sentimentale" (19ème siècle - Réalisme)
  • Honoré de Balzac - "Le Père Goriot", "Eugénie Grandet", La Peau de Chagrin", "Le Colonel Chabert", "Le Lys dans La Vallée", "Illusions Perdues", "Le médecin de Campagne", "Les Chouans" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Stendhal - "Le Rouge et Le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Vie de Rossini" (19ème siècle - Romantisme et Réalisme)
  • Victor Hugo - "Notre Dame de Paris", "Les Misérables", "Le Dernier Jour d'Un Condamné", "Les Orientales", "Hernani", "Cromwell", "William Shakespeare" (19ème siècle - Romantisme)
  • Gérard de Nerval - "Odelettes" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Vigny - "La mort du Loup" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Alfred de Musset - "Les Caprices de Marianne" (19ème siècle - Romantisme, théâtre)
  • Alphonse de Lamartine - "Méditations Poétiques" (19ème siècle - Romantisme, poésie)
  • Bernardin de Saint-Pierre - "Paul et Virginie" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Madame de Staël - "Colline et Delphine", "De l’Allemagne" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Senancour - "Oberman" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Benjamin Constant - "Adolphe" (19ème siècle - Préromantisme)
  • François René de Chateaubriand - "Mémoires d'Outre-Tombe", "René" (19ème siècle - Préromantisme)
  • Le Sage - "Gil Blas de Sentillane" (18ème siècle)
  • Marquis de Sade - "Justine ou Les Malheurs de la vertu", "Les 120 jours de Sodome" (18ème siècle)
  • Choderlos de Laclos - "Les Liaisons Dangereuses" (18ème siècle - Roman Epistolaire)
  • Jean-Jacques Rouseau - "Emile ou de L'Education", "Les Confessions", "Julie ou La Nouvelle Héloïse" (18ème siècle)
  • Voltaire - "Candide", "Zadig", "Micromégas" (18ème siècle)
  • Diderot - "Le Neveu de Rameau" (18ème siècle)
  • Beaumarchais - "Le Barbier de Séville", "Le Mariage de Figaro" (18ème siècle - Théâtre)
  • Marivaux - "Le Jeu de L'Amour et du Hasard" (18ème siècle - Théâtre)
  • Montesquieu - "L'Esprit des Lois", "Les Lettres Persanes" (18ème siècle)
  • Jean Racine - "Andromaque", "Bérénice", "Britannicus", "Phèdre", "Iphigénie" (17ème siècle - Tragédie)
  • Pierre de Corneille - "Le Cid" (17ème siècle - Tragédie)
  • Molière - "L'Avare", "Le Bourgeois Gentilhomme", "Les Précieuses Ridicules", "Dom Juan", "Le Malade Imaginaire", "Tartuffe", "L'Ecole des Femmes", "Amphitryon", "Les Fourberies de Scapin", "Les Femmes Savantes" (17ème siècle - Comédie)
  • Madame de la Fayette - "La Princesse de Clèves" (17ème siècle)
  • Jean de La Fontaine - "Les Fables" (17ème siècle)
  • Joachim du Bellay - "Regrets" (16ème siècle)
  • Pierre de Ronsard - "Sonnets pour Hélène", "Sonnets pour Marie", "Sonnets pour Cassandre" (16ème siècle)
  • Michel de Montaigne - "Les Essais" (16ème siècle)
  • Thomas More - "L'Utopie" (16ème siècle)
  • Erasmes de Rottherdam - "L'Eloge de la Folie", "Les Antibarbares" (16ème siècle)
  • François Rabelais - "Gargantua" , "Pantagruel" (16ème siècle)